vendredi 29 mai 2015

Les chansons des troubadours

Après Dino 101 et The Horse Course, penchons-nous maintenant sur le MOOC de l'Université Bordeaux-Montaigne sur les chansons des troubadours au siècle d'Aliénor d'Aquitaine, un sujet historique très attractif que nous avons étudié pendant six semaines.


Bon, en fait, les choses étant fortement chaotiques dans ma vie depuis la mi-mars, j'ai complètement laissé traîner ce MOOC au profit de celui sur les chevaux. Trois semaines entre la première et la deuxième leçon, trois autres entre la deuxième et la troisième, puis les quatre autres en "seulement" un mois à cheval sur la clôture du cours: pas la meilleure façon de profiter des vidéos de Katy Bernard, la maître de conférences en occitan qui tenait les cours. J'ai vraiment eu du mal à suivre le fil et à me concentrer sur les vidéos.

Mais j'en ai néanmoins tiré quelques enseignements et surtout une fascination redoublée pour le XIIe siècle et la figure d'Aliénor d'Aquitaine, qui apparaissait en filigrane dans les vies des troubadours étudiés. Les vidéos étaient enregistrées dans des lieux différents chaque semaine, un petit plus vraiment sympa qui renforçait la "proximité" des évènements historiques cités, et on nous a proposé des adaptations musicales des chansons traitées (je n'ai pas du tout aimé ces adaptations mais c'était super intéressant). J'ai moins apprécié le fait que la présentatrice lise ses notes, ce qui manquait un peu de dynamisme...

Pas beaucoup de notes de ma part et pas d'attestation de complétion étant donné que je n'ai fait que la moitié des QCM dans les temps et que je n'ai pas du tout fait le devoir évalué par les pairs; c'est un peu dommage mais pas très grave dans la mesure où il s'agissait d'un intérêt personnel sans espoir de retombées professionnelles. (En même temps, j'ai travaillé toute la semaine dernière sur le XIIe siècle, donc on ne sait jamais en réalité...)

Maintenant, on passe à deux MOOC sur la fantasty, l'un en français et l'autre en anglais. J'espère que cette semaine marque le retour à une activité professionnelle normale et que je pourrai les suivre plus régulièrement!

lundi 25 mai 2015

Le Tour du monde en quatre-vingt jours (1872)

Chronique express!


Le plaisir de lecture à son maximum! Avec Le Tour du monde en quatre-vingt jours, Jules Verne a encore une fois composé une pépite d'humour et d'aventure qui n'a pas pris une ride. Bizarrement, ce roman, le seul de l'auteur que j'avais lu étant enfant et qui ne m'avait pas beaucoup branchée, me semble bien placé pour être mon préféré avec Vingt mille lieues sous les mers. (Il faut dire qu'on me l'avait offert en italien et que le fait de ne pas lire l'original m'avait un peu contrariée – je crois que c'est une de mes toutes premières prises de conscience de l'existence de la traduction, avec le fait que les personnages de La Belle et la Bête disaient "Bonjour!" alors qu'ils parlaient et chantaient en italien et que les Aristochats parlaient italien alors qu'ils vivaient à Paris – quelque chose clochait quelque part!) On suit donc les aventures de Phileas Fogg, flegmatique gentleman britannique qui accepter de relever le pari qu'on peut faire le tour du monde en quatre-vingt jours et qui quitte Londres sur le champ accompagné de son domestique français Passepartout. Direction la France, et de là, le monde!, avec le lecteur embarqué dans la valise... Un lecteur qui en redemande et qui exulte, même si la fin est un chouïa expéditive, que notre héros n'ait "rien gagné à faire ce tour du monde, si ce n'est le bonheur".


Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog

mercredi 20 mai 2015

Roche-Nuée (1988)

Chronique express!

Deuxième livre des éditions Scylla, Roche-Nuée est la réédition d'un livre des années quatre-vingt de l'écrivain britannique Garry Kilworth.


Physiquement, cette œuvre est aussi agréable que Il faudrait pour grandir oublier la frontière; psychiquement, j'ai été beaucoup plus emballée par ce récit de SF intemporelle où l'on découvre Roche-Nuée, un monde complètement refermé sur lui-même au milieu des Terres-Mortes. Deux peuples aux cultures similaires mais aux rythmes de vie opposés, la famille de la Nuit et celle du Jour, se partagent cet espace en vivant dans des yourtes ou des cavernes.

Le narrateur appartient à la deuxième famille, mais il y mène une existence en marge à cause de sa difformité physique. Il ne doit d'ailleurs sa propre survie qu'à un caprice de son frère car, comme tous les indésirés, il aurait dû être jeté du faut de la falaise juste après sa naissance. Et c'est justement son frère qui va faire basculer les choses en enfreignant un tabou ancestral...

J'ai beaucoup aimé cet univers très éloigné du nôtre et très mystérieux, avec des coutumes un peu sauvages à nos yeux d'Occidentaux du XXe siècle. L'auteur attend du lecteur de s'adapter et d'accepter la situation sans explications superflues et le charme opère. J'ai été moins enthousiasmée par l'intrigue à proprement parler, mais le contexte vaut vraiment le détour. Je regretterais cependant quelques incohérences dans l'enchaînement de certaines phrases, ou des retournements peu explicités qui donnent l'impression que le narrateur soutient tout de suite l'inverse de ce qu'il vient de dire, qui m'ont donné un peu de mal à reprendre le livre en main après une interruption. Mais mis à part ça, une belle lecture!

dimanche 17 mai 2015

À quoi bon et autres questions dans le vent

Dans quelle mesure faut-il s'investir? Dans quelle mesure essayer? Quand est-ce qu'on passe de l'investissement à l'exploitation et de la persévérance à l'obstination? Quand faudrait-il mieux s'arrêter pour ne pas finir dans un mur – parce qu'on s'applique à ne pas répéter les erreurs déjà commises mais qu'on arrive seulement à en commettre de nouvelles? Comment savoir et comment doser?

On ne peut pas construire un avenir si on ne veut pas faire d'efforts. C'est certain. Mais comment continuer les efforts sans aucune certitude qu'ils engendrent un avenir?

La question "Où vais-je?" ne se pose plus depuis longtemps. Je sais que je ne sais pas où je vais. Mais depuis quelques mois je me pose une question plus fondamentale: vais-je quelque part tout court? Malgré les avancées et les améliorations certaines de ces trois dernières années, malgré les pas de géant, je garde l'impression que tout est vain.

La veille de mes trente ans, veux-je que les trente prochaines années ressemblent aux trente écoulées?

Et pourtant, sous tout ceci, une certitude: les chevaux sont au cœur de ma vie. Certainement pas pour en faire mon métier, et à mon avis pas pour en avoir un à moi – il me semble peu probable que je gagne assez bien ma vie pour cela un jour –, mais pour donner du sens et justifier tout le reste. Je veux avancer et apprendre. Cela signifie-t-il accepter n'importe quoi pourvu de voir des chevaux?

Comment faut-il se positionner: suis-je une pauvre fille qui a raté sa vie et qui doit déjà être reconnaissante d'avoir un présent (car il faut dire que tous ces questionnements sur mon avenir découlent de mon présent – avant, je ne voyais même pas de présent dans lequel vivre), ou puis-je, en ayant conscience de mes défauts et faiblesses, faire néanmoins preuve d'une certaine exigence?

Pourquoi me semble-t-il systématiquement qu'une quelconque exigence sera immédiatement considérée comme un caprice et montrée du doigt?

Autant de questions dans le vent auxquelles les lecteurs de ce blog ne pourront répondre, mais qu'il est parfois utile de mettre par écrit...

samedi 16 mai 2015

Il faudrait pour grandir oublier la frontière (2015)

Le premier livre des éditions Scylla est aussi, pour moi, le résultat de mon tout premier financement participatif. J'ai en effet participé à la levée de fonds organisée cet hiver, qui a réussi avec succès et qui m'a permis de trouver ce joli livre, ainsi qu'un autre plus épais, dans ma boîte aux lettres le 2 mai dernier.


Si Il faudrait pour grandir oublier la frontière est tombé à pic pour me remettre à la lecture dans une période de surmenage et de fonte des neurones, il ne m'a pas énormément marquée. Le fait que je ne sois pas du tout au courant de l'actualité internationale des six dernières années y est sûrement pour quelque chose. Sébastien Juillard nous emmène en effet dans la bande de Gaza dans un futur relativement proche (2040 ou 2050 je suppose), où Tsahal, Hamas et ONU essayent de maintenir la paix mais sans y arriver ou en ayant, quand même, quelques objectifs plus douteux qu'on pressent au détour des pages.

Dans ce contexte explosif (littéralement), on suit les brides de vie de quelques personnes, notamment une soldatesse israélienne qui enseigne dans une école de Gaza. J'ai bien aimé que ce qui ressemble le plus à un personnage principal dans une zone en guerre soit une femme. Mais d'autres personnages masculins sont là aussi pour mettre encore plus de gris dans un enchevêtrement de rapports de force et de haine très confus. Au final, il ne semble y avoir ni bons ni méchants dans cette histoire, juste une sensation de gâchis vraiment terrible.

Au final, un bon livre que je suis très contente d'avoir découvert, mais qui me marquera plus en tant que première expérience de financement participatif qu'en tant que lecture. Je précise au passage que l'édition est très qualitative, avec un papier épais merveilleux, une reliure à rabat géniale et un marque-page spécifique. Que du bonheur!

Ce livre m'a donné envie de reprendre une série que l'Homme et moi avions commencée l'année dernière, The Honorable Woman. Et rendons hommage à son titre, qui est vraiment superbe.

Allez donc voir ailleurs si cette frontière y est!

dimanche 10 mai 2015

The Horse Course

Après Dino 101, il est temps de tirer le bilan de mon deuxième MOOC, The Horse Course, organisé par l'Université de Floride sur Coursera.

L'enthousiasme est un peu moindre. Bon, évidemment, l'effet de surprise du premier est passé, et malgré tout mon amour pour les chevaux il faut reconnaître qu'ils ne forcent pas autant l'admiration que les dinosaures! Mais surtout le présentateur était moins passionnant, avec un ton plus "ami-ami" qui ne me convenait pas tout à fait, et j'ai eu un mal fou à trouver le temps de suivre les cours. En ce moment, je bosse six jours sur sept, alors ce n'est pas facile de se concentrer sur quoi que ce soit le reste du temps.

Enfin, malgré tout ça, c'était un cours super intéressant: six semaines de vidéos sur les chevaux (et les équidés en général, on a aussi parlé des ânes, des mules et des zèbres ^^) et leur entretien, c'est quand même plutôt cool. Après les généralités d'usage, on a parlé de l'anatomie, des robes, du sabot, de l'alimentation, des maladies, des parasites externes et internes (charmantes bêtes qui ne seraient pas ridicules chez Lovecraft!) et enfin de la reproduction. Au total, entre une heure et demie et deux heures de vidéos par semaine, puis un QCM de dix questions pour recevoir une attestation de participation.

(Il était aussi possible de rédiger de petites rédactions et de corriger celles d'autres participants pour recevoir une attestation "with distinction" mais je n'ai pas essayé par manque de temps.)

Le cours étant en anglais, il avait pour moi une double utilité puisque j'ai noté pas mal de vocabulaire (imaginez que la fourchette s'appelle frog en anglais!!!) et qu'il pourrait me servir comme argument si je devais un jour convaincre un client de me confier des traductions sur le sujet. C'est une formation très modeste (comme pour Dino 101, il ne s'agit pas du tout d'une formation universitaire) mais ça reste quelque chose d'officiel et ça ne peut pas faire de mal dans un parcours professionnel...

Intérêt personnel et pertinence professionnelle, plus la petite victoire d'avoir fini pendant une période très chargée: au fond, le bilan est vachement positif même si on n'était pas au niveau de Dino 101. Je continue maintenant avec les troubadours de l'Université de Bordeaux Montaigne (le cours est fini mais les vidéos restent disponibles pour les retardataires) et je vais essayer de commencer à préparer les deux prochains MOOC prévus dans mon calendrier.

vendredi 1 mai 2015

La gamelle d'avril 2015

Un petit mois en demi-teinte: aucune envie de lire les rares fois où j'en ai le temps, beaucoup de stress de tous les côtés, beaucoup de travail et une grosse fleimme de me traîner au cinéma. Le temps est au renfermement sur soi et au cocooning. Heureusement, trois cours d'équitation très positifs d'affilée et une nette amélioration d'un problème de santé (non grave, mais pénible) en fin de mois me rassérènent pour la suite.

Sur petit écran

Mission: impossible 3 de J. J. Abrams (2006)
Petit film d'action pas mal foutu, bien que peut-être (déjà) un chouïa daté. Je me demande si les figures féminines hollywoodiennes n'ont pas connu une atroce dégringolade très récemment, car ici les deux femmes, si elles ont des rôles secondaires, ne servent tout de même pas de faire-valoir aux Mââââles (une réflexion que je me suis déjà faite dans Le Monde perdu: Jurassic Park). Ce n'est pas le meilleur rôle de Tom Cruise mais il remplit le cahier des charges et on y croit.

Sur grand écran

Diversion de Glenn Ficarra et John Requa (2015)
Un film sans grand intérêt si ce n'est mater les acteurs principaux (Will Smith, très élégant et séduisant, ou Margot Robbie pour les jeunes hommes en rut). Je suis très peu friande de ce genre de film (arnaque/vol) en général, mais là on attend vraiment que ça se mettre en place et on n'y croit pas beaucoup.

Furyo de Nagisa Oshima (1983)
Une séance UGC Culte chroniquée ici.

Indian Palace 2: Suite Royale de John Madden (2015)
Une suite dans la droite lignée du premier Best Exotic Marygold Hotel, même si, comme me l'a fait remarquer l'Homme, on a perdu le charme de la découverte de l'Inde et on s'intéresse surtout aux aventures amoureuses de nos héros. J'ai adoré. Tout est cousu de fil blanc et je suis consciente que la psychologie des personnages est assez basique, mais ce film me parle énormément et je me retrouve complètement dans les doutes et les peurs des persos; et l'évolution positive des intrigues me donne temporairement foi en la vie. C'est vraiment mon feel good movie.

Dark Places de Gilles Paquet Brenner (2015)
Un thriller plutôt prenant adapté d'un livre de Gillian Flynn, déjà auteure de Gone Girl. Charlize Theron campe une jeune femme qui accepte de se replonger dans son passé pour faire la lumière sur la nuit où sa mère et ses sœurs ont été massacrées. Un film posé et lucide, plutôt sombre, mais qui m'a laissée sur une note d'espoir. Je songe à lire les livres de cette Gillian Flynn car elle campe des personnages féminins vraiment pertinents: si ses héroïnes ont certains problèmes (et même peut-être une certaine sensibilité) caractéristiquement féminins (je pense ici à la figure de la mère célibataire), elles n'en sont pas moins intelligentes, décidées et braves, et surtout elles sont traitées exactement comme les personnages masculins.

En équilibre de Denis Dercourt (2015)
Un film français un peu gentillet sur un cascadeur équestre ayant perdu l'usage de ses jambes suite à un accident sur un tournage. Albert Dupontel est assez impressionnant, aussi bien en handicapé qu'en cascadeur, et Cécile de France, qui joue son assureuse, est tout à fait convaincante. Le cheval Othello est quant à lui superbe. Comme pratiquement toutes les histoires de chevaux, il s'agit d'une histoire de retour à la vie, au sens premier et métaphorique, mais il est un peu léger et ne m'a pas marquée comme Danse avec lui par exemple. Même pas une petite larme.


Good Kill d'Andrew Niccol (2015)
Un film intéressant, bien qu'un peu lent, sur un ancien pilote de chasse américain qui pilote désormais, depuis Las Vegas, des drones déployés en Afghanistan. Ethan Hawke est très crédible en mec taciturne et le film est assez lucide. Je l'ai cependant vu trop peu de temps après American Sniper et j'ai donc beaucoup fait le parallèle entre les deux films, qui parlent du même type de personnage, posent les mêmes questions et peuvent s'interpréter des même manières radicalement opposées. Notons qu'ici l'intervention de la CIA donne des envies de meurtre.

Du côté des séries

Plein d'épisodes de la saison 4 d'Arabesque, ma "feel good série" vraiment indispensable en ce moment pour gérer le stress. Trois épisodes de la saison 10 d'Inspecteur Barnaby, un vrai plaisir: les enquêtes du detective chief inspector m'avaient bien manqué. Le premier épisode de la deuxième saison de Penny Dreadful, enfin....

Le reste

Je vous le donne en mille: j'ai lu mon Cheval Mag! Et j'ajouterai qu'un des articles m'a bien fait rigoler.

vendredi 24 avril 2015

Le Vin de solitude (1935)

Chronique express!

Irène Nemirovsky, auteure de l'inoubliable Suite française, décrit dans Le Vin de solitude la vie d'une famille de Russes ayant fui leur pays face à la révolution bolchevique. Je n'ai pas retrouvé le style pratiquement parfait de Suite française, mais c'est un livre très lucide sur des relations familiales particulièrement tendues et malsaines. De la petite fille qui subit en silence à la jeune femme souhaitant ardemment se venger, on y voit comment les parents peuvent facilement détruire et marquer à jamais la vie de leurs enfants... Le roman, "largement autobiographique" selon Le Livre de Poche, se termine néanmoins sur une note positive. Ce fut un bon moment que j'aurais préféré lire dans de meilleures conditions pour l'apprécier à sa juste valeur, mais le temps vole ces temps-ci...

dimanche 19 avril 2015

Pensée bloguesque

Je viens de faire le tour de quelques blogs aimés et ça fait vraiment du bien de vous lire! ♥ Je suis tellement fan de la blogo...

mercredi 15 avril 2015

The Pale Emperor (2015)

J'ai oublié de vous dire que le nouvel album de Marilyn Manson est sorti et qu'il est trop bien.

Ça fait tellement longtemps que je n'avais pas pensé ces mots que c'est un vrai évènement!

On y parle mort et décomposition, cœurs brisés et armes à feu, âmes désabusées et rage de vivre féroce; c'est grave et puissant avec une voix traînante et rauque; c'est macabre et dépressif à souhait et pourtant indomptable; on s'aime autant qu'on se hait et on se hait autant qu'on s'aime; on se morfond dans le désespoir face à un monde qui n'a pas de sens pour s'en relever grandi parce qu'on a pas besoin de sens.

C'est Marilyn Manson comme je l'aime depuis que j'ai découvert Rock Is Dead sur un CD oublié chez moi par un pote quand j'avais quinze ans. (Il y a quinze ans, donc.) Et ça fait du bien.


À écouter sans modération.

lundi 13 avril 2015

Les Fontaines du Paradis (1979)

Chronique express!


Une lecture qui traînait dans ma tête depuis longtemps. Je remercie chaleureusement le journaliste de Science & Vie qui a cité ce bouquin dans son article il y a fort longtemps (lointaine époque à laquelle j'étais abonnée à Science & Vie et trois autres magazines....). Un vrai plaisir de retrouver Arthur C. Clarke, aussi bien hors Odyssée qu'en Odyssée. Les Fontaines du Paradis raconte la conception et la construction d'un ascenseur spatial sur une île de l'océan Indien. Clarke mélange admirablement l'aspect scientifique de la chose, très clairement expliqué au lecteur mais néanmoins dense, et l'aspect humain avec une étude assez fine des forces en présence. Parfois, les chapitres sont séparés de plusieurs années, parfois de seulement quelques minutes, dans un tout cohérent dans lequel l'Émerveillement face à l'espace est vraiment mis en avant. Ajoutez une plume très sobre et agréable à lire et vous avez un grand Livre que j'ai adoré (malgré que je l'aie lu dans de très mauvaises conditions, par tout petits bouts, à cause d'un emploi du temps surchargé).

Déjà chroniqués sur le blog

vendredi 10 avril 2015

84 Charing Cross Road (1970) + La Duchesse de Bloomsburry Street (1973)


84 Charing Cross Road 

84 Charing Cross Road d'Helene Hanff est un petit roman épistolaire devenu culte. C'est l'échange entre l'auteur, une New-Yorkaise à la recherche de livres d'occasion, et Frank Doel, un libraire de Marks & Co., librairie sise au 84 Charing Cross Road à Londres, de 1949 à 1969. Forcément, on m'en avait dit tellement de bien que j'ai été assez déçue...

Je comprends que le livre ait rencontré le succès: au fond, c'est un livre qui parle de livres et tout lecteur s'y retrouve forcément. Pour ma part, j'ai été très touchée par l'amour du livre d'occasion, celui qui s'ouvre spontanément à la page la plus lue par l'utilisateur précédent ou dans lequel on retrouve des dédicaces incompréhensibles. Mais ça n'a pas suffi pour donner du goût à l'ouvrage dans son ensemble. Les lettres d'Helene Hanff sont truffées d'expressions et de références américaines que je n'ai pas comprises et je l'ai trouvée très imbue d'elle-même (malgré une pose "je ne me prends tellement pas au sérieux"); les lettres de Frank Doel, certes intéressantes, sont très factuelles. Les lettres des autres correspondants d'Helene sont plus humaines, mais là aussi il n'y a rien de très marquant.

Une lecture un peu plate donc, pendant laquelle je me suis beaucoup demandée "Ok, et alors?".

La Duchesse de Bloomsburry Street

Ce deuxième livre est le journal intime d'Helene Hanff de la mi-juin à la mi-juillet 1971, période à laquelle elle a enfin pu se rendre à Londres et rencontrer tous les amis rencontrés via la correspondance avec Frank Doel, décédé en 1969.

Je me suis encore plus ennuyée avec ce récit encore plus "poseur" que le précédent. Forcément, être en continu avec la narratrice, ça n'aide pas quand on n'aime pas la narratrice. Certes, Helene était folle de Londres et de la Londres des livres (un peu comme quand je dis que Madrid est avant tout pour moi la ville d'Alatriste), mais j'ai vraiment ressenti une énorme mise en scène pour se montrer intelligente et cultivée (mais sans jamais oublier de dire que "non pas du tout je suis une pauvresse éberluée par tant de culture") et plus "sensible" que les autres (personne n'est autant émue qu'elle par le fait de croiser Dickens à tous les coins de rue!), couplée à une certaine arrogance bien américaine (vous savez, l'attitude du touriste qui dit "Ils sont tellement gentiiiils les locals" d'un air souriant et naïf mais bien supérieur???).

En bref, une lecture que j'ai totalement loupée!

Si je ne conseille vraiment pas du tout La Duchesse de Bloomsburry Street, je pense en revanche que 84 Charing Cross Road présente un certain intérêt pour les lecteurs et les acheteurs de livres d'occasion. Les choses ont bien changé depuis les années cinquante et soixante et le livre permet de plonger dans cette époque déjà lointaine. D'ailleurs, si je l'avais lu sans avoir les attentes que j'en avais (après vérification, je l'attends depuis janvier 2011, donc j'ai eu le temps de l'idéaliser), je l'aurais certainement trouvé super.

mardi 7 avril 2015

UGC Culte: Furyo (1983)

Chronique express!


Un film intéressant que ce Furyo (Merry Christmas Mister Lawrence) de Nagisa Oshima, l'histoire d'un camp de prisonniers japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Je n'ai pas vraiment tout capté: certains regards et non-dits ont volé loin au-dessus de mes capacités de compréhension. Mais le film est plutôt pas mal et est porté par une musique absolument superbe qui donne furieusement envie de l'aimer. On y parle d'homosexualité refoulée et de ces lâchetés qui nous suivent à la trace toute notre vie: je n'oublierai jamais le petit bossu face à la horde de bêtes sauvages qui en font le bizutage. Et le dernier plan très beau: "Lawrence! Merry Christmas! Merry Christmas, Mister Lawrence!", qui symbolise, je suppose, qu'on peut trouver de la joie même au plus bas. Un beau film donc, malgré une petite déception du côté de David Bowie, très classe mais pas aussi marquant que je l'espérais.



samedi 4 avril 2015

Les Diaboliques (1874)

Après L'Ensorcelée, deuxième rencontre avec Barbey d'Aurevilly via un recueil de nouvelles sur des figures de femmes "diaboliques". En toute honnêteté, je ne les ai pas trouvées si diaboliques que ça, mais je prends ce qualificatif comme un compliment.


Toutes les nouvelles partagent une mise en place extrêmement lente. Par exemple, un narrateur propose de parler de quelqu'un, mais commence par en dresser le portrait pendant cinq pages, puis il est interrompu, revient à son sujet, explique que ce quelqu'un lui a un jour raconté que... Bref, l'action à proprement parler est très limitée et se condense à la fin de chaque nouvelle, et si on n'aime pas l'ambiance et la langue de Barbey, il est certainement impossible de s'intéresser à ces textes.

Le Rideau cramoisi
Une histoire improbable typique du XIXe, époque à laquelle la santé des femmes était bien fragile! Malgré cet aspect absurde, j'ai bien aimé cette nouvelle et le contexte dans lequel le vicomte de Brassard raconte son histoire. Une route de nuit, des villes entrevues par la fenêtre, des questions et des souvenirs qui refont surface...

Le plus bel amour de Don Juan
Un texte moins marquant. En plus, je l'ai lu dans de mauvaises conditions. Je n'ai pas trop d'avis, si ce n'est que l'éducation sexuelle des jeunes filles a bien évolué, fort heureusement!

Le Bonheur dans le crime
Une très belle langue pour ce texte que j'ai beaucoup aimé, et où la femme pourrait en effet être qualifiée de diabolique pour ses actions. Mais bizarrement on n'y pense guère tellement on est sous le charme de ce personnage "plus grand que nature".

Le dessous de cartes d'une partie de whist
Une nouvelle macabre et glaçante très réussie dont j'ai adoré la chute. Les résédas auront peut-être quelque chose d'inquiétant après votre lecture.

À un dîner d'athées
Autre nouvelle macabre, mais beaucoup plus triste, dans laquelle un ancien soldat de Napoléon se souvient d'une femme d'exception qui partageait la vie d'un de ses officiers pendant la campagne d'Espagne. J'ai beaucoup aimé.

La Vengeance d'une femme
Une vengeance bien froide pour cette femme à l'orgueil aussi démesuré que celui de son mari. Pas sûre que cela en ait valu la peine...

Pour les amateurs de la littérature du XIXe, ce recueil est certainement un grand plaisir tellement sa langue est élégante et fluide. Le fait qu'il ne s'y passe pas grand-chose rebutera par contre beaucoup de lecteurs. À vous de voir.

mercredi 1 avril 2015

La gamelle de mars 2015

Mars a été plutôt calme, mais tout de même satisfaisant dans l'ensemble.

Sur petit écran

Very Bad Things de Peter Berg (1998)
Petite déception pour ce film que j'avais trouvé hilarant à l'époque. Il a un peu de mal à démarrer et a mal vieilli (à l'âge de quinze ans à peine, ça a quelque chose d'inquiétant, mais je crois que les années quatre-vingt-dix sont devenues un peu ridicules avec le recul). Les acteurs surjouent totalement, surtout John Favreau. Mais bon c'est quand même de plus en plus drôle au fur et à mesure et Christian Slater sauve la mise parce que ce rôle de psychopathe lui va vraiment bien. (Pour ceux qui ne le savent pas: je suis une groupie absolue de Christian Slater.)
 
Sur grand écran

Les Chevaliers du zodiaque - La Légende du sanctuaire de Keiichi Sato (2014)
Les armures étaient très jolies.

Chappie de Neil Blomkamp (2015)
Du bon et du moins bon pour le troisième long-métrage du réalisateur de District 9. Le personnage de Chappie est vraiment très bon: ce robot est super touchant et triste et drôle à la fois, comme Wall-e. Visuellement, le film est aussi très réussi. J'aime bien ces décors urbains sales et usés. Mais les acteurs humains font vraiment le minimum syndical et la fin part un peu en vrac avec des fusillades dans tous les sens; du coup, on ne peut pas vraiment dire que le film fait tellement réfléchir. Je l'ai cependant trouvé plus intelligent la deuxième fois que je l'ai vu.


Kingsman: Services secrets de Matthew Vaughn (2015)
Un bon moment très fun (pour dire ça en bon français), ce film que je croyais du niveau de Charlie Mordecai est en fait très amusant et s'assume totalement en tant que parodie de films d'espionnage. Colin Firth a grave la classe et Samuel L. Jackson fait un méchant vraiment sympa. Mark Strong est irrésistible et Taron Egerton, le jeune premier, est pas mal du tout. Un bon film du dimanche et une bonne surprise. En plus, il y a Mark Hamill!

The Voices de Marjane Satrapi (2015)
LE film que j'attendais avec impatience à cause du merveilleux MONSIEUR MOUSTACHE, le chat qui incite son humain à tuer! En fait, The Voices est beaucoup moins drôle que la bande-annonce ne le laissait penser, et surtout beaucoup plus triste et inquiétant. Du coup, je suis restée un peu décontenancée et il faudra que je le revoie pour mieux le juger. Il n'empêche que c'est un film bien pensé et original, avec un univers assez délirant, bref quelque chose de pas formaté du tout et de très intéressant du fait qu'il présente un tueur en série qu'on ne peut que considérer comme innocent.


American Sniper de Clint Eastwood (2015)
Un film très réussi pour papy Clint. J'ai angoissé tout du long et, pour la première fois, j'ai trouvé Bradley Cooper convaincant et juste dans son rôle (bien qu'un peu monoface). L'histoire est forcément dure mais m'a semblé traitée intelligemment (et a mis pour moi un peu de gris dans les évènements). Notons que la fin laisse songeur: [spoiler] survivre pendant trois ans en Irak avec une prime de 180 000 dollars sur sa tête pour finalement se faire butter par un vétéran américain aux États-Unis, c'est ironique [fin du spoiler].

Du côté des séries

Quelques épisodes de la saison 4 d'Arabesque. Les trois derniers épisodes de la saison 5 de Downton Abbey et le spécial Noël. Que d'émotions dans cette série! J'ai failli faire une crise cardiaque quand Mary a participé à une course de chevaux et j'ai versé ma larmichette face à la grande et belle émotion de Mrs Patmore. Pfiou! Vivement la saison 6!

Le reste

Comme tous les mois, j'ai lu avec enthousiasme mon Cheval Mag adoré. Mais j'ai aussi lu un vieux hors-série de Science & Vie consacré aux "mondes disparus", c'est-à-dire à l'apparition et l'évolution de la vie sur Terre. Une lecture très intéressante et un excellent complément à mon MOOC sur les dinosaures.


That's all, folks! :)

samedi 28 mars 2015

Dino 101

De janvier à mars, j'ai suivi mon tout premier MOOC: Dino 101.


Un MOOC est une formation en ligne, ouverte et de masse: un massive open online course. Apparemment, c'est la nouveauté qui cartonne depuis quelques années. Né aux États-Unis, le phénomène a pris de l'ampleur et on trouve maintenant des cours proposés par les universités de nombreux pays.

Dino 101 est un MOOC de paléobiologie des dinosaures dispensé par l'Université de l'Alberta (Canada) sur Coursera, la principale plateforme de MOOC, d'une durée de douze semaines.

Chaque semaine, j'ai donc regardé quelques vidéos d'une durée de 5 à 20 minutes (pour un total d'une heure maximum) sur un sujet donné, par exemple "Appearance and Anatomy" en semaine 1 et "Dinosaur Extinction" en semaine 12. Puis j'ai répondu à de courts QCM pour en quelque sorte valider ma participation. (Il est tout à fait possible de s'inscrire et de regarder les vidéos sans répondre aux QCM.)

Le bilan est extrêmement positif. Il ne s'agit absolument pas (et même pas de loin) d'une formation universitaire en paléobiologie, mais plutôt de conférences de vulgarisation scientifique destinées au grand public. Le fait d'avoir affaire à des professionnels assure la qualité de l'enseignement, mais quiconque peut suivre le cours, y compris des enfants je pense, et c'est tant mieux!

Les vidéos sont très pédagogiques et très dynamiques (avec des animations 3D vraiment géniales qui permettent au participant de manipuler des fossiles!!) et les intervenants, des membres du personnel de l'Université, sont très agréables. Pour ceux qui hésitent à cause de la langue, sachez qu'ils parlent anglais très distinctement et que des sous-titres anglais sont disponibles. Toutes les vidéos sont proposées au téléchargement, tout comme des fiches et un glossaire. Un vrai petit trésor que j'ai soigneusement mis de côté.

D'un point de vue professionnel, cette expérience ne me servira probablement jamais à rien, mais c'était vraiment un très bon moment et j'ai appris plein de choses passionnantes. En plus, c'est super agréable de retrouver un processus d'apprentissage, de relire ses notes... Je n'irais pas jusqu'à parler de formation continue, mais c'est vraiment une expérience enrichissante.



D'une manière plus générale, je suis vraiment enthousiaste par l'existence des MOOC et la possibilité de partager le savoir partout dans le monde: je crois avoir lu quelque part que 40 000 personnes ont déjà suivi Dino 101. C'est assez incroyable de penser à un tel impact.

L'enthousiasme est tel que je me suis inscrite à plusieurs autres MOOC:
The Horse Course de l'Université de Floride (six semaines, en cours)
Les chansons des troubadours de l'Université Bordeaux Montaigne (six semaines, en cours)
Fantasy, de l'Angleterre victorienne au Trône de fer de l'Université d'Artois (cinq semaines à partir de mi-mai)

Il ne me reste qu'à trouver des MOOC amusants en italien et en espagnol. :)

mercredi 25 mars 2015

Les Lauriers de cendre (1984)

Chronique express!


Un roman historique extrêmement bien documenté mais ennuyeux à périr: voilà en deux mots Les Lauriers de cendre de Norbert Rouland, l'histoire d'un jeune noble romain du Ier siècle av. J.-C. à qui il n'arrive que des malheurs. Écrit dans un style complètement plat et sans aucun connecteur logique dans des paragraphes interminables, ce roman m'a furieusement rappelé Le Lecteur de cadavres. Malgré la bonne volonté de leurs auteurs respectifs, tous deux passent totalement à côté du potentiel d'un destin et d'un contexte tout à fait pertinents (même s'il ne s'agit pas de faits réels ici). Je n'aime pas être aussi lapidaire mais j'ai vraiment trouvé ce livre mauvais et je suis encore restée songeuse face aux choix éditoriaux d'Actes Sud, une maison très respectée mais que je ne comprends vraiment pas. À lire uniquement si vous avez une passion pour les mœurs des Romains de l'époque...

mardi 17 mars 2015

Surprise du jour

Certains jours, j'adore-surkiffe-idolâtre mon métier à la folie!



Une surprise d'autant plus belle que je n'attendais que le livre, pas le jeu proposé avec.

Si vous êtes curieux, mon nom est dans la liste des traducteurs. (On est plusieurs sur le coup vu la taille du projet. ^^)

dimanche 15 mars 2015

Les Mots perdus du Kalahari (2002)

Chronique express!


Les enquêtes et petites aventures de Precious Ramotswe, première femme détective du Bostwana, continuent avec ce quatrième livre d'Alexander McCall Smith, lu avec autant de plaisir que ses prédécesseurs (et même peut-être un peu plus). Vous connaissez cette impression de rentrer chez soi et d'enfiler ses pantoufles qu'on ressent quand on retrouve des personnages qu'on aime et en qui on a toute confiance? Voilà ce que j'ai ressenti en commençant The Kalahari Typing School for Men. Ces personnages modestes, courageux, drôles et attachants ont gagné en épaisseur au fil des pages et sont devenus comme des amis. Au menu de ce tome: une formation de dactylographie pour hommes, un éleveur d'autruches qui veut réparer des erreurs commises dans sa jeunesse et, surtout, l'arrivée de la CONCURRENCE pour Mma Ramotswe et son assistante Mma Makutsi. Avec son modeste slogan "Ex-CID. Ex-New York. Ex-cellent", la Satisfaction Guaranteed Detective Agency entend bien piquer des parts de marché à la No. 1 Ladies' Detective Agency...

Déjà chroniqués sur ce blog
Mma Ramotswe détective (The No. 1 Ladies' Detective Agency)
Les Larmes de la girafe (Tears of the Girafe)
Vague à l'âme au Botswana (Morality for Beautiful Girls)

jeudi 12 mars 2015

Le Livre des contes perdus II (1984)

Après plusieurs longs mois passés à renvoyer ma lecture, j'ai enfin attaqué Le Livre des contes perdus II, deuxième tome de l'immense Histoire de la Terre du Milieu et suite directe du Livre des Contes perdus I.


Une bonne surprise: hormis les deux derniers textes, ce tome-ci est beaucoup plus "lisible" que le premier, notamment parce que le style de rédaction est moins archaïque. Tolkien reste très désuet et grandiloquent, mais pas au point de rendre la construction de ses phrases difficile à appréhender.


The Tale of Tinúviel
Première version de la belle histoire d'amour de Beren et Tinúviel, avec pour principale différence que Beren est ici un elfe et qu'il y a des chats démoniaques. Le reste de l'histoire est sensiblement ce qu'elle sera dans Le Silmarillion. J'aime beaucoup ce récit et la version proposée ici est assez finalisée, elle se lit donc très bien.

Turambar and the Foalókë
Première version de l'histoire de Túrin, un des malheureux enfants de Húrin. Je n'aime pas du tout ce personnage impulsif et j'ai déjà lu son histoire de nombreuses fois (deux fois dans Le Silmarillion, deux fois dans Contes et légendes inachevés, une fois dans Les Enfants de Húrin), du coup il m'est particulièrement sorti par les trous de nez. Comme Tinúviel, le récit est cependant bien construit et complet.

The Fall of Gondolin
Un de mes épisodes préférés du Premier Âge de la Terre du Milieu, le récit de la chute de Gondolin réunit la splendeur et la nostalgie d'un monde perdu que j'adore chez Tolkien. Cette cité cachée au cœur des montagnes, joyau des elfes et sorte de souvenir de la lumière de Valinor vu qu'il y pousse deux arbres nés des premiers Arbres qui ont illuminé le monde, est juste sublime, et ce d'autant plus qu'on sait dès le début qu'elle est condamnée par la haine et les hordes de Melko. Ce sont Tuor, un homme, et sa femme Idril, elfe fille du roi de Gondolin, qui vont mener vers le sud quelques survivants, dont leur fils Eärendel.

The Nauglafring
L'histoire de l'or du Foalókë, dont les Nains ont fait un collier superbe pour que le roi des elfes Tinwelint (le futur Thingol de Doriath) y porte le Silmaril volé par Beren à Melko. Mais l'or est maudit et entraînera la chute de ce beau royaume. J'ai nettement moins aimé ce récit. On retrouve le thème éternel de la fascination maléfique des possessions matérielles qui finissent par ruiner ceux qui les aiment trop, et parfois on a l'impression que les personnages manquent vraiment de bon sens. En plus, les fils de Feänor sont vraiment odieux.

The Tale of Eärendel + The History of Eriol or Aelfwine and the end of the tales
Ces deux derniers chapitres sont des essais, Tolkien n'ayant pas proposé de version définitive (ou partiellement définitive) dans les carnets devant devenir le Livre des contes perdus. Christopher Tolkien compare donc des notes et quelques paragraphes rédigés. C'est un travail de fourmi à l'intérêt relatif et j'ai donc pas mal survolé.

D'une manière générale, j'ai ressenti une pointe de lassitude en lisant ce livre: d'une part parce que  j'ai déjà lu toutes ces histoires ailleurs et d'autre part part parce que la destruction systématique des bonnes choses par des individus bornés m'a un peu agacée. Je pense parfois que Melko n'avait pas besoin de se donner tant de peine pour détruire les elfes, ceux-ci s'auto-détruisaient très bien tout seuls!

J'en retiens cependant, comme toujours, un respect immense pour le travail si minutieux de Tolkien et une fascination sans bornes pour le monde merveilleux qu'il a créé. Et quelques détails que j'ai redécouverts ici: Tinúviel n'était pas juste une elfe, c'était la fille d'un elfe et d'une maïa; Eärendel (futur Eärendil), fils de Tuor et Idril et donc demi-elfe, a épousé Elwing, petite-fille de Tinúviel et donc elfe partiellement maïa; et leur fils s'appellera Elrond. (Je savais bien qu'Elrond descendait de Tinúviel mais je ne me souvenais pas bien des étapes et j'avais totalement oublié qu'Eärendel était concerné.)


Comme le premier tome, il s'agit d'une lecture à réserver aux gens vraiment mordus de Tolkien et ayant déjà lu ses autres œuvres, notamment Le Silmarillion. C'est beaucoup trop complexe pour des novices et bien trop studieux pour quelqu'un qui n'est pas passionné par l'auteur et son univers; et il faut bien savoir que le temps de lecture n'est pas proportionnel au nombre relativement modeste de pages (380 dans mon édition, 445 au Livre de Poche).

Prochaine étape: Les Lais du Beleriand. J'espère ne pas laisser passer trop de temps avant de m'y atteler! (Mais un peu quand même, car j'aurai alors la joie de lire encore une fois l'histoire de ce cher Túrin, et en vers en plus, et sous deux versions, donc je risque de craquer si ça vient trop tôt! ^^)