dimanche 16 juillet 2017

H. P. L. (2006) + Celui qui bave et qui glougloute (2007)

Chronique express!

 
Il y a peu, je suis passée en Scylla pour la première fois; j'ai ainsi pu découvrir cette microscopique librairie spécialisée en littératures de l'imaginaire et je me suis fait plaisir en achetant quelques lectures, dont ce petit recueil de deux textes de Roland C. Wagner.

H.P.L. (2006): Cette fausse biographie de Lovecraft, dans laquelle le célèbre auteur est mort à 101 ans et pas à 47, m'a semblé présenter un intérêt très limité. Ce n'est pas très drôle et je n'ai rien appris. Eless l'a qualifiée d'"anecdotique" sur Instagram et je le rejoins parfaitement.

Celui qui bave et qui glougloute (2007): Je voulais lire ce texte depuis des années et heureusement il ne m'a pas déçue. C'était très sympa et j'ai même ri pendant ma lecture. L'histoire se passe aux États-Unis pendant les années 1890, alors que les Indiens se révoltent contre les États-Unis et, pour la première fois, réussissent à repousser la Frontière vers l'Est grâce à l'aide de visiteurs à quatre bras armés de mystérieux "rayons de la mort". C'est super-référencé et très léger et ça se lit tout seul. Là pour le coup, c'est un bel hommage de fan à Lovecraft, sur un ton résolument différent du sien mais qui se tient parfaitement le temps de la nouvelle.

jeudi 13 juillet 2017

Black Hole (1995-2005)

Chronique express!


Black Hole est un comics écrit et dessiné par Charles Buns et publié aux États-Unis de 1995 à 2005. J'ai lu l'édition française en six tomes, publiée par Delcourt et traduite par Jean-Paul Jennequin, que j'ai trouvée dans la bibliothèque de mon Homme, grand fan de comics. C'est une histoire résolument sombre sur des adolescents victimes d'une mystérieuse MST qui provoque des mutations plus ou moins repoussantes. Le contenu sexuel est très lourd et parfois un peu dérangeant; je pense par exemple à la "deuxième bouche" de Rob, que Chris embrasse, ou à la queue d'Eliza. (La deuxième bouche de Rob est aussi extrêmement perturbante car elle semble exprimer ses peurs à son insu, pendant son sommeil, avec une voix horrible.) Le dessin est lui aussi assez dérangeant et repoussant, les mutations des ados étant parfois dégueulasses. Pour tout vous dire, je suis étonnée que mon Homme ait lu ça (même si c'était il y a des années), en général c'est moi qui aime les trucs malsains! 😄 L'histoire est toutefois intéressante et je pense qu'on peut interpréter le sujet de différentes manières (le SIDA vient à l'esprit mais chacun y verra ce qu'il veut). Le dessin en noir et blanc, avec une énorme prédominance du noir, contribue grandement à cette atmosphère pesante et horrifique, mais j'ai eu du mal à reconnaître les personnages, que j'ai trouvés assez ressemblants. Au final, j'ai été déçue par la fin, que je n'ai pas vraiment comprise et qui [divulgâcheur] ne contenait pas d'élément surnaturel, houin houin, je pensais vraiment qu'une créature tentaculaire venue des confins de l'espace allait se révéler [fin du divulgâcheur], mais je pense qu'il peut valoir la peine de lire ce comics si vous aimez l'horreur et les trucs un peu limite. Oukoulou, par exemple, je pense que tu apprécierais! Âmes sensibles, par contre, passez votre chemin. 😜

lundi 10 juillet 2017

UGC Culte: Inception (2010)

Tous les jeudis, les cinémas UGC repassent un film culte, un de ces "films qui ont fait la légende du cinéma". Je ne peux malheureusement plus y aller depuis deux ans à cause d'une activité qui tombe le jeudi soir ("je peux pas, j'ai yoga!"), mais j'espère bien en profiter pendant cette période de grandes vacances!


Jeudi 6 juillet, l'été a très bien commencé avec Inception de Christopher Nolan, un film que j'avais vu au cinéma lors de sa sortie et revu sur petit écran il y a seulement deux ans. Il était donc assez frais dans ma mémoire. Ayant opté lors du deuxième visionnage pour l'option "le héros rêve tout du long", j'ai été particulièrement attentive aux indices allant dans ce sens. Forcément, quand on cherche, on trouve, et je suis toujours du même avis. 😀


Redécouvrir ce film sur grand écran a été un vrai plaisir. Il gagne vraiment à être vu en grand et avec l'ambiance particulière du cinéma. Plongée dans le noir, concentrée exclusivement sur l'écran, je profite des films avec une attention et une implication que je n'arrive plus depuis des années à mobiliser chez moi. Parce que le chat passe par là, parce que mon téléphone sonne, parce que je me refais du thé, je ne suis pas vraiment concentrée et je perds régulièrement des répliques et des scènes.

Je pense qu'Inception est LE Grand Film de Nolan. Mon copain est un grand défenseur de The Dark Knight, mais je trouve qu'Inception lui est supérieur parce qu'il exploite une idée originale et sort complètement des sentiers battus. Nolan a eu une idée et a osé la suivre, ce qui est assez rare au cinéma (tout du moins, disons, dans les films à grand budget). Ce réalisateur est d'ailleurs intéressant en ce qu'il combine avec succès des gros budgets, des films "grand public" (c'est-à-dire accessibles au plus grand nombre, non "conceptuels", susceptibles de lever de l'argent), un jeu d'acteur exigeant, une mise en scène extrêmement soignée et un ton résolument adulte. Je suis plutôt rassurée de voir que ses films ont du succès en cette époque dominée par les films d'action décérébrés (malgré tout mon amour pour les Transformers, j'ai encore mal au cerveau une semaine après avoir vu Transformers 5 tellement ce film réinvente le niveau zéro du film d'action).

Inception réunit une bonne partie de la bande d'acteurs que Nolan semble affectionner: avec Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy, Michael Caine et Cillian Murphy, on pourrait bien être dans The Dark Knight Rises. Leonardo Di Caprio est vraiment habité par son rôle et dégage l'intensité incroyable qu'on lui connaît (même si je crains qu'il ne fonde son jeu que sur cette intensité, ça fait pas mal de films qu'il me semble retrouver le même personnage). Ellen Page vient jouer la jeune recrue dont la "formation" permet d'initier le spectateur au monde des rêves et s'en sort plutôt pas mal.


Toutefois, celui qui s'en sort le mieux reste à mon avis Joseph Gordon-Levitt, qui bénéficie de la scène la plus renversante (lol) du film: alors que la camionnette du rêve 1 (ou 2, si vous pensez comme moi que Cobb/Di Caprio rêve le tout) roule le long d'une pente ou tombe du haut d'un pont, le monde du rêve 2 (ou 3) se retrouve complètement chamboulé, les murs roulent sur eux-mêmes, la gravité se fait la malle et on en prend plein les yeux. C'est cette scène, plus encore que l'imbrication des rêves, qui me fait dire que ce film "retourne le cerveau"...


Mais bien sûr, l'imbrication des rêves et tout le traitement du rêve sont extrêmement intéressants (je vous avais déjà dit il y a deux ans que j'adore le fait que ce soit la sensation de chute qui permet de sortir du rêve), et je dois dire que même la descente de Fischer/Cillian Murphy dans son inconscient à la rencontre de son père mourant m'a convaincue et m'a émue, moi qui passe mon temps à critiquer les films de super-héros parce que ça tourne autour de l'éternel, ennuyeux, prévisible, phallocrate et ô combien rabâché thème de la relation père-fils.

J'ai aussi apprécié la révélation tardive concernant l'idée que Cobb/Di Caprio a implantée dans l'esprit de Mall/Cotillard et la manière dont les mots qu'il utilise ("something she once knew to be true... but chose to forget") prennent une nouvelle dimension quand il révèle la vérité. D'ailleurs il y a pas mal de répliques qui reviennent dans le film avec un nouvel éclairage ("an old man, filled with regret, waiting to die alone" ou "you're waiting for a train") et qui donnent autant de citations cultes.

Bref, c'était un très bon moment et je recommande vraiment ce film à ceux qui ne l'ont pas encore vu, et ce malgré les nombreuses réactions qu'il a suscitées, en bien comme en mal, et qui font qu'un film vous sort parfois par les trous de nez même si vous ne l'avez pas vu.

Le mot de la fin
Il va sans dire que si je le pouvais, je prendrais un sédatif ultra efficace et irais passer quelques dizaines d'années dans les limbes de mon propre inconscient, où je construirais un univers nettement plus à mon goût que notre monde réel...

Mise à jour de 19h50
Je réalise après la publication de ce billet, pourtant relu dix fois, que j'ai oublié de parler du thème du deuil. Après tout, ce film parle surtout de ça, de la manière dont on se reconstruit après avoir perdu la personne qu'on aimait le plus et dont il faut accepter de la laisser partir, parfois après s'être péniblement accroché à sa culpabilité parce que c'est quand même quelque chose... Mall/Marion Cotillard qui pleure quand Cobb/Di Caprio renonce à elle, c'est juste un crève-cœur...

Allez donc voir ailleurs si ces rêves y sont!

vendredi 7 juillet 2017

La gamelle de juin 2017

Après un mois de mai rachitique, juin a été très modeste également... Comme toujours, je me demande un peu où est passé le mois!? Ce n'est pas possssiiible!

Sur petit écran

Rien. 😂 Ça démarre bien.

Sur grand écran

King Arthur: Legend of the Sword [Le Roi Arthur: La légende d'Excalibur] de Guy Ritchie (2017)


Gros délire fantasy avec de belles choses: une créature tentaculaire singulièrement érotique, de sombres donjons, des créatures fantastiques ténébreuses et une musique génialissime, que j'écoute depuis en boucle. Ce genre de film déchaîne l'imagination, un peu comme quand j'ai vu World of Warcraft et que j'ai eu furieusement envie d'écrire et de créer un univers du même genre! C'est toutefois assez maniéré au montage – on aime ou on n'aime pas – et "bien sûr" super sexiste. C'est désolant de voir qu'un film complètement anachronique, qui chamboule complètement l'histoire arthurienne et introduit un chevalier noir et un maître de kung-fu asiatique dans l'Angleterre du Ve siècle, ne peut pas imaginer un personnage féminin capable de se battre...

WonderWoman de Patty Jenkins (2017)
 

Un film de super-héros très sympa, avec tous les défauts du genre (un "fond" expliqué d'emblée pour que le spectateur n'ait pas à réfléchir, hein! Un clocher qui explose, hein, hein!) et les incohérences des blockbusters (un carnet qui tombe dans l'eau de mer plusieurs minutes mais reste intact, hein, hein!), mais beaucoup plus réussi, du point de vue de l'intrigue et des personnages, que les précédents films de DC. Je suis vraiment très contente du traitement de ce personnage féminin et j'aime beaucoup Gal Gadot, qui allie très bien finesse et force brute. Et puis il y a David Thewlis que j'adore.

The Mummy [La Momie] de Alex Kurtzman (2017)


Le premier film du Dark Universe, le retour des "monstres" Universal, est un film d'aventures fantastique sympathique, avec pas mal d'humour et un bon rythme. J'ai beaucoup apprécié la momie et la rapide découverte de la "galerie de curiosités". Cependant, c'est un peu mou pour lancer une franchise et c'est même frustrant si vous aimez vraiment le fantastique: purée, on entrevoit un crâne de vampire et une espèce de poulpe chthluesque et on n'en parle pas, grrr.
Sinon, le film a les défauts habituels des films d'action américains: des incohérences, des héros qui survivent à des chocs qui devraient leur casser toutes les côtes, une légende antique expliquée d'emblée (alors que ce serait tellement plus sympa de la découvrir en même temps que le héros), un côté relativement "lisse"...
[Mode cruisette activé]
Tom Cruise n'est jamais aussi bon que quand il est en roue libre ou à côté de la plaque et c'est génial, dans ce film il est les deux!!! 😁😁 En roue libre tout au début, en Irak, et à côté de la plaque pendant la moitié du film, puisque son personnage est complètement dépassé par les évènements. Par exemple, figurez-vous qu'il discute dans les toilettes des femmes avec son copain zombie, HAHAHA. Je regrette un peu que ses capacités d'acteur (car il en a, hein, je ne l'aime pas uniquement pour son Charme Irrésistible, sa Virilité de Ouf, son Sourire Canaille et sa Voix Sensuelle) n'aient pas été exploitées à la fin, dans une scène qui aurait pu être très triste... Mais bon le film ne va pas du tout dans cette direction et ce n'est pas grave, c'est léger et drôle.
[Mode cruisette désactivé]

Du côté des séries

L'Homme et moi avons terminé la saison 6 de Scrubs et regardons maintenant la septième.

Du côté des podcasts et de YouTube

Rien. J'ai plein d'épisodes de Procrastination en retard et j'ai honte de dire que je suis toujours à l'épisode zéro des GG Comics, auquel participe pourtant mon Homme. C'est navrant.

Et le reste

La cata! Je ne peux même pas dire que j'ai lu mon Cheval Mag car il est arrivé en retard et que je l'ai donc plutôt lu en juillet... Argh!!! 😠😱

La citation du mois

Je crée cette catégorie pour meubler et pour immortaliser un article du magazine Illimité de l'UGC, que je lis généralement d'un œil navré par la pauvreté de contenu de ses articles et le ton nombriliste et bourré d'anglicismes de ses rédacteurs. Pour une fois, peut-être même pour la première fois, je suis tombée d'accord avec eux à propos de quelque chose!

Article sur La Momie:
"La question de l'appartenance de ses films est un souci que Tom Cruise a réglé depuis bien longtemps, disons depuis au moins La Guerre des mondes. Ses films à lui, il en est le cœur battant, la source de financement, le facteur d'excitation et souvent même le sujet, bref l'astre autour duquel tout gravite."

Vous avez entendu? "L'astre autour duquel tout gravite." La cruisette n'aurait pas pu dire mieux. 😍

mardi 4 juillet 2017

Song of Susannah (2004)

Le chemin vers la Tour sombre continue. Avec un sixième tome plus petit que les précédents (seulement 435 pages dans mon édition), j'ai même repris un peu de vitesse et je suis à nouveau dans les temps: si j'ai fini de lire le tome de mai début juin, j'ai bien lu le tome de juin en juin! 😊


Je ne sais absolument pas quoi raconter sur ce tome, Song of Susannah. Je suis toujours très enthousiaste, mais il se passe tellement de choses, il y a tellement de fils que je ne sais pas du tout quoi penser! Heureusement, pour moi, ma copine de lecture, Vert, a été plus loquace par mail et m'a aidée à y voir plus clair (merciii!). Voici quelques idées en vrac...

Ce sixième tome est sous-titré Reproduction, ce qui n'a rien de prometteur. Le ka-tet de nos héros est séparé: Susannah a pris la poudre d'escampette à la fin du roman précédent, Roland et Eddie partent à sa recherche (mais n'atterrissent pas du tout là où ils le souhaitaient) et les trois autres membres partent à la recherche d'un écrivain (mais atterrissent là où est Susannah). Je n'ai d'ailleurs pas bien compris à quoi est dû ce problème d'atterrissage: s'agit-il d'une intervention du ka, comme le propose le livre, ou d'un tour de passe-passe des méchants, comme le suggère le guet-apens attendant Roland et Eddie? En tout cas, le ka-tet est séparé et, comme dans Le Seigneur des Anneaux après l'éclatement de la Communauté, la narration alterne entre les trois groupes. Les passages avec Susannah (et Mia et Detta) sont les plus intéressants et apportent de grandes révélations concernant l'identité de Mia (qui a été "recrutée" par Walter, tiens tiens tiens...) et de Mordred (je ne suis pas sure d'apprécier cet élément d'ailleurs).

Malgré de nombreuses informations, les questions demeurent plus nombreuses encore. Je me demande surtout qui manipule qui dans cette histoire. On dirait que le Mal tire les ficelles depuis le début, en partie en trompant son monde et en partie en lui simplifiant parfois la vie (j'avais parlé à propos du tome 4, je crois, des visions venues d'un objet démoniaque). Pourtant, il y a parfois des éléments positifs sortis de nulle part, comme une certaine petite tortue ici et les rêves extrêmement utiles d'Eddie dans le tome 3. Et je n'arrête pas de repenser à d'anciens propos de Walter: il y a bien un Roi en rouge, Walter en a peur et la pièce au sommet de la Tour sombre est vide! Et puis qui est ce Gan qui déboule soudain dans la bouche de l'écrivain et de Jake?

Rapport à l'écrivain: Ça, c'est vraiment DU LOURD, je ne suis pas tout à fait persuadée que c'est une bonne idée mais c'est DU LOURD, Stephen King a OSÉ quoi; et on en revient à qui manipule qui, hein, car l'écrivain aurait croisé le Roi en rouge quand il était petit, donc bien avant d'écrire son livre... Et donc... Donc quoi? Je n'en sais rien et je me triture les méninges! + Notons que cet élément m'a à nouveau rappelé L'Histoire sans fin...

Pfffiou, c'est trop d'émotion cette série, je suis complètement perturbée et obsédée par ma lecture! Dernière ligne droite en juillet!

Allez donc voir ailleurs si ce chant y est!