Chronique express!
Après "On ne peut plus rien dire" – Liberté d'expression: le grand détournement, j'ai lu un autre livre des éditions Anamosa qui tord le cou à une expression chère à l'extrême-droite et à la droite anti-immigration: "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde". Les auteurs sont Pierre Tevanian, philosophe, et Jean-Charles Stevens, expert juriste.
J'ai beaucoup plus apprécié cet ouvrage que le précédent, car il correspondait mieux à mes attentes. Chaque chapitre passe en revue une portion de la phrase pour décortiquer ce que les gens qui la prononcent veulent dire, sur quels ressorts ils s'appuient, à quels implicites ils font appel, et quelles conséquences une telle argumentation peut avoir, dans les faits, pour des tas de personnes. C'était très intéressant et tout à fait facile à lire. Le problème, comme toujours, c'est que j'oublie tout à la seconde où je le lis... Retenons-en tout de même que les études économiques sérieuses s'accordent à dire que les populations immigrées sont plutôt une source de revenus – et non de dépenses – pour les États d'accueil. Mais, au-delà de ça, ce dont on parle, ce sont des gens, pas juste des acteurs économiques à traiter en termes de dépenses et de recettes.
Autre détail à retenir: tant "on ne peut plus rien dire" et "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" exploitent le pronom "on" et le verbe "pouvoir" et jouent sur l'ambiguité de ces deux termes, ce qui n'est pas un hasard. Ce que ces gens veulent vraiment dire, c'est "vous ne me laissez pas dire ce que je veux sans me dire que c'est de la merde" et "je ne veux pas accueillir plus pauvre que moi". 😉

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