jeudi 26 janvier 2023

Le Silence de la Cité (1981)

Lorsque j’ai lu Chroniques du Pays des mères, il m'a été demandé si j'allais lire Le Silence de la Cité, et Shaya a résolu le problème en me prêtant ce roman, qu’Elizabeth Vonarburg a publié bien avant son chef d’œuvre. Merci à toi, Shaya. 🤗

Ce premier roman a quelque chose de similaire à son successeur, en ceci qu’il suit la vie d’une protagoniste féminine et nous plonge grandement dans ses pensées et ses questionnements. Nous sommes dans un lointain avenir, où notre civilisation s’est effondrée et l’humanité, aux prises avec un mystérieux virus, survit tant bien que mal avec peu de technologie. Sous Terre, en revanche, subsistent des cités, des espaces ultramodernes où se sont réfugiés diverses élites scientifiques ou économiques. Lorsqu’Élisa naît, il reste quelques habitants, qui se font vieux malgré leurs efficaces processus de rajeunissement et qui se déplacent essentiellement par androïdes interposés. L’un d’entre eux, Paul, mène des expériences génétiques sur des embryons et suit l’évolution d’Élisa de près.

J’ai, hélas, laissé passer trop de temps entre la fin de ma lecture et l’écriture de cette chronique, et mes idées ne sont donc plus très claires. Je peux toutefois vous dire que j’ai trouvé ce livre brillant et l’ai dévoré. Le cheminement intérieur d’Élisa est brossé avec beaucoup de finesse, tant dans sa compréhension des choses que dans ses doutes. Les personnages sont tous très intéressants et le monde présenté est très bien construit. La réflexion d’Élisa sur la prise de décision est très intéressante, et il y a un travail de fond sur le genre, ou plutôt la fluidité de genre. Et, bien sûr, le roman éclaire d’un jour nouveau le dernier chapitre de Chroniques du Pays des mères, même si ça n’a pas modifié mon ressenti sur la question. ^^

En revanche, je ne crois pas comprendre à la perfection les expériences et évolutions génétiques de l’humanité, et Élisa m’a parfois exaspérée par ses réactions; dans la troisième et la quatrième partie, elle passe beaucoup de temps à être dépassée par les évènements, ce que je trouve assez insupportable.

Cette chronique n’étant pas du tout à la hauteur de ce bouquin, je conclurai en vous recommandant tout simplement de passer à l’action et de le lire à votre tour. ^^

samedi 21 janvier 2023

Bilan 2022 – Vie perso

NB: Bien que ce billet sorte le 21 janvier, je l'ai rédigé en début de mois, quand l'idée de faire le bilan de 2022 semblait encore tout à fait pertinente et pas légèrement anachronique. 😉 

Après les bilans habituels sur le cinéma et la lecture, je ressens l'envie et le besoin de faire également un petit bilan personnel, indépendant de ma vie culturelle, afin de valoriser quelques actions que j'ai menées cette année et d'en garder une trace écrite, comme une preuve opposable à moi-même. Je souhaite m'aider à commencer 2023 autrement qu'en observant avec découragement une liste de tâches qui prouve, sans l'ombre d'un doute, que je n'ai jamais rien fait de mes dix doigts et que j'ai intérêt à cravacher dur pour justifier mon existence.

En 2022...

💸 J'ai fait un chiffre d'affaires satisfaisant. Le revers, c'est que, pour y parvenir, je n'ai eu que cent jours de repos dans l'année. Avec deux jours de week-end par semaine, les jours fériés et, disons, vingt-cinq jours de congés, comme les salariés, je pourrais légitimement aspirer à en avoir cent trente-cinq. Cela confirme ce que j'avais soupçonné en 2019 et 2020 et confimé numériquement en 2021, à savoir que je travaille suffisamment les week-ends et jours fériés pour "annuler" mes vacances. Il faut que ça change en 2023. Je sens bien que mon cerveau perd de ses capacités depuis deux ans. Mais je tiens le coup et je valorise cette capacité que j'ai à travailler dur pour gagner ma vie.

💻 Suite à l'apparition de douleurs au bras droit fin 2021, j'ai mis en place deux changements pour soulager ledit bras et affronter une longue période très chargée en réduisant le risque de lésion:

- j'ai acheté une souris verticale pour gauchers. La souris verticale, on s'habitue vite, et j'en utilise une depuis des années. Passer la souris dans son autre main, en revanche, ça rend ZINZIN. Je pense qu'il m'a fallu deux mois pour m'y faire pour de bon. Mais c'est autant de gestes en moins pour mon bras droit;

- j'ai appris à taper avec mes dix doigts sur TapTouche. J'ai tapé toute ma vie avec trois doigts et cela a été, pour moi, une révolution. L'apprentissage m'a rendue ZINZIN. Putain. ZINZIN. J'avais de l'urticaire au cerveau et des sensations exaspérantes dans les petits doigts. Et une fois que j'ai appris toutes les lettres, il a fallu apprendre à les taper EN MAJUSCULE, ce qui implique d'utiliser deux doigts en même temps: un petit doigt sur la touche MAJ et un doigt sur la touche concernée. L'ENFER. Et les CHIFFRES, c'est deux doigts aussi. Puis il a fallu apprendre des caractères qui mobilisent trois doigts, genre les trémas. La peste soit de ä, ë et leurs comparses. La peste soit aussi de l'arobase, qui mobilise deux doigts que je place très difficilement comme il faut. Après soixante heures d'exercices, je ne suis pas très rapide; sur le long terme, je tape une quarantaine de mots par minute. Mais j'ai gravi une putain de montagne. Et la vitesse s'améliore. Et j'ai tenu toute l'année sans que les douleurs de fin 2021 ne reviennent. Donc, mission accomplie.

📚 J'ai fait quarante-neuf heures de russe en face-à-face, cinquante-cinq heures sur Assimil et un nombre imprécisé (vingt, je suppose) d'heures sur le manuel papier. Ça aussi, ça m'a bien flingué le cerveau. Mais j'adoooooore le russe. J'ai aussi écouté des podcasts et des chansons, mais je ne sais pas du tout quel temps ça peut représenter.

👁 J'ai commencé l'hypnose pour essayer de résoudre des problèmes – de sommeil et d'alimentation principalement, et plus personnels accessoirement. Ce n'est pas miraculeux, mais ça me fait un safe space où dire la vérité et des horreurs et où pleurer. Et c'est quelque chose. Et à défaut de dormir bien, je dors nettement mieux! 🤩

🖊 J'ai renoué avec l'écriture à l'occasion de la traduction d'un bouquin de développement personnel. L'auteur applique une philosophie des petits pas et j'ai soudain pensé que je pouvais écrire une phrase par jour. C'est tellement modeste, une phrase, que même moi, je peux le faire. Une phrase, ça peut faire trois mots. Voire un mot, en fait. "Dégage!", c'est une phrase. Donc, depuis le 30 août, j'écris tous les matins, fidèlement, une ou plusieurs phrases. Depuis début novembre, j'écris aussi une ou plusieurs phrases le soir, dans le cadre du SlowRiMo de Florie Teller. C'est un petit miracle. Le deuxième petit miracle, c'est que je vois ça pour le miracle que c'est, pas comme une étape insignifiante parce que tout-le-monde-il-est-déjà-publié-et-que-je-démarre-avec-tellement-de-retard-que-c'est-perdu-d'avance. Je suis 100% convaincue que c'est infiniment mieux que rien et que that first step you take is the longest stride. 🎶

Voilà! Et vous, des accomplissements particuliers en 2022, qu'ils soient grands ou petits? 😊

mercredi 18 janvier 2023

Bilan 2022 – Lectures

Après le bilan cinématographique, place au bilan des lectures de 2022.

Sur le plan quantitatif, c'est relativement positif: avec 60 livres, je suis pile à mi-chemin entre les 58 lectures de 2021 et les 62 de 2020. Bien entendu, j'aimerais lire plus, mais ça me semble bien au vu de mon rythme de travail et de mes autres activités.

Sur le plan qualitatif, il y a aussi eu du positif, et même du très bon, avec quelques livres extraordinaires qui resteront avec moi longtemps. Mais il y a aussi eu beaucoup de choses oubliables, ce qui me donne l'impression que la qualité moyenne n'était pas oufissime.

Sur le podium



C'est absolument incontestable et ça n'étonnera personne. Ce roman est un chef d'œuvre sur le fond et la forme.



Une lecture addictive, un contexte très réussi, un personnage positif au cœur des ténèbres.




Le Chien du forgeron est supérieur sur la forme, grâce au ton très réussi du récit oral, mais Becky Chambers m'a beaucoup plus fait vibrer, alors j'ai renoncé à les départager.

La fin d'un long voyage

En 2022, avec Le Docteur Pascal, Tigger Lilly et moi sommes arrivées au terme d'un long projet de relecture des Rougon-Macquart d'Émile Zola, chemin souvent arpenté en compagnie de Baroona. Une fresque socio-familiale incroyable et spectaculaire, pleine de moments riches en émotions.

Des dinosaures ❤

J'ai lu avec un immense bonheur Saurian, le livre accompagnant un jeu vidéo en développement, et les quatre tomes de Dinotopia de James Gurney. Avis aux éditeurs: je suis là pour les traduire ou les retraduire et lancer ou relancer leur exploitation en France.

Une relecture qui compte

Relire Entretien avec un vampire et retrouver Anne Rice au sommet.

Deux valeurs sûres

Primo Levi avec L'altrui mestiere et Emmanuel Carrère avec Yoga.

Du côté des revues

Vingt-six revues ou journaux hors Cheval Magazine. C'est bien. C'est limite trop, l'objectif étant d'en lire un par mois, soit seulement douze par an. En 2023, je peux ralentir sur ce point pour accorder plus de temps aux livres.

Du côté des BD

J'ai lu dix-huit volumes, plus seize épisodes de Dark Avengers publiés en kiosque dont j'ignore combien de volumes ils constitueraient si on les réunissait en intégrale. Ça va de recueils très faciles à lire aux pavés de Hellblazer. C'est bien.

Et la pile à lire dans tout ça?

Elle est passée de trente-et-un à dix-sept livres. C'est bien. C'est un peu moins bien pour la PAL des revues, mais je m'en fous, je ne compte pas la PAL des revues. 🤪

Bref, tout va bien. Le plaisir est là, ce qui est quand même le principal, et les chiffres sont bons aussi. C'est chouette.

dimanche 15 janvier 2023

Bilan 2022 – Cinéma

Maintenant que les chroniques et les récaps mensuels et trimestriels de 2022 sont terminés, il est temps de passer aux bilans annuels.

Je commence, comme toujours, par le cinéma.

Après des années de tendance inexorable à la baisse, 2022 marque une augmentation importante du nombre de séances et un retour aux chiffres non seulement pré-COVID, mais tout simplement pré-débordement total!!! 🤩🤩🤩

2017: 44 séances
2018: 41 séances
2019: 27 séances
2020: 21 séances
2021: 16 séances
2022: 40 séances

🤩🤩🤩

YEEEEAAAHHH!!!

C'est formidable, c'est fantastique!

Et c'est, en toute modestie, un exploit, vu que l'année a été suffisamment chargée pour que les précédentes me semblent, en rétrospective, plutôt tolérables. 🙃

Ce qui ne change pas, en revanche, c'est que les vieilleries m'enthousiasment plus que les nouveautés.

Parmi les sorties de 2022, peu de films m'ont marquée durablement, d'une manière ou d'une autre: le Batman avec Robert Pattinson, Simone. Le Voyage du siècle, The Woman King (Viola Davis 🤩), Mes rendez-vous avec Léo, et bien sûr Avatar 2, qui m'obsède et qu'il me faudra sans doute voir cinq fois pour le retourner suffisamment dans ma tête.

Dans une moindre mesure, je retiens aussi quelques suites qui ronronnent (parfois littéralement 👀😼) et ne révolutionnent rien, mais que j'ai aimées: Downton Abbey 2, Jurassic World Dominion et Le Chat Potté 2. Et bon, citons aussi Top Gun 2, parce que Tom Cruise, mais ce n'est pas trop mon truc, les avions de chasse – sauf lorsqu'ils se transforment, bien sûr. 👀

En revanche, du côté des vieilleries, il n'y a eu quasiment que des films extraordinaires: Kill Bill vol. 1 et 2, Princesse Mononoké ❤, Your Name 💖💖, Bodyguard 😍, le premier Avatar 💚💙💜, Moulin Rouge ❤❤ et Sur la route de Madison 💔. Beaucoup d'histoires d'amour, ce dont je ne m'étais pas rendu compte en cours de route.

J'espère continuer sur le même rythme en 2023, un défi paradoxalement facilité par le fait que je vais au cinéma seule depuis la réouverture en 2020 – entre la trentaine, voire la quarantaine, l'arrivée d'enfants et le recours grandissant aux écrans à la maison, mon copain et ses amis ne mettent plus les pieds dans les salles obscures et notre rythme, déjà essoufflé avant la pandémie, a complètement disparu. Ça tombe bien: c'est plus facile à organiser, et j'adooooore aller au cinéma seule, c'est ce que je trouve le plus immersif. Seule avec mon film, au dernier rang, dans des salles souvent aux trois quarts vides en raison des horaires que je privilégie. Et du pop corn pour Avatar 2, parce qu'il fallait fêter le retour sur Pandora. Que du bonheur.

Et 2023, c'est le retour des Transformers au cinéma. Quelle plus belle nouvelle pour tenir jusqu'en 2024 et Avatar 3, franchement?

mardi 10 janvier 2023

Les BD du quatrième trimestre 2022

Comme d'habitude, petit point trimestriel sur mes lectures de bandes dessinées.

Dinosaur Philosophy de Dinoandcomics (2022)

Le compte Dinoandcomics, qui partage des strips de dinosaures aux prises avec la vie, a fait son arrivée en version papier. J’aime beaucoup ces dinosaures hypersensibles et débordés par le comportement irrationnel et incompréhensible de leur cerveau et je me suis bien retrouvée dans de nombreuses histoires. Il y a aussi eu un Dinosaur Therapy, que j’aimerais beaucoup lire. Jettez-y un œil si vous ne comprenez pas bien les relations humaines, entre autres choses. 😅
Éditeur VO: HarperCollins

Nous vivons chez nos chats d’Eloisa Scichilone (2019)

Eloisa Scichilone ayant sorti une nouvelle BD, j’ai voulu relire cette histoire de chats, que j’ai beaucoup, beaucoup aimée il y a trois ans. C’est une vraie merveille de douceur et de sourires, avec des chats banalement extraordinaires – extraordinaires à la manière de tous les chats, quoi. Je répète mon avertissement de l’époque à l’attention des âmes sensibles: c’est très, très émouvant. J’ai profité d’une soirée seule pour pleurer tout mon saoul. Il paraît que pleurer est un mécanisme de décharge émotionnelle, alors je vis ça mieux, maintenant.
Éditeur: MARAbulles

Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seon Gu (2019)

Dans la foulée, j’ai aussi relu cette petite pépite, dont je gardais un souvenir déchirant – autant profiter de la décharge émotionnelle jusqu’au bout. Quel crève-cœur. Quel crève-cœur. Merci aux artistes qui parviennent à tirer quelque chose de beau, et en quelque sorte de réconfortant, de ces choses qui sont tout l’inverse.
Éditeur: Sarbacane

La vie d’adulte de Sophie Adriansen (scénario) et Eloisa Scichilone et Mauro Gandini (dessin) (2022)

La nouvelle BD d’Eloisa Scichilone ne m’a pas autant touchée que Nous vivons chez nos chats – et pas seulement parce qu’il n’y a pas "chat" dans le titre, je tiens à le préciser pour les petits facétieux que je vois au fond de la salle, là. 😼 Cette histoire d’une trentenaire, qui, après une opération risquée, lâche sa vie pratiquement du jour au lendemain et se casse à Rome chercher le sens de la vie, m’a semblé relativement convenue. [Divulgâcheur] Oui, bien sûr, elle trouve l’amour et change de métier pour renouer avec sa créativité refoulée, cela va sans dire. [Fin du divulgâcheur.] Restent toutefois les dessins et surtout les couleurs absolument stupéfiantes du couple au dessin. C’est une vraie merveille et cela donne un certain cafard de l’Italie.
Éditeur: First

Daytripper de Fábio Moon et Gabriel Bá (2010)

En dix jours et dix épisodes, ce comics explore les évolutions possibles de la vie d’un Brésilien à différents âges. Que lui arrive-t-il en ce jour où il a 52 ans, que lui arrive-t-il en ce jour où il a 7 ans...? Dix destins on ne peut plus différents, avec toutefois le point commun de la relation au père, à l’amour, à la paternité et à l’écriture. C’est très beau visuellement et j’ai apprécié qu’on me parle du quotidien, avec des intérieurs chaleureux par exemple. Mais je n’ai pas tout saisi au message, et le fait que la transmission familiale y tienne un rôle central m’a quelque peu rebutée. Je suis sortie de là en m’imaginant sur mon lit de mort, seule (parce que je n'ai pas de famille et que je n'aurai pas eu d'enfant), hantée par mes échecs (parce que je n'aurai rien accompli dans ma vie) et mal soignée par-dessus le marché (parce qu'il est très probable que je sois une retraitée non seulement tardive, mais surtout pauvre). L’inverse de l’effet escompté, en somme… 😅
Éditeur VO: Vertigo

jeudi 5 janvier 2023

La gamelle de décembre 2022

L'année 2022 s'est terminée en beauté au cinéma, avec six séances en ce mois de décembre – et les six ont apporté leur lot de satisfaction, en plus.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Black Panther 2. Wakanda Forever de Ryan Coogler (2022)

En dépit de quelques faiblesses, voilà une suite réussie, qui parvient à poursuivre son chemin malgré le décès de l’acteur principal et à être fidèle au premier film tout en introduisant un nouvel univers. Entrent en effet en scène Namor et son peuple des profondeurs. Ils ont la peau bleue et ils se déplacent parfois avec des baleines, donc je me suis crue dans Avatar 2 avec un peu d’avance. 🥰 Au-delà du message anticolonisation, ce film est un vrai déluge de pouvoir féminin: 70% des personnages et 90% des super-héros sont des femmes. J’espère que Marvel n’osera plus nous servir des greluches à décolleté après que Ryan Coogler aura fait avancer les choses ainsi. Dernier point: si les Wakandiens parlent beaucoup anglais entre eux, ce que je trouve absurde, les personnages parlant espagnol et français parlent vraiment espagnol et français, pas un charabia absurde. J’ai donc bon espoir que le maya et le wakandien soient justes également. 👀

Mes rendez-vous avec Léo (Good Luck to You, Leo Grande) de Sophie Hyde (2022)

Un bon feel-good movie sur le sexe. À part la scène de la dispute, que j’ai trouvée un peu forcée, j’ai adoré. C’est aussi drôle que touchant. Ça parle de travail du sexe comme service pour le bonheur. Emma Thomson joue extraordinairement bien et pose nue, à soixante ans passés. Le message est super positif. On peut prendre du plaisir à cet âge-là, on peut se masturber, on peut coucher avec quelqu’un qui a un âge différent. Et Daryl McCormack, vu dans La Roue du Temps, est super juste dans son jeu. Et à croquer. Tout simplement à croquer… 🤩🤩🤩

Avatar 2: La Voie de l'eau de James Cameron (2022)

Quel immense bonheur que de retourner sur Pandora 💚💙💜 Ce deuxième opus m’a énormément surprise. Je ne m’étais pas spécialement informée et je savais donc seulement qu’on rencontrerait les enfants de Jake et Neytiri. Concrètement, c’est plus qu’une rencontre: le film est surtout consacré à eux; les parents deviennent quasiment des personnages secondaires. Zoë Saldana, notamment, disparait pendant au moins trente minutes. Et deux des enfants ne sont pas les leurs, ce que je n’avais pas du tout vu venir. Les méchants ont des avatars à leur tour, ce qui change les règles du jeu. Et il n’y a pas de grande bataille finale entre deux armées, comme je l’imaginais.

J’ai relevé deux ou trois faiblesses – un montage forcé lorsque ***bip***  va à la rencontre de son ikran, l’étrange disparition de l’armée de Na’vi une fois l’affrontement final terminé, la trop faible présence de la cadette des Sully pour qu’on s’attache à elle et qu’il y ait donc un quelconque enjeu autour de sa capture à la fin –, mais j’ai été déçue par un point sur lequel je pensais, au contraire, être encore plus enthousiaste qu’avant: ce film est vachement genré et patriarcal. Ça m’étonne de la part de Cameron, mais c’est indéniable. Jake est clairement le chef de famille. Neytiri se dispute bêtement, en public, avec une autre femme sur le mode "mon mari il est meilleur que le tien". Les garçons sauvent les filles. Neytiri réagit de manière très émotionnelle là où Jake garde son calme. Le fils interagit avec le père tandis que les filles interagissent avec la mère. L’identité de la mère de Spider n’est même pas évoquée, tout tournant autour de son père… Et Kate Winslet est totalement sous-exploitée; son personnage commence avec une présence forte, mais n’a pas de rôle réel par la suite. Cameron m’ayant habituée, dans Titanic et le premier Avatar, à un traitement très égalitaire des personnages féminins, j’en attendais plus. D’autant plus avec la vague MeToo et les revendications des dernières années.

Malgré cette déception-là, qui m’a accompagnée en filigrane durant la séance, j’ai tout simplement adoré. Ça reste du grand cinéma, un spectacle plus grand que nature, stupéfiant et inoubliable. On connaît Pandora, l’effet de surprise est passé, mais la découverte des mers permet de retrouver, pendant vingt ou trente bonnes minutes, l’émerveillement total du premier film. Ce worldbuilding est un des plus soignés et réussis de l’histoire de l’imaginaire. Le message écolo et humaniste est là, avec une scène de chasse à la baleine qui prend le relais de la destruction de l’Arbre-Maison et qui m’a clouée à mon fauteuil, le cœur battant. À tout moment, même quand il y a beaucoup d’action, on comprend qui est où (sauf cette armée qui disparaît, donc ^^). Et on sent que le film a été pensé de concert avec le suivant, car certains points restent à creuser.

Quelle merveille, mes amis, quelle merveille. Foncez le voir au cinéma.

Et si jamais vous passez à la réalisation, retenez ceci: il ne faut jamais hésiter à tourner un film catastrophe sur un paquebot. Le savoir-faire acquis sur le tournage pourra un jour vous être utile pour votre film de science-fiction. 😎

Le Château ambulant de Hayao Miyazaki (2004)

Encore une belle découverte grâce à UGC Culte 💖 Je n’ai pas trouvé ce film aussi incontournable que Princesse Mononoké, mais j’ai beaucoup plus aimé que Le Voyage de Chihiro. C’est superbe visuellement et tellement riche d’imagination et de messages positifs sur l’entraide et contre la guerre. Mais j’ai eu du mal à bien cerner la fin (par exemple, pourquoi sortir le démon-feu du château, et donc détruire le château, si c’est pour remonter à bord juste après…?) et certains éléments sont trop faciles (l’épouvantail qui se révèle être un prince, tellement commode pour mettre fin à la guerre), ce qui ternit un chouïa la fin.

Le Chat potté: la dernière quête de Joel Crawford (2022)

Le grand retour de notre félin préféré au cinéma 💖 Après un début pas tout à fait convaincant, la faute à une chanson un peu fadasse, le film trouve un bon rythme et m’a enchantée. Je l’ai trouvé très créatif, car les scènes d’action utilisent un rendu très différent des autres, ce qui donne en quelque sorte l’impression que les images sont peintes. Les nombreux clins d’œil sont bien amenés, les personnages que l’on connaît déjà – le Chat et Kitty – sont fidèles à eux-mêmes mais évoluent quand même et ceux que l’on rencontre sont bien construits (j’ai beaucoup aimé Goldie et le loup). Bref, que du bonheur, et une mise en bouche appétissante pour Shrek 5.

Avatar 2: La Voie de l'eau de James Cameron (2022)

Une deuxième séance pour voir le film en 3D. Visuellement, c’est impeccable et stupéfiant; je dirais même OUFISSIME. Je suis très curieuse de voir comment vont évoluer certains personnages prometteurs, et plus j’y pense, plus je crois que ce film n’est que le début du trois et qu’il faudra les évaluer ensemble. Toutefois, ce grand retour du patriarcat m’a exaspérée (il n’était jamais parti, me diront certains; mais merde, ça après Titanic et le premier Avatar…) et j’ai confirmé pas mal de problèmes relevés lors du premier visionnage (par exemple, je me disais que j’avais peut-être oublié une scène vers la fin, mais non, la petite armée des Na’vi du récif se volatilise bien sans un mot, c’est fantastique 🙄). Et cette suite est quand même moins chargée émotionnellement que le premier film – mais cela pourrait être dû au fait que ce n’est qu’une première partie, si ma théorie est bonne, donc je réserve mon jugement.

Du côté des séries

Willow de Jonathan Kasdan – saison 1 (2022)

Une nouvelle série de fantasy pour retrouver Willow, le héros du film homonyme. Je suis extrêmement enthousiaste pour l'instant. Je vous en reparle quand ce sera terminé.

Et le reste


J'ai réussi à bien avancer niveau magazines: deux anciens numéros de Livres Hebdo Le Magazine, la revue Manière de voir du Monde Diplomatique sur la science-fiction (que je vous déconseille, car c'est chiant et pédant; je tâcherai toutefois de retenir l'expression "présent exagéré", que je trouve très significative) et deux numéros de Cheval Magazine, à savoir celui de décembre en début de mois et celui de janvier en fin de mois.

samedi 31 décembre 2022

Émile Zola au pays de l’anarchie (2006)

Chronique express!

Vittorio Frigerio, universitaire spécialiste de l’anarchie, a réuni dans ce recueil des articles de journaux anarchistes consacrés à Émile Zola. La réception de l’écrivain dans ces papiers est variable: certains auteurs encensent l’aspect social de ses romans ou son engagement dans l’affaire Dreyfus, d’autres analysent son œuvre de manière plus nuancée, d’autres enfin l’accablent de reproches, par exemple parce qu’il défend Dreyfus mais pas des militants anarchistes condamnés au bagne. Il est toujours intéressant de lire des articles publiés du vivant de Zola et à l’occasion de sa mort, quand il n’avait pas encore la stature qu’il a aujourd’hui – même si, bon, on ne peut pas dire que tout ça me laisse présager le meilleur à propos de ses Évangiles, notamment Fécondité, qui, comme son nom l’indique, fait l’éloge de la natalité… 🙄 Et c'était également une bonne occasion de lire quelque chose sur l'anarchie, mouvement dont je ne sais absolument rien. Toutefois, c’est une lecture ultraspécialisée, qui a lassé même la fana de Zola que je suis, d’autant que tous les articles ne sont pas aussi qualiteux les uns que les autres. Je ne la recommande donc pas franchement...

lundi 26 décembre 2022

TysT (2022)

Il y a quelques mois, j’ai lu TysT de luvan en avant-première, à l’occasion du financement participatif organisé par les éditions Scylla. Je n’ai pas tout saisi à ma lecture: le récit est onirique et suspendu dans un ailleurs que nous ne connaissons pas, les choses ne sont pas expliquées de manière cartésienne, la narratrice voyage entre plusieurs mondes ou dimensions… Néanmoins, j’avais le vague projet de le relire dans sa version papier, un support qui me convient mieux que le numérique (pour être précise, il faudrait plutôt dire que c’est le numérique qui ne me convient pas du tout ^^).

Je suis passée à l’action dès que j’ai reçu mon exemplaire, et j’ai bien fait. Déjà, le livre est très beau, et il est toujours agréable de manipuler un bel objet. Ensuite, la couverture et la quatrième de couverture, ainsi que les rabats, forment une seule et unique illustration représentant à peu près tous les personnages, et cela m’a été d’une aide précieuse pour me remémorer qui était qui quand un personnage revenait en scène après une absence; en effet, tout le monde porte un nom en trois éléments, comme Courroux Clapet Dhorst (le corbeau, le seul dont je sache avec certitude qui il est) ou Bibi Ziggurat Tremeneur, et cela avait créé pas mal de confusion dans mon esprit. Enfin, très simplement, je connaissais l’histoire et je savais à quoi m’attendre, ce qui m’a permis de profiter pleinement des points positifs, même si j’ai vite constaté que j’avais déjà oublié une bonne partie de l’intrigue.

Car des points positifs, il y en a: une écriture imagée et légère, que je qualifierais d’" arrondie" si la chose avait du sens pour un style littéraire, un univers riche de replis et de recoins, un message d’espoir, un sens de la relation humaine et de ce qu’elle peut atteindre de profond et de viscéral (y compris avec des non-humains), et cette magie discrète et mystérieuse de "l’autre peuple" ou "l’autre monde" – comme je l’ai déjà dit dans mon billet du printemps, cela m’a rappelé ce que je voulais moi-même écrire à l’époque où j’étais émerveillée par Les Brumes d’Avalon de Zimmer Bradley et la minisérie télévisée Merlin de 1998.

Je n’ai toujours pas tout cerné, mais j’ai déjà beaucoup mieux cerné les choses que lors de ma première lecture. Et il me semble évident, de toute façon, que TysT n’est pas un bouquin à cerner, mais un voyage à accepter, à l’aveugle, en acceptant de faire confiance à la narratrice.

Grâce à la version papier, je me suis aussi penchée sur le jeu d’écriture proposé par Melville. Le début a été riche en émotions. Je ne suis pas sûre d’aller jusqu’au bout, mais ça a l’air intéressant.