mercredi 28 décembre 2011

Le Monde perdu (1912)

Arthur Conan Doyle, le génie qui nous a offert Sherlock Holmes, a aussi écrit d'autres livres, notamment Le Monde perdu, un livre d'aventures de SF publié en 1912.

Avec beaucoup d'humour, nous suivons les aventures de l'équipe du professeur Challenger. Accusé par les cercles scientifiques de Londres d'être un fraudeur, cet excentrique professeur emmène un petit groupe au cœur de l'Amazonie, à la recherche d'un haut plateau inaccessible dans lequel le temps semble s'être arrêté et où les dangers ne manquent pas. Animaux disparus et hommes-singes assoiffés de sang vont sérieusement mettre en péril son expédition!

Mon chat garde un œil sur l'Allosaure de couverture...

Bien entendu, j'ai lu ce livre parce qu'il s'agit d'une histoire de dinosaures, mais je pense que tout le monde peut s'y retrouver. C'est un bon roman d'aventures bourré d'humour --les interminables disputes des deux professeurs sont hilarantes--, qui met en scène des personnages très sympathiques et est porté par une plume fort agréable. S'il ne semble plus être tellement connu, il a exercé une influence indéniable: bien entendu, Michael Crichton a intitulé la suite de Jurassic Parc Le Monde perdu en référence à cette œuvre, et le schéma de l'histoire a été repris presque tel quel dans King Kong -- à la différence près que Kong vit dans une île et pas au milieu de la forêt amazonienne. Par ailleurs, bien que je ne l'aie pas lu, je pense que ce roman s'inscrivait à son époque dans la lignée du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.

J'ai passé un tellement bon moment que j'ai même pardonné à Conan Doyle de décrire les dinosaures comme des brutes épaisses totalement dénuées d'intelligence. C'est dire.

mardi 20 décembre 2011

Top Ten Tuesday (1)

Je participe enfin au Top Ten Tuesday, le rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire géré en France par Iani.

Le thème de cette semaine est tout particulièrement facile, vu que ma liste de Noël regorge de livres à acheter:

Les 10 livres que vous aimeriez recevoir à Noël

1/ The Miscellaneous Writings of Clark Ashton Smith de Clark Ashton Smith, aux éditions Night Shade Books, pour compléter la splendide et jouissive collection initiée par cette maison d'édition américaine il y a quelques années et passer encore quelques centaines de pages avec mon auteur préféré.


2/ The Lost World d'Arthur Conan Doyle, pour lire une histoire de dinosaures racontée par un auteur que j'apprécie beaucoup pour Sherlock Holmes.

3/ Pandora d'Anne Rice, car je piaffe d'impatience depuis que j'ai fini de lire Armand il y a une dizaine de jours.

4/ A Mind to Murder de P. D. James, pour retrouver l'inspecteur Adam Dalgliesh dans une de ses sombres et passionnantes enquêtes.

5/ The Children of Men de P. D. James, juste pour avoir la satisfaction de l'avoir chez moi (je l'ai emprunté en bibliothèque lorsque je l'ai lu et que je suis tombée amoureuse de P. D. James, qui est immédiatement devenue mon auteur préféré).

6/ El juego del angel de Carlos Ruis Zafon, pour repartir à Barcelone.

7/ El capitan Alatriste d'Arturo Perez-Reverte, pour reprendre les aventures du Capitaine Alatriste à zéro maintenant que je suis un peu plus à l'aise en espagnol.

8/ A Game of Thrones de Georges R. R. Martin, pour enfin découvrir cette saga du Trône de Fer dont tout le monde parle tant.

9/ La biographie de Zola par Henri Troyat, pour en savoir (encore) plus sur mon auteur préféré.

10/ The History of Middle Earth de Christopher Tolkien, juste histoire d'avoir une encyclopédie de dix tomes sur le monde de mon auteur préféré, Tolkien.

Vous noterez que je suis actuellement incapable de désigner un auteur préféré précis, Clark Ashton Smith, Tolkien, Zola et P. D. James jouant à celui (ou celle!) qui me rendra la plus hystérique.

Par contre, je trouve, comme toujours, qu'il est tout à fait désolant de voir à quel point les livres d'origine anglo-saxonne occupent le devant de la scène et expulsent littéralement l'italien.

La semaine prochaine, le thème sera: Le Top 10 des livres lus en 2010

mardi 13 décembre 2011

Le goût des pépins de pomme

Une déception certaine pour ce Goût des pépins de pomme de Katharina Hagena, dont le titre m'avait intriguée en librairie. Je ne le recommande décidément pas. J'ai eu un mal fou à identifier les personnages et à me souvenir de leurs relations, je me suis ennuyée et j'ai été un peu mal à l'aise face à certains aspects un peu glauques, tout en étant navrée par le degré d'"harlequinitude" de l'histoire d'amour.


Je vous propose cependant quelques citations qui m'ont amusée.

"J'aimais lire et manger en même temps. Une tartine après l'autre, sucré et salé en continuelle alternance. C'était merveilleux: les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventure avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fée avec du caramel mou, les romans de chevalerie avec des cookies."

"Il se passe si peu de choses ici que je vais m'asseoir au cimetière pour y boire un coup de rouge, et je fais cela uniquement pour qu'il se passe enfin quelque chose. Je suis un type qui s'ennuie à mourir et qui est tout juste assez intelligent pour s'en rendre compte. Pas de chance pour moi."

"Vous savez, les enfants, il y a trois choses que l'on peut contempler continuellement sans jamais s'en lasser. L'une de ces choses, c'est l'eau. L'autre, c'est le feu. Et la troisième, c'est le malheur des autres."

mercredi 7 décembre 2011

Le Chat du Rabbin (2)

En juin dernier, je vous recommandais d'aller voir Le Chat du Rabbin au cinéma.

Il y a deux semaines, suite à un retard dont il n'était même pas responsable, l'Homme a eu l'extrême gentillesse de m'offrir un de mes cadeaux de Noël très en avance et j'ai eu l'immense plaisir de lire la BD de Joann Sfar dont est tiré le film...

Le Chat du Rabbin rencontre un bout des Transformers!

Après avoir avalé le perroquet de la maison, le chat du rabbin devient soudainement capable de parler, mais le rabbin n'est pas du tout content de l'entendre proférer des mensonges (le chat nie en effet avoir mangé le perroquet!); il va donc l'éloigner de sa fille (Zlabya, la maîtresse du chat) et tenter d'en faire un bon Juif.

Le bilan est simple: c'est génial!

Le dessin est un peu tremblotant (même les bords des cases ne sont pas droits) et j'avais peur que cela me rebute, mais en fait ce n'est pas du tout gênant. C'est drôle, ironique, intelligent. Un hymne à la tolérance qui n'est absolument pas utopique ou naïf, le chat du rabbin étant bien plus lucide que les humains avec lesquels il interagit (de toute manière, qui a déjà rencontré un chat qui ne serait pas lucide?). Bien entendu, le chat tient le devant de la scène et la BD parlera plus aux amateurs de chats ou aux personnes les fréquentant, mais je pense que tout le monde peut apprécier l'humour et le message de Joann Sfar.

Il s'agit ici de l'édition intégrale, qui reprend les cinq tomes de la série: La Bar-Mitsva, Le Malka des Lions, L'Exode, Le Paradis terrestre et Jérusalem d'Afrique. Il s'agit donc d'un petit pavé de 288 pages, qui demande un temps de lecture non négligeable (petite précision pour les gens qui pensent que les BDs "ça se lit vite"...^^). Le site officiel de la BD annonce en outre un sixième tome, Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi, qui sera une "tragédie érotique", mais il n'y a pas encore de date de publication... Vivement la suite!

mardi 6 décembre 2011

Quo Vadis?

Quo Vadis?, publié en 1896, a permis à l’écrivain polonais Henryk Sienkiewicz d’obtenir le prix Nobel de littérature en 1905 (c’était un des tout premiers lauréats). Mervyn LeRoy, réalisateur par ailleurs de Les Quatre filles du Docteur March (1949), l’a adapté au cinéma en 1951, dans une superproduction avec Robert Taylor (huit nominations aux Oscars, même si on n’en gagne aucun, ce n’est pas rien); je vous en reparlerai si j’arrive à emprunter le DVD quelque part.


L’histoire: Nous sommes en 64, sous le règne de l’empereur Néron. Marcus Vinicius, riche soldat blessé pour une raison que j’ai oubliée (il me semble qu’il est tombé de cheval), est recueilli par une riche famille romaine, qui le soigne pendant plusieurs jours. Ayant aperçu leur fille adoptive, Lygie, la fille d’un roi barbare retenue à Rome comme otage depuis des années, il en tombe éperdument amoureux.

Vous savez, c’est le coup de foudre incontrôlable entre un jeune homme aux muscles bien saillants et une jeune fille vierge au regard pur comme de l’eau claire, dont on devine les formes rondes et souples à travers les voiles de ses vêtements, mais qui reste tout de même profondément virginale, prude et naïve.

Après avoir retrouvé la santé et quitté la famille en question, Marcus parle de sa passion à son oncle, Pétrone, un riche patricien très bien placé à la cour. Afin d’aider son neveu, Pétrone n’a d’autre idée que de suggérer à Néron de convoquer Lygie au palais –comme il en a tout à fait le droit du fait qu’elle est un otage de Rome– pour ensuite l’offrir à Marcus.

Lygie, qui n’a jamais mis les pieds en dehors de la maison de sa famille adoptive, se retrouve ainsi à la cour, le lieu de tous les excès et de tous les crimes. Terrorisée par l’attitude de Marcus, qui lui saute pratiquement dessus en pleine orgie, elle décide d’appeler à l’aide ses camarades chrétiens et de prendre la fuite, afin d’éviter de finir comme concubine chez Marcus.

Ce long résumé du début de l’intrigue a son importance: le court passage de Lygie au palais de Néron, puis la recherche frénétique mise en œuvre par Marcus pour la retrouver à tout prix, auront en effet des conséquences très néfastes pour eux et pour l’ensemble des chrétiens.

Malgré le résumé un peu ironique que je viens d’en faire, je me suis bien amusée à relire ce livre-péplum, que j’avais déjà lu quand j’étais plus jeune. J’aime tout ce qui tourne autour de l’Antiquité et surtout de Rome à l’époque où Rome était le monde (ou du moins le monde qu’il valait la peine de connaître, le reste de l’univers étant alors peuplé de barbares recouverts de peaux de bêtes et chassant les sangliers). J’ai été servie: banquets somptueux, esclaves et fauves en provenance de l’Empire tout entier, Empereur fou à lier et totalement mégalo, décadence et splendeur dans des palais incroyables, parmi les marbres les plus précieux et les parfums les plus rares...

Dans sa deuxième partie, ce livre possède aussi un côté spectaculaire indéniable, lorsque Néron fait mettre le feu à Rome pour avoir un spectacle digne de son art et fait porter le chapeau aux premiers chrétiens, qu’il fait torturer et massacrer par milliers. Je précise d’ailleurs que cet empereur matricide et fratricide a toute ma sympathie et que je lui trouverai un ministère quand je pourrai enfin composer mon Gouvernement Idéal de Super-Méchants (Sauron président, Scar ministre de la Destruction des familles et des environnements naturels, Voldemort ministre de la Magie noire avec Jafar pour vice-ministre, Mégatron ministre des Technologies et des Télécommunications, etc etc).

J’aime tout particulièrement le personnage de Pétrone, le patricien esthète et indolent, qui navigue tant bien que mal dans un contexte politique dangereux et qui finit par tirer sa révérence à Néron avec une verve toute particulière; et je dois avouer une certaine tendresse pour (Saint) Pierre, qui nous est présenté ici comme un vieil homme bon et aimant.

Le titre de l’œuvre vient d’ailleurs de la question posée par Pierre au Christ, qui lui apparaît alors qu’il quitte Rome pour fuir les persécutions: "Quo vadis, domine?" ("Où vas-tu, Seigneur?"). L’apparition lui ayant répondu qu’il va à Rome pour s’y faire crucifier une deuxième fois, Pierre fait demi-tour… Et finira effectivement crucifié, la tête en bas paraît-il.

Attention! Une bonne partie du livre consiste à partager les pensées religieuses des chrétiens. S’il est évident que ces personnages sont croyants (bien qu’ils soient quand même très exaltés et enchaînent les crises mystiques à une vitesse tout à fait déroutante), il est un peu irritant que l’auteur-narrateur soit aussi clairement de leur côté et utilise lui aussi des expressions comme "la lumière de la véritable religion" à propos de leur foi. Si vous n’êtes pas catholique et si les manifestations extatiques d’une foi que vous ne partagez pas vous irritent, passez votre chemin!

lundi 5 décembre 2011

Comment domestiquer son maître quand on est un chat

Amis chats, ce petit livre de Monique Neubourg vous explique en détail comment se comportent les humains au quotidien et vous indique comment les dresser et les encadrer afin qu'ils satisfassent tous vos désirs.

Le principe est simple: "Le moment est venu de faire comprendre à l'homme qui est le maître. Certainement pas lui. Mais vous. Moi. Nous."

Écrit par les chats, pour les chats, il vous fournira également quelques idées de jeu, comme par exemple "Compter combien de plumes il y a dans un oreiller", qui arrive en troisième position dans le Top 5  des Divertissements en solo.


Un livre offert par Anne Quent, à mettre entre toutes les pattes!

vendredi 25 novembre 2011

El puente de los asesinos

J'ai replongé avec un bonheur et une exaltation considérables dans les aventures du capitaine Alatriste.

Cette fois-ci, Diego Alatriste et Iñigo Balboa se dirigent vers Venise pour une mission délicate: assassiner le doge de cette ville italienne afin de le faire remplacer par une personne plus favorable à la couronne espagnole.

Si vous avez déjà lu un ou plusieurs tomes des aventures du Capitaine Alatriste, vous savez à quoi vous attendre. Vous aimerez si vous avez aimé les livres précédents, et vous n'accrocherez pas plus si vous ne les avez pas aimés. Cependant, comme cette série --pour des raisons que j'ignore totalement-- n'est pas du tout connue en France, j'ai pensé faire un topo sur le sujet, pour essayer de vous inciter à lire au moins le premier livre.

Lorsqu’on le rencontre dans Le capitaine Alatriste, Diego Alatriste, ancien soldat de l’armée espagnole, vit à Madrid, où il gagne sa vie plus ou moins misérablement en vendant ses talents à l’épée. Nous sommes en 1620 ou en 1621, sous le règne de Philippe IV, et l’Espagne, qui domine deux mondes depuis plus d’un siècle, n’a plus d’argent pour payer ses soldats (enfin, disons plutôt que cela ne fait pas partie des priorités financières du pays). Les vétérans de la guerre des Flandres qui reviennent au pays sont donc abandonnés à leur sort, sans aucune forme de pension ou de retraite, et survivent comme ils le peuvent.

Alastriste a recueilli un jeune garçon, Iñigo Balboa, après que son père soit mort sur le champ de bataille, et c’est Iñigo qui nous raconte ces histoires.

Dans cette première aventure (contenant d'ailleurs un gros clin d’œil à l'autre géant du roman de cape et d'épée, Les trois mousquetaires), Alatriste accepte de travailler avec un Italien pour tuer deux voyageurs devant entrer dans Madrid pendant la nuit –une courte collaboration pendant laquelle Alatriste se fera de nombreux ennemis, depuis cet Italien au visage ravagé par la vérole jusqu’aux membres les plus éminents de la cour. Par la suite, il aura affaire à l’Inquisition, retournera se battre en Flandre, reviendra en Espagne et deviendra enfin corsaire sur la Méditerranée, toujours accompagné d’Iñigo.

Un héros taciturne et fataliste qui se bat exceptionnellement bien, une mission dangereuse et des ennemis redoutables: de tome en tome, les ingrédients sont souvent les mêmes, mais Arturo Perez-Reverte a un don pour tenir ses lecteurs en haleine et les captiver totalement. Je lis Alatriste en espagnol et je vous assure que je ne maîtrise pas bien cette langue et que je fatigue vite, mais je ne veux jamais reposer ces bouquins et je quitte les personnages à grand regret.

J’apprécie énormément, en outre, de vivre cette période de l’histoire du point de vue de l’Espagne: c’était l’époque où le Nouveau Monde et ses mines d’or en faisaient le royaume le plus riche du monde et où ce pays pouvait se permettre d’être en guerre contre tout le monde à la fois (contre la France, contre l’Angleterre, contre les républiques d’Italie, contre la Turquie et même contre les Pays-Bas espagnols, qui tentaient de devenir indépendants); mais c’était aussi l’époque des intrigues de cour, des complots et des assassinats, et surtout de la toute-puissante Inquisition.

J’apprécie aussi de voyager d’une ville et d’un pays à l’autre, de Madrid à Tolède, de Séville à Breda et du Maroc à Venise, avec ces hommes durs et résignés, prêts à se battre jusqu’à la mort pour rester fidèles à leur roi et à leur patrie…

Une série de cape et d'épée redoutablement efficace, donc, que je recommande chaudement. Les six premiers tomes ont été publiés en France et sont disponibles en poche. Par contre, le septième vient tout juste de sortir en Espagne et il faudra donc patienter encore un peu.

Un marque-page de cape et d'épée
pour un roman de cape et d'épée;
avouez que j'ai le sens des associations.

Pour en savoir plus: Le site officiel de l'auteur
(en espagnol - désolée, je ne trouve rien de pertinent à vous proposer en français, si ce n'est vous renvoyer vers le minuscule article de Wikipédia)

jeudi 24 novembre 2011

Tales of Solomon Kane

The Hangman asked of the carrion crow,
but the Raven made reply:
"Black ride the men who ride with Death
beneath the midnight sky,
"And black each steed and grey each skull
and strange each deathly eye.
"They have given their breath to grey old Death
and yet they cannot die."
Robert E. Howard
Death's Black Riders

À lire, à lire, à lire! Howard était un génie et le personnage de Solomon Kane est tout simplement irrésistible.

lundi 21 novembre 2011

Tristesse

On ne s'habitue JAMAIS à la mort, c'est tout à fait épouvantable et surprenant. A la longue, on s'habitue en fait très bien à la mort de quelqu'un en particulier, mais l'action MORT --le fait que quelqu'un passe de l'existence à la non-existence-- reste une surprise à chaque fois, comme si on n'y avait jamais été confrontés et comme si ce n'était pas normal.

Je n'ai pas vu ce chat depuis des années, mais le fait de savoir qu'il existait encore, qu'il rôdait dans le quartier de mon enfance et qu'il habitait la porte à côté de mon autre ex-chat avait un côté rassurant et me faisait chaud au cœur.

Mais le véto m'a dit qu'il est mort. Il n'existe plus. Cela fait même plusieurs mois qu'il n'existe plus.

Un adieu rétrospectif à Gi-gi, donc, chat lunatique, indépendant et un peu je-m’en-fichiste, qui me manquera encore plus à partir de maintenant.

La question existencielle du lundi matin

Comment expliquer à mes clients que je ne peux absolument pas travailler parce que je suis tout à fait dé-bor-dée de livres passionnants à lire et de séries cultes à regarder...?

mardi 15 novembre 2011

Résolutions de fin d'année

La fin de l'année approche! Avant de faire le bilan culturel de 2011 et de me donner de nouveaux objectifs pour structurer 2012, j'ai encore six semaines pour donner un bon coup de collier, démolir ma pile à lire et me cultiver l'esprit. Sauf excès de travail imprévu et incontrôlable, votre dévouée blogueuse va donc bientôt:

- finir la première saison de L'inspecteur Barnaby;

- regarder la deuxième saison de Stargate SG1;

- finir la deuxième saison de La famille Addams, et, idéalement, regarder la troisième et dernière saison;

- finir la onzième saison d'Arabesque;

- lire les trois livres que ma belle-mère m'a prêtés en juillet et qui traînent depuis sur ma table basse;

- mener à bien le programme de lectures fantastico-horrifiques prévues pour cet automne pour l'anglais et le français, en profitant du fait que l'italien est totalement passé à la trappe depuis que j'ai épuisé le rayon de ma bibliothèque en cette langue;

- finir mon challenge sur la Planète des singes si j'arrive à mettre la main sur les films des années soixante-dix;

- faire le tour de ma DVDthèque et regarder les films que je n'ai pas vus depuis des lustres, comme Sleepy Hollow, Le Pacte des Loups et Elizabeth - L'âge d'or, et ceux que je n'ai jamais regardés depuis que je les ai, c'est-à-dire La Comtesse (arrivée récente) et surtout Danse avec les loups ;

- et sûrement d'autres choses qui m'échappent temporairement. ^^

dimanche 13 novembre 2011

La dernière licorne

"You can find your people if you are brave. They passed down all the roads long ago, and the Red Bull ran close behind them and covered their footprints."

Peter S. Beagle
The Last Unicorn

vendredi 11 novembre 2011

Navet

Photo d'un navet géant qui a élu domicile dans Paris, en face du Louvre et de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.

mardi 25 octobre 2011

Les Fils de l'homme

Un coup de cœur absolu que je qualifierais même de raz-de-marée émotionnel. Des plans séquences incroyables, une musique déchirante et des acteurs excellents pour un film cruel et splendide: si l'on s'éloigne du point de vue scénaristique du livre de P. D. James, qui a représenté un tremblement de terre littéraire du même gabarit il y a un an presque jour pour jour dans ma petite vie d'exilée à Luxembourg, on reste dans l'atmosphère cruelle et désabusée de mon auteur fétiche.


Les personnes me connaissant dans la vraie vie comprendront bien combien il est exceptionnel que je dise : "j'ai pleuré à cause d'un bébé"!

Un film d'Alfonso Cuaron dont Cachou a déjà parlé ici, dans un billet avec lequel je concorde pleinement.

lundi 24 octobre 2011

Le Repaire du Ver blanc

Arf!

Je viens de finir de lire Le Repaire du Ver blanc (The Lair of the White Worm) de Bram Stoker, nouvelle qui constitue la première étape de mon Mini-challenge du Ver blanc, qui commence remarquablement mal.

Perplexité considérable. En fait, c'est nul. Et très peu compréhensible. Et pas intéressant.

Imaginez que votre voisine tue votre mangouste, qui vous faisait tranquillement des câlins avant d'attaquer furieusement ladite voisine, à coups de revolver. Est-ce que vous rentrez chez vous sans dire un mot?

Imaginez que votre voisin regarde fixement une autre de vos voisines pendant des heures, comme s'il voulait la manger, et que ladite voisine pâlit, faiblit et manque de s'évanouir sous ce regard. Est-ce que vous restez assis à côté à les regarder se regarder sans faire un geste?

L'histoire se déroule en outre dans un endroit où les voleurs n'existent pas, puisque Voisine numéro 1 s'introduit chez tout le monde sans sonner et sans forcer les portes, qui restent apparemment ouvertes jour et nuit.

Effarée par la nullité de cette nouvelle que Bran Stoker a écrite 15 ans après Dracula (et pour laquelle on ne peut donc pas invoquer une "erreur de jeunesse"), je vous laisse avec le compte-rendu d'Anne Quent, qui a déjà exprimé son désarroi ici.

Question du jour

Un petit détail que j'ai découvert samedi dernier grâce à Thomas Sertillanges, qui animait la Matinale de la Société française des traducteurs (SFT), un rendez-vous mensuel tournant autour d'un aspect de la traduction.

Dans les aventures de Tintin, savez-vous comment distinguer Dupont et Dupond?

vendredi 21 octobre 2011

Cavaliere di Grazia

"Per portare un cavallo dovremo prendere una barca più grande, e superare la linea di navi turche sarà più difficile. Volete rischiare la vita per un cavallo?"
Andrea si strinse nelle spalle. "Lui me l'ha salvata almeno due volte," disse, "sicché sono in debito."
Franco Mimmi
Cavaliere di Grazia

Traduction française de votre dévouée blogueuse, le livre n'ayant pas été publié en France:
"Nous devrons prendre un plus grand bateau pour transporter un cheval et il sera plus difficile de passer la ligne des navires turcs. Vous voulez risquer votre vie pour un cheval?"
Andrea haussa les épaules. "Il a sauvé la mienne au moins deux fois", dit-il, "alors j'ai une dette envers lui."

mardi 18 octobre 2011

NaNoWriMo 2011

Bon allez.

Pour une rare fois, je décide ce soir de faire preuve de volonté, d'optimisme et de joie de vivre, et je m'engage formellement à participer à l'édition 2011 du National Novel Writing Month.

Cette résolution s'inscrit dans une utopique indispensable démarche de retour à la vie/reprise en main.

Je me réserve cependant le droit de laisser tomber en cours de route si mon chiffre d'affaires du mois dépasse une certaine somme (que je ne vous révèlerai pas ici): pour l'instant, je ne peux malheureusement pas me payer le luxe de refuser du travail pour me consacrer à l'écriture. (Mais, bien sûr, tout ça changera lorsque j'aurai enfin mis la main sur mes millions!)


Rendez-vous en novembre pour 50 000 mots de souffrance et d'extase!

samedi 15 octobre 2011

Bonheur! (bis!)

Alors que je suis encore relativement hystérique au sujet de l'annonce de la sortie du prochain P. D. James, voilà que j'apprends qu'Arturo Pérez-Reverte publie le 27 octobre le septième tome des aventures du Capitaine Alatriste!


El puente de los asesinos se déroulera en outre en Italie...

Heureusement, je n'ai pas besoin d'attendre la traduction: je pourrai sauter dessus dès que je l'aurai acheté.

jeudi 13 octobre 2011

Rencontre avec des blogueurs BD

Samedi dernier, j'étais à la médiathèque Christine de Pizan de Poissy pour assister à un café littéraire avec des bulles. Trois blogueurs BD ont répondu aux questions du public et nous ont parlé de leurs blogs et de l'évolution de la bande dessinée à l'ère du numérique...

J'ai récupéré par la suite un dessin réalisé pour moi par l'un des trois blogueurs, Clément, qui nous avait parlé des demandes de dessins "bizarres" en salon et avait notamment signalé que beaucoup de personnes lui demandaient un dinosaure. ^^



J'adore! Merci beaucoup! (Et merci à Copine C. qui a demandé le dessin à ma place!)

Clément tient deux blogs, Le blog des frères crétins et Pas de pression. Les deux autres blogueurs invités étaient Lolmède (auteur de Brut de blog) et Faz (auteur de Super-Papa). Jetez-y un coup d’œil!

lundi 3 octobre 2011

Pèlerinage littéraire de Médan

Je suis allée hier au pèlerinage littéraire organisé par les Cahiers naturalistes au sein de la maison d’Émile Zola à Médan. Ce pèlerinage a lieu tous les ans, le premier dimanche d’octobre, depuis 1903.

Je suis partie de Versailles une heure avant le début du pèlerinage, de manière à me garer sur la parking de la mairie de Médan, où je m'étais garée en juillet. Et bien, soyez prévenus! À 14h30, toutes les places étaient occupées et la petite ville de Médan était envahie. J'ai réussi à me garer le long de la voie ferrée uniquement parce que ma voiture fait la taille d'un vélo...

Dans le parc de la maison, toutes les places assises sous la tente étaient occupées et le public s'est réparti sur la pelouse. Il faisait très beau et le tout était assez champêtre et sympathique.


Pierre Bergé, que je connaissais de nom puisqu'il a écrit l'avant-propos du livre Zola à Médan, a d'abord donné quelques nouvelles au sujet de la maison, qui est fermée pour trois ans à partir d'aujourd'hui en raison de travaux importants. Avis aux amateurs: le pèlerinage sera maintenu l'année prochaine malgré les travaux et je vous donne donc rendez-vous le dimanche 7 octobre 2012!

Nadine Le Blond-Zola, arrière-petite fille d'Émile, et un homme que je n'ai pas réussi à identifier ont ensuite pris la parole. Ce dernier a notamment cité une exposition de Cézanne qui se tiendra à Paris cet hiver et où sera exposé un petit portrait de Zola (Zola et Cézanne étaient au lycée ensemble à Aix-en-Provence et sont restés amis à l'âge adulte, jusqu'à ce que Zola publie L'Oeuvre, roman dans lequel Cézanne s'est reconnu).

Le clou du spectacle consistait en l'intervention de deux orateurs extérieurs.

Christophe Reffait, professeur à l'université de Picardie, a d'abord abordé le sujet de la crise chez Zola, en partant bien sûr de la crise économique et financière actuelle. Zola a beaucoup parlé de la crise cyclique, celle qui revient régulièrement, soit sous la forme d'une maladie ou d'un état psychologique aberrant, soit sous la forme d'un écroulement économique ou financier. Germinal et L'Argent sont évidemment, et malheureusement, terriblement d'actualité... Il paraît que Zola est sorti de cette vision dans Travail, mais malheureusement je n'en suis pas encore arrivée aux romans qu'il a écrit après les Rougon-Macquart et je ne l'ai donc pas lu!

Christophe Reffait

Nicolas Demorand, actuel directeur de la rédaction et de la publication de Libération, a ensuite abordé le thème du journalisme en partant du célèbre J'accuse, qui valut à Zola la condamnation à un an de prison et l'exil en Angleterre. Est-il encore possible, aujourd'hui, qu'un seul article ait une telle influence? Les journalistes peuvent-ils se poser hors la loi pourvu de faire leur travail? Les journaux perdent actuellement leurs lecteurs, ils ne jouent plus le rôle d'unificateurs de personnes partageant les mêmes idées et l'âge du papier est révolu. L'âge de l'écran commence...

Nicolas Demorand

Bien entendu, leurs discours respectifs étaient bien plus intéressants que cela, mais je n'ai pas tout retenu. ^^  Nicolas Demorand a parlé de "l'esthétique du spasme et du déphasement", une formulation que j'ai trouvée pertinente; deux des notions zoliennes m'ayant le plus marqué sont le "détracage" mental et "le clou de l'idée fixe"...

À l'entrée de la maison.


Une expérience intéressante, donc, et que je répéterai à l'avenir, même s'il est peut-être inutile d'y aller tous les ans, les intervenants n'étant peut-être pas tous passionnants. C'était très agréable, en tout cas, de côtoyer pendant une heure et demie d'autres personnes férues de Zola!


L'entrée est libre et il suffit de se présenter à la maison pour entrer dans le jardin; par contre, il y avait une queue considérable pour visiter l'intérieur de la maison et il vaut mieux réserver. Je mets l'invitation ci-dessus pour info, il n'est absolument pas nécessaire de l'imprimer pour être admis au pèlerinage!

vendredi 30 septembre 2011

Bonheur!

Grande nouvelle!

P. D. James publiera son prochain roman le 3 novembre prochain. Death Comes to Pemberley mettra en scène les personnages d'Orgueil et préjugés de Jane Austen, un meurtre étant commis dans l'entourage d'Elizabeth et de Darcy six ans après leur mariage.

Je suis excitée comme une puce. Je ne lis P. D. James que depuis un an, mais elle s'est hissée directement dans le top 5 de mes auteurs préférés, et c'est la première fois de ma vie qu'un de mes auteurs fétiches publie un livre que je peux attendre et acheter dès sa sortie. (Mes auteurs préférés sont tous morts, c'est pas de bol... À l'exception d'Anne Rice, bien sûr, mais il faut dire que j'ai tellement de retard dans ses livres que je n'attends absolument pas la publication du nouveau!)

Bien entendu, et malgré que je ne sois pas (du tout) une inconditionnelle de Jane Austen, tout ceci impose un petit challenge:

1/ Relire Pride and Prejudice;

2/ Regarder (enfin!!) l'adaptation de la BBC avec Colin Firth;

3/ Me procurer le livre de P. D. James le jour de sa sortie et l'avaler en une seule bouchée.

Les points 1/ et 2/ devront être réalisés avec une attention particulière: je suis sure que P. D. James se servira de tout petits détails de l'histoire d'origine pour mettre en place son enquête et en permettre la résolution...

Vous pouvez lire un article du Telegraph sur le sujet ici.

jeudi 29 septembre 2011

La Planète des singes (1968)

Après avoir lu le livre de Pierre Boulle, j'ai pu passer à l'étape cinématographique de mon challenge Planète des singes en regardant le film de 1968 réalisé par Franklin J. Schaffner.

 Bon.

1/ Ça a mal vieilli.

2/ Je n'aime pas du tout Charlton Heston. (Avec du recul, je me demande si ce n'est pas aussi à cause de lui que je n'ai pas aimé Ben-Hur, même si le côté mystique de ce film m'avait profondément ennuyée...)

Bon. Disons que c'est un film à voir pour sa culture gé et qu'il y a de l'idée dedans. C'est en outre une adaptation assez fidèle du livre. Et il y a, comme dans le livre, une critique de l'establishment religieux et conservateur qui est un reflet effrayant de l'inquisition et du créationnisme de notre histoire à nous.


En fait, je dois dire que j'ai bien aimé. C'est juste que le "décalage" culturel par rapport au moment du tournage est trop marqué et qu'on a du mal à prendre le film totalement au sérieux... (Pourtant, j'aime beaucoup quelques films plus vieux que celui-ci, notamment 20000 lieues sous les mers de Disney [1952], Les chevaliers de la table ronde [même année] et Diamants sur canapé [1961 si je ne m'abuse]).


Point positif: la musique est assez flippante et réussit à faire monter la pression même quand il ne se passe rien à l'écran. Même le chat du voisin, avec qui j'ai regardé le film (le chat, pas le voisin), et qui l'a totalement snobbé, était perturbé. ^^

Prochaine étape: me procurer et regarder Les évadés de la planète des singes (1971).

Fondation et Empire

It seemed inevitable that the next danger the Foundation would have to face was the final lash of the dying Empire.
The way must be cleared for the battle of Foundation and Empire.

Isaac Asimoc
Foundation and Empire (prologue)

mercredi 28 septembre 2011

La confession de Claude (2)

La confession de Claude, publié en 1865, est le tout premier roman de Zola. Âgé de 25 ans, il n'avait alors publié qu'un seul livre, Contes à Ninon, un recueil de contes et de nouvelles (qui est désormais introuvable, soit dit en passant).


Le livre est constitué d'un ensemble de lettres envoyées par Claude à ses "frères". Il est donc rédigé à la première personne, quelque chose de très rare chez Zola... On ne sait pas grand-chose de Claude, si ce n'est qu'il est originaire de Provence et qu'il a échoué à Paris, où il vit dans une pauvreté extrême. Une nuit, une voisine lui demande de veiller Laurence, une jeune prostituée qui habite dans le même immeuble. Une chose en entraînant une autre, Laurence s'installe chez Claude et le "ménage" sombre progressivement dans la misère. Dans un premier temps, Claude tente de ramener Laurence dans le droit chemin en essayant de l'inciter à trouver un travail (autre que la prostitution, s'entend), mais il échoue lamentablement. Au contraire, l'extrême passivité de Laurence, qui passe ses journées les mains croisées dans un fauteuil, déteint sur lui...

Je dois avouer que j'ai trouvé ce livre moins percutant que les autres. Il est partiellement autobiographique (Zola a eu une relation de ce type avec une prostituée pendant l'hiver 1860-1861, juste après son arrivée à Paris) et il est déjà sombre et déprimant à souhait, mais on est encore loin de la plume de Germinal et compagnie. C'est une lecture intéressante, encore une fois, pour les inconditionnels de Zola...

Une précision au sujet de l'éditeur: La confession de Claude étant, comme les Contes à Ninon, introuvable en librairie (à moins de passer par la bibliothèque de la Pléiade), je l'ai commandé sur Amazon auprès d'un éditeur anglais, Dodo Press, qui appartient en fait à The Book Depository (qui appartiendra d'ailleurs bientôt à Amazon). Le format est un peu surprenant, la couverture a l'air imprimée sur une imprimante maison et deux-trois fautes de frappe ou de français se sont glissées dans le texte, mais sinon le texte est très lisible et le papier agréable. Apparemment, j'ai eu de la chance (certains lecteurs de Clark Ashton Smith sont tombés sur des exemplaires très peu soignés): je ne sais donc pas si je repasserai par cette maison d'édition. Quelque part, je pense qu'il vaut mieux avoir un exemplaire contenant des fautes de frappe que pas d'exemplaire du tout... À voir!

Bien entendu, le titre de cette maison d'édition m'éclate au plus haut point!

mardi 27 septembre 2011

La confession de Claude

– J’avais de blonds cheveux alors, mes joues étaient si pures que mes amants me surnommaient Pâquerette. Si vous m’aviez vue, vous seriez entré. J’habitais, au rez-de-chaussée, un nid de soie et d’or. Chaque cinq ans, j’ai monté d’un étage. Aujourd’hui, je loge sous les toits. Je n’ai plus qu’à descendre pour aller au cimetière. Ah ! que votre amie Laurence est heureuse : elle ne loge encore qu’au troisième.
Émile Zola
La confession de Claude

mercredi 21 septembre 2011

Petit Chat

Il y a quelques temps, Cachou et Tiger Lilly ont exposé leur Félins respectifs par le biais de quelques photos qui m'ont envoyé en transe. (J'aime les chats à la folie et je deviens zinzin quand j'en vois.) Ils sont beaux beaux beaux. Mais, bien sûr, Chat à moi est Plus Beau. (Notez l'utilisation des majuscules!) En voici les preuves.



Petit bidon poilu et doux.

Renversant! ^^

vendredi 16 septembre 2011

La Planète des singes (1963)

Mon challenge Planètes des singes commence en beauté, avec un vrai coup de cœur pour le livre de Pierre Boulle, publié en 1963. J'ai été prise dans l'histoire dès les toutes premières lignes.

"Jinn et Phyllis passaient des vacances merveilleuses, dans l'espace, le plus loin possible des astres habités.
En ce temps-là, les voyages interplanétaires étaient communs ; les déplacements intersidéraux, non exceptionnels. Les fusées emportaient des touristes vers les sites prodigieux de Sirius, ou des financiers vers les Bourses fameuses d'Arcturus et d'Aldébaran. Mais Jinn et Phyllis, un couple de riches oisifs, se signalaient dans le cosmos par leur originalité et par quelques grains de poésie. Ils parcouraient l'univers pour leur plaisir – à la voile."

Attention! La couverture de l'édition Pocket est mensongère...

J'ai lu extrêmement peu de SF, un genre que je commence à peine à découvrir, mais j'ai trouvé ce livre extrêmement bien construit, aussi bien du point de vue de l'intrigue que de celui de l'anticipation. Pierre Boulle avait reçu une formation d'ingénieur et on sent qu'il est attentif à la cohérence et à la crédibilité de son histoire.

L'histoire est bien connue, mais il me semble qu'elle a été assez déformée dans les films (que, encore une fois, je n'ai pas vus, et dont je ne connais que quelques images ou passages célèbres). Jinn et Phyllis, pendant qu'ils naviguent à la voile dans l'espace, trouvent une bouteille contenant un manuscrit (ici, l'auteur m'avait déjà conquise; j'ai adoré retrouver le concept de la bouteille lancée à la mer par un naufragé... mais dans l'espace). Ledit manuscrit contient le récit du journaliste Ulysse Mérou, qui a quitté la Terre en 2500 en compagnie du professeur Antelle et de son disciple Arthur Levain en direction du système planétaire de l'étoile Bételgeuse, située à environ trois cents années-lumières de la Terre. Après avoir atterri sur une des planètes de cette étoile, clairement habitée par une espèce intelligente, ils rencontrent des hommes vivant à l'état sauvage dans la jungle, ne présentant aucune faculté intellectuelle et se comportant exactement comme des animaux.

Après quelques jours, l'espèce dominante de la planète organise une battue dans cette portion de forêt et Ulysse est capturé. Par des singes, bien sûr... Après s'être retrouvé en cage dans un institut scientifique où il est soumis à toutes sortes de tests, il va tenter désespérément de prouver aux scientifiques autour de lui qu'il n'est pas qu'un animal.

Au-delà de l'histoire, j'ai trouvé plusieurs points intéressants dans ce bouquin et je crois que c'est cela qui le rend aussi passionnant. Le rôle des singes et des hommes est totalement inversé: les singes expérimentent sur les hommes, qui sont de simples cobayes, des souris de laboratoires indifférentes identiques les unes aux autres. (J'ai vu là une première différence avec le film, où il me semble que les hommes sont réduits en esclavage; il n'y rien de tel chez Pierre Boulle, les hommes sont juste utilisés en laboratoire ou exposés au zoo.) Ensuite, la société simiesque est composée de chimpanzés, de gorilles et d’orangs-outans, chaque espèce ayant ses prérogatives, ses préférences professionnelles et ses idées fixes, avec une nette opposition entre une espèce très conservatrice et une espèce très moderne et à la recherche de la vérité scientifique. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une référence très explicite à la situation "chez nous"... Et, enfin, je ne peux pas croire que Pierre Boulle n'a pas voulu dénoncer, ou tout du moins critiquer, l'expérimentation sur les animaux; les quelques exemples d'expériences scientifiques menées par les singes sur les hommes-cobayes sont révoltants et j'ai immédiatement ressenti le même malaise à l'idée que la même chose est réalisée sur des singes.

Pour finir, j'ai beaucoup aimé l'explication fournie à propos de la "chute" de l'humanité, qui m'a rappelé Fahrenheit 451... Mais je n'en dirai pas plus car ce serait vraiment dévoiler toute l'histoire!

En bref, une excellente lecture qui m'a vraiment enthousiasmée. L'édition Pocket n'est qu'à 3,8€ sur Amazon: je vous conseille de vous ruer dessus!

jeudi 15 septembre 2011

Hellboy - Suite et fin

Avec Le Ver conquérant, Le Troisième souhait et Trolls et sorcières, j'ai fini de lire les huit tomes d'Hellboy en la possession de l'Homme. (Note pour les lecteurs à bonne mémoire se souvenant que j'avais dit que l'Homme possédait tous les albums déjà publiés en France: j'en étais effectivement convaincue, mais je m'étais trompée, je reste donc sur ma faim. Enfin, dans tous les cas, la série n'est pas finie, et au rythme où va Mike Mignola, on connaîtra peut-être le fin mot de l'histoire en 2020.)


Le Ver conquérant est (entre autres) un hommage aux super-héros de comics grâce au personnage de Johnson le Homard, qui laisse la marque de sa pince (de homard bien sûr!!) sur les corps de ses victimes. Cet album ne raconte qu'une seule histoire relativement longue et il est divisé en chapitres, comme Les Germes de la destruction et Au Nom du Diable. Le titre, ainsi qu'un certain nombre de citations disséminées dans l'album, sont tirés de Ligéia, nouvelle d'Edgar Allan Poe ("Et les anges, tout pâles et défaits,/ Se levant, se dévoilant, affirment/ Que la pièce est la tragédie nommée "l'homme"/ Et que son héros en est le ver conquérant"). L'histoire se termine par une importante décision professionnelle d'Hellboy, qui aura des conséquences sur la série BPRD, que je lirai prochainement.

Désolée, on ne voit rien sur cette photo, si ce n'est que la table basse est envahie.

Le Troisième souhait est une histoire plus classique, une sorte de veni, vidi, vici fantastique et sous-marin (d'où la baleine et les poissons en couverture). Je dois préciser que j'ai lu l'édition spéciale et noir et blanc et en grand format et que je n'ai pas du tout aimé. Même si certaines images sont très jolies, j'ai trouvé que ça compliquait la compréhension de l'action et je pense qu'il est beaucoup pus judicieux de lire la version normale en couleurs. Première page de l'album en noir et blanc ci-dessous.


Trolls et sorcières, enfin, est un recueil de courtes histoires, comme les tomes 3, 4 et 5, avec quelques mots de Mike Mignola avant chaque histoire. J'ai beaucoup aimé Le Vampire de Prague, qui a été dessiné par P. Craig Russel.


D'un point de vue bloguesque, Hellboy s'arrête ici. Je n'ai ni la patience ni la perspicacité d'esprit nécessaire pour écrire quelque chose de cohérent et de pertinent sur chaque tome de la série. Je vais donc passer sous silence les deux "hors-série" qu'il me reste à lire. Par contre, je ferai peut-être un billet récapitulatif sur la série BPRD lorsque je l'aurai finie, en la jugeant de manière globale... Je verrai.

En tout cas, Hellboy a été une lecture bien agréable, avec des dessins splendides et un univers fascinant. Je lui reprocherai seulement de tourner un peu en rond, dans le sens qu'on touche toujours au mystère d'Hellboy sans jamais réellement en savoir plus, ce qui est un peu agaçant. À lire absolument si vous avez aimé les films ou si vous êtes fan de fantastique!

mercredi 14 septembre 2011

American Gods

Pas grand-chose à dire. Décidément, Neil Gaiman et moi ne sommes pas faits l’un pour l’autre. ^^ J’ai trouvé American Gods beaucoup plus intéressant qu’Anansi Boys, c'est vrai, mais je ne suis pas vraiment rentrée dedans pendant les 400 premières pages (ce qui est un peu gênant, avouez). Heureusement, le rythme accélère pendant les 150 dernières pages et l’intrigue se résout d’une manière que je n’avais pas vue venir (sauf en ce qui concerne quelques points secondaires), ce qui a fini par bien me tenir en haleine.


Il faut dire que je ne connais pas grand-chose aux anciennes mythologies et que je suis donc passée à côté d’une part non négligeable du bouquin… Je n’en dirai pas plus car il me semble très difficile d’introduire l’intrigue sans tout spoiler!

Je préciserai cependant, pour finir, que j’ai été ravie de rencontrer Bastet. ^^

lundi 12 septembre 2011

BTVS & Angel - A tribute

Pour tous les fans des séries Buffy contre les vampires et Angel. Un montage amateur que j'ai regardé environ cent fois depuis que l'Homme est tombé dessus et sur lequel j'ai versé mes petites larmes.


Pensez à sélectionner le nombre maximal de pixels en bas à droite,
sinon la qualité n'est pas terrible!

dimanche 11 septembre 2011

Bilinguisme et enfance

Découverte intéressante: ma bibliothèque dispose d'un rayon assez bien fourni sur la linguistique, dans lequel j'ai trouvé ces deux bouquins, L'enfant bilingue d'Elizabeth Deshays et Le défi des enfants bilingues de Barbara Abdelilah-Bauer.


Les deux auteurs ont une expérience directe de l'éducation d'enfants bilingues (Elizabeth Deshays est britannique et habite en France, où elle a épousé un Français; Barbara Abdelilah-Bauer, d'après ce que j'ai compris, est allemande ou d'origine allemande et vit en France avec un conjoint algérien ou d'origine algérienne). Dans les deux cas, elles étudient le phénomène du bilinguisme chez l'enfant dans un contexte monolingue, c'est-à-dire dans un pays où le bilinguisme constitue l'exception et n'est pas "prévu" dans le système scolaire.

De ces deux lectures, je retiens quelques points principaux:

1/ Les craintes liées au bilinguisme chez l'enfant sont infondées; toutes les études montrent que les enfants grandissant dans un contexte bi ou multilingue n'ont pas de retard de langage par rapport aux enfants monolingues, bien au contraire. S'il faut parfois plusieurs années pour fixer les deux langues l'une par rapport à l'autre, ce qui laisse croire à des institutrices retardées... heuh pardon... inquiètes que l'enfant ne sait pas s'exprimer, ces enfants deviennent ensuite capables de s'exprimer aussi bien dans une langue que dans l'autre et atteignent le même niveau dans la langue "majoritaire" (langue parlée dans le pays de résidence) que les enfants monolingues. (Preuve vivante de cette affirmation: moi!! ^^)

2/ Les idées reçues et le prestige associées (ou pas) à la langue minoritaire auront une influence sur la capacité de l'enfant à acquérir ou conserver cette langue. Exemple: il est plus facile pour un enfant né en Angleterre de conserver l'anglais si ses parents emménagent en France à ses deux ou trois ans que pour un enfant croate de conserver le croate dans le même contexte. Certains enfants font même des blocages sur la langue de leurs parents car ils intègrent les idées reçues négatives associées à leur pays d'origine. Voir, dans le livre de Barbara Abdelilah-Bauer, le cas d'un enfant refusant de parler arabe avec ses parents "parce que ça fait honte" (!!!). Je trouve ce constat tout particulièrement regrettable, l'idée d'une hiérarchie de valeurs entre les langues étant totalement absurde.

3/ On distingue plusieurs types de bilinguisme en fonction de l'âge qu'avait l'enfant au moment du contact avec la deuxième langue. Mon bilinguisme, par exemple, est un bilinguisme consécutif précoce (consécutif car j'ai été exposée exclusivement à ma première langue, l'italien, pendant cinq ans, et que le français est arrivé plus tard, et précoce car l'exposition au français s'est faite avant mes six ans).

Une lecture intéressante et rassurante, donc, car ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule et que, sur ce point-là au moins, mes parents ont fait le bon choix en s'en tenant à l'italien à la maison. Apparemment, certains parents désespérés et pressés par des instituteurs casse-pieds renoncent à parler leur propre langue chez eux pour faciliter l'intégration de leurs enfants à l'école française, en les privant ainsi d'une deuxième langue et d'une deuxième culture. L'idéal reste que chaque parent parle sa propre langue à l'enfant, y compris dans le cas de couples mixtes ayant déjà deux langues (exemple: mère francophone, père russophone, enfant né en Italie et grandissant, à l'extérieur, dans un contexte exclusivement italophone), sans pour autant faire de dogmatisme et en s'adaptant à l'enfant, à son rythme et à ses besoins.