samedi 13 octobre 2018

David Golder (1929)

Chronique express!


Après plus de deux ans de pause, j'ai repris en main Irène Mémirosvky, talentueuse écrivain découverte avec Suite française. David Golder, le roman qui a lancé sa carrière, décrit les derniers mois d'un banquier juif accablé de graves problèmes de santé et financiers, en étudiant notamment ses rapports avec sa femme Gloria et sa fille Joyce, qui ne l'aiment que pour son argent. C'est un vrai concert de plaintes et de reproches poussés par ces femmes oisives et richissimes qui n'ont jamais assez de bijoux et de billets à jeter à leurs amants! 😱 Mais David Golder n'est pas forcément mieux et crache pas mal de venin aussi... L'autre grand thème du livre, c'est la vieillesse et la mort, visiblement une constante chez cette écrivain.

Du point de vue stylistique, ce livre est une réussite, comme d'habitude, grâce à une plume très sobre mais aussi vivante et tranchante. Il n'est pas aussi élégant que Suite française, mais est tout à fait pertinent et je veux bien croire que sa publication ait été remarquée à l'époque.

J'ai précisé plus haut que le personnage principal était juif. En effet, la chose est traitée dans le roman, et pas de la meilleure des manières: c'est un peu la vision du juif avare qui vit par l'argent. J'étais curieuse d'en savoir plus car après l'arrestation d'Irène Mémirosvky, née juive (puis convertie au catholicisme) et tuée à Auschwitz, son mari a essayé de prouver qu'elle était antisémite et/ou soutenait le nazisme, je ne me souviens plus bien... Mais bref il a réuni des extraits de ses œuvres critiquant les juifs pour essayer de la faire libérer. Une tentative déchirante quand on pense qu'il a continué à essayer de la faire libérer bien après sa mort, étant donné qu'il n'avait aucune nouvelle à son sujet et ne savait donc pas qu'elle était morte, mais aussi plutôt horrible... 😕

mardi 9 octobre 2018

Hallowe'en Party (1969)

Chronique express!


Dans un village tranquille, une soirée d'Halloween tourne au drame quand une jeune fille de 13 ans est retrouvée noyée dans une bassine d'eau destinée à l'apple-bobbing (vous savez, ce jeu consistant à attraper des pommes avec les dents sans les toucher avec les mains?). Ariadne Olivier, célèbre écrivain de romans policiers présente à la soirée (et grande amatrice de pommes qui aura désormais bien du mal à en manger 😉), demande l'aide d'Hercule Poirot et lui signale un fait pour le moins étrange. Pendant les préparations de la soirée, la victime, Joyce, a prétendu avoir vu un meurtre des années auparavant. Personne ne l'a crue, mais la chose n'est-elle pas étrange? Poirot se rend sur place et interroge les habitants et les amis de la victime pour en savoir plus. Ce qui est certain, c'est que tout le monde lui répète que Joyce était une menteuse invétérée...

Un Agatha Christie classique (et donc formidable) avec son enquête feutrée où tout tient aux détails et aux relations passées dans un village où tout le monde connaît tout le monde. J'adore. C'est le premier Poirot que je lis après avoir regardé la série avec David Suchet et je dois dire que j'ai vu et entendu Suchet tout du long, même s'il ne parle pas de ses "little gray cells"! 😍 Je n'ai eu que quelques réserves quant à des répétitions un peu grossières, dont je n'ai pas compris si elles étaient délibérées ou des erreurs de relecture. Par contre, c'est un roman "fatigué", avec Poirot et d'autres personnages qui parlent beaucoup d'"avant", cette époque où les choses se passaient autrement, avec quelques remarques tristes ou désabusées qui m'ont rappelé P. D. James (chez P. D. James, il y a toujours des personnages complètement aigris pour critiquer le monde de leur époque). Christie avait presque 80 ans en 1969, peut-être était-elle fatiguée aussi...

Et oui, le thème d'Halloween est de saison, même si ce roman n'est guère halloweenesque au final. 😉

vendredi 5 octobre 2018

La gamelle de septembre 2018

Bien bien... Après un mois d'août bien rempli, la rentrée a marqué la reprise d'une vie culturelle toute relative... 😛

Sur petit écran

Rien, rien, rien.

Sur grand écran

The Meg [En eaux troubles] de Jon Turtletaub (2018)


Bon. La partie avec les humains tenait plutôt bien la route mais on ne voit presque pas le requin et quand on le voit c'est moche. 😔 Ce n'était même pas drôle. Soulignons tout de même que 1/ si ça peut faire comprendre au public asiatique (qui est clairement la cible de ce film) que tuer des requins pour manger de la soupe d'ailerons est con et barbare, ce sera une bonne chose, 2/ l'amour nait entre une Chinoise et un Américain, c'est tellement rafraîchissant par rapport aux couples blanc-blanc, noir-noir et asiatique-asiatique, et 3/ la gamine chinoise est TROP mignonne. 😍

Kin de Jonathan et Josh Baker (2018)


L'affiche promettait un film pour ados avec un élu et des néons. En fait, c'est une espèce de road trip. Le personnage principal est mal dans sa peau et ramasse des matières premières dans les bâtiments abandonnés de Chicago pour les revendre. Son grand frère, de retour de prison, a de sérieux ennuis d'argent. Leur mère est morte avant le début du film et le père se fait tuer par un truand devant le frère aîné et à cause du frère aîné. Du coup, le frère aîné prend la fuite avec notre héros, sans lui dire que leur père est mort. (Sympa.) Le fusil ultra-puissant visible sur l'affiche n'entre en action que dans la deuxième partie du film et ne forme aucunement le moteur de l'intrigue. Il faudra attendre une suite pour vraiment savoir de quoi il en retourne. Je suis très intriguée du coup.

Silence of the Lambs [Le Silence des Agneaux] de Jonathan Demme (1991)


Très contente d'avoir enfin vu "pour de vrai" ce célèbre film (je l'avais vu, certes, mais pas en entier et en papotant, donc l'expérience n'était pas optimale). J'ai beaucoup apprécié. Le film est magistral en lui-même, de par sa mise en scène et son ambiance, et Joddie Foster et Anthony Hopkins sont juste dingues. J'ai aussi beaucoup aimé qu'on parle beaucoup, bien qu'indirectement, du fait que Clarisse est la seule femme dans un monde d'hommes: la manière dont elle est constamment draguée, la perversité libidineuse des prisonniers logeant à côté d'Hannibal Lecter, c'est exactement ce que les réseaux sociaux dénoncent actuellement. Et elle ne se laisse pas démonter, continue malgré le danger et le malaise, et démontre même, au passage et avec une très grande simplicité, que son chef a son rôle à jouer dans la manière dont les autres hommes la traitent.
Pour la petite histoire, j'ai découvert que la danse de Jay sur la chanson Goodbye Horses de Q Lazzarus dans Clerks II est un hommage/clin d’œil au tueur en série adepte de la couture de ce film – qui l'aurait cru.
Il va sans dire que quand je me suis réveillée la nuit après le film et que j'ai pensé au flic éventré sur la cage d'Hannibal, j'ai mis un certain temps à me rendormir. 😂

Equalizer 2 d'Antoine Fuqua (2017)


Un film d'action plus posé et réaliste que l'affiche ne le laissait penser. Malgré quelques maladresses, j'ai plutôt apprécié. La vengeance du personnage de Denzel Washington est doublée d'une réflexion sur ce qui fait un "vrai homme" ("Man ain't spelled g-u-n, son") et du "sauvetage" d'un jeune homme sur le point d'entrer dans un gang. Note pour moi-même: il y a Orson Bean, qui jouait Loren, le commerçant, dans Dr Quinn femme médecin. 😉

Et le reste



Ayant terminé une traduction sur les supernovae avec une bonne semaine d'avance, j'ai ressorti tous mes numéros de Science & Vie parlant d'astronomie pour relire les articles concernés (je dis bien "les articles" – n'allez pas croire que j'ai relu tous les magazines ci-dessus dans leur intégralité 😂) et voir si je ne trouvais pas des formulations ou des termes utiles dans ma traduction. C'était passionnant, et, avec le recul, mes quatre ans d'abonnement à Science & Vie ont bien joué leur rôle, celui de me fournir un minimum de culture scientifique de fond. Mais je comprends très bien que le magazine ait fini par me gaver: le style est vraiment trop enthousiaste, grandiloquent et sensationnel, avec en plus pas mal d'articles rédigés de manière bancale aux yeux d'une professionnelle de la langue. Dommage...



Des sourires et des chats de Séverine Pineaux et Claudine Glot (2014)
J'adore les chats enchantés de Séverine Pineaux et je me suis offert ce livre à moi-même avec les Chèque Lire que j'avais gagnés aux Rencontres de l'imaginaire de Sèvres de 2016. C'est absolument formidable de mignonnerie, je craque complètement. À lire si vous aimez les chats mignons et les jeux de mots félins genre chananas et Matroutetombe. 😍

Une bonne raison par jour d'aimer les chats de Brigitte Bulard Cordeau (2010)
J'ai relu ce petit bouquin reçu en cadeau il y a quelques années. C'est distrayant mais sans plus, et il y a quelques répétitions bizarres qui font qu'on se demande s'il a été relu. Une lecture idéale pour les toilettes, dirais-je.

Les grands espaces de Catherine Meurisse (2018)
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée sur une enfance à la campagne, qui m'a beaucoup chamboulée. Je recommande chaudement. En fait, j'ai trouvé ça tellement bien que je pense l'offrir à quatre ou cinq personnes.

Du côté des revues, j'ai lu mon Cheval Mag habituel, le passionnant numéro d'Historia consacré à l'immigration italienne en France et Translittérature, la merveilleuse revue de l'Association des traducteurs littéraires de France, dont je suis membre.

That's all, folks!
Rendez-vous début novembre pour la gamelle d'octobre...

lundi 1 octobre 2018

Ghostwritten (1999)

Il y a trois ans (déjà trois ans? comment ça, trois ans?!?), j'ai lu et adoré Cartographie des nuages, le livre de David Mitchell à l'origine du film Cloud Atlas. C'est donc avec enthousiasme que j'ai rejoint Vert pour une lecture commune sur le premier roman de cet auteur, Ghostwritten.

NB: Ma photo ne rend pas honneur à la couverture de Sceptre,
qui elle-même ne rend pas honneur au roman. 😏

Comme cela semble être toujours le cas chez Mitchell, ce livre suit les destins de plusieurs personnages, huit en l'occurrence, dans des chapitres dédiés. Ainsi, le premier chapitre, Okinawa, nous plonge dans l'esprit d'un terroriste japonais attendant de pouvoir refaire surface après avoir participé aux attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Le deuxième, Tokyo, présente quelques journées dans la vie d'un jeune disquaire spécialisé en jazz. Le troisième, Hong Kong, nous fait aborder sur le continent et rejoindre un avocat britannique qui partage son appartement avec un fantôme et traîne dans des affaires louches. Viennent ensuite les chapitres Holy Mountain, Mongolia, Petersburg, London, Clear Island, Night Train et Underground, cette dernière partie étant plus une courte conclusion qu'un chapitre à proprement parler.

Je reste délibérément floue sur l'intrigue des chapitres car l'intérêt du roman ne réside pas tant dans les actions de chaque personne (pourtant essentielles) mais dans les rappels entre différentes parties: comment les actions de quelqu'un influencent en bien ou en mal la vie d'un autre, comment un personnage en rencontre un autre, comment un personnage secondaire réapparaît dans une autre partie... et même comment des personnages de Cloud Atlas font leur apparition ici, quelques années avant d'avoir leur propre livre. Des liens jubilatoires, émouvants ou révoltants qui feront le bonheur du lecteur et que j'ai adoré traquer.

L'autre grand intérêt du roman est l'écriture de Mitchell, très sobre et imagée à la fois, un vrai bijou qui fait passer beaucoup d'émotions et d'informations en toute simplicité. Et dire que c'est son premier roman... 😱 Il arrive sans la moindre peine à nous plonger dans des esprits complètement différents les uns des autres, de l'avocat individualiste d'Hong Kong à une vieille dame chinoise terre à terre et pieuse en passant par un présentateur radio américain hilarant. Et tous sont aussi solides les uns que les autres, même si on ne les aimera pas forcément autant en fonction de nos affinités.

Ma seule critique concerne la fin de la partie Clear Island et la toute fin du roman, qui ont un côté grandiloquent qui ne m'a pas plu et qui ne m'a pas semblé coller avec le style et les évènements si fins du reste du livre. Une critique qui ne remet pas en cause la qualité de l’œuvre, toutefois: je recommande chaudement ce roman et je compte bien continuer à lire David Mitchell au fur et à mesure que ses livres croiseront mon chemin!

Allez donc voir ailleurs si ces écrits y sont!
L'avis de Vert

jeudi 27 septembre 2018

Quelques BD

Mon Homme étant libraire BD depuis peu, j'ai passé une petite commande de bandes dessinées dans sa librairie histoire de soutenir l'activité commerciale. Tour d'horizon de quelques histoires de chats... avec un groupe d'intrus reptiliens. 😸


Avertissement: la plupart de ces BD capitalisent sur les travers des chats d'appartement qui mettent de la litière partout,  ont un gros ventre, cassent des vases et empêchent leurs humains de dormir. Si le sujet vous saoule, passez votre chemin. ^^

Les sales manies du chat hypocrite de Gilles Bonotaux et Hélène Lasserre
Le quatrième tome des aventures du chat hypocrite. J'en ai profité pour relire les quatre premiers opus. Ce sont de tout petits livres, de la taille d'un album pour enfants en gros. J'aime beaucoup le Camarade Kochkovitch et la manière dont il est dessiné. Je recommande cette série pour les amateurs de chats et pour de jeunes enfants qui enrichissent leur vocabulaire, il y a plein de mots intéressants dedans (à commencer par hypocrite).

Chats, chats, chats et Chats, chats, chats et chats de Lapuss', Larbier et Rabarot
Une BD au format franco-belge avec des strips d'une page. C'est très coloré et tout public. Très sympa aussi mais moins marquant peut-être. On est un peu plus dans le schéma répétitif du chat qui se retrouve dans la dernière case dans la même situation que dans la première. Plutôt à emprunter à la bibliothèque (ou à lire sur place en dix minutes ^^).

Putain de chat I, II et III de Lapuss'
Le scénariste de Chats, chats, chats est aussi l'auteur de cette série sur un chat noir déterminé à tuer son humain. Le dessin est entièrement en noir et blanc et c'est moins familial, le chat étant un peu vulgaire parfois. J'ai bien rigolé aussi. [Attention divulgâcheur] Le tome III se termine par la mort du chat, je ne m'y attendais pas du tout et j'ai été trop choquée. [Fin du divulgâcheur]

Chat-Bouboule. Chroniques d'un prédateur de salon et Chat-Bouboule. Intermittent de la sieste de Nathalie Jomard
J'ai adoré Bouboule et son ventre proéminent. C'est trop drôle. Notons que pour une rare fois le chat héros vit avec une famille d'humains (une mère et ses deux enfants - il y a un homme aussi mais on ne le voit qu'une fois donc je ne sais pas si c'est le père ou un petit copain) alors qu'en général l'humain du chat est un homme seul (et martyrisé). Le tome 2 est épuisé mais devrait resortir en octobre d'après ce que je vois sur le site de la Fnac. J'ai hâte de lire ça. Dans le tome 3, il y a quelques dessins "Et si le cinéma avait eu un chat sur les genoux" assez phénoménaux - du genre l'alien de Ridley Scott en chaussons avec un chat sur les genoux. 😂

Les dinosaures en bande dessinée de Plumeri et Bloz
Voilà les intrus: des dinosaures! Cette BD réunit des planches très sympas sur différentes espèces de dinosaures et présente les informations habituelles: alimentation, taille, disparition... Ils ne sont pas toujours très malins, ces dinosaures, et la situation se retourne souvent contre eux mais c'est amusant et ça m'a semblé bien documenté (en même temps ça fait tellement longtemps que je ne lis plus rien sur les dinosaures que je ne me suis pas forcément en mesure de juger ^^). Il y a quatre tomes publiés et un cinquième en préparation et je compte bien tous les lire.

dimanche 23 septembre 2018

Le fauteuil hanté (1909)

Chronique express!


Après Le Parfum de la dame en noir, j'ai eu envie de continuer avec Gaston Leroux avec un autre livre trouvé en seconde main: Le Fauteuil hanté, une intrigante histoire de meurtre à l'Académie française. Le fauteuil de monseigneur d'Abbeville semble porter malheur aux Immortels, puisque deux de ses successeurs meurent en prononçant leur discours et un troisième meurt la veille de son investiture! L'émotion est à son comble et le secrétaire perpétuel de l'Académie, Hippolyte Patard, s'arrache les cheveux à l'idée que l'on soit désormais obligés de parler des "trente-neuf" plutôt que des "quarante". C'est un marchand d'antiquités, Gaspard Lalouette, qui va oser présenter sa candidature pour occuper ce fauteuil maudit. Bilan: un roman court, facile à lire (le fait que l'histoire ait d'abord été publiée en feuilleton y est sûrement pour quelque chose) et extrêmement plaisant. Le ton est beaucoup plus léger que dans Le Fantôme de l'Opéra ou les romans de Rouletabille et j'ai bien rigolé. La fin a quelque chose d'un peu confus, mais qu'importe... Un candidat à l'Académie française [divulgâcheur] qui ne sait pas lire [fin du divulgâcheur], c'est juste trop drôle. 😂

Livres de Gaston Leroux déjà chroniqués sur ce blog

mercredi 19 septembre 2018

Sin noticias de Gurb (1991)

Chronique express!


Sin noticias de Gurb d'Eduardo Mendoza est le journal de bord d'un extraterrestre qui essaye désespérément de retrouver Gurb, un autre extraterrestre, à Barcelone. La difficulté tient notamment au fait que ces extraterrestres peuvent modifier leur apparence à leur guise (d'où le caméléon en couverture ^^). Gurb a disparu sous les traits de Marta Sanchez, une chanteuse espagnole, mais rien ne prouve qu'il lui ressemble encore. Comment le retrouver dans ces conditions? Le narrateur, quant à lui, adoptera l'apparence du duc d'Olivares, d'un pape, de Gary Cooper, entre autres... Le journal est très amusant, notamment grâce au décalage culturel entre l'extraterrestre et les humains. Il fait vraiment de son mieux pour passer inaperçu mais il commet nombre d'erreurs. Parfois, la situation est comique de par elle-même, comme dans "8h00. Je me fais renverser par le bus n°17. 8h01. Renversé par une Opel Corsa. 8h02. Renversé par une camionnette. 8h03. Renversé par un taxi." 😂 Globalement, toutefois, je suis complètement passée à côté de ma lecture à cause de mes lacunes en espagnol: il me manque trop de vocabulaire, notamment (mais pas que) familier, et de références culturelles. Comme ce livre est très court (175 pages dans cette édition Seix Barral), j'aimerais bien le relire dans quelques années, en espérant avoir progressé d'ici là!

Le petit truc en plus que vous devez absolument savoir: Ce livre m'a été conseillé en 2009, c'est-à-dire il y a neuf ans. Il aura fallu tout ce temps pour que je tombe sur un exemplaire d'occasion. Comme quoi il ne faut jamais désespérer. Enfin j'espère que je ne mettrai pas neuf ans à le relire. 😂😂

Allez donc voir ailleurs si Gurb y est!
L'avis de Baroona
L'avis d'Endea

samedi 15 septembre 2018

Le Parfum de la dame en noir (1908)

Chronique express!


Honte à moi, il m'a fallu huit ou neuf mois pour regarder l'adaptation cinématographique de Bruno Podalydès du Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux et donc pour pouvoir enfin lire Le Parfum de la dame en noir. Mieux vaut tard que jamais, disons... Quand le moment est enfin venu, j'ai retrouvé Rouletabille avec grand plaisir pour un mystère peut-être encore plus épais que le précédent. Après un crime commis dans une pièce close, on a ici affaire à un cadavre de trop! 😁 Tous les personnages du premier roman sont de retour, cette fois-ci dans un château au bord de la Méditerranée, à la frontière entre la France et l'Italie, pour affronter leur vieil ennemi (attention divulgâcheur: Larsan, le terrible Ballmeyer qui poursuit encore Mathilde Darsac née Stangerson). Et ils croient tous devenir fous. Même Rouletabille semble parfois perdre "le bon bout de la raison", d'autant plus que le parfum de la dame en noir a pour lui une importance capitale. Bon, très franchement, cet aspect-là de l'intrigue m'a paru complètement tiré par les cheveux (divulgâcheur: Rouletabille est le fils perdu de Mathilde), mais ce roman n'en est pas moins une belle enquête comme je les aime, sans action particulière et où tout tient aux plus infimes détails, dans un monde complètement désuet. J'adore. Je pense que je suivrai Rouletabille en Russie si je tombe un jour sur Rouletabille chez le tsar. En attendant, il faut que je songe à voir le film de Podalydès tiré de ce roman... ^^

mardi 11 septembre 2018

UGC Culte: Fight Club (1999)

J'ai renoué avec les séances UGC Culte du jeudi avec Fight Club de David Fincher, célébrissime film des années quatre-vingt-dix que j'avais vu il y a plus de dix ans et que je souhaitais bien entendu revoir même si je ne l'avais pas particulièrement apprécié – si vous l'avez vu, vous savez que c'est un film à voir deux fois.


Fight Club est extrêmement bien maîtrisé et bien fichu et gagne, je pense, à être vu au cinéma, quand on est plongés dans l'histoire d'une manière qu'il me semble impossible de reproduire chez soi (à cause du chat ou des notifications du téléphone par exemple). J'ai particulièrement apprécié Brad Pitt, bien sûr, qui est plus grand que nature et d'un charisme irrésistible (et pas seulement pour ses pectoraux et abdominaux à tomber), et Helena Bonham Carter dont j'avais totalement oublié la présence et qui incarne très bien un personnage aussi drôle que tragique. Edward Norton m'a semblé moins remarquable parce qu'il joue un personnage plus en retrait, parfois à côté de la plaque ou mou, mais il arrive à transmettre quelque chose de radicalement différent lors d'un combat particulièrement violent avec Jared Leto (qui n'a qu'un petit rôle et réussit à être superbement beau malgré ses cheveux blonds décolorés – je fantasme totalement qu'il incarne un jour un vampire d'Anne Rice aux côtés de Tom Hiddleston).


Pour un film qui veut dénoncer la société de consommation et du paraître, j'ai trouvé Fight Club très porté sur le style, le look et l'assurance de Brad Pitt, cette espèce de sex-symbol aussi élégant qu'anti-conformiste et décontracté, aux attitudes parfois vulgaires (par exemple, je ne supporte pas la manière dont il jette ses mégots par terre) mais toujours COOL; mais tout cela prend son sens dans une explication terriblement réaliste qui m'a fait d'ailleurs fait réfléchir sur moi-même (attention, divulgâcheur: "I look like you wanna look, I fuck like you wanna fuck", à remplacer chez moi une version de moi-même qui aurait d'autres attributs mais qui jouerait le même rôle).

Par ailleurs, j'ai trouvé que c'est un film très intéressant sur une forme d'endoctrinement et de fanatisation, sur la manière dont on se tourne vers quelque chose de radical pour sortir de soi ou se dépasser, je ne sais pas trop comment dire ça, mais bref VIVRE, enfin, quand tout le reste vous laisse indifférent malgré tous vos efforts. Et puis Fight Club a un gros avantage: c'est que derrière des thématiques sérieuses, une histoire un peu tragique et une violence réelle et non dissimulée, il est toujours DRÔLE. C'est très bien, ça. Vingt ans après sa sortie, il est aussi assez "chou" avec ses éléments dépassés, comme le fait de donner son numéro de téléphone fixe à quelqu'un en l'écrivant sur un bout de papier, ça lui donne un vrai charme – et la copie, je pense, n'a pas été restaurée/améliorée car le grain de l'image semblait vraiment vieilli dans mon cinéma (pourtant passé au numérique depuis des années).

Si je n'aime pas Fight Club plus que ça, c'est parce que le côté "on va tout péter" ne me parle pas du tout – et puis parce que j'accroche moins les films réalistes et modernes, je suis plus portée vers le fantastique ou le merveilleux... Et parce que je déteste la chanson sur laquelle il se termine, que je trouve insupportablement stridente. 😂

Le petit truc en plus que je ne veux pas oublier et que vous devez absolument savoir: Après la séance, mon Homme et moi sommes rentrés à la maison, qui se trouve à quelques minutes du cinéma, comme d'habitude. Ce n'est que le lendemain soir, en préparant mon sac pour rejoindre une amie en voiture, que j'ai trouvé le ticket de parking du cinéma dans ledit sac et que j'ai réalisé, avec une lenteur et une perplexité totales, que j'avais rejoint mon Homme au cinéma en voiture la veille et qu'après le film on avait oublié la bagnole au cinéma. 😂😂😂 Un oubli qui m'a coûté 23,40€ de parking... ^^

vendredi 7 septembre 2018

The White Company (1891)

L'année dernière, j'ai trouvé par hasard et lu un roman historique d'Arthur Conan Doyle, Sir Nigel (ma chronique ici), qui racontait les aventures d'un jeune chevalier anglais parti guerroyer en France en 1349, pendant la guerre de Cent Ans. Malgré des difficultés de lecture, j'ai beaucoup apprécié cette histoire de chevalerie pleine d'aventures et d'humour et j'ai donc souhaité lire le roman dont elle était la suite. D'où ce roman-ci, The White Company, La Compagnie blanche, publié quinze ans avant Sir Nigel.



En 1366, un jeune anglais, Alleyne Edricson, quitte l'abbaye dans laquelle il a grandi. Il doit se plier à la volonté de feu son père, qui avait souhaité qu'il soit élevé par les religieux mais passe au moins une année dans le monde extérieur à l'âge de vingt ans avant de décider, ou non, d'entrer dans les ordres. Notre jeune naïf, bon et pacifiste souhaite retrouver son frère ainé, un homme à la réputation houleuse, pour le ramener dans le droit chemin. Mais le frère en question n'apprécie pas du tout de le voir revenir de l'abbaye, d'autant plus que son cadet s'interpose entre lui et une superbe demoiselle en détresse! Alleyne, comprenant que son frère ne l'acceptera pas dans la maison familiale et ne pouvant revenir à l'abbaye avant un an, se joint à deux compagnons de route: Hordle John, un géant provenant de la même abbaye que lui, et Samkin Alwayrd, un archer de retour de France pour porter à Sir Nigel une lettre du Prince Noir, qui lui confie la direction de la Compagnie blanche, une compagnie d'archers.

Dans une coïncidence inouïe (lol), la demoiselle en détresse qu'Alleyne a aidée est justement la fille de Sir Nigel, Maude. Une fois entendu le récit de sa fille, et compte tenu des origines respectables d'Alleyne et de l'instruction dont il a bénéficié (il sait lire et écrire!), Sir Nigel décide d'en faire son écuyer et de l'emmener avec lui en France. Mais avant, Alleyne aura bien sûr le temps de tomber amoureux de Maude, dont il emportera les couleurs avec lui... Commence alors la grande aventure: pirates, tempêtes, joutes, batailles, sièges, brigands, la route est longue pour rejoindre le Prince Noir à Bordeaux, puis retrouver la Compagnie blanche et enfin partir guerroyer au-delà des Pyrénées, le roi d'Angleterre et le roi de France soutenant deux prétendants différents à la couronne de Castille.

J'ai adoré ce roman de chevalerie truffé d'aventures et de guerriers intrépides, uniquement soucieux de gagner leur honneur par les armes – ou, une fois leur honneur gagné, de continuer à prouver leur vertu et à faire honneur à leur dame en continuant à se battre à chaque fois que l'occasion se présente! Sir Nigel est le personnage le plus porté sur la chose et le plus drôle puisqu'il est toujours à la recherche d'un bon combat demandé de la manière la plus polie et galante qui soit. Un guerrier qui garde une vision du monde aussi idéaliste après avoir guerroyé pendant vingt ou trente ans, c'est tout à fait charmant. Je crois que je l'ai préféré en vieux guerrier à la vue faible, mais toujours plein d'ardeur, qu'en jeune homme transi d'amour comme dans Sir Nigel.

Par ailleurs, ce roman historique est comme toujours une bonne occasion de réviser une période de l'histoire. Sir Nigel se passait tout au début de la guerre de Cent Ans et se terminait par la bataille de Poitiers de 1356; La Compagnie Blanche se passe pendant les années 1367-1368, si j'ai bien suivi, et tourne autour du soutien apporté par le Prince Noir à Pierre le Cruel, prétendant au trône de Castille, même si les trois quarts du roman se passent en Angleterre et en France (ou plutôt en Aquitaine, partie de la France actuelle qui appartenait alors à l'Angleterre; la cour du Prince Noir était d'ailleurs installée à Bordeaux). C'est un contexte très intéressant et riche, avec en plus un certain exotisme linguistique que je trouvé irrésistible, avec des personnages anglais qui parlent saxon ou français (et un moine anglais qui parle latin ^^). Et Conan Doyle met l'accent sur ce qui a fait, à l'époque, la supériorité des forces anglaises, à savoir l'arc et les archers, avec un Samkin Alwayrd qui incarne l'archer fier de son art (d'où les flèches de la couverture, soit dit en passant).

Comme ma mémoire est terriblement défaillante et que j'avais déjà oublié tout ça moins d'un an après avoir lu Sir Nigel, je me note ici que le Prince Noir qui commande les armées anglaises en Aquitaine est Édouard, fils ainé d'Édouard III, le roi d'Angleterre, et donc héritier de la couronne anglaise; mais il mourra avant son père et c'est donc son fils Richard II qui succèdera à Édouard III. John Chandos, un brillant capitaine anglais, est l'autre grand meneur d'hommes des forces anglaises. Je ne sais plus si le roi de France est nommé (c'est Charles V d'après mes recoupages de date sur l'encyclopédie Larousse), mais du Guesclin apparaît dans une scène qui rappelle fortement Ivanhoé de Walter Scott. D'ailleurs, tout ce roman rappelle énormément Ivanhoé, qui me semble l'archétype même du roman de chevalerie du XIXe.

Bref voilà. Des chevaliers, des épées, des lances, des joutes, des chevaux fougueux, des châteaux forts, des arcs, et tout ça avec de l'humour: Conan Doyle m'a encore une fois vendu du rêve. Le style archaïque n'est pas facile-facile à lire pour des non anglophones (du genre "Go whither?" pour "Go where?" 😂) mais ça fait partie du charme. J'adore. 💖

lundi 3 septembre 2018

La gamelle d'août 2018

Le mois d'août est toujours un entre-deux pour moi: les cours de yoga et d'équitation étant suspendus, j'ai beaucoup plus de temps libre et je peux me poser et lire des pavés ou des magazines. Ou regarder des tas de films. Ce billet étant très long, je vous suggère de vous préparer un petit café pour lire tout ça. ^^

Sur petit écran

Knights of the Round Table de Rochard Thorpe (1952)


Suite à un amusant challenge consistant à partager des photos de films sur Facebook, j’ai été prise d’une envie impérieuse de revoir ce film des années cinquante qui m’a énormément marquée quand j’étais enfant. Tout ça est extrêmement désuet mais le plaisir est toujours au rendez-vous. J’aime ces histoires de chevaliers nobles et intrépides, complètement déconnectées du mythe arthurien (Mordred est le mari de Morgane, pas son enfant, et a le même âge qu’Arthur ^^) et de la réalité historique (avec des armures du XIVe dans l'Angleterre du Ve), et l’amour-passion à première vue entre Lancelot (Robert Taylor) et Guenièvre (Ava Gardner). Notons que Berrick, le cheval de Lancelot, joue un rôle décisif à la fin. Je me demande si ma passion du cheval ne tient pas son origine de ce film. ^^

Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès (2003)
Vert m’avait dit du bien de cette adaptation "délicieusement insolite" du roman de Gaston Leroux est l’expression me semble bien trouvée; ce film a quelque chose de décalé et d’excentrique, notamment dans le personnage de Rouletabille campé par Denis Podalydès et les étranges machines du château du Glandier (avec notamment un train miniature qui roule en transportant une grosse bille 😂). L’adaptation est extrêmement fidèle au livre mais apporte un vrai plus si on l’a lu. Seul hic: j’ai dû mettre les sous-titres pour malentendants car certains acteurs articulaient si peu que je ne comprenais pas toutes les répliques! 😂

E.T. de Steven Spielberg (1982)
J'ai enfin rattrapé cet immense classique que je n'avais jamais vu (ou plutôt dont j'avais entrevu le début quand j'étais enfant et que je n'avais pas regardé car j'avais eu peur). J'ai beaucoup apprécié cette belle histoire sur l'amitié et l'enfance avec ses gamins déterminés, têtus et débrouillards (la course-poursuite en vélo a dû faire fantasmer bien des pré-ados et des ados ^^) et ses belles émotions (le vol en vélo, la séparation finale), le tout présenté avec un humour très sympathique (E.T. ivre, E.T. qui se cache parmi les peluches 😂). Bon, j'ai trouvé qu'Elliot, le personnage principal, chouinait beaucoup, mais son grand frère et surtout sa petite sœur (géniale Drew Barrymore 😂) rattrapaient bien.

Hannah Montana, le film de Peter Chelsom (2009)
OUI. Vous avez bien lu. HANNAH MONTANA, LE FILM. Je l'avais vu au ciné lors de sa sortie, j'avais bien aimé et je n'ai pas hésité quand j'ai trouvé le DVD dans l'entrée de mon immeuble. C'était génial. Chez Disney, il y a des experts dans les films musicaux pour grands enfants et pré-ados qui savent parfaitement monter ces histoires d'amour musicales en leur donnant du rythme et de l'humour (le coup du furet m'a fait mourir de rire). C'est incroyablement lisse, naïf et simpliste, hein, mais j'adore, exactement comme j'adore High School Musical 3! Quelle différence avec Love, Simon, que j'ai trouvé sympathique mais que je ne reverrai probablement jamais? Je crois que c'est juste la présence de la musique, qui me replonge dans ma propre adolescence (et, ici, la vie à la ferme avec le beau cow-boy et les chevaux qui galopent dans l'herbe verte). À noter que Taylor Swift chante une chanson pendant la soirée country. ^^

The Queen of the Damned [La Reine des damnés] de Michael Rymer (2002)


Quinze ans plus tard, j'ai enfin vu en entier la suite d'Entretien avec un vampire, largement précédée par une réputation catastrophique. En fait, ce n'est pas si mal, et c'est même assez fidèle au livre d'Anne Rice dans les grandes lignes (le retour de Lestat et le réveil d'Akasha à cause de la musique, la fureur des autres vampires, le plan un peu pourri d'Akasha - justifié par le fait qu'elle sort de trois ou quatre mille ans d'hibernation et ne sait pas que le monde a changé). Ce qui est douloureux, c'est le look gothico-métrosexuel (je ne sais pas trop comment qualifier ça!) des vampires et les effets spéciaux moches, notamment quand les vampires volent. Ce n'est pas juste parce que le film a quinze ans, c'est vraiment moche en soi. Et ce qui est épouvantable pour qui apprécie les livres, c'est le chamboulement du personnage de Marius, qui récupère des traits de Lestat et n'a plus rien à voir avec le Romain posé et raisonnable qu'on aime tant. Sinon, la musique est géniale si vous aimez le métal du début des années 2000. J'ignorais que tant de chansons connues avaient été utilisées dans ce film et ça m'a temporairement rajeunie. 🎸🎶

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2 de David Yates (2011)
Vu en partie à la télé. Je ne l'avais pas revu depuis sa sortie au cinéma. Purée les souvenirs de Snape et les apparitions dans la Forêt interdite, j'ai fondu en larmes.

Sur grand écran

Mission: Impossible - Fallout de Christopher McQuarrie (2018)


Mission accomplie pour Tom Cruise qui saute en parachute, fait de la moto et de l'hélicoptère, court beaucoup, conçoit des plans très malins et retrouve même son ex-femme dans ce sixième opus de Mission: Impossible. J'ai vraiment beaucoup apprécié un tas de choses, notamment la scène des toilettes, malgré une courte inquiétude au début de la deuxième course-poursuite parisienne (la première avait déjà duré 15 minutes et j'ai eu peur qu'on reparte pour aussi longtemps). On peut regretter la surenchère de la fin, avec des hélicoptères en mauvaise posture sur une falaise et un compte à rebours déjà vu tant de fois, mais c'est de bonne guerre. À noter que les filles ne font pas de la figuration ici et c'est bien!

Fight Club de David Fincher (1999)
Une séance UGC Culte que je chroniquerai bientôt en détail.

The Children Act [My Lady] de Richard Eyre (2017)


Un beau film tout en finesse sur une juge spécialisée dans les affaires familiales confrontée au cas d'un mineur refusant une transfusion sanguine pour des raisons religieuses – et sur les suites de cette affaire, le jugement en lui-même n'occupant que la première partie du film. Emma Thompson joue superbement bien cette femme grave, raisonnable, très humaine sur certains points et terriblement dure sur d'autres. J'ai aussi beaucoup apprécié Stanley Tucci (déjà vu dans Transformers 4 😂), qui joue son mari, un homme tout en retenue et un véritable compagnon de vie. Toutefois, la deuxième partie de l'intrigue m'a beaucoup moins plu que la première et je n'ai pas trop su comment interpréter la fin. À voir néanmoins pour le traitement très humain et empathique de certaines questions délicates et la tolérance qui s'en dégage. Note pour moi-même: Richard Eyre a aussi réalisé Notes on a Scandal et The Other Man.

Gattaca [Bienvenue à Gattaca] d'Andrew Niccol (1997)


Un beau film que je suis ravie d'avoir découvert grâce aux séances UGC Culte. La photographie est superbe et la musique s'y marie à merveille. C'est un film qui explore toutes les possibilités de son postulat de départ, la société tout entière étant façonnée par le patrimoine génétique de chacun, et qui aborde un thème qui me parle: jusqu'où on est prêt à aller pour ce qu'on veut. La citation à retenir: "That's how I did it. I never kept anything for the swim back."

BlackkKlansman de Spike Lee (2018)
Un film intéressant de par son histoire et le contexte historique, mais que j'ai trouvé forcé tant dans son humour (ces plans dont on voit qu'ils sont mis là pour faire rire) que dans la manière de faire passer le message. J'aurais apprécié un peu plus d'intelligence chez les membres du Ku Klux Klan, qui sont globalement bêtes et grotesques, comme si le fait qu'ils soient des suprématistes blancs ne suffisait pas. 😂😱

Du côté des séries

Mon copain a soudain replongé dans la saison 5 d'Angel. C'est dramatique car je me retrouve gluée à la télé et que je ne lis pas. Mais c'est bien parce que Angel c'est trop génial.

Et le reste

Je chronique rapidement ici Ma grand-mère avait les mêmes. Les dessous affriolants des petites phrases de Philippe Delerm, que j'ai trouvé dans ma location de vacances (quel bonheur, d'ailleurs, de s'installer dans une chambre donnant sur la plage, avec la perspective d'une semaine de calme et de lecture devant soi, et d'y découvrir un livre d'un écrivain qu'on adore! 💖). C'était très sympa, comme d'habitude. Delerm fait plus ou moins toujours la même chose mais il le fait très bien. J'adore. À noter que le texte sur Deauville et Trouville m'a poussée à m'interroger sur la façon dont je me suis "construit une personnalité" à certains moments de ma vie et tends malheureusement à le faire encore...

Un mot aussi sur Les Révoltés de la Bounty et Maître Zaccharius de Jules Verne, un Folio à 2€ que j'ai relu après Les Enfants du capitaine Grant. Les Révoltés est un texte intéressant du point de vue historique, mais n'est pas ce que j'appellerai une œuvre littéraire: Verne raconte les évènements très sobrement, sans romancer. C'est plaisant mais il ne faut pas lire ça pour connaître l'auteur! Maître Zaccharius est quant à lui très atypique puisque c'est une nouvelle fantastique, l'histoire d'un horloger suisse réputé qui voit ses clients lui rapporter toutes ses montres et horloges en panne. La fin est expédiée et n'est pas dénuée de bondieuserie. J'ai l'impression que ce recueil intéresserait plutôt quelqu'un qui connait déjà bien Verne et veut en voir une autre facette.

Côté BD, j'ai lu Le Grand méchant renard de Benjamin Renner, une histoire délicieuse et drôle que je recommande autant que le film qui en a été tiré (j'en ai dit deux mots ici). Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie vers l'avis de la petite marchande de prose.

Côté revues, le mois a été faste puisque j'en ai lues quatre!

Tout d'abord, un numéro de Yoga Journal donné par ma prof de yoga. Intéressant, motivant pour pratiquer le yoga en l'absence de cours, mais beaucoup plus hippie/barré qu'Esprit Yoga et donc moins crédible/intéressant/légitime pour moi.

J'ai également lu L'Homme-livre, un volume offert par ma librairie à l'occasion de la journée des librairies indépendantes. Des éditeurs et éditrices présentent un livre qui les a marqués. J'ai trouvé tout cela extrêmement nombriliste et intello, c'était vraiment dispensable (une lecture pour ne pas s'ennuyer aux toilettes, en fait), mais quelques textes étaient intéressants et Éric Poindron du Castor Astral m'a fait mourir de rire avec une définition extraite du Bibliolexique à l'usage de l'amateur de livres de Jean-Paul Fontaine: "ainsi, celui qui manifeste une obsession pour le classement des livres apprendra avec effroi qu'il est un 'bibliothécomane. - gr. thêké, armoire, et mania, folie'". 😂 Il faut que je me procure ce bouquin!

J'ai ensuite revécu l'exposition Enfers et fantômes d'Asie du musée du quai Branly, visitée au printemps, grâce au hors-série de Connaissances des arts qui lui est consacrée. C'est très intéressant de revoir les œuvres quelque temps après l'expo, je pense que cela m'aidera à "m'approprier" les informations et à mieux les retenir. J'achèterai à nouveau ce type de magazine si je visite des expos qui s'y prêtent. À 10€ les 40 pages, c'est cher, mais ça reste donné par rapport au catalogue.

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Mag habituel.


Et voilà! Après ce mois faste, septembre s'annonce nettement plus normal. Vivement les prochaines vacances! ^^

jeudi 30 août 2018

Les Enfants du capitaine Grant (1868)

J'ai découvert Jules Verne assez tard, à quasiment trente ans je crois, mais j'apprécie énormément cet écrivain aussi drôle qu'intelligent. Comme je le dis à chaque fois, lire Verne est toujours un plaisir! Je voulais lire Les Enfants du capitaine Grant afin de donner suite à ma dernière lecture en date, L'île mystérieuse. Au moment de rédiger ce billet, je réalise avec horreur que cela fait déjà deux ans que j'ai lu ce roman-là, ma chronique datant d'avril 2016! 😱J'étais persuadée de l'avoir lu en 2017...


L'avantage d'être à la ramasse, c'est que j'avais totalement oublié les évènements des Enfants du capitaine Grant qui sont largement racontés dans L'Île mystérieuse, les deux romans étant liés, et que j'ai donc pu savourer ce roman en toute "ignorance de cause" si je puis dire. ^^

Les Enfants du capitaine Grant, c'est donc l'histoire d'une expédition partie à la recherche du capitaine Grant. Tout commence avec une bouteille à la mer retrouvée par un riche Écossais, Lord Glenervan. Le capitaine Grant a fait naufrage par 37° de latitude. On ignore la longitude, mais qu'importe! Lord Glenervan possède un superbe yacht à vapeur, le Duncan, et fera le tour du monde, s'il le faut, pourvu de retrouver ce vaillant capitaine et de soulager le cœur rongé d'inquiétude de ses deux enfants, Mary et Robert. Avec lui embarquent sa femme Lady Glenarvan, le major McNabbs qui ne prend jamais position en faveur ou contre quoi que ce soit, le capitaine John Mangles et le géographe français Plaganel, un personnage érudit, loufoque, distrait et franchement inénarrable que j'ai adoré. Ils traverseront l'Amérique du Sud, l'Atlantique, l'océan Indien, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Pacifique à la recherche de la moindre trace du naufrage. Un véritable tour du monde (mais en décidément plus de 80 jours ^^) qui regorge d'aventures, d'animaux exotiques, de dangers, de trahisons, de données historiques, géologiques et culturelles, de noblesse, de bons sentiments, d'amitié et d'amour, le tout pour le plus grand plaisir du lecteur.

Franchement, la seule critique réelle qu'on peut faire à ce livre, c'est l'accumulation de difficultés qui sent parfois l'artificiel. Par exemple, j'ai trouvé qu'il n'était pas nécessaire que nos héros soient menacés par un incendie dans la première partie alors qu'ils avaient déjà subi une avalanche et une inondation. 😂

Par ailleurs, il faut dire que le roman est largement daté. La vision des indigènes d'Amérique du Sud, d'Australie et de Nouvelle-Zélande est complètement dépassée puisque Verne les qualifie carrément de sauvages et place les maoris sur un plan à peine supérieur à celui du fauve (avec force considérations sur leur cruauté et leur immense appétit pour la chair humaine). Ça pique les yeux mais c'est l'époque qui veut ça. Quelque part, c'est même intéressant de voir qu'un homme aussi érudit était tellement à côté de la plaque sur le plan anthropologique. La vision de la femme est aussi datée. Mary Grant et Lady Glenervan sont des personnages positifs mais très en retrait (et il faut bien prendre soin d'elles car elles sont plus sensibles et faibles que les hommes, lol).

Mais au-delà de ces deux réserves (la première qui relève plutôt du pinaillage, la deuxième qu'il convient de remettre dans son contexte historique), Les Enfants du capitaine Grant m'a fait passer un excellent moment au retour de vacances. J'avais l'impression d'être encore un peu ailleurs tout en étant chez moi et c'était du bonheur. En outre, j'apprécie énormément la foi de Verne envers le progrès et la raison; c'est une vision un peu naïve peut-être, mais c'est aussi la mienne (et celle de Clarke par exemple). Et j'aime voir ces personnages posés, droits dans leurs bottes, qui savent faire la part des choses sans perdre la tête et se serrent les coudes sans jamais perdre de vue ce qui est Juste et Bien et Honnête. Et puis les illustrations originales de l'édition Hetzel se prêtent merveilleusement bien au voyage, comme d'habitude.

Avec ses 909 pages, ce roman me permet aussi d'ajouter une quatrième participation au challenge du Pavé de l'été de Brize!


Pour info, je recommande de lire les trois livres de Verne liés entre eux dans leur ordre de publication, à savoir Les Enfants du capitaine Grant (sorti en volume en 1868), puis Vingt-mille lieues sous les mers (sorti en volume en 1871) et enfin L'Île mystérieuse (sorti en volume en 1875).

Vous pouvez retrouver toutes mes chroniques de Jules Verne grâce au tag qui lui est dédié.

dimanche 26 août 2018

Le Collier de la reine (1849)

Il y a maintenant trois ans, j’ai visité le château de Breteuil dans les Yvelines, où sont reconstituées plusieurs scènes de l’histoire de France auxquelles ont participé les Breteuil d'autrefois. On y voit notamment l’arrestation du cardinal de Rohan par le duc de Breteuil en 1785, en présence de Louis XVI et Marie-Antoinette, à cause de la célèbre affaire du collier. Dans la foulée, j’ai acheté Marie-Antoinette de Stefan Zweig et ce roman d’Alexandre Dumas, que j’ai enfin sorti de ma pile à lire à l'occasion d'une semaine de vacances.


Comme toujours avec Dumas, ce roman est un plaisir absolu: on est porté de rebondissement en rebondissement par des phrases courtes, des paragraphes courts et des chapitres courts, avec un humour permanent et un sens de l’invraisemblance qui tend au génie. Il y a environ 945 pages à lire (plus une préface et un court dossier dans cette édition Folio) mais ça passe absolument tout seul. Dumas tisse habilement le fil de l’histoire réelle et celui de l’invention pour lier les personnages les uns aux autres. Je n’avais plus l’affaire du collier en tête très précisément et j’ai redécouvert cette histoire avec enthousiasme. C'est un bel exemple de réalité qui dépasse la fiction: si on ne savait pas que la chose a réellement eu lieu, avec ses rencontres nocturnes secrètes et sa comtesse diabolique, on pourrait croire que tout est sorti du cerveau de l’écrivain!

Tout commence en 1784, quand Marie-Antoinette et Andrée de Taverney, sa dame de compagnie, rendent visite à la comtesse de la Motte, obscure descendante d’Henri II, et regagnent Versailles en compagnie d’un jeune inconnu qui les prend sous son aile lorsque leur voiture est prise d’assaut par la foule. Cet inconnu sera au centre de l’intrigue amoureuse du roman. En parallèle, on suit surtout la célèbre affaire du collier: Marie-Antoinette étant dans l’impossibilité de payer ce collier de diamants à un million et demi de livres, elle le renvoie aux joaillers en le confiant à Mme de la Motte… qui ne le rend pas et monte une supercherie financière et amoureuse pour le faire payer au cardinal de Rohan, qui est secrètement amoureux de la reine et qui espère devenir son favori en lui faisant ce superbe présent. La supercherie va vraiment très loin et Jeanne de la Motte joue avec le feu puisqu'elle produit des faux. De là l’idée d’organiser des rencontres nocturnes entre le cardinal et Oliva, une prostituée qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la reine, afin de protéger ses arrières…


Au-delà des caractéristiques habituelles des romans de Dumas, celui-ci m’a beaucoup plu à cause du portrait de Marie-Antoinette et Louis XVI, qui ne sont ni une écervelée ni un idiot. Louis exprime parfois une joie assez enfantine, mais il est avant tout un homme responsable et droit; Marie-Antoinette est généreuse et noble d’esprit; tout deux sont parfaitement conscients que leurs actions ne sont pas anodines à cause de leur statut et qu’ils se doivent à leur couronne. Ce sont globalement des personnages positifs, ce que j’apprécie toujours, et ont un côté plus grand que nature qui est véritablement royal (haha). J’ai aussi beaucoup aimé le comte de Cagliostro, personnage de l’ombre, devin et immortel, qui constitue je crois le premier élément fantastique que je rencontre dans un roman historique de Dumas (il y a du fantastique dans Le Meneur de loups mais ce n’est pas un roman historique). Il trame contre la monarchie et était donc dans le camp ennemi, mais qu’est-ce qu’il est marquant! Il est aussi lucide et prévoyant que Monte-Cristo, avec un côté réellement diabolique à cause de sa longévité surnaturelle.

Le seul petit problème de cette lecture, c’est que Le Collier de la reine fait partie d’un cycle de quatre romans, Les Mémoires d’un médecin. Idéalement, il faudrait donc d’abord lire Joseph Balsamo pour en savoir plus sur Cagliostro et les malheurs d’Andrée de Taverney une dizaine d’années avant les évènements de ce roman. Mais on peut toutefois commencer par ici, d’autant plus que l’édition Folio fournit une courte présentation des principaux personnages en fin d’ouvrage (à lire avec attention, toutefois, pour ne pas connaître la fin du roman à l’avance!).


Avec ses 945 pages, ce roman constitue ma troisième participation au challenge du Pavé de l'été de Brize.

mercredi 22 août 2018

Surfacing (1972)

L'année dernière, j’ai lu The Handmaid’s Tale, un très beau livre, et j’ai voulu continuer avec Margaret Atwood. Mais Surfacing, que j'ai trouvé d'occasion, n'était pas un très bon choix; je doute qu'il s'agisse de son livre le plus abordable. En tout cas, après un début extatique, je me suis progressivement sentie moins impliquée jusqu’à devenir carrément sceptique quant à la fin de l'intrigue.


Ce récit à la première personne est celui d’une jeune femme qui revient au Québec après des années d’absence. Un voisin lui a appris que son père, qui vivait seul sur une île, a disparu. Elle est accompagnée de son petit ami Joe et d’un couple d’amis, Anna et David. En retrouvant les lieux où elle a passé son enfance, cette maison perdue au milieu de la nature, elle replonge dans ses souvenirs et s’interroge fatalement sur sa vie tout entière.

Le style est très particulier, un brin décousu comme les pensées qui se succèdent dans l’esprit de la narratrice, mais aussi très poignant et concret, et non dénué d’une certaine élégance dans sa simplicité. J’ai été très prise par les premières pages et j’ai été émue plus d’une fois. Il y a une certaine lucidité triste sur les relations humaines ici, ainsi qu’une contemplation calme de la nature qui m’a parlé.

Si j’ai progressivement décroché, c’est parce que j’ai commencé à être irritée par les personnages: David, le beauf imbu de lui-même qui ne veut pas vieillir et sait tout mieux que tout le monde, surtout de sa femme; Anna, victime officielle de David, dont on ne comprend pas qu’elle accepte une relation amoureuse si dégradante et catastrophique; Joe, le taciturne qui est misogyne par défaut, c’est-à-dire qui semble prendre pour acquis que l’avis des hommes l’emporte sur celui des femmes; et notre narratrice qui voit tout cela et en souffre mais ne fait rien pour changer la situation.

Par exemple, elle n’intervient pas quand Anna aurait bien besoin d’elle, dans une scène assez dégueulasse. En effet, elle souffre vraiment beaucoup – elle a tellement de souvenirs affreux qui la font souffrir – elle ne ressent pas autant d’amour que les autres et ça la fait souffrir – ses parents lui manquent et elle souffre – vous avez compris. Moi, je ne pense pas que ça justifie de ne rien faire... En outre, pendant les tout derniers chapitres, elle fait un sale coup à Joe et part dans un délire qui m’a laissée perplexe (du genre [divulgâcheur] je vis nue dans la forêt en guettant les esprits de mes parents décédés)...

Le livre ayant été publié en 1972, je me demande si je n’ai pas souffert d’un certain décalage culturel. Margaret Atwood parle-t-elle d’une génération désenchantée que je ne peux pas comprendre, étant née bien plus tard, quand les relations hommes-femmes sont moins mauvaises? Y a-t-il un regret de la perte des rêves de la génération hippie des années soixante? Il faut dire aussi que je suis totalement insensible au thème de la maternité, abordé ici en filigrane. Bref, peut-être ne suis-je pas le public cible... Si vous avez lu et apprécié ce roman, je suis très curieuse de connaître votre avis! 😃