mercredi 27 février 2013

La jeune fille à la perle (2000)

En 1664, à Delft (Pays-Bas), la jeune Griet entre au service des Vermeer. La maîtresse de maison, Catharina, la déteste immédiatement. Le maître de maison, peintre, n'est pas très présent, mais il exerce une fascination puissante sur la jeune servante, qui est également très touchée par ses tableaux. Chargée de faire le ménage en remettant les objets qu'elle déplace exactement au même endroit, Griet est autorisée à entrer dans le studio du peintre...


J'imagine que tout le monde connaît plus ou moins l'histoire de ce livre à cause du film qui en a été tiré et parce que le tableau dont il traite est très connu. Je dois d'ailleurs reconnaître qu'il a vraiment quelque chose de mystérieux et de fascinant (contrairement au reste de l'oeuvre de Vermeer, que, après vérification, je ne trouve pas du tout aussi intéressante) et qu'on ne peut pas s'empêcher de rester un peu subjugué par cette jeune fille! L'idée de Tracy Chevalier consiste à donner une histoire à ce tableau, à expliquer comment Vermeer a eu l'idée de le peindre, à qui il était destiné, et ce qu'en a pensé la jeune fille en question. Et d'où vient cette grosse perle en forme de goutte d'eau.

Dans un premier temps, le style m'a un peu rebutée. Trop de phrases courtes destinées à donner de l'importance à des évènements anodins, trop de longs regards de gens en pâmoison. Mais je me suis habituée et j'ai beaucoup aimé les pages concernant le travail de peinture: la mise en place du modèle, la préparation de la toile puis des couleurs, l'apparition des contours puis des détails. Et j'ai trouvé la fin très triste, même si je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour/fascination vraiment crédible...

En fait, c'est un peu dommage: je pense que ce livre aurait été vraiment super avec plus de travail sur la rédaction. Comme beaucoup de livres de littérature contemporaine, j'ai l'impression qu'il ne se démarque pas, qu'il n'a pas trouvé sa voix et qu'il se limite à une simplicité très passe-partout... Un peu comme s'il ne fallait surtout pas compliquer la vie du lecteur. Dommage, dommage. Cependant, je donnerai sûrement une autre chance à Tracy Chevalier: sa plume s'est peut-être améliorée avec le temps. Il ne s'agit au fond que de son deuxième roman... :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Bouchon

lundi 25 février 2013

Le pacte des vierges (2011)

Le pacte des vierges de Vanessa Schneider m'a été présenté en speed-booking il y a une quinzaine de jours (en même temps que D'autres vies que la mienne, dont je vous ai déjà parlé ici). Je n'ai pas vraiment adoré ce livre --en fait, je crois qu'il est tout simplement trop court pour marquer durablement--, mais il est très intrigant: il s'agit des interviews alternées  de quatre jeunes filles faisant partie d'un groupe de 17 lycéennes enceintes. Voilà. Pas ce que j'aurais pris spontanément en librairie, surtout quand on connaît ma passion pour tout ce qui tourne autour de la maternité... Mais j'ai été suffisamment intriguée pour l'emprunter illico et la lecture s'est révélée intéressante.


L'histoire se met en place progressivement, les quatre filles n'abordant pas les mêmes aspects de leur aventure (ou de leur pacte, si pacte il y a vraiment eu). On découvre leurs passés, leurs familles et leurs aspirations. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'on ne sait pas ce qui est vrai (l'histoire est tirée d'un fait divers réel) et ce qui relève du travail de l'écrivain, et qu'on reste un peu sur sa faim à cause de l'absence de réponses. Je n'ai pas eu l'impression de bien saisir le message ou la motivation de ces ados... (En même temps, l'écrivain n'est pas tenu de donner des réponses toutes faites: il a aussi le droit de poser des questions et de nous laisser réfléchir.)

Je ne le recommande pas avec un enthousiasme débordant: ce n'est pas un chef d’œuvre. Mais il mérité d'être lu, et comme il se lit, en outre, extrêmement vite, au moins on ne perd pas de temps de lecture si on ne l'aime pas. :)

Un film français a également été tiré de ce fait divers: 17 filles. Malgré le peu d'enthousiasme que m'inspirent les gros ventres des actrices dans la bande-annonce, j'ai réservé le DVD à la médiathèque. Je vous tiendrai au courant si je le regarde pour de bon...


Vanessa Schneider, Le pacte des vierges
Éditions Stock, 17€, 192 pages.

mercredi 20 février 2013

Supernatural Horror in Literature

Je connais bien les critiques concernant l’œuvre de Lovecraft, qui concernent généralement ses structures répétitives et ses descriptions axées sur la non-description (ou: le recours à l'adjectif innommable à tout bout de champ). Je dois dire que ces critiques sont fondées et je suis d'avis qu'il ne faut pas lire Lovecraft à grosses doses, l'excès d'HPL risquant de lasser, puis de dégoûter, le lecteur. Il faut garder à l'esprit qu'il publiait dans des magazines et que ses lecteurs n'étaient pas sensés lire plus d'un texte à la fois.

En revanche, HPL continue de bien marcher sur moi, et si j'oublie régulièrement le thème de telle ou telle nouvelle, j'adore certains de ses textes, qui m'ont vraiment marquée. J'ai lu ce recueil-ci --The Haunter of the Dark, aux éditions Wordsworth-- avec d'autant plus de plaisir qu'il contient quelques textes qui ne relèvent pas de la structure habituelle, comme The Unnamable (qui reprend avec humour les critiques que je citais plus haut), Les Chats d'Ulthar ou Fungi from Yoggoth (un texte en vers). J'ai aussi beaucoup aimé les textes liés au rêve: si je me suis ennuyée avec The Dream-Quest of Unknown Kadath, qui est immensément longue par rapport à ce qu'il s'y passe réellement, j'ai adoré Celephaïs. Et j'ai relu avec plaisir Pickman's Model, un texte qui m'avait marquée quand j'avais emprunté un recueil d'HPL à la bibliothèque de Dublin, mais dont j'avais oublié le nom.


En revanche, le texte dont je souhaite vous parler aujourd'hui est le petit essai qui clôt le recueil: Supernatural Horror in Literature (Épouvante et surnaturel en littérature). Il s'agit d'une histoire de la littérature weird au sens large, depuis les mythes des civilisations du Moyen-Orient jusqu'aux auteurs du début du XXe siècle. HPL a dû l'écrire pendant les années vingt ou trente et ne peut donc pas se pencher sur l'explosion qu'a connue le genre après la guerre, avec des auteurs comme Stephen King et Anne Rice qui sont devenus parmi les meilleurs vendeurs du monde entier; mais il résume bien l'évolution du genre pendant le XVIIIe et le XIXe (cette dernière période étant celle que je connais le mieux).

"The oldest and strongest emotion of mankind is fear, and the oldest and strongest kind of fear is fear of the unknown."

Après cet incipit ô combien lucide, l'essai s'articule sur les chapitres suivants:
Introduction
The Dawn of the Horror-Tale
The Early Gothic Novel
The Apex of Gothic Romance
The Aftermath of Gothic Fiction
Spectral Literature on the Continent
Edgar Allan Poe
The Weird Tradition in America
The Weird Tradition in the British Isles
The Modern Masters

Cette dernière partie est un peu lourde, dans la mesure où la plupart des écrivains qu'HPL considère comme des maîtres ne sont pas passés à la postérité (ou, en tout cas, ne sont pas parvenus jusqu'à mes oreilles). Mais le reste est vraiment intéressant. Tous les auteurs dont vous avez déjà entendu parler y passent: Conan Doyle, Maupassant, Balzac, Jane Austen, Ann Radcliffe, Daniel Hawthorne et des dizaines d'autres. J'ai vraiment été ébahie par la richesse de ses références et, une fois de plus, j'ai repris conscience de combien je ne suis pas une lectrice de littératures de l'imaginaire en général, mais bien une lectrice de fantastique en particulier.

Je conclus en vous laissant sur le passage qui m'a fait du bien:

"Of younger Americans, none strikes the note of cosmic terror so well as the California poet, artist, and fictionist Clark Ashton Smith, whose bizarre writings, drawings, paintings, and stories are the delight of a sensitive few."

Allez, je ne fais pas partie des happy few, mais je suis des sensitive few; et en compagnie d'HPL, excusez du peu. :)

lundi 18 février 2013

Challenge La Planète des singes - Le retour !

Vous souvenez-vous de l'excellente idée que j'avais eue en août 2011, après la sortie de La Planète des singes: Les origines au cinéma? J'avais décidé de lire le livre de Pierre Boule et de regarder l'ensemble des sept films qui en ont été tirés. Malheureusement, après des débuts prometteurs, ce programme cinématographique est totalement tombé à l'eau du fait que je ne possédais aucun des DVD et que ma médiathèque ne possédait pas ceux des années soixante et soixante-dix.

Mais... Surprise! Il vient de ressusciter grâce... à la Saint Valentin. Héhé. J'ai en effet reçu ceci en cadeau.


Youpi youpi ya. Dans le détail, cette jolie édition contient les sept DVD dans des boîtiers individuels.


Évidemment, cette intégrale n'est une intégrale que jusqu'à la sortie du prochain film sur le sujet, dans environ un an, mais bon passons. :)

J'envisage d'en regarder un par mois à partir du mois de mars, de manière à finir en fin d'année et à aborder le prochain film au cinéma en mai 2014 avec tous les tenants et les aboutissants de la franchise. Bien entendu, s'il y a des amateurs parmi vous, faites signe! :)


Pour nous rafraîchir la mémoire
Le "lancement" du projet avec la liste des sept films

vendredi 15 février 2013

D'autres vies que la mienne (2009)

Je vous ai déjà parlé d'Emmanuel Carrère avec enthousiasme il y a quelques mois à propos de Limonov, un bouquin qu'on m'avait présenté en speed-booking et qui m'avait donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteur. Coïncidence amusante: on m'a justement présenté un autre livre de lui à la séance de speed-booking de samedi dernier. Je cherchais désespérément un livre en français pour mon planning de lecture et soudain ce D'autres vies que la mienne était là, devant moi, prêt à être emprunté. Youpi!

(C'était avant que la chaîne de télévision du coin ne débarque interviewer la médiathécaire et les participants --c'est-à-dire moi-- et que je ne fasse un arrêt cardiaque. ^^)


L'histoire est amplement résumée sur la page Wikipédia du livre ou dans les différents articles que je mettrai en lien à la fin de ce billet. Je vous dirai donc seulement qu'elle suit les "destins", si je puis dire, de deux familles frappées par le deuil. D'abord à cause de la mort d'une petite fille emportée par le tsunami de 2004 au Sri-Lanka, ensuite à cause de la mort de la belle-soeur de Carrère.

Comme dans Limonov, en fait, Carrère raconte également sa vie à travers celle des autres. Il est bien sûr en retrait et le livre est avant tout constitué des témoignages des personnes qu'il a interviewées, mais il nous livre au passage ses sensations et son ressenti. Et je me sens proche de ce Carrère, aussi prétentieux que cela puisse paraître (je ne pense pas que l'on puisse prétendre connaître quelqu'un simplement parce qu'on a lu ses livres). J'adore son léger cynisme et je me retrouve dans ses blessures et ses peurs et dans une certaine forme d'égoïsme dont il fait parfois preuve. Il est un peu névrosé, ce garçon, en fait, et ses livres doivent lui servir au moins partiellement de thérapie.

Ses personnages me touchent également, car ils souffrent, en fait. C'est vraiment pour cette raison bête --et somme toute très égoïste-- que Limonov et D'autres vies que la mienne m'ont fait autant de bien: on a le droit de souffrir, on a le droit d'être malheureux et imparfait, on a le droit d'avoir le coeur brisé par des petites choses et d'être dévasté par ce qui est vraiment grave. On ne nous demande pas "d'aller de l'avant", on ne nous dit pas que "tout n'est qu'une question de volonté" et qu'"il suffit de vouloir pour pouvoir", le type de remarque qui me donne envie de sauter à la gorge des gens.

Attention, si je dis que ce livre "m'a fait du bien", n'allez pas croire que c'est un livre optimiste ou léger. Au contraire, il est très triste. Au fond, il parle du deuil et de l'acceptation de la mort, des choses difficiles. J'ai senti les larmes monter plusieurs fois et, si je n'ai pas fondu en sanglots dessus, c'est vraiment parce que c'est une bonne période en ce moment et, peut-être, que le temps m'a (enfin?) permis de tolérer certaines choses sans en souffrir de manière incontrôlée.

"C'est la première nuit. La nuit qui suit le jour où leur fille est morte. Ce matin elle était vivante, elle s'est réveillée, elle est venue jouer dans leur lit, elle les appelait papa et maman, elle riait, elle était chaude, elle était ce qui existe de plus beau et de plus chaud et de plus doux sur terre, et maintenant elle est morte. Elle sera toujours morte."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis d'une certaine Miss Bouquinaix, blogueuse et bibliothécaire
L'avis d'une autre blogueuse dont je n'ai pas saisi le nom :(
L'avis de Jules sur le blog Jules se livre

Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
Éditions P.O.L., 19,50€, 310 pages.

mercredi 13 février 2013

L'Univers des dinosaures

Si vous me connaissez un tant soit peu, dans la vraie vie ou via ce blog, je ne vous apprends rien en vous disant que l'obsession des dinosaures qui s'est implantée dans ma tête quand j'avais six ans (à cause des aventures de Petit Pied) et qui a pris des proportions massives quand j'avais huit ans (à cause de Jurassic Park, le film) a allègrement dépassé le stade auquel les enfants abandonnent généralement les reptiles disparus, c'est-à-dire l'adolescence. Ou plutôt, elle a temporairement reculé avant de revenir en force à l'âge adulte, quand j'ai lu Jurassic Park, le livre, pour la deuxième fois, en juillet 2006. Depuis, les dinos sont mes compagnons permanents. J'achète des livres et des jolies figurines, et je vais voir les expos de dinos qui croisent mon chemin.

Alors, évidemment, quand j'ai vu une affiche indiquant la présence de dinosaures dans ma ville, je n'avais pas le choix: je devais y aller. Cette fois-ci, malheureusement, le succès n'était pas au rendez-vous...

Le chapiteau de L'univers des dinosaures est gardé par un sauropode aux proportions improbables. Par ailleurs, notons que le Tyrannosaure du camion est une photographie de la merveilleuse figurine Papo que je possède depuis quelques temps (un jouet tellement bien fait que je l'ai déjà vu en photo sur nombre d'objets, des cahiers et des agendas par exemple).



Mais qu'importe! Les affaires marchent bien en ce moment et je suis particulièrement saine d'esprit, je peux donc prendre le risque de dépenser les huit euros du billet d'entrée pour voir des dinos. Les photos du site Internet, d'ailleurs, m'ont immédiatement indiqué que je ne devais pas m'attendre à rencontrer des merveilles telles que celles que j'ai rencontrées à Paris et à Londres.

Sauf que voilà. Cette fois-ci, on a touché le fond...

Machinchosus, reptile marin dont j'ai oublié le nom,
ou toute la splendeur du papier mâché.

Parasaurolophus tout moche.

Tyrannosaure aux bras improbables.
(Le reste du corps n'était pas mieux.)

Le Vélociraptor avait quelque chose à nous dire.
(Mais quoi??)

Un carnivore dont j'oublie le nom face à un Tricératops,
mon dinosaure préféré quand j'étais gosse.
Tristesse.

Au final, le seul qui ressemblait un peu à quelque chose, c'était l'Allosaure vu sous un certain angle.


Allez, ça ne se devine peut-être pas en lisant ce billet, mais cette visite navrante m'a bien fait rigoler et je ne regrette même pas d'y être allée. :) Et le public cible semblait satisfait, lui. Il faut dire que le public cible a moins de sept ans... ^^

lundi 11 février 2013

Un Train d'or pour la Crimée (1975)

Sans trop de surprises, Michael Crichton a eu une influence déterminante sur ma vie: sans lui, pas de Jurassic Park, pas de film spielbergien homonyme, et donc pas de renforcement et de "permanisation" de la manie des dinosaures dans mon cerveau d'enfant de huit ans.

Mais ma connaissance de l'auteur s'arrête paradoxalement là: je n'ai lu que Jurassic Park, Le Monde perdu et Eaters of the Dead, le film qui a été adapté au cinéma sous le titre Le Treizième guerrier.

The Great Train Robbery, que ma bibliothèque possède en VO et qui n'est pas très long, était donc une bonne occasion de redécouvrir cet auteur alors que je cherchais une lecture relativement rapide en anglais. C'est l'histoire du cambriolage/braquage/vol (après avoir longtemps médité, robbery me semble franchement difficile à traduire!) d'une cargaison d'or réalisé en 1855 à bord du train qui l'emmenait de Londres au bord de mer, où elle devait prendre le paquebot pour rejoindre l'Europe puis la Crimée. D'où le titre français. À l'époque, en plaine ère victorienne, l'affaire avait fait grand bruit car la cargaison d'or était bien protégée et que le plan était vraiment très bien pensé. Le vol n'a été découvert qu'en Europe et, dans un premier temps, il n'a même pas été possible de déterminer s'il avait eu lieu à bord du train ou du bateau.

"C'est mon bouquin. Pas touche."

Crichton suit la préparation minutieuse de ce vol à travers les actions de l'homme qui l'a réalisé, Edward Pierce. Nous savons donc qu'il a accompli son but, mais sans en connaître les modalités et les détails, ce qui crée une certaine attente et tension, et ce avec beaucoup d'humour, car cet Edward est assez haut en couleurs et n'a pas sa langue dans sa poche! Mais ce qui m'a vraiment fascinée, ce sont les considérations générales sur la société victorienne, qui permettent à Crichton d'expliquer pourquoi telle action de Pierce n'a pas du tout attiré l'attention à l'époque, ou pourquoi il est passé par telle ou telle manière détournée d'atteindre son objectif, etc etc. Si les interruptions sont parfois un peu trop nombreuses ou sont introduites maladroitement (un petit reproche que j'ai également fait au Monde perdu la deuxième fois que je l'ai lu – mais pas la troisième fois, va savoir pourquoi), c'est vraiment une époque fascinante et on se régale d'en savoir plus!

mardi 5 février 2013

Top Ten Tuesday (20)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Ça tombe bien, le thème de cette semaine correspond plus ou moins à quelque chose que je souhaite mettre en place sur ce blog depuis des lustres: une comparaison des traductions des titres de livres dans les quatre langues que je comprends. Cela fait également des lustres, malheureusement, que je renvoie ce projet indéfiniment... Espérons que ce TTT m'aidera à me mettre en route.

Le thème de cette semaine:
Les 10 titres VF qui n'ont rien à voir avec leur équivalent VO

1/ Le Lien maléfiquesurprenant titre français de The Witching Hour d'Anne Rice. Un titre d'autant plus déstabilisant que le deuxième tome de la trilogie des sorcières, Lasher, s'appelle en français... L'Heure des sorcières (soit la traduction du titre du premier tome). :|

2/ Harry Potter à l'école des sorciers. Où est partie la pierre philosophale de Harry Potter and the Philosopher's Stone...?

3/ Danse macabre. Titre français du recueil Night Shift de Stephen King. (Du coup, quand King a publié un essai sous le titre original de Danse macabre, en France il a fallu opter pour... Anatomie de l'horreur.)

4/ Lords of the Ringards, titre français de Bored of the Rings. Mais ici il était indispensable de laisser tomber l'anglais pour trouver une parodie compréhensible en français (ou en franglais ^^). Bravo aux traducteurs.

5/ Fondation foudroyée. Un titre éloigné de Foundation's Edge d'Asimov, mais justifié par l'apparition de la notion symbolique de la foudre dans le bouquin.

6/ Les Bûchers de Bocanegra d'Arturo Pérez-Reverte, deuxième tome des aventures du Capitaine Alatriste. Rien à voir avec Limpieza de sangre. Mais cette notion de "pureté du sang", liée à l'antisémitisme profond de l'Espagne des années 1620 --où il fallait prouver que l'on avait le sang propre, c'est-à-dire que l'on avait pas d'ancêtre juif--, ne pouvait pas être conservée telle quelle. Le traducteur a donc décidé de tourner l'attention du lecteur vers les actions de l'Inquisition (envoyer les gens au bûcher) plutôt que vers ses motivations, ce qui est un choix valable.

7/ La série Le Trône de fer de Martin. Techniquement la série s'appelle A Song of Ice and Fire. Dommage. Je trouve que Un Chant de glace et de feu serait très bien passé. (En même temps, quand on voit comment l'éditeur français a découpé les livres, on ne doit plus s'étonner de rien...)

8/ La Colline du dernier adieu. Titre français improbable de The Forest House (ou The Forests of Avalon) de Marion Zimmer Bradley.

9/ Le Royaume de Rothgar de Michael Crichton. Un titre qui ne vous révélera pas grand-chose sur l'intrigue, contrairement au Eaters of the Dead d'origine.

10/ Un train d'or pour la Crimée du même auteur. Ici, point de braquage comme dans The Great Train Robbery.

11/ Meurtres en blouse blanche de P. D. James. Sur mon ancien blog, j'ai longuement expliqué pourquoi ce titre ne vaut absolument pas le titre de départ, Shroud for a Nightingale, qui possède plusieurs "niveaux de sens" et qui est loin d'être aussi vulgaire/simpliste/racoleur... Franchement, mon écrivain fétiche méritait mieux... :(

Et un dernier pour finir en beauté:

12/ Cadix, ou la diagonale du fou d'Arturo Pérez-Reverte. Adaptation improbable de El Asedio, soit... Le siège. LOL.

samedi 2 février 2013

Lord of the Ringards (1969)

Sans surprises, j'ai beaucoup plus profité des aventures de Fripon, un Grossbit de la Constip parti détruire l'Anneau de Salkon, que de celles de son modèle anglophone Fritos. :) On ne vole pas forcément très haut, mais il y a des choses amusantes (par exemple l'armée de légumes qui assiège la forteresse de Saroulmal). Dommage que les meilleures pages soient les premières et que la parodie s'essouffle par la suite.

Les débuts de Ma Main Gauche sur le blog!

Henry N. Beard et Douglas C. Kenney, Lord of the Ringards
Traduit de l'anglais (Bored of the Rings) par Karim Chergui et Alan Névant (qui ont dû bien rigoler ^^)
Éditions Bragelonne, 13€, 193 pages.