mardi 29 septembre 2015

Contes de Perrault (1691-1697)

La plupart des Contes de Perrault font partie intégrante de la culture populaire; on les a lus enfant et on a vu les adaptations Disney ou les réinterprétations Dreamworks. Quid de ce retour aux sources?


Les Contes se composent de deux recueils oubliés à des dates différentes, Contes en vers et Histoires ou Contes du temps passé.

Contes en vers
Griselidis
Peau d'Âne
Les Souhaits ridicules

Histoires ou Contes du temps passé
La Belle au bois dormant
Le Petit chaperon rouge
La Barbe bleue
Le Maître chat ou le Chat botté
Les Fées
Cendrillon ou la petite pantoufle de verre
Riquet à la houppe
Le Petit Poucet

Premier constat: Quatre de ces Contes sont très peu connus; je n'avais jamais entendu parler de Griselidis par exemple. Deuxième constat: les trois premiers, plus anciens, sont en vers! Ils se lisent très facilement mais c'est un peu déstabilisant au début.  Troisième constat: on peut réellement parler de redécouverte, étant donné que pas mal d'éléments ont été retirés des différentes adaptations que je connaissais. Saviez-vous que les aventures de la Belle au bois dormant continuent après son mariage et que Cendrillon n'est pas allée une fois au bal avec ses pantoufles de verre mais deux?

Dans Peau d'âne, j'ai été étonnée de découvrir que l'héroïne prend la fuite en se cachant sous une peau d'âne pour échapper à son père, devenu amoureux d'elle; dans Le Petit chaperon rouge, je m'attendais à avoir arriver le chasseur.

La moralité des contes est assez transparente, les bons et les persévérants étant toujours récompensés par le sort alors que les sots et les méchants sont punis. Perrault en explicite en outre quelques unes, en vers, après des contes en prose. Apparemment, le XVIIe commençait à se passionner pour l'éducation des enfants et Perrault s'est inspiré des récits oraux des campagnes pour fournir des contes destinés à édifier les enfants. Je trouve que c'est plutôt réussi. Ils ont indubitablement un côté vieillot, mais c'est fort plaisant et plutôt efficace pour aborder en douceur des thèmes difficiles (l'inceste dans Peau d'âne, le prédateur sexuel dans Le Petit chaperon rouge – celle-là crève les yeux à mon avis –, la pauvreté dans Le Petit Poucet).

Une lecture fort plaisant en définitive, qui donne envie d'aller voir du côté des Grimm...

Pourquoi ce livre?
Parce que j'ai visité le château de Breteuil dans les Yvelines en août et que de nombreuses scènes des Contes y sont représentées, Perrault ayant séjourné sur place.

samedi 26 septembre 2015

Marie-Antoinette (1932)

Avec cette lecture, j'ai fait une double découverte, puisque je connaissais à peine la vie de Marie-Antoinette et ne connaissais Stefan Zweig que de nom. Cinq cent pages plus tard, je suis nettement plus informée sur la tristement célèbre reine de France et je pense avoir un bon aperçu de la plume de Zweig.


Encore une fois, j'ai laissé pas mal de temps entre ma lecture et ma chronique et je n'ai donc plus les idées très claires. Mais il est certain que j'ai lu ce bouquin avec beaucoup de plaisir et que je suis rentrée dedans avec enthousiasme parce qu'il "ouvre la porte de l"Histoire". C'est un peu cliché de dire ça comme ça, mais c'est vrai! :) Quand on s'y intéresse dans le détail, les ramifications de la vie des grandes figures du passé sont fascinantes. Malgré son absence totale d'intérêt pour la politique, Marie-Antoinette a joué un rôle de premier ordre dans l'Europe du XVIIe: une princesse d'Autriche qui épousait le futur roi de France, c'était la promesse de la paix entre deux vieilles rivales qui s'affrontaient depuis des lustres. Cela, en soi, était déjà considérable. Mais en plus sa chute a représenté celle de tout un monde et là, on entre presque dans l'épique...

En toute objectivité, Zweig ne brosse pas un portrait tellement flatteur de Marie-Antoinette. Il semble qu'elle ait vraiment été une princesse gâte et écervelée, qui ne pensait qu'à ses robes et ses soirées et s'ennuyait profondément dès qu'on tentait de lui faire lire un livre ou de l'intéresser à quelque chose d'un tant soit peu sérieux. Mais on sent qu'il l'aime beaucoup et prend en quelque sorte son parti dès le début. À la fin, après le départ de Versailles, il souligne aussi combien elle a essayé de faire face comme elle le pouvait à la situation et a mobilisé toutes ses ressources intellectuelles pour sauver sa couronne et sa famille.

Soulignons tout de même qu'elle gagne presque à être comparée à Louis XVI, qui semble avoir été le roi le plus mou de l'histoire et qui pensait plus à chasser le cerf qu'à gérer son royaume.

Bref, impossible de ne pas s'y attacher un minimum et donc de redouter la fin, pourtant connue d'avance. J'ai été vraiment émue par les dernières pages et j'ai pas mal ruminé sur la Révolution (un épisode historique que je ne suis pourtant pas amenée à "glorifier" vu que la France avait un empereur à peine quinze ans après avoir renversé le roi ^^) et la Terreur. Saviez-vous que le tribunal qui a jugé Marie-Antoinette est allé jusqu'à l'accuser d'inceste?

Du point de vue stylistique, j'ai trouvé irritante la manière de l'auteur de souligner les côtés "féminins" de Marie-Antoinette, dans des gros clichés comme "Car, en réalité, cette femme n'est ni orgueilleuse ni forte; ce n'est pas une héroïne, mais une créature très féminine, née pour le dévouement et la tendresse et non pour la lutte". J'ai soupiré plus d'une fois. On pourrait aussi lui reprocher un certain lyrisme, du genre "dans la lumière froide de l'aube, une princesse marche vers son destin". Mais à part ça j'ai vraiment adhéré stylistiquement et il est certain que je lirai autre chose de Zweig (je pense à Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme; n'hésitez pas si vous avez des avis!).

Pourquoi ce livre?
En août, j'ai visité le château de Breteuil dans les Yvelines, et il se trouve qu'une scène de la célèbre affaire du Collier y est représentée, le ministre auquel Louis XVI a ordonné d'arrêter le cardinal de Rohan n'étant autre qu'un Breteuil! Enthousiasmée par la visite, qui retrace un gros bout de l'histoire de France à travers les figures des Breteuil, j'ai craqué sur cette biographie dans la boutique du château et je me suis procurée Le Collier de la reine de Dumas chez mon libraire habituel. J'ai aussi acheté les Contes de Perrault, ce dernier ayant séjourné à Breteuil.

Le truc en plus que je ne veux pas oublier
L'édition du Livre de Poche comporte une courte note biographique sur le traducteur de Zweig. Visiblement, ce monsieur est connu pour d'autres raisons que la traduction, mais ça mérite quand même d'être souligné; je crois n'avoir jamais vu ça depuis que j'ai lu La petite maison dans la prairie il y a vingt ans. ^^

 
Allez donc voir ailleurs si cette reine y est!

samedi 19 septembre 2015

Le yoga (1998)

Chronique express!


Autant Le Yoga pour les nuls était trop superficiel, autant le Que sais-je? sur le yoga a été une lecture carrément obtuse. En fait, je ne parle pas sanskrit et j'ignore tout de l'histoire de l'Inde, alors des phrases avec des mots en sanskrit à chaque ligne, c'est pas facile à suivre... Et puis trop de courants et de sous-courants dans tous les sens, parfois avec des pratiques un peu dingues, ça donne le vertige sans fournir aucun élément pour commencer quelque part. En bref, je n'ai vraiment rien capté. Il faudra faire une troisième lecture sur le sujet en espérant que ce sera la bonne...

mercredi 16 septembre 2015

Tu n'auras pas d'autre dieu que moi (2015)

Chronique express!


Une toute petite déception pour le sixième tome du Chat du rabbin de Joann Sfar. J'avais adoré les tomes précédents et j'avais lu une bonne critique dans le Magazine Littéraire de septembre, mais j'ai trouvé ce tome-ci un peu monomaniaque. En bref, la fille du rabbin étant enceinte, notre chat est jaloux et malheureux et décide de fuguer. Il continue bien sûr à s'interroger sur le sens du monde (et désormais sur sa place dans celui-ci), mais il est tout de même surtout déprimé à cause de cette grossesse... Bon, heureusement, notre chat reste drôle et le dessin de Sfar, qui me terrorise à chaque fois que j'ouvre la BD tellement il est tremblotant, est super efficace et donne vraiment son caractère à la BD, ce qui fait qu'au final cette lecture reste fort agréable. Disons qu'elle n'est pas révolutionnaire et n'éclaire pas tant que ça sur le sens de la vie, mais qu'il faut la lire quand même, par principe, parce qu'il y a un chat. :D


La tête du chat. :)

dimanche 13 septembre 2015

Cartographie des nuages (2004)

"Un livre qui compte": voilà ce que je n'ai eu de cesse de penser pendant ma lecture du très bon Cartographie des nuages de David Mitchell, aussi connu sous son titre d'origine, Cloud Atlas, en raison de l'adaptation cinématographique de 2012.


Malheureusement, j'ai laissé passé trop de temps après ma lecture et ce petit billet ne sera donc pas du tout à la hauteur de mon appréciation. :D

Pourquoi un livre qui compte? D'abord parce que le récit m'a happée dès les premières pages, pourtant liées à l'histoire que j'aime le moins et un peu archaïsantes (et donc pas particulièrement faciles à lire en VO). Vous savez, quand un livre vous suit à temps plein même quand vous n'êtes pas en train de lire? Du genre vous faites vos courses en vous demandant comment va évoluer l'intrigue plutôt qu'en regardant ce que vous achetez? Voilà. Ça ne m'arrive plus tellement souvent, mais ce livre-ci a réussi.

Ensuite, et surtout, parce que Cartographie des nuages est un vrai livre ambitieux et un défi littéraire relevé avec brio. Chaque chapitre suit un personnage différent: un notaire rentrant aux États-Unis en voilier au XIXe, un musicien fauché des années trente, une journaliste déterminée des années soixante-dix, un retraité hilarant de notre époque, une clone révolutionnaire d'un avenir relativement proche-éloigné (si vous voyez ce que je veux dire) et enfin un berger d'un avenir éloigné et post-apo. Chaque personnage s'exprime à la première personne, soit à l'écrit dans un journal, soit dans un récit oral, à l'exception du récit de la journaliste qui est à la troisième personne. Chaque chapitre a un style d'écriture et une voix propre, à l'image de la typo du titre du chapitre qui est différente à chaque fois. Une très belle réussite littéraire! Et le fait que chaque histoire soit interrompue à la moitié rend le livre juste impossible à lâcher...

Bien entendu, ces histoires sont liées, d'une part parce que chaque personnage finit par lire ou voir l'histoire de son prédécesseur, et d'autre part, on ne sait comment, parce que des souvenirs refont surface au détour d'un air, d'une chute ou d'un rêve... Et parce que le leitmotiv est toujours le même: le libre arbitre et la liberté individuelle, couplés dans certains cas avec la faculté de chacun d'avoir une influence sur son avenir et celui du monde autour de soi et de faire évoluer les choses. Ou pas... Ou pas comme il ou elle le pensait.

Au fur et à mesure de ma lecture, des scènes du film – que j'avais adoré – me sont revenues, ce qui a rendu la lecture encore plus plaisante (et m'a certainement aidée à reconnaître certaines références que je n'aurais pas relevées autrement). J'ai hâte de le revoir, mais il faudra attendre que l'Homme lise à son tour le livre, que je lui ai offert pour son anniversaire... :)

Allez donc voir ailleurs si cette cartographie y est!

mercredi 2 septembre 2015

La gamelle d'août 2015

Le mois d'août a été plutôt calme: pas d'équitation, pas de travail en dehors de mon activité principale et même une semaine sans travail du tout (vacaaaaaances, je vous aime). Du coup, j'ai mis à profit ce temps libre pour me consacrer à autre chose, comme regarder quelques films ou trier des photos qui rappellent de bons souvenirs...

Sur petit écran

Jane Eyre de Cary Fukunuga (2011)
Une belle adaptation que j'avais déjà vue au cinéma et que j'ai revue avec plaisir. Les deux acteurs principaux semblent parfois sortir sans respirer une tirade bien apprise, mais mise à part cette petite réserve je trouve que le film capture très bien l'ambiance et le message du livre et que Mia Masikowska transmet très bien la personnalité à la fois fragile et inébranlable de Jane (même si elle est, comme je l'avais pensé à l'époque, un peu trop jolie pour vraiment correspondre à l'idée que je me fais du personnage). Michael Fassbender joue quant à lui un Rochester plus grand que nature et Judy Dench est parfaite en Miss Fairfax. Avec en plus des paysages sublimes et une utilisation vraiment superbe de la lumière, j'ai été assez comblée.


Le Chat potté de Chris Miller (2011)
Je suis complètement fan du sympathique personnage félin de Shrek et de ce film, qui me fait toujours rire aux éclats. Le Chat potté est juste trop drôle et efficace et Antonio Banderas lui prête admirablement bien sa voix sensuelle et rauque. J'aime beaucoup Kitty Softpaws aussi (Salma Hayek), un personnage féminin très loin de la demoiselle en détresse!


Only lovers left alive de Jim Jarmusch (2013)
Un film magique et le film de vampires de référence avec Entretien. Tom Hiddleston et Tilda Switon sont juste parfaits... ♥


Mission: Impossible de Brian de Palma (1996)
Le premier opus de la célèbre série avec un Tom Cruise bien jeune. (Je pense d'ailleurs que le monsieur s'améliore en vieillissant... ^^) Une bonne réussite, ce film que je n'avais jamais vu met assez l'accent sur le côté espionnage et est fort plaisant même si tout part un peu en vrille quand l'hélico rentre dans le tunnel sous la manche (LOL quoi) et que la technologie n'a pas très bien vieilli. Il y a plein d'acteurs connus qui ont des petits rôles mais donnent vraiment du corps à l'ensemble. C'est rythmé et efficace à l'image de la célèbre musique de la série. Et désormais je connais l'original de la scène des souris dans Shrek II!! :)

Mission: Impossible 2 de John Woo (2000)
En fait je n'ai vu ce film qu'à moitié car je me suis endormie deux fois devant. J'ai dû voir 45 minutes le premier jour et 20 minutes de plus le deuxième jour. Il y a plein de ralentis horribles qui ne servent à rien et je ne suis pas sure que l'intrigue amoureuse soit très pertinente, mais bon ça n'avait pas l'air aussi mauvais qu'on le dit. J'espère le finir un jour.

Sur grand écran

Jurassic World de Colin Trevorow (2015)
Deuxième visionnage en 2D. Cette fois-ci je me suis carrément éclatée. Le film vieillira sans doute très mal mais il est bien rigolo et le combat de dinos au clair de lune est juste jouissif!

Mission: Impossible 5 - Rogue Nation de Christopher Mcquarrie (2015)
Forcément. Je ne pouvais pas louper un film avec Tom Cruise! C'était pas mal mais je crois que le 4 était plus percutant. C'est un peu dommage de commencer par la cascade qui a fait couler le plus d'encre, car le reste du film est forcément un peu mou après. Bon heureusement il y a pas mal d'humour et on rigole bien, notamment grâce à Simon Pegg, le (seul et unique) personnage féminin est vraiment pas mal et le cahier des charges est encore une fois rempli. Et puis taratatom bien sûr (même si la teinture et le fond de teint se voient un peu trop, décidément le culte de la jeunesse a bien souvent l'effet inverse de celui recherché).

Absolutely Anything de Terry Jones (2015)
Une comédie charmante sur l'éternel thème du "Et si vous pouviez faire absolument tout ce que vous voulez, que feriez-vous?", le personnage loser de Simon Pegg se retrouvant doté de pouvoirs phénoménaux à cause d'une bande d'extraterrestres. J'ai beaucoup rigolé à cause de la crotte de chien, de la bouteille de whisky et de la saucisse et ça m'a fait plaisir de revoir Kate Beckinsale. Pas un film inoubliable mais un très bon moment.

Antigang de Benjamin Rocher (2015)
Film d'action français sur des flics qui tapent sur les méchants avec classe. Efficace sur le coup, très vite oublié après.

American Ultra de Nima Nourizadeh (2015)
Film d'action américain sur un camé qui tape sur les méchants avec flegme. Efficace sur le coup, très vite oublié après.

Du côté des séries

Quelques épisodes de la saison 6 d'Arabesque.

Le reste

Une amie m'a offert Détours en histoire, un magazine que je ne connaissais pas. C'était super intéressant même si les chapitres du dossier sur les sociétés secrètes n'étaient pas hyper approfondis (trois à quatre pages sur chaque société mais avec beaucoup de photos). On oubliera cependant les fautes d'orthographe à hurler de rire! Magazine à acheter à l'occasion si le dossier est intéressant.

J'ai aussi lu Le Magazine Littéraire, qui consacrait un dossier à Zola (info glanée grâce à La petite marchande de prose: merci !). C'est un vrai plaisir de lire un magazine à la langue très soignée et j'ai même été intéressée par quelques romans de la rentrée littéraire. Le dossier sur Zola était bien fourni et intéressant mais pédant (mais en même temps je savais déjà que les spécialistes de Zola sont des gens fort pédants...) Magazine à lire de temps en temps.

Sinon, j'ai gobé mon Cheval Mag de septembre en 24 heures et je suis juste désespérée de devoir attendre jusqu'au 25 septembre pour recevoir le numéro d'octobre... Du coup, je relis un vieux numéro...

Et puis j'ai avancé lentement, mais sûrement, La Destruction des Juifs d'Europe. Objectif: le finir avant la fin de l'année.


That's all, folks! :)