lundi 13 novembre 2017

Everything's Eventual (2002)

Je continue à lire du Stephen King jusqu'à la fin de l'année et la lecture d'octobre – qui a largement débordé sur novembre en réalité – était celle de ce recueil de nouvelles, qui contient notamment le dernier texte de King lié à La Tour sombre. (Après, il ne me restera "que" à lire La Concordance de Robin Furth.)


D'une manière générale, j'ai trouvé ce recueil un peu paresseux. Les quatorze nouvelles sont pertinentes et font bien leur travail, mais, à quelques exceptions près, je n'ai pas non plus été transportée. Ça rejoint un peu l'opinion que j'avais de l'auteur avant de me lancer dans La Tour sombre, un quelque chose d'un peu trop convenu, un peu trop "populaire" au sens de "simple, facile à prendre en main"... Enfin de manière relative bien entendu; disons "populaire" si vous aimez le genre sanglant et perturbant quoi. 😈

J'ai été étonnée que la majorité des textes ne relèvent pas du fantastique mais plutôt du noir, et que certains se terminent même bien! Bien sûr, je ne vous dis pas lesquels pour ne pas divulgâcher...

Autopsy Room Four (1997)
Un homme se réveille paralysé sur un lit d'hôpital et comprend qu'on l'a donné pour mort et qu'on va procéder à son autopsie. Un texte efficace mais peu salé au final. Je l'ai lu dans d'assez mauvaises conditions à l'aéroport et je ne suis pas trop rentrée dedans, même si l'idée de base est franchement angoissante.

The Man in the Black Suit (1994)
Un petit garçon parti pêcher tombe sur un inquiétant homme habillé de noir qui lui annonce des choses horribles. Outre la présence fort intéressante d'un homme en noir (les lecteurs de La Tour sombre comprendront ^^), le texte présente des éléments assez tristes, mais je ne l'ai pas trouvé foufou non plus.

All That You Love Will Be Carried Away (2001)
Ce texte est plus original puisqu'il met en scène un commercial qui note depuis des années les graffitis aperçus dans les toilettes, ce qui donne lieu à des citations absurdes ou étonnantes, voire tristes comme celle du titre. Je n'ai pas été tout à fait convaincue par la fin mais c'était plus "typé" et consistant que les textes précédents.

The Death of Jack Hamilton (2001)
Une histoire de gangsters bien ficelée, qui a su m'intéresser malgré l'indifférence totale que je ressens envers ce type de personnage. Ce n'était pas non plus foufou mais elle fait le boulot.

In the Deathroom (1999)
Une séance de torture présidée par Pablo Escobar en personne. Je n'ai pas su la situer dans un contexte précis à cause de mon immense ignorance géopolitique mais c'était pas mal.

The Little Sisters of Eluria (1998)
Grand retour de la Tour sombre!! Hiiiiiiiiii!! Dans cette nouvelle isolée, que l'on peut lire sans aucun problème si on ne connait pas la saga à laquelle elle se rattache, Roland de Gilead est convalescent dans une sorte d'hôpital dans une ville fantôme, Eluria. À son chevet, cinq femmes aux traits changeants et pas forcément si bien intentionnées que ça... Après une introduction résolument western, avec ville abandonnée et poussiéreuse, le texte relève plutôt de l'horreur/du fantastique, mais avec toute la richesse de l'univers de La Tour sombre et quelques références sympathiques (un des personnages vient de Delain, le royaume de Les Yeux du dragon) ou tristes (par exemple une réflexion sur la cruauté du ka qui m'a fait grincer des dents maintenant que je connais la fin de la quête de Roland). Le texte n'est pas indispensable à l'échelle de la saga mais est plaisant pour les fans et peut permettre de "tâter" l'univers si vous hésitez à vous engager dans une lecture d'environ 5 000 pages. Je vous renvoie aussi vers l'avis de Vert, qui en parle mieux et plus longuement que moi.

Everything's Eventual (1997)
Défrayé, nourri et logé dans un appartement fourni par son mystérieux employeur, un homme aux pouvoirs paranormaux a pour mission d'envoyer des lettres aux personnes qui lui sont désignées. Tout irait pour le mieux s'il ne commençait pas à s'interroger sur l'identité des destinataires de ses lettres aux conséquences fatales... Un texte agréable sur le coup mais peu marquant à long terme.
Ajout du 15 novembre: HA HA! J'étais tellement sure, en lisant cette nouvelle, qu'il y avait un rapport avec La Tour sombre!! Je pensais m'être trompée car le nom de l'employeur ne correspondait pas mais la Concordance, que je viens d'entamer, a confirmé mes soupçons!! Youhouhou!!

L. T.'s Theory of Pets (1997)
Peut-être mon préféré du recueil, ce texte est le récit d'un homme abandonné par sa femme qui parle de leurs deux animaux: le chien que sa femme lui a offert, avec lequel il ne s'entend pas du tout, et la chatte qu'il a offert à sa femme, avec laquelle celle-ci ne s'entend pas du tout. C'est assez sympathique et léger à lire et Stephen King y sépare l'humanité en deux grandes catégories: les gens qui aiment les chats et les gens qui aiment les chiens. Je suis on ne peut plus d'accord! (Ici, c'est team chat bien sûr! 🐱)

The Road Virus Heads North (1999)
Une nouvelle sur l'effrayante peinture d'un jeune conducteur achetée dans une brocante. Efficace et dans les règles de l'art, c'est un bon moment de fantastique. Je l'ai lue en plein jour et ai néanmoins jeté quelques regards soupçonneux autour de moi....

Lunch at the Gotham Café (1995)
Un texte plus quelconque sur un couple qui se retrouve au restaurant, avec un avocat, pour parler de son divorce. Le maître d'hôtel est très bizarre et tout part rapidement en vrille. Cette nouvelle m'a moins intéressée et j'ai trouvé qu'elle atteignait des sommets de sexisme: non seulement les femmes ne savent pas réagir face au danger, mais en plus elles appellent carrément à l'aide leurs compagnons masculins! Je vous jure! En pleine catastrophe, elles trouvent la présence d'esprit de crier "Machin, sauve-moi!" 😡

That Feeling, You Can Only Say What It Is in French (1998)
Un texte décousu un peu difficile à suivre, mais délibérément décousu, sur la sensation de déjà-vu qu'une femme ressent lors de son anniversaire de mariage. C'est justement le déjà-vu qui donne son titre au texte puisqu'il s'appelle aussi déjà-vu en anglais. Je n'ai pas trop aimé mais le petit mot de King à la fin l'a éclairé d'un jour nouveau et m'a aidée à mieux comprendre.

1408 (1999)
Le clou du recueil. Une nouvelle de fantastique dans les règles de l'art. Comme le dit King dans son mot d'intro, tout auteur du genre doit un jour ou l'autre se frotter à la chambre d'hôtel hantée. Il le fait ici avec brio, en présentant une présence effrayante car incompréhensible. C'est difficile à expliquer mais on approche de ce que faisait Lovecraft quand il parlait de choses innommables car non-euclidiennes ou aux proportions incompréhensibles... Bref, j'ai bien balisé en entrant dans la chambre 1408 et je ne sais pas si je serai bien à l'aise la prochaine fois que j'irai à l'hôtel.
La nouvelle a été adaptée en film avec Samuel L. Jackson et John Cusack.

Riding the Bullet (2000)
Un jeune homme rejoint sa mère à l'hôpital en faisant de l'auto-stop. Mais dans la nuit pleine de brouillard, les conducteurs ne sont pas forcément vivants... Ce texte efficace n'est pas inoubliable mais aborde avec justesse le thème du décès de la mère, déjà traité dans la nouvelle The Woman in The Room du recueil Night Shift. C'est un bon texte pour Halloween je pense.

Luckey Quarter (1995)
Une femme de ménage rit aux larmes en trouvant le pourboire laissé par un client dans sa chambre d'hôtel: une pièce de 25 cents. Comment payer l'appareil de sa fille et les visites médicales de son fils avec 25 cents? Mais mieux vaut en rire qu'en pleurer. Et vu que le client a laissé un mot disant qu'il s'agit d'un porte-bonheur, pourquoi ne pas jouer la pièce au casino de l'hôtel? Un texte plutôt pas mal qui m'a un peu rappelé La Tour sombre à cause du mot accompagnant la pièce: je me suis demandé s'il avait été laissé par un certain Walter. Mais peut-être que je suis juste monomaniaque.

Malgré les réserves que j'ai exprimées au début de ce billet, ce recueil confirme à quel point l’œuvre de Stephen King est diversifiée: il a vraiment touché à tout! Et il reste un écrivain très intéressant...

2 commentaires:

  1. Tiens c'est marrant j'avais beaucoup aimé ce recueil, lu après plusieurs années de sevrage de King. Par contre je ne me souviens plus de ce que j'avais pensé de la nouvelle sexiste :p

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    1. Haha ça m'intéresse si tu le relis :p C'était pas mal ceci dit, je n'en garde pas un *mauvais* souvenir, une quinzaine de jours après l'avoir fini, mais ça ne m'a pas fait trépigner d'impatience ou de joie quoi.

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