mardi 20 juin 2017

King Solomon's Mines (1885)

Quelle belle surprise que de trouver dans une bouquinerie angevine Les Mines du Roi Salomon de Henry Rider Haggard, écrivain que j'ai découvert l'année dernière avec Elle et que je voulais relire depuis!
 

Les Mines un roman d'aventures typique de la fin du XIXe qui m'a beaucoup rappelé Arthur Conan Doyle et Jules Verne (exception faite de l'aspect scientifique de l’œuvre de ce dernier). J'apprends d'ailleurs en lisant la page Wikipédia qu'il s'agit du tout premier roman anglais situé en Afrique et qu'il a créé le genre du "monde perdu"; le lien avec Conan Doyle est donc particulièrement pertinent.

Je l'ai lu avec énormément de plaisir et le recommande sans hésitation.

Le ton est vite donné, lorsque le narrateur, Allan Quatermain, annonce qu'il va raconter "the strangest story that I remember". Ce chasseur d'éléphants anglais est basé en Afrique du Sud et, au fil de coïncidences improbables (disons-le), il rencontre un homme qui lui raconte l'histoire d'un Portugais parti sur les traces de son ancêtre, persuadé que celui-ci avait trouvé un trésor, un Noir qui lui explique qu'il accompagne son nouveau maître anglais sur les traces de ce même trésor et (tada! coïncidence!) le frère de cet Anglais, qui part à la recherche de son frère avec lequel il est brouillé depuis des années. Et voilà. Quatermain accepte d'accompagner Sir Henry Curtis, le frère donc, et le capitaine John Good dans un périple mortel, en remontant vers le nord et le cœur du continent africain, à la recherche des légendaires mines du roi Salomon, que le frère de Sir Henry aurait recherchées pour refaire sa fortune. Pour cela, il faudra quitter tous les territoires connus par l'homme blanc et traverser un désert aride et impitoyable, jusqu'à atteindre une chaîne de montagnes inconnue où commencerait la route de Salomon. Nos flegmatiques Anglais seront accompagnés par un mystérieux serviteur noir très désireux de participer à l'aventure.

Et voilà tout ce que j'ai aimé dans ce bouquin: de l'aventure, des personnages courageux (quoique Quatermain se définit à plusieurs reprises comme un froussard ^^), des contrées inconnues à une époque où la moitié de l'Afrique n'était même pas cartographiée, un royaume caché, un horrible méchant et une terrifiante sorcière très réussie, une guerre aux proportions épiques, des vestiges mystérieux d'une civilisation ancienne très avancée, et pour finir les tant attendues mines du roi Salomon, avec un passage digne d'un Indiana Jones, le tout merveilleusement désuet et raconté avec un certain humour, comme dans ce passage que je ne veux pas oublier:

"It seems cruel to rob the animal of his tail,
especially in a country where there are so many flies,
but it is better to sacrifice the tail and keep the ox than to lose both tail and ox,
for a tail without an ox is not much good, except to dust with."

Le livre ayant plus de 130 ans, il comporte aussi quelques éléments lourdement datés. Wiki m'informe que son ton était plutôt positif à l'encontre des Noirs, compte tenu de l'époque, mais les réflexions du genre "il était plutôt distingué pour un natif" piquent les yeux! Et puis on tue les éléphants avec enthousiasme, les amis des bêtes vont grincer des dents. Quant au seul personnage féminin "normal" (la sorcière étant particulière), il faut bien sûr la sauver, puis elle tombe amoureuse de son sauveur et le suit partout comme un chien fidèle, LOL.

Mais bon voilà, c'est le XIXe et c'est un récit d'aventures extrêmement sympa (si vous aimez le genre, s'entend).

Vous avez tilté sur le nom du narrateur? Vous croyez avoir déjà entendu parler d'Allan Quatermain ailleurs? Vous avez raison. Alan Moore l'a mis en scène dans La Ligue des gentlemen extraordinaires. Quant à Rider Haggard, il a écrit pas mal d'autres livres sur ce personnage, dont un qui fait le lien avec l’héroïne de Elle, donc j'espère bien continuer à explorer son œuvre! 💖

6 commentaires:

  1. Ça a aussi été adapté en film dans les années 80, je l'avais vu au cinéma à l'époque!

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    1. C'était bien? J'aimerais trop voir ça en film :)

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  2. Je me disais bien que ça me rappelait quelque chose, maintenant je sais pourquoi j'ai pensé à Sean Connery direct en voyant le titre de ton article xD

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  3. Ça a l'air sympa nonobstant le sexisme, le racisme le massacre des éléphants :D (ça fait un peu penser en Jules Verne dans le genre : je pense qu'on pourrait le considérer comme progressiste pour son époque mais certains propos piquent un peu les yeux).

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    1. Oui c'est très sympa, et je pense que Verne pourrait inspirer des réflexions semblables (même si je n'ai pas d'exemple en tête). C'est bien de voir que certaines choses évoluent quand même.

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