samedi 7 septembre 2019

The Agony and the Ecstasy (1961)

Les vacances estivales sont une bonne occasion de plonger dans les gros pavés qu'on n'a jamais le temps de lire. J'ai donc attaqué The Agony and the Ecstasy, un roman d'Irving Stone sur Michel-Ange. Je l'avais déjà lu il y a une quinzaine d'années dans sa traduction italienne, mais je ne m'en souvenais que peu.


Ce roman passionnant retrace l'existence du célèbre artiste, de ses débuts comme apprenti dans l'atelier de peinture du Ghirlandaio et sa formation de sculpteur dans l'école de Laurent de Médicis jusqu'à sa glorieuse carrière romaine, en passant par ses exploits florentins et son exil à Bologne.

Lecture passionnante, oui: la vie de Michel-Ange est palpitante, son époque tourmentée et écartelée par les rivalités politiques et l'extrémisme religieux, son art plus grand que nature, son génie hallucinant. S'il se considérait avant tout comme un sculpteur de marbre, la matière la plus noble à ses yeux, il a aussi excellé en tant que peintre, que sculpteur en bronze et qu'architecte! Non content d'avoir sculpté le David pour la ville de Florence et peint le plafond de la Chapelle Sistine pour le pape Jules II, il a aussi assuré la construction d'une route dans une montagne inaccessible, érigé les remparts de Florence et conçu le dôme de la cathédrale Saint Pierre... Entre autres!

Lecture passionnante aussi parce que le Quattrocento italien donne le vertige: Ghirlandaio, les Médicis, Léonard de Vinci, della Quercia, Raphaël, Donatello, il y a à chaque page un nom qui est entré dans l'histoire... Parfois pour de tristes raisons, comme dans le cas du moine Savonarola, un modèle d'obscurantisme.

En revanche, ce roman est aussi très long et un peu répétitif dans sa structure: l'auteur fournit des informations politiques rapides pour peindre la situation, rédige de longs passages sur les objectifs de Michel-Ange dans ses différentes œuvres et y intercale des moments de désespoir aigu – le roman doit justement son nom à l'alternance entre la frénésie créatrice et le repos forcé d'un artiste soumis au bon vouloir de ses mécènes. Au bout d'une centaine de pages, j'ai commencé à trouver ma lecture laborieuse, et je ne me suis accrochée que parce que le sujet est vraiment prenant (et parce que je n'abandonne jamais une lecture ^^).

Par ailleurs, Michel-Ange ne ressort pas de ce livre comme un personnage très aimable. Certes porté par un flux créatif dévorant et "la fièvre du marbre", ainsi que par l'humanisme transmis par Laurent de Médicis, il est également impulsif et a une fâcheuse tendance à gémir sur son sort et à l'aggraver par la même occasion (par exemple en se fritant avec le pape), tout en se laissant exploiter par une famille assez rapace.

De mon côté, j'ai aussi découvert que je n'aime pas les œuvres de Michel-Ange. 😂 Ou plutôt, j'aime certains éléments de son David et de sa Pietà, mais je suis insensible à ses peintures. Même la célèbre scène de la création d'Adam me laisse de marbre. La fin du roman, toutefois, m'a émue. Je pense qu'elle rendrait très bien au cinéma. (D'ailleurs, le film a été adapté par Carol Reed en 1965 avec Charlton Heston dans le rôle de Michel-Ange. La bande-annonce est disponible sur Allo Ciné.)

Une lecture plus prenante dans son fond que dans sa forme, donc. 

Avec ses 777 pages, cette édition Arrow Books me permet de participer au challenge Pavé de l'été de Brize.

4 commentaires:

  1. J'en retiens que si j'ai envie d'une dose de personnages de la Renaissance italienne, j'irai plutôt relire le manga "Cesare". =P

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    1. @Baroona: Je ne connaissais pas, mais les dessins ont l'air canons! :) D'ailleurs, je n'en ai pas parlé mais les Borgia sont bien sûr présents dans ce roman.

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  2. Tu lis que des pavés !!!
    Bon je passe, le film m'intéresse plus en fait ^^ (c'est moins long hahaha).

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    1. @Tigger Lilly: Tu trouves que je ne lis que des pavés? :D Ahah, le film a l'air d'avoir mal vieilli et d'être très théâtral, c'est formidable. Mais je ne pense pas que j'aurais assez de patience.

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