vendredi 22 septembre 2017

Le Pont de la rivière Kwaï (1957)

Chronique express!

Il y a quelques années, j'ai lu et beaucoup apprécié La Planète des singes de Pierre Boulle. Quid du Pont de la rivière Kwaï, son deuxième roman le plus célèbre?


C'était vraiment super; c'est un livre d'une fluidité incroyable qui se lit tout seul, avec un très léger humour et des passages techniques pas du tout rébarbatifs (j'ai beaucoup pensé à Jules Verne!). On y suit d'une part le colonel Nicholson, un officier britannique prisonnier des Japonais qui dirige les travaux de ses hommes pour construire, justement, un pont sur la rivière Kwaï et qui met un point d'honneur à montrer à ces sauvages d'Asiatiques que le soldat anglais est plus efficace qu'eux (le livre est truffé de considérations déplaisantes sur les "primitifs" asiatiques, ça pique les yeux), et d'autre part un commando britannique envoyé sur place afin de détruire ledit pont lors du passage de la première locomotive. (Nous sommes en pleine Deuxième Guerre mondiale.) C'était vraiment passionnant et de plus en plus prenant au fur et à mesure que le pont approche de son inauguration... Et puis la fin m'a étonnée et frustrée – je suis sure qu'elle a été changée dans le film, ce n'est pas possible – mais n'a pas pour autant gâché le livre, que je recommande chaudement. Il me resterait justement à voir le film, maintenant...

Le petit truc en plus que vous avez absolument besoin de savoir
En lisant ce livre, je n'ai pas arrêté de penser à l'épisode de Top Gear sur la Birmanie et à l'accent britannique du présentateur qui dit "We're going to build a bridge on the river Kwai". 😆

lundi 18 septembre 2017

700!

Ceci est le sept-centième message de ce blog! Je trouve que c'est un chiffre très respectable pour un petit blog sans prétention particulière – c'est limite si on voit les 1000 billets à l'horizon. On continue notre bonhomme de chemin malgré le manque de temps pour lire et notre très modeste succès (ha, quand je vois les blogueurs qui se plaignent de n'avoir que 200 abonnés ou 3000 vues... LOL!). Comme je le dis chaque année à la date anniversaire, ce blog a fait profondément évoluer ma pratique de la lecture et est devenu un aspect vraiment indispensable de ma vie. Je ne peux tout simplement plus me passer de rédiger mes avis ici. Merci aux copains blogueurs qui font vivre ce blog et aux amis de la vraie vie qui n'oublient pas son existence!



💖

jeudi 14 septembre 2017

La Providence du reclus (2012)

La Providence du reclus est un recueil numérique de nouvelles de Timothey Rey paru chez Actu SF. Je l'ai lu sur mon ordinateur, ce qui n'est pas optimal, mais c'était très sympa!


La Providence du reclus (2009)
Un pastiche de Lovecraft assez brillant. Exception faite du style, qui ne reprend pas les archaïsmes et la déferlante d'adverbes de Lovecraft, ce texte pourrait vraiment être une nouvelle de Lovecraft: récit à la première personne, petite enquête sur une rumeur locale, cris nocturnes et révélation finale... C'est l'histoire d'un homme qui, de nos jours, retrace la visite de Lovecraft en personne à Annecy (oui!) pendant les années trente. Vraiment très savoureux.

Naseaux fumants (2012)
Ce deuxième texte se passe plus haut dans la montagne, dans des chalets éparpillés sous la neige. Un petit garçon qui rentre chez lui avec ses parents à la tombée de la nuit croit distinguer des formes sombres tapies derrière les arbres. Puis il entend gratter au mur pendant son sommeil...

Trente-six, dix-neuf (2012)
Cette nouvelle est nettement plus longue que les autres et a donc plus de temps pour poser son décor: un village dans la montagne, des habitants âgés qui parlent un peu le patois, des légendes un peu inquiétantes et un doctorant qui pose des questions sur ces légendes dans le cadre de sa recherche. Sauf qu'il croit entrevoir des choses bizarres chez une habitante puis dans une grotte et qu'il n'est plus très sûr de sa santé mentale, avant de foncer tout simplement en plein cauchemar (littéralement et métaphoriquement ^^).

Le plaisir de ces textes ne réside pas forcément dans leurs chutes, qu'on devine funestes, mais bien dans le cheminement des personnages confrontés à des choses inquiétantes. Pas assez pour empêcher de dormir, hein, mais bien assez pour ricaner devant son écran en se disant, que NON, jamais on ne serait assez bête pour aller visiter une grotte déserte ou un appartement abandonné, HAHAHA, que va-t-il arriver à ce pauvre narrateur inconscient?
 
Allez donc voir ailleurs si ce reclus y est!
L'avis de Vert

De Timothée Rey, j'ai déjà lu...
Les Souffles ne laissent pas de traces

dimanche 10 septembre 2017

Villette (1853)

Charlotte Brontë est très connue pour Jane Eyre, un roman de 1847 racontant le parcours d'une jeune enseignante cherchant à vivre librement et dignement sa vie de femme seule et pauvre. C'est un livre "discrètement féministe", dans le sens qu'il ne revendique pas, politiquement, de combat pour les droits des femmes, mais pose une héroïne qui ne se pose pas en "satellite" d'un ou plusieurs hommes. J'aime beaucoup Jane Eyre, comme je vous l'ai dit la dernière fois que je l'ai lu, et j'ai donc sauté sur cet exemplaire de seconde main de Villette. Un roman beaucoup moins connu, Jane Eyre éclipsant largement le reste de l’œuvre de son auteure – avant de le croiser, j'aurais été bien incapable de citer un autre de ses livres.


Villette ne m'a pas semblé à la hauteur de son célèbre prédécesseur, principalement parce que je l'ai trouvé un peu indigeste. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand-chose au long de ses 500 pages et qu'il y a beaucoup de considérations philosophiques et religieuses sur les belles notions de la Raison, l'Espoir ou le Sentiment (avec des majuscules) prononcées d'un ton très lyrique qui me tombe quelque peu des mains. L'héroïne, Lucy Snowe, est aussi beaucoup moins attachante que Jane Eyre, qui n'est certes pas une personnalité des plus gaies mais reste très tonique à côté de Lucy.

L'histoire commence en Angleterre, avec Lucy Snowe, une jeune femme frappée par des malheurs imprécisés, qui se voit contrainte de gagner sa vie. Elle assiste d'abord une vieille dame infirme, mais, après le décès de celle-ci, elle se retrouve à nouveau sur le pavé, avec des ressources financières très limitées et aucun proche vers qui se tourner. Elle embarque sur un coup de tête vers le continent et décroche un poste de bonne d'enfants puis d'enseignante d'anglais dans un pensionnat pour filles de Villette, capitale du royaume (fictif) de Labassecour. Elle y rencontrera des personnalités particulières, comme la directrice qui fouille dans ses affaires la nuit ou l'enseignant de littérature au caractère changeant, ainsi que, dans des coïncidences improbables typiques des romans de l'époque, des personnes issues de son passé.

Séparée des autres et de leur amitié par sa condition sociale, qui régit minutieusement la vie et les échanges de tout ce petit monde, mais surtout par sa propre conviction qu'elle vivra toujours seule, Lucy économise pour ouvrir un jour sa propre école et obtenir l'indépendance financière. J'ai bien sûr beaucoup aimé cet aspect-là du roman – à côté des femmes oisives et riches qu'elle fréquente, Lucy est un véritable modèle de volonté et d'acharnement –, mais j'ai vraiment eu du mal à comprendre d'où venait cette conviction intime qu'elle serait toujours seule. Il m'a semblé qu'elle se coupait elle-même les possibilités de tisser des liens en cachant systématiquement ses émotions et en partant du principe que ses amis allaient l'oublier du jour au lendemain. Y-a-t-il eu une déception amoureuse dans son passé? A-t-elle perdu sa famille? Le roman ne le dit pas et il faut faire avec cette personnalité glaciale.

Par ailleurs, le contexte du roman est délicieux; la vie de cette école aux horaires bien réglés, le quotidien des Bretton qui prennent le thé au coin du feu, font incroyablement rêver d'une époque où tout semblait "plus simple" et "mieux réglé" qu'aujourd'hui. J'adore cette ambiance XIXe et ses personnages hautement moraux – ho, il y a des personnages négatifs ici, certes, des jeunes élèves écervelées et frivoles (Ginevra est un petit bijou!) et même des hommes odieux, dans la rue, envers une femme seule, mais d'une manière générale on est bien loin du monde actuel qui me terrifie considérablement (à cause du chômage ou de la montée de l'extrémisme religieux par exemple) et qui me semble élever sur un piédestal le paraître. Chez Charlotte Brontë, on valorise l'intelligence et la bienveillance des gens, pas juste leur tenue...

...Même si, comme je l'ai déjà dit, la classe sociale joue énormément. Il est même très triste de voir Lucy soulagée d'avoir l'opportunité d'expliquer à quelqu'un de noble qu'elle travaille: elle était très gênée que cette personne puisse la croire de la même classe qu'elle et donc la considérer comme son égale – ce qu'elle n'est pas puisqu'elle n'a pas de revenus familiaux et doit gagner son pain. Un silence embarrassé envahit le salon et je crois qu'une jeune femme finit même par lui dire combien elle est désolée pour elle...

Au-delà du personnage principal, une femme seule qui enseigne pour gagner sa vie, les points communs avec Jane Eye m'ont semblé nombreux: la jeune beauté sotte dont j'ai déjà parlé, le personnage masculin au caractère exécrable qui se révèle progressivement plus humain, l'histoire d'amour basée sur le tempérament et l'intellect de l'héroïne... Il y a même une petite fille orpheline de mère et une entrée d'argent inattendue à la fin, c'est dire!

Pour créer le royaume de Labassecour, Charlotte Brontë s'est apparemment inspirée de Bruxelles, où elle a étudié avec sa sœur Emily. Ce royaume fictif est francophone et l'auteure a utilisé plein de noms amusants, comme les villes de Bonne-Maman et Boue-Marine, le prince hériter le duc de Dindonneau, le docteur Pilule. Je ne sais pas si c'était moqueur ou juste comique mais c'est assez amusant et complètement en contraste avec le ton très grave du récit. Par contre, le choc culturel entre Lucy, protestante, et les élèves et le personnel catholiques de son école est violent; lecteurs catholiques, lisez ce livre à vos risques et périls.

La fin m'a considérablement déprimée. C'est un vrai coup dur après un peu de guimauve qui était franchement bien méritée. L'introduction de mon édition indique que Charlotte Brontë s'est racontée dans ce livre et qu'elle souffrait énormément de la solitude après le décès de la moitié (voire des trois quarts) des membres de sa famille et l'échec de son propre projet d'école... Un goût amer pour un femme de lettres brillante à la plume bien aiguisée.

mercredi 6 septembre 2017

L'Aiguille creuse (1909)

Chronique express!


Ayant adoré Arsène Lupin, Gentleman cambrioleur, je n'ai pas hésité à acheter L'Aiguille creuse lorsque j'en ai croisé un exemplaire d'occasion. C'est le plus célèbre roman de Lupin et c'était génial. L'histoire commence par un vol de tableaux puis dévie vers la recherche de l'Aiguille creuse, le mystérieux camp de base du célèbre cambrioleur. Lupin apparaît assez peu (il est la figure de l'ombre dont on ne connaît jamais la prochaine action) et l'histoire est racontée du point de vue d'Isidore Beautrelet, jeune élève de rhétorique qui vient assister à l'enquête du château d'Ambrumésy et la résout en deux temps trois mouvements, s'embarquant ainsi dans une lutte acharnée contre Lupin. Deux énormes cerveaux s'affrontent dans ces aventures enlevées, racontées avec beaucoup d'humour, qui croisent enquête policière et histoire secrète et trouvent leur résolution en Normandie (youpi!). Le ton change radicalement dans les toutes dernières pages, qui relèvent presque du bain de sang, mais c'est vraiment une lecture extrêmement sympathique (quoique le personnage de Lupin, malgré son brillant, est un peu énervant avec son égo démesuré... J'ai préféré Beautrelet!).

"Sans l'Aiguille creuse, Lupin est incompréhensible, c'est un mythe, un personnage de roman, sans rapport avec la réalité. Maître du secret, et de quel secret! c'est un homme comme les autres, tout simplement, mais qui sait manier de façon supérieure l'arme extraordinaire dont le destin l'a doté."

Autres livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog

samedi 2 septembre 2017

La gamelle d'août 2017

Le mois d'août est une pause bienvenue. Ces quelques semaines de calme, sans aucune activité, et même un week-end de quatre jours en tête à tête avec le chat, me font le plus grand bien; c'est un peu comme si j'étais en vacances, même si je travaille! Et j'ai eu un peu de temps pour lire et regarder des films...

Sur petit écran

Legend of the Guardians: The Owls of Ga'Hoole [Le royaume de Ga'Hoole. La Légende des Gardiens] de Zack Snyder (2010)


J'ai revu ce dessin animé que j'adore en vacances avec une amie. Je trouve que c'est une belle histoire de fantasy animalière (les personnages sont des chouettes et des hiboux) et épique. Il faudrait juste que je le voie enfin en VO pour bénéficier des voix de quelques acteurs que j'apprécie...

Miss Pettigrew lives for a day [Miss Pettigrew] de Bharat Nalluri (2008)


Miss Pettigrew est une adorable comédie romantique racontant une journée dans la vie de Miss Pettigrew, une gouvernante maladroite qui se fait renvoyer de tous ses postes et qui cherche désespérément du travail dans le Londres de 1939. Malgré l'opposition de la responsable de l'agence qui l'emploie, elle réussit à se présenter chez Delysia Lafosse, seulement pour y découvrir que celle-ci ne cherchait pas une gouvernante mais une "social secretary"... Sans se rendre compte du quiproquo, cette jeune chanteuse jolie et pimpante qui rêve de devenir une star va l'entraîner dans une journée à nulle autre pareille, peuplée de chiffons et de dilemmes amoureux. Quel homme choisir: celui qui vous maintient, celui qui fera de vous une star ou celui qui vous offre l'amour? Miss Pettigrew l'aide comme elle peut et tente tout au long de la journée de manger un morceau, elle qui en était réduite à la soupe populaire...
Miss Pettigrew est l'une des rares comédies romantiques que j'aime d'amour. C'est une parenthèse de fraîcheur et d'authenticité qui me tire toujours quelques larmes. Je trouve les acteurs très justes (Frances McDormand en fille de pasteur pudique et "vieux jeu", adorable et drôle; Amy Adams en starlette lumineuse et fofolle; Mark Strong en patron de bar sûr de lui; et surtout, surtout l'exceptionnel Ciaràn Hinds, une figure d'élégance et de justesse, posé et authentique), la musique géniale (pour une fois que j'apprécie quelque chose de "jazzy") et le propos touchant. Et puis l'héroïne a une cinquantaine d'années (un âge qui me semble absent des films du genre) et n'est pas présentée comme une vieille fille ratée, mais comme une femme seule qui n'est pas heureuse de cela mais n'est pas à prendre en pitié pour autant et qui se consacre surtout à trouver un moyen digne de gagner sa vie, sa situation professionnelle étant plus que précaire.
Le film ne dure que 1h30 et aurait mérité 15 minutes de plus pour développer un peu certaines relations ou prolonger des échanges qui sont un chouïa forcés, mais c'est bien son seul défaut.

Breakfast at Tiffany's [Diamants sur canapé] de Blake Edwards (1961)


Forcément, après Miss Pettigrew j'ai regardé Diamants sur canapé, mon autre comédie romantique adorée (après, il ne manque que Love Actually, revu l'année dernière). Je trouve ce film génial avec son mélange unique d'histoire d'amour, de personnages plus ou moins cassés, de situations fofolles (la soirée chez Holly! 😃) et de glamour inégalable, et bien sûr Audrey Hepburn est absolument irrésistible. J'ai à peine pleuré à la fin alors que je ne l'avais pas revu depuis la mort de mon chat, je ne sais pas si c'est bon signe...

Sur grand écran

Dunkirk [Dunkerque] de Christopher Nolan (2017)
Très bon film de guerre assez particulier, avec fort peu de dialogues et un ton très stressant. La tension monte tout du long et les moments de répit sont bien rares! J'ai beaucoup aimé et c'est un excellent film, malgré quelques réserves minimes qui ne ternissent pas l'ensemble (par exemple, je n'ai pas du tout perçu la présence de 300 ou 400 000 hommes sur la plage).

The Dark Tower [La Tour sombre] de Nikolaj Arcel (2017)
 

Après avoir passé sept mois et demi à l'ombre de la Tour sombre, est enfin arrivé le moment de voir l'adaptation cinématographique avec Idris Elba et Matthew McConaughey. L'histoire n'est pas du tout la même que dans les livres mais est tout à fait cohérente et possible; j'ai été vraiment étonnée par cette alliance d'infidélité et fidélité! Globalement, j'ai beaucoup aimé, malgré une fin très légère qui relève trop du happy end (mais qui met du baume au cœur quand on a souffert avec Roland pendant 5000 pages). Les fans relèveront de nombreux clins d’œil et s'expliqueront beaucoup de choses s'ils prêtent attention à un discret objet noir qui dépasse légèrement du sac de Roland. Du baume au cœur, je vous dis. 💖 Un jour, je lui consacrerai peut-être un billet dédié... En attendant, vous pouvez lire l'avis de Vert.

War for the Planet of the Apes [La Planète des singes: Suprématie] de Matt Reeves (2017)


La grande saga des singes au cinéma continue avec un opus au ton assez désespéré et "hanté", plutôt lent pour un film du genre. Les trois quarts du film mettent vraiment l'accent sur les quatre singes en mode "expédition punitive", César voulant se venger de l'homme qui a tué sa femme et son fils. Les effets spéciaux sont époustouflants et j'ai vraiment aimé. Cependant, tout fout le camp à la fin, avec des invraisemblances de plus en plus énormes et puis plein d'explosions, hein, parce que sans explosions le public s’ennuierait.... Notons aussi que la femme (ou la guenon!) est une espèce rarissime dans cet univers.
Un jour, je consacrerai peut-être un billet dédié à ce film et au précédent car ça m'attriste beaucoup de m'être interrompue après en avoir chroniqués sept.

Valérian et la cité des mille planètes de Luc Besson (2017)


Un film très sympathique et haut en couleurs, avec plein d'action et d'humour, dans un univers très riche qui n'est pas tellement "expliqué" mais qu'on accepte d'emblée (et qui m'a rappelé La Guerre des étoiles avec ses villes peuplées de milliers d'espèces différentes). Le seul vrai problème, mais gravissime: la relation entre Laureline et Valérian est un tel cliché sur pattes qu'elle en est insupportable (Valérian a "peur de s'engager" et fait des blagues sur la conduite de Laureline – je vous jure – ils ont osé!). Du coup j'ai eu l'impression de voir un film pour enfants ou ados. XD
Les avis de Lhisbei et de Vert.

Atomic Blonde de David Leitch (2017)


Un film d'action efficace. Charlize Theron se bastonne à tout va dans des combats qui m'ont semblé très réalistes: comme dans Jack Reacher, ici chaque coup porte et fait mal, les combattants sont épuisés et ont besoin de reprendre leur souffle, ils saignent et on a mal pour eux quand ils se prennent des bouteilles ou des plaques de cuisson sur la tête. Il y aussi une intrigue d'espionnage dans le Berlin des derniers jours du Mur, avec twist final bien sûr, et beaucoup de chansons de l'époque (que je ne supporte qu'à petites doses). Pas mémorable, mais il fait son boulot.

What Happened to Monday? [Seven Sisters] deTommy Wirkola (2017)


Un film d'action/thriller efficace dans un décor science-fictif bien posé: la surpopulation humaine est telle que chaque famille n'a droit qu'à un seul enfant, les autres étant cryogénisés en vue de les réveiller quand il y aura assez à manger pour tout le monde. Un homme a réussi à cacher pendant trente ans ses sept filles jumelles, qui ne sortent qu'un jour par semaine chacune et se font passer pour une seule et même personne. Et puis Lundi disparaît. Mardi part au travail le lendemain comme si de rien n'était pour enquêter et disparaît à son tour. Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi et Dimanche vont devoir découvrir la vérité tout en échappant à un commando qui chercher à les éliminer...
Le film était un peu trop "transparent" et présentait quelques énormités qui l'empêchent se d'élever au-dessus de la masse de films du genre (le coup du doigt dans la salle de bain, LOL!), mais c'était bien fichu et Noomi Rapace jouait plutôt bien ces sept femmes très différentes (et toutes débrouillardes et déterminées, c'est formidable).

Du côté des séries

Quelques épisodes de la saison 6 d'Arabesque, ma série doudou que je n'ai malheureusement pas du tout le temps de regarder en temps normal.

Du côté de Scrubs, mon homme et moi avons fini la saison 8 et avons entamé la 9. Un tout petit peu déçue par le final de cette saison 8, la dernière "vraie" saison de Scrubs (la neuvième suivant les aventures d'un nouveau groupe d'internes): jusqu'au bout, l'amitié et les relations humaines en général étaient au premier plan, et il a fallu qu'ils concluent sur une note "mariage et parentalité" complètement culcul (même si bien sûr les persos méritent leur bonheur)...

Et le reste

J'ai lu les Cheval Mag d'août et de septembre. 💖


Des bécots!

mardi 29 août 2017

La Curée (1871)

Après La Fortune des Rougon cet hiver, place en juin et en juillet au deuxième tome des Rougon-Macquart, La Curée. Par manque de temps, Ksidraconis et Eless n'ont pas pu reprendre la lecture commune et Tigger Lilly et moi avons donc continué notre chemin à deux. Moins d'échanges, donc, mais une lecture néanmoins passionnante portée par la superbe plume d'Émile Zola! 💖💖 


La Curée se déroule plusieurs années après La Fortune des Rougon. Aristide Rougon porte désormais le nom de Saccard et a réussi à faire fortune à Paris en spéculant sur les terrains rachetés par la ville pour faire place aux grands travaux de Haussmann. L'opposition ayant été balayée, le Second Empire est bien implanté et la course à l'argent a commencé. Les fortunes se bâtissent en bourse et l'or coule à flots. Après le décès de sa femme Angèle, Saccard a épousé une jeune et riche héritière qui avait besoin de se placer rapidement en raison d'une grossesse. C'est la belle et naïve Renée, personnage central de ce livre.

Renée, la jolie cervelle vide qui s'ennuie
On ne peut pas dire que Renée soit vraiment stupide, mais il est certain qu'elle n'a aucune envie de réfléchir; le moindre propos économique est un tracas qui lui casse la tête et elle préfère largement laisser ces considérations à son époux pour se concentrer sur ses robes et ses sorties. Mais l'ennui se glisse dans sa vie de riche oisive et elle finit par poser les yeux sur Maxime, le fils du premier mariage de Saccard, plus jeune d'elle de plusieurs années. Elle tombera dans l'inceste, seule perversité à même de la faire "vivre".

Maxime, le truc mou
J'ai tout particulièrement détesté Maxime. La plupart des personnages de Zola ont quelque chose de détestable, mais lui n'a vraiment rien pour se rattraper. C'est un gosse de riche mou et vain qui ne pense qu'à lui et n'a jamais levé le petit doigt puisque papa a toujours tout payé. C'est Renée qui conçoit, cherche et provoque leur relation, même si c'est lui qui déclenche leur première coucherie; il participe passivement à leurs ébats, ne prend aucune initiative, subit la relation quand elle ne lui convient pas et serait même prêt à se faire enlever si Renée pouvait allait jusque-là. Après avoir été maintenu par son père, il se fait entretenir par sa maîtresse puis mange tranquillement la dot de sa femme.

Saccard, le spéculateur
Saccard n'a qu'une obsession: brasser des millions en prenant toujours plus de risques, en trouvant des combines de plus en plus tordues, où lui-même pourrait parfois s'emmêler. La ville de Paris est sa principale victime, mais il dépouille aussi sa femme, un élément récurrent dans le livre qui marque le rythme de la chute de Renée. Je n'ai pas tout compris à ses magouilles mais on saisit l'essentiel: il vole et trompe son monde.

Sidonie, la figure de l'ombre
Saccard n'est pas le seul Rougon à Paris: son frère Eugène, qui lui permet de décrocher son premier poste, est ministre et sa sœur Sidonie est... Et bien disons que sa profession est indéfinissable: elle vend des pianos, organise des rencontres entre amants, prête de l'argent, arrange des mariages et réaliserait même des courses secrètes pour son frère le ministre. Sidonie est sournoise et tarée comme tous les membres de sa famille, mais elle est intelligente et sagace et est la digne héritière de sa mère Félicité, qui avait œuvré dans l'ombre dans La Fortune des Rougon.

Les riches jamais assez riches
L'or coule vraiment à flots dans ce roman (dans l'avant-dernière partie, il y a même un parterre de pièces d'or dans une pièce de théâtre). Mais il n'y en a jamais assez et tout le monde en cherche plus. Tigger Lilly faisait très justement remarquer que la vie de ces gens consiste à vivre au-dessus de leurs moyens, pourtant colossaux, et à chercher toujours plus d'argent pour continuer à vivre au-dessus de leurs moyens.

L'hypocrisie, le vice, la victoire des sans scrupules et la destruction des faibles
La Curée est typiquement le roman zolien qui vous enlève toute foi en l'humanité et qui doit faire dire à tant de lecteurs "c'est trop pessimiste Zola, ça se termine toujours mal". Nos arrivistes sans scrupules barbotent dans l'or sans être le moins du monde inquiétés pour leurs magouilles; Maxime et Aristide sortent de l'affaire de l'inceste le sourire aux lèvres; la bonne société continue ses soirées et ses sorties au Bois; et seule Renée, écrasée par l'énormité de son acte et l'abandon de Maxime, se pose quelques questions et reste abandonnée sur le bas-côté, dans une spirale de plus en plus désespérée.

La plume de Zola, ce style inimitable à l'ironie mordante
Zola emploie un style bien particulier, extrêmement riche et parfois lyrique, que tout le monde n'appréciera pas. Perso je trouve que c'est le meilleur écrivain de langue française. Il y a aussi pas mal d'ironie, on sent qu'il n'a pas très haute estime de ses personnages... Je n'ai malheureusement noté aucun exemple mais c'est assez croustillant.

Prochaine étape de notre exploration des Rougon-Macquart: Le Ventre de Paris!

Allez donc voir ailleurs si cette curée y est!
L'avis de Tigger Lilly (à venir!)

vendredi 25 août 2017

The Paper Menagerie and Other Stories (2016)

Ces deux dernières années, les livres de Ken Liu ont fait l'unanimité sur la blogosphère: c'était louange sur louange. J'ai donc acheté cette Ménagerie de papier lors d'un passage en librairie à Dublin.

Deux tigres minuscules sont réunis sur cette photo.

Étant donné que je ne connais pas toutes les traductions françaises des titres des nouvelles de ce recueil (et que j'ai la fleimme de chercher), je ne peux pas juger dans quelle mesure j'ai lu le même recueil que celui édité en France par Le Bélial. Il est toutefois certain que l'éditeur français a changé l'ordre de certains textes et en a extrait d'autres pour les publiér séparément. Vous pouvez comparer le recueil anglais et le recueil français sur les sites de l'auteur et du Bélial'. (Mise à jour: J'ai écrit ce billet longtemps à l'avance en entre-temps Vert a vérifié, la folle! Vous pouvez voir ce qu'elle en dit dans les commentaires de son billet sur Le Regard.)

D'une manière générale, j'ai beaucoup apprécié ce recueil, qui est effectivement de grande qualité. Certains textes m'ont moins convaincue, mais cela reste assez normal dans un recueil de nouvelles: difficile pour un auteur d'être toujours au sommet! J'en retiendrai une très grande humanité et quelques questions morales, ainsi qu'une belle ouverture vers la Chine.

The Bookmaking Habits of Select Species (2012)
Un texte très sympathique sur différentes techniques de création des livres aux quatre coins de la galaxie (voire de l'univers, je ne sais plus). J'ai beaucoup aimé. C'est de la SF qui met des étoiles plein les yeux. 🌟

State Change (2004)
J'ai moins aimé cette nouvelle, qui était certes efficace mais m'a semblé un peu plus froide. Ca parle d'une fille qui est née avec son âme dans un cube de glace.

The Perfect Match (2012)
Un texte visionnaire avec une intelligence artificielle, mélange de Facebook, Cortana et Google, extrêmement prévenante qui ne veut que le bien de ses utilisateurs. (J'ai créé un compte Twitter quelques jours après l'avoir lue et Twitter m'a fait un sale coup de "récupération forcée des données", j'ai étouffé de rage et balisé un peu en pensant à ce texte.)

Good Hunting (2012)
Joli texte situé en Chine relevant peut-être plutôt du fantastique. J'ai beaucoup aimé. Ça parle de la disparition du  monde d'autrefois dans le monde d'aujourd'hui.

The Literomancer (2010)
Texte plus percutant et humain avec un passage vraiment terrible. Une petite fille américaine vivant en Chine pendant la Guerre froide se lit d'amitié avec un vieux monsieur chinois et son petit-fils. C'est la première apparition de trois éléments récurrents de ces textes: le récit d'un enfant, la gastronomie chinoise et des faits historiques sordides méconnus liés à la Chine.

Simulacrum (2011)
Un texte qui m'a touchée et qui parle 1. de la manière dont la photographie (et toutes ses évolutions) ne permet pas seulement de figer le souvenir mais d'améliorer sa vie et 2. d'une relation père-fille brisée et de la manière dont le père ne vit pas ça très bien. Je me suis même demandée si mon propre père ne mérite pas un peu de pitié, ce qui est absolument exceptionnel.

The Regular (2014)
Une enquête policière très intéressante sur le meurtre d'une prostituée, avec une enquêtrice complètement accro à un système lui permettant de réguler ses émotions. La nouvelle aborde le rôle des émotions chez la police et leur pouvoir destructeur dans notre vie à tous et pousse inévitablement à se demander "qu'est-ce que je ferais, moi, si j'avais accès à un tel système?".

The Paper Menagerie (2011)
La nouvelle qui donne son titre au recueil est un véritable petit bijou d'émotion qui parle de la magie de l'enfance, de la relation parents-enfants et de l'héritage compliqué des étrangers et met en scène de fantastiques animaux en origami. Je l'ai lue alors que j'étais déjà bouleversée par le dernier tome de La Tour sombre et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

An Advanced Reader’s Picture Book of Comparative Cognition
(2016)
Un joli texte raconté par un père à sa fille afin de lui expliquer l'absence de sa mère, partie dans les étoiles (littéralement, pas au sens figuré). J'ai aimé sur le coup, mais j'ai dû le feuilleter pour me souvenir de quoi il s'agissait et rédiger cette chronique; pas un souvenir impérissable, donc.

The Waves (2012)
Un autre texte sur l'exploration spatiale qui met des étoiles plein les yeux. Il soulève aussi des questions assez intéressantes sur l'évolution de l'espèce et sur notre héritage collectif et individuel. J'ai beaucoup aimé.

Mono No Aware (2012)
Encore un texte sur l'espace qui met des étoiles plein les yeux. J'ai adoré le fait que le vaisseau de cette nouvelle navigue grâce à une voile solaire. Mais la nouvelle parle surtout de la survie de l'espèce et, encore une fois, de notre héritage personnel et collectif. Elle va vraiment de pair avec la précédente.

All the Flavors (2012)
Un texte plus "anecdotique" sur l'immigration chinoise aux États-Unis à la fin du XIXe. Basé sur l'amitié entre une petite fille américaine et un Chinois, il raconte aussi les aventures mythiques d'une figure historique chinoise et ce sont ces passages qui m'ont moins intéressée. Je mets anecdotique entre guillemets parce que le texte reste intéressant, mais en-deça des autres pour moi.

A Brief History of the Trans-Pacific Tunnel (2013)
Une nouvelle efficace qui se déroule entièrement dans le tunnel transpacifique. C'est un excellent exemple de "world building" crédible à petite échelle: le décor du tunnel est posé, on nous fournit des informations sur son histoire et on y croit totalement, c'est parfaitement naturel. Mais ce qui compte vraiment, c'est un autre thème récurrent du recueil dont je ne vous ai pas encore parlé: les personnages hantés par leur passé, notamment par des atrocités qu'ils ont commises ou subies.

The Litigation Master and the Monkey King (2013)
J'ai eu vraiment du mal avec cette histoire de singe, je me suis demandée tout du long s'il s'agissait d'une métaphore ou d'un élément fantastique. Le texte raconte toutefois une histoire que j'adore lire et relire, l'acceptation de son devoir et le courage d'affronter les obstacles et les dangers. Il déterre aussi une sombre histoire de massacre bien cachée dans les annales chinoises.

The Man Who Ended History: A Documentary (2014)
Le recueil se conclut sur le texte qui a le plus enthousiasmé les copains blogueurs. Il est vrai que cette nouvelle est brillante et soulève de nombreuses questions philosophiques et politiques, tout en faisant découvrir des faits méconnus liés à l'occupation japonaise de la Chine: la triste historie de l'unité 731. Mais elle parle aussi de relations entre les peuples et (encore une fois!) d'héritage. Pour le coup, je trouve que la décision du Bélial' de la publier en solo est pertinente!

Et voilà. Une belle lecture donc, même si, avec des vacances bien remplies, j'ai traîné ce recueil avec moi pendant plus d'un mois. Ken Liu a une belle plume simple et soignée, des idées plein la tête et un cœur grand comme ça. Si c'est l'émotion de La Ménagerie de papier qui m'a le plus marquée et qui restera avec moi pour longtemps, tout le recueil est clairement intéressant et de qualité. Je conclurai en soulignant que l'auteur semble estimer que les femmes sont des hommes comme les autres, même quand elles sont mères, et rien que pour ça je le tiens en grande estime!

Allez donc voir ailleurs si cette ménagerie y est!
Androïde Rêveur nous parle de L'Homme qui mit fin à l'histoire.
Tigger Lilly nous parle de Faits pour être ensemble et de La Ménagerie de papier.

lundi 21 août 2017

The Wind through the Keyhole (2012)

Huit ans après avoir conclu la saga de la Tour sombre, Stephen King a retrouvé Roland de Gilead dans un nouveau roman qui s'insère entre les tomes 4 et 5 et peut se lire indépendamment de ses prédécesseurs: The Wind Through the Keyhole, ou La Clé des Vents en français. Un bonheur sans nom et une lecture très sympa pour les raisons que je vais vous expliquer. C'était aussi ma dernière lecture de la saga en binôme avec Vert.

Attention: il est fort probable que ce billet contienne des divulgâcheurs sur les tomes précédents.


L'histoire
Alors que Roland et son ka-tet voyagent le long du sentier du rayon, ils sont obligés de se mettre à l'abri d'une tempête colossale. Le vent souffle et ravage la ville autour d'eux et les pistoleros, serrés autour du feu, demandent à Roland de leur raconter une histoire. Ce sera une aventure de son enfance, lorsque son père l'avait envoyé enquêter sur des massacres apparemment commis par un garou. Dans cette histoire s'en niche une autre, que le jeune Roland avait racontée à un petit garçon tout comme sa mère la lui racontait quand il était petit: l'histoire du jeune Tim, confronté à un beau-père violent, à un homme terrifiant et à des aventures périlleuses après le deuxième mariage de sa mère.

Le bonheur sans nom
Bein retrouver nos héros, tout simplement! Même si Eddie, Susannah, Jake et Oy (Ote en français, d'après ce que me dit Vert) n'apparaissent que quelques dizaines de pages dans ce roman, j'ai adoré les retrouver bien en vie et "heureux" ou "en forme" dans leur quête de la Tour sombre, bien avant le début de leurs pires ennuis (même si Susannah rêve déjà de repas douteux, un élément très significatif pour qui connaît la suite). Et Roland bien sûr: le pistolero taciturne que l'on connaît bien, mais aussi l'adolescent encore peu expérimenté envoyé en mission dans une contrée suffisamment éloignée de Gilead pour qu'on y perçoive quelques rumeurs dissidentes.

Une lecture très sympa avec une pointe d'émotion
The Wind Through the Keyhole exploite l'encastrement d'histoires les unes dans les autres et se construit sur la structure suivante: Le ka-tet - Roland jeune - Le conte - Roland jeune - Le ka-tet. L'ouverture de chaque parenthèse est charmante, le seul problème étant qu'il faut ensuite la refermer pour passer à autre chose... Mais bien sûr, dans cet univers, aucun évènement n'est jamais totalement indépendant des autres et pas mal d'éléments se recoupent.
J'ai beaucoup aimé l'enquête du jeune Roland et le conte de Tim, surtout en ce qui concerne l'apparition de l'homme en noir (plus longue que d'habitude et absolument géniale) et la rencontre (enfin!) avec Maerlyn, une figure mythique déjà citée dans les tomes précédents (même si je me demande, du coup, ce que foutait ce magicien quand on avait besoin de lui des siècles plus tard? Vous ne me direz quand même pas qu'il était mort?).
J'ai aussi adoré l'ambiance Pacte des loups de l'enquête de Roland; de l'arrivée de deux enquêteurs de la grande ville dans une zone reculée au traumatisme des survivants, je me suis vraiment crue dans le film de Christophe Gans!
La fin du livre revient sur un des grands malheurs de Roland, la mort de sa mère de sa propre main (je ne divulgâche rien, on sait dès le premier tome que notre héros est un matricide), avec quelques informations extrêmement émouvantes qui m'ont fait verser quelques larmes.

En bref: une gourmandise savoureuse qui ne révolutionne pas non plus la saga ou le genre
Au final, ce tome n'apporte pas de révélations majeures sur les précédents et est beaucoup moins riche en rebondissements et en recoupements. Il est beaucoup plus léger en quelque sorte (même si "léger" est un bien grand mot au vu des massacres du garou et des malheurs de Tim, hein, ça reste du Stephen King). Après la conclusion du conte raconté par le jeune Roland, l'enquête sur le garou se résout assez rapidement et l'on ne passe plus que quelques pages à peine avec le ka-tet. Je n'irai donc pas crier qu'il est absolument indispensable ou aussi renversant que la série principale. Mais c'est un excellent moment chargé d'émotions pour ceux qui ont vécu la quête de la Tour sombre corps et âme comme je l'ai fait, un petit soupir de soulagement après la fin amère du tome 7... 💓

Allez donc voir ailleurs si ce vent y est!
L'avis de Vert

mercredi 16 août 2017

La mythologie viking (2017)

J'ai toujours eu du mal avec Neil Gaiman: je n'ai pas pu finir Smoke and Mirrors et je n'ai pas tellement aimé Anansi Boys, American Gods et The Ocean at the End of the Lane. Je me suis obstinée parce que c'est l'un des écrivains préférés de mon Homme. Cette fois-ci, j'étais aussi intéressée par le sujet, puisque Gaiman nous propose de découvrir les mythes nordiques, ceux d'une civilisation qui fait rêver mais que l'on connaît mal.


Je suis ravie de vous annoncer que cette Mythologie est le premier livre de l'auteur que j'apprécie vraiment. 😁😁 C'était passionnant et d'une telle facilité de lecture que je l'ai lu sur cinq jours en lui consacrant un temps très limité. Dans chaque chapitre, Gaiman reprend un mythe, depuis "Avant le commencement, et après" jusqu'à "Ragnarok: le destin final des dieux" et retrace ainsi l'histoire des dieux d'Asgard. Leurs aventures m'ont semblé assez éloignées de celles des dieux grecs, moins divines et plus fofolles en quelque sorte; c'est vraiment sympa à lire (mais peut-être est-ce juste lié au ton de Gaiman, je n'y connais rien; en tout cas, deux boucs appelés Dents-qui-grincent et Dents-qui-luisent, je trouve ça vraiment rigolo par exemple). Tout ceci est aussi beaucoup plus terre à terre puisque nos dieux adorent festoyer et boire quand ils en ont l'occasion.

Loki et Thor sont les personnages les plus présents, avec aussi Odin et Freya, que quelqu'un veut régulièrement épouser bien malgré elle à cause de son immense beauté. J'ai beaucoup apprécié le glossaire en fin de volume, très utile pour vérifier qui est qui quand on a une mémoire des prénoms limitée (d'autant plus que les noms du Nord ne sont pas les plus simples à retenir). Notons aussi la présence et le rôle primordial de nombreux objets magiques, du célèbre marteau de Thor à la parure de plumes de faucon de Freya en passant par une épée et un chaudron dont j'ai oublié les noms.

La fin est nettement moins drôle, avec l'emprisonnement de Loki que j'ai trouvé macabre et révoltant (bien que mérité) et Ragnarok, la destruction ultime et épique de cet univers (ce serait génial de voir ça au cinéma d'ailleurs, si c'est bien fait).

Forcément, j'ai collé les visages de Tom Hiddleston, Chris Hemsworth et Anthony Hopkins sur les visages de Loki, Thor et Odin – ce n'est pas bien mais rien n'y faisait – alors j'étais très partiale envers Loki qui est mon Méchant préféré des années 2010 au cinéma. 😛 

En bref, un bel ouvrage de vulgarisation extrêmement plaisant à lire. À mettre entre toutes les mains.

Ha et pour une fois j'ai lu un livre traduit. C'est Patrick Marcel le traducteur et ça passe très bien.

Allez donc voir ailleurs si cette mythologie y est!

dimanche 13 août 2017

Trio de Faeries

Début juillet, je découvrais la librairie Scylla à Paris, une boutique microscopique entièrement consacrée aux littératures de l'imaginaire, et repartais avec trois numéros de Faeries, une ancienne revue consacrée à la fantasy.

D'une manière générale, je trouve cette revue très agréable. Les rédacteurs ne se prennent pas excessivement au sérieux, les dossiers sont intéressants et complets, les chroniqueurs savent valoriser les livres, CD et BD qu'ils ont aimés et critiquer ceux qu'ils n'ont pas aimés sans pour autant les enfoncer, et il y a même une certaine parité puisque beaucoup d'articles sont signés par des femmes (je n'ai pas compté précisément, mais ça m'a vraiment sauté aux yeux par rapport à Bifrost où la femme est une créature aussi rare que la licorne). En plus, la fantasy déchaîne l'imagination, c'est extrêmement agréable! Dommage que la revue n'existe plus... 😕

En ce qui concerne les faiblesses, je soulignerai les nombreuses fautes d'orthographe qui parsèment les articles, quelques erreurs de traduction qui se glissent dans les nouvelles traduites de l'anglais et – hélas! – la qualité globalement limitée des nouvelles publiées, qui ne sont guère marquantes.

Enfin, une dernière précision purement émotionnelle: j'adore lire ces vieux numéros qui ont au moins dix ans et voir quelles étaient les sorties de l'époque! 💖💖


Faeries n°5 spécial Robert E. Howard (automne 2001)
Un numéro sur Howard, forcément, je ne pouvais pas passer à côté. C'était très intéressant et ça m'a donné envie de relire du Howard (mais quaaaand? j'ai pas le teeeeeemps!!), tout comme l'avait déjà fait le Bifrost qui lui était consacré il y a quelques mois (voir ici).
J'ai plutôt apprécié les six nouvelles proposées, même si leur souvenir n'est pas impérissable (j'ai dû feuilleter plusieurs pages de certaines pour me souvenir de quoi elles parlaient). J'en retiens surtout La grande faucheuse débarque de Ken Rand, une histoire du Lucky Nickel, un saloon où traînent de drôles de personnages, qui m'a fait rire comme une autre histoire du même auteur déjà lue dans un autre numéro de Faeries, et Les magiciens de la finance de Laura Resnick qui mélange, comme son nom l'indique, magie et finance (voire crash boursier ^^).
Côté chroniques, sachez que Pygmalion sortait La citadelle des ombres de Robin Hobb et qu'André-François Ruaud publiait Cartographie du merveilleux. 😃

Faeries n°11 spécial David Gemmell (été 2003)
Un numéro sur Gemmell, forcément, je ne pouvais pas passer à côté! Le dossier était très intéressant et proposait un éclairage assez complet sur la vie et l’œuvre de Gemmell, sans se limiter au côté "brut de décoffrage" de ses récits. La trilogie de Troie, pas encore publiée à l'époque, n'était bien sûr pas présente.
Aucune nouvelle ne m'a réellement plu même si les trois premières avaient des éléments intéressants.
Côté chroniques, on causait entre autres du Prophète blanc de Robin Hobb et de Coraline de Neil Gaiman.

Faeries n°20 spécial légende arthurienne (hiver 2006)
Un dossier un peu moins convaincant cette fois: j'ai trouvé certains paragraphes un peu confus. C'était toutefois super intéressant et bien sûr j'ai été prise d'une furieuse envie de liiiiiiiiire vu le nombre d’œuvres qui reprennent de près ou de loin les figures d'Arthur et compagnie.
Aucune nouvelle ne m'a réellement plu, sauf peut-être Le Scorpion qui rêve de Gaël-Pierre Covell qui mettait en scène des dieux intéressants. Je me note toutefois que l'une d'entre elles, L'Oiseau écarlate de Douglas Smith, a été traduite par Olivier Gay.
Côté chroniques, on revenait notamment sur la parution du Que sais-je? consacré à  la fantasy, des Ancêtres d'Avalon de Diana L. Paxson (qui a repris les notes de Marion Zimmer Bradley après sa mort), du deuxième tome d'Artemis Fowl et de Harry Potter and The Half-Blood Prince. 😃

jeudi 10 août 2017

The Dark Tower (2004)

Et voilà, après sept mois de lecture compulsive, d'émotion, de questionnements intenses et d'émerveillement perpétuel, le chemin vers la Tour sombre est fini et j'ai atteint mon but avec ce septième roman, le très sobrement nommé The Dark Tower!

Encore une fois, j'ai continué ma route en bonne compagnie avec Vert, une camarade de lecture précieuse puisqu'elle éclaire parfois certains éléments grâce à la Concordance, une sorte de pelote permettant de se repérer dans le complexe univers-labyrinthe de cette saga.

Attention: à ce stade, il n'est plus possible d'éviter les divulgâcheurs! Ne lisez pas ce billet si vous ne voulez rien savoir de la fin.


Si je devais résumer cette conclusion en deux mots, ce serait simple: TROP D'ÉMOTION. J'ai en effet passé cinq jours de lecture intensive complètement bouleversée par les décès et les séparations qui parsèment cette grosse brique de 686 pages écrites dans une typo minuscule. Le ton est donné dès le premier chapitre, où l'on perd un personnage que j'appréciais beaucoup, et j'ai beaucoup pleuré en me séparant de ces héros qui me tiennent compagnie depuis le mois de janvier ou de février.

En outre, la fin de la saga m'a semblé extrêmement dure et injuste et m'a tout simplement brisé le cœur pour un héros qui, à mon avis, méritait mieux; foutu ka qui n'a jamais de pitié! Notez, à propos de la fin, que Stephen King a réussi à créer un retournement de situation à deux pages de la fin, après genre 5 000 pages de roman, ce qui me semble relever de l'exploit. Si j'ai trouvé ça extrêmement injuste, cela m'a néanmoins semblé étonnamment cohérent avec tout ce qui avait dit précédemment sur le ka et s'insérer très bien dans la quête de Roland. C'est osé et injuste, ça m'a laissé un goût amer en bouche, mais c'est presque, quelque part, parfaitement logique...

Sinon, ce tome était à l'image des précédents, hyper-référencé (à d'autres romans de Stephen King et d'autres œuvres littéraires et cinématographiques) et dense. Je l'ai trouvé très bon et, malgré les larmes, j'ai adoré le lire. Les sentiments que suscrite le personnage de Mordred, un méchant particulièrement infâme, abject, horrible et effrayant, sont une vraie réussite, car malgré tout j'ai ressenti de la pitié pour ce petit garçon perdu et affamé.

Quelques éléments m'ont moins convaincue: par exemple, je reste un peu sceptique quant à la figure de l'écrivain, même si ça permet de faire de beaux deus ex machina parfaitement assumés. Et j'ai ressenti une véritable déception en ce qui concerne le Roi cramoisi, le Grand Méchant dont on entend parler depuis des milliers de pages et qui se révèle au final bien puéril et même un peu minable (sans compter qu'on n'a aucun éclairage sur ses motivations et son passé, que j'espérais vraiment découvrir).

C'était néanmoins la conclusion épique d'une saga unique, une lecture plus grande que nature qui me marquera durablement. Inévitablement, quand un auteur sort autant d'idées par page que le fait Stephen King ici, j'ai émis des réserves sur certains éléments, je n'ai pas tout compris et beaucoup de questions me semblent rester sans réponse; mais c'était vraiment incroyable et jouissif que d'embarquer dans cette quête.

Maintenant, il ne me reste qu'à lire le roman "complémentaire" que Stephen King a publié plusieurs années après ce septième et dernier tome, The Wind Through the Keyhole, puis direction le cinéma et la boucle sera bouclée. Car le ka est une roue qui tourne et repasse toujours au même endroit...

Allez donc voir ailleurs si cette Tour y est!