jeudi 28 mars 2024

Tant que le café est encore chaud (2015)

"Tant que le café est encore chaud": avec un titre pareil, qui m'évoque un cocon de douceur bientôt révolu, je pouvais difficilement résister à ce roman japonais de Toshikazu Kawaguchi!

La légende veut qu'au Funiculi Funicula, petit café de Tokyo planqué dans un sous-sol tout ce qu'il y a de plus discret, on puisse voyager dans le passé. Les règles sont contraignantes. Déjà, il faut s'asseoir à une place bien particulière, que squatte une fantôme qui ne se lève qu'une fois par jour. 👀 Puis, on ne peut retrouver que quelqu'un qui est déjà venu dans ce café. Et il faut impérativement revenir dans le présent avant que le café ne refroidisse dans sa tasse, au risque de devenir un fantôme soi-même. Et il y a d'autres règles encore que je vous épargne. 👀 Mais si vous réussissez à obtenir la place tant convoitée, c'est possible.

Quatre personnes vont se relayer à la fameuse place au fil de quatre parties, qui forment autant d'histoires pratiquement indépendantes même s'il y a des renvois et des influences entre événements. Quatre personnes qui veulent dire quelque chose qu'elles n'ont pas dit ou retrouver quelqu'un qui a changé. Le récit est profondément humain, et pose inévitablement la question de ce que vous feriez, vous, lecteur ou lectrice, si vous aviez cette opportunité. Donc, bien sûr, j'ai pleuré. Ce retour en arrière est une sorte de deuxième chance pour laquelle je vendrais probablement un rein.

D'un point de vue stylistique, ce roman de Toshikazu Kawaguchi n'est pas du grand art: outre la description systématique des tenues de chaque personnage, un procédé qu'on identifie dès les dix premières pages et qui n'en finira pas, j'ai trouvé que l'auteur se répétait beaucoup à dire que les membres du personnel disparaissaient dans l'arrière-salle. À chaque page, deux fois par page, quelqu'un disparaît dans l'arrière-salle. (Je me suis aussi emmêlée dans les noms japonais, mais c'est juste parce que je n'en ai pas l'habitude. 😂) Et malgré que la traduction depuis le japonais soit assurée par Miyako Slocombe, une consœur brillante en qui j'ai toute confiance, le style n'est pas bien brillant. C'est un peu de la littérature de gare, facile à lire et sans grandes prétentions... Mais le côté humain, et le fait que les personnages passent leur temps à boire du café, m'ont vraiment touchée et je l'ai donc dévoré. Et j'envisage de lire la suite, Le Café du Temps Retrouvé (là aussi, ce titre 😍). Je dirais donc que c'est une franche réussite!

Allez donc voir ailleurs si ce café est encore chaud!
L'avis de Baroona

samedi 23 mars 2024

Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)

Au hasard des boîtes à livres, ou peut-être des dons déposés dans l'entrée de mon immeuble par les occupants se séparant de leurs livres, je suis tombée sur Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. Je n'ai, bien sûr, pas hésité à le ramasser et je l'ai lu dès que j'ai eu un peu de temps à disposition.

(Le seul avantage de ne pas avoir d'argent: ne pouvant pas me payer grand-chose, j'ai peu d'activités et donc un peu de temps libre quand mes activités sportives habituelles sont suspendues durant les vacances scolaires.)

Édition du Livre de Poche de 1966.

Ce livre est le premier tome des mémoires de Simone de Beauvoir. On y suit son enfance, son adolescence et ses années d'études: depuis sa naissance en 1908 jusqu'à l'agrégation de philosophie en 1929. Le texte est très dense: cette édition du Livre de Poche de 1966 compte 512 pages, qui sont réparties en quatre parties sans chapitrage et avec des paragraphes longs, qui font parfois une page complète. En d'autres termes, il n'y a aucune aération: ce sont 512 pages pleines. Heureusement, Simone de Beauvoir savait écrire, ce qui fait que le tout se lit facilement. Il faut néanmoins prévoir du temps. (Dans mon cas, donc, des vacances scolaires sous le signe des économies.)

Un livre bien usé par le temps.

Le parcours de Simone de Beauvoir est, au début, assez classique, avec une enfance aisée et bucolique entre Paris et une province assez "vieille France". Sa famille est bourgeoise et traditionnelle, mais la Première Guerre mondiale change la donne: les activités de son père ne marchant pas, il devient évident que Simone et sa petite sœur n'auront pas de dot et devront travailler. Brillante élève, Simone s'oriente, après le bac, vers un double cursus de mathématiques et de lettres, mais elle se réoriente finalement vers la philosophie, ce qui ouvre la voie à la carrière qu'on connaît (enfin, que je ne connais pas vraiment, moi, mes connaissances sur sa vie et son œuvre étant plus que parcellaires).

J'ai adoré ce récit, et j'en retiens trois éléments principaux. D'une part, la volonté de cette enfant, puis de cette jeune fille, de se distinguer, de faire quelque chose de grand, et d'aller à la rencontre d'un destin qu'elle imagine unique et digne d'intérêt, et même d'admiration. Je me suis beaucoup retrouvée là-dedans car j'ai, moi aussi, imaginé que je ferai quelque chose de brillant, à une lointaine époque où je croyais avoir des capacités intellectuelles. 

"Ce qui les effarouchait, c’était ce qu’il y avait de plus têtu en moi : mon refus de cette médiocre existence à laquelle, d’une manière ou d’une autre, ils consentaient, et mes efforts désordonnés pour m’en sortir."

J'ai tellement pensé ça, moi aussi, quand j'étais ado. 😥

D'autre part, l'adolescente, puis la jeune femme, se détache progressivement du modèle de ses parents. Cela commence par la perte de la foi en leur Dieu, celui du catholicisme, puis par une certaine remise en question du modèle mariage-famille. Elle remet aussi en question les différences de traitement de la vie sexuelle des hommes et des femmes.

Enfin, je retiens de ce premier tome la grande absence d'un certain Jean-Paul Sartre, qui est cité pour la première fois page 338 mais qui n'entre réellement en scène que page 440, soit à la fin. Simone de Beauvoir et lui se sont rencontrés quand elle avait déjà bien entamé ses études et il est donc logique qu'il soit peu présent dans ce premier tome, mais, comme je ne savais pas du tout où s'arrêterait ce tome, je m'attendais à ce qu'il y soit. En revanche, je ne m'attendais pas à ce que Simone Weil soit nommée!

"Je fus reçue en philosophie générale. Simone Weil venait en tête de liste, et je la suivais [...]."
Ok! Vous voyez un peu le niveau de cette année-là! Deux géantes du XXe siècle, à l'université en même temps! 🤯

Ce qui est amusant, c'est que de Beauvoir parcourt ses jeunes années avec une certaine honnêteté, ce qui nous permet, entre autres, de suivre ses longs questionnements sur son amour pour son cousin Jacques. Pendant des années, elle l'aimera par intermittence et se demandera sans cesse s'il compte l'épouser un jour. Ça a quelque chose de terre à terre et de vain, et j'ai trouvé ça rassurant: même quelqu'un avec le cerveau de de Beauvoir a pu rêver les yeux ouverts de l'amour en se basant sur une réalité assez maigre – quelques mots et des sourires, par exemple. Un peu comme moi de mes onze à mes vingt ans, en somme.

Ce texte va assez loin dans l'introspection: rêves d'avenir, amitiés, ressentis vis-à-vis de sa famille, de Beauvoir décortique tout. Cela me convient très bien car j'adore l'introspection, mais je préfère le préciser car cela ne plaira pas à tout le monde, notamment si on aborde sa lecture en pensant lire un texte féministe. C'est un peu "de Beauvoir begins"; la femme qui a marqué le XXe siècle n'était pas encore formée à cette époque-là, même si sa pensée s'affirme. Les années suivantes sont racontées dans La Force de l'âge et La Force des choses, que je compte bien emprunter en bibliothèque, en espérant ne pas devoir attendre mille ans pour avoir devant moi un peu de temps et de neurones à leur consacrer s'ils sont aussi épais que celui-ci!

lundi 18 mars 2024

Le Rosier de Madame Husson (1888)

Exception faite de la nouvelle Le Tic, que j'ai lue pour la millième fois dans un recueil thématique sur les vampires fin 2020, je n'avais pas lu Guy de Maupassant depuis 2019, lorsque j'avais lu Notre Cœur. Quatre ans et demi sans Maupassant! Drame! Catastrophe! Affreusité!

Par chance, je suis tombée en bouquinerie sur ce recueil de nouvelles qui ne me disait rien, et je l'ai bien sûr acheté. Sorti en 1888, Le Rosier de Madame Husson réunit quatorze textes écrits de 1883 à 1888, qui étaient parus dans la presse individuellement. Le thème de la femme (séduction, adultère, amour, prostitution ou entretien) me semble en être le fil rouge.

Édition Garnier Flammarion de 1976.

Le Rosier de Madame Husson (1887)
Le texte qui donne son nom au recueil ne parle aucunement d'horticulture. 😂 Madame Husson est, à la base, à la recherche d'une rosière, c'est-à-dire d'une jeune fille symbolisant la vertu féminine. Hélas, personne ne satisfait ses exigences dans sa ville, Gisors... Alors, elle décide de nommer un rosier, Isidore, un jeune garçon à la moralité irréprochable. Bien sûr, tout ça va mal finir, et de manière très amusante.

Un échec (1885)
Une tentative de séduction qui se termine en tentative de viol. Charmant. Heureusement que c'est un échec, comme l'indique le titre.

Enragée ? (1883)
Une femme écrit à une amie pour lui faire part de son difficile voyage de noces. Ce texte a quelque chose d'assez drôle, car la pauvre ne comprend pas ce qu'il lui arrive et se fait tout un film sur le fait qu'elle a la rage; mais en réalité, c'est un portrait assez affreux de la découverte du sexe par quelqu'un qui ne sait même pas que le sexe existe. Le thème était déjà abordé dans Notre Cœur et bien sûr dans Une Vie.

Le Modèle (1883)
L'histoire d'un peintre et de la femme qu'il a aimée et prise pour modèle. Je pense avoir déjà lu ce texte ailleurs, mais je ne sais pas où. C'est cruel...

La Baronne (1887)
Une histoire de vente d'antiquités. Très amusante.

Une vente (1884)
Le jugement de deux hommes accusés d'avoir essayé de tuer la femme de l'un d'eux en la noyant dans un tonneau. Les ravages de l'alcool!! 🤣🤣

L'Assassin (1887)
La plaidoirie d'un avocat défendant un homme qui a tué son patron. Et pourquoi? Parce qu'il était un homme trop vertueux, en quelque sorte!

La Martine (1883)
Une triste histoire à la campagne. Un homme simple et, a priori, pas mauvais, tombe amoureux d'une jeune femme qui lui rend son amour. Hélas, on la marie à un autre...

Une soirée (1887)
Un soldat en permission se rend chez sa sœur à Vannes, dans l'espoir de lui soutirer de l'argent. Hélas, rien ne va se passer comme il l'espérait.

La Confession (1884)
Lol lol lol. Un homme très vertueux, tiraillé de remords, confesse avoir trompé sa femme. Mais à qui ne se confesse-t-il pas... 🤣

Divorce (1888)
Un notaire trouve sa future épouse dans les petites annonces d'un journal. En fait, les annonces de rencontre existaient déjà au XIXe!

La Revanche (1884)
Une pièce de théâtre durant laquelle un homme parle de son ex-femme, dont il a divorcé. Et voilà que ladite ex-femme passe par là... Le contenu sexuel est vachement explicite et pose question pour un lecteur moderne! 🤮

L'Odyssée d'une fille (1883)
Le texte le plus poignant du recueil, dans lequel un narrateur anonyme relate l'histoire désolante que lui a racontée une prostituée l'ayant abordé pour lui proposer ses services. C'est Pretty Woman mais en affreux, et sans happy end.

La Fenêtre (1883)
Un homme fort amoureux accepte de se rendre chez la femme qu'il aime, qui souhaite le connaître mieux avant d'accepter – ou non – ses avances. Sauf que la frustration s'installe, alors il couche avec la domestique...

Bien qu'il ne contienne aucun texte majeur – sauf peut-être L'Odyssée d'une fille, qui brosse un portrait effroyable du destin d'une femme dans un monde d'hommes –, j'ai lu ce recueil avec grand plaisir, parce que Maupassant était bon même quand il n'était pas à son meilleur. Quel grand écrivain!

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Suivez le guide!

mercredi 13 mars 2024

Billie (2013)

Chronique express!

Avec une couverture pareille, à savoir un ânon courant dans un champ en fleurs, j'ai repéré Billie d'Anna Gavalda dès sa sortie, en la lointaine année 2013. Sauf que, comme souvent, il m'a fallu plus de dix ans pour croiser son chemin en occasion à un moment où j'avais un peu d'argent à investir (cinq bouquins pour 13 ou 14€: les bouquineries sont bien le seul endroit, avec Emmaüs, où je peux passer à la caisse sans avoir de sueurs froides). J'ai beaucoup aimé ce récit très vivant, raconté à la première personne par Billie, une jeune femme qui, suite à une chute, se retrouve au fond d'une crevasse perdue dans les Cévennes avec son meilleur ami inconscient et qui s'adresse aux étoiles en attendant que quelqu'un finisse par les retrouver. Ce garçon et elle ont tous deux vécu une enfance difficile, voire plutôt effroyable dans le cas de Billie, et leur rencontre en classe de 3e, lors d'un cours de français consacré à On ne badine pas avec l'amour de Musset, leur a en quelque sorte sauvé la vie. C'est beau et humain, ça ne manque pas de verve et ça se lit tout seul: un roman parfait pour moi qui manque de temps pour lire, et une confirmation qu'Anna Gavalda mérite le succès qu'elle rencontre (même si, bon, les ânes sont peu présents dans ce livre, la couverture est donc quelque peu mensongère!).

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (1999)
L'Échappée Belle (2001)

vendredi 8 mars 2024

Trois contes (1877)

Étant toujours à la recherche de livres courts, que je peux avoir l'espoir de lire en moins de dix jours, j'ai fini par repêcher dans ma bibliothèque ces Trois contes de Gustave Flaubert, auteur dont j'ai relu l'année dernière l'excellentissime, l'incontournable Madame Bovary. J'avais déjà lu ce recueil il y a une dizaine d'années, mais je n'en gardais aucun souvenir.

Un cœur simple

La nouvelle inaugurale est la meilleure; elle raconte la vie d'une domestique normande, Félicité, qui passe toute sa vie au service de Madame Aubain à Pont-L'Évêque. Le ton est assez détaché, mais c'est plutôt triste: une vie de province, avec quelques attaches sentimentales, mais surtout la solitude et des chagrins. Il y un perroquet et il est important, ce qui justifie la couverture de cette édition Folio Classique.

La Légende de Saint Julien l'Hospitalier

Un conte étrange, médiéval dans son contexte et la manière tout à fait naturelle par laquelle le merveilleux s'invite dans le quotidien. C'est l'histoire d'un jeune noble passionné de chasse, dont la vie est bouleversée par une prophétie et qui deviendra Saint Julien l'Hospitalier.

Hérodias

Ce troisième et dernier conte nous mène à la cour d'Hérode Antipas. Tétrarque de Galilée au Ier siècle de notre ère, l'homme est mariée à Hérodias, qui donne son titre au texte, et il a dans ses prisons un prédicateur portant le nom de Jean, passé à la postérité sous le nom de Saint Jean Baptiste. En gros, on découvre ici comment Hérodias obtient, grâce à la danse lascive de sa fille Salomé, née d'un premier mariage, la décapitation du prédicateur; mais, très franchement, j'ai trouvé le tout très confus, d'une part parce que les relations familiales et politiques sont complexes et d'autres part parce que la rédaction est peu claire.

Cette relecture a donc été en demi-teinte: Un cœur simple est chouette, bien que triste; La Légende de Saint Julien l'Hospitalier se lit bien mais n'est pas marquante; et Hérodias m'a laissée sur le carreau. Moralité: lisez plutôt Madame Bovary. 😊

dimanche 3 mars 2024

La gamelle de février 2024

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, qui a été un peu plus court que les autres, mais bien rempli et très enthousiasmant.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Le Journal de Bridget Jones de Sharon Maguire (2001)

Une très belle redécouverte grâce à une sélection spéciale Saint-Valentin. J'avais vu ce film il y a fort longtemps, mais je ne me souvenais de rien à part du costume de lapine. Il est très drôle et réconfortant, et il y a une minute Céline Dion au début!! 😊 Et il est assez amusant de voir qu'il est interprétable aussi bien comme un énième film entretenant le patriarcat que comme un film féministe. 

Creation of the Gods I: Kingdom of Storms de Wu Ershan (2023)

Ohlàlà! Ohlàlà! Ohlàlà! Du sword and sorcery chinois! Des méchants très méchants, un univers impitoyable ("Si tu aimes tant ton fils, tu devrais le reconnaître" 😱), des chevaux, des batailles, des épées, de la magie! Je me suis ré-ga-lée! J'ai mangé du popcorn avec un sourire béat sur le visage! Le film n'a été diffusé en France que deux jours: quelle chance que mon cinéma l'ait passé! Ohlàlà! J'espère que les suites sortiront en France si elles voient bien le jour comme prévu!!! Ohlàlà mais ohlàlà!!! 🤩🤩🤩 

Argylle de Matthew Vaughn (2024)

J'ai beaucoup rigolé devant ce film qui mélange adroitement la réalité de la protagoniste, une écrivaine mettant en scène un espion à la Mission Impossible ou à la James Bond, et les aventures de son personnage, l'agent Argylle, joué par un Henri Cavill aussi merveilleux qu'à l'ordinaire. La deuxième partie est bien trop longue, mais c'était un super moment. Et il y a John Cena! (Si vous ne connaissez pas John Cena: c'est un catcheur qui joue dans Bumblebee et qui joue une sirène dans Barbie. Très important, qu'il ait joué une sirène dans Barbie.) Et aussi fou que ça puisse paraître, Bryce Dallas Howard est plutôt ronde et ce n'est pas un sujet. C'est merveilleux.

Pretty Woman de Garry Marshall (1990)

Comme Le Journal de Bridget Jones, ce fut une très belle redécouverte qui m'a mise de super bonne humeur – même si Bridget Jones est plus axé sur la comédie et me parle plus d'un point de vue générationnel – et interprétable aussi bien comme un énième film entretenant le patriarcat que comme un film féministe. Je trouve ça assez époustouflant. Je vais chanter "Prettyyyyy Wooooomaaaaan walkiiiiiing doooown the streeeeeeeeeeets" pendant des mois. 🎶🎶

Chien et Chat de Reem Kherici (2024) 🐶😼

Pour la première fois de l'année, le niveau descend! Et même qu'il disparaît tout court, en fait. 😂 C'était bien nul et lourd, mais ce qui m'a vraiment chiffonnée, c'est le sketch sur la protagoniste féminine qui enlève son soutien-gorge en prison tandis que deux surveillants la matent sur leur écran en mangeant un cookie. Sérieux, ce genre d'humour dans un film destiné à des gosses... Heureusement, il y avait aussi des choses drôles, et la chatte star des réseaux sociaux était sympathique. (Et je précise qu'on m'a proposé d'aller voir ce film. Malgré la présence d'un chat, je n'avais pas prévu d'y aller, moi! 😇)

La Zone d'intérêt de Jonathan Glazer (2023)

Ce plan continue de susciter en moi une sensation d'irréalité totale...

Malgré une bande-annonce éminemment sinistre, je suis allée voir ce film qui aborde le sujet des camps d'extermination nazis par un angle original: la vie quotidienne et, disons-le, bucolique, de la famille du directeur d'Auschwitz. Le film n'est pas aussi sinistre que la bande-annonce le laisse penser, mais garde une certaine tension; je m'attendais sans cesse à tomber sur un cadavre ou à assister à un massacre. Au final, aucune violence n'est visible, l'horreur se nichant toujours dans l'arrière-plan, qu'il soit visuel ou sonore (par exemple, des coups de feu retentissent au loin, sans que cela n'influence les personnages filmés). Je ne suis donc pas étonnée que le film soit nominé aux Oscars pour le meilleur son. En revanche, je n'ai pas compris un certain nombre de choses, et la fin, notamment, m'a laissée assez perplexe.

Du côté des séries

J'avance lentement, mais sûrement, la saison 3 de Dinosaures.

Et le reste

J'ai lu le numéro de janvier du Monde Diplomatique – ironie mordante: leur article creux et limite conspirationniste sur les réelles intentions, forcément secrètes et égoïstes, des activités culturelles d'Édouard Leclerc m'a fait découvrir que les supermarchés Leclerc ne sont pas cotés en bourse, ce qui est un argument très fort pour me pousser à faire mes courses chez eux 🤣 – et le numéro de mars de Cheval Magazine.

Et vous, comment s'est passé votre mois de février?