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mercredi 11 décembre 2019

Un été pour mémoire (1985)

Chronique express!


Dans Un été pour mémoire de Philippe Delerm, le narrateur – qui n'est, a priori, pas Delerm en personne – est de retour à Labastide, près de Montauban, suite à la mort de sa grand-mère. Il se remémore ses souvenirs d'enfance et commence un été qui sera le dernier, ses oncles et tantes ayant décidé de vendre la vieille maison familiale...

J'ai vu des chroniqueurs qualifier ce roman de "poème en prose" et je trouve que cela rend bien l'idée de cette rédaction soignée et magique, dans laquelle se reflètent le rythme des pensées et le fil des souvenirs. L'ouvrage est très différent des œuvres de Delerm que j'ai lues jusqu'à maintenant, qui se découpaient en courts chapitres portant sur des sujets indépendants les uns des autres. Ici, le narrateur raconte son été de manière relativement linéaire à partir du trajet en voiture qui le ramène dans les terres de son enfance: le retour dans la maison, les retrouvailles avec la famille à l'occasion de l'enterrement, les longues parties de pêche solitaires au bord de la Garonne, la rencontre d'une petite fille, Marine, et enfin le départ en septembre. Si certaines phrases sont un peu bizarres ou confuses, comme une légère crise de lyrisme, le ton est dans l'ensemble très beau et tout à fait déchirant tellement il capture bien la saveur d'éternité des souvenirs d'enfance – une époque envolée à jamais.
"Brétounel, Camparol, Gandalou, la vie de ce temps-là inventait les couleurs, il ne reste que la chanson, Camparol, Gandalou, grand-mère quelque part dans la douceur des mots d'avant."
Fatalement, tout ceci m'a tiré des larmes. Bref, lisez Philippe Delerm...

lundi 3 septembre 2018

La gamelle d'août 2018

Le mois d'août est toujours un entre-deux pour moi: les cours de yoga et d'équitation étant suspendus, j'ai beaucoup plus de temps libre et je peux me poser et lire des pavés ou des magazines. Ou regarder des tas de films. Ce billet étant très long, je vous suggère de vous préparer un petit café pour lire tout ça. ^^

Sur petit écran

Knights of the Round Table de Rochard Thorpe (1952)


Suite à un amusant challenge consistant à partager des photos de films sur Facebook, j’ai été prise d’une envie impérieuse de revoir ce film des années cinquante qui m’a énormément marquée quand j’étais enfant. Tout ça est extrêmement désuet mais le plaisir est toujours au rendez-vous. J’aime ces histoires de chevaliers nobles et intrépides, complètement déconnectées du mythe arthurien (Mordred est le mari de Morgane, pas son enfant, et a le même âge qu’Arthur ^^) et de la réalité historique (avec des armures du XIVe dans l'Angleterre du Ve), et l’amour-passion à première vue entre Lancelot (Robert Taylor) et Guenièvre (Ava Gardner). Notons que Berrick, le cheval de Lancelot, joue un rôle décisif à la fin. Je me demande si ma passion du cheval ne tient pas son origine de ce film. ^^

Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès (2003)
Vert m’avait dit du bien de cette adaptation "délicieusement insolite" du roman de Gaston Leroux est l’expression me semble bien trouvée; ce film a quelque chose de décalé et d’excentrique, notamment dans le personnage de Rouletabille campé par Denis Podalydès et les étranges machines du château du Glandier (avec notamment un train miniature qui roule en transportant une grosse bille 😂). L’adaptation est extrêmement fidèle au livre mais apporte un vrai plus si on l’a lu. Seul hic: j’ai dû mettre les sous-titres pour malentendants car certains acteurs articulaient si peu que je ne comprenais pas toutes les répliques! 😂

E.T. de Steven Spielberg (1982)
J'ai enfin rattrapé cet immense classique que je n'avais jamais vu (ou plutôt dont j'avais entrevu le début quand j'étais enfant et que je n'avais pas regardé car j'avais eu peur). J'ai beaucoup apprécié cette belle histoire sur l'amitié et l'enfance avec ses gamins déterminés, têtus et débrouillards (la course-poursuite en vélo a dû faire fantasmer bien des pré-ados et des ados ^^) et ses belles émotions (le vol en vélo, la séparation finale), le tout présenté avec un humour très sympathique (E.T. ivre, E.T. qui se cache parmi les peluches 😂). Bon, j'ai trouvé qu'Elliot, le personnage principal, chouinait beaucoup, mais son grand frère et surtout sa petite sœur (géniale Drew Barrymore 😂) rattrapaient bien.

Hannah Montana, le film de Peter Chelsom (2009)
OUI. Vous avez bien lu. HANNAH MONTANA, LE FILM. Je l'avais vu au ciné lors de sa sortie, j'avais bien aimé et je n'ai pas hésité quand j'ai trouvé le DVD dans l'entrée de mon immeuble. C'était génial. Chez Disney, il y a des experts dans les films musicaux pour grands enfants et pré-ados qui savent parfaitement monter ces histoires d'amour musicales en leur donnant du rythme et de l'humour (le coup du furet m'a fait mourir de rire). C'est incroyablement lisse, naïf et simpliste, hein, mais j'adore, exactement comme j'adore High School Musical 3! Quelle différence avec Love, Simon, que j'ai trouvé sympathique mais que je ne reverrai probablement jamais? Je crois que c'est juste la présence de la musique, qui me replonge dans ma propre adolescence (et, ici, la vie à la ferme avec le beau cow-boy et les chevaux qui galopent dans l'herbe verte). À noter que Taylor Swift chante une chanson pendant la soirée country. ^^

The Queen of the Damned [La Reine des damnés] de Michael Rymer (2002)


Quinze ans plus tard, j'ai enfin vu en entier la suite d'Entretien avec un vampire, largement précédée par une réputation catastrophique. En fait, ce n'est pas si mal, et c'est même assez fidèle au livre d'Anne Rice dans les grandes lignes (le retour de Lestat et le réveil d'Akasha à cause de la musique, la fureur des autres vampires, le plan un peu pourri d'Akasha - justifié par le fait qu'elle sort de trois ou quatre mille ans d'hibernation et ne sait pas que le monde a changé). Ce qui est douloureux, c'est le look gothico-métrosexuel (je ne sais pas trop comment qualifier ça!) des vampires et les effets spéciaux moches, notamment quand les vampires volent. Ce n'est pas juste parce que le film a quinze ans, c'est vraiment moche en soi. Et ce qui est épouvantable pour qui apprécie les livres, c'est le chamboulement du personnage de Marius, qui récupère des traits de Lestat et n'a plus rien à voir avec le Romain posé et raisonnable qu'on aime tant. Sinon, la musique est géniale si vous aimez le métal du début des années 2000. J'ignorais que tant de chansons connues avaient été utilisées dans ce film et ça m'a temporairement rajeunie. 🎸🎶

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2 de David Yates (2011)
Vu en partie à la télé. Je ne l'avais pas revu depuis sa sortie au cinéma. Purée les souvenirs de Snape et les apparitions dans la Forêt interdite, j'ai fondu en larmes.

Sur grand écran

Mission: Impossible - Fallout de Christopher McQuarrie (2018)


Mission accomplie pour Tom Cruise qui saute en parachute, fait de la moto et de l'hélicoptère, court beaucoup, conçoit des plans très malins et retrouve même son ex-femme dans ce sixième opus de Mission: Impossible. J'ai vraiment beaucoup apprécié un tas de choses, notamment la scène des toilettes, malgré une courte inquiétude au début de la deuxième course-poursuite parisienne (la première avait déjà duré 15 minutes et j'ai eu peur qu'on reparte pour aussi longtemps). On peut regretter la surenchère de la fin, avec des hélicoptères en mauvaise posture sur une falaise et un compte à rebours déjà vu tant de fois, mais c'est de bonne guerre. À noter que les filles ne font pas de la figuration ici et c'est bien!

Fight Club de David Fincher (1999)
Une séance UGC Culte que je chroniquerai bientôt en détail.

The Children Act [My Lady] de Richard Eyre (2017)


Un beau film tout en finesse sur une juge spécialisée dans les affaires familiales confrontée au cas d'un mineur refusant une transfusion sanguine pour des raisons religieuses – et sur les suites de cette affaire, le jugement en lui-même n'occupant que la première partie du film. Emma Thompson joue superbement bien cette femme grave, raisonnable, très humaine sur certains points et terriblement dure sur d'autres. J'ai aussi beaucoup apprécié Stanley Tucci (déjà vu dans Transformers 4 😂), qui joue son mari, un homme tout en retenue et un véritable compagnon de vie. Toutefois, la deuxième partie de l'intrigue m'a beaucoup moins plu que la première et je n'ai pas trop su comment interpréter la fin. À voir néanmoins pour le traitement très humain et empathique de certaines questions délicates et la tolérance qui s'en dégage. Note pour moi-même: Richard Eyre a aussi réalisé Notes on a Scandal et The Other Man.

Gattaca [Bienvenue à Gattaca] d'Andrew Niccol (1997)


Un beau film que je suis ravie d'avoir découvert grâce aux séances UGC Culte. La photographie est superbe et la musique s'y marie à merveille. C'est un film qui explore toutes les possibilités de son postulat de départ, la société tout entière étant façonnée par le patrimoine génétique de chacun, et qui aborde un thème qui me parle: jusqu'où on est prêt à aller pour ce qu'on veut. La citation à retenir: "That's how I did it. I never kept anything for the swim back."

BlackkKlansman de Spike Lee (2018)
Un film intéressant de par son histoire et le contexte historique, mais que j'ai trouvé forcé tant dans son humour (ces plans dont on voit qu'ils sont mis là pour faire rire) que dans la manière de faire passer le message. J'aurais apprécié un peu plus d'intelligence chez les membres du Ku Klux Klan, qui sont globalement bêtes et grotesques, comme si le fait qu'ils soient des suprématistes blancs ne suffisait pas. 😂😱

Du côté des séries

Mon copain a soudain replongé dans la saison 5 d'Angel. C'est dramatique car je me retrouve gluée à la télé et que je ne lis pas. Mais c'est bien parce que Angel c'est trop génial.

Et le reste

Je chronique rapidement ici Ma grand-mère avait les mêmes. Les dessous affriolants des petites phrases de Philippe Delerm, que j'ai trouvé dans ma location de vacances (quel bonheur, d'ailleurs, de s'installer dans une chambre donnant sur la plage, avec la perspective d'une semaine de calme et de lecture devant soi, et d'y découvrir un livre d'un écrivain qu'on adore! 💖). C'était très sympa, comme d'habitude. Delerm fait plus ou moins toujours la même chose mais il le fait très bien. J'adore. À noter que le texte sur Deauville et Trouville m'a poussée à m'interroger sur la façon dont je me suis "construit une personnalité" à certains moments de ma vie et tends malheureusement à le faire encore...

Un mot aussi sur Les Révoltés de la Bounty et Maître Zaccharius de Jules Verne, un Folio à 2€ que j'ai relu après Les Enfants du capitaine Grant. Les Révoltés est un texte intéressant du point de vue historique, mais n'est pas ce que j'appellerai une œuvre littéraire: Verne raconte les évènements très sobrement, sans romancer. C'est plaisant mais il ne faut pas lire ça pour connaître l'auteur! Maître Zaccharius est quant à lui très atypique puisque c'est une nouvelle fantastique, l'histoire d'un horloger suisse réputé qui voit ses clients lui rapporter toutes ses montres et horloges en panne. La fin est expédiée et n'est pas dénuée de bondieuserie. J'ai l'impression que ce recueil intéresserait plutôt quelqu'un qui connait déjà bien Verne et veut en voir une autre facette.

Côté BD, j'ai lu Le Grand méchant renard de Benjamin Renner, une histoire délicieuse et drôle que je recommande autant que le film qui en a été tiré (j'en ai dit deux mots ici). Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie vers l'avis de la petite marchande de prose.

Côté revues, le mois a été faste puisque j'en ai lues quatre!

Tout d'abord, un numéro de Yoga Journal donné par ma prof de yoga. Intéressant, motivant pour pratiquer le yoga en l'absence de cours, mais beaucoup plus hippie/barré qu'Esprit Yoga et donc moins crédible/intéressant/légitime pour moi.

J'ai également lu L'Homme-livre, un volume offert par ma librairie à l'occasion de la journée des librairies indépendantes. Des éditeurs et éditrices présentent un livre qui les a marqués. J'ai trouvé tout cela extrêmement nombriliste et intello, c'était vraiment dispensable (une lecture pour ne pas s'ennuyer aux toilettes, en fait), mais quelques textes étaient intéressants et Éric Poindron du Castor Astral m'a fait mourir de rire avec une définition extraite du Bibliolexique à l'usage de l'amateur de livres de Jean-Paul Fontaine: "ainsi, celui qui manifeste une obsession pour le classement des livres apprendra avec effroi qu'il est un 'bibliothécomane. - gr. thêké, armoire, et mania, folie'". 😂 Il faut que je me procure ce bouquin!

J'ai ensuite revécu l'exposition Enfers et fantômes d'Asie du musée du quai Branly, visitée au printemps, grâce au hors-série de Connaissances des arts qui lui est consacrée. C'est très intéressant de revoir les œuvres quelque temps après l'expo, je pense que cela m'aidera à "m'approprier" les informations et à mieux les retenir. J'achèterai à nouveau ce type de magazine si je visite des expos qui s'y prêtent. À 10€ les 40 pages, c'est cher, mais ça reste donné par rapport au catalogue.

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Mag habituel.


Et voilà! Après ce mois faste, septembre s'annonce nettement plus normal. Vivement les prochaines vacances! ^^

mardi 6 mars 2018

Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre (2015)

Chronique express!


Fidèle à lui-même, Philippe Delerm explore dans Les eaux troubles du mojito de petites tranches de vie synonymes de bonheurs plus ou moins grands. Le format est toujours le même, avec deux ou grand maximum trois pages par texte. La nouveauté me semble être que Delerm lui-même se cache derrière ce "on" qui sourit doucement en voyant de jolies choses, avec des textes qui font clairement référence à des choses qui lui sont arrivées (je pense par exemple au concert, une anecdote à laquelle on peut plus difficilement s'identifier qu'à d'autres). Le ton est toujours le même, simple, bienveillant et mélancolique à la fois, avec des passages poignants de bonheur (le temps qui s'étire au bord de la mer, un soir d'été, quand on repousse le moment de mettre fin à la journée). Je souligne toutefois la présence d'un texte extrêmement triste sur une personne âgée et malade qui a bien failli me faire fondre en larmes... Alors, certes, la découverte et la fascination associées à la Première gorgée de bière ne sont plus là, mais je garde toute mon admiration et mon amour pour cet écrivain décidément bien talentueux et qui a, je crois, tout compris à la vie.

lundi 11 décembre 2017

Il avait plu tout le dimanche (1998)

Chronique express!


Les fidèles lecteurs de ce blog ont pu le constater: j'adore Philippe Delerm et ses écrits-instantanés pleins d'humanité et très touchants. Il avait plu tout le dimanche ne fait pas exception à la règle. Si l'on suit un seul personnage, Monsieur Spitzweg, et qu'on a donc un peu plus affaire à un roman qu'à un recueil de textes, chaque chapitre est néanmoins plus ou moins indépendant des autres et aborde un sujet différent. Ainsi, notre Monsieur Spitzweg, alsacien d'origine et célibataire qui vit et travaille à Paris, va tour à tour partager ses pensées sur les expositions parisiennes, l'art moderne, ses vacances à Ostende, le métro, etc. J'y ai trouvé, une fois de plus, une justesse incroyable dans la description de certains ressentis. C'est un vrai bonbon à suçoter lentement, une parenthèse de douceur qui fait du bien mais de la peine aussi, car ce livre parle de la solitude et serre le cœur. Je m'y suis beaucoup reconnue et j'ai encore une fois pensé que Delerm est décidément un écrivain bien talentueux!

Une petite déception pour le titre, que je trouve superbe mais qui est emprunté à un Maigret. Car Monsieur Spitzweg lit des Maigret... 😉

Autres petits bijoux de Delerm déjà chroniqués sur le blog

mercredi 24 mai 2017

La sieste assassinée (2001)

Chronique express!


Angers, une bouquinerie, un Philippe Delerm à 3€... Le bonheur.

Avec ses tout petits chapitres, La sieste assassinée est très similaire à La première gorgée de bière (et, j'imagine, à toute l’œuvre de Philippe Delerm). Mais là où La première gorgée parle de "plaisirs minuscules", de petits bonheurs, La sieste assassinée a un horizon plus large et parle d'instants de vie en général, en bien comme en mal.

Quelques souvenirs:
Le temps est comme suspendu dans Il va pleuvoir sur Roland-Garros, on est un peu gêné et honteux dans Rencontre à l'étranger (tellement vraie cette histoire, ça m'a serré le cœur), on se retrouve forcément dans Le oui oui au coiffeur. Le présent des bios m'a aidée à comprendre pourquoi les notices bibliographiques me dépriment autant, j'ai eu un cafard d'amitié et de famille violent avec Juste une omelette, comme ça, j'ai regretté avec Vous êtes bien, là! et je me suis sentie une adulte avec Correspondance.

Une belle panoplie d'émotions en à peine 96 pages qui se lisent en une heure... Et pourtant beaucoup de sérénité parce que c'est juste la vie, tout ça, et que dans les mots de Delerm ça n'a pas l'air si vain et si terrible.

Autres merveilles de l'auteur déjà chroniquées sur ce blog

mardi 18 avril 2017

Enregistrements pirates (2003)

Chronique express!

De Philippe Delerm, j'ai lu et adoré La première gorgée de bière, un tout petit livre racontant des bribes de vie, des moments pleins de sérénité et de bonheur avec une justesse et une émotion touchantes.


Enregistrements pirates est un peu dans la même veine puisqu'il se compose de courts chapitres sur des impressions fugaces, des instants saisis au passage, un peu comme des brèves de comptoir. On commence par exemple par croiser une femme qui promène son chien place Saint-Sulpice, mais on voyagera aussi dans un train à destination de Paris et dans un RER, on recevra des textos et une lettre de Suède, on croisera un autre chien qui "n'est pas méchant" et on mangera la pizza dans le sud. Au total, une trentaine de chapitres de trois ou quatre pages chacun pour saisir une ambiance ou un échange, avec des mots justes, soigneusement travaillés (je crois que Delerm est ce que je lis de plus poétique!). Ce qui est étrange, c'est que des souvenirs remontent en lisant ces rencontres d'un autre avec des inconnus, par exemple à propos du déballage d'un cadeau qu'un enfant a déjà ou de cette histoire de pizza (la différence fondamentale entre manger une pizza et la pizza). Certains passages font sourire, d'autres font piquer les yeux (un quai de gare en Normandie, une fin de week-end, un train qui arrive, des couples qui se séparent, des gens qui rentrent chez eux). Dans tous les cas, j'ai l'impression que Delerm met le doigt sur quelque chose de profondément humain et, ai-je envie de dire même si Annie Ernaux fait justement remarquer que ce n'est pas le bon terme (il faudrait parler de collectif), d'universel. Il m'explique un peu la vie... 💞 La première gorgée de bière est plus remarquable, mais ces Enregistrements pirates offrent une heure de bonheur et c'est déjà beaucoup.

Le petit truc que je ne veux pas oublier: J'ai trouvé ce livre dans mon local poubelles, abandonné avec quelques congénères. 💖

mardi 6 septembre 2016

La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997)

Chronique express!


Après avoir lu Les vrais bonheurs, j'ai voulu relire La première gorgée de bière de Philippe Delerm. Il y a quelques années, c'est l'un des premiers livres de littérature contemporaine qui m'ont fait découvrir qu'il y a autre chose que Lévy et Musso en librairie. C'est vraiment un livre touchant et plein d'humanité. Il met parfaitement bien le doigt sur ces toutes petites choses qui rendent le quotidien plaisant ou serein. J'aime particulièrement Aider à écosser les petits pois, On pourrait presque manger dehors, Aller aux mûres, Le bibliobus, mais tous les mini-textes de ce mini-livre sont très réussis. C'est une lecture-doudou, une heure de cocooning devant la cheminée ou dans un beau jardin (même si vous n'avez pas de cheminée et pas de jardin). Je dois tout de même dire que j'en gardais un souvenir encore plus excellent; peut-être l'effet de surprise est-il passé puisque c'est ma troisième lecture. Mais c'est vraiment une rencontre littéraire qui en vaut la peine (et c'est immensément mieux que Les vrais bonheurs!).