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vendredi 30 novembre 2018

L'histoire des botanistes de Leningrad

Étant complètement débordée de travail en ce moment et à peu près incapable de lire plus de quinze minutes par jour, je vous propose aujourd'hui un interlude non littéraire. Est-ce que ça vous dit de découvrir le triste sort des botanistes de Leningrad, l'actuelle Saint Petersbourg?

Mes informations sur cette histoire proviennent principalement du livre que je traduis actuellement (je ne peux pas vous en parler pour des raisons de confidentialité, mais c'est une source fiable 😊), mais aussi de mes propres recherches sur le sujet.

Pendant les années vingt et trente, Nikolaï Vavilov, un botaniste soviétique, a parcouru le monde à la recherche de graines anciennes, qu'il a réunies dans l'Institut de botanique de Leningrad. Il souhaitait améliorer les cultures pour lutter contre la faim et espérait trouver les ancêtres des variétés vivrières de son époque. C'était un scientifique tout à fait sérieux. Malheureusement, Staline préférait Lyssenko, un botaniste autodidacte qui prétendait pouvoir obtenir des variétés résistantes au froid beaucoup plus vite que Vavilov, notamment en trempant les grains de blé dans l'eau froide (!). (Apparemment, il croyait que les caractères acquis se transmettent de génération en génération; si une graine de blé résiste à de l'eau glaciale, elle va modifier son patrimoine génétique et ses descendants seront d'emblée résistants au froid.)


Staline étant ce qu'il était, la pseudoscience de Lyssenko est devenue science officielle. Vavilov a été arrêté et est mort en déportation en Sibérie des suites de la dénutrition, ce qui est particulièrement triste pour quelqu'un qui essayait d'éradiquer la famine...

Avant son arrestation, Vavilov avait recommandé à ses collègues de quitter son équipe car il avait bien compris combien il était menacé. Mais certains avaient refusé, voulant continuer leurs recherches malgré le danger, et étaient restés travailler à l'institut. Et puis Leningrad a été encerclée par l'armée allemande en septembre 1941. Je crois que le siège de Stalingrad est plus connu parce qu'il a marqué le retournement de la guerre, mais celui de Leningrad a été tout aussi terrible: presque deux ans et demi de siège et presque deux millions de victimes, majoritairement des civils morts de faim!! Le jour de Noël 1941, 4000 personnes sont mortes de faim...

Barricadés dans leur institut de botanique, les collaborateurs de Vavilov étaient assis sur un tas d'or, ou plutôt un tas de bouffe, ce qui est encore plus précieux en temps de guerre: des milliers et des milliers de graines. Ils auraient pu faire cuire tous ces grains de riz et de blé et manger tous ces fruits à coque pour survivre, ou bien partager tout cela avec leurs proches. Mais ils ne l'ont pas fait. Ils ont poursuivi leur travail. Ils ont continué à cataloguer les graines et à faire des croquis dans le froid glacial pendant que Leningrad agonisait autour d'eux (apparemment, ils ont eu la chance de ne pas être bombardés car Hitler connaissait la banque de semences de Vavilov et souhaitait s'en emparer). Ils mangeaient la même ration que le reste de la population, deux tranches de pain par jour, puis il n'y a même plus eu de pain.

Et ces pauvres botanistes ont fini par mourir de faim les uns après les autres, au milieu de leurs graines... Parce qu'ils pensaient qu'il fallait conserver ce patrimoine génétique pour les générations futures, que ces graines seraient nécessaires à la fin de la guerre pour replanter.

Je trouve ça triste à pleurer et beau à redonner foi en l'humanité, un de ces actes de désintéressement qui forcent l'admiration. (Et tellement russe: tout est toujours plus grand, plus incroyable et plus surhumain en Russie.) L'institut, qui a pris le nom de Vavilov bien plus tard, quand Lyssenko a été sorti de la scène publique par des scientifiques qui ont osé dire qu'il racontait n'importe quoi (après la mort de Staline, bien sûr), existe encore et joue un rôle important dans la préservation de la diversité des variétés vivrières, un thème encore plus important aujourd'hui que pendant les années trente et quarante.


mardi 12 avril 2016

Introduction à la psychologie à l'université

C'est parti pour un petit MOOC! :)

L'Université Toulouse - Jean Jaurès a ouvert ce MOOC sur la plate-forme France Université Numérique pour présenter la psychologie aux personnes intéressées par les études supérieure dans le domaine. La psycho fait partie de ces matières que le grand public connaît de manière extrêmement floue et il semblerait que beaucoup d'étudiants s'engagent dans cette voie sans réellement savoir de quoi il s'agit.


Pendant cinq semaines, les participants avaient donc à disposition des vidéos pour découvrir rapidement les matières enseignées en licence, comme la psychologie du développement, la psychologie sociale, la neuropsychologie ou la psychopathologie. Les présentations étaient complétées par des "Focus" plus pratiques et des exemples d'offres d'emploi (un ajout extrêmement utile et très intéressant, vraiment une bonne idée; j'en retiens que les psychologues ne trouvent presque jamais du travail à temps plein et ne sont pas très bien payés quand ils sont salariés).

Vous pouvez voir le programme des cours ici.

Le cours était super intéressant et j'ai beaucoup aimé le suivre, même si, bien entendu, les choses se sont précipitées dans ma vie quand il a commencé et que je l'ai donc traîné pendant trois mois au lieu d'un. J'ai appris vraiment pas mal de choses et c'était très clair. Comme tous les MOOC que j'ai suivis, ce n'était pas quelque chose d'extrêmement complexe, mais une vulgarisation de qualité très utile. Ma seule critique concerne l'absence de vidéo sur les statistiques, un cours pourtant important en licence de psycho.

Ce qui m'a marquée le plus: le phénomène des faux souvenirs, la reconnaissance des visages, la psychologie en tant que science. J'ai déjà oublié tout le reste mais j'ai pris des notes!

Pourquoi ce MOOC?

En août dernier, j'ai décidé de me reconvertir. J'adore mon métier, mais si je n'ai toujours rien de stable après six ans, je pense qu'il vaut mieux faire un constat d'échec et passer à autre chose. Je pense, en plus, que l'avenir de la traduction est particulièrement sombre: le travail va de plus en plus se diviser entre une petite quantité de traductions à haute valeur ajoutée payées moyennement (comme pour l'édition par exemple) et des volumes énormes de traductions "à la chaîne", sans aucun suivi de la qualité, payées un tarif dérisoire (comme chez les énormes agences qui tirent les tarifs vers le bas en utilisant des logiciels de traduction assistée par ordinateur et de traduction automatique et en employant des freelances dans les pays pauvres). Moi, malheureusement, je ne suis pas une plume brillante susceptible d'intéresser les rares clients qui seront encore prêts à payer dans dix ans, et je ne suis pas franchement motivée pour bouffer du Trados à 6, puis 5, puis 4, puis 3 centimes le mot.

Du coup, j'envisage de faire autre chose. Mais quoi?

Et bien je n'en sais rien, et ça me turlupine pas mal depuis la rentrée de septembre. Le métier de psychologue (au sens de psychologue libéral qui reçoit ses patients en entretien) me fait très envie, mais il nécessite cinq ans d'études et je n'ai pas la volonté nécessaire pour retourner à la fac pendant cinq ans tout en continuant à travailler pour me nourrir. Ce MOOC tombait toutefois à point nommé pour me donner quelques infos et semblait une occasion à ne pas manquer. Je suis aussi allée aux portes ouvertes de la fac de psycho de Paris 5. Tout cela m'a confirmé que la psycho me plaît énormément et même que je suis "faite" pour cette discipline. Mais de là à m'inscrire à Paris 5 pour reprendre mes études dans six mois.....

J'ai aussi suivi le bilan de compétences express de Pôle Emploi, appelé "Activ Projet", mais c'était bien trop léger et express pour moi et ça ne m'a pas aidée à y voir plus clair. Il me faudrait un vrai bilan de compétences avec 15-20h en face à face avec un conseiller, mais c'est cher et je ne peux pas du tout m'en payer un en ce moment...

Très franchement, je trouve que ma reconversion est un bel échec au même titre que ma carrière de traductrice, ce qui me laisse penser que même si je trouve un nouveau métier, et bien je ne ferai qu'échouer dans cette nouvelle voie, comme à mon habitude, mais bon ces pensées ne sont pas très constructives et j'essaye donc de continuer à réfléchir.

Mes autres pistes de réflexion concernent le livre (mais pour faire quoi précisément? Et est-il judicieux de se tourner vers un secteur qui ne se porte pas franchement au mieux et dont l'avenir est aussi nébuleux?) et le cheval (mais est-il judicieux de se tourner vers un travail physique quand on a une épaule en vrac, un genou fragile et un dos douloureux?).

Pour finir ce billet sur une note plus rigolote, je vous laisse contempler les toilettes de Paris 5. Je n'aurais jamais pensé trouver plus catastrophique qu'à Dauphine, mais en fait tout est possible!


Oui oui, ce sont bien des toiles d'araignées dans les toilettes! ^^

MOOC déjà présentés sur ce blog

samedi 25 juillet 2015

Fantasy, de l'Angleterre victorienne au Trône de fer

Au cours des mois de juin et de juillet, j'ai tant bien que mal suivi le MOOC Fantasy proposé par l'Université d'Artois.

Après Dino 101, The Horse Course et Les chansons des troubadours, je dois dire que mon sérieux et mon intérêt pour le concept du MOOC ont pas mal diminué et que j'ai suivi ce cours-ci comme j'aurais regardé un documentaire à la télé. C'est-à-dire que je n'ai même pas essayé de prendre des notes, alors que je l'avais fait très sérieusement pour les deux premiers et que j'avais commencé à le faire pour le troisième (avant de réaliser que le sujet ne s'y prêtait guère).


Mon "verdict" (si je puis dire) est le même ici que dans les autres cas: il ne s'agit vraiment aucunement d'une formation, mais "juste" d'un apport de connaissances de qualité sur un sujet. Précisément comme un documentaire. Mais bon, c'est déjà pas mal de recevoir gratuitement des connaissances de qualité, alors on ne va pas se plaindre!

Côté négatif, j'ai retenu ici le singulier manque de dynamisme de certaines intervenantes, une prononciation extrêmement douteuse de certains noms et mots anglais (désolée, ça n'est pas pertinent comme remarque mais j'ai vraiment rigolé!) et une certaine "légèreté" dans le traitement de certains œuvres. Évidemment, c'est un débat sans fin, chacun voudrait entendre parler de ce qu'il aime le plus et on ne peut pas mettre tout le monde d'accord; mais bon parler de vampires pendant deux heures en analysant finement des livres qui passeront certainement à la postérité comme Les vampires de San Francisco ou Vampire Academy et à peine citer Anne Rice en passant, ça m'a laissée pas mal sceptique.

Côté positif, et bien il y a évidemment la débauche d'idées de lecture, que je n'ai pas notées mais qui m'ont donné tellement, tellement envie de lire plus et même de lire tout le temps. "So many books, so little time", c'est juste dingue! C'était aussi une belle excursion dans des sous-genres différents, avec une ouverture finale sur les autres supports médiatiques, comme les jeux vidéos, que j'ai trouvée passionnante. J'ai adoré entendre parler de L'Histoire sans fin et de Conan, adoré les illustrations proposées, et bien sûr adhéré corps et âme à la présentation d'une vidéo complète sur les figures féminines. L'historique de début était aussi super intéressant.

Je ne sais pas trop ce qu'il me restera de ce MOOC dans un an, mais il est certain que je me suis sentie un peu plus cultivée en le suivant! :)

En revanche, l'investissement en temps que j'ai consacré à ces MOOC ayant été assez conséquent, j'ai décidé de ne pas suivre le cinquième et dernier cours auquel je suis inscrite, Fantasy and Science Fiction: The Human Mind, Our Modern World. J'ai besoin de souffler jusqu'à la rentrée de septembre, même si je passe à côté d'heures d'infos passionnantes. Une nouvelle session semble devoir être lancée en octobre, peut-être que la période sera plus propice!

vendredi 29 mai 2015

Les chansons des troubadours

Après Dino 101 et The Horse Course, penchons-nous maintenant sur le MOOC de l'Université Bordeaux-Montaigne sur les chansons des troubadours au siècle d'Aliénor d'Aquitaine, un sujet historique très attractif que nous avons étudié pendant six semaines.


Bon, en fait, les choses étant fortement chaotiques dans ma vie depuis la mi-mars, j'ai complètement laissé traîner ce MOOC au profit de celui sur les chevaux. Trois semaines entre la première et la deuxième leçon, trois autres entre la deuxième et la troisième, puis les quatre autres en "seulement" un mois à cheval sur la clôture du cours: pas la meilleure façon de profiter des vidéos de Katy Bernard, la maître de conférences en occitan qui tenait les cours. J'ai vraiment eu du mal à suivre le fil et à me concentrer sur les vidéos.

Mais j'en ai néanmoins tiré quelques enseignements et surtout une fascination redoublée pour le XIIe siècle et la figure d'Aliénor d'Aquitaine, qui apparaissait en filigrane dans les vies des troubadours étudiés. Les vidéos étaient enregistrées dans des lieux différents chaque semaine, un petit plus vraiment sympa qui renforçait la "proximité" des évènements historiques cités, et on nous a proposé des adaptations musicales des chansons traitées (je n'ai pas du tout aimé ces adaptations mais c'était super intéressant). J'ai moins apprécié le fait que la présentatrice lise ses notes, ce qui manquait un peu de dynamisme...

Pas beaucoup de notes de ma part et pas d'attestation de complétion étant donné que je n'ai fait que la moitié des QCM dans les temps et que je n'ai pas du tout fait le devoir évalué par les pairs; c'est un peu dommage mais pas très grave dans la mesure où il s'agissait d'un intérêt personnel sans espoir de retombées professionnelles. (En même temps, j'ai travaillé toute la semaine dernière sur le XIIe siècle, donc on ne sait jamais en réalité...)

Maintenant, on passe à deux MOOC sur la fantasty, l'un en français et l'autre en anglais. J'espère que cette semaine marque le retour à une activité professionnelle normale et que je pourrai les suivre plus régulièrement!

mercredi 20 mai 2015

Roche-Nuée (1988)

Chronique express!

Deuxième livre des éditions Scylla, Roche-Nuée est la réédition d'un livre des années quatre-vingt de l'écrivain britannique Garry Kilworth.


Physiquement, cette œuvre est aussi agréable que Il faudrait pour grandir oublier la frontière; psychiquement, j'ai été beaucoup plus emballée par ce récit de SF intemporelle où l'on découvre Roche-Nuée, un monde complètement refermé sur lui-même au milieu des Terres-Mortes. Deux peuples aux cultures similaires mais aux rythmes de vie opposés, la famille de la Nuit et celle du Jour, se partagent cet espace en vivant dans des yourtes ou des cavernes.

Le narrateur appartient à la deuxième famille, mais il y mène une existence en marge à cause de sa difformité physique. Il ne doit d'ailleurs sa propre survie qu'à un caprice de son frère car, comme tous les indésirés, il aurait dû être jeté du faut de la falaise juste après sa naissance. Et c'est justement son frère qui va faire basculer les choses en enfreignant un tabou ancestral...

J'ai beaucoup aimé cet univers très éloigné du nôtre et très mystérieux, avec des coutumes un peu sauvages à nos yeux d'Occidentaux du XXe siècle. L'auteur attend du lecteur de s'adapter et d'accepter la situation sans explications superflues et le charme opère. J'ai été moins enthousiasmée par l'intrigue à proprement parler, mais le contexte vaut vraiment le détour. Je regretterais cependant quelques incohérences dans l'enchaînement de certaines phrases, ou des retournements peu explicités qui donnent l'impression que le narrateur soutient tout de suite l'inverse de ce qu'il vient de dire, qui m'ont donné un peu de mal à reprendre le livre en main après une interruption. Mais mis à part ça, une belle lecture!

samedi 16 mai 2015

Il faudrait pour grandir oublier la frontière (2015)

Le premier livre des éditions Scylla est aussi, pour moi, le résultat de mon tout premier financement participatif. J'ai en effet participé à la levée de fonds organisée cet hiver, qui a réussi avec succès et qui m'a permis de trouver ce joli livre, ainsi qu'un autre plus épais, dans ma boîte aux lettres le 2 mai dernier.


Si Il faudrait pour grandir oublier la frontière est tombé à pic pour me remettre à la lecture dans une période de surmenage et de fonte des neurones, il ne m'a pas énormément marquée. Le fait que je ne sois pas du tout au courant de l'actualité internationale des six dernières années y est sûrement pour quelque chose. Sébastien Juillard nous emmène en effet dans la bande de Gaza dans un futur relativement proche (2040 ou 2050 je suppose), où Tsahal, Hamas et ONU essayent de maintenir la paix mais sans y arriver ou en ayant, quand même, quelques objectifs plus douteux qu'on pressent au détour des pages.

Dans ce contexte explosif (littéralement), on suit les brides de vie de quelques personnes, notamment une soldatesse israélienne qui enseigne dans une école de Gaza. J'ai bien aimé que ce qui ressemble le plus à un personnage principal dans une zone en guerre soit une femme. Mais d'autres personnages masculins sont là aussi pour mettre encore plus de gris dans un enchevêtrement de rapports de force et de haine très confus. Au final, il ne semble y avoir ni bons ni méchants dans cette histoire, juste une sensation de gâchis vraiment terrible.

Au final, un bon livre que je suis très contente d'avoir découvert, mais qui me marquera plus en tant que première expérience de financement participatif qu'en tant que lecture. Je précise au passage que l'édition est très qualitative, avec un papier épais merveilleux, une reliure à rabat géniale et un marque-page spécifique. Que du bonheur!

Ce livre m'a donné envie de reprendre une série que l'Homme et moi avions commencée l'année dernière, The Honorable Woman. Et rendons hommage à son titre, qui est vraiment superbe.

Allez donc voir ailleurs si cette frontière y est!

dimanche 10 mai 2015

The Horse Course

Après Dino 101, il est temps de tirer le bilan de mon deuxième MOOC, The Horse Course, organisé par l'Université de Floride sur Coursera.

L'enthousiasme est un peu moindre. Bon, évidemment, l'effet de surprise du premier est passé, et malgré tout mon amour pour les chevaux il faut reconnaître qu'ils ne forcent pas autant l'admiration que les dinosaures! Mais surtout le présentateur était moins passionnant, avec un ton plus "ami-ami" qui ne me convenait pas tout à fait, et j'ai eu un mal fou à trouver le temps de suivre les cours. En ce moment, je bosse six jours sur sept, alors ce n'est pas facile de se concentrer sur quoi que ce soit le reste du temps.

Enfin, malgré tout ça, c'était un cours super intéressant: six semaines de vidéos sur les chevaux (et les équidés en général, on a aussi parlé des ânes, des mules et des zèbres ^^) et leur entretien, c'est quand même plutôt cool. Après les généralités d'usage, on a parlé de l'anatomie, des robes, du sabot, de l'alimentation, des maladies, des parasites externes et internes (charmantes bêtes qui ne seraient pas ridicules chez Lovecraft!) et enfin de la reproduction. Au total, entre une heure et demie et deux heures de vidéos par semaine, puis un QCM de dix questions pour recevoir une attestation de participation.

(Il était aussi possible de rédiger de petites rédactions et de corriger celles d'autres participants pour recevoir une attestation "with distinction" mais je n'ai pas essayé par manque de temps.)

Le cours étant en anglais, il avait pour moi une double utilité puisque j'ai noté pas mal de vocabulaire (imaginez que la fourchette s'appelle frog en anglais!!!) et qu'il pourrait me servir comme argument si je devais un jour convaincre un client de me confier des traductions sur le sujet. C'est une formation très modeste (comme pour Dino 101, il ne s'agit pas du tout d'une formation universitaire) mais ça reste quelque chose d'officiel et ça ne peut pas faire de mal dans un parcours professionnel...

Intérêt personnel et pertinence professionnelle, plus la petite victoire d'avoir fini pendant une période très chargée: au fond, le bilan est vachement positif même si on n'était pas au niveau de Dino 101. Je continue maintenant avec les troubadours de l'Université de Bordeaux Montaigne (le cours est fini mais les vidéos restent disponibles pour les retardataires) et je vais essayer de commencer à préparer les deux prochains MOOC prévus dans mon calendrier.

samedi 28 mars 2015

Dino 101

De janvier à mars, j'ai suivi mon tout premier MOOC: Dino 101.


Un MOOC est une formation en ligne, ouverte et de masse: un massive open online course. Apparemment, c'est la nouveauté qui cartonne depuis quelques années. Né aux États-Unis, le phénomène a pris de l'ampleur et on trouve maintenant des cours proposés par les universités de nombreux pays.

Dino 101 est un MOOC de paléobiologie des dinosaures dispensé par l'Université de l'Alberta (Canada) sur Coursera, la principale plateforme de MOOC, d'une durée de douze semaines.

Chaque semaine, j'ai donc regardé quelques vidéos d'une durée de 5 à 20 minutes (pour un total d'une heure maximum) sur un sujet donné, par exemple "Appearance and Anatomy" en semaine 1 et "Dinosaur Extinction" en semaine 12. Puis j'ai répondu à de courts QCM pour en quelque sorte valider ma participation. (Il est tout à fait possible de s'inscrire et de regarder les vidéos sans répondre aux QCM.)

Le bilan est extrêmement positif. Il ne s'agit absolument pas (et même pas de loin) d'une formation universitaire en paléobiologie, mais plutôt de conférences de vulgarisation scientifique destinées au grand public. Le fait d'avoir affaire à des professionnels assure la qualité de l'enseignement, mais quiconque peut suivre le cours, y compris des enfants je pense, et c'est tant mieux!

Les vidéos sont très pédagogiques et très dynamiques (avec des animations 3D vraiment géniales qui permettent au participant de manipuler des fossiles!!) et les intervenants, des membres du personnel de l'Université, sont très agréables. Pour ceux qui hésitent à cause de la langue, sachez qu'ils parlent anglais très distinctement et que des sous-titres anglais sont disponibles. Toutes les vidéos sont proposées au téléchargement, tout comme des fiches et un glossaire. Un vrai petit trésor que j'ai soigneusement mis de côté.

D'un point de vue professionnel, cette expérience ne me servira probablement jamais à rien, mais c'était vraiment un très bon moment et j'ai appris plein de choses passionnantes. En plus, c'est super agréable de retrouver un processus d'apprentissage, de relire ses notes... Je n'irais pas jusqu'à parler de formation continue, mais c'est vraiment une expérience enrichissante.



D'une manière plus générale, je suis vraiment enthousiaste par l'existence des MOOC et la possibilité de partager le savoir partout dans le monde: je crois avoir lu quelque part que 40 000 personnes ont déjà suivi Dino 101. C'est assez incroyable de penser à un tel impact.

L'enthousiasme est tel que je me suis inscrite à plusieurs autres MOOC:
The Horse Course de l'Université de Floride (six semaines, en cours)
Les chansons des troubadours de l'Université Bordeaux Montaigne (six semaines, en cours)
Fantasy, de l'Angleterre victorienne au Trône de fer de l'Université d'Artois (cinq semaines à partir de mi-mai)

Il ne me reste qu'à trouver des MOOC amusants en italien et en espagnol. :)

mardi 17 mars 2015

Surprise du jour

Certains jours, j'adore-surkiffe-idolâtre mon métier à la folie!



Une surprise d'autant plus belle que je n'attendais que le livre, pas le jeu proposé avec.

Si vous êtes curieux, mon nom est dans la liste des traducteurs. (On est plusieurs sur le coup vu la taille du projet. ^^)

mercredi 1 octobre 2014

Il est arrivé!

Avec beaucoup de retard, voici enfin un petit mot sur mon œuvre de cette année: le célèbre catalogue de mon bien-aimé employeur!


Si ma traduction a été moins créative cette année, je trouve en revanche que le cru 2015 est encore meilleur que le cru 2014. Peut-être que, n'étant plus dans le stade de la découverte du processus de production, j'ai pu consacrer plus de réflexion à l'intention des pages et mieux comprendre le savoir-faire en matière d'aménagement qui s'en dégageait. Quoi qu'il en soit, j'aime cette édition encore plus que l'autre, qui restera néanmoins très importante pour moi du fait qu'elle a, il faut le dire, changé ma vie. Professionnellement avant tout, mais pas que.

Voilà donc ce que je vous conseille de ne pas louper cette année! :)

- Commençons par le commencement: la couverture que je trouve sublime. Pensez bien à déplier le catalogue pour voir le recto et le verso ensemble, car il s'agit d'une seule et même pièce. Avec une vue imprenable.

- Le verbe "prélasser" que j'ai réussi à caser page 11.

- La petite fille irrésistible de la page 12.

- Sur la version numérique ou l'appli : la vidéo bonus de la page 21, qui représente assez bien ma conception de l'amour. À regarder jusqu'au bout pour voir le petit geste qui donne son sens au reste.

- L'utilisation rigolote d'une expression familière page 39.

- Les trois derniers mots de la page 63... Mon chef d’œuvre! <3

- Le bonhomme-meuble des pages 56 et 57, Monsieur Ivar. :)

- Toujours sur la version numérique ou l'appli: la belle vidéo de la page 59. En plus, j'ai casé l'adjectif "intrépide" en bas à droite de cette page!

- La vidéo de la page 73 qui donne juste trop envie d'acheter ce lit.

- Les idées récup/bricolage des pages 134 et 135.

- La cuisine "fait main" des pages 144 et 145.

- L'astuce de la page 172. Je l'ai appliquée chez moi et depuis l'Homme et moi faisons couette à part: le bonheur point de vue température!

- La suspension "étoile de la mort" page 276.

- Et tant d'autres petites choses qui m'ont amusée ou surprise mais qu'il serait trop long d'énumérer ici... :)

En revanche, vous pouvez ignorer l'abominable faute de la page 314, je ne sais pas comment cette page a pu partir à l'impression comme ça!! (Inutile de la chercher dans la version numérique, on l'a corrigée.... La dématérialisation a ses avantages!)

Des semaines de production très intenses et des moments de stress, mais le résultat en vaut carrément la peine. Vivement l'édition 2016!

dimanche 29 septembre 2013

Anne Rice en dédicace

Vendredi 20 septembre, la Fnac de Paris Saint Lazare recevait Anne Rice, la grande écrivain américaine, pour une rencontre suivie d'une dédicace. Son avant-dernier livre, Le don du loup, vient en effet de sortir en France. Un événement majeur pour moi qui vénère cette auteure depuis mes quatorze ans!


Ce fut un vrai plaisir que de la voir en vrai et de constater qu'elle a bien l'air aussi sympa en vrai que dans ses vidéos. Et modeste. Je crois que c'est ça qui m'a le plus marquée. Elle regardait la salle pendant que son interprète traduisait ses réponses en français et elle avait l'air tellement émue et touchée qu'il y ait des gens! Alors qu'elle a sorti Entretien avec un vampire en 1976 et que ça fait donc... 37 ans qu'elle est connue!

Les questions étaient relativement superficielles et, parfois, absolument évidentes (il y a encore des gens qui lui demandent si elle se retrouve dans la quête spirituelle de ses personnages. J'vous jure! C'est une des choses les plus flagrantes dans sa bibliographie, que la quête de ses personnages est précisément la sienne...). Mais bon, j'imagine qu'on ne peut pas creuser très loin en une heure et que tout le monde n'a pas lu dix-sept livres d'Anne Rice. ;) Et c'est un tel plaisir de l'écouter parler: cette femme est juste merveilleuse. Elle a tellement dépassé un certain nombre de conventions sociales, elle a tellement accepté ce qu'elle est sans le revendiquer outre-mesure comme si elle était mieux que les autres. À l'heure actuelle, Anne Rice est pour moi un vrai role-model, limite une figure maternelle tellement je l'aime -- j'ai faille me mettre à pleurer dans l'escalator de la Fnac quand j'ai réalisé qu'elle était quelques marches devant moi...

lundi 19 août 2013

Il arrive!

Nous sommes lundi 19 août 2013 et une invasion un peu particulière se prépare partout en France. Des millions d'exemplaire du plus célèbre des catalogues commencent en effet à prendre d'assaut vos boîtes aux lettres. Et cette année vous l'accueillerez avec encore plus de curiosité que d'habitude, puisque je vous invite à y retrouver ma modeste contribution...


Alors pensez à retirer vos autocollants "Stop Pub" – sinon on n'a pas le droit de vous le donner :( – et, puisque vous êtes des lecteurs, retrouvez ma vision de la lecture pages 73 et 120, mais aussi mes revendications en matière de droit au logement page 82, mon subtilissime humour animalier page 328 et des titres que j'aime d'amour pages 237 et 238.

Je n'ai qu'un regret sur ce projet unique dans le monde de la traduction: n'être justement qu'une traductrice et pas une écrivain et ne pas avoir eu le talent pour en faire un texte vraiment à part. Mais c'est une expérience tellement enrichissante et c'est une telle satisfaction de voir le résultat sur papier que je n'en suis pas moins enthousiaste. Pensez bien à moi en le feuilletant! (Et si en plus vous pouvez faire vos achats chez nous pour que mon employeur prospère, ce serait juste merveilleux! ^^)

jeudi 11 juillet 2013

Cheveux chéris

Pendant encore quelques jours, le Musée du quai d'Orsay Branly organise une exposition sur le thème des cheveux: Cheveux chéris.


L'exposition est intéressante parce qu'elle nous pousse à prendre conscience du rôle du cheveu et à découvrir les coiffures les plus originales et variées. Ce n'est pas forcément révolutionnaire ou hyper approfondi, mais elle mérite que vous vous y attardiez si vous visitez le musée (en revanche, je ne pense pas que ça vaille le coup de payer l'entrée juste pour ça si vous n'avez pas le temps de coupler les deux). J'en retiens une photo vraiment belle de la merveilleuse Ava Gardner, l'actrice qui symbolise à mes yeux toute la classe intemporelle de l'Hollywood des années cinquante, ainsi que les deux éléments suivants...

1: Une chevelure achetée par André Breton. Je sais, comme ça, ça ne vous dit rien. Mais quand on a mangé du Breton pendant des mois en vue du bac, on a tendance à sursauter dès qu'on voit son nom quelque part, puis à danser mentalement de joie parce qu'on n'a plus besoin de faire des disserts sur Nadja!



2: Une photo de la fille d'Émile Zola prise par Émile lui-même. Sur la fin de sa vie, Zola s'était acheté un appareil photo et expérimentait beaucoup. Je ne trouve pas ce cliché tellement formidable, et les cheveux de Denise me font peur tellement ils sont épais (ça, c'est un autre vieux traumatisme, dû celui-ci à La Chevelure de Maupassant; depuis que j'ai lu ce texte, les cheveux trop épais et volumineux me dégoûtent)... Mais bon c'est Made in Zola.



Pour tout savoir sur l'expo et décider si vous devez vous ruer au Musée du Quai Branly d'ici trois jours: la présentation sur le site du musée.

dimanche 7 avril 2013

Salon du Livre 2013

Dimanche 24 mars, passage au Salon du Livre avec D.I., amie et consœur. Une visite bien mieux organisée que celle de l'année dernière, même si je n'ai pas réussi à me motiver à monter sur Paris dès le samedi pour rencontrer ma dernière idole en date, Amélie Nothomb.

Beaucoup de monde, beaucoup d'écrivains et beaucoup de choses à voir (l'expo sur les 20 ans de Titeuf, notamment, était très sympa).

Avec la chance de mon côté, je repars avec pas moins de quatre dédicaces. Un chiffre impressionnant pour quelqu'un qui n'avait jamais fait signer un livre jusqu'à l'année dernière.

Première étape: Michel Robert. Toujours l'écrivain, pas le cavalier. Cette année, même si j'ai progressivement perdu mes moyens psychologiques et langagiers au fur et à mesure que mon tour approchait, je n'ai pas bégayé comme l'année dernière et il a mieux semblé me comprendre.

Livre: Balafrée.

Après le déjeuner, c'est au tour de Luis Sepulveda. Je vous ai déjà dit que je trouve ses livres merveilleux. Et devinez quoi?! Je lui ai dit: Sus libros son maravillosos y Zorbas es mi heroe! Mes cours d'espagnol portent leurs fruits!

Le monsieur dédicace cependant un peu à la chaîne. La chose m'a fait de la peine car elle ne correspond guère au message très simple et très humain de ses livres...

Livre: Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
(en espagnol, bien sûr).

Au passage, nous établissons que Grand Corps Malade va bientôt dédicacer juste à côté. Un détour chez Lommsek, qui me dédicace Qocha avec un petit clin d'oeil à une ligne de train que nous partageons... (Il en faut du temps pour dédicacer quand on est auteur de BD! ^^)


...Et retour en arrière le temps que D.I. interagisse avec Grand Corps Malade, qui a l'air très sympa!

(Non, ce n'est pas elle de dos.)

Puis un petit passage chez Olivier Gay, qui n'est pas au courant qu'il dédicace au Virgin de ma ville le mois prochain (dans son enthousiasme pour son œuvre, le personnel dudit Virgin a-t-il déliré?). Vivement que ses livres sortent en poche, que je puisse me les acheter, car il est très sympa (lui aussi).

Livre: Les talons hauts rapprochent les filles du ciel.
 
Et pour finir, deux hors-série du Monde pour le prix d'un. Vivement qu'ils s'intéressent à Zola. :)


Le clin d'oeil de la fin: Cette année aussi, j'ai rencontré Superman. Mais sans Superwoman cette fois-ci.


Vivement l'année prochaine pour participer (enfin!) aux Rencontres de la Traduction que j'ai loupées cette année pour raisons professionnelles... Et d'ici là, lisons, lisons, lisons!

vendredi 8 mars 2013

Madrid

À Madrid...

...on mange des churros trempés dans du chocolat chaud...


...et des parts de torta de queso (gâteau au fromage) à tomber...


...on constate que les éditeurs espagnols ont compris que la série Le Trône de fer ne fait pas 15 tomes et que chaque tome a un titre bien pensé...


...que P. D. James semble cartonner...


...que Musso est là-bas aussi...


...tout comme Levy...


...et, de manière plus surprenante et réjouissante, Carrère...


...on cherche (et on trouve) le restaurant du Capitaine Alatriste...


...où l'on observe le menu...



 ...mange dans des assiettes portant le célèbre A...


...et paye une addition assez salée...


...on passe voir les bouquinistes...


...l'un desquels vous fait cadeau d'un petit bloc-notes et de trois marque-pages...



...on marche jusqu'au musée des sciences naturelles...


...où l'on rencontre de merveilleux, magnifiques et nombreux dinosaures...






...on bave devant la vitrine d'une boulangerie irrésistible...


...devant une très belle édition des livres de Tolkien...


...et devant des multitudes d'exemplaires des aventures d'Alatriste...


...on visite le Palais royal, où l'on contemple des armures pour chevaux que l'on n'a pas le droit de photographier et que l'on achète donc en carte postale...


...en même temps que de merveilleux marque-pages à armes anciennes qui seront si bien adaptés aux livres du capitaine Alatriste...


...et pour finir on rentre chez soi avec des achats plutôt modestes, mais simplement merveilleux...



...ainsi qu'une lecture équestre pour varier les plaisirs.