vendredi 14 juin 2019

Serpentine (2004)

Quand j'ai lu Nous qui n'existons pas il y a quelques mois, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de Mélanie Fazi, autrice française intéressante et renommée. J'ai donc acheté Serpentine, un recueil de nouvelles qui m'a fait de l’œil aux Rencontres de l'imaginaire de Sèvres.


En deux mots: c'était bien. Tout tient dans l'ambiance dans ces textes, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup et qui fait tout le sel du fantastique à mon avis. Mélanie Fazi écrit bien, sobrement, élégamment mais sans en faire trop. Mon seul regret: pas de frisson dans ces pages, on est plutôt dans l'étrange que dans le surnaturel ou l'effrayant...

Je note ici quelques mots sur chaque nouvelle pour ne pas oublier. 😊

Serpentine (Grand prix de l'imaginaire, catégorie nouvelle, en 2004). Un salon de tatouage, une encre pas comme les autres.

Élégie. Un arbre, une femme, le souvenir de deux enfants.

Nous reprendre à la route. Une aire d'autoroute, des gens, une fille qui attend un bus. Un de mes textes préférés du recueil.

Rêves de cendre. Une fille et des flammes. J'ai moins aimé.

Matilda. Un concert, une chanteuse. J'ai moins aimé. Je trouve difficile de transmettre le rythme et les émotions d'une chanson qui n'existe pas...

Mémoire des herbes aromatiques. Un restaurant grec, un homme qui commande, une femme qui prend la commande. Un de mes textes préférés.

Petit théâtre de rame. Le métro à Paris. Un de mes textes préférés.

Le faiseur de pluie. Une maison en Italie, deux enfants, une météo pluvieuse. J'ai beaucoup aimé même si j'aurais préféré avoir un peu peur. J'ai eu envie de rentrer en Italie.

Le passeur. Un homme, le souvenir d'une femme, un fleuve qui coule. J'ai moins aimé. 

Ghost Town Blues. Ville fantôme, Ouest américain. Pas un de mes textes préférés mais j'ai beaucoup aimé le décor.   

Allez donc voir ailleurs si cette serpentine y est!

dimanche 9 juin 2019

Firmin: Adventures of a Metropolitan Lowlife (2006)

Chronique express!


Firmin de Sam Savage m'a été conseillé par Endea il y a pas loin de trois ans, à un moment où j'avais lu plusieurs histoires de rats d'affilée (ici, ici et ici). C'est l'histoire d'un rat né dans une bouquinerie de Boston pendant les années soixante et capable de lire parce qu'il s'est nourri (littéralement) de livres dès sa plus tendre enfance. Sa vie consiste donc à lire les ouvrages en rayon quand la librairie ferme et à observer les clients et le libraire. Pendant ce temps, le quartier est à l'agonie, la mairie ayant décidé de le raser pour faire place à de nouveaux bâtiments. La ville a tourné la page, en quelque sorte.

Je m'attendais à une lecture légère et plaisante avec un protagoniste mignon. Mais il n'en a pas vraiment été ainsi; j'ai plutôt trouvé ce roman triste. Dès le premier chapitre, Firmin raconte son histoire avec détachement et ironie, voire cynisme: sa mère alcoolique (oui, une rate alcoolique!), ses frères et sœurs qui l'empêchaient de téter, la solitude de n'être ni un rat normal ni un humain, sa passion pour Fred Astaire, auquel il ne ressemblera jamais. Viendront ensuite une expérience terrible avec le libraire qu'il considère comme un ami, puis une cohabitation avec un vieil écrivain de science-fiction marginal dans ce vieil immeuble vétuste qui est promis à la démolition. La passion de la lecture et de la littérature est là et certains passages sur la bouquinerie sont adorables, touchants ou croustillants, mais je retiendrai surtout de ce livre beaucoup de tristesse et une fin à pleurer. Et une citation qui me bouleverse parce que je m'y reconnais terriblement:
"If you are hungry enough, you will eat anything. Just the act of chewing and swallowing something, even if it does not nourish the body, nourishes your dreams. And dreams of food are just like other dreams – you can live on them till you die."
Allez donc voir ailleurs si ce rat y est!

mardi 4 juin 2019

La gamelle de mai 2019

Peu d'activité culturelle en ce mois de mai... Le temps passe à une vitesse folle et il est difficile d'en faire quelque chose!

Sur petit écran

John Wick de David Leitch et Chad Stahelski (2014)


À l'occasion de la sortie de John Wick 3, il était temps de revoir le 1 et de voir enfin le 2 (dont je vous parlerai dans la prochaine gamelle). Ce premier film est une vraie réussite. Il y a une ambiance et une manière de filmer qui vont bien au-delà du simple film de baston. La mise en scène est soignée, les décors judicieusement choisis, parfois superbes (les coups de feu dans la boîte de nuit 😍). La musique colle parfaitement bien et certains passages relèvent quasiment du clip musical ("Killing Strangers" de Marilyn Manson 😍). Le monde de la mafia est à peine ébauché mais on comprend tout. Et bien sûr ce qui fait tout l'intérêt de ce film, c'est John Wick, un Keanu Reeves taciturne et redoutable qui tue à tour de bras: une balle dans le torse pour éliminer la menace, une balle dans la tête pour tuer. Un tueur qui saigne, qui souffre quand on le frappe ou qu'il prend des balles, qui porte un gilet pare-balles et qui recharge régulièrement ses armes. Le tout en costume (impeccable au début, moins au fur et à mesure des coups). Quelle classe, ce film. Les seules critiques qu'on peut lui faire c'est qu'il y a deux-trois petits faux-raccords (mais des détails) et puis le fait que les femmes soient les grandes absentes, même si la tueuse Perkins est la personne qui donnera le plus de fil à retordre à notre héros. Ah et puis le russe douteux des personnages, je ne peux pas juger comme pour l'italien dans Green Book mais en général je reconnais plus que deux mots quand j'entends du russe. 😜

Sur grand écran

Hellboy de Neil Marshall (2019)


Ahahahahahahah. J'ai adoré. Milla Jovovich est toutefois sous-exploitée. Je ne recommande pas vraiment. (Mais j'ai vraiment adoré, hein.)

Avengers: Endgame d'Anthony et Joe Russo (2019)

Merci. C'était sympa le plan nanas pour savoir qu'elles sont là, vu que les trois quarts d'entre elles ne sont visibles qu'à ce moment-là. Sinon merci pour le cheval mais j'aurais apprécié de le voir, lui aussi, pas juste une tache blanche...

Il y a beaucoup à dire sur le dernier opus de la saga Avengers. En positif, je retiens surtout le bon équilibre entre les nombreux personnages, la présence de passages très calmes, presque réfléchis, et la volonté de clôturer des tas de choses avec de beaux retours en arrière. En négatif, ma déception face à la bataille de fin (trop sombre, trop floue, trop mal faite pour un budget pareil, avec d'un coup bien trop de personnages qui foutent en l'air le bel équilibre qu'on avait jusque là puisque la moitié d'entre eux sont tout juste montrés), le personnage de Thor qui sert de clown, la sous-exploitation de Captain Marvel qui est le personnage le plus puissant du lot. Bref pour l'instant ça ne change pas, mes films préférés de l'année restant Aquaman et Mortal Engines, qui m'ont fait rêver. 😍

Et le reste


J'ai lu le tout premier numéro de Bifrost, qui m'a été offert au Salon du Livre de Paris en mars dernier. Un vrai voyage dans le temps. Il est intéressant de noter que la maquette de la revue n'a pas vraiment changé en 23 ans, tandis que des progrès considérables ont été réalisés niveau relecture: autant Bifrost me semble actuellement irréprochable de ce point de vue, autant les fautes piquaient les yeux ici! 😂 Deux nouvelles m'ont plu (La visite de M. Futur d'Alain Le Bussy et Le fruit de nos entrailles de Raymond Milési) et j'ai lu avec grand intérêt les chroniques des sorties de l'époque.

Et c'est tout! Pas de série ce mois-ci, pas de bande dessinée et même pas de Cheval Magazine, le numéro de juin étant arrivé dans ma boîte aux lettres le 31 mai, ce qui me laissait bien peu de temps pour le lire en mai. Comme toujours, j'espère faire mieux le mois prochain. 😉

jeudi 30 mai 2019

Les 1001 vies des livres (2014)

Chronique express!


Les 1001 vies des livres d'Éric Dussert et Éric Walbecq est un recueil d'anecdotes et d'informations diverses sur les livres. Par exemple, le chapitre 2, intitulé "Le livre extrême", recense les livres les plus anciens, les plus petits ou les plus gros; le chapitre 11, intitulé "Peut-on lire les livres imaginaires?", parle de livres inventés en littérature (dont le Nécronomicon de notre ami Lovecraft). Je l'ai lu car je l'ai trouvé dans l'entrée de mon immeuble, sur le comptoir des gardiens, qui sert d'étagère de partage de livres.

Bon. La plupart des informations étaient intéressantes, mais j'ai tout oublié aussitôt. Il y avait énormément de références que je ne connaissais pas et qui ne m'ont pas parlé, et puis tout simplement une masse de données trop importante pour vraiment la digérer et l'intégrer à son bagage culturel. J'ai apprécié sur le coup, mais je n'en ai rien tiré. Dommage. C'est peut-être un livre à picorer aux toilettes plutôt qu'à lire d'une traite, en fait.

samedi 25 mai 2019

The Martian (2011)

Chronique express!


Après un accident, Mark Watney se retrouve seul sur Mars, abandonné par ses coéquipiers qui l'ont cru mort. Il n'a aucun espoir de secours et ne peut pas communiquer avec la Terre. Déterminé à survivre le plus longtemps possible, il mobilise toutes ses connaissances en ingénierie et en botanique pour exploiter au mieux les maigres ressources dont il dispose, comme les douze pommes de terre qui vont lui permettre de lancer l'agriculture martienne. 😂

Il y a quelques années, j'ai vu l'adaptation cinématographique de Ridley Scott de ce roman, que j'ai trouvée très sympathique, et j'ai donc sauté sur l'occasion de le lire quand il a fait son apparition dans l'entrée de mon immeuble – en anglais en plus, ce qui est rarissime. Le film me semble très fidèle car j'ai retrouvé tous les souvenirs que j'en avais dans ma lecture. Avec son ton humoristique, son découpage rapide et ses références pop culturelles, The Martian est un livre d'une efficacité redoutable. Dès la première page, j'ai su que j'étais ferrée. En cela, il m'a rappelé The Da Vinci Code, véritable machine de guerre du roman américain contemporain. Alors, certes, je suis passée à côté d'une partie du roman, d'une part parce que le contenu est réellement technique et d'autre part parce que je ne possède pas tout le vocabulaire anglais nécessaire, mais ça n'a pas grande importance; le véritable intérêt est dans la progression des travaux de Mark, qui bricole tout ce qu'il peut, réussit à reprendre contact avec la NASA et lutte contre une planète qui, à défaut d'être hostile au sens propre du terme, ne fait rien pour l'aider. 😂

S'il faut trouver un défaut à ce livre, toutefois, c'est justement qu'il est trop efficace: le processus pour faire monter l'intérêt est trop visible, tant dans le découpage que dans les changements de points de vue, sans parler de répliques et de phrases destinées à meubler entre deux informations plus importantes (j'aurais dû compter le nombre de fois où un personnage était au bout du rouleau ou se frottait les yeux à cause du manque de sommeil, par exemple). En bref, c'est ce qu'on appelle un roman de plage, quelque chose de facile à lire et sans prétention littéraire; mais un roman de plage qui se passe sur Mars, ça vaut le détour!

Allez donc voir ailleurs si ce Martien y est!

lundi 20 mai 2019

Histoires d'amour de l'histoire de France n°10. Au temps de l'Aiglon (1980)

Chronique express!


Plus d'un an est passé depuis que j'ai découvert Guy Breton en lisant Drôles d'histoires de l'histoire de France, un recueil de courtes chroniques sur des sujets amusant ou étonnants de l'histoire. Ce volume-ci est du même genre, mais il n'aborde qu'un seul sujet: l'amour (au sens large: les sentiments, le sexe, les infidélités conjugales et les intrigues d'oreiller). Hasard de la récupération, j'ai lu le tome 10, qui parle du Second Empire, de la Commune et de la IIIe République, exactement la période de Zola. 😉

C'était chouette. Guy Breton était (est encore?) un bon vulgarisateur. On suit très aisément les intrigues abordées. Ce volume parle surtout de Napoléon III, qui a multiplié les maîtresses, et c'est une super occasion de réviser l'histoire du Second Empire, notamment les relations avec l'Italie grâce à la Castiglione (haha! J'ai tellement pensé à Clorinde dans Son Excellence Eugène Rougon!! 😃), la campagne du Mexique (liée à un penchant de l'impératrice Eugénie, c'est elle qui a convaincu Napoléon d'y participer) et la défaite de Sedan. Le dernier tiers m'a moins intéressée car je ne connais pas les figures politiques des années 1870-1880, à part Gambetta (et encore... J'aurais été bien incapable de le situer avec précision dans la deuxième moitié du XIXe...).

Le bémol: je vous avais dit que Drôles d'histoires de l'histoire de France avait quelque chose de franchouillard; là, l'auteur ne fait guère dans la finesse pour parler de tous ces ébats sexuels, et ce avec une certaine condescendance goguenarde pour les femmes. Je vous laisse avec un exemple qui pique particulièrement les yeux: "Les Communards étaient des hommes qui appréciaient les joies saines de l'existence et savaient mettre la main à la fesse d'une jolie Parisienne, entre deux fusillades." Purée, on se croirait chez San-Antonio, c'est horrible. 😂

mercredi 15 mai 2019

Como agua para chocolate (1989)

Como agua para chocolate de Laura Esquivel m'a été recommandé par une Mexicaine rencontrée à un mariage (un mariage entre une Allemande et un Français, d'ailleurs; c'était joliment international).


L'histoire est celle de Tita, une femme condamnée à une triste vie: comme elle est la benjamine de la famille, sa mère lui interdit de se marier et exige qu'elle prenne soin d'elle jusqu'à sa mort, conformément à la tradition familiale. Pourvu de rester près de Tita, Pedro, l'homme qui l'aime et qu'elle aime, épouse Rosaura, sœur deTita. Vous pouvez l'imaginer, la vie n'est pas facile dans le ranch mené d'une main de fer par la matriarche, qui surveille attentivement Pedro et Tita pour éviter le moindre écart. Tita, désespérée, fait la cuisine pour toute la famille et ses plats expriment mystérieusement ses émotions.

La particularité de ce livre est qu'il est découpé en douze chapitres correspondant aux douze mois de l'année et à douze recettes cruciales dans la vie de Tita. C'est très appétissant et ça se lit facilement (avec toutefois une grosse difficulté pour moi, à savoir le fait que le livre soit mexicain: non seulement je ne lis pas l'espagnol aussi bien que mes autres langues, mais en plus je ne connais pas du tout les vocabulaires spécifiques des nombreux pays hispanophones des Amériques!). Bon, tout ça ne casse pas forcément trois pattes à un canard, mais j'ai eu envie de savoir comment allait évoluer la vie de Tita. Il faut dire qu'il se passe des choses très bizarres quand elle fait la cuisine. Ainsi, un jour qu'elle serre contre sa poitrine un bouquet de roses offert par Pedro, les épines lui percent la peau et son sang tache les pétales; une fois utilisés dans une recette à la rose, ces pétales auront les effets aphrodisiaques les plus étranges sur les personnes les dégustant, à tel point que sa sœur Gertrudis, brûlante de désir, met le feu à la structure en bois qui sert de douche dans le ranch et s'enfuit, nue, dans la campagne, où elle copule avec le premier homme venu! 😂

Cet aspect surnaturel semble, d'après une ou deux chroniques lues sur le net, correspondre au réalisme magique sud-américain, que je ne connais absolument pas, mais qui m'était effectivement venu en tête quand j'ai compris que le récit de Laura Esquivel ne respectait pas les lois habituelles de notre monde. Il faut peut-être mieux le savoir avant de s'attaquer à ce livre; je connais pas mal de personnes que ce genre d'évènement "sortirait" totalement de la lecture.

Pour ma part, j'ai accepté les éléments surnaturels plutôt facilement, mais je n'ai pas non plus été "happée" par l'intrigue amoureuse et familiale à proprement parler, à savoir le fait que Pedro et Tita se tournent autour pendant des années, parfois avec une certaine bêtise qui ne me les a pas rendus sympathiques. Ce n'est donc pas une lecture qui me marquera longtemps, mais qui m'a assurément donné envie de faire la cuisine! On parle beaucoup d'oignons dans ce roman et l'odeur de l'oignon frit dans l'huile d'olive est pour moi une des plus formidables odeurs existant en cuisine et une des plus évocatrices de l'enfance...

Allez donc voir si ce chocolat y est!

vendredi 10 mai 2019

The Will and the Deed (1960)

Ellis Peters, de son vrai nom Edith Pargeter, était une auteure (autrice...) britannique de policiers surtout connue pour les enquêtes de Cadfael, un moine bénédictin du XIIe siècle, qui ont été adaptées en série télévisée avec Derek Jacobi dans le rôle-titre. Je vous ai parlé d'un de ses livres il y a deux ans ici. Au détour des trouvailles d'occasion, je suis tombée sur cette enquête contemporaine, qui n'a rien à voir avec Cadfael (même si la couverture peut s'avérer trompeuse avec ce côté "manuscrit"...).


Au retour de l'enterrement d'une célèbre cantatrice, un groupe de Britanniques se retrouve coincé dans un petit village de montagne autrichien, totalement coupé du monde en raison des fortes chutes de neige. Autant lire tout de suite le testament de la diva, sans attendre d'être de retour à Londres. Malheureusement, la lecture qu'en fait l'avocat n'est pas pour plaire à tout le monde: la fortune de la décédée n'ira pas à sa famille mais à son vieil ami Richard, avec lequel elle a chanté pendant des années. Bien sûr, ledit Richard est retrouvé mort quelques heures plus tard, ce qui nous laisse cinq suspects qui avaient à gagner gros, étant donné que la fortune leur reviendrait si Richard mourait sans laisser, à son tour, de testament.

Bref, vous l'aurez compris, ce roman est un whodunnit, un genre que j'adore. Donc, j'étais ferrée. Malgré des conditions de lecture défavorables dues au manque de temps, j'ai apprécié, comme toujours, de recueillir les indices et de peser le pour et le contre pour savoir qui, de l'assistante, la nièce odieuse, le neveu réservé, le docteur aux nerfs d'acier ou l'agent de longue date avait décidé d'empoisonner le pauvre Richard, un vieux monsieur écrasé de chagrin, pourvu de mettre la main sur quelques dizaines de milliers de livres. Je n'ai pas vu venir certaines choses, notamment un pari extrêmement risqué de Susan, l'assistante, et j'ai plutôt bien marché, dans le sens que j'ai cru sans me poser aucune question à quelque chose que l'assassin a voulu me faire croire. J'ai aussi apprécié la touche émotionnelle et humaine qui caractérisait les réflexions de Susan et Laurence (le neveu) et qui les a rendus très crédibles et réels.

Toutefois, j'ai failli identifier l'assassin très vite à cause d'un indice gigantesque, tellement gigantesque que j'ai cru qu'il s'agissait d'une fausse piste (d'où le fait que j'ai failli l'identifier). Mais non, pas de fausse piste, c'était bien lui. J'ai fait exactement le même reproche à The Confession of Brother Haluin et je me demande si c'est une faiblesse d'Ellis Peters, du coup. Un autre critique concerne l'énormité scénaristique qui permet aux personnages de débarquer dans le patelin de montagne où a lieu le meurtre: ils ont un accident d'avion. Et sans le moindre blessé, en plus. 😀

Ces réserves ne m'empêcheront pas de relire la dame au fur et à mesure de mes trouvailles d'occasion, d'autant plus que je trouve que ces poches usés par le temps vont très bien avec l'atmosphère du roman policier britannique...