En fin d'année dernière, les éditions Blueman m'ont contactée pour me proposer un service de presse. J'ai eu un peu de mal à y croire, et j'ai ressenti le besoin de bien expliquer à l'éditeur que le présent blog était loin d'être une vitrine majeure pour porter ses ventes. Mais il m'a confirmé qu'il était partant, et j'ai donc eu l'honneur de recevoir le livre qu'il me proposait, une bande dessinée qu'il a qualifiée de "très sauvage", Cave Girls de Greg Broadmore, traduite de l'anglais par Sylvain Savarin.
Incroyable!
Ensuite, la BD a végété six mois dans ma PAL – d'abord parce que je n'avais pas le temps de lui consacrer un créneau de lecture satisfaisant, ensuite parce que je lisais des BD en flux tendu pour les rendre à la médiathèque dans les délais impartis.
C'est seulement en juillet, un matin où je n'arrivais pas à me mettre au travail tellement j'étais dans le coaltar (et où j'étais tellement dans le coaltar que j'ai demandé au dictionnaire comment on écrit "coaltar"... 😂😂😂), que je l'ai enfin prise en main.
Et quel voyage, mes chers. Quel voyage.
Quand j'ai reçu la BD, j'ai tout de suite constaté que c'était un très bel objet. Déjà, elle est énorme (24 centimètres sur 33, après vérification), à tel point qu'elle ne tenait pas dans ma PAL; j'ai dû la ranger en diagonale. La couverture est hyper flashy avec du vernis sur la figure en premier plan. Il y a un dinosaure trop beau en couverture et plein de dinosaures dedans. Bon, il y avait aussi des filles à poil, ce qui m'a fait trembler. 👀
Et quand je l'ai lue, eh bien, c'était un peu indescriptible. Le grand format prend tout son sens pour mettre en scène des images de chasse et de combat entre dinosaures et entre humaines et dinosaures. C'est assez stratosphérique. L'impression de mouvement et d'agilité des dinosaures est ouf. Les paysages sont trop beaux. Les textures sont super détaillées. Visuellement, c'est vraiment dingue.
L'histoire est celle d'une tribu de femmes des cavernes, qui, sous l'influence de l'une d'elles, Chemin-Droit, organise une chasse toute particulière et adopte une stratégie jamais vue: [divulgâcheur] en gros, amadouer quelques dinosaures afin d'en combattre un autre, plus dangereux [fin du divulgâcheur]. Elles vivent effectivement toutes nues, ce que j'avais trouvé suspect, mais, en fait, c'est un nu pas du tout sexualisé. C'est même un peu fou, voir des femmes nues prendre la pose, la lance à la main, sans qu'on ait l'impression que l'auteur essaye d'exciter le public masculin. Les seins pendouillent et il y a des poils pubiens. Ce sont des corps de la vraie vie...
Cave Girls est aussi très gore. Quand une lance s'enfonce dans la chair d'un dinosaure ou qu'un prédateur croque une proie, le sang jaillit. Ce n'est sans doute pas à mettre entre toutes les mains. Mais ce qui m'a davantage mise mal à l'aise, ce sont les quelques planches isolées sur une créature très lovecraftienne – et pas "lovecraftienne" au sens le plus connu, c'est-à-dire "remplies de tentacules", mais au sens primaire, c'est-à-dire "crade, très différente de nous, gluante, visqueuse, repoussante, si dégueulasse qu'on ne veut pas y toucher". Ces parties-là ont un lien avec l'enfantement et ça représente assez bien ma vision de l'accouchement: un truc ignoble.
Bref, un vrai voyage dans un autre monde.
Je suis sortie de ma lecture en me disant que cette BD est un OGNI, un objet graphique non identifié. En rédigeant le présent billet, je l'ai d'abord feuilletée, puis je l'ai carrément relue, et l'enthousiasme a commencé à monter, car cette deuxième lecture m'a permis de mieux apprécier la construction de l'histoire et les détails.
Greg Broadmore s'est clairement fait plaisir à dessiner des dinosaures et à mélanger cet aspect avec du gore et du Lovecraft, et ce avec beaucoup de talent, même si je n'aime pas trop son approche des visages humains. Il bosse chez Weta Workshop depuis 2002; on sent l'artiste multifacettes et bon en tout.
Sur son site, il annonce que Cave Girls se composera de quatre livres. En effet, l'histoire n'est pas finie ici, et je dirais même que Chemin-Droit n'en est qu'au début de ses ennuis. Je serai là pour lire la suite, en espérant que les éditions Blueman continuent avec cette aventure hors du commun!!!
Scénario, dessin, couleur: Greg Broadmore
Script: Greg Broadmore, Andy Lanning, Nick Boshier
Traduction de l'anglais : Sylvain Savarin



On se demande vraiment pourquoi cette BD t'a été proposée. 🦖
RépondreSupprimerÇa ne me tente pas vraiment mais je serais curieux de voir ce que donne le dessin en vrai. Là sur écran c'est soit joli soit bizarre selon les planches.
@Baroona: Ah bah mince, moi qui espérais avoir choisi des trucs très marquants visuellement 😆😆
SupprimerTes extraits sont bons. Mais j'ai été en voir un peu plus et il y a pas mal de cases où les éléments ne me paraissent pas liés entre eux, ils ressortent trop les uns des autres.
Supprimer@Baroona: Mince!! Bon, d'un autre côté, tu n'es pas la cible pour le scénario, déjà :D
SupprimerJe vais avoir du mal à me remettre de l'orthographe de "coaltar ".
RépondreSupprimer@TmbM: Moi aussi – à tel point que je l'ai mis dans ma chronique 😂😂 C'est fou, hein. Et ça a une raison d'être, en plus!
SupprimerMarrant, j'aurais écrit "coaltar" "coltar" sans me poser de questions. La BD m'a tout l'air de te correspondre parfaitement !
RépondreSupprimer@Shaya: Pour ma part, j'étais dans l'équipe "coltard" 😆😆 Et oui, l'éditeur a bien choisi son envoi!
SupprimerEt moi j'écrais "coltard" 🙈
RépondreSupprimerCa a l'air particulier, mais y'a des dinos, c'est tout à fait pour toi 😁
@Vert: Même équipe "coltard", lol!!
SupprimerC'est très particulier, et c'est un peu fou que le projet existe!
coaltar est un des mots les plus bizarres de la langue française ^^
RépondreSupprimerEn tout cas l'éditeur a su frapper juste, ça on peut dire que c'est du SP ciblé ! Ca a l'air bien incroyable comme bd.
@Tigger Lilly: Pas faux!
SupprimerOui, l'éditeur a bien choisi, et mon blog rend vraisemblablement une image assez réaliste de moi. ^^