dimanche 3 décembre 2023

La gamelle de novembre 2023

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé!

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Le Discours d'un roi de Tom Hooper (2010)

Quel plaisir de revoir ce film! Je l'avais adoré au moment de sa sortie et je l'ai aimé tout autant cette fois-ci. C'est le genre d'instant de grâce que le cinéma réussit parfois à mijoter: acteurs parfaits, mise en scène léchée, propos poignant, et un choix de musique qui me donne des frissons (c'est d'ailleurs pour la musique accompagnant la scène du discours que je voulais le revoir: un morceau de la septième symphonie de Beethoven). Il y a pléthore d'acteurs anglais et ça fait du bien de voir Geoffrey Rush et, surtout, Helena Bonham Carter non grimés (voire de plus en plus ridicules dans le cas de la deuxième!). ET IL Y A DES CORGIS!! DES CORGIS!! Aaaah! Oscar du meilleur film en 2011 amplement mérité.

Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963)

J'avais vu ce film dans une autre vie, quand j'étais au lycée, et j'en gardais le souvenir de quelque chose de très chiant. Mon avis n'a pas changé en vingt ans: c'est très chiant. Par tous les dieux, qu'est-ce que c'est chiant. Ça dure moins de deux heures, mais vous les sentez passer. En revanche, je l'ai trouvé très intéressant sous plusieurs aspects. Déjà, la mise en scène très soignée, notamment dans la scène ultralongue dans l'appartement des deux protagonistes, qui vont et viennent dans les différentes pièces en tenant un dialogue haché, assez proche d'un véritable dialogue. Ensuite, la musique, ce thème extraordinaire de George Delerue qui parvient à rendre déchirants des plans absolument lumineux, genre Capri. Enfin, et surtout, pour voir Brigitte Bardot à l'apogée de sa jeunesse, de sa beauté, de son érotisme époustouflant et de sa gloire, et de là se demander tout au long du film si cette œuvre est un monument patriarcal et misogyne – notamment pour ces plans fesses ultralongs, qui semblent vraiment dire "allez-y les mecs, branlez-vous" – ou au contraire une dénonciation de la condition de la femme – on a quand même un producteur de cinéma qui rigole comme un ado attardé devant la vidéo d'une femme nue et qui renverse sa secrétaire devant lui, dans une pose tout à fait pertinente pour un rapport sexuel, pour écrire un chèque sur son dos (coucou, Valmont!). Probablement que, comme souvent, la situation n'est ni noire ni blanche et que le film est un peu des deux.

Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet (2003)

S'il constitue un bon ajout à ma culture générale, ce dessin animé ne m'a pas du tout enthousiasmée; je n'ai pas aimé les dessins, j'ai trouvé le tout très lent et le côté caricatural m'a saoulée. Il faut toutefois reconnaître que les bruitages sont très réussis et portent parfaitement ce film quasiment dénué de dialogues! (Je découvre que le réalisateur a aussi réalisé L'Illusionniste, que j'ai en revanche adoré au moment de sa sortie.)

Napoléon de Ridley Scott (2023)

Le début a été difficile. Enfin, la première heure a été difficile. De la musique me semblant appartenir au XXe sur des scènes du XVIIIe, une Joséphine Beauharnais hyper sexualisée, un Napoléon qui n'articule pas, une bataille à Toulon à laquelle je n'ai rien compris... Gloups, gloups. Heureusement, ça s'est amélioré en cours de route, avec même quelques scènes franchement saisissantes pendant les célèbres batailles d'Austerlitz (le dernier couple cheval-cavalier à fuir sur le lac) et de Waterloo, avec des choix musicaux plus à mon goût et un contraste saisissant entre la lisibilité des manœuvres vues d'en haut et le chaos du corps à corps. Le film se conclut sur le décompte des morts des guerres napoléoniennes, ce que je trouve très bien, car ce personnage me semble être passé à la postérité sous un jour bien trop positif en France. Et comme toujours chez Ridley Scott, les chevaux sont superbes.

Du côté des séries

Lentement mais sûrement, j'avance dans la saison 2 de Dinosaures.

Et le reste

J'ai lu le hors-série de Mad Movies sur le cinéma de vampires. Après une première partie difficile, énumérant des tas de vieux films dont je n'ai jamais entendu parler, j'ai retrouvé mon enthousiasme habituel pour ce magazine de très haute qualité. Avoir le temps de replonger dans tous ces films et d'en découvrir d'autres, quel rêve ce serait. 🤩 (Comme souvent, Michael Bay en prend pour son grade au détour d'un article qui ne le concerne pas du tout. Je pense qu'ils ont vraiment une dent contre lui chez Mad Movies. 🤣)

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine, comme d'habitude.

mardi 28 novembre 2023

Mitsou ou comment l'esprit vient aux filles (1919) + En camarades (1907)

J'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu de Colette, alors je suis toujours heureuse quand le hasard me fait rencontrer un de ses livres. Cette fois, je suis tombée, dans l'entrée de mon immeuble, sur Mitsou, dont je n'avais jamais entendu parler.

Ce roman a peut-être été écrit pour le théâtre, car la première et la dernière partie sont présentées comme une pièce de théâtre, avec le nom du personnage qui prend la parole, des didascalies éventuelles puis la réplique du personnage. La partie centrale, par contre, se compose de lettres.

Au début, on est dans la loge de Mitsou, une actrice de music-hall, durant la Première Guerre mondiale. Arrive Petite-Chose, une autre actrice, qui cache deux soldats dans ladite loge afin qu'on ne découvre pas qu'elle reçoit des hommes. Mitsou les accueille avec une indifférence totale, mais l'un d'eux – le Bleu, ainsi nommé à cause de la couleur de sa tenue – lui tape dans l'œil, à tel point qu'elle demande son adresse à Petite-Chose quelques jours plus tard. S'ensuit une jolie correspondance très sympathique, puis leur rencontre lorsque le monsieur revient à Paris en permission.

Mitsou se lit absolument tout seul et m'a beaucoup plu. J'ai aimé cette rencontre qui n'en paraît pas une et la manière un peu timide dont les deux personnages s'écrivent et font connaissance à distance. Il y a toujours une langue particulière chez Colette, quelque chose d'enlevé et de piquant mais aussi de  très élégant. La fin, en revanche, est plutôt triste, ou en tout cas douce-amère...

Un détail qui m'a marquée: Mitsou doit son nom à son "ami", un homme plus âgé qui l'entretient.

"[...] c'est mon ami qui l'a inventé. C'est un nom fait avec des initiales. Pierre est administrateur de deux Sociétés, l'une qui s'appelle les Minoteries Italo-Tarbaises, et l'autre les Scieries Orléanaises Unifiées. Ça fait M.I.T.S.O.U. : Mitsou."

👀👀👀👀

Un homme qui donne à sa maîtresse un surnom composé des initiales de ses entreprises. Les mots me manquent. Et même si Mitsou ne trouve pas du tout ça étrange, j'ai tendance à penser que Colette avait conscience de la symbolique de la chose.

Dans cette édition du Livre de Poche de 1964, Mitsou est suivi d'une pièce de théâtre, En camarades, que j'ai trouvée plus oubliable. Il s'agit des flirts de deux couples: d'une part, un homme marié qui tourne autour d'une amie de son épouse; de l'autre, ladite épouse, qui se laisse très complaisamment draguer par un homme plus jeune. Ça se lit absolument tout seul, ici aussi, et j'ai trouvé la fin assez rigolote ([divulgâcheur] tous deux rendus jaloux par l'existence d'un ou d'une rivale, le mari et son épouse retournent joyeusement ensemble dans la vie mondaine parisienne [fin du divulgâcheur]), mais ce n'est pas mémorable et ça fait quand même un peu problèmes de riches nombrilistes.

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur ce blog
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jeudi 23 novembre 2023

Roman américain (2014)

Il y a quelque temps, TmbM a chroniqué Ada d'Antoine Bello, un livre que j'ai adoré. Il l'a fait avec nettement moins d'enthousiasme que moi, pour être tout à fait transparente. Néanmoins, son billet m'a donné envie de continuer avec cet auteur (comme je l'avais dit à l'époque, il y seulement six ans, tralala). Et comme TmbM recommande Roman américain, que je manque d'argent en ce moment, que je redécouvre par conséquent les vertus des médiathèques et que ma médiathèque a Roman américain dans son catalogue, j'ai commencé par là.

Roman américain se compose de six parties, qui s'ouvrent toutes par un article de Vlad Eisinger dans The Wall Street Tribune, dans lequel le journaliste analyse le phénomène du life settlement, c'est-à-dire la revente de polices d'assurance-vie.

Avant tout, une précision: l'assurance-vie (life insurance) dont on parle ici n'est pas un compte en actions sur lequel vous placez de l'argent, qui (normalement) augmente au fil du temps et que vous pouvez soit débloquer pour récupérer votre mise et ses gains, soit laisser en place pour qu'un bénéficiaire empoche la somme lors de votre mort. Ici, vous payez une prime tous les mois en fonction de la somme que vous voulez que vos bénéficiaires touchent. Par exemple, pour qu'ils aient droit à un million d'euros, vous devrez payer plus cher, de votre vivant, que si vous voulez qu'ils touchent 500 000 euros. Bien sûr, votre état de santé et votre espérance de vie jouent un rôle majeur dans le calcul de vos paiements; vous pairez plus si vous êtes vieux et malade que si vous êtes jeune et en bonne santé.

Aux États-Unis, on peut revendre ce genre de police. C'est tout à fait fascinant. Vous avez besoin d'argent tout de suite? Un acheteur vous verse une partie du capital-décès tout de suite et prend en charge le paiement des primes jusqu'à votre mort. Mais quand vous mourrez, c'est lui qui empochera l'argent. Vous avez de l'argent en main tout de suite, et il a la perspective d'empocher davantage, plus tard.

Apparemment, c'est très lucratif, et il y a même des magouilles pour contourner la période d'incessibilité de deux ans en vigueur dans pas mal d'États des États-Unis. 👀 Il y a aussi eu une vague de cessions de polices de ce type par des malades du SIDA pendant les années quatre-vingt...

Donc. Au début de chaque partie, le journaliste Vlad Eisinger nous parle de cette pratique dans un article. Puis on lit ses échanges de mail avec son ancien camarade d'université Daniel Gsiver et des extraits du journal de celui-ci. Dan vit dans un lotissement de Floride dont de nombreux habitants vivent du marché des polices d'assurance-vie, donc les articles de Vlad remuent la communauté de fond en comble. On y découvre le revenu des uns, les combines des autres, le cynisme d'autres encore. Il y a beaucoup de personnages et j'ai eu du mal à tous les retenir, mais ils sont croqués avec une acidité jubilatoire. La plupart sont des gros cyniques, mais ils ont tous une vraie vie, un vrai relief.

J'ai tout simplement adoré ce roman. J'y ai retrouvé ce que j'avais adoré dans Ada, l'impression d'avoir affaire à un vulgarisateur de talent, qui me donne à comprendre des notions complexes sans que je n'aie à faire le moindre effort. Je vous jure que j'ai tout compris aux articles sur le life settlement et que c'est à peine si j'ai dû relire deux paragraphes pour bien cerner une information, alors que je suis, dans la vraie vie, au niveau zéro de la compréhension de la moindre notion économique ou financière. En parallèle, Vlad et Dan discutent de littérature et de style, le deuxième critiquant les articles du premier et certaines facilités de style ou de construction, ce qui me plaît évidemment beaucoup, et ils s'envoient des anagrammes de noms d'écrivains célèbres. Enfin, le journal de Dan est tout simplement drôle. Le gars est totalement désabusé face à ce qu'il voit. Et il a un projet de falsification d'une page Wikipédia qui interroge la notion même de vérité, ce que je trouve assez vertigineux.

Bref, une réussite. J'espère bien ne pas mettre sept ans à lire un autre roman du monsieur!

Allez donc voir ailleurs si ce roman y est!
L'avis de TmbM

samedi 18 novembre 2023

La Part de l'autre (2001)

En septembre dernier, lors d'un dîner avec une amie, j'ai évoqué deux œuvres pour illustrer ce qu'est l'uchronie: le comics Superman Red Son et La part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt. (Enfin, sur le coup, ça donnait plutôt: "un bouquin sur Hitler par ce gars, tu sais, qui fait de la littérature blanche, mais là son nom m'échappe..." 👀). J'ai lu Superman Red Son dans les jours suivants, et j'ai vite emprunté La Part de l'autre.

Dans ce roman, Eric-Emmanuel Schmitt suit en parallèle deux personnages: Adolf Hitler, jeune homme recalé par l'académie des beaux-arts de Vienne le 8 octobre 1908, et Adolf H., jeune homme reçu par l'académie des beaux-arts de Vienne le 8 octobre 1908. Le premier est le nôtre et suit le destin que l'on connaît, vraisemblablement romancé un minimum pour les besoins du roman (car je suppose que personne ne sait ce que Hitler a fait de la moindre de ses journées avant de devenir... euh, une célébrité?). Le deuxième est un Hitler de fiction qui se consacre à la peinture, se fait des amis à l'académie et connaît un tout autre destin: une correspondance avec la religieuse qui le soigne lorsqu'il est blessé durant la Première Guerre mondiale, une véritable, quoique difficile, carrière de peintre à Paris, des relations avec des femmes, une famille. Le jour J, ils sont identiques. Mais la réponse de l'académie, puis leur réaction à cette réponse et le comportement qu'ils adoptent de jour en jour, en fait deux personnes totalement différentes.

Le roman alterne entre les deux personnages dans des parties assez courtes, allant d'à peine une page parfois à, je pense, une dizaine maximum. J'ai vu dans cette brièveté la seule critique qu'on peut lui faire; le fait de changer de point de vue si vite facilite le propos et allège le bouquin, qui se lit plus rapidement que son épais volume – presque cinq cents pages au grand format – ne peut le laisser craindre. On peut aussi regretter une certaine sexualisation des personnages féminins (ou plutôt que les personnages masculins évoquent le corps des femmes), mais c'est assez léger, vous ne le remarquerez peut-être même pas si votre niveau de tolérance n'approche pas du zéro, comme le mien.

Pour le reste, c'est excellent, voire brillant, et j'en sors totalement convaincue. Les deux personnages sont parfaitement et très différemment caractérisés, et sont de plus en plus différents au fur et à mesure de leur évolution. Le vrai Hitler est peu aimable dès le début, mais il est passionnant, même quand on arrive à la partie vraiment sale de son existence, à partir de sa prise de pouvoir en Allemagne. (Car avant même la Seconde Guerre mondiale et l'extermination des juifs, les mots "abolition de la liberté de la presse" et "parti unique" forment déjà quelque chose de sale.) Le faux Hitler est sympathique, même si parfois un peu mou, et j'ai adoré tous les personnages secondaires de son parcours: ses amis peintres, dont un homosexuel qui fait un coming-out touchant, la jeune Onze Heures Trente qui l'aborde à Paris, et surtout la sœur Lucie, qui écrit une lettre très intelligente en fin d'ouvrage, dans laquelle elle [divulgâcheur] pointe du doigt la différence entre le salaud égoïste et le salaud altruiste, le deuxième étant encore plus dangereux que le premier parce qu'il est convaincu du bien-fondé de son action [divulgâcheur]. Je suis bien d'accord avec elle. Et, toujours, le libre arbitre en toile de fond.

À partir des années trente, quand Adolf H. peint tranquillement à Paris, l'évolution de son univers est aussi très intéressante, puisque, sans Troisième Reich, il n'y a pas de Seconde Guerre mondiale, et donc pas non plus ce qui en a suivi.

Bien entendu, dans la réalité de notre Adolf Hitler, les parallèles avec l'évolution du monde occidental depuis le début du XXe siècle sont nombreux.

"Le stagiaire assurait que son antisémitisme, tout récent, ne se fondait pas sur l'émotion, mais sur les faits ; du coup, il distinguait un antisémitisme affectif, qui conduit aux pogroms et autres violences inefficaces, et son antisémitisme à lui, l'antisémitisme "rationnel", qui visait à éradiquer les Juifs du territoire allemand. Avec lui, on se sentait autorisé à être antisémite, cela devenait une attitude objective, scientifique, moderne."

"Hitler, quoique sanguin, s'était très froidement observé. A travers ses expériences, il avait compris comment se déployait son charisme : gratter les rancœurs, enlever les croûtes, aviver les cicatrices, bien faire saigner pour ensuite proposer des solutions très élémentaires, la simplicité de la solution devant être proportionnelle à la douleur provoquée. Il ne fallait pas raffiner. Il fallait désigner. Montrer du doigt les boucs émissaires : le Juif, la France, la Grande-Bretagne, la république, le bolchévisme. On pouvait parfois assimiler les boucs émissaires afin d'obtenir plus d'effet: ainsi le Juif et le bolchevique, confondus en un judéo-bolchevique, assuraient une superbe acclamation finale, le bouquet étant obtenu par l'amalgame Juif-bolchevique-républicain."

Je suis assez admirative de l'entreprise d'Eric-Emmanuel Schmitt, car cela a dû lui demander un sérieux travail de recherche pour écrire sur le véritable Hitler et une rigueur tout aussi sérieuse pour faire diverger les deux parcours de manière très ténue au début, puis plus marquée. Et aussi parce que le sujet du nazisme est explosif. Si on a envie de chercher la polémique et qu'on a pas mal de mauvaise foi, on peut facilement faire semblant de croire que le roman cherche des excuses à Hitler parce qu'il a été recalé à l'Académie de Vienne, par exemple (et aussi à cause d'une histoire d'hypnose qui, d'après une rapide recherche Google, a peut-être un vague fond de vérité mais est complètement romancée ici). (Et au cas où: non, le roman ne cherche pas d'excuses. Au contraire, son message est l'existence du libre arbitre.) Je ne me serais pas attaquée à un tel sujet il y a vingt ans et, aujourd'hui, cela me semble totalement impossible, vu l'hystérie ambiante et que même les gens qui se revendiquent progressifs musellent la parole publique.

(Et puis, je suis aussi admirative parce qu'il faut avoir le cœur bien accroché pour s'occuper d'Hitler et de ses horreurs pendant tout le temps qu'exige un livre de cette taille. J'ai tendance à penser que je me roulerais en boule dans un coin au bout d'une semaine de travail et que j'abandonnerais le projet.)

Voilà, une sacrée découverte, et un écrivain qui remonte spectaculairement dans mon estime alors qu'il m'avait laissé un souvenir mièvre. Dingue.

Livre de l'auteur déjà chroniqué (très brièvement) sur ce blog
Odette toulemonde et autres histoires (2006)

lundi 13 novembre 2023

Les chats dans la pop culture (2021)

Chronique (ultra)express!

Une encyclopédie sur les chats dans la pop culture, c'est tellement une évidence pour moi que je suis étonnée qu'on ne m'ait offert ce bouquin qu'une fois. Écrit par Stéphanie Chaptal et Claire-France Thévenon, Les Chats dans la pop culture recense une multitude de films, séries et livres mettant en scène des chats, de Gros Minet à Alien en passant par des choses plus improbables, telles que Samourai Pizza Cats (oui, oui, ça a vraiment existé!). Il y a même un chapitre dédié à la science-fiction, avec une interview de L'Épaule d'Orion. J'ai adoré le lire, même si la rédaction pourrait être améliorée. Le seul problème avec ce genre de bouquin, au final, c'est que ça donne envie de regarder et de lire des tonnes de choses et que je n'ai pas le temps... 💔 J'ai toutefois ajouté une chanson des Ramones à ma playlist, ce qui était fort inattendu! 🎶

mercredi 8 novembre 2023

L'apiculture selon Samuel Beckett (2013)

Chronique express!

Martin Page m'étant revenu en mémoire récemment suite au billet de Baroona sur Je suis un dragon, j'ai emprunté le roman grâce auquel j'ai pour la première fois entendu parler de lui, il y a fort longtemps: L'Apiculture selon Samuel Beckett, sorti chez L'Olivier en 2013. À vrai dire, il s'agit plutôt d'une nouvelle que d'un roman, vu que l'ouvrage compte à peine quatre-vingts pages de texte, et assez aéré qui plus est.

Il s'agit du journal de l'assistant de Samuel Beckett, célèbre auteur de théâtre irlandais (mais qui a beaucoup vécu en France) et prix Nobel de littérature en 1969. Beckett recrute l'homme au pied levé pour l'aider à trier les archives qu'il envoie à diverses universités du monde entier, puis pour falsifier lesdites archives, par exemple en y insérant des billets de train achetés dans cet objectif unique et ne correspondant à aucun voyage réel. 👀 Le ton est assez amusant et Beckett a des répliques désabusées et rigolotes (à propos du fait qu'il ne prend pas de poids malgré ce qu'il mange: "L'angoisse, [...] c'est le secret d'une ligne impeccable" 🤣). Franchement, ce n'est pas marquant (à moins qu'on n'apprécie Beckett, j'imagine – moi, je savais juste qu'il a écrit En attendant Godot et je ne savais même pas qu'il était irlandais, donc on ne peut pas me compter parmi les amatrices), mais ça se lit tout seul et c'est un moment agréable. Et il y est effectivement question d'apiculture, Beckett ayant des ruches au cœur de Paris.

Autre livre de l'auteur déjà chroniqué sur le blog
Au-delà de la pénétration (2020)

vendredi 3 novembre 2023

La gamelle d'octobre 2023

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, qui ont été très limitées. Je ne sais pas où sont passés ces trente-et-un jours... 🤨

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

La Pat' Patrouille: la Super Patrouille, le film de Cal Brunker (2023)

Trop génial!! J'ai adoré!! Oubliez Marvel, les films de super-héros c'est par ici!! J'ai versé ma larme ❤ Stella ❤❤ C'était merveilleux!!!

Bernadette de Léa Domenach (2023)

Un biopic frais et très amusant sur Bernadette Chirac et son parcours dans l'ombre de son président de mari. Le propos est clair: le cerveau, c'était elle! Bon, je ne pense pas que Jacques était un tel abruti incapable de réflexion, mais j'ai adoré en apprendre plus sur elle et revivre l'histoire de France de 1995 à 2007. En 1998, on entrevoit un magazine people pour ados qui parle des 2 Be 3 et des Worlds Apart. Vous vous rendez compte, si ça se trouve je l'ai acheté et lu, quoi!!

Du côté des séries

J'ai avancé Dinosaures, mais quatre fois moins vite que prévu, car j'ai été prise deux vendredis et j'ai laissé tomber un autre vendredi tellement j'étais sous l'eau. Et comme il y avait quatre vendredis en octobre, ça fait que je n'ai fait qu'une soirée séries et que je n'ai regardé que deux épisodes. Voilà. 🙈
(Regarder des séries un autre jour, me dites-vous? Impossible. Tous les soirs sont blindés.)

Et le reste

Un mois 100% cheval!! 🥳🥳 J'ai lu le Cheval Magazine d'octobre, qui était arrivé trop tard pour que je le lise le mois dernier, et celui de novembre, qui est au contraire arrivé très tôt, genre le 23 octobre. Et j'ai lu Horse and Rider du 13 juillet au 9 août (c'est quoi cette manière de dater un mensuel? 🤨), que j'ai acheté en vacances en Écosse. C'était intéressant en soi, et il est aussi intéressant de voir comment les conseils et les thématiques se recoupent, mais Cheval Mag est plus pointu. 👀

dimanche 29 octobre 2023

The Hobbit (1937)

En 2015 ou en 2016, j'avais dit que c'était la bonne: cette année, je relisais du Tolkien!

Bon. L'année en question est passée. La suivante aussi. La suivante aussi... Mais j'ai fini par m'y remettre!

Je redoute toujours un peu de lire Tolkien parce que je sais que j'ai tendance à tomber dedans pour ne plus m'occuper du monde réel et parce qu'il brasse des émotions très fortes, liées à la qualité intrinsèque de son œuvre et de son message mais aussi à tout ce qu'il a représenté pour moi quand j'étais plus jeune. Je sais que le plaisir sera grand, mais la tristesse aussi.

Heureusement, avec Le Hobbit, il en va un peu autrement. Cette lecture-ci est la quatrième, je pense, mais je ne jurerais pas. Je n'en garde pas un souvenir indélébile comme pour toutes mes lectures du Seigneur des Anneaux. Même si c'est un très bon roman, ce n'est pas un monument absolu; il n'est pas aussi épique que son successeur et il a quelque chose de léger et de drôle qui dédramatise beaucoup de situations. Par exemple, lorsque Bilbo est confronté à des difficultés sur la route, on nous dit souvent qu'il regrette son confortable trou de hobbit et que ce ne sera pas la dernière fois, ce qui fait sourire.

D'un côté, Le Seigneur des Anneaux semble être déjà en germe ici: la communauté de guerriers avec un hobbit inexpérimenté, la montagne pour destination, la descente dans les entrailles de la terre, les araignées, les rivalités entre gentils, les alliés inattendus, l'objet que tout le monde convoite. Et c'est pourtant très différent, comme je le disais.

Bilbo évolue beaucoup au cours de cette aventure: du beauf hobbit moyen s'occupant uniquement de son prochain repas (comme je le comprends 🤤🤤), il devient un roi de la débrouille capable de garder la tête sur les épaules en toutes circonstances (dans les galeries des gobelins, dans le palais du roi des elfes, dans l'antre de Smaug), de se battre (contre les araignées), de sortir toute la bande des ennuis (heureusement que Gandalf l'a recruté, sinon les nains n'avaient aucune chance 🤣) et même de prendre des décisions difficiles ([divulgâcheur] donner l'Arkenstone à Bard et braver ainsi la colère de Thorin pourvu de débloquer la situation à la fin [fin du divulgâcheur]). C'est bien mené, et sans excès non plus, car Bilbo est aussi très satisfait de rentrer chez lui et de laisser ces tracas incessants derrière lui. Le contraire, sa conversion en un dur de chez dur, aurait été moins crédible.

Gandalf est aussi un personnage superbe, bien que très mystérieux (ou peut-être parce que mystérieux, justement), avec toujours le mot juste pour analyser la situation et remettre à leur place ceux qui en ont besoin. Et toujours là pour les tirer des ennuis, lui aussi.

À la fin, lorsque le traitement plus amusant et jeunesse de l'histoire reste de côté, pointe aussi l'"épisme" propre à Tolkien: Smaug qui fonce sur Esgaroth, puis la bataille des Cinq armées, c'est assez spectaculaire et prenant. Je ne sais pas comment il faisait, mais il suffit que Tolkien dise des choses aussi simples que "and a red gleam was in their eyes" et C'EST TROP DINGUE VOUS ÊTES  TRANSPORTÉ DE FOUUUUUS!!!!!! Putain!!!!!! Je voudrais tellement écrire comme lui!!!

La seule chose qui m'emballe moins dans Le Hobbit, ce sont les chansons un chouïa agaçantes des elfes, à base de "tralali" et de "tralala", bien loin de l'idée que je fais de l'elfe tolkienien (mais probablement que l'elfe tolkienien a évolué entre ses deux romans, hihi). Citons aussi l'absence totale de femmes. Le hobbit est un garçon, les nains sont des garçons, les gobelins sont des garçons, le dragon est un garçon, les elfes sont des garçons, les humains sont des garçons, les aigles sont des garçons, les oiseaux qui ne sont pas des aigles sont des garçons, bref on peut légitimement supposer que même les poneys sont des garçons. Un état de fait qui me fait lever les yeux au ciel mais n'entache quand même pas le plaisir de lecture, parce que Tolkien c'était juste dieu sur terre.