vendredi 24 juin 2022

Le Guide vegan L214 (2020)

"Vivre mieux sans produits animaux, c’est facile": voici la promesse de ce guide culinaire écrit par Catherine Derieux, autrice et traductrice, et la L214, association de défense des animaux bien connue pour ses vidéos-choc, tournées en cachette dans les abattoirs et élevages.

La première partie de l’ouvrage décrit les alternatives végétaliennes aux aliments d’origine animale (viande, œufs, produits laitiers et de la mer); la deuxième partie propose un petit précis de nutrition pour savoir comment se procurer certains éléments en mangeant végane et élargit la réflexion au mode de vie végane en général, au-delà de l’alimentation. Le tout est saupoudré de recettes de cuisine diverses et variées.

Il n’y a aucune photo, mais des illustrations sympathiques, à l’image de la couverture. Ça se lit absolument tout seul et je pense que c’est une excellente introduction au véganisme pour quelqu’un qui ne s’y connaîtrait pas. Et le ton est très positif, avec moult encouragements pour les gens qui font quelque chose pour réduire leur consommation de produits animaux, même s’ils ne deviennent pas véganes.

Je ne me fais aucune illusion sur la capacité de cet ouvrage à influencer mes pratiques culinaires pendant longtemps (vous connaissez l’enthousiasme qui surgit quand vous feuilletez un bouquin de cuisine trop chouette? Hein? Vous allez acheter plein de trucs? Vous allez mieux manger? Ça va être génial? Voilà. Je le connais aussi. Mais dans les faits, je ne fais rien 😅), mais j’en ai tout de même tiré une application, un enseignement et un projet.

L’application: j’ai acheté deux tofus de la marque Taifun que je ne consomme pas habituellement: amandes-sésame, que j’avais déjà essayé mais pas racheté et que j’achèterai désormais régulièrement, et rosso, que je découvrais et qui est à tomber;

L’enseignement: le seul vrai problème d’une alimentation végétarienne ou végétalienne, c’est la carence en vitamine B12. Tout le reste, et notamment les éternelles protéines que les gens ils vous demandent d’un air effaré "mais t’as pas peur de manquer de pro-té-ï-neeeeuuuh?" quand vous évoquez le végétarisme (alors le véganisme, je n’ose pas imaginer 🙃), on en ingère suffisamment si on mange diversifié. Je me suis donc envoyé un texto à moi-même pour me souvenir de m’acheter de la vitamine B12 en comprimés. 💡

Le projet: j’ai repéré une recette de mug cake au chocolat et j’ai acheté les ingrédients nécessaires pour le confectionner. Affaire à suivre. 👀

Petit rappel ou petite information si jamais vous avez un doute:

Être végétarien, c’est ne pas consommer de chair animale: pas de viande, pas de poisson, pas de fruits de mer. En revanche, les produits d’origine animale qui ne sont pas l’animal en lui-même, comme les œufs, sont présents. Moi, j’en suis là depuis trois ans, après neuf ans de réduction de ma consommation (j’étais flexitarienne), et j’estime que devenir végétarienne fait partie des cinq meilleures décisions de ma vie. 💪

Être végétalien, c’est ne consommer aucun aliment d’origine animale. Toujours pas de chair animale, donc, mais pas non plus d’œufs, de fromage ou de miel. Je caresse l’espoir de franchir cette étape un jour.

Être végane, c’est bannir n’importe quel produit ou expérience issu de l’exploitation des animaux, que ce soit dans son alimentation ou tout autre aspect de sa vie. Donc, pas de laine, pas de cuir, pas de promenade à dos de chameau en vacances. Et, évidemment, pas d’équitation. Ce dernier point me laisse penser que je ne serai jamais végane. 😅

Pourquoi ce livre?

Parce qu’il fut un temps, en la lointaine année 2020 et au début de la non moins lointaine année 2021, où le monde s’arrêta et où j’eus un petit peu de temps à consacrer à la cuisine. Je fis des lasagnes, du gâteau à la banane (avec plusieurs recettes, en plus), des cheese nan, une soupe thaïlandaise, des shortbreads et d’autres essais que j’oublie. Certainement pas grand-chose pour les autres, mais une variété colossale pour moi. Fin 2020, je vis ce livre, je l’offris à une amie végétarienne plus motivée que moi en cuisine, et je décidai dans la foulée de me l’acheter pour moi-même. J’en lus environ un quart. Puis la vie recommença. Le peu de temps que j’avais pu consacrer à des recettes fut englouti par le retour des activités sociales et sportives. Le livre prit la poussière dans une pile à lire spéciale cuisine pendant… un an et demi. 😵

Et puis, soudain, j’ai décidé d’arrêter d’espérer que j’allais étudier lesdits livres de cuisine pour appliquer les recettes et j’ai dégommé ladite pile. Les autres livres sont rangés avec des post-it pour le jour improbable où je me mettrai aux fourneaux. Mais celui-ci, je voulais le lire de la première à la dernière page, vu qu’il ne contient qu’une vingtaine de recettes et a surtout une visée informative. 😍

dimanche 19 juin 2022

Los tiempos del odio (2018)

Après avoir adoré Lagrimas en la lluvia de Rosa Montero, le premier tome des enquêtes de la réplicante Bruna Husky, j’ai enchaîné assez rapidement avec El peso del corazón, le deuxième tome. Puis ma situation professionnelle s’est tellement accélérée qu’il n’était plus possible de lire en espagnol dans de bonnes conditions (ou tout du moins dans des conditions un minimum favorables 😅) et ce n’est qu’en ce mois de juin que j’ai enfin pu envisager de m’attaquer au troisième tome, Los tiempos del odio.

L’intrigue: Paul Lizard, le policier amant (petit ami?) de Bruna Husky, disparaît alors qu’il enquête sur les Terroristes Instantanés, un groupuscule qui, après plusieurs années d’actions dérisoires, vient de mener plusieurs attaques d’envergure dans différents pays du monde. Bruna Husky, inquiète, commence à mener sa petite enquête. Puis les terroristes annoncent avoir capturé plusieurs otages, dont Paul Lizard, et commencent à en égorger un par jour en direct sur les écrans tant que les autorités mondiales n’auront pas cédé à leurs exigences. Rejointe par la sœur de Lizard, Bruna doit à tout prix les retrouver avant que ce dernier ne soit égorgé à son tour. Pendant ce temps-là, les tensions grondent entre les États Unis de la Terre et Cosmos, une plateforme orbitale qui a envahi la planète naine Cérès, et un mystérieux millionnaire propose son armée à la Terre pour libérer Cérès…

Sans surprise, j’ai adoré retrouver Bruna Husky, la réplicante de combat bien cynique, et les personnages secondaires des romans précédents: Yannis, l’archiviste idéaliste qui plane à cause de l’implant cérébral qui le bombarde d’endorphines en cas d’excès de stress, Gabi, la jeune Russe mordeuse que Bruna a adoptée dans le deuxième roman, et bien sûr Bartolo, le merveilleux Bartolo, le "glouton" extraterrestre trop mignon ("Bartolo bueno, Bartolo bonito!"), la bestiole que je n’ai pas vraiment compris à quoi elle ressemble mais que je visualise un peu comme un maki cata de la taille d’un chat et avec une queue plus courte. 🤣 Et j’adore l’univers qu’imagine Rosa Montero, une société en déliquescence où on mange essentiellement de la méduse et où le climat a foutu le camp pour de bon, mais où l’on continue de sortir en boîte et de se saouler au vin. Toute l’évolution de la société me semble super plausible, en fait. Pas souhaitable du tout, mais plausible. Y compris pour ce qui est des mouvements suprématistes humains, qu’on a déjà rencontrés dans les deux tomes précédents, et pour le thème du rapport au corps et à la technologie, qui prend une certaine importance ici en raison, d’une part, de la sœur de Lizard, qui fait partie d’une communauté refusant certains progrès et privilégiant un mode de vie archaïque, et, d’autre part, [divulgâcheur] des multiples implants d’une petite minorité de fans hardcore des modifications corporelles. À partir de combien de modifications un être humain n’est-il plus un être humain? La question est fascinante [fin du divulgâcheur].

En parallèle, le compte à rebours continue pour Bruna, qui, comme tous les réplicants, est condamnée à ne pas dépasser les dix ans de vie en raison d’une maladie incurable, la tumeur totale techno.

Je dois toutefois pointer du doigt quelques faiblesses, comme le fait que les enquêtes de Bruna laissent un peu à désirer: sa méthode consiste généralement à interroger une personne ou deux puis à se saouler, et on a du mal à trouver un fil rouge dans sa progression. Je ne l’avais pas noté dans ma chronique, mais je l’ai déjà pensé au sujet du deuxième tome. Ici, j’ai aussi trouvé les révélations de fin un peu trop grosses. Et surtout, j’aurais aimé qu’on nous explique comment Lizard s’était procuré certaines informations capitales durant son enquête à lui, car, en l’absence d’explication à la fin du roman, elles semblent soudain un simple deux ex machina ayant permis à l’enquête de se mettre en route. Mais enfin, ces critiques ne ternissent pas l’ensemble, et je lirai avec enthousiasme un quatrième tome si Rosa Montero décide de poursuivre les aventures de Bruna Husky.

Dans les remerciements, l’autrice remercie sa traductrice française, Myriam Charousse, non pas pour son travail de traduction mais pour sa relecture du manuscrit. Je crois que c’était déjà le cas dans le tome précédent et je trouve ça trop beau. 😍


Allez donc voir ailleurs si les temps de la haine y sont!
L'avis de Baroona

mardi 14 juin 2022

Métro 2033 (2005)

Depuis que sa mère a été dévorée par des rats géants dans une autre station du métro moscovite, Artyom vit à la station VDNKh avec son père adoptif. Une existence rude, à la lueur rouge des éclairages de sécurité et face à une menace mystérieuse venue de la station suivante: les Noirs, des créatures humanoïdes qui rendent les humains fous de terreur. Après avoir avoué qu’il craint d’être responsable de ce fléau à cause d’une escapade à la surface réalisée quand il était enfant, Artyom accepte la mission qui lui est confiée par un ami de son père: rejoindre Polis, un ensemble de stations où perdure le savoir humain, afin de sonner l’alarme quant à ce danger qui menace non seulement VDNKh mais le métro tout entier. Il part ainsi vers le sud et le centre de Moscou, le long de tunnels abandonnés et pleins de dangers.

J’ai tellement aimé Métro 2033 de Dmitri Glukhovsky que je ne sais pas trop comment vous en parler.

Je ne suis pas fan de post-apo. Le genre de m’attire pas, donc je ne le lis pas, donc je le connais mal. Je ne sais donc pas comment ce roman s’insère dans cette production. Mais je l’ai trouvé brillant.

Pendant 850 pages, on suit Artyom dans les couloirs du métro. Dans le noir. Les éclairages n’existent plus que dans les stations même. Et encore: dans les stations les plus pauvres, on ne dispose que de quelques maigres feux. Entre deux stations, on se contente de sa lampe torche ou de son projecteur si on est bien équipé. Le danger est partout et multiple. Des canalisations brisées dont s’écoule un gaz qui rend fou, des disparitions inexpliquées, des mutants, des hallucinations, des bandits, des expéditions armées venant des autres stations… Chaque pas peut vous faire frôler la mort. Ce n’est pas effrayant, ça n’empêche pas le lecteur de dormir la nuit, mais c’est super prenant. Et ça tient sur la durée. Artyom passe la moitié de ces 850 pages dans l’obscurité et les descriptions de ladite obscurité ne sont jamais redondantes ou ennuyeuses. Chapeau.

Aux stations, entre hommes, les dangers pullulent aussi. La ligne Krasnaya, en main aux communistes, et la Hanse, dévouée au commerce, se sont longtemps affrontées. Les mafieux se disputent certaines stations. D’autres sont en main aux néonazis, qui n’hésitent pas à expulser ou tuer les non Russes. Artyom cumule aussi bien les revers que les coups de chance: parfois présent au mauvais endroit au mauvais moment, il frôle la pendaison aux mains des néonazis avant d’être sauvé par une petite bande de trotskistes arrivée in extrémis. Est-il guidé par un mystérieux destin? La question se pose, et Artyom se la pose, lui, à maintes reprises.

Ce qui est formidable, c’est qu’Artyom est foncièrement un gars sympa. Un gars qui ne souhaite de mal à personne. Un gars qui essaye de faire ce qui lui semble important dans un monde qu’il ne maîtrise pas. Non seulement il ne connaît que deux ou trois stations du nord de la ville et traverse donc en débutant toutes les autres, mais le savoir humain en général est en lambeaux: après un temps indéterminé sous terre (quinze ans? vingt ans?), l’humanité du métro moscovite a perdu beaucoup de ses connaissances d’antan; et, de toute façon, la situation évolue tellement vite dans le métro que les informations du matin sont de l’histoire ancienne le soir même, ce qui fait que même les éléments les plus factuels ne sont pas fiables. J’ai adoré ce contexte ultra flou, dans lequel les contours de l’humanité sont aussi mouvants que l’obscurité. Néanmoins, la société du métro est pensée en profondeur, dans son organisation, ses règles et ses dérives. Des clans idéologiques qui se partagent les lignes, les délires religieux, c’est tellement plausible que ça en fait froid dans le dos…

Les personnages sont également bien pensés. Parfois excessifs, certes, comme dans le cas de Khan, qui est presque trop spécial pour être vrai, mais toujours réussis. Et il y a même de l'émotion. 💖

Si le roman relève essentiellement de la science-fiction, il comporte aussi de nombreux éléments qui me semblent plutôt tenir du fantastique, notamment une dose importante de télépathie — quoique, on pourrait penser que ladite télépathie a une explication biologique et relève donc de la SF, elle aussi. 😉

Je ne sais pas comment rédige Dmitry Glukhovsky, mais la version française, produite par Denis E. Savine pour l’Atalante, se lit toute seule et est pleine de nuances. Une merveille. C’est d’ailleurs après avoir vu le traducteur au Festival VO VF que j’ai décidé de lire ce roman. Merci.

Au niveau des critiques, je crois bien n'en avoir que deux: la fin n'est pas celle que j'aurais choisie (lol, c'est une critique, ça? 🤣) et les femmes sont spectaculairement absentes. Un vrai monde de mecs.

Au-delà de ses qualités intrinsèques, qui sont nombreuses, Métro 2033 m’a exaltée parce qu’il se passe à Moscou et est donc rempli de noms de station russes. J’adore le russe. Je trouve cette langue merveilleuse à écouter et à lire. Et même des choses aussi banales que des noms de station vous font exulter quand vous avez un niveau infime en une langue. Je suis plus exaltée par le fait de savoir compter jusqu’à cent en russe que par le fait de lire couramment l’anglais, par exemple. Ici, je me disais: J’ai reconnu un féminin! J’ai reconnu un adjectif! YEAH! C’est totalement enthousiasmant. Prenons la station Park Pobedy, par exemple. "Pobedy" se termine probablement par un "i" parce que c’est un génitif féminin, qui sert à montrer à qui est ce parc. C’est "le parc de Pobed". Comme "Biliet Natachi" = le billet de Natacha dans mon manuel de russe. Je ne sais pas qui est Pobed, mais mes neurones sont super contents et fiers de savoir que "Pobedy" est un génitif.

(Après vérification: le "Парк Победы" est le parc de la victoire. Il n’y a personne qui s’appelle Pobed. Lol. Mais c’est quand même un substantif suivi d’un génitif féminin!!)

J’ai eu la chance d’aller brièvement à Moscou quand j’étais ado. C’est d’ailleurs durant ce court séjour qu’est né mon intérêt pour le russe. (Une passion "cucul la prâline", comme disait François Cavanna. 💖) J’espère de tout cœur avoir l’opportunité d’y retourner un jour, non seulement pour mon plaisir personnel mais aussi parce que ça signifiera qu’on sera passés à une situation géopolitique bien différente de l’actuelle. Et si c’est le cas, j’irai à VDNKh et j’aurai une pensée pour Artyom. 🙏 

Allez donc voir ailleurs si ce métro y est!

jeudi 9 juin 2022

Les aventures de Setnê (1902)

Chronique express!

Alors que l’armée d’Égypte menée par Thoutmès III combat Ninive, elle arrive devant la forêt de Zahal, difficilement praticable pour une si grande force. Le pharaon décide donc de contourner l’obstacle, mais en envoyant tout de même un petit détachement à travers la forêt, de manière à prendre son adversaire par surprise. Ce millier d’hommes est mené par Setnê, un jeune chef de guerre intrépide. Il y sera confronté au manque d’eau, à des dragons et aux étranges hommes de l’eau…

Ayant adoré la Guerre du feu de J.-H. Rosny Aîné et lu beaucoup de bien de cette nouvelle chez le Dragon galactique et Nevertwhere, j’avais hâte de la lire. (Est-ce que j’ai acheté deux romans des éditions Callidor juste pour la recevoir en cadeau? Non, car ces romans, les deux tomes du Serpent Ouroboros, forment un super cadeau pour un ami. Mais est-ce que j’aurais choisi ce super cadeau pour cet ami s’il n’y avait pas eu ce cadeau-là pour moi? Je ne sais pas. 😇) Elle est effectivement très sympathique, avec son monde caché peuplé de créatures fantastiques et son style élégant et un brin ampoulé et suranné. En revanche, elle est très courte et ne marque pas – en tout cas, elle a échoué à me happer et me transporter, alors que je crois être le public idéal pour ce genre de récit. Il me semble qu’il est plus pertinent de la lire pour son indéniable valeur patrimoniale (elle a été publiée en 1902!) que pour sa valeur littéraire. Et comme d’habitude avec Callidor, le livre est un très bel objet!

Autres livres des éditions Callidor déjà chroniqués sur ce blog
Les Centaures d'André Lichtenberger (1904)
Soroé, reine des Atlantes de Pierre-Barthélémy Gheusi et Charles Lomon (1905)
Les Dieux verts de Nathalie Henneberg (1961)

samedi 4 juin 2022

La gamelle de mai 2022

Après un mois d'avril catastrophique, mai 2022 m'a permis de remettre le pied au cinéma, et même à un rythme tout à fait satisfaisant. Hourra!

Sur petit écran

Rien.

Sur grand écran

Your Name de Makoto Shinkai (2016)

Une merveille à voir et à revoir. Images superbes, histoire adorable pour les cœurs d’artichaut tels que moi et musique qui met de bonne humeur. J’ai adoré.

Les animaux fantastiques. Les Secrets de Dumbledore de David Yates (2022)
Ayant oublié l’intégralité des deux premiers films (ici et ici), je suis allée voir ce troisième opus sans aucune attente, et j’ai passé un bon moment. J’ai trouvé qu’il y avait un bon équilibre entre les personnages du côté des gentils, qui sont assez nombreux mais qui ont chacun leur temps d’écran qui les pose ([divulgâcheur] sauf l’assistante de Newt, qu’on oublie totalement… et c'était voulu! [fin du divulgâcheur]). On regrettera juste que Newt et ses animaux ne soient pas les personnages principaux de leur propre franchise... Côté méchants, les figures secondaires sont fades, par contre. Et, dans l’ensemble, il y a tout de même quelques incohérences sur la fin ([divulgâcheur] genre quand tous les hommes de main de Grindelwald semblent avoir disparu de la foule au sommet du temple… [fin du divulgâcheur]) et un petit manque de quelque chose pour que ce soit un film marquant. Mais sur le coup, c’est plaisant.

The Duke de Roger Michell (2020)
Une comédie sympathique sur un homme d’âge mûr, issu des classes populaires, qui a volé un tableau de Goya à la National Gallery de Londres pendant les années 1960. Rien de bien mémorable, mais un moment plaisant avec une Helen Mirrell tranchante. Je suis toutefois sceptique quant au côté "héros du peuple" du perso principal lors de son procès. Moi, je trouve que voler un tableau, c’est mal. 😅

The Northman de Robert Eggers (2022)
Un film de vikings franchement chelou, avec des visions, des hommes qui beuglent en regardant devant eux d’un œil terrible et des personnages, hommes et femmes mélangés, qui déclament d’un air furieux ou halluciné. L’amie avec laquelle je l’ai vu me faisait remarquer que l’histoire est celle d’Hamlet, ce qui explique peut-être que tout le monde déclame son texte. 😅 Je retiens les beaux paysages islandais, les épées (c’est toujours bien, un film avec des épées) et Anya Taylor-Joy, que j’avais beaucoup aimée en Magie dans les Nouveaux mutants. Mais c’est vraiment super chelou.

Downton Abbey. Une nouvelle ère de Simon Curtis (2022)

Un deuxième film aussi merveilleux que le premier. 💖 J’ai adoré retrouver notre demeure préférée, avec sa famille et ses domestiques aussi adorables que drôles. Downton, c’est en quelque sorte la famille que je n’ai pas eue, comme Buffy et le scoopy-gang, et j’ai l’impression d’enfiler mes pantoufles et de prendre mon doudou contre moi dès que j’y retourne (voir aussi mon avis sur la saison 1  et celui sur la saison 6 et la série dans son ensemble). Les films sont, en outre, encore plus feel good que la série, qui n’était pas dénuée de drames et de terribles coups du sort. Ici, on est plus résolument tournés vers la joie de vivre. Mais j’ai pleuré à la fin, ne vous inquiétez pas, et mon copain a reniflé et m’a demandé un mouchoir. Ma seule critique, c’est que tout le monde a trop de fond de teint et qu’il est grand temps que les enfants commencent à avoir la parole et leurs propres intrigues, même modestes!

Docteur Strange : Into the Multiverse of Madness de Sam Raimi (2022)
Un Marvel sympathique, qui ronronnait un peu au départ mais m’a enthousiasmée à partir de l’incursion de Strange dans l’univers 838. Pas que j’ai un intérêt pour cet univers en lui-même, mais la brochette de super-héros que notre protagoniste y rencontre est savoureuse, renverse un peu le cerveau ([divulgâcheur] HOLÀLÀ LE FAUTEUIL ROULANT JE SUIS DEVENUE DINGUE [fin du divulgâcheur] et rappelle combien l’univers Marvel est étendu. Au final, le film n’est pas marquant, mais il faut reconnaître que les studios Marvel savent bien faire leur boulot.

Du côté des séries

Rien. Le COVID, c’est vraiment fini, niveau organisation générale. Tout a repris comme avant et je ne vois pas quand insérer des séries dans mon emploi du temps.

Et le reste

J’ai lu le Cheval Magazine de mai, que je n’avais pas pu lire fin avril, et celui de juin. J’ai aussi lu La Repubblica du 15 avril, que m’a gentiment apporté un ami italien de passage à Paris. Je n’ai de cesse de me demander comment je faisais pour lire les quotidiens régulièrement quand j’habitais en Italie, parfois plusieurs fois par semaine (et en variant pour avoir des avis différents). Là, Repubblica a vivoté trois semaines aux toilettes... 🙄 Quant à la revue Il Venerdì, le supplément de l’édition du vendredi, elle a atterri dans ma pile à lire. 🤯🤯 Bref, c’est bien de lire la presse, mais c’est comme les séries, je ne vois pas sur quoi rogner pour dégager du temps pour ça…

Et vous, chers lecteurs? Quid de ce mois ensoleillé?

lundi 30 mai 2022

Au-delà de la pénétration (2020)

Chronique express!

J’ai repéré cet essai de Martin Page sur la pénétration chez Shaya, qui me l’a gentiment prêté (merci! 😊). L’auteur, que je n’avais jamais lu mais dont j’ai entendu dire du bien à l’époque de l'Apiculture selon Samuel Beckett, aborde la pénétration sexuelle dans ce qu’elle a de plus classique aux yeux d’innombrables personnes: la pénétration d’une femme par un homme et son pénis. Il estime qu’il est possible de remettre en question cet acte suprême, d’avoir des relations sexuelles sans pénétration de manière générale ou sans pénétration de la femme par l’homme. Même si la première partie voit, selon moi, du politique là où la plupart des gens n’en mettent pas, c’est super intéressant, et raconté avec un ton vif et quelques expressions rigolotes qui rendent l’essai très facile et plaisant à lire.

Comme je le pensais, c’est la partie témoignages qui m’a le plus intéressée. Une vingtaine de personnes ont parlé de leur rapport à la pénétration. Certaines n’aiment pas ça, certaines ne peuvent pas en faire pour des raisons de santé, certaines ont exploré autre chose, certaines ont élargi le spectre de la pénétration avec des jouets ou en pénétrant l’homme. C’est parfois flippant dans le cas de certaines femmes au passé lourd, parfois touchant quand on voit des couples s’adapter aux aléas de santé, parfois encourageant quand on voit que, oui, certains assument leur sexualité pleinement et en toute tranquillité. Je trouve ça chouette de vivre dans une société où ce genre de bouquin peut exister, où certains osent parler avec une certaine liberté de ce sexe qui aura fatalement une influence sur la vie de chacun. Félicitations à Martin Page d’avoir eu cette idée!

mercredi 25 mai 2022

Le Charmeur (2010) + L'Envoûteur (2011)

Une fois n’est pas coutume, j’ai lu de la romance à tendance érotique! J’ai en effet récupéré des romans traduits par une amie, Lise Capitan Gibert, ce qui m’a permis de découvrir la collection Milady Romance. Direction l’Écosse, ses Highlands et ses highlanders aux fesses musclées sous les tissus en tartan! 🤩


Le Charmeur (Héritiers des Highlands, tome 2)
Lorsqu’elle visite la cour d’Angleterre en 1685, à l’occasion du couronnement de Jacques II, Isobel rencontre un compatriote écossais avec qui elle échange quelques baisers torrides. Hélas, il s’avère rapidement que le jeune homme est un membre du clan des Mac Gregor, ennemi de la famille d'Isobel. Une fois son séjour à la cour terminé, elle repart en Écosse, bien déterminée à l’oublier. Mais bien sûr, le beau Tristan ne tarde pas à partir sur ses traces…

L’Envoûteur (Héritiers des Highlands, tome 3)
Également présente à la cour à l’occasion du couronnement de Jacques II, Mairi Mac Gregor, sœur de Tristan, retrouve son amour de jeunesse, Connor, qui l’a abandonnée sept ans plus tôt pour servir le roi d’alors, Charles II. Une trahison qu’elle juge impardonnable: Connor l’a abandonnée elle, il a abandonné l’Écosse et il s’est mis au service d’un souverain protestant. Hélas, il est toujours aussi beau…

Ces deux romans de Paula Quinn sont de la romance comme on l’imagine: il n’y a pas tellement d’histoire, les personnages tombent amoureux au premier regard et frôlent l’orgasme au moindre baiser, la protagoniste gifle son prétendant, l’homme est expérimenté sexuellement tandis que la femme est vierge ou n’a couché qu’avec lui, il y a la menace d’un mariage forcé (pour elle dans les deux cas, mais aussi pour lui dans le deuxième roman)… Du bon vieux roman Harlequin historique, quoi. 😄

Dans le premier roman, Isobel noue ses cheveux en une grosse tresse et, à un moment donné, elle tourne les talons tellement vite que sa tresse gifle quelqu’un sous l’effet du mouvement! Ça m’a bien fait marrer.

Ce qui m’a marquée le plus, c’est la structure du texte: le récit se consacre essentiellement à alterner les lignes de dialogue et les descriptions gestuelles (les personnages passent leur temps à relever les yeux, hausser les sourcils, tendre la main, etc. etc.). Je suis sensible à ce genre de chose car je rencontre souvent ça dans les romans que je traduis et que ça me rend un peu zinzin.

Dans le deuxième roman, il y a un élément d’intrigue politique, puisque Mairi, fidèle à l’Écosse, fait partie d’une milice qui traque les caméroniens et que le nouveau roi, Jacques II, est catholique, ce qui ne plaît pas à tout le monde. J’avoue que j’ai eu du mal à comprendre les enjeux, car je ne connais rien à l’histoire du Royaume-Uni hormis la Seconde Guerre mondiale, mais c’était, justement, intéressant d’en savoir un peu plus. Ce tome est quand même moins amusant car il y a tout un aspect "femme tigresse" et "homme bien décidé à la dompter" assez insupportable – d’ailleurs, le titre anglais est Tamed by a Highlander, c’est-à-dire "Domptée par un Highlander". Dans le premier, au moins, Tristan et Isobel donnaient plus l’impression de partager un amour sincère, même s’ils étaient bien embêtés par le fait que leurs deux familles se détestent. 😉

Un avantage non négligeable: ces romans se lisent super vite! Ils font tous deux 470 pages et j’en ai lu en un jour et demi et un en 24 heures. Bon, la deuxième fois, il y a eu une insomnie qui a bien aidé, mais vous voyez la vitesse!

vendredi 20 mai 2022

Saurian. A Field Guide to Hell Creek (2018) 🦖🌳

Il y a quelques mois, Valéoraptor attirait mon attention sur un livre sur les dinosaures un peu particulier: Saurian. A Field Guide to Hell Creek de Tom Parker, Chris Masna et RJ Palmer. Le projet principal est un jeu vidéo du même nom, développé par Urvogel Games, et cet ouvrage est sorti en complément. Vu son avis enthousiaste, j’ai acheté le livre à mon tour.

Eh bien, il avait raison. Saurian est une vraie merveille. C’est véritablement un guide et il porte donc bien son nom: il présente de nombreuses espèces de la faune et de la flore de Hell Creek, une formation rocheuse située aux États-Unis, plus précisément dans le Montana, le Wyoming et les deux Dakota, et très célèbre dans le monde de la paléontologie pour les nombreux fossiles de dinosaures qui y ont été retrouvés. L’époque étudiée date d’il y a 66 millions d’années, quand vivaient quelques-uns des dinosaures les plus célèbres. Comme l’inégalable Tyrannosaurus rex, représenté en couverture.

Chaque espèce a une page présentant succinctement son habitat (car la région n’est pas uniforme et possède aussi bien des zones marécageuses que des parties plus sèches, des plaines que des plateaux…), sa morphologie au fil de sa vie, ses habitudes alimentaires et sociales… Pour les arbres, par exemple, on a des croquis de l’arbre adulte, de ses feuilles et de ses fruits. Un vrai livre de biologie, en quelque sorte. Sauf que toutes les espèces ont disparu depuis des lustres. 😍

Edmontosaurus. 💖

Le clou du spectacle, bien sûr, c’est la partie sur les dinosaures. Une vraie merveille. Une merveille tellement merveilleuse que… je me suis penchée sur le jeu vidéo.

Bon, heureusement, je ne connais vraiment rien aux jeux vidéo et je doute de me mettre à la chose un jour (d’une part parce qu’il y aurait sûrement une période difficile pour comprendre comment ça marche, et d’autre part parce que, si je dépassais cette période et j’accrochais le jeu, je n’aurais plus de vie), mais celui-ci est quand même très tentant, puisqu’on y incarne un dinosaure. C’est un jeu de survie, je crois. Vous choisissez quelle espèce vous voulez être, puis vous éclosez et vous devez survivre dans l’environnement de Hell Creek jusqu’à l’âge adulte.

En gros, vous pouvez jouer à être un dinosaure.

Je répète: vous pouvez jouer à être un dinosaure. 👀

C’est merveilleux.

En plus, les visuels sont pas mal du tout et il y a une vraie démarche scientifique derrière. Je vous invite à jeter un œil à la FAQ pour vous faire une idée.

Le jeu est déjà disponible sur Steam, dans une version non définitive, et le développement poursuit sa route.

Il va sans dire que je veux impérativement traduire Saurian, dans sa version livresque, en français. C’est mon nouvel objectif de vie pro et perso. J’ai contacté l’éditeur anglais, Titan Books, qui m’a dit que les droits sont libres pour la France. Il faut donc que je trouve un éditeur français motivé pour les acheter et financer toute la production de la version française (dont mes droits d’auteur, que je suis bien sûr prête à revoir à la baisse pour soutenir le projet 😇). J’ai déjà contacté trois éditeurs, mais vos avis m’intéressent: qui, à votre avis, peut vendre un beau livre en grand format sur un habitat naturel disparu?

Pour finir, le récit d’un achat compliqué:

L’année dernière, j’ai supprimé mon compte Amazon. Les raisons sont multiples, mais, en gros, ça fait partie de ma vie post-COVID: agir (encore) plus en adéquation avec mes valeurs. Je n’avais pas commandé chez eux depuis 2018, mais le simple fait d’avoir encore un compte "au cas où" me gênait. Donc, je l’ai supprimé. Mais bien sûr, cela complique l’achat de livres en anglais. (Je précise que je possède aussi un compte The Book Depository, sur lequel je n’ai pas passé de commande depuis au moins cinq ans – car The Book Depository, c’est Amazon aussi –, mais que je n’ai toujours pas supprimé car il faut d’abord que je recopie tous les titres de ma liste d’envies quelque part pour ne pas les oublier. 😅)

N'ayant pas trouvé Saurian sur des sites de vente en ligne français, par exemple celui de la Fnac ou de Shakespeare and Company à Paris, j’ai décidé de commander directement auprès de l’éditeur anglais, Titan Books, qui passe par le site des boutiques Forbiden Planet, les deux entreprises étant liées. Entre le prix du bouquin, les frais de port et le taux de change livre sterling > euro, qui a probablement joué en ma défaveur, j’ai payé ce bouquin… 54€.

La vache.

Quand le bouquin est arrivé en France, j’ai dû ajouter à cela 7 ou 8 € de frais de douane (je ne sais plus exactement), ce qui a fait monter le prix à 61 ou 62€.

Fuck le Brexit.

Saurian est sans aucun doute le livre qui m’a coûté le plus cher de toute ma vie.

Heureusement qu’il a tenu ses promesses et qu’il est vraiment beau. 💓

Il se trouve que je suis à une période de ma vie où l’argent n’est plus un problème, malgré des périodes tendues ponctuelles, et que j’ai donc pu payer cette somme sans difficultés particulières. (J’aimerais bien remonter dans le temps et le dire à la fille qui se désolait en 2016 et 2017...) Et il se trouve aussi que je préfère donner plus d’argent à des entreprises que j’estime plutôt que d’économiser en recourant aux services d’une entreprise que je n’estime pas, y compris si cela implique de m’acheter moins de choses au final. Mais bon, là, ça a été un sacré prix à payer pour éviter la multinationale. 😅