Aujourd'hui, direction un espace-temps où il y avait encore des saisons dignes de ce nom, ce qui était fort agréable pour une lecture de juillet 2026!! 🥵🥵
Illustration de couverture de Marlène Normand.
En 1810, à Oxford, Cascabel commence ses études sous l'identité de son frère jumeau fictif, Pommelion, tout simplement pour avoir le droit de mener lesdites études. Car pour une femme, la porte d'Oxford est fermée. Son secret risque pourtant d'être éventé dès le jour de son arrivée, car elle retrouve le sac contenant ses habits de femme noué d'une manière différente de la sienne.
Malgré cela, elle rencontre quelques voisins, sympathise avec un chat, commence à suivre les cours... Et puis un garçon peu aimable essaye de la faire chanter, ce qui est un gros problème. Et voilà que, presque aussitôt, il est retrouvé mort. Ce qui est également un gros problème. D'autant plus gros que la police la soupçonne, elle. (Enfin, soupçonne Pommelion, bien sûr.)
Et voilà, ainsi débute une enquête fort sympathique à Oxford, entre couloirs feutrés, leçons de chirurgie, rencontres qui font battre le cœur, et club très sélect de garçons peu recommandables. Il y a même un bal. L'ambiance est très chouette. Et, donc, une saison digne de ce nom, où il est possible de patiner sur la glace. L'Angleterre en automne et en hiver, ça fait juste rêver...
Du point de vue de l'intrigue, le roman présente quelques faiblesses ou facilités scénaristiques. Par exemple, Cascabel réussit parfois très facilement à passer inaperçue. Quant à la figure de la fille qui se fait passer pour un garçon pour mener sa vie comme elle l'entend dans un monde d'hommes, elle a probablement été usée jusqu'à la corde – mais, moi, je ne l'ai pas beaucoup croisée dans mes lectures, voire pas du tout, donc ça ne me dérange absolument pas.
Le roman comporte aussi des éléments de réflexion sur la fluidité de genre, la (non) binarité et l'amour homosexuel, le tout amené avec naturel dans l'ensemble. L'auteur, Joe Heap, a trouvé un bon équilibre pour rester dans le divertissement léger tout en parlant de trucs sérieux. Enfin, le style est soigné et se lit tout seul. Et le fait que ce soit soigné ne m'étonne pas du tout, vu que c'est Mathilde Tamae-Bouhon aux manettes à la traduction!! 🤩🤩🤩🤩 Moi qui évite autant que possible de lire les livres traduits de langues que je maîtrise, je n'ai pas du tout été gênée ici et je n'ai pas tout retraduit en anglais sans pouvoir m'en empêcher. Merci à elle de m'avoir offert cet exemplaire!!! Je ne savais même pas que le livre existait, donc je ne risquais pas de le lire. :)
Autres traductions de la traductrice déjà chroniquées sur le blog
La Saveur du printemps de Kevin Panetta et Savanna Ganucheau
Le Café du temps retrouvé de Toshikazu Kawaguchi

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