vendredi 7 septembre 2018

The White Company (1891)

L'année dernière, j'ai trouvé par hasard et lu un roman historique d'Arthur Conan Doyle, Sir Nigel (ma chronique ici), qui racontait les aventures d'un jeune chevalier anglais parti guerroyer en France en 1349, pendant la guerre de Cent Ans. Malgré des difficultés de lecture, j'ai beaucoup apprécié cette histoire de chevalerie pleine d'aventures et d'humour et j'ai donc souhaité lire le roman dont elle était la suite. D'où ce roman-ci, The White Company, La Compagnie blanche, publié quinze ans avant Sir Nigel.



En 1366, un jeune anglais, Alleyne Edricson, quitte l'abbaye dans laquelle il a grandi. Il doit se plier à la volonté de feu son père, qui avait souhaité qu'il soit élevé par les religieux mais passe au moins une année dans le monde extérieur à l'âge de vingt ans avant de décider, ou non, d'entrer dans les ordres. Notre jeune naïf, bon et pacifiste souhaite retrouver son frère ainé, un homme à la réputation houleuse, pour le ramener dans le droit chemin. Mais le frère en question n'apprécie pas du tout de le voir revenir de l'abbaye, d'autant plus que son cadet s'interpose entre lui et une superbe demoiselle en détresse! Alleyne, comprenant que son frère ne l'acceptera pas dans la maison familiale et ne pouvant revenir à l'abbaye avant un an, se joint à deux compagnons de route: Hordle John, un géant provenant de la même abbaye que lui, et Samkin Alwayrd, un archer de retour de France pour porter à Sir Nigel une lettre du Prince Noir, qui lui confie la direction de la Compagnie blanche, une compagnie d'archers.

Dans une coïncidence inouïe (lol), la demoiselle en détresse qu'Alleyne a aidée est justement la fille de Sir Nigel, Maude. Une fois entendu le récit de sa fille, et compte tenu des origines respectables d'Alleyne et de l'instruction dont il a bénéficié (il sait lire et écrire!), Sir Nigel décide d'en faire son écuyer et de l'emmener avec lui en France. Mais avant, Alleyne aura bien sûr le temps de tomber amoureux de Maude, dont il emportera les couleurs avec lui... Commence alors la grande aventure: pirates, tempêtes, joutes, batailles, sièges, brigands, la route est longue pour rejoindre le Prince Noir à Bordeaux, puis retrouver la Compagnie blanche et enfin partir guerroyer au-delà des Pyrénées, le roi d'Angleterre et le roi de France soutenant deux prétendants différents à la couronne de Castille.

J'ai adoré ce roman de chevalerie truffé d'aventures et de guerriers intrépides, uniquement soucieux de gagner leur honneur par les armes – ou, une fois leur honneur gagné, de continuer à prouver leur vertu et à faire honneur à leur dame en continuant à se battre à chaque fois que l'occasion se présente! Sir Nigel est le personnage le plus porté sur la chose et le plus drôle puisqu'il est toujours à la recherche d'un bon combat demandé de la manière la plus polie et galante qui soit. Un guerrier qui garde une vision du monde aussi idéaliste après avoir guerroyé pendant vingt ou trente ans, c'est tout à fait charmant. Je crois que je l'ai préféré en vieux guerrier à la vue faible, mais toujours plein d'ardeur, qu'en jeune homme transi d'amour comme dans Sir Nigel.

Par ailleurs, ce roman historique est comme toujours une bonne occasion de réviser une période de l'histoire. Sir Nigel se passait tout au début de la guerre de Cent Ans et se terminait par la bataille de Poitiers de 1356; La Compagnie Blanche se passe pendant les années 1367-1368, si j'ai bien suivi, et tourne autour du soutien apporté par le Prince Noir à Pierre le Cruel, prétendant au trône de Castille, même si les trois quarts du roman se passent en Angleterre et en France (ou plutôt en Aquitaine, partie de la France actuelle qui appartenait alors à l'Angleterre; la cour du Prince Noir était d'ailleurs installée à Bordeaux). C'est un contexte très intéressant et riche, avec en plus un certain exotisme linguistique que je trouvé irrésistible, avec des personnages anglais qui parlent saxon ou français (et un moine anglais qui parle latin ^^). Et Conan Doyle met l'accent sur ce qui a fait, à l'époque, la supériorité des forces anglaises, à savoir l'arc et les archers, avec un Samkin Alwayrd qui incarne l'archer fier de son art (d'où les flèches de la couverture, soit dit en passant).

Comme ma mémoire est terriblement défaillante et que j'avais déjà oublié tout ça moins d'un an après avoir lu Sir Nigel, je me note ici que le Prince Noir qui commande les armées anglaises en Aquitaine est Édouard, fils ainé d'Édouard III, le roi d'Angleterre, et donc héritier de la couronne anglaise; mais il mourra avant son père et c'est donc son fils Richard II qui succèdera à Édouard III. John Chandos, un brillant capitaine anglais, est l'autre grand meneur d'hommes des forces anglaises. Je ne sais plus si le roi de France est nommé (c'est Charles V d'après mes recoupages de date sur l'encyclopédie Larousse), mais du Guesclin apparaît dans une scène qui rappelle fortement Ivanhoé de Walter Scott. D'ailleurs, tout ce roman rappelle énormément Ivanhoé, qui me semble l'archétype même du roman de chevalerie du XIXe.

Bref voilà. Des chevaliers, des épées, des lances, des joutes, des chevaux fougueux, des châteaux forts, des arcs, et tout ça avec de l'humour: Conan Doyle m'a encore une fois vendu du rêve. Le style archaïque n'est pas facile-facile à lire pour des non anglophones (du genre "Go whither?" pour "Go where?" 😂) mais ça fait partie du charme. J'adore. 💖

11 commentaires:

  1. Haha je sais pas trop si j'aimerais encore ce genre de trucs de nos jours.
    Je me demande si tu n'aimerais pas le Cycle d'Ogier d'Argouges de Pierre Naudin, que j'avais dévoré quand j'étais ado qui se passe aussi pendant la guerre de 100 ans. Avec des chevaliers, des trahisons, des palefrois et destriers et autres histoires d'amour. Une très chouette saga historique, dans mon souvenir en tout cas, j'ai lu ça il y a longtemps (mais deux fois ! une fois à la biblio et une fois après les avoir acheté) (tiens d'ailleurs est-ce que je les ai toujours, peut être revendus ? j'espère pas)[interlude *musique d'ascenseur*](cette question me taraudait je suis allée fouiller ma bibli mal rangée : je les ai toujours. Ca date de 2001, rhoo là là.)
    Faut que je retrouve le premier mais s'il est en bon état (ça vieillit pas super bien) je peux te le prêter si ça t'intéresse.

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    1. Oui! Ça m'intéresse carrément! Le seul problème c'est qu'il semble y en avoir sept! :p
      J'adore l'interlude musique d'ascenseur et recherche dans la bibliothèque :D

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    2. :D
      En effet pas impossible qu'il y en ait 7 (ils sont éparpillés dans ma bibli, en trouver un seul me suffisait à savoir que je les avais tous gardés xd). A toi de voir, tu me diras.

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    3. Repose-moi la question la prochaine fois qu'on se voit :)

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  2. Encore un recopié du "Trône de fer", bouh ! =P
    En tout cas, je note que tu aimes bien commencer par les tomes 2. ^^ (bon, d'accord, là c'est une préquelle parue après ^^)

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  3. Huhu, non, rien à voir avec le Trône de fer, c'est beaucoup mieux, l'écrivain sait où il va et y va XD
    Haha si j'avais su qu'il y avait deux livres, j'aurais bien commencé par le un, mais comme je ne soupçonnais pas leur existence avant de lire Sir Nigel, c'était difficile :D

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  4. Oooh je me le note! C'est un gros pavé?

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    1. PS Je viens de le trouver en numérique dans le domaine public, et hop! téléchagé! :D

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    2. @Grominou: Génial! :D J'espère que tu apprécieras! :D Il est modérément long disons, mon édition doit faire 400 pages dans un format un peu plus grand que le poche.

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  5. Je ne te félicite pas. Je viens de passer une bonne heure à essayer de comprendre un peu la politique anglaise de cette époque, alors que j'étais juste partie pour commenter ton billet ! Bref, le roman a l'air passionnant, le problème c'est, que pour tout ce qui est historique, ça a une fâcheuse tendance à aller m'égarer sur des sites au lieu de lire ^^

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    1. Haha c'est terrible ça, hein! Mais on se cultive au passage :D

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