mercredi 17 décembre 2014

Alexandre (2004)

Je n'ai pas pour habitude de chroniquer les films que je regarde en DVD, mais Alexandre de Oliver Stone m'a tellement surprise que je me suis dit qu'il fallait que je mette quelques idées "au propre".


Je pense avoir vu ce film trois fois. Déjà, je l'ai vu au cinéma lors de sa sortie. Avec Sleepy Hollow, c'est un des films que j'ai voulu voir à cause du cheval! Héhéhé. Il me semble que mon avis était modérément enthousiaste. Je l'ai ensuite regardé en DVD quand on me l'a offert. Puis je pense que le DVD a pris la poussière pendant des années, jusqu'à ce que je me fasse un petit tas de films à, justement, dépoussiérer, et que je le regarde la semaine dernière.

Cette intro non pas pour vous raconter ma vie, mais pour bien souligner que je n'ai pas découvert ce film récemment. C'est le troisième visionnage qui m'a inspiré les réflexions dont je vais vous faire part.

Il me semble que cet Alexandre est typiquement le film plein de bonnes choses à qui il manque cependant quelque chose pour un faire un grand Film...

Bon, pour commencer, précisons que je suis très friande de péplums, et que tout ce qui a trait à l'Antiquité me fascine énormément. En plus, j'aime les films de bataille, alors je suis probablement le public cible de cet Alexandre qui est avant tout un film d'action avec des combat épiques.

Mais j'y ai aussi trouvé un aspect rêveur qui m'a beaucoup touchée. C'est l'idéalisation complète et parfaitement assumée du personnage d'Alexandre le Grand, mais surtout de son rêve, qui lui donne ce petit relief en plus. Comme le dit le personnage d'Anthony Hopkins au début, Alexandre est un colosse parmi les hommes: il rêve, vit et conquiert sur une échelle inimaginable pour les autres. Et la fascination opère. Mais le personnage se révèle aussi fragile et souffrant, plein de doutes et de peurs qui alimentent cette recherche qui n'est en réalité pas exaltée mais complètement désespérée... Un désespoir exprimé symboliquement par la mise en scène de la mort d'Héphaistion, quand Alexandre, perdu dans ses projets, ne réalise même pas que son grand amour est en train de mourir. Utiliser le premier plan et l'arrière-plan est une astuce toute simple mais diablement efficace; c'est vraiment l'apogée émotionnelle du film.


D'un point de vue plus technique, Alexandre est une belle réussite cinématographique. Oliver Stone a su se donner les moyens de la démesure de son personnage. Tous les mondes que traverse Alexandre, plus luxueux les uns que les autres, sont présentés avec soin; je ne sais pas si les costumes et décors sont réalistes, mais ils jouent parfaitement leur rôle dépaysant! L'entrée à Babylone et le parcours de son armée font vraiment ressentir la grandeur de l'époque. D'ailleurs, l'entrée à Babylone m'a rappelé l'arrivée de Cléopâtre à Rome dans le vieux Cléopâtre avec Elizabeth Taylor, même si cette entrée-là est juste unique dans l'histoire du cinéma tellement elle en met plein la vue.

La bataille de Gaugamèles est très réussie: violente et chaotique, elle réussit néanmoins à faire comprendre au spectateur comment Alexandre l'a remportée alors que les Perses étaient beaucoup plus nombreux. Et soulignons un fait rarissime: dans Alexandre, quand les gens se battent, il y a du SANG! Oui, vous avez bien lu, du sang. On a tellement l'habitude des lames propres au cinéma qu'il faut vraiment le dire. Quand Alexandre enfonce son épée dans le ventre de quelqu'un, ça pisse le sang. Quand on coupe la trompe d'un éléphant, ça pisse le sang aussi... Ce n'est pas gore du tout, attention, aucune scène ne vous fera vomir, mais on ne suppose pas avoir affaire à des êtres humains mystérieusement dénués d'hémoglobine.


Je ne peux pas me prononcer sur les détails historiques, mais dans les grandes lignes le film suit le parcours réel d'Alexandre, que je viens de réviser dans une traduction absolument merveilleuse. C'est d'ailleurs ce projet professionnel qui m'a décidée à revoir le film.

En plus, il réunit beaucoup d'acteurs que j'aime, ce qui est évidemment une critique très subjective mais toujours agréable. Val Kilmer et Anthony Hopkins ne sont pas très exploités, mais le personnage de Rosario Dawson a une vraie profondeur le peu de temps qu'on la voit, et surtout Angelina Jolie est très réussie. J'adore cette reine malsaine et rancunière, à moitié folle mais super lucide, tout à fait redoutable. Une mère adorante et castratrice à la fois, qui ne pense qu'à elle mais ne pense en réalité qu'à son fils (ou l'inverse?). Un personnage vraiment complexe et jouissif.


Concluons avec une remarque superficielle mais que je ne peux pas retenir: entre le frison qui joue Bucéphale et Jared Leto qui joue Héphaistion, je n'ai pas arrêté de couiner de plaisir en me demandant lequel était le plus beau!!!!! Hahahaha!



Malheureusement, il y a aussi des bémols dans ce film, et c'est ce qui fait qu'au final il ne semble pas avoir marqué les esprits... Et à mon grand regret je dois dire que Colin Farrell dans le rôle-titre est justement l'un de ces bémols. Déjà, on ne comprend toujours pas pourquoi un film avec autant de moyens a dû recourir à cette ridicule perruque blonde qui ne lui va pas du tout, et qui en plus ne colle pas vraiment avec le Grec qu'est son personnage. Mais surtout Colin joue très mal. En fait il fait surtout la grimace. Alors c'est bien beau de s'extasier sur Babylone et la conquête du monde, mais quand vous en revenez à votre héros et que vous avez de la peine pour lui tellement il a l'air perdu et tellement ses cheveux sont navrants, et bien c'est fort fâcheux.....

L’œil de Val Kilmer n'est pas beaucoup mieux, mais on le voit nettement moins.

(En revanche, Colin Farrell monte vraiment sans étriers tout du long, ce qui est juste vu que les Grecs n'avaient pas encore l'étrier à cette époque, donc RESPECT.)

Pour le reste, Alexandre est aussi un peu moralisateur et cul-cul. Peut-être qu'il fallait beaucoup de bons sentiments pour compenser le sang sur les lames si Oliver Stone voulait pouvoir diffuser son film... Je ne sais pas. De même, c'est bien de montrer l'homosexualité comme une pratique courante parfaitement tolérée par tous, et c'est encore mieux que l'histoire d'amour du film se passe entre deux hommes; mais on ne comprend pas pourquoi Alexandre et Héphaistion se tournent autour toute leur vie sans passer à l'acte. Peut-être que c'est encore une histoire de "peur du public": le film aurait peut-être été interdit aux moins d'un certain âge si deux hommes avaient couché ensemble.

À propos de coucheries, je tiens à préciser que j'ai trouvé Rosario Dawson superbement érotique, dans sa danse d'abord et ensuite quand elle couche avec Alexandre. Avec son serpent le long du flanc et son regard de feu, c'est vraiment une déesse.


Tout ceci pour dire que Alexandre m'a étonnée: plus qu'un film de batailles, mais néanmoins grand public, il mérite vraiment d'être vu pour ses bons côtés, mais présente des éléments médiocres qui font que la sauce ne prend qu'à moitié. Mais comme il me semble me souvenir qu'il est de bon goût de détester ce film, je voulais vraiment en dire du bien: c'est tout de même un blockbuster qui ose prendre quelques risques, et c'est rare!

"The dreamers exhaust us. They must die before they kill us with their blasted dreams."

2 commentaires:

  1. Ha ouais tout ça dis donc. Dire que je n'arrive même pas à me souvenir si je l'ai vu ou pas ce film XD

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    Réponses
    1. Ouais il m'a inspirée. :)
      Du coup je ne sais pas si je dois te conseiller de le regarder à l'occasion ou pas... C'est long quand même ! Mais si tu aimes l'Antiquité, il vaut le coup...

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