Chronique express!
Stupéfaction totale en lisant Poil de Carotte de Jules Renard, que j'ai trouvé dans l'entrée de mon immeuble: je croyais qu'il s'agissait d'un roman pour enfants sur un petit garçon turbulent mais amusant, et je me suis retrouvée avec une succession d'actes de maltraitance! 😱😱
Au fil de chapitres extrêmement courts, qui ne font souvent qu'une page, on voit en effet le quotidien épouvantable d'un enfant brimé par toute sa famille. Certaines piques peuvent prêter à sourire, mais d'autres situations sont simplement horribles. Par exemple, on l'oblige à achever les oiseaux ramenés vivants de la chasse même s'il ne le veut pas le faire (et ceux-ci se débattent pour ne pas mourir, évidemment), ou bien sa mère l'enferme sans pot de chambre la nuit et il n'a d'autre solution que de faire ses besoins par terre (et, le lendemain, elle l'affiche devant tout le monde en plaçant un pot de chambre sous le lit au dernier moment et en le traitant de malpropre 😱😱). Parfois, Poil de Carotte est lui aussi sournois ou affreux, mais on comprend mieux qu'il se comporte ainsi après de telles expériences... La notice bibliographique présente en fin d'ouvrage affirme que Jules Renard s'est inspiré de sa propre enfance. Sympa! 😵💫
Sur la forme, j'ai été étonnée aussi: outre que les chapitres sont minuscules, le récit prend parfois la forme de didascalies de théâtre avant de repasser au dialogue classique au sein d'une même conversation. C'est très étrange.
Fun fact: cette édition de 1996 était publiée par les éditions Carrefour (comme le supermarché, oui oui) et coûtait dix francs. Un vrai voyage dans le temps.

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