jeudi 31 mars 2016

Shield of Thunder (2007)

Deuxième tome de la trilogie de Troie après Lord of the Silver Bow, Shield of Thunder est également le dernier livre entièrement réalisé par Gemmell lui-même et le premier à être publié après son décès, l'auteur étant mort deux mois avant la publication. C'est sa femme Stella qui a bouclé la trilogie l'année suivante.


Sans surprises, j'ai adoré ce deuxième tome, que j'ai trouvé juste trop bien et trop génial, et qui m'a fait sérieusement penser que j'avais affaire à ce que Gemmell a fait de mieux, avant même Légende, que j'aime pourtant d'amour.

Comme dans le premier tome, on suit principalement trois personnages qui se rencontrent sur la Méditérannée: Piria, une prêtresse en fuite qui se rend à Troie pour retrouver son grand amour; et Kalliades et Banokles, deux soldats mycènes hors la loi, qui tentent d'échapper à la colère d'Agamemnon. Ces deux personnages étaient apparus à la toute fin du premier tome et j'ai adoré les voir prendre de l'épaisseur ici.

Cependant, on passe aussi beaucoup de temps avec d'autres personnages. Odysseus a droit à pas mal de chapitres, ce qui était vraiment fort plaisant vu que c'est le personnage le plus réussi de la série. On retrouve Andromaque que j'avais adorée et on rencontre Achille qui est particulièrement désagréable, tout comme les trois quarts des alliés d'Agamemnon.

Des intrigues secondaires du premier tome prennent une importance décisive: le passé de Gershom qui lui permet de faire intervenir un certain Prophète pour soigner son maître (et lancer ainsi un aspect historique que je n'avais absolument pas vu venir et que j'ai extrêmement hâte de lire); et surtout ce que Odysseus a fait pour protéger Helikaon des années plus tôt va soudain prendre une importance primordiale et précipiter la guerre de Troie.

Gemmell m'a d'ailleurs fait beaucoup de peine en donnant un tel relief à Odysseus pendant la toute première partie, seulement pour qu'on bascule aux deux tiers dans la séparation irréparable entre les deux camps. Priam, trop sûr de lui et de son fils imbattable, trop persuadé que sa ville est indestructible, est finalement victime de sa vanité et se fait un ennemi du roi qu'il ne fallait surtout pas faire basculer du côté d'Agamemnon. Et les amis d'hier finiront par s'entretuer demain...

J'ai bien sûr retrouvé quelques tics gemmelliens, comme la bonne vieille prophétie auto-réalisatrice, les éternelles considérations sur la peur, la mort, la barbarie et le sens de la vie, le sauvetage in extremis d'un combat désespéré... Mais tout ceci est amplement compensé par ces personnages et ces guerriers plus grands que nature, au premier rang desquels Banokles est décidément mon chouchou et m'a beaucoup rappelé Titus Pulo de la série Rome; et c'est la première fois que je rencontre un élément religieux lié à notre monde (via Gershom) et, surtout, si je ne me trompe pas, des personnages homosexuels et bisexuels.

En bref, j'ai adhéré corps et âme à ce roman, que j'ai fini au péril d'une nuit de sommeil pourtant précieuse, et ma seule véritable critique concerne l'accélération très marquée du rythme dans la troisième partie: les chapitres se font plus courts, l'action plus rapide, et on pourrait presque croire qu'on lit le plan du roman plutôt que le roman abouti lui-même. Ce qui est dommage en soi, mais amène à finir le livre en mode encore plus hystérique que précédemment tellement il se passe de choses.

Je redoute un peu de passer à Fall of Kings et de clore la trilogie. Stella Gemmell l'a terminé en se servant des notes de son mari: le changement de plume va-t-il se faire sentir? L'intrigue tiendra-t-elle la route? Mais, surtout, on sait comment s'est terminée la guerre de Troie, et je n'ai pas du tout hâte de voir la défaite et la mort engloutir tous ces personnages que j'ai aimés... :'(

mercredi 23 mars 2016

Le Roi en jaune (1895)

Une pièce de théâtre mythique, bannie partout dans le monde, fait des dégâts irréparables dans l'esprit de ses lecteurs s'ils ont le malheur d'entamer le second acte.


Le Roi en jaune de Robert W. Chambers est le genre de bouquin qu'on connaît de nom depuis des années sans réellement savoir de quoi il en retourne. On se dit à chaque fois "il faudrait que je le lise..." et on oublie jusqu'à la prochaine fois.

Et un beau jour quelqu'un s'en souvient pour vous et vous l'envoie. <3 :) <3

Ce livre est donc un cadeau, mais encore plus que ça c'est le cadeau d'une copine blogueuse, et il ne m'était jamais arrivé de recevoir quelque chose d'une copine blogueuse, ce qui fait qu'il aura toujours une place spéciale dans la bibliothèque. (Franchement Oukoulou t'aurais pu me le dédicacer maintenant que j'y pense... "Bonne lecture ! Dieu", ç'aurait été sympa! ^^)

Avant tout, il faut vous dire que le titre est un peu trompeur, puisque seules les quatre premières nouvelles de ce recueil parlent réellement de la pièce Le Roi en jaune. À partir de la cinquième, la pièce et le Roi disparaissent, et il n'y a même plus de surnaturel à partir de la septième (pour la sixième, je ne sais pas, vous verrez pourquoi).

Dans l'ensemble, le recueil est super efficace et plaisant à lire, même si les enchaînements de phrases sont parfois confus (ce qui est peut-être voulu pour montrer que les personnages ont perdu l'esprit?) et que j'ai terriblement douté du traducteur quand j'ai lu "il devient vous" à propos d'un habit (une traduction ratée de "It becomes you", qui signifie "Il vous va bien"?).

Le restaurateur de réputations
La première nouvelle donne d'emblée le ton du mythe du Roi en jaune, situé dans cet entre-deux nébuleux où l'on ne sait pas si l'on a affaire à la folie ou au surnaturel. À première vue, on pourrait croire à la folie, mais alors comment expliquer ces petits détails...? Notre narrateur, qui a lu Le Roi en jaune, travaille fiévreusement avec M. Wilde, restaurateur de réputations de son état, à l'avènement de la dynastie impériale d'Amérique.

Le masque
Un autre texte sous le signe du Roi en jaune, mais très différent. Il y a une touche de surnaturel, mais ce n'est pas là le propos principal: on parle plutôt d'une histoire tragique d'amour et d'amitié. Tout bascule quand l'un des personnages lit Le Roi en jaune...

Le Signe jaune
La nouvelle la plus véritablement glauque du recueil. Je l'ai trouvée vraiment très bien et particulièrement inquiétante et répugnante. On accompagne un peintre qui aperçoit un mystérieux gardien de nuit devant l'église devant chez lui. Puis une de ses toiles se comporte bizarrement et ses rêves prennent une tournure macabre... et son modèle lit Le Roi en jaune.

La cour du Dragon
Un homme épuisé, déboussolé après avoir lu Le Roi en jaune, cherche la guérison dans une église. Jusqu'à ce qu'il aperçoive l'organiste...

La demoiselle d'Ys
Une nouvelle classique utilisant un procédé que j'ai déjà vu ailleurs (par exemple dans la célèbre Apparition de Maupassant), mais jolie et efficace et mise en scène dans une Bretagne merveilleusement brumeuse. J'ai beaucoup aimé. C'est une histoire d'amour et il n'y a pas de Roi en jaune...

Le paradis du Prophète
Un très joli texte super bien fichu, sans Roi en jaune. Je n'ai rien compris mais c'était vraiment sympa. Je pense que c'est une histoire d'amour.

La rue des Quatre-Vents
Une jolie histoire d'amour triste que Zola n'aurait pas reniée. Un texte super efficace, à peine dix pages, sur un peintre parisien à qui un chat rend visite.

La rue du premier obus
Le meilleur texte du recueil à mon avis. Malgré un passage assez confus sur les motivations du narrateur rejoignant un régiment, c'est une nouvelle super efficace pour faire monter la tension dans le Paris assiégé de 1870. C'est aussi une histoire d'amour à la fin émouvante.

La rue Notre-Dame-des-Champs
J'ai moins aimé ce texte, qui m'a tellement peu marquée qu'il m'a fallu en relire plusieurs passages pour me souvenir de quoi il s'agissait. C'est l'histoire d'un jeune et naïf peintre américain fraichement débarqué à Paris, qui tombe, forcément, amoureux.

Rue Barrée
Un autre texte sur un peintre amoureux. Pas forcément mémorable, mais j'ai bien aimé le personnage de Rue Barrée (car ce n'est pas une rue de Paris, contrairement aux précédentes!).

Cette édition du Livre du Poche contient aussi un petit dossier sur les références au Roi en jaune dans la saison 1 de True Detective, ce qui m'a donné plutôt envie d'y jeter un oeil (chose que je dis depuis le début parce qu'elle est réalisée par Cary Fukunaga, soit dit en passant), mais je ne suis pas sure de pouvoir vraiment la tolérer (ça semble parler de choses qui me perturbent profondément) et la bande-annonce ne me donne pas énormément envie. Quelqu'un peut m'en parler?

En conclusion, une belle lecture très instructive, une expérience assez particulière, et une sacrée lacune de comblée! C'est une belle victoire! Et j'ai tellement envie de lire plus de fantastique...

Le petit plus que vous avez vraiment besoin de savoir:
Dimanche dernier, alors que je me baladais seule au fond des bois, je suis tombée sur une construction abandonnée recouverte d'un talus et d'arbres. Je suis toujours persuadée que je vais trouver un cadavre pendant mes balades, mais là, entre le gardien du Signe jaune et la bande-annonce de True Detective, dans ce bout de forêt perdu où on entend à peine l'A86 et où on ne croise pas plus d'une personne toutes les trois minutes, j'ai eu particulièrement peur de me faire découper en morceaux...

Allez donc voir ailleurs si ce Roi y est!

dimanche 20 mars 2016

The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society (2008)

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows a eu beaucoup de succès il y a quelques années et j'en avais entendu dire beaucoup de bien. J'ai enfin pu le lire après l'avoir trouvé dans une bouquinerie de Dublin. Maintenant que c'est chose faite, je peux confirmer tout le bien qui en a été dit, et même vous dire que je suis plutôt contente qu'un livre de ce type ait eu un vrai succès, ça relève un peu le niveau par rapport aux principaux grands vendeurs!


C'est en effet un roman épistolaire vraiment charmant, plein de douceur et d'optimisme, de joie de vivre et d'envie de bien faire, qui parle plutôt bien de la vie. Il m'a mise de bonne humeur mais m'a aussi serré le cœur et fait pleurer, parce qu'il n'est pas non plus naïf et béat. On peut certes se demander comment une telle concentration de gens sympas et un brin excentriques est possible en un seul et même endroit, sans qu'il n'y ait de véritable relou/méchant (les deux seules lettres vraiment négatives du livre sont très drôles), mais on parle aussi de la Deuxième Guerre mondiale et de la perte d'être chers et on ne perd pas de vue que la vie est aussi composée de moments très difficiles.

Les échanges de lettres tournent principalement autour de Juliet Ashton. Cette jeune femme britannique, qui s'est fait connaître en tenant une rubrique journalistique sur la vie à Londres pendant la guerre, reçoit un jour de 1946 une lettre d'un habitant de Guernesey. Cet inconnu lui explique en toute candeur qu'il a récupéré un livre d'occasion qui lui a appartenu (elle avait noté son adresse dedans) et lui demande si elle peut lui conseiller d'autres livres du même auteur, parce qu'il a beaucoup aimé cette lecture.

(Déjà, notez comment ce type de démarche est trop choupinou, on est tellement loin de la recherche Google...)

Juliet lui répond volontiers et commence à échanger non seulement avec lui, mais aussi avec les autres membres de la Guernesey Literary and Potato Peel Pie Society, un club littéraire aussi charmant que rigolo qui doit son nom à une tourte de pommes de terre cuisinée en plein rationnement. Bien sûr, Juliet finit par aller à Guernsey et plus ou moins tous les personnages du livre vont avancer dans leur vie grâce à cet échange.

Les personnages sont tous, ou presque, des lecteurs, ce qui donne lieu à pas mal de réflexions sur la place de la lecture dans la vie. Il y a quelques remarques un peu béates et bateau, mais sinon c'est très plaisant, et ce d'autant plus que l'histoire se passe à une époque très différente de la nôtre, quand chaque livre comptait et qu'un libraire se mettait à chercher un exemplaire d'occasion pour un client qu'il n'avait jamais rencontré et le lui envoyait par courrier dès qu'il le trouvait...

On parle aussi de la Deuxième Guerre mondiale et de ses conséquences sur Guernesey, occupée par les Allemands et coupée du monde. En toute objectivité, les habitants des îles anglo-normandes n'ont pas été les plus malheureux pendant la guerre, mais ils ont eu leur lot de souffrance et celle-ci n'est pas cachée. Il y a des passages poignants et des destins qui font réfléchir.

Il y a aussi un très court passage sur un chat, un petit conte qui ne tient pas du tout un rôle de premier plan dans le livre, mais que j'ai trouvé brillamment attribué à un auteur anglophone (que je ne citerai pas pour ne pas spoiler) et qui m'a fait fondre en larmes sur mon fauteuil, parce que c'était plein d'espoir malgré la tristesse et que j'ai tellement pensé à mon petit Chat qui me manque.

Un sympathique et plaisant bouquin plein d'humanité, donc, un feel-good book vraiment charmant que je suis ravie d'avoir lu.

Allez donc voir ailleurs si ces épluchures y sont!

samedi 12 mars 2016

La Fille du roi des elfes (1924)

Un copain m'a prêté ce roman de Lord Dunsany un soir où on parlait séries et bouquins. Le nom de l'auteur me disait quelque chose, mais j'aurais été bien incapable de citer son œuvre; c'est réparé! Notons au passage qu'il s'agissait d'un noble irlandais vivant dans un château qui rappelle furieusement Downton Abbey... ^^


Or donc. Ce roman raconte l'histoire d'Alveric, jeune héritier de la vallée des Aulnes, qui part à la recherche du Royaume Enchanté pour trouver et épouser la belle Lirazel, la fille du Roi des Elfes, à la demande de son père (qui agit lui-même à la demande de son peuple, qui souhaite que la vallée soit un jour gouvernée par un être magique afin qu'elle devienne célèbre). Alveric parvient à atteindre le Royaume Enchanté, il rencontre Lirazel et elle décide de fuir avec lui contre la volonté de son père (à elle). Pendant les quelques heures passées dans le Royaume Enchanté, dix ans ou plus se sont écoulés sur Terre; le père d'Alveric est mort et Alveric devient le seigneur de la vallée. Il épouse Lirazel et ils ont un enfant; mais Lirazel ne s'habitue pas au royaume des hommes, elle repart chez son père, Alveric la cherche partout sans la trouver car le Roi des Elfes a caché son Royaume, et pendant ce temps-là leur fils Orion grandit et chasse le cerf, puis la licorne.

(Je précise en passant que je n'ai pas du tout apprécié qu'on tue des licornes...)

Pour tout vous dire, j'ai trouvé ce roman peu abouti. L'histoire s'éparpille entre les différents personnages et leurs espaces-temps décalés, sans qu'on n'ait l'impression que l'auteur a un but précis en tête. Il y a pas mal de répétitions bizarres, dont je n'ai pas bien compris la raison d'être (par exemple dans le cas des deux personnages illuminés qui accompagnent Alveric dans sa quête), et parfois des incohérences (qu'advient-il de la première licorne qu'Orion pourchasse à travers le village?). Beaucoup d'éléments sont posés là sans explication et sans détails, comme les choux sous lesquels la sorcière Ziroonderel trouve la foudre avec laquelle elle crée l'épée d'Alveric, ou bien des phrases tombent comme des cheveux sur la soupe (du genre "Les chiens aboyèrent longtemps" à un moment où on a déjà été informés que les chiens aboient et où cela n'a pas d'importance pour le déroulement de la scène).

En parallèle, il se dégage une certaine nostalgie et une certaine tristesse de cette quête désespérée d'un royaume magique invisible, où se sont réfugiés tous les souvenirs de notre passé et où le temps n'existe pas, et quelques passages sont vraiment jolis. Sous cet aspect-là, je pense que Dunsany avait bien réfléchi à son idée (un peu comme je pense que Michael Ende avait tout compris à la vie quand il décrivait le Néant qui détruisait Fantasia, vous voyez?). La frontière vaporeuse entre la Terre des Hommes et le Royaume Enchanté est aussi réelle que symbolique, et j'ai bien aimé qu'on nous dise que la Terre est aussi étonnante aux yeux des créatures magiques que le monde des Elfes l'est pour les humains. Les licornes étaient belles et puissantes même si elles se faisaient manger, et j'ai particulièrement aimé les renards, qui se baladent entre les deux mondes et ramènent de là-bas leur petit air mystérieux. (Mais voici un autre exemple de passage bizarres: Dunsany nous dit deux fois que les renards doivent leur air mystérieux à leurs incursions dans le Royaume Enchanté, quasiment avec les mêmes mots, comme s'il avait oublié la deuxième fois qu'il l'a déjà expliqué avant...)

Évidemment, le thème de l'elfe immortelle qui tombe amoureuse d'un humain n'est pas sans rappeler Tolkien, mais avec quelque chose de beaucoup moins "conscient"; Lirazel n'a vraiment rien en commun avec Luthien, elle est en quelque sorte une fée décérébrée qui fait tout le temps ce qu'elle veut sans avoir conscience des difficultés et des conséquences potentielles. Son père, malgré des pouvoirs magiques colossaux et ses deux grands sortilèges, est complètement passif.

En fait, les êtres magiques de ce livre, elfes et trolls, sont plus similaires au "petit peuple" de Marion Zimmer Bradley ou Susanna Clarke, des voisins très différents de nous et très dangereux mais tout à fait inconscients de cela, et je dois dire que je ne suis pas très friande de ce genre de personnage.

Du point de vue stylistique, je dois aussi préciser que je me suis demandée si la traduction française n'était pas pour quelque chose dans la lourdeur générale des phrases et de leur enchaînement; mais je ne pense pas que j'aurais un jour le temps et l'envie nécessaires pour le relire en VO, et je laisse donc cette remarque à l'état de questionnement.

Une lecture en demi-teinte, donc, mais intéressante pour ses aspects positifs et bénéfique pour la culture gé. À essayer à l'occasion.

mercredi 9 mars 2016

Atlas des brumes et des ombres (2002)

Atlas des brumes et des ombres est un guide de lecture sur la littérature fantastique publié chez Folio SF par Patrick Marcel. Je voulais le lire depuis fort fort longtemps et cela a enfin été possible grâce à une amie qui me l'a offert pour mes trente ans.


Le livre est en deux parties: tout d'abord une rapide présentation de l'histoire du fantastique, puis les critiques de cent livres que l'auteur considère comme des classiques ou des incontournables du genre. C'était très intéressant, quoique résumé (forcément), et comme toujours ça donne envie de lire, lire, lire...! Vous pouvez voir les petits post-it dont j'ai parsemé mon exemplaire pour repérer facilement les livres qui m'ont le plus attirée. Ce qui est complètement décourageant, en revanche, c'est de voir que je n'ai dû lire que cinq ou six des cent œuvres conseillées, alors même que je me considère comme une amatrice de fantastique avant tout, et surtout de savoir à l'avance que, malgré toute mon envie, je ne lirai jamais tout ce que j'ai noté, par manque de temps, de moyens, d'organisation et de que sais-je encore...


Seul petit bémol objectif: quatorze ans après sa publication originale, cet Atlas mériterait d'être mis à jour. (Et sinon Patrick Marcel a écrit deux fois que le protagoniste d'Entretien avec un vampire est Armand, c'est un peu chaud comme bourde! =D)

Allez donc voir ailleurs si cet atlas y est!

dimanche 6 mars 2016

Les aventures illustrées de Sherlock Holmes (2009-2010)

Chronique express!




L'Homme m'a offert il y a quelque temps cette grosse bande dessinée, qui reprend les adaptations des quatre romans de Conan Doyle sur Sherlock Holmes réalisées par Ian Edginton et I.N.J. Culbard. (Pour rappel, Sherlock Holmes, c'est quatre romans et cinq recueils de nouvelles pour une grosse cinquantaines d'histoires au total.) Les BD font bien leur boulot: les dessins et le découpage sont clairs et agréables à lire et les scénarios et les personnages sont super fidèles aux originaux (tout du moins au souvenir que j'en ai). C'est particulièrement appréciable pour le personnage de Sherlock Holmes, que je trouve vraiment trop forcé dans les adaptations actuelles (et désagréable en plus, ce qui n'est jamais le cas dans les livres). Malheureusement, cette sobriété fait que les adaptations manquent un peu d'intérêt, il n'y a pas de véritable apport et ce n'est donc pas inoubliable à lire; mais je dois dire que ç'a été un plaisir de relire des enquêtes de Sherlock Holmes en accéléré, vu que je n'ai absolument pas le temps de remettre le nez dans les livres!




jeudi 3 mars 2016

La gamelle de février 2016

Après un mois de janvier qui n'était déjà pas franchement folichon, et les mois de novembre et décembre sous le signe du chômage technique, février a été le mois de la conspiration cosmique; je me suis sentie tout à fait persécutée et j'ai beacoup pensé à une réplique citée par mon prof de philo du lycée: "J'ai changé d'avis. Dieu existe, et il me déteste".

Il est donc plutôt encourageant de voir que même une période particulièrement décourageante peut présenter de bons moments. 

Sur petit écran

Le Royaume de Ga'Hoole - La légende des Gardiens de Zack Snyder (2010)
J'ai revu avec grand plaisir ce film d'animation peuplé de chouettes et de hiboux, qui m'avait déçue au cinéma mais dont la bande-annonce me revient régulièrement en tête. Je trouve qu'il a un souffle épique assez remarquable pour un film pour enfants et des plans superbes; j'ai vraiment couiné de plaisir en me croyant un peu dans Le Seigneur des Anneaux. Point de vue scénario, c'est l'éternelle histoire du passage à l'âge adulte et de la lutte contre le mal: rien de très original, mais c'est sympa de faire ça avec des chouettes, et puis j'aime bien qu'on m'explique la vie, comme vous le savez...
J'en retiens plus que jamais la phrase "When you've flown as far as you can, you're half-way there", synonyme pour moi de l'éternel challenge de l'équitation.
Dommage que Netflix ne propose pas la VO, par contre...


Sur grand écran

Spotlight de Tom McCarthy (2015)
Un film très prenant sur le groupe de journalistes ayant révélé le scandale des prêtres pédophiles de Boston. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'on voie leurs recherches "à l'ancienne": c'est une enquête d'avant l'ADSL et les réseaux sociaux et ça sent bon le crayon à papier et la presse qui tourne! Les acteurs sont plutôt bons et l'intrigue édifiante, mais menée aussi avec beaucoup de pudeur pour les victimes mises en scène. Quelle tristesse, tant de vie brisées... Je suis sortie de la séance en me demandant un peu qu'est-ce que je fais, moi, pour améliorer le sort de l'humanité.

Deadpool de Tim Miller (2015)
HMPF. J'ai très modérément ri face à ce film que j'ai trouvé quand même vachement oubliable. J'entendais mon mec et la salle rire aux éclats et je me demandais un peu qu'est-ce qu'il y avait de si drôle... Bon bon, certes on se moque des super-héros et il y a pas mal de clins d’œil, mais bon voilà. Et le méchant n'a aucun intérêt, une erreur dramatique dans un film du genre...

Joséphine s'arrondit de Marilou Berry (2016)
Une comédie française sur la grossesse. J'ai passé un très bon moment et j'ai bien rigolé (par moments, je me suis même tenue les côtes). J'adore Marilou Berry et j'ai très envie de revoir Vilaine depuis. Je le conseille vraiment.


Avé César des frères Cohen (2016)
Un film sur l'âge d'or d'Hollywood, entre péplums, western, comédies musicales et péril communiste. Pas mal pas mal. J'ai ri et je pense que c'est la première fois que j'apprécie un film des frères Coehn! La scène des quatre dignitaires religieux est juste délicieuse, les deux persos de Tilda Switon sont excellentissimes et il y a Channing Tatum qui danse et qui chante, ce qui est toujours bien (hystérie!); par contre, j'ai été un peu déçue par la fin.

The Finest Hours de Craig Gillespie (2015)
Un film catastrophe pas mal du tout sur le sauvetage improbable et héroïque d'un pétrolier brisé en deux par une tempête (oui, oui). J'y ai cru et du coup j'ai vécu deux heures d'angoisse, moi qui ne sais pas nager et qui ai peur de l'eau. À part une scène qui m'a semblé vraiment trop poussée (la sortie de la baie sur des vagues gigantesques), j'ai trouvé le tout très bien fichu (enfin sauf Chris Pine qui n'est décidément pas à mon goût comme acteur). Ça fait plaisir de voir Eric Bana (quoique dans un petit rôle) et Casey Affleck était incroyablement juste, c'était un plaisir; et puis il y avait Abraham Benrubi, Kubiac de Parker Lewis ne perd jamais!

Du côté des séries

Downton Abbey
Et voilà, Downton, c'est fini! Je ne veux pas spoiler la conclusion mais je suis vraiment ravie de la tournure de cette saison 6. Les choses se sont enfin arrangées pour un couple que je ne supportais plus tellement il était persécuté par le sort, un ou deux personnages très autoritaires ont été un peu remis à leur place... Mais surtout, j'apprécie le triomphe de la force tranquille, cette espèce de droiture morale que j'admire tant chez ces personnages qui ne s'apitoient pas sur leur sort mais essayent toujours, tant bien que mal, d'aller de l'avant et de traiter leurs proches et leurs subordonnés avec justice.
Downton me donne vraiment confiance en l'humanité, sans pour autant tomber dans la naïveté puisque nous avons eu affaire à bien des coups durs et bien des bassesses, et je pense que je me demanderai désormais "What would Mrs Hughues do?" ou "What would Cora do?" ou "What would Thomas do?" si j'ai à prendre une décision difficile!
Jusqu'au bout, la vieille Dowager Countess campée par Maggie Smith a été mon personnage préféré, suivi de près par Molesley dans les deux dernières saisons. D'une manière générale, de toute façon, j'ai aimé tellement de personnages dans cette série que j'ai un peu l'impression de perdre des amis maintenant que c'est fini... :( Je n'avais jamais vu une série camper aussi bien un si grand nombre de personnages aussi bien et j'ai aimé les voir évoluer au fil des épisodes, j'ai l'impression d'avoir un peu grandi avec eux depuis la saison 1.
J'en retiens aussi une mise en scène vraiment superbe et un discret féminisme qui me semble grandement le bienvenu dans le monde d'aujourd'hui: les femmes de Downton n'ont rien à envier à leurs hommes, elles ne sont ni frivoles ni décérébrées même si elles vivent dans une société qui ne les autorise pas à voter, elles se battent pour ce qu'elles veulent et elles marchent résolument dans les pas de Jane Eyre.
Bref, pour conclure, Downton = FOREVER.


Autrement, j'ai regardé quelques épisodes de la première saison de Star Trek, et le premier épisode de la saison 5 d'Inspecteur Barnaby.

Et le reste

J'ai lu des petits numéros de Red Sonja et Howard the Duck que l'Homme a reçus dans une box. Le Red Sonja ne m'a pas plu du tout, contrairement à une autre version que j'avais lue il y a quelques mois, mais par contre Howard the Duck donnait assez envie, ça a l'air vraiment bien fichu.

Et puis sinon, bien sûr, j'ai lu le Cheval Magazine de mars. :)

Et voilà!
"Tchou bisous!"