jeudi 18 mai 2017

The Eyes of the Dragon (1984)

Entre deux pavés de la Tour sombre, retour sur le premier roman de Stephen King que j'ai lu: Les Yeux du dragon.


L'indispensable parenthèse "Ma vie, mon œuvre"

Quand j'étais en quatrième, j'ai sauté sur ce roman dans le CDI de mon collège parce que j'étais en pleine période "dragons" à cause de Cœur de dragon que j'avais vu au cinéma deux ans plus tôt. J'écrivais même une histoire de fantasy mettant en scène des licornes et des dragons (et quelques dinosaures bien entendu). Je vous parle des années 1997-2000; aimer les dragons était vraiment tordu à l'époque. Ensuite, tout le monde s'est découvert une passion pour ces grosses bêtes à cause de Harry Potter...

Quelle déception immense, donc, quand j'ai commencé le roman et réalisé que le seul dragon de l'histoire se fait tuer au bout de quelques chapitres et que sa tête empaillée finit parmi les nombreux trophées de chasse de Roland, roi de Delain! 😀

Je crois néanmoins que j'avais bien apprécié la lecture. J'ai d'ailleurs acheté le livre bien plus tard, en 2010, pour le relire en anglais. Là, je l'ai lu en deux jours; j'ai adoré la première partie et ai été assez déçue par la deuxième. Je me souviens que je suis allée me coucher enthousiaste et que je n'ai pas retrouvé le même plaisir le lendemain.

L'histoire

Delain est un royaume typique de la fantasy, clairement inspiré de l'Europe médiévale. Le roi Roland a deux fils, Peter et Thomas, et un conseiller, le magicien Flagg qui vit dans un sombre donjon. C'est un univers dans lequel on est susceptible de croiser des dragons, même si cela fait bien longtemps qu'on n'en voit plus à Delain, et où la magie est bien réelle.

Le prince Peter, le fils ainé, est intelligent, raisonnable, calme, réfléchi, poli et droit dans ses bottes. Son père l'adore et tout le monde se réjouit qu'il lui succède sur le trône car il fera un bon roi. Thomas, par contre, est plus timide et moins sûr de lui... À force de vivre dans l'ombre de Peter, il ressent de plus en plus de frustration et de jalousie. Flagg le magicien l'a bien remarqué et trouve que ce garçon ferait un roi bien plus à son goût.

Et puis un jour, brutalement, le bon et vieux roi Roland meurt dans d'atroces souffrances, on ne tarde pas à découvrir qu'il a été empoisonné et Peter, le fils chéri que tout le monde aimait, est emprisonné dans la plus haute tour du château pour le meurtre de son père!

Bien sûr, le lecteur sait très bien qui a commis le meurtre. C'est Flagg. Mais comment Peter pourra-t-il prouver son innocence du haut de sa prison? 

Mon avis

Cette fois-ci, j'ai adoré ce roman qui est super chou. Très atypique dans la bibliographie de Stephen King, il relève du conte et sert vraiment à expliquer la vie aux jeunes lecteurs, avec un narrateur anonyme qui intervient parfois pour tempérer les propos d'un personnage ou expliquer qu'on ne sait pas trop, parfois, pourquoi on fait ce que l'on fait... Ce narrateur peut même rentrer dans la tête d'un chien, c'est formidable (et ça donne un court passage très chou et rigolo).

Le fond de l'intrigue est une sorte de lutte du bien contre le mal, mais assez nuancée. Il y a certes le Mal personnifié en la personne de Flagg, mais il y a aussi le mal plus modeste voire un peu minable, qui provient de la souffrance ou de la bêtise et qui peut faire autant de dégâts. Et le bien est certes bon, mais il est plein de doutes et a peur de tout plein de choses. Et parfois le bien veut trop bien faire et finit par jouer le jeu du mal, comme dans le cas du juge Peyna qui enquête sur la mort du roi.

D'ailleurs, je vous ai dit que ce livre est super chou, et c'est vrai, mais bon ça reste Stephen King, il y a du sang et ce n'est pas du tout naïf. Je pense que c'est une bonne lecture au collège, pas quelque chose qu'on lit à de jeunes enfants pour les endormir...

La parenthèse féministe consternée

Je ne félicite pas Stephen King pour le nombre extrêmement limité de personnages féminins de ce roman. Il y a Sasha, la reine, qui meurt en couches après 50 pages, puis Naomie qui sauve heureusement l'honneur à la fin. Sinon il n'y a que des hommes dans cet univers et les deux "femmes de" entraperçues au cours du roman ont la larme facile et ne sont pas mises dans la confidence des grands faits du royaume. Grrr.

La parenthèse Flagg

Flagg, Flagg, Flagg. Flagg avec son cristal magique qui lui montre des choses. Flagg qui ne vieillit pas au fil des siècles et revient régulièrement à Delain pour y semer le chaos. Flagg qui cache son visage sous une capuche. Flagg qui conseille le roi pour mieux le perdre. Flagg dont tout le monde a un peu peur. Flagg qui sait plein de choses sur tout le monde mais fait parfois preuve d'un étrange aveuglement.

Flagg n'est pas un méchant terrifiant mais c'est un bon méchant sournois et parfois amusant.

J'ai hâte de retrouver Flagg.

Le mot de la fin

"Worlds sometimes shudder and turn inside their axes." Je ne suis pas sure de saisir ce que ça veut dire mais on ne peut pas ne pas relever ce genre de phrase quand on lit La Tour sombre. Car bien sûr ce livre est lié à La Tour sombre et je ne l'ai pas relu par hasard. Je vous laisse sur votre faim si vous n'en savez pas plus. 😈

8 commentaires:

  1. Holala, j'ai lu ce roman quand j'étais ado, ça m'avait fait bizarre car je n'attendais pas Stephen King sur le terrain de la fantasy (je connaissais déjà King pour des trucs plus "terrifants" comme Cujo, Simetierre, Le fléau, les Tommyknockers, etc...).
    En dehors de ça, je crois l'avoir bien aimé mais je n'ai aucun souvenir de l'intrigue. Faudrait que je le relise mais il se destine quand même plutôt à la jeunesse, et comme mon temps de lecture fond comme neige au soleil...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je pense que c'est très original dans son œuvre. Enfin je dois dire que j'ai lu des choses très différentes de cet écrivain; entre La Ligne verte, Misery, Les Yeux du dragon et maintenant La Tour sombre, c'est vraiment le grand écart!
      Tu devrais apprécier de le relire, je pense, mais ce n'est pas non plus indispensable et certainement pas le roman majeur de Stephen King. Songes-y si tu te remets à la Tour sombre. :)

      Supprimer
  2. Trop bien !
    Après Zola, je relirai tout King :p A cause de toi :p

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ouiii génial! Tu sais je me disais justement qu'on avait trouvé le temps de remettre du Zola dans nos plannings (et ce n'est pas gagné disons, quand ce n'est pas prioritaire car déjà lu), alors King sera peut-être ton grand thème relecture de 2018! :)

      Supprimer
    2. Hou là là, le challenge. Bon après si je relis 3/4 Zola par an, je peux peut-être relire 3/4 King par an en parallèle. Mais les livres que je n'ai pas lus prendront très clairement un coup là.

      Supprimer
    3. Oui tout le problème est là :/

      Supprimer
  3. J'avais bien aimé cette lecture, ça change quand même de l'univers de Stephen King mais surtout ça change de style !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui ça change totalement et ça doit être amusant pour les gros lecteurs de King!

      Supprimer

Exprime-toi, petit lecteur !