Couverture de l'édition Penguin Random House.
Malheureusement, cette lecture a été assez laborieuse.
Tower of Babylon (1990)
Le premier texte suit le parcours d'un groupe de mineurs envoyés à la tour de Babel. Leur mission: monter au sommet de la tour, qui est devenue si haute qu'elle atteint le ciel, et commencer à miner ledit ciel. Oui, miner, comme dans la pierre. C'était une bonne entrée en matière, et j'ai bien aimé la réflexion sur l'organisation de la vie dans une tour si haute que le sol est à un jour, deux jours, trois jours, puis des dizaines de jours de voyage. En revanche, j'ai deviné la fin.
Understand (1991)
Là, j'ai commencé à ramer. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à l'histoire du protagoniste, qui devient suprêmement intelligent pour jenesaisplus quelle raison. C'était un peu Des Fleurs pour Algernon, mais sans aucune émotion – et en nettement moins clair pour moi.
Division by Zero (1991)
Là, je n'ai rien compris. Deux types de récit s'entrecroisent; l'un est mathématique, l'autre est relationnel. Je n'ai rien compris à la partie mathématique, et je n'ai pas bien compris la partie relationnelle. [Divulgâcheur] À la fin, le mec n'ose pas annoncer à sa petite amie qu'il veut la quitter? [Fin du divulgâcheur]
Story of Your Life (1998)
Hmm, grosse déception. J'ai trouvé la démarche linguistique trop facile (encore plus que dans le film!). Mais, surtout, la protagoniste s'adresse à sa fille, et cette omniprésence de son statut de mère m'a exaspérée. Il y a de l'émotion, ok. Mais je ne supporte pas qu'on réduise une femme à son rôle de mère. Pour jenesais quelle raison, je tolère nettement mieux le cliché de la femme sexy que celui de la femme mère. Du coup, le texte ne m'a rien fait; j'avais juste envie qu'elle arrête de chouiner au sujet de sa fille. Quant au jeu avec les temps verbaux, il pourrait quand même pas mal s'expliquer par un récit oral utilisant le présent pour être plus vivant, donc ça ne m'a pas non plus incroyablement emballée...
Seventy-Two Letters (2000)
Ici aussi, je n'ai pas tout compris à la partie technique de l'intrigue, mais le concept d'animer les objets par des lettres m'a amusée. La fin m'a semblé un peu bancale, en revanche.
The Evolution of Human Science (2000)
J'écris ce billet environ deux semaines après avoir terminé le recueil, donc environ trois semaines après avoir lu ce texte en particulier, et je n'en ai aucun souvenir. Même le résumé de Wikipédia ne me dit rien.
Hell Is the Absence of God (2001)
Ah, là, on est remontés! Le texte nous donne à voir un monde où Dieu et les anges existent réellement. De temps en temps, un ange se manifeste. Ça peut être super pour certains, par exemple parce qu'ils sont guéris d'une maladie grave. Mais ça peut aussi provoquer des morts. Car le passage d'un ange est un phénomène physique majeur, genre séisme ou tsunami. Ça m'a bien fait rigoler.
Liking What You See: A Documentary (2002)
J'ai également bien aimé ce texte, qui rassemble les réactions de nombreuses personnes au sujet d'une technique permettant d'éliminer notre perception de la beauté des visages humains. Certains affirment que c'est le seul moyen de dépasser les biais liés à notre perception du physique. D'autres crient à la dictature morale. D'autres encore essayent pour voir. C'était bien mené et ça oblige le lecteur à se poser plein de questions, lui aussi.
Je me suis bien sûr demandé si Ken Liu a eu l'idée du titre et de la structure "en documentaire" de The Man Who Ended History: A Documentary ici. Liking What You See a plus de dix ans de plus, donc, si influence il y a eu, c'est Ted Chiang qui a influencé Ken Liu.
Allez donc voir ailleurs si cette tour y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Lorhkan
L'avis de Shaya
L'avis de Vert

Je me reconnais un peu dans ta lecture, un peu d'incompréhension, un peu de moyen et quelques bons textes. J'en étais quand même ressorti avec le sentiment, presque étonnant vu mon appréciation incomplète, que Ted Chiang est vraiment un bon auteur. Est-ce que tu as aussi ce sentiment ?
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