samedi 28 juin 2014

Maintenant ou jamais (1982)

Il n'est jamais facile de lire ou de parler de Primo Levi. Ses livres sont à la fois très beaux et très terribles et ne peuvent jamais laisser indifférents. Il m'est arrivé de nombreuses fois de devoir arrêter ma lecture pour "souffler", me séparer en quelque sorte de ce que je lisais pour contrôler le dégoût et la tristesse qui m'envahissaient.

Maintenant ou jamais n'a dérogé pas à la règle. Il a beau s'agir d'un roman plutôt que d'un récit autobiographique, il prend aux tripes et s'immisce dans la tête sans qu'on puisse y échapper.


Entre 1943 et 1945, une bande de Juifs hagards erre dans l'Europe de l'Est. Ils ont survécu par miracle aux massacres perpétrés par les nazis ou sont des soldats de l'Armée rouge isolés en territoire ennemi. Ils doivent se cacher des nazis et ne peuvent compter ni sur la population, toujours susceptible de les dénoncer, ni même sur les partisans ukrainiens ou polonais, qui ne les regardent pas d'un bon œil. Pourtant, dans ce monde brisé par la guerre, la seule chose qui leur semble encore avoir plus ou moins un sens consiste à lutter contre les nazis, même s'il est déjà trop tard pour leur peuple et leurs familles exterminées.

Primo Levi aborde ici un aspect méconnu de la Résistance anti-nazis pendant la deuxième Guerre mondiale: la présence de partisans juifs dans les rangs des combattants. Je dois dire que je n'avais pas idée que quelques survivants juifs, au lieu de se cacher, ont réussi à prendre les armes et à organiser de petites poches de résistance (bien que je me demande s'il n'y a pas eu une expo sur le sujet à Paris il y a quelques années: est-ce que ça dit quelque chose à quelqu'un?). En fait, je ne savais même pas vraiment qu'il y avait eu de la résistance armée tout au long de la guerre au cœur même du Reich: exception faite de la révolte du ghetto de Varsovie, il me semble que cet aspect est laissé de côté dans les livres d'histoire.

Cette résistance me semble d'autant plus admirable qu'elle s'est faite dans des pays occupés depuis des années et complètement ravagés par la guerre. À côté de la Pologne, un pays comme la France était épargné: il me semble donc qu'il fallait encore plus de mérite et de courage pour décider de prendre le maquis là-bas qu'ici... Ajoutons à cela que ces pauvres Juifs devaient affronter l'antisémitisme ambiant, les paysans et les autres partisans n'ayant, globalement, aucune envie de les laisser approcher.

Je préciserai à ce sujet que, contrairement au film Shoah que j'ai trouvé assez bête et méchant de ce point de vue, Maintenant ou jamais ne se contente aucunement de montrer du doigt de supposés méchants Polonais anti-Juifs. Bien au contraire. Si Primo Levi dénonce l'antisémitisme sous toutes ses formes, il est capable, comme dans Si c'est un homme, de comprendre à quel point la guerre a ravagé les vies de tout le monde. Les paysans polonais, les soldats de l'Armée rouge et les Juifs planqués dans des bunkers forment un seul et même peuple de victimes, des naufragés comme dirait l'écrivain. Même les Allemands sont considérés comme des êtres humains et cela reste suffisamment rare pour être signalé...

L'absurdité du combat est également montrée: si les nazis sont l'ennemi à combattre, la Guerre froide se fait déjà sentir et l'Armée rouge qui approche à grands pas n'est pas synonyme de libération. Et c'est peut-être le plus triste dans ce livre, cette impression glaçante que toute cette souffrance n'a vraiment aucune forme de sens et n'aura servi à rien. La Pologne sera en chaînes au moment même où elle sera libérée et le rêve des Juifs de s'installer en Palestine entraînera à son tour de nouveaux morts...

En revanche, la dignité modeste dont fait preuve la plupart des personnages m'a touchée et redonnerait presque foi en l'humanité. La question du titre d'origine – littéralement "Si ce n'est maintenant, quand?" – revient régulièrement à symboliser le choix rationnel pris dans l'irrationnel le plus complet: la situation étant ce qu'elle est, que dois-je faire? Si ce n'est moi qui lutte, qui le fera à ma place? Si ce n'est maintenant, quand sera-t-il temps de combattre contre le mal nazi et ses ravages?

Ces questions resteront sans réponse pour une lectrice telle que moi, qui n'a pas à faire ces choix dans sa petite vie tranquille de privilégiée, mais je crois que l'important est que Primo Levi les pose.

Un livre à ne pas lire en période de dépression, donc, mais à lire néanmoins.

mercredi 25 juin 2014

Agatha Christie: La romance du crime (2012)

Chronique express!


Quelle bonne surprise que ce cadeau de Noël inattendu: une biographie d'Agatha Christie que je n'avais pas demandée, dont je ne soupçonnais même pas l'existence et qui est dédiée à... JESSICA FLETCHER!!!! \o/ Haha. Bon, hystérie fletchérienne à part, lire ce livre a été vraiment passionnant: déjà parce la vie d'Agatha Christie en elle-même est passionnante et que j'ai adoré en apprendre plus sur cette écrivain que j'apprécie beaucoup; et ensuite parce qu'il présente beaucoup de photographies et de couvertures de romans qui permettent de vraiment se plonger dans les ambiances des années 1890 à 1970. Du coup, bien qu'épais, il se lit très vite et c'est vraiment un plaisir du début à la fin. Il donne en outre envie de noter des tas de noms d'écrivains de policiers pour lire les mêmes livres qu'a lus Agatha... Et de regarder des tas de films tirés de son oeuvre... Le Crime de l'Orient Express avec Sean Connery et Mort sur le Nil avec Angela Lansbury, c'est irrésistible!!! :) Donc, bravo à François Rivière de l'avoir écrit et merci à l'Homme de me l'avoir offert...


François Rivière, Agatha Christie: La romance du crime
Éditions de la Martinière, 214 pages, 32€

dimanche 22 juin 2014

Mathématique du crime (2003)

Mathématique du crime de Guillermo Martínez est un thriller plutôt efficace mais manquant de ce petit quelque chose qui aurait pu en faire un vrai bon livre...

L'histoire: un jeune mathématicien argentin ayant obtenu une bourse à Oxford découvre un jour le cadavre de sa vieille landlady anglaise dans le salon. On pourrait presque croire à une mort naturelle... Si ce n'était, bien sûr, pour le sang sur l'oreiller à côté du corps et pour le mystérieux billet reçu par un éminent mathématicien ami de la victime. Les deux matheux collaborent alors avec la police pour arrêter ce mystérieux tueur en série dont les crimes sont... imperceptibles.


Dans une ambiance plutôt sombre, Guillermo Martínez met en place une enquête policière doublée de symboles mathématiques, une alliance plutôt intrigante. Si le tout ne laisse pas un souvenir indélébile, c'est parce que le style est très neutre et que les personnages ne semblent ressentir aucune forme d'émotion. Diable, quand les deux hommes découvrent le premier cadavre, il n'y a même pas une ligne sur leur ressenti: éprouvent-ils du dégoût, de la peur, de la tristesse? On n'en sait rien. En revanche, ils commencent tout de suite à discuter de séries de symboles comme s'ils étaient en amphi...

Dans mon souvenir, Crimes à Oxford, l'adaptation cinématographique de Álex de la Iglesia, avec Elijah Wood et John Hurt, était beaucoup plus sombre et surtout dérangeant, et cette ambiance glauque servait vraiment à épaissir le mystère. Ici, il y a bien une scène qui m'a perturbée, mais le malaise n'a pas vraiment été au rendez-vous. Un roman qui se laisse lire, donc, mais tout à fait dispensable.

Pour finir, le petit coup de gueule contre l'éditeur espagnol: En Argentine, son pays d'origine, ce livre a été publié sous le titre Crímines imperceptibles, justement parce que les meurtres dont il y est question pourraient tous passer pour des morts naturelles. Or, en Espagne, il est devenu Los crímines de Oxford. Un titre probablement plus vendeur, certes, mais tellement moins mystérieux!! Quel dommage... (Le titre français, lui, a beau être très éloigné de l'original, je ne l'en trouve pas moins plutôt adapté.)

jeudi 19 juin 2014

Les Lames du Cardinal (2007)

Chronique express!


Intense déception que ces Lames du Cardinal, roman de cape et d'épée à la sauce fantasy de Pierre Pevel dont j'avais lu beaucoup de bien sur la blogosphère. Pour ne pas froisser d'éventuels lecteurs et m'en tenir au format express de cette chronique, je dirai seulement qu'il m'est tombé des mains à maintes reprises tellement il accumule les clichés dans sa rédaction (phrases déjà vues, découpage saccadé pour donner du rythme artificiel) et ses personnages (même le personnage de la femme guerrière qui n'a peur de rien est horriblement fadasse). J'ai en outre été déçue par la présence plus que discrète des dragons (car oui il y a des dragons dans ce livre!!)... C'est vraiment dommage car ce roman semblait avoir tout pour me plaire et que la couverture est tellement belle que j'ai sérieusement envisagé d'acheter les trois tomes de la série avant même d'ouvrir le premier. Heureusement que je me suis retenue, car je ne continuerai pas avec cet auteur. À votre tour de tenter l'expérience et de vous faire votre propre opinion!

Pierre Pevel, Les Lames du Cardinal
Éditions Folio, 400 pages, 7,90€

lundi 16 juin 2014

Je n'ai pas peur (2001)

Chronique express!


L'été 1978 dans une Italie méridionale écrasée par la chaleur. Un groupe d'enfants traverse à vélo les champs de blé tandis que les adultes restent enfermés pour échapper aux températures record. Condamné par gage à traverser une maison en ruines, l'un d'entre eux découvre un trou caché par un matelas et, dans ce trou, un secret qui bouleversera sa vie et surtout sa vision des adultes. Malgré ce scénario de départ, nous sommes loin ici de Stephen King et des étranges phénomènes se déroulant dans ses champs de maïs; le récit est beaucoup plus terre à terre et très réaliste, avec une narration qui réussit cependant parfaitement à coller à l'état d'esprit du narrateur, âgé de seulement neuf ans à l'époque des faits. Cette vision à la fois très simple et très subtile des événements m'a semblé très juste et efficace, puisqu'elle souligne encore plus l'horreur des faits abordés. Niccolò Ammaniti présente la perte de l'enfance de la manière la plus cruelle qui soit: [spoiler] la découverte que ses propres parents sont des monstres. Un beau roman et un écrivain à suivre.

samedi 14 juin 2014

Liebster Awards: le retour

Oukouloumougnou m'a taguée!! \o/

Techniquement, j'ai déjà participé au Liebster Awards l'année dernière en vous racontant onze choses sur moi et en répondant aux onze questions de Bouchon et de Deedoux. Mais je n'essaye même pas de résister à la tentation de m'épancher et je rempile volontiers! =D


Onze choses sur moi
(Attention: la mauvaise humeur régnait quand j'ai commencé ce tag et mon épanchage tient beaucoup du coup de gueule!)

1/ Je suis officiellement inscrite dans une reprise d'équitation de niveau Galop 3-4 à partir de septembre prochain, avec un prof qui me semble -- du peu que j'en ai vu jusque là -- très prometteur. Je suis immensément soulagée que mon avenir équestre soit enfin défini.

2/ Je hais les hypocrites et les incohérents.
Exemple 1. Je hais les copropriétaires qui gueulent en AG mais refusent de s'investir le reste de l'année pour résoudre les problèmes qu'ils dénoncent à grands cris.
Exemple 2. Je hais les gens qui disent qu'ils n'aiment pas Facebook mais s'épanchent dessus du matin au soir dès qu'ils s'estiment intéressants.
Exemple 3. Je hais les gens qui veulent à la fois n'en foutre pas une et se faire passer pour débordés.

3/ Dès que j'ai vent des inepties que disent ou font certaines personnes que j'ai rayées de ma vie, je me félicite de les avoir rayées de ma vie. \o/

4/ Je hais les filles qui manipulent leur copain en l'éloignant de ses amis ou de certaines activités parce que elles, elles n'aiment pas, ou parce qu'elles compensent leur manque de confiance en elles en essayant d'emprisonner leur mec.

5/ Je ne supporte pas les gens qui ramènent tout à eux et pour qui le seul mode de conversation possible est la surenchère.
Exemple. Je dis "Je suis fatiguée aujourd'hui, mon chat a hurlé toute la nuit et j'ai dû dormir quatre heures" (c'est du vécu ^^) et ils répondent "Ha mais moi PLUS, tu te rends pas compte, je suis trop fa-ti-gué(e), ça fait au moins trois jours que je me couche après minuit et que je me lève à sept heures, non mais t'as pas idée, je suis crevéééééé(e)".

6/ Je ne supporte pas non plus les gens qui vous font dire ce que vous n'avez pas dit et pour qui le seul mode de conversation possible est la confrontation.
Exemple. Je dis "Je suis fatiguée aujourd'hui, mon chat a hurlé toute la nuit et j'ai dû dormir quatre heures" (c'est toujours du vécu ^^) et ils répondent "Ha mais tu vas pas te plaindre d'avoir un boulot quand même". WHAT THE FUCK?

7/ Je ne supporte pas non plus les blogueurs qui geignent sur leur blog parce que houin houin houin ils ne comprennent pas pourquoi ils n'ont que 200 visiteurs par jour et houin houin houin ils ont moins de commentaires que les copains. Quand ça vient d'une blogueuse que j'ai suivie avec fidélité pendant deux ans, et qui ne m'a jamais rendu de visite malgré mes 50 ou 60 commentaires chez elle, j'ai envie de dire "Bien fait pour ta gueule". (Ça aussi, c'est du vécu.)

8/ Je ne supporte pas les gens qui citent "l'Afrique" et les "Africains" au lieu de préciser de quel pays ou nationalité ils veulent parler. Même dans les milieux cultivés, on entend dire: "Machin est né en Afrique". Vous imaginez quelqu'un dire "Il est né en Europe" au lieu que "Il est né en Allemagne"? C'est d'autant plus navrant que l'Afrique est un continent énorme et que l'Égypte, le Sénégal et le Bostwana sont loin d'être des pays identiques...

9/ D'une manière générale, je sais depuis mon adolescence qu'il n'y a rien à sauver dans l'humanité et qu'il ne faut jamais faire confiance à personne, et pourtant je continue de me faire avoir et de tomber des nues tous les jours. J'essaye d'en rire plutôt que d'en pleurer, mais vraiment les gens sont une source de déception inépuisable.

10/ Malgré la frustration intense suintant de ce tag, je suis heureuse et étonnée de voir à quel point ma vie se déroule bien à l'heure actuelle: je monte à cheval, j'ai un super boulot, j'ai un boulot d'appoint pour financer le cheval, l'Homme fait la cuisine depuis un an et demi et je semble être devenue quelqu'un de tout à fait bien dans sa tête. Franchement, que demander de plus?

Mes réponses aux onze questions d'Oukoulou

1) Quel est l'auteur que tu détestes le plus ?
Bonne question! Je ne crois pas qu'il y ait d'auteur que je hais, vu que je ne continue pas à lire quelqu'un qui ne m'a pas convaincue la première fois. Là maintenant tout de suite, je dirais G. R. R. Martin: non pas parce que j'ai détesté ses livres (que j'ai modérément appréciés, certes, mais pas détestés), mais parce que la folie Game of Thrones me saoule.

2) Quel est le livre que tu as le moins aimé ?
Récemment, j'ai été très déçue par Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Sinon je citerai La Nouvelle Héloïse, un livre que j'ai entamé deux fois et abandonné deux fois tellement il m'ennuie.

3) As-tu toujours aimé la lecture ?
Aussi loin que je m'en souvienne, oui.

4) Combien de livres lis-tu en une semaine ?
Idéalement, deux. Ça fait 104 par an et ça me semble le minimum vital. XD En ce moment, cependant, ce n'est pas gagné...

5) Un livre qui t'a laissé particulièrement perplexe ?
Je suis un chat de Sōseki Natsume: je n'ai clairement pas tout capté à ce roman japonais. Il m'est revenu à la mémoire car on me l'a offert deux fois, en deux langues différentes, à environ un an d'intervalle, plusieurs années après ma lecture.

6) Quel est ton dernier coup de cœur ?
Le dernier lapon d'Olivier Truc.

7) As-tu déjà lu un livre avec des tranches d'ananas partout sur le corps ? Si non, comptes-tu le faire ?
Non. Je dois dire que ça ne m'était pas venu à l'esprit jusque là. ^^ Et je ne compte pas le faire: il me faudrait trop de temps pour découper assez d'ananas pour m'en recouvrir!

8) Quel est ton livre préféré ?
Le Seigneur des Anneaux.

9) As-tu déjà préféré l'adaptation cinématographique d'un livre plutôt que celui-ci ?
Oui. Crimes à Oxford, dans mon souvenir, est un bien meilleur film que le livre dont il est tiré.

10) D'autres passions ?
Le poney et les dinosaures. :)

11) Pourquoi ce pseudonyme ?
C'est juste mon prénom orthographié de manière glamour...

Je ne sais pas à qui renvoyer ce tag, donc, si vous êtes intéressé(e), faites signe et je vous enverrai onze merveilleuses questions! :)

jeudi 12 juin 2014

UGC Culte: Les Parapluies de Cherbourg (1964)

Chronique express!

Quelle expérience étrange, ces Parapluies de Cherbourg! Les mélodies sont certes très jolies et la fin émouvante... Mais un film composé uniquement de dialogues chantés, c'est très chelou et pas très intéressant du point de vue sonore! Et le choc visuel avec les années soixante et leurs papiers peints et robes à pois mélangeant le rose et le orange a quelque chose de destructeur pour mes pauvres yeux (un peu comme la couverture recto-verso de mon catalogue adoré l'année dernière). 

Franchement?!?

Bon bon bon. Heureusement, ce film ne dure qu'une heure et demie et m'a permis de voir Catherine Deneuve jeune, dans un des rôles qui ont fait d'elle le monstre sacré qu'elle est aujourd'hui. Et, je le répète, les mélodies sont jolies et la fin émouvante. Mais tout un film chanté comme dans cette vidéo, je ne peux pas...

lundi 9 juin 2014

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (2013)

Les titres improbables ont le vent en poupe en France. Depuis les crocodiles de Pancol jusqu'au vieux de Jonasson, tout ce qui a un titre à rallonge et intriguant se vend comme des petits pains. Quid d'un titre interminable qui cite le géant suédois du meuble, mon employeur adoré?


Et bien c'est mitigé. Ce roman est un peu le pendant livresque de ce que mes camarades de cinéma et moi-même appelons des films TF1: des films comiques et légers, qui surfent sur un sujet d'actualité histoire de capturer l'attention du public mais ne prennent absolument pas position et ne soulèvent surtout pas de vagues. Des films que la famille française moyenne peut tranquillement regarder en digérant son dîner sans se remettre en question. Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, qui cartonne actuellement au cinéma, en fait un peu partie, mais il a le mérite d'être vraiment drôle et d'enchaîner les vannes.

Et donc, le vrai gros problème du Fakir, c'est que ce n'est pas drôle. Ou, en tout cas, ce n'est pas mon humour. J'ai bien été amusée par une ou deux réflexions sur Ikea et par une histoire de réincarnation en botte de paille, mais c'est tout. La célèbre actrice Sophie Morceaux qui joue dans le blockbuster Demain ne suffit jamais, je comprends mais je ne trouve pas ça drôle.

En revanche, ce livre n'a pas non plus été la daube sans nom qu'on m'avait présentée au bureau. C'est typiquement de la littérature de gare contemporaine. C'est vite lu et vite oublié, certes, mais ça se laisse lire et ne vous tombe pas des mains. D'ailleurs, c'est quand même mieux que La première chose qu'on regarde ou Dieu voyage toujours incognito, qui m'ont carrément fait lever les yeux au ciel. Mais bon ce n'est pas non plus brillant. Et on est content de ne pas l'avoir payé 19€.

Allez donc voir ailleurs si ce fakir y est!
Entretien avec l'auteur dans l'émission Livrés à domicile (à la huitième minute)

Romain Puértolas, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea
Éditions Le Dilettante, 252 pages, 19€

vendredi 6 juin 2014

The Da Vinci Code (2003)

S'attaquer à un livre qui s'est vendu à plus de 80 millions d'exemplaires et qui a fait couler autant d'encre que celui-ci, c'est toujours difficile. On oscille un peu entre la peur d'être déçu et la peur (parfaitement irrationnelle) de découvrir au contraire qu'on n'est qu'un mouton parmi d'autres et qu'on aime les mêmes choses que tout le monde.

Résultat? Je suis un mouton! :)


Ce Da Vinci Code a à mon avis deux défauts. Premièrement, il est clairement destiné à un public américain relativement peu cultivé: certaines choses sont expliquées de manière redondante pour être bien sûr que le lecteur a compris et je pense qu'un écrivain européen aurait moins tenu la main de son lecteur. Deuxièmement, certaines ficelles sont un peu grosses, notamment les phrases de conclusion de certains paragraphes.

Mais à part cela, ce livre est super. Et j'entends vraiment par là SUPER. C'est un livre d'aventure et de mystère qui sait parfaitement ce qu'il fait et qu'on ne peut tout simplement pas lâcher. On voit très clairement que chaque chapitre est pensé pour nous livrer juste ce qu'il faut d'information à ce stade de l'intrigue et que ce qu'il nous semble manquer nous sera fourni plus tard, au moment adéquat. Et les allers-retours permanents entre fond historique et imagination sont, à quelques exceptions près, bien amenés et suffisamment bien présentés pour rendre le livre crédible.

En fait, il s'agit un peu d'un Indiana Jones sans action: on sait très bien que c'est de la fiction, mais on y croit le temps de la fiction. Et c'est précisément ce qu'on demande à un livre-divertissement de ce type.

Du coup, le tapage qui a accompagné sa sortie m'a semblé franchement démesuré, tout comme les réactions des milieux catholiques. S'ils se sentent en danger pour ça, ils sont vraiment mal barrés. Militer contre le Da Vinci Code, c'est à peu près aussi débile que d'interdire à des enfants de lire Harry Potter parce qu'ils pourraient se convertir au satanisme en lisant des histoires de sorciers. Et cela donne limite envie de prendre au sérieux ce que Dan Brown y raconte!

L'histoire, pour ceux qui, comme moi, vivaient plus ou moins dans une grotte entre 2003 et 2007...

Robert Langdon, symbologiste américain de passage à Paris, est convié en pleine nuit au Louvre par la police. Le conservateur de ce prestigieux musée a en effet été retrouvé mort, nu, dans une position étrange et avec un mystérieux message inscrit dans son sang à côté de lui faisant le nom de Langdon. La police espère que Langdon pourra les aider à comprendre le message et à faire la lumière sur le meurtre. Mais Sophie Neuveu, cryptologue et petite-fille du défunt, incite et oblige plus ou moins Langdon à prendre la fuite, convaincue que la police l'a déjà choisi pour coupable et que son grand-père avait bien d'autres choses à lui dire. Étape par étape, les indices laissés par le défunt les amènent à remonter la piste de la société secrète dont il faisait partie et de sa mission séculaire: protéger un secret que l'Église catholique veut à tout prix faire disparaître.

Le Da Vinci Code a été adapté au cinéma par Ron Howard en 2006, avec Tom Hanks, Audrey Tautou et Ian Mckellen. J'ai hâte de voir ce film, le livre ayant le potentiel parfait pour bon film d'aventures bien rythmé, mais purement intellectuel et sans action. Un genre assez rare au final.

J'ajouterai qu'il est très rafraîchissant d'avoir affaire à un personnage féminin sûr d'elle, débrouillard et normalement constitué au point de vue mental. Trois fois sur quatre, c'est Sophie qui mène et Robert qui suit, et c'est bien!

Pour finir, un petit coup de gueule contre l'éditeur français, Lattès, à cause de Da Vinci Code, ce titre absurde qui ne veut rien dire en français -- puisque que le français équivalent de l'original serait "Le Code de Vinci" -- ni, IGNARES, en anglais, puisqu'il manque l'article défini THE. Je ne supporte pas ce type de choix commercial mettant en avant l'anglais sans aucune raison valable, et je le supporte encore moins quand, EN PLUS, c'est de l'anglais dénaturé. FUCK.

(Vous noterez que mes compatriotes, généralement prosternés devant les mots anglais, ont eu la bonne idée de le publier sous le titre Il codice Da Vinci en Italie. Hourra!)

mardi 3 juin 2014

UGC Culte: La Leçon de piano (1993)

Chronique express!


J'avais déjà vu La Leçon de piano en DVD, mais découvrir ce film superbe sur grand écran est vraiment tout à fait autre chose. Chef d'oeuvre de Jane Campion, il nous raconte l'histoire d'une jeune femme partie en Nouvelle-Zélande avec sa fille pour y épouser un colon. Capable de parler, elle n'a cependant pas ouvert la bouche depuis des années et ne s'exprime que par gestes ou en jouant du piano. Les acteurs sont exceptionnels, depuis Anna Paquin (alors âgée d'une dizaine d'années) jusqu'à Holly Hunter (incroyable de justesse!) et mon petit favori, Sam Neil. Harvey Keitel est lui aussi très bon. Il est rare de voir des acteurs devenir à tel point leurs personnages et ce film a vraiment sa place dans l'histoire du cinéma pour cet aspect-là uniquement. Mais si vous y ajoutez la mise en scène superbe de Jane Campion, qui arrive à rendre sublimes même les scènes où les gens pataugent dans la boue de cette Nouvelle-Zélande fort pluvieuse, ou la scène du viol, vous tenez quelque chose d'absolument unique. Et le piano, cet objet précieux, prend vraiment vie sous les doigts d'Holly Hunter et renforce encore l'atmosphère mélancolique du film, visuellement mais aussi, bien sûr, d'un point de vue sonore. Un film à voir absolument (même si je crois que la portée symbolique des toutes dernières répliques m'a échappé!).


samedi 31 mai 2014

La Planète des singes: l'affrontement (2014) – La bande-annonce

Ça faisait longtemps qu'une bande-annonce ne m'avait pas saisie avec autant de force. Je suis totalement hypnotisée par ces deux minutes trente que je trouve juste sublimes. Elle en montre beaucoup, mais pas trop, et elle prend son temps intelligemment, ce qui est devenu une rareté dans le monde des bande-annonces inceptionnesques dont nous assomme Hollywood. Il s'en dégage beaucoup d'émotion et, malgré deux plans aux incrustations douteuses, elle promet une image de synthèse à la hauteur de ce que Weta Digital a fait de mieux. En plus, les célèbres chevaux noirs des singes font leur arrivée, et vous avouerez que ce détail a une importance primordiale dans la saga! ;)

Du coup, je fonde d'immenses espoirs sur ce film.... Et j'espère ne pas être cruellement déçue le 11 juillet prochain.


APE NOT KILL APE



Mise à jour du 31 mai, presque quinze jours après avoir préparé ce billet [et oui, je rédige mes billets environ deux semaines avant leur publication]: Entre-temps, une version abrégée de cette bande-annonce est sortie au cinéma. L'absence totale d'émotion réelle et la présence de répliques inoubliables du genre "Wait! I have an idea!" ont refroidi mon enthousiasme au maximum et maintenant, j'ai plutôt les boules.

mercredi 28 mai 2014

L'Invention de nos vies (2013)

Quelle lecture compliquée que cette Invention de nos vies de Karine Tuil. J'ai failli ne pas dépasser la première page, tant le style est haché et fatiguant. Mais, une fois décidé de lui donner sa chance, je n'ai plus réussi à lâcher ce roman, que j'ai lu relativement vite au regard de ses 500 pages.


L'histoire: Alors que Samir Tahar, brillant avocat français ayant fait carrière à New York, passe sur CNN, deux anciens camarades de fac, Samuel et Nina, tombent sur son interview à la télé. C'est le choc. En effet, à l'époque de la fac, Nina, une femme superbe, a ouvertement trompé Samuel avec Samir pendant plusieurs mois, et n'a fini par faire sa vie avec Samuel que parce que celui-ci s'est ouvert les veines en amphi "pour elle" -- c'est-à-dire qu'il lui a fait du chantage au suicide. Leur vie n'est pas rose, ils vivent dans une banlieue pourrie et n'ont que peu de moyens. Samir a, au contraire, réussi et même épousé une riche héritière. Leur stupéfaction augmente quand, en faisant des recherches sur Internet, ils découvrent que Samir, né en France de parents tunisiens et désormais surnommé Sam, se fait passer pour juif et a repris à son compte certains éléments de la vie de Samuel, enfant polonais adopté par des Français juifs et élevé dans le strict respect du judaïsme. Samuel, fou de rage et de frustration, incite Nina à reprendre contact avec Samir.

Vous l'aurez compris, le pitch de départ de ce livre est très spécial: le Juif prêt à tout pour garder sa petite amie, une fille à la beauté exceptionnelle qui reste en couple avec ce petit ami taré pour éviter qu'il ne se suicide pour de bon, l'Arabe qui se fait passer pour Juif... Nous avons affaire à trois personnages peu sympathiques et franchement névrosés, pour lesquels je ne ressentais dans un premier temps aucune empathie. Ajoutez un cela une rédaction très spéciale et pratiquement indescriptible (avec des phrases super longues et une utilisation massive des barres obliques pour séparer plusiers verbes), ainsi que des notes de bas de page irritantes sur tous les figurants de l'histoire (du type "Le chauffeur, Machin Bidule, était né à Paris et rêvait de devenir médecin"), et c'était bien parti pour ne pas marcher.

Mais ça a marché. Je n'ai pas adoré et je ne recommande pas particulièrement cette lecture, mais, une fois rentrée dedans, j'y suis restée. C'est étrange, c'est dur, c'est parfois très violent, on a envie d'étrangler la moitié des personnages, et les thèmes abordés, comme le bourgeois insensible qui met enceinte sa femme de ménage, ont été tellement traités qu'ils en sont parfois devenus des clichés; mais cette plongée dans ce monde bien moisi a su me séduire. J'en ressors encore plus pessimiste sur l'espèce humaine et encore plus effrayée par certains quartiers et certaines populations (ce qui n'était probablement pas l'objectif de l'auteur, mais le résultat est là...), mais contente de l'avoir lu. Une sensation très étrange.

En revanche, ce livre traite avant tout, et très clairement, de ce que signifient les mots ambition et réussir: qu'est-ce que la société nous demande, qu'est-ce que nous, nous voulons, qu'est-ce que nous sommes prêts à faire pour obtenir le respect et la considération des autres. Or, il ne m'a pas du tout amenée à me poser ces questions, donc je crois que son but n'a pas été atteint...

En bref, une lecture étrange, qui m'a surprise et déstabilisée et qui restera probablement assez unique. À lire si vous avez envie de quelque chose de différent, à oublier si les histoires de tournantes dans les caves humides et sombres de banlieues à détruire au plus vite heuh pardon pourries vous donnent des cauchemars, à essayer si vous êtes un lecteur joueur. Tout un programme.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Marilena, ex-camarade du comité de lecture de ma médiathèque
Entretien avec Karine Tuil dans l'émission Livrés à domicile (à la neuvième minute)

Karine Tuil, L'invention de nos vies
Éditions Grasset, 495 pages, 20,90€

dimanche 25 mai 2014

Le Palais de minuit (1994)

Chronique express!


Le Palais de minuit est le deuxième roman jeunesse de Carlos Ruiz Zafon, le très célèbre auteur de L'Ombre du vent. Je n'ai pas retrouvé ici le même enthousiasme que pour Le Prince de la brume, lu l'année dernière. Certes, l'ambiance mystérieuse que met en place cet écrivain est aussi efficace à Calcuta qu'ailleurs, mais les ficelles sont trop grosses pour un lecteur expérimenté et la rédaction est décidément trop simplette. Du coup, les aventures de ce groupe d'adolescents confrontés à une fantomatique locomotive en flammes m'ont intéressée, mais pas passionnée. Il s'agit plutôt d'un livre à offrir à de jeunes lecteurs ou à lire en VO pour pratiquer son espagnol... Pas une lecture inoubliable.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
La présentation de l'éditeur français, Robert Laffont

jeudi 22 mai 2014

UGC Culte: The Big Lebowski (1998)

Chronique express!


UGC Culte continue malgré ma faible fréquentation des salles obscures et en avril, c'était The Big Lebowski. Je dois dire que ce film très drôle et décalé m'a sensiblement réconciliée avec les frères Cohen, dont je n'avais aucunement compris les quelques films que j'avais vus. Jeff Bridges plane totalement et Julianne Moore fait du grand n'importe quoi et c'est assez jouissif. Ajoutez à cela une belle brochette d'acteurs et vous avez une belle découverte. Comme quoi on peut construire un film de deux heures sur un tapis sur lequel un petit malfrat a fait pipi et sur une erreur sur la personne, notre paresseux et fauché héros Jeffrey Lebowski ayant le malheur (ou la chance) d'avoir un homonyme millionnaire.

lundi 19 mai 2014

Pourquoi lire les classiques (1991)

Chronique express!


Pourquoi lire les classique de Italo Calvino est un recueil au titre trompeur. En effet, point ici d'essai en faveur des classiques de la littérature: il s'agit en fait d'un recueil d'articles publiés par Calvino sur différentes œuvres ou écrivains. Et Calvino et moi, nous ne lisons pas du tout les mêmes livres. Du coup, j'ai traîné ce recueil comme un gros boulet pendant un mois et demi, sans tout capter à ses idées sur plein de gens que je n'ai jamais lus, comme Montale ou Borges, ou lus et pas compris/aimés, comme Stendhal ou Hemingway. J'ai trouvé en outre le style un peu pompeux: ça sent un peu le critique littéraire qui s'y croit. J'en retiendrai donc seulement la partie sur Candide, qui m'a donné bien envie re(re)lire ce roman, ainsi que la jolie intro sur ce qu'est que le classique, qui adopte un ton tout à fait différent, beaucoup plus personnel et simple, et qui touchera forcément tout lecteur digne de ce nom.

"Si l'étincelle ne jaillit pas, rien à faire : on ne lit pas les classiques par devoir ou par respect, mais seulement par amour."

vendredi 16 mai 2014

Le Lièvre de Vatanen (1975)

Chronique express!


Le Lièvre de Vatanen de Arto Paasilina, grand classique de la littérature finlandaise, me semble être un des rares bouquins du Nord à s'être imposé à l'étranger avant le succès de Millenium. On y suit les aventures quelque peu décalées et déroutantes de Vatanen, un Finlandais excédé par sa femme qui laisse tout derrière lui pour s'enfoncer dans la forêt avec un lièvre blessé et qui va passer de péripétie improbable en péripétie loufoque. J'ai bien aimé ce livre léger, qui critique ouvertement un certain type de société "propre sur elle", mais je n'ai pas tout capté et j'ai trouvé dommage que les péripéties s'enchaînent aussi rapidement et comme si de rien n'était: à la longue, c'est un peu lassant et pas aussi drôle que ça aurait pu l'être avec un traitement plus fin.

Je conseille néanmoins de le lire car c'est une lecture originale et amusante. Pour ma part, elle m'a aussi permis de mieux (rétro)éclairer ma lecture de Les Tribulations d'un lapin en Laponie, livre-hommage lu il y a (déjà!!!) deux ans dans le cadre du comité de lecture de la médiathèque. Et le coffret en (fausse, j'espère!) peau de lièvre de cette édition Folio prêtée par une collègue m'a bien éclatée au bureau. :)

mardi 13 mai 2014

La Méthode du crocodile (2012)

Chronique express!


La Méthode du crocodile de Maurizio de Giovanni est un policier de qualité relative, mais efficace. Le genre de bouquin dont les défauts vous crèvent les yeux mais que vous lisez quand même avec enthousiasme pour la simple et bonne raison que vous voulez vraiment savoir qui est le coupable. Voilà. Ici, un vieil anonyme fraîchement débarqué à Naples suit de près de jeunes adolescents et les étudie attentivement avant de les abattre d'une balle dans la nuque. Sur le lieu du crime, il ne laisse que les mouchoirs qu'il a utilisés pour essuyer ses larmes. Un flic sicilien, mis au placard à Naples car accusé (à tort) d'avoir fricoté avec la mafia sur son île natale, se retrouve par hasard mêlé à l'enquête. Le fait que le lecteur suive tour à tour les futures victimes, le tueur et le policier compense les faibles qualités stylistiques de l'ensemble et j'ai dévoré. J'en retiendrai également que ce livre italien m'a été prêté dans son édition italienne par une Allemande avec laquelle je prends des cours d'espagnol et qui étudie également le japonais... Chapeau. ^^

Disponible en France chez Fleuve Noir dans une traduction de Jean-Luc de Fromont.

samedi 10 mai 2014

Buvard (2014)

Chronique express!


Buvard de Julia Kerninon est un très beau roman. J'en retiendrai avant tout la plume vraiment brillante de l'auteure, qui a su ciseler chaque phrase avec une grande précision et beaucoup de poésie. Mais l'histoire est également prenante: un jeune homme, Lou, interview pendant neuf semaines une célèbre écrivain vivant à la campagne en Angleterre, qui lui raconte peu à peu son enfance et son parcours très particulier en littérature. Ce n'est pas gai et l'on aborde un milieu social très défavorisé et violent (dont certaines répliques rappellent celles de la famille d'Eddy dans En finir avec Eddy Bellegueule...), mais c'est beau. Je garderai désormais un oeil sur la carrière de Julia Kerninon...

"J'ai appris ça en vieillissant, Lou – que j'aimais les paysages et qu'il n'y a pas de douleurs insupportables, simplement des moyens de plus en plus terribles et épuisants d'y faire face."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Corinne, ex-camarade du comité de lecture de ma médiathèque
Entretien avec Julia Kerninon dans l'émission Livrés à domicile (à la septième minute)

Julia Kerninon, Buvard
Éditions Rouergue, 192 pages, 18,80€

mercredi 7 mai 2014

The Wolves of Midwinter (2013)

Voilà une bonne surprise d'autant plus appréciée que j'ai reçu ce livre-ci en cadeau à Noël et que je n'avais pas envie d'en dire du mal: The Wolves of Midwinter est bien meilleur que Le Don du loup, le premier tome de l'incursion d'Anne Rice dans le monde des loups-garou.



On y retrouve Reuben, notre jeune journaliste néo-garou, et ses compagnons, mais cette histoire tient plus de l'histoire de fantômes et la sauce prend assez bien. Les questionnements sur le bien et le mal sont toujours là, mais ils reprennent une dimension plus cohérente et ne sont plus insupportables de naïveté. Reuben ne fond plus en larmes toutes les dix pages, ou alors il a une bonne raison de le faire. Et, d'une manière générale, le texte m'a captivée et je l'ai lu avec plaisir.

Attention, ce n'est quand même pas du grand Anne Rice "à l'ancienne": certains retournements de situation sentent un peu trop le "deux ex machina" et tombent comme un cheveu sur la soupe (cheveu nécessaire, certes, mais quand même cheveu), et la plume que j'ai tant aimée n'est pas de retour... D'ailleurs, peut-être que ce n'est qu'en comparaison du Don du Loup que j'ai trouvé ce livre plaisant.... Mais le résultat a été là. Je vous conseille en outre de le lire, contraîrement à moi, à la période concernée, c'est-à-dire aux alentours de Noël, puisque tout tourne autour de la préparation d'une fête de Noël inoubliable à Nideck Point...

"He didn't believe in hell. Atually, he had always found talk of hell highly offensive. He'd always sensed that those who did believe in hell had little or no empathy for those they assumed to be suffering there. Indeed, quite the opposite. Hellfire believers seem to delight in the idea that most of the human race would end up in just such a horrible place."

Cette lecture constitue également ma première participation au challenge SFFF au féminin de Tigger Lilly. Victoire! \o/


dimanche 4 mai 2014

Une histoire de femmes des cavernes

Le temps file, les journées et les semaines s'enchaînent et mon rythme de lecture n'est décidément plus ce qu'il était, sans même parler de ma présence plus que discrète sur la blogosphère. Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, je me suis inscrite récemment à deux challenges.

Il y a d'abord le challenge SFFF au féminin, organisé par Tigger Lilly et ouvert depuis le 8 mars dernier. Un an pour découvrir ou redécouvrir les écrivaines qui font dans la SF, la fantasy et le fantastique, des genres généralement considérés comme typiquement masculins. J'ai le plaisir d'annoncer que je lis enfin un livre rentrant dans ce challenge, The Wolves of Midwinter de Anne Rice, et qu'en plus ce roman se révèle pour l'instant bien plus satisfaisant que son triste prédécesseur, Le Don du loup. Plus d'infos la semaine prochaine.


Il y a ensuite un défi plus historique (enfin, préhistorique! ^^), le challenge Rupestre fiction de Vert. Sont valables toutes les histoires se passant avant l'invention de l'écriture et lues entre le 1er mai et le 31 août. J'ai hâte d'attaquer ce challenge, vu que La Guerre du feu m'a donné très envie de découvrir le roman préhistorique.


Évidemment, comme je manque de temps, je suis très ouverte aux suggestions de romans préhistoriques présentant des éléments de fantastique ou de science-fiction (voire de fantasy, mais cela me paraît plus improbable) et ayant été écrits par des femmes. Tout un programme. :)