mercredi 13 février 2019

Une page d'amour (1879)

Tigger Lilly et moi poursuivons notre bonhomme de chemin en compagnie de la célèbre famille de malades mentaux d'Émile Zola, les Rougon-Macquart. En ce début d'année, nous avons découvert Paris avec un nouveau point de vue: après avoir plongé dans la vie de la classe ouvrière et travailleuse avec L'Assommoir, Zola passe dans un coquet salon bourgeois en banlieue, à Passy. Un endroit d'où l'on voit toute la ville...


L'intrigue
Hélène Grandjean, fille d'Ursula Macquart et de Mouret (et donc sœur de Silvère, inoubliable personnage de La Fortune des Rougon, et de François, protagoniste de La Conquête de Plassans), est montée à Paris avec son mari Grandjean. Depuis la mort de celui-ci, elle se consacre presque exclusivement aux soins de sa fille Jeanne, dont la santé est très fragile. Puis elle fait connaissance avec ses voisins, Juliette et Henri Deberle. S'ensuivra (je ne divulgâche rien ^^) une page d'amour qui bouleversera ses habitudes bien huilées.

Une page étonnante dans une saga qui est tout sauf figée
Ce roman porte très bien son nom. Il n'a rien à voir avec ceux qui le précèdent et le suivent. C'est un petit huis-clos. On n'y parcourt que quelques rues et on n'y découvre que deux intérieurs. Il ne contient pas de critique sociale liée à la pauvreté ou à l'exploitation, principal héritage de Zola. C'est une histoire d'amour courte et intense, qui bouleverse des personnages pourtant plutôt stables. Car Hélène est un exemple de bonne santé d'esprit dans notre famille dysfonctionnelle préférée: elle ne s'emporte pas, n'est pas dominée par ses émotions, ne tombe pas dans le mysticisme, ne concentre pas tous ses efforts sur une manie... Sa vie tourne autour de sa fille, certes, mais avec une certaine retenue. Autant dire qu'après L'Assommoir, c'est extrêmement calme...

Jeanne, petite fille tragique et cruelle
Le personnage le plus "typé" de ce roman est Jeanne, petite fille de douze ans à la santé extrêmement fragile. Jeanne a quelque chose d'innocent, mais elle est aussi une petite chose tyrannique  à la cruauté incroyable. J'avais eu fortement envie de l'étrangler lors de ma première lecture et ça n'a pas manqué, cette fois-ci non plus. Elle observe le monde autour d'elle et réagit démesurément si les choses ne se passent pas comme elle le veut, à savoir si son désir de possession est contrarié, même de peu. En parallèle, elle s'éveille au monde des adultes en devinant qu'il existe des choses qu'on ne dit pas aux enfants (l'amour, le sexe) et ne voit pas tout ça d'un très bon œil. 

Deux parallèles avec La Conquête de Plassans et La Faute de l'abbé Mouret
Deux éléments m'ont rappelé ces romans. D'une part, Hélène et Henri passent une nuit ensemble dans un état vestimentaire peu convenant (Hélène a son peignoir qui glisse, Henri a remonté ses manches, quelque chose de ce genre), mais n'en ont pas conscience tant qu'ils sont concentrés sur leur tâche, soigner Jeanne. Ce n'est qu'une fois le danger passé qu'ils se rendent compte, en se regardant, de leur état et qu'ils ressentent de la gêne. Il y a la même chose dans La Faute de l'abbé Mouret, quand Albine et Serge ressentent de la honte face à leur corps après l'acte sexuel, mais pas tant qu'ils vivent leur amour innocemment. (Et oui, il y a la même chose dans la Bible: Adam et Ève n'ont pas honte d'être nus tant qu'ils ne savent pas qu'ils sont nus.)
D'autre part, Une page d'amour contient une crise de ferveur religieuse qui cache en réalité un amour bien humain: en mai, quand la bonne société s'installe à l'église pour fêter le mois de Marie, Hélène participe aux rituels pour avoir un temps de réflexion tranquille et penser à l'homme qu'elle aime. Ça rappelle la crise mystique de Marthe dans La Conquête de Plassans (elle se passionne pour la prière parce qu'elle est amoureuse du prêtre) et la dévotion de Serge pour Marie dans La Faute de l'abbé Mouret (Serge n'aime pas réellement Marie, la mère de Jésus, mais l'idée même de la féminité).

La vertu de façade de la bourgeoisie
On le sait, Zola aime bien remuer la vase. Dans Une page d'amour, il s'attaque à l'apparence vertueuse de la bourgeoisie au moyen du ménage Deberle. Juliette tient un salon très "comme il faut", mais quand on se penche un peu plus près sur la chose, il s'avère que ses invités ne sont pas en odeur de sainteté: l'adultère, connu de tous, est toléré avec un sourire fin. Zola ne va pas aussi loin que dans La Curée ou (si mon souvenir est bon) Pot-Bouille, mais il montre néanmoins comment sont les choses, à l'image du logement miteux, mais recouvert d'un "vernis" de décoration, que loue Malignon, un personnage assez minable, en vue de retrouver sa maîtresse. Tout cela est en outre lié à l'ennui de cette classe riche et oisive, comme dans La Curée.

À l'horizon, Paris
Une page d'amour est divisé en cinq parties de cinq chapitres chacune, qui se terminent systématiquement par une description de Paris correspondant à l'état d'esprit d'Hélène ou de Jeanne. Ainsi, la capitale est extrêmement présente dans le roman, alors même que les personnages n'y vont jamais! À retenir: l'éclairage au gaz qui s'allume à la tombée de la nuit, une scène superbe. 💖

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, bien que cela ne se ressente pas forcément pas énormément dans cette chronique du fait que j'ai laissé passer bien trop de temps entre ma lecture et la rédaction de ce billet. Certes, Une page d'amour n'est pas le plus grand des Zola, mais c'est néanmoins une bien belle page...

Allez donc voir si cette page y est!
L'avis de Karine
L'avis de Tigger Lilly

vendredi 8 février 2019

The Sea Change (2013)

Chronique express!


The Sea Change de Joanna Rossiter raconte l'histoire de Violet et Alice, une mère et sa fille séparées par des milliers de kilomètres et des années d'incompréhensions et de tension. Violet ne s'est jamais remise de son départ forcé d'Imber, un village anglais réquisitionné par l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale, et Alice ne semble pas s'être remise de l'absence de son père – mais les raisons exactes de leur relation tendue ne m'ont pas semblé très claires. Au début des années soixante-dix, Alice survit à un tsunami en Inde et recherche désespérément son mari disparu. Les chapitres sur elle, moins nombreux et plus courts, racontent cette recherche, son ressenti et quelques bribes de son passé. Violet, de son côté, se remémore son adolescence à Imber, la mort de son père, l'exil forcé, ses relations difficiles avec sa sœur et son amour pour un garçon insaisissable, Pete.

Tout cela ne m'a pas tellement intéressée, dans le sens que j'accroche difficilement les histoires de familles torturées dont les membres semblent déterminés à faire leur propre malheur, chacun dans leur coin, en soufffrant en silence parce que leur souffffrance est terrible. La sœur de Violet, par exemple, semble se considérer comme une victime de décisions qu'elle a elle-même prises; sa tirade de fin sur son ressenti m'a laissée bouche bée. En outre, je n'ai pas tellement aimé le style très imagé (la vague du tsunami ressemble à un tapis en train de se dérouler, la blessure du père de Violet ressemble à une fleur), qui m'a d'abord déstabilisée, puis séduite, puis fatiguée (oui, tout ça). Bref, ce n'était pas trop mon genre, à l'image de la couverture, d'ailleurs. Mais je pense qu'il plaira aux amateurs de littérature contemporaine et de secrets de famille!

(Copine T., je suis désolée!! 😕 Et merci quand même de me l'avoir donné! 😍)

dimanche 3 février 2019

La gamelle de janvier 2019

2019 aura commencé sous la signe de la contrariété. Il n'y a rien de bien grave, mais de multiples sources de stress sur les plans personnel et professionnel me font parfois désespérer. Et en plus, je ne suis, encore une fois, pratiquement pas allée au cinéma! 😱 Heureusement, mon boulot m'oblige en ce moment à regarder des Disney, ce qui n'est franchement pas désagréable... 😊

Sur petit écran

La petite sirène de John Musker et Ron Clements (1989)


Je n'avais pas revu ce dessin animé depuis l'enfance, ce qui comporte toujours le risque d'avoir une mauvaise surprise. Mais La petite sirène passe très bien à l'âge adulte. Ce n'est certes pas un chef d’œuvre tel que Le roi lion ou un film tant pour adultes que pour enfants comme Vice et versa, mais c'est très bien ficelé et dessiné, avec pas mal d'humour (notamment grâce aux mimiques de Sébastien) et une très jolie musique. J'ai juste quelques réserves sur la version française de "Sous l'océan", je ne comprenais rien aux paroles (pour info, j'avais la cassette en italien quand j'étais enfant). (Pour ceux qui s'étonneraient que j'aie regardé le film en VF: j'aurais préféré la VO, mais je m'y suis prise trop tard, je n'avais plus le temps de regarder le film tranquille, donc j'ai dû passer à la VF utiliser les dialogues français dans une traduction.)
Ce qui m'intéressait le plus, c'était Ursula, la sorcière des mers: c'est une méchante vraiment intéressante et hors du commun qui aurait mérité plus de place... Mais le film dure moins d'une heure et demi et ne peut pas trop accorder énormément de temps aux différentes parties. De ce point de vue, je trouve d'ailleurs que Disney touche à l'exploit en posant parfaitement ses personnages en deux temps, trois mouvements, avec des scènes de présentation qui disent tout de leur caractère sans absolument être forcées. Dans le cas d'Ariel et d'Ursula, les chansons jouent bien sûr un rôle important, mais c'est aussi le cas pour Polochon, Sébastien, Triton et Éric (et même son chien Max, le gros poilu).

La belle au bois dormant de Clyde Geronimi (1959)


Dans le cas de ce film que j'avais revu il a quelques années, je m'intéressais surtout à Maléfique, personnage que j'adore. Dans l'ensemble, le film passe bien, avec une belle unité musicale et, comme dans La petite sirène, une efficacité remarquable dans la présentation des personnages et le développement de l'intrigue dans un temps court (à peine 1h12). Il a aussi un petit côté désuet très mignon, dans le sens que les années cinquante pointent sous le côté moyenâgeux. Et Maléfique? Elle est d'une classe remarquable et peut-être mieux exploitée qu'Ursula, mais elle aussi méritait plus de place...
Le petit truc en plus que vous devez absolument savoir: j'adore Samson, le cheval qui marche à la carotte. 😂

Blanche Neige et les sept nains de David Hand (1937)


Si La petite sirène et La belle au bois dormant sont des souvenirs d'enfance assez tardifs, dans le sens que j'ai dû les regarder jusqu'à mes dix-onze ans, Blanche Neige est par contre beaucoup plus éloigné dans mon souvenir, comme si j'avais arrêté de le regarder dès six ou sept ans. Je ne l'avais jamais revu depuis et je le découvrais pour la première fois en VO. Pour votre info, la voix originale de Blanche Neige est très surprenante: on dirait une vieille dame toute frêle! 😃
Le dessin animé a bien vieilli et fait preuve de beaucoup de mignonnerie (les animaux du bois sont irrésistibles 😍😍), d'imagination dans les petits détails et d'humour. Bon, c'est aussi culcul que le veut sa réputation, mais ça passe tout seul. Je continue de rêver d'avoir un laboratoire secret comme celui de la méchante reine...

Sur grand écran

Mortal Engines de Christian Rivers (2018)


Gros coup de cœur. J'ai adoré l'univers de ce film, des cités nomades montées sur chenilles dans une terre encore dévastée par une sorte d'holocauste nucléaire (mais pas tout à fait nucléaire puisqu'on nous parle d'armes quantiques). Une jeune femme essaye de tuer un scientifique haut placé de Londres, ville qui survit en capturant d'autres villes plus petites. Je dois dire que le film a un côté un peu trop propret/film pour ado, des maladresses et une histoire d'amour sensiblement imbuvable, et que le copain avec qui je l'ai vu n'a pas du tout fait preuve du même enthousiasme que moi, mais j'ai frétillé de bonheur du début à la fin. J'ai adhéré corps et âme et aimé tous les personnages, sauf peut-être celui d'Hugo Weaving qui n'est pas à son meilleur ici. C'est le genre d'aventure dont je rêvais quand j'étais jeune et que j'aimerais encore écrire maintenant. Je suis rentrée chez moi absolument déterminée à reprendre l'écriture. Bien sûr, c'était passé dix minutes après, mais vous voyez. Le genre de film qui vous fait vivre.

Aquaman de James Wan (2018)


Personne ne sera surpris que j'aie adoré, hein? Il y avait des hippocampes de combat!! Des hippocampes de combat, vous entendez? Les dragons peuvent aller se rhabiller!! Et des requins de combat et des mosasaures!! À la fin, il y a même un kaiju tout droit sorti de Pacific Rim! Au début on voit un bouquin de Lovecraft! Il y a de l'humour! Jason Momoa est trop canon! (Oui, c'est un argument de poids!!) Les mers comptent quatre royaumes aux peuples très différents, dont deux espèces d'hommes-poissons très intéressants! (Trop peu traités, malheureusement.) D'une manière plus générale, j'adore le lien avec la mythologie grecque, comme dans WonderWoman...
Concernant Méra: le personnage est vraiment bien, mais pourquoi, pourquoi lui avoir collé un décolleté pareil? 😓

Du côté des séries

Après des mois d'abandon, cette catégorie reprend enfin du service! 💪😀

The ABC Murders d'Alex Gabassi (2018)


Je n'ai pas lu le livre d'Agatha Christie dont est tirée cette mini-série en trois épisodes et je crois comprendre que l'intrigue est très éloignée de celle du roman (ce qui ne m'étonne pas au vu de la noirceur de la chose; Agatha Christie est lucide quant au mal mais jamais glauque), mais c'est une réussite. John Malkovich campe un Poirot crépusculaire et dédaigné par le public et Scotland Yard dans une Angleterre marquée par la xénophobie. Quand un cadavre apparaît, accompagné d'un guide "ABC" des gares d'Angleterre, il a bien du mal à faire entendre sa voix. La série est lente et noire, parfois un peu inquiétante, et tient en haleine. Notons que Rupert Grint, qui joue un officier de police, fait bien son travail mais manque de charisme à côté de Malkovich.

Star Trek: Short Treks (2018)
Ces quatre mini-épisodes de Star Trek venaient occuper les fans entre la saison 1 et la saison 2 de Discovery, tout en creusant quelques personnages de la saison 1 et en ouvrant des perspectives intéressantes et intrigantes sur la saison 2. Tilly, Saru et Mud prendront sûrement du relief (youpi pour Tilly et Saru!), mais il faudra sûrement s'attendre à voir aussi un certain minerai et une certaine reine et à visiter deux planètes en particulier. Je me demande aussi si on découvrira pourquoi l'équipage du Discovery abandonnerait son vaisseau.
La qualité des épisodes est inégale. Le premier, par exemple, ne réussit pas tout à fait son coup. Mais le deuxième, le plus éloigné de la série Discovery, est superbe et m'a tiré une larmouille. Notons que j'ai été ravie d'avoir vu le film Drôle de frimousse au cinéma il y a quelques années. 😉 Je vous renvoie vers les billets très complets de Lorhkan pour en savoir plus (ici et ici).

Star Trek: Discovery. Saison 2 (2019)
Et voilà, c'est parti pour la saison 2 de Discovery! Je vous en reparlerai quand elle sera finie mais je trouve ce début très intéressant. 😊

Et le reste

J'ai lu une bande dessinée ce mois-ci, mais j'en reparlerai dans un billet spécial BD tous les deux ou trois mois. Sinon, j'ai lu un vieux hors-série de Science & Vie sur le cosmos (ou plus précisément sur l'exploration de l'espace). Et pas de Cheval Magazine... Il est arrivé dans ma boîte aux lettres le 30 janvier, je n'ai pas eu le temps de le lire!

Merci d'avoir lu ce gros pavé et au mois prochain pour la suite de mes revisionnages Disney. Au programme en février, Aladdin, La Belle et la Bête, Mulan et Raiponce. 😍

mardi 29 janvier 2019

Le Langage de la nuit (1973-1977)

Chronique express!


Le Langage de la nuit est un court recueil d'essais d'Ursula K. Le Guin (grande autrice [allez, je franchis le pas...] dans le domaine de l'imaginaire) sur la science-fiction en particulier et la littérature en général. J'ai adoré le lire mais j'ai bien du mal à en parler. Le Guin brasse assez large: elle parle du rôle de la science-fiction, des mythes et de l'imaginaire pour les adultes, de son propre processus d'écriture, de la place de la femme en SF (texte ô combien d'actualité et ô combien adapté à mes chers films Transformers...), d'éducation des enfants (justement grâce à la puissance de l'imaginaire), de développement des personnages. Elle parle plusieurs fois de Tolkien et je pense qu'elle a compris Tolkien, notamment parce qu'elle souligne un petit truc original dans Le Seigneur des Anneaux qu'on oublie beaucoup (et que j'ai moi-même ignoré pendant des années): à la fin, au moment fatidique, Frodon échoue.

Je dois dire que j'ai été un peu perdue dans un texte ou deux, notamment quand elle parle de Jung, car je ne connais rien à Jung (déjà que je connais à peine Freud...), et que j'ai relevé une phrase qui m'a semblé incendiaire envers Batman et Superman et avec laquelle je ne suis pas du tout d'accord. Mais dans l'ensemble c'est un recueil passionnant et Le Guin était clairement quelqu'un qui avait des choses à dire. Je n'ai "plus qu'à" lire ses romans, maintenant...

Pourquoi ce livre?
Parce que j'ai une amie formidable qui me l'a offert pour mon anniversaire. 💖

Allez donc voir ailleurs si ce langage y est!
L'avis de Vert (nettement plus détaillé que le mien!)

jeudi 24 janvier 2019

L'ennemi (1993)

Erich Maria Remarque est connu pour avoir écrit À l'ouest rien de nouveau, un livre remarquable sur la Première Guerre mondiale. L'ennemi, un court recueil de nouvelles, traînait dans ma pile à lire depuis plus de deux ans et je l'en ai enfin sorti car Marilyne a récemment chroniqué un autre livre de l'auteur, La Nuit de Lisbonne, ce qui a ravivé mon intérêt. Le livre est tellement petit que je l'avais pratiquement oublié. ^^

Ces six nouvelles parlent des suites de la Première Guerre mondiale, de ses conséquences à plus ou moins long terme sur la vie de différentes personnes, avec un beau style sobre et posé.


Le premier texte, L'ennemi, est excellent et ouvre le recueil en beauté. Le thème n'est guère original quand on y pense puisqu'il traite de l'ennemi dont on découvre l'humanité, de la manière dont un combattant se rend compte, un beau jour, qu'il y a des gens en face. Mais c'est parfaitement juste et la fin serre le cœur.

La femme de Josef, Retour à Douaumont, L'étrange destinée de Johann Bartok et L'histoire d'amour d'Annette sont des textes de qualité mais moins marquants. Le premier parle du traumatisme des soldats grâce à un homme revenu de la guerre en n'ayant pas toute sa tête (Josef, donc) et à sa femme, la force tranquille incarnée. Le deuxième, très court, n'est peut-être pas assez approfondi. Les deux derniers parlent des effets de la guerre sur des gens qui ne l'ont pas faite (et c'est édifiant et important aussi, de prendre en compte ce traumatisme élargi).

Le sixième et dernier texte, Silence, est très beau et vient clore le recueil de manière aussi juste que le premier l'avait ouvert. Tout tient dans le style et la description des anciens champs de bataille de la guerre. On y découvre aussi une profession, celle de récupérateur, qui n'est pas passée à la postérité mais qui a existé et qui mérite qu'on connaisse son existence.

J'ignore en quelle année ce recueil a été publié. La date indiquée dans le titre de ce billet, 1993, est celle du copyright de la version anglaise indiqué dans l'édition du Livre de Poche. Apparemment, Erich Maria Remarque a écrit ces textes en allemand, puis ils ont été traduits en anglais et c'est à partir de cette version anglaise qu'a été réalisée la traduction française, qui est d'ailleurs excellente. Quand je vous dis que Remarque a "un beau style sobre et posé", c'est la traductrice Frédérique Campbell-Nathan qu'il faut féliciter. 😊
"Et bien après, dans les Flandres, j'eus la même impression; pendant que la bataille des explosifs faisait rage, les hommes ne servaient plus à rien. Les explosifs se jetaient les uns contre les autres dans un acharnement furieux. On ne pouvait s'empêcher de penser qu'une fois anéanti tout ce qui s'interposait entre elles, les armes continueraient seules jusqu'à la destruction du monde."
Allez donc voir ailleurs si cet ennemi y est!

samedi 19 janvier 2019

Selected Tales (1832-1849)

Quand j'ai lu Poe en anglais il y a bientôt quinze ans, je suis, globalement, passée à côté: à part deux nouvelles que j'avais lues en français au collège (quelques années plus tôt, donc), la dizaine de texte que j'ai lus m'a laissée de marbre, quand je n'ai pas, tout simplement, rien compris. Mais j'ai voulu redonner une chance à cet écrivain majeur dans le genre du fantastique...

Le recueil Selected Tales de Penguin réunit des textes très disparates, dont quelques-uns des plus célèbres de cet auteur, et me semble constituer un bon aperçu de son œuvre. Il est peut-être un peu long si vous n'êtes pas sûr d'aimer, par contre; il fait à peu près 400 pages. (Je précise que cette édition a une police de caractères plutôt petite.) J'y ai repéré trois grands thèmes (le fantastique, le meurtre et l'enquête, parfois mêlés), mais certains textes sont tout à fait hors catégorie.


Les choses ont très mal commencé avec The Duc de l'Omelette (1832) et MS. Found in a Bottle (1833), que j'ai dû lire une deuxième fois après en avoir lu le résumé en ligne tellement je n'avais rien compris à la première lecture. Tout ça pour découvrir que... en fait... j'avais compris. J'ai un peu paniqué en pensant qu'il me restait 380 pages à lire...

The Assignation (1834), qui se passe à Venise, a relevé le niveau. Ce n'est pas un texte très marquant et j'ai dû consulter mes notes pour me souvenir de quoi il parlait, mais je l'ai lu avec bien plus de plaisir que les deux précédents.

Ligeia (1838), que j'avais déjà lue, m'a beaucoup plu; c'est du fantastique classique comme on l'aime, avec une atmosphère lugubre et macabre. Notez qu'il est judicieux de lire cette nouvelle quand on s'intéresse à Hellboy, histoire de comprendre le titre d'un certain album...

How To Write a Blackwood Article (1838) m'a à nouveau perdue. Je pense qu'il y a une certaine mise en abyme des textes de Poe dans ces conseils pour écrire un article, mais c'est TELLEMENT ampoulé et confus, ça m'est tombé des mains. J'ai dû le relire en diagonale après avoir lu le résumé sur le net...

Sont ensuite venues The Fall of the House of Usher (1839), du fantastique lugubre à souhait (youpi; et dire que je n'avais pas du tout aimé quand je l'avais lue la première fois!), William Wilson (1839), une histoire de double un peu inquiétante, et The Murders of the Rue Morgue (1841), un texte que j'aime beaucoup et qui mêle à la perfection enquête policière rigoureuse et un petit côté suranné et improbable. Un beau trio.

J'ai ensuite désespéré avec A Descent into the Maelström (1841) et The Island of the Fay (1841), qui m'ont ennuyée (malgré un joli paragraphe de fin dans ce dernier texte), et The Colloquy of Monos and Una (1841), dont je n'ai pas compris l'intérêt...

Les choses sont reparties avec The Oval Portrait (1842) et The Masque of the Red Death (1842), deux textes fantastiques qui fonctionnent bien sur moi. L'histoire du portrait ovale est prévisible, mais belle et efficace. Quant à la Mort rouge qui se balade dans le palais du roi Prospero, c'est un texte que j'adore et qui a eu une influence déterminante sur moi quand ma prof de français me l'a fait lire en 3e. C'est macabre, c'est gothique, d'aucuns trouveront que l'auteur prend trop la pose, mais je ressens le même frisson et la même excitation à chaque fois. Cette nouvelle me fait le même effet que The Outsider de Lovecraft (auteur qui doit beaucoup à Poe, bien sûr).

Malgré le retour de Dupin, l'intelligent enquêteur de la rue Morgue, The Mystery of Marie Rogêt (1842) ne m'a pas tout à fait convaincue, en partie à cause de sa conclusion (divulgâcheur: il n'y en a pas. On ne sait pas qui est le tueur).

The Pit and the Pendulum (1842), une histoire de torture dans les donjons de l'Inquisition à Tolède, n'est pas très marquante et a une fin inattendue qui m'a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe.

The Tell-Tale Heart (1843), une histoire de meurtre parfait, est un texte sympathique qui rappelle le célèbre Chat noir. Il est un brin inquiétant.

The Gold-Bug (1843) est un texte résolument à part puisqu'on part sur les traces d'un trésor! S'il est un peu longuet par moments, il n'en est pas moins très plaisant. Un bel exemple de la diversité de Poe.

The Black Cat (1843) est un grand classique, que j'avais lu en 3e en même temps que Le Masque de la Mort rouge. J'aime beaucoup sa petite chute ironique.

The Premature Burial (1844) est un peu décevante mais néanmoins efficace en ce qu'elle joue sur une peur bien compréhensible: être enterré vivant...

The Purloined Letter (1844) marque la troisième apparition de Dupin, l'enquêteur, et est vraiment très sympathique. Cette histoire de lettre compromettante volée m'a beaucoup fait penser à Un scandale en Bohème de Conan Doyle, forcément...

The Imp of the Perverse (1845) rejoint The Tell-Tale Heart et The Black Cat dans la catégorie des hstoires de meurtre en mettant l'accent sur la perversité, cette envie de faire quelque chose parce que nous savons que nous ne devons pas la faire.

The Facts in the Case of M. Valdemar (1845) m'a beaucoup plu. Elle mélange un élément qui se veut rationnel, le mesmérisme, et un élément mystérieux et surnaturel lié à la mort comme le ferait un Maupassant ou un Conan Doyle. La fin est répugnante à souhait et trouverait parfaitement sa place chez Lovecraft.

Malheureusement, ce recueil s'est terminé sur trois textes décevants: The Cask of Amontillado (1846), une histoire de meurtre bien partie mais à la fin décevante, The Domain of Arnheim (1847), une longue considération sur la beauté du jardin idéal (je crois), et Von Kempelen and His Discovery (1849), un texte mineur.

En bref

Malgré des moments d'ennui profond, je suis contente d'avoir enfin sorti ce recueil de ma pile à lire, où il traînait depuis au moins trois ans. Poe est un auteur très intéressant qui a marqué la littérature anglophone dans bien des domaines et il me semble important de le lire. Ce que je trouve difficile chez lui, c'est d'une part une langue parfois très ampoulée, avec des Grands Idéaux Philosophiques et Esthétiques qui me semblent aussi pompeux que fumeux et des citations latines à tout va, ce qui m'évoque beaucoup plus le XVIIIe siècle que le XIXe, et d'autre part le manque d'intérêt total que je ressens devant certains textes, comme MS. Found in a Bottle, dont j'ai impatiemment attendu la fin, ne ressentant aucune forme d'empathie pour son narrateur malgré un sujet qui aurait pu (et dû?) me plaire.

Bon, entendons-nous, lire Poe en anglais me semble un sacré challenge, c'est certainement un des écrivains qui m'a donné le plus de fil à retordre...

Certains textes, par contre, sont efficaces et marquants et valent vraiment le détour. Mon conseil serait de commencer petit avec lui, pour ne pas faire d'indigestion. 😀 Je le trouve aussi intéressant du fait de l'univers très européen de son œuvre. C'est certainement l'auteur américain le plus européen que j'aie jamais lu. Est-ce à cause de son époque? Après tout, je crois qu'il le seul écrivain américain du XIXe que j'aie jamais lu. Ou est-ce parce que certains thèmes et le format de la nouvelle m'ont évoqué Conan Doyle, que Poe a clairement influencé? Je ne saurais le dire...

Allez donc voir ailleurs si Poe y est!
Lorhkan parle du premier recueil de l'édition de la Pléïade, qui contient pas mal de textes cités ici.

lundi 14 janvier 2019

Transformers 5 (2017)

Il y a un peu moins d'un an, j'étais partie pour revoir tous les films Transformers en vue de me préparer à la sortie de Bumblebee. Tout s'est malheureusement enlisé après le 4, qui est quand même vachement nul (je vous en ai parlé ici). Bref, Bumblebee est sorti le mois dernier et ce n'est que maintenant que je me suis repenchée sur le 5, The Last Knight, dont je vous avais déjà touché deux mots ici au moment de sa sortie.


Bon. Vous le savez, je suis très friande des Transformers, donc je me contente d'à peu près n'importe quoi à partir du moment où ça se transforme, ça roule très vite et ça fait de beaux discours virils sur le sacrifice et la liberté. Et je pense que ce cinquième opus est quand même mieux que le quatrième. Déjà, il y a plein de chevaux. Ensuite, il y a plein d'épées. Et puis Megatron est plus classe que jamais. Il y a plein de voitures qui roulent très vite. Il y a les Dinobots et des bébés Dinobots, la chose la plus mignonne que j'aie jamais vue. Et puis Josh Duhamel est de retour. Et puis il y a deux personnages féminins parlants.

Moi Megatron. Moi Decepticon. Moi mâle viril. Moi grosse bit*.

Mais quand même. Ça part dans tous les sens, ça complique encore plus l'histoire passée des Transformers (qui avait déjà atteint des sommets dans les films précédents), ça ne creuse rien. Optimus Prime est reparti sur Cybertron pour affronter ses créateurs à cause des évènements du 4, dont je ne me souviens plus très bien. En arrivant, il est étonné de voir sa planète en ruines, alors qu'on sait depuis le tout premier film que Cybertron a été détruite par la guerre entre les Autobots et les Decepticons (et que Merlin le dit au début de ce film, en plus, c'est quand même fou d'ignorer son propre scénario, non?).

Bon. Optimus trouve une créatrice, Quintessa, qui a pour projet de détruire la Terre pour reconstruire Cybertron, parce que la Terre n'est pas une planète comme les autres mais la célèbre Unicron (jamais citée dans les films précédents). Bref, non seulement le Cube a atterri sur Terre dans le 1, non seulement les Transformers sont venus récolter notre Soleil dans le 2, non seulement les Decepticon ont planqué une armée sur la Lune dans le 3 et non seulement les créateurs des Transformers ont anéanti les dinosaures pour créer les Transformers dans le 4, mais en plus la Terre est une espèce de double de Cybertron. J'en peux plus.


Ce qui est aussi très contrariant dans ce film, c'est les déplacements totalement aléatoires des personnages. Quand la TRF (une force paramilitaire dédiée à la chasse aux Transformers), l'armée et quelques Decepticons s'attaquent à Cade Yeager (Mak Whalberg) dans sa décharge, on ne comprend vraiment pas qui est où. Les dinobots déboulent sur la route en venant de la direction opposée à la décharge (?!?) et en se cassant la figure. La scène en jette, mais pourquoi viennent-ils de cette direction-là?? Pourquoi se cassent-ils la figure d'emblée?? Par la suite, pourquoi les Decepticons laissent-ils les Autobots tranquilles dans la ville abandonnée? (Et au sujet de la ville abandonnée: pourquoi quelqu'un fait-il le ménage dans un hôtel abandonné?!?) Pourquoi mettent-ils autant de temps à traverser l'Atlantique pour rejoindre Cade Yeager au Royaume-Uni?


Et puis que foutent les cinq chevaliers qui veulent exécuter Optimus quand Optimus est en train de voler le bâton de Quintessa? Pourquoi ne pas défendre leur bâton quand il en est encore temps au lieu de mettre le voleur à mort cinq minutes plus tard?

Et puis toute cette histoire de société secrète et de collaboration des Transformers et des humains depuis l'âge du roi Arthur, c'est chouette pour avoir des Transformers chevaliers qui se battent à l'épée et s'assemblent en dragon, mais quid du Secteur Sept du premier film? Quid de la présence de Megatron surgelé dans le barrage du Secteur Sept? Quid des Decepticons qui ont mis fin au programme lunaire américain dans le 3?

Bref. On pige de moins en moins au fur et à mesure qu'on avance dans cette franchise. L'avantage c'est qu'on ne regarde pas les films Transformers pour comprendre quelque chose en particulier mais pour voir de belles voitures rouler très vite, balancer quelques vannes et se transformer en robot pour combattre au milieu d'explosions gigantesques. Et sur ce point on est servis. Michael Bay est bac +8 en explosions. C'est fantastique. 😂

Et puis dans ce film j'aime bien Vivian Wembley (jouée par Laura Haddock), qui malgré un décolleté scan-da-leux dans le château de Sir Burton (Anthony Hopkins) relève nettement le niveau après les deux blondes inutiles des films 3 et 4. Elle a un cerveau et prend des décisions. Ouf.

Le personnage de Vivian a deux doctorats, je crois. Voilà, voilà.


Sinon, le grand avantage de ce film est qu'il y a plein de Transformers: les Autobots du 4, Optimus et Bumblebee nos héros habituels, Megatron en grande forme, des Decepticons très sympas (la négociation de leur libération est d'ailleurs très amusante, même s'ils sont sous-exploités par la suite), Quintessa, ses anciens chevaliers (pourquoi l'ont-ils trahie, d'ailleurs? Pourquoi n'a-t-elle pas essayé de récupérer son bâton qui est sur Terre depuis 1600 ans? On ne le saura jamais), la version dragon de ces chevaliers, les Dinobots, un vieux char d'assaut de la Première Guerre mondiale, la voiture de Vivian. Du plaisir. Et comme toujours l'image de synthèse fait bien son boulot, on est bien au-dessus de la bouillie de certaines grosses sorties des années 2010. 😉

Bref voilà. Un film totalement décérébré. À voir uniquement si vous avez un niveau d'exigence assez bas... Ou si vous êtes un/une groupie irrécupérable. 😂😍

mercredi 9 janvier 2019

Bilan 2018 - Lectures

Après le bilan cinéma, passons maintenant au bilan de mes lectures en 2018.

Du point de vue quantitatif, je suis contente: j'ai lu 67 livres, ce que je trouve fort respectable. C'est exactement le même nombre qu'en 2017 et un peu plus qu'en 2016 (55) et 2015 (59). Cela signifie que j'arrive, avec de la bonne volonté, à lire plus d'un livre par semaine en moyenne.

Livres marquants
Du point de vue qualitatif, j'ai été satisfaite par la plupart de mes lectures, ce qui est très positif. Parmi les découvertes, je retiens tout particulièrement:
A Fall of Moondust d'Arthur C. Clarke (ici)
Une histoire sans nom de Barbey d'Aurevilly (ici)
Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworsky (ici)
Le collier de la reine d'Alexandre Dumas (ici)
The Tenant of Wildfell Hall d'Anne Brontë (ici)
Ghostwritten de David Mitchell (ici)


Auteurs que j'ai lus plusieurs fois
Émile Zola est en tête avec cinq lectures (ici, ici, ici, ici et ici), dont quatre liées au fait que je relis les Rougon-Macquart avec Tigger Lilly.
Irène Némirovsky en comptabilise trois (ici, ici et ici).
Viennent ensuite plusieurs auteurs que j'ai lus deux fois: Marie Brennan (ici et ici), Philippe Delerm (ici et ici), Arthur Conan Doyle (ici et ici), Alexandre Dumas (ici et ici), Alexander McCall Smith (ici et ici), Gaston Leroux (ici et ici), Agatha Christie (ici et ici) et Mary Higgins Clark (ici). La plupart de ces noms reviennent d'ailleurs tous les ans...

Les critiques
Un seul livre en espagnol cette année (ici) et AUCUN en italien... 😢

L'objectif
Ma pile à lire contenait 66 livres le 1er janvier 2018. J'aimerais bien qu'elle descende sous la barre des 50, voire des 40. Elle comprend aussi trois bandes dessinées et cinq revues.

Un peu de statistiques
Parmi les billets publiés cette année, les plus consultés confirment une vérité bien connue: pour avoir du trafic, mieux vaut parler de nouveautés et de soi-même! 😁 Quatre billets comptabilisent plus de 230 vues selon Blogger (qui ne filtre pas les robots, je sais, mais c'est la seule source):
Bakhita de Véronique Olmi (ici)
Le tag "En coulisses" (ici)
Le billet des sept ans du blog (ici)
La Faute de l'abbé Mouret d'Émile Zola (ici)

Du côté des revues
Début 2018, je m'étais donné pour objectif de lire une revue par mois en plus de Cheval Magazine. C'est chose faite. Je suis même allée plus loin puisque j'ai lu seize revues, notamment des hors-séries de Mad Movies, deux numéros de Translittérature, la revue de l'Association des traducteurs littéraires de France, et deux revues sur les expositions que j'ai visitées. On continue en 2019.

Du côté des bandes dessinées
2018 aura surtout été l'année des BD. J'en ai lu 35, ce qui est tout à fait inouï!! Courtney Crumrin et Le Chat du rabbin y sont pour beaucoup avec leurs sept et huit tomes. Globalement, le chat est un thème très récurrent. Vous pouvez retrouver tous mes avis sous l'onglet Bandes dessinées et comics.

Et voilà. Un bilan très positif, donc. J'attaque 2019 déterminée à être aussi efficace, sans toutefois oublier que le plus important reste... de passer un bon moment à lire! 😃