jeudi 29 octobre 2020
Le Problème à trois corps (2006)
samedi 24 octobre 2020
Et on tuera tous les affreux (1948)
Alors ça. Je n'ai jamais lu Boris Vian jusqu'à maintenant. Je croyais que c'était une littérature un peu provocatrice, mais surtout rêveuse et de toute façon très respectable. J'ai découvert dans ce roman, publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, une petite bombe, un policier au ton très enlevé, très populaire – au sens de "langage de tous les jours" –, avec un humour permanent. Pas de quoi éclater de rire, non, mais un mélange coloré que je n'ai jamais rencontré. Et quelques passages très, très... heuh... discrètement suggestifs? (Cela m'a évoqué les romans SAS, mais comme je n'en ai jamais lu, je ne sais pas si le mélange d'action et de sexe est similaire.) Rien de marquant, à vrai dire – c'est un roman vite lu et vite oublié dont l'intrigue ne surprendra personne –, mais il faudra que je jette un coup d'œil à J'irai cracher sur vos tombes un jour...
"Je suis fasciné par le jeu des muscles de l'homme. Il a au moins un mètre soixante de tour de poitrine et il a l'air dessiné au pinceau tellement il est couvert de creux et de reliefs que des pauvres types mettent dix ans à ne pas acquérir en faisant huit heures de culture physique par jour."
"Elle claque la porte, se retourne, dégrafe sa robe et ses seins jaillissent à l'air... [...] Je sens comme qui dirait des picotements au creux des lombes... Zut, alors, ça va faire la douzième fois depuis ce matin... Il y a un peu d'abus..."
(Le gars se plaint de trop baiser, oui, oui. 😂😂)
lundi 19 octobre 2020
Au bal des absents (2020)
Chronique express!
Lorsqu'elle a l'opportunité de s'installer quelque temps dans une grande maison perdue au fin fond de la campagne, Claude n'est que trop heureuse d'avoir un toit sur la tête. Sa situation économique déplorable, en effet, l'oblige justement à quitter son studio. Du coup, enquêter sur la mystérieuse disparition d'une famille américaine lui semble une véritable aubaine, même si elle n'est pas du tout qualifiée pour le poste! Mais la maison s'avère bien moins accueillante qu'elle ne le voudrait et Claude fuit dès sa première nuit sur place, talonnée par des bruits suspects, des miroirs qui montrent des images impossibles et une présence ultramalveillante. Passée la première terreur, elle décide toutefois d'insister. Après tout, elle n'a nulle part où aller et a besoin de cette maison. Commencent ainsi de longues journée d'étude sur le surnaturel à la médiathèque du coin et de longues nuits dans sa voiture...
J'ai passé un excellent moment avec ce roman. Catherine Dufour campe une protagoniste incroyablement têtue et acharnée aux prises avec plus grand qu'elle et traite la chose avec beaucoup d'humour. Ainsi, Claude donne à la créature qui hante la maison le nom d'une de ses formatrices de Pôle Emploi, Colombe. 🤪 Le ton est à la fois cynique et léger, dans un mélange difficile à décrire qui rend la lecture à la fois aisée, plainsante et grinçante. Car au-delà du quotidien tout à fait particulier de Claude, qui récite des exorcismes ponctués d'injures et sème du sel sur son chemin quand elle visite la maison, Catherine Dufour parle aussi de déclassement social. Claude en est arrivée là parce que le marché du travail, Pôle Emploi et la société l'y ont menée. On n'est pas pour autant dans un misérabilisme social qui m'aurait déplu, plutôt dans un portrait assez cynique d'une réalité difficile qui fait qu'on ne peut que soutenir Claude et son entêtement, et ce jusqu'à une fin très satisfaisante.
Allez donc voir ailleurs si ce bal y est!
L'avis de Tigger Lilly
Une interview de l'autrice dans le podcast C'est plus que de la SF
mercredi 14 octobre 2020
Journal du dehors (1994)
Pour moi, une partie du plaisir de lecture a découlé du fait qu'Annie Ernaux parle de la banlieue parisienne, plus précisément de Cergy Pontoise. Je n'habite pas Cergy, mais une autre ville nouvelle d'Île-de-France, et je me suis retrouvée dans ces descriptions, à commencer par l'absence de traces du passé dans ces villes sorties de terre très récemment. Certaines choses ont déjà changé depuis les années quatre-vingt, mais l'essence des lieux reste la même. Au-delà de cela, j'admire la capacité d'Annie Ernaux à voir le monde; avant d'écrire, elle a senti ces choses, elle a saisi ces petits riens qui en disent long. Une cliente qui consteste son ticket à la caisse du supermarché, deux amies qui parlent fort dans le RER, un homme qui ramasse les caddies sur le parking avant l'introduction des caddies à pièces (who knew?)... C'est le quotidien, ça n'a aucun intérêt, mais ça en dit long sur la société et sur l'humanité. Et après avoir vu cela, Annie Ernaux l'exprime avec une netteté admirable. Parfois, c'est atroce – un paragraphe sur l'excision, à peine six lignes probablement, et j'ai dû m'arrêter de lire –, mais on n'en attend pas moins d'une autrice engagée comme elle l'est. Je recommande chaudement, surtout si vous êtes banlieusard; c'est bien la seule fois où le RER a sa place en littérature. 🤪
"Dans Libération, Jacques Le Goff, historien: "Le métro me dépayse." Les gens qui le prennent tous les jours seraient-ils dépaysés en se rendant au Collège de France? On n'a pas l'occasion de le savoir."
"Un caddie renversé dans l'herbe, très loin du centre commercial, comme un jouet oublié."
vendredi 9 octobre 2020
La Femme sacrée (1984)
Chronique express!
Après avoir lu la Nuit du sérail au printemps, j'avais très envie de lire l'autre livre de Michel de Grèce que j'avais repéré dans la maison de famille d'une amie, la Femme sacrée. Après le sérail du sultan de Constantinople, direction l'Inde des maharadjahs, à la rencontre de Lakshmi, la Rani de Jansi, un petit État au nord de l'Inde. Devenue régente à la mort de son mari en attendant la majorité de son fils, elle est dépossédée par les Anglais en 1854. Cultivée, déterminée, elle souhaite ardemment voir son pays retrouver son indépendance, mais est aussi prête à aller à la rencontre des Anglais; elle tombe d'ailleurs amoureuse de Roger, un Anglais nettement plus intéressé par l'Inde que ses compatriotes hautains. Lors de la révolte des cipayes de 1857, elle ne peut empêcher le massacre des Anglais de Jansi – au cours de laquelle Roger trouve la mort –, mais elle s'efforce de conserver la neutralité de son État pour protéger son peuple de la terrible répression britannique. Mais les Anglais sont fourbes. Ravis d'avoir une raison de conquérir Jansi, ils prétendent avoir la preuve que la Rani a aidé les rebelles et marchent sur Jansi. Bien malgré elle, Lakshmi prend la tête de son armée pour résister au siège qui s'annonce. Ainsi devient-elle la figure de proue de la rébellion et entre-t-elle dans l'histoire...
Que dire? J'ai adoré découvrir cette figure dont je ne soupçonnais pas l'existence. Pour tout vous dire, je ne savais même pas qu'il y avait eu une révolte contre les Anglais en 1857, ma connaissance de l'Inde se limitant à la figure de Gandhi et à la partition avec le Pakistan. (Gloups, gloups.) Lakshmi est plus grande que nature et indomptable. Michel de Grèce a certainement romancé son parcours, je vous l'accorde, mais c'est l'Aventure avec un grand A, avec un amour secret entre une Indienne et un Anglais, des complots et des intrigues, une révolte, des massacres, des sièges, des combats, des fuites éperdues à cheval dans la nuit noire. Et le tout dans l'Inde opulente des maharadjahs, dans des palais qui débordaient encore de pierreries après avoir été pillés par les Anglais (présentés ici sous leur pire jour, celui des colonisateurs violents, hypocrites, menteurs et irrespectueux). J'apprécie aussi la plume simple et efficace de Michel de Grèce, le genre de récit dont vous avez toujours envie de lire un chapitre de plus avant de vous coucher... Et malgré un côté un peu simplet et naïf, une vision probablement bien occidentale d'un certain Orient fantasmé et quelques remarques datées sur les femmes, cette Rani m'a vendu du rêve et je l'ai vraiment vue siéger sur son trône, vêtue de son sari blanc, et charger les Anglais avec son fidèle cheval. Une belle figure de guerrière qu'il ne m'aurait pas déplu d'écrire si j'étais devenue écrivain.
dimanche 4 octobre 2020
Les BD du troisième trimestre 2020
Dans un univers clairement inspiré de l'Italie de la Renaissance, et
plus précisément de Florence, la jeune Bianca aimerait en savoir un peu
plus sur l'homme qu'elle va épouser. Sa marraine lui révèle alors que
les femmes de leur famille se transmettent de génération en génération
une peau d'homme. Une fois la peau enfilée, le corps de Bianca devient
celui d'un garçon. La solution idéale pour approcher son futur époux.
Puis l'amour éclôt... Entre hommes... Et quand le mariage est célébré,
Bianca partage le lit d'un homme qui n'a aucune envie d'elle et qui
pense constamment à un autre. Un autre qui est Bianca, donc, mais en
homme. Épineux problème! Jolie bande dessinée colorée et joyeuse, Peau
d'homme est très agréable à lire et aborde de front la condition
féminine sur fond d'obscurantisme, le frère de Bianca étant clairement
inspiré de Savonarola, mais avec une légèreté très agréable. C'est un beau succès en librairie et c'est mérité.
Éditeur: Glénat
Brina et la bande du soleil félin de Giorgio Salati et Christian Cornia (2020)
La jolie histoire de Brina, une chatte domestique qui quitte sa famille
humaine pour rejoindre une bande de chats vivant en liberté dans les
montagnes. Au final, c'est plutôt l'histoire de son retour à la maison
et de la réalisation que la liberté n'est pas forcément où on le croit.
Si cette BD ne révolutionne rien, elle est jolie et touchante et plaira
sûrement à une jeune public. L'amatrice de chats que je suis a été
conquise.
Éditeur: Paquet
Traduit de l'italien par Roma Paris London (heuh??)
La Diagonale des fous de Fabrice Cifré, Guillaume Albin et Cyril Vincent (2019)
Une
belle bande dessinée sur le grand raid de la Réunion, une course de
folie qui couvre entre 160 et 170 km et entre 9 000 et 10 000 mètres de
dénivelé en deux ou trois jours. On suit quatre personnages embarqués dans ce défi quasiment
surhumain, mais l'histoire est essentiellement centrée sur l'un d'eux,
Émile. Entre épuisement, blessures, hallucinations de fatigue et terrain
accidenté, la course porte vraiment bien son nom: il faut être fou pour s'y engager! Mais les paysages et le dépassement de soi font
rêver, tandis que l'entraide entre participants fait chaud au cœur.
Éditeur: UltraBD (avec un financement sur Ulule)
Le Cycle des épées de Howard Chaykin, Mike Mignola, Al Williamson et Sherilyn Van Valkenburgh (1991)
J'ai
eu beaucoup de mal à rentrer dans cette bande dessinée en sept
chapitres, qui est une adaptation du Cycle des épées de Fritz Leiber,
les aventures de Fafhrd et du Souricier gris. Certaines cases m'ont
semblé hideuses et j'ai eu du mal à comprendre les enchaînements de
certaines répliques ou actions (sérieux, des gens déplacent un gros
pavillon de jardin en pierre en le portant sur leur dos?!?). Par contre,
j'ai adoré l'univers, comme je m'y attendais: ruelles sombres,
puissances malfaisantes, ruines abandonnées dans le désert, combats à
l'épée... Si je n'avais pas su que c'était une adaptation de Leiber,
j'aurais pensé à un pastiche de Howard. Il faut tellement que je lise
les bouquins! 🤩 Voir aussi l'avis de Xapur sur Bulles et onomatopées.
Éditeur: Delcourt
Traduit de l'anglais par Anne Capuron
Marvel Icons hors-série n°1: Ragnarok de Michael Avol Oeming, Daniel Berman et Andrea Divito (2004)
Un
comic recommandé par mon homme, grand amateur du genre. Ce volume
réunit les épisodes 81 à 85 de Thor Vol. 2 en anglais et constitue une
histoire complète – à ceci près qu'il y a eu 80 épisodes avant, quoi,
sans même parler de Thor Vol. 1, qui existe certainement si on est ici
dans le Vol. 2. Disons que vous pouvez monter dans le train en marche à
ce stade...
Comme l'indique le titre, on cause ici de Ragnarok. Ayant
réussi à forger des marteaux aussi puissants que Mjolnir, Loki attaque
Asgard, tue tout le monde et ravage les Neuf Royaumes. Thor fait appel à
Iron Man et Captain America pour riposter, puis décide de combattre
seul avec les quelques survivants de son peuple afin de ne pas impliquer
la Terre. S'ensuivent quelques combats, un long passage mystique dans
l'au-delà et une décision radicale: anéantir Asgard pour de bon afin de
mettre fin à l'éternel cycle de recommencement voulu par de mystérieux
dieux se nourrissant de la mort répétée d'Asgard à chaque Ragnarok. Très
franchement, je n'ai pas bien compris tout ce passage, à commencer par
l'identité de ces dieux malveillants, et je n'ai pas aimé le dessin, qui
est très chargé et dont j'ai du mal à comprendre l'enchaînement de case
en case. Sans compter que les corps bodybuildés des hommes et les
nichons gigantesques des femmes donnent l'impression de lire un produit
visant des adolescents en rut. Mais c'était intéressant de voir quelques
personnages des films Marvel en vrai (Loki est méconnaissable, la
version filmique n'a rien à voir), et puis la fin est tout de même assez
culottée puisque Thor semble mourir à son tour. Je dis bien "semble",
car le personnage a eu droit à d'autres comics depuis...
Éditeur: Marvel France avec/chez Panini
Traduit de l'anglais par G. Coulomb
Chat-Bouboule 4. Fat and Furious de Nathalie Jomard (2020)
Le
quatrième tome de Chat-Bouboule m'a fait pisser de rire. C'est simple,
rien qu'en lisant le titre "Fat and furious" et en voyant la couverture,
je me tordais de rire. Bouboule a un gros ventre et il est tellement,
tellement drôle. Du coup, j'ai relu les tomes 1 à 3, dont j'ai
brièvement parlé ici et ici.
Éditeur: Michel Lafon
Carbone et silicium de Matthieu Bablet (2020)
L'auteur d'Adrastée et de Shrangri-La
revient avec une bande-dessinée superbe sur deux intelligences
artificielles "se réincarnant" dans un nouvel androïde à chaque fois que
le précédent arrive à la fin de son cycle de vie. Les couleurs sont
somptueuses, comme dans les précédents albums de Mathieu Bablet que j'ai lus, les
dessins – même si je n'aime pas l'aspect tremblotant du trait – sont
limpides dans leur mise en scène et la transmission des informations. En
abordant une multitude de thématiques d'actualité, Matthieu Bablet nous
donne un voir un monde en delinquescence, un environnement exangue, une
humanité en pleine implosion. L'avenir n'est guère enviable et fait
froid dans le dos tellement il est, sous nombre d'aspects, plausible.
Difficile de dire que j'ai aimé cette BD tellement les thématiques sont
dures – et la très courte apparition d'un chien m'a bouleversée, comme
certaines planches de Shangri-La qui me hantent encore –, mais il s'en
dégage néanmoins une forme d'espoir et de sérénité et c'est un ouvrage
hors du commun à ne pas laisser passer. La postface d'Alain Damasio, en
revanche, est pédante et opaque, ou plutôt franchement incompréhensible.
😂 Écoutez plutôt la rencontre avec Mathieu Bablet dans le podcast C'est plus que de la SF.
Éditeur: Ankama Éditions
mardi 29 septembre 2020
La gamelle de septembre 2020
Un tout petit mois culturel. La programmation de mon cinéma étant désatreuse, un seul film m'a semblé justifier le déplacement (et quel film!). J'envisage d'aller voir Antoinette dans les Cévènnes à cause de l'âne, mais ça a l'air tellement con que rien n'est moins sûr...
Sur petit écran
Pas de film.
Sur grand écran
Elephant Man de David Lynch (1980)
Du côté des séries
Agatha Christie's Hercule Poirot – saison 6 (1994-1996)
Quatre épisodes de 1h40 et toujours autant de plaisir.
Et le reste
J'ai lu le hors-série de Mad Movies consacré à Indiana Jones (passionnant, comme d'habitude) et le Cheval Magazine d'octobre. Il s'agit d'une toute nouvelle formule puisque la revue a fusionné avec Cheval Pratique (ou plutôt l'a avalée puisque l'identité visuelle, la majorité des rubriques et le nom restent ceux de Cheval Mag. Cheval Mag à la conquête de la presse équestre! 🤩).
jeudi 24 septembre 2020
Une histoire au crépuscule (1906 et 1908)
Chronique express!
Dans ce très court recueil, les éditions Payot & Rivages proposent deux nouvelles de Stefan Zweig: Une histoire au crépuscule (1908), traduite de l'allemand par Olivier Mannoni, et Petite nouvelle d'été (1906), traduite de l'allemand par Rose Labourie. La première conte la découverte de la passion sexuelle d'un jeune garçon, pris d'assaut par les baisers d'une femme mystérieuse dans le jardin du château où il passe l'été; la deuxième décrit l'émoi d'une jeune fille recevant des lettres passionnées d'un mystérieux admirateur. Dans les deux cas, l'identité de l'être aimant est un mystère: le visage de la femme du parc est insaisissable et le jeune garçon doit mener l'enquête; l'auteur des lettres est en réalité un homme bien plus âgé, qui soumet la jeune fille à une expérience cruelle. Les deux nouvelles fonctionnent parfaitement ensemble et décrivent avec brio les premiers émois amoureux, mais surtout cette recherche vaine de l'identité non pas de celui/celle que nous aimerons mais de celui/celle qui nous aime déjà.
La rédaction est belle et soignée, avec une simplicité et une élégance remarquables. Rien d'étonnant à cela, la réputation de Stefan Zweig le précédant et la réputation des traducteurs les précédant également. Je connais Olivier Mannoni dans le cadre d'une formation et c'est un gros cerveau. Quant à Rose Labourie, Olivier Mannoni en dit du bien, donc je l'ai cataloguée comme un gros cerveau aussi, même si je ne la connais pas. 😀
"Oui, à présent, j'en suis certain, c'est bien en haut, en Écosse, car c'est le seul endroit où les nuits d'été sont si lumineuses que le ciel brille, laiteux, comme une opale, et que les champs ne s'assombrissent jamais, si bien que tout paraît briller doucement de l'intérieur et que seules les ombres s'abattent sur des surfaces claires comme de gigantesques oiseaux noirs."Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
Une histoire au crépuscule
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1927)
Marie-Antoinette (1932)
samedi 19 septembre 2020
Oh la vache! (2015)
Le jour où Elsie regarde la télévision dans la maison de son fermier, sa vie bascule. En tant que vache, elle est condamnée à être tuée et mangée! Mais la télévision lui permet aussi de découvrir qu'il existe un endroit dans le monde où les vaches sont sacrées. En Inde, elle aurait la vie sauve. Du coup, Elsie décide de tout quitter. Se joignent à elle un cochon qui veut aller en Israël, parce que les juifs ne mangent pas de porc, et un dindon qui veut aller en Turquie – parce que la Turquie s'appelle Turkey en anglais, comme la dinde.
Vous l'aurez compris, Oh la vache! (Holy Cow de son titre d'origine) est un récit à la Chicken Run – si mes souvenirs de ce dessin animé sont exacts. C'est aussi un roman truffé de jeux de mots à la con, comme "mais il y a pis" et "ces rats des villes étaient surtout des rats débiles" (celle-là, j'en ris encore). Bref, David Duchovny en roue libre – car, oui, je ne l'ai pas encore dit mais c'est David Duchovny qui a écrit ce bouquin –, en mode "ma vache et mon cochon enfilent un imperméable pour prendre l'avion en compagnie de leur dindon thérapeutique". De l'absurde et du comique, donc, et un traducteur, Claro, qui a dû à la fois bien rigoler et bien galérer; il serait passionnant de l'entendre parler de son travail sur ce roman. Malheureusement, le n'importe quoi est tellement n'importequoitesque que je n'ai pas réussi à accrocher autant que je l'espérais; c'est drôle, ok, mais c'est très vite oublié. Et le message animaliste manque terriblement de finesse, alors même que je suis moi-même végétarienne, comme l'auteur, et donc particulièrement sensible au sujet. Bref, un roman absurde à découvrir si vous êtes curieux, mais pas du tout incontournable...
lundi 14 septembre 2020
Les Armoires vides (1974)
Chronique express!
Les Armoires vides est le tout premier livre d'Annie Ernaux. La narratrice, Denise Lesur, a réalisé un avortement clandestin et attend que l'embryon sorte. Les sens aux aguets, elle se remémore toutes les étapes de sa vie: l'enfance en Normandie, le café-épicerie de ses parents, la réussite scolaire, la rencontre d'un autre milieu social. La vie d'Annie Ernaux, en bref; quand on connaît l'autrice, on la retrouve à chaque page. Les thèmes abordés sont ceux de son œuvre tout entière: le décalage et le choc entre la classe sociale de ses parents et celle dans laquelle elle est entrée grâce à son instruction, l'influence du genre sur l'éducation, les rapports homme-femme.
Et pourtant, pour la première fois, cette autrice que j'adore ne m'a pas convaincue. La rédaction, quasiment de l'écriture automatique, est assez difficile à suivre. Les pages sont denses, sans retours à la ligne, et on passe un peu du coq à l'âne. En outre, la narratrice exprime des sentiments négatifs, notamment un profond mépris de sa famille, dans lequel je me retrouve en partie mais qui m'a néanmoins mise mal à l'aise. Attention, ce livre est puissant, je ne le nie pas; il n'a pas de tabous et quelques lignes des toutes premières pages sur l'avortement donnent des frissons d'horreur – raison pour laquelle j'ai écrit que la narratrice "attend que l'embryon sorte" ci-dessus: c'est sale et sordide, mais c'est ça. Mais j'ai eu du mal à m'accrocher et je vous conseille plutôt de lire La Femme gelée si vous vous intéressez à la condition féminine, ou bien La Place, Une Femme ou Les Années si vous êtes plutôt sociologie.
Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
La Femme gelée (1981)
L'Écriture comme un couteau (2003)
Les Années (2008)
mercredi 9 septembre 2020
L'Œuvre (1886)
Tigger Lilly et moi poursuivons notre relecture des Rougon-Macquart d'Émile Zola. Après les profondeurs souterraines de Germinal, nous sommes revenues à Paris avec L'Œuvre. Et en bonne compagnie... Car notre cher Baroona (inter)national nous a rejointes!
Le peintre Claude Lantier, le fils de Gervaise que nous avons déjà rencontré dans Le Ventre de Paris, prévoit de révolutionner les conventions picturales de son époque. Aux côtés de son ami Sandoz, écrivain, et de plusieurs autres artistes pleins de grandes idées sur l'art, il donne naissance à un nouveau courant. Malheureusement, les portes restent closes devant ses tableaux trop subversifs. Le temps passe, il se marie et a un enfant, et le tableau qui constituera son chef d'œuvre se fait attendre...
De l'art à revendre
L'Œuvre est empli de considérations sur l'art, notamment la peinture. Je n'y connais rien et tout cela m'est passé un peu au-dessus de la tête, mais j'imagine que c'est passionnant si on s'intéresse au sujet. Le mouvement artistique de Claude est clairement inspiré des impressionnistes, avec son tableau Plein air qui rappelle le Déjeuner sur l'herbe de Manet et provoque des réactions scandalisées auprès des experts. Tout cela permet à Zola de nous entraîner dans le Salon réunissant les grands artistes du moment, ainsi qu'au Salon des refusés lancé à la demande de Napoléon III. Les deux chapitres consacrés aux salons, à des années d'intervalle, le salon des Refusés lorsque Claude est jeune et le salon officiel bien plus tard, marquent l'évolution essentielle du roman dont je vais parler ci-dessous.
L'impétuosité et l'amitié de la jeunesse... 🙂
Claude et Sandoz et tout leur groupe d'amis artistes forment une petite bande déterminée. Chacun dans leur domaine, ils veulent faire de grandes choses. J'ai apprécié ce souffle plus grand que nature, cette volonté et cette conviction qui m'ont rappelé ma propre jeunesse sous certains aspects.
... Ravagées par le passage du temps 😕
Mais ça, c'est au début. C'est avant. C'est quand ils étaient jeunes. L'Œuvre est essentiellement la description de la déchéance de ces personnages. Exception faite de Sandoz, qui réussit à écrire ses romans et à rencontrer le succès (et encore... J'en reparlerai), chacun de ces artistes échoue et s'enlise d'une manière différente. L'un fait un mariage d'argent, se révèle un piètre architecte et vit tristement aux crochets de sa belle-famille qui le méprise. Un autre tombe dans la misère. Un autre réussit, certes, mais en recyclant les idées de Claude sous un vernis bourgeois et convenu...
Claude, surtout, poursuit avec frénésie une vision qui l'obsède, un gigantesque tableau de Paris qui lui demandera des années de travail et qu'il recommencera à zéro de multiples fois après des périodes d'exaltation créatrice. On pourrait y voir l'agonie et l'extase que décrit Irving Stone dans son roman sur Michel-Ange portant ce titre, sauf que Claude ne passe jamais franchement par la case "extase"... Bref, le temps et les échecs artistiques aidant, les liens s'effilochent, l'amitié meurt... Et là, je me suis carrément vue dans ce roman, moi qui considère généralement ma vie amicale comme un champ de décombres...
La torture de la création artistique
La création artistique n'apparaît pas sous son meilleur jour dans ce roman. Elle est un processus douloureux qui ne va jamais de soi, qu'il faut arracher. Le cas de Claude est exemplaire: le peintre sacrifie littéralement son existence tout entière à son art. [Divulgâcheur] Il gâche la vie de sa femme, laisse son enfant mourir après quelques tristes années sans amour, se ruine et finit par se pendre devant le tableau qu'il n'arrive pas à peindre. [Fin du divulgâcheur] Plus gai, tu meurs, c'est du grand Zola. Quant à Sandoz, l'écrivain qui a "réussi", il explique dans une longue tirade combien l'écriture lui est difficile et ne lui apporte jamais la moindre satisfaction, tout en le coupant du monde et en imposant un mode de vie difficile à son épouse. Plusieurs éléments, notamment le fait qu'il écrit une saga sur une famille, ne laissent aucun doute quant au fait que Sandoz est Zola, mais je me demande si notre cher écrivain a réellement vécu l'écriture des Rougon-Macquart si mal. Espérons que non. 🤪
L'opposition entre vie sexuelle et vie artistique
Zola est surtout connu pour ses histoires super déprimantes, mais un roman de Zola ne serait pas un roman de Zola sans du sexe. Et la sexualité est présente dès le premier chapitre, au cours duquel le brave Claude recueille une jeune fille perdue dans Paris suite à un retard de train et lui propose – enfin, lui ordonne – de dormir nue chez lui pour ne pas attraper la mort dans sa robe trempée, suite à quoi il peint ses seins le lendemain avant qu'elle ne se réveille. Lalalala, mine de rien, monsieur voit ses seins et sort son crayon, lalala. Imaginez que vous vous réveillez nue chez un inconnu, les seins à l'air, avec le gars à deux mètres de votre lit en train de vous dessiner. Lalalala. La chose n'est pas sexuelle aux yeux de Claude: la jeune fille, Christine, a tout simplement exactement les seins qu'il lui faut (lalalalalala). Mais le ton est donné. Christine finit par tomber amoureuse de Claude, la chose est réciproque, ils se mettent ensemble et ont un enfant. Mais la passion des débuts s'évanouit au fil des ans, Claude étant complètement obsédé par l'œuvre qu'il veut peindre, et Christine se désole dans l'abstinence. Notons d'ailleurs que Zola parle sans voiles du fait que Christine veut coucher et qu'il aborde également la sexualité des femmes avec le personnage d'Irma, que l'on peut qualifier de mangeuse d'hommes. Pour en revenir à la vie sexuelle de Claude et Christine: tout cela finira mal, évidemment...
Un roman bien zolien mais quand même un peu particulier
Comme à son habitude, Zola n'épargne rien à personne et dénonce la bonne société bourgeoise, hypocrite et accrochée à ses convictions. Si le tableau de Claude choque, c'est parce qu'il comprend une femme nue. Mais un tableau plus explicite et voyeur ne gênera personne si la femme est un tantinet vêtue. Quant à la sélection des tableaux, elle donne des pages à la fois drôles et tristes, avec ces juges qui font avant tout des choix politiques et personnels, le Salon étant un évènement de premier plan pour la bonne société huppée. Toutefois, le destin des personnages tient essentiellement à leurs choix et erreurs personnels, il n'y a pas d'influence majeure du milieu qui joue contre eux (comme l'alcool dans L'Assommoir ou la misère dans Germinal). Claude avait tout pour réussir à la base, même un certain confort économique. Le malheur vient de lui et de son esprit détraqué – hérité de sa famille, bien sûr; chez les Macquart, personne n'est franchement sain d'esprit...
Conclusion
L'Œuvre n'est pas mon roman préféré des Rougon-Macquart, mais je l'ai lu avec plaisir néanmoins. Il comprend de très, très belles descriptions de Paris et aborde des thèmes dans lesquels on se retrouve forcément: les rêves de la jeunesse, les désillusions du temps, l'éloignement des amis, l'expression de soi via la créativité.
Allez donc voir ailleurs si cette œuvre y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Tigger Lilly
vendredi 4 septembre 2020
La gamelle d'août 2020
dimanche 30 août 2020
La Classe de neige (1995)
Emmanuel Carrère est sans conteste mon écrivain français contemporain préféré. (Bon, ok, il est quasiment le seul écrivain français contemporain que j'apprécie, avec Fabrice Humbert, que je n'ai cependant pas lu depuis au moins cinq ans.) Il parle toujours de ses névroses dans ses bouquins et la chose m'éclate énormément. Avec la Classe de neige, toutefois, on est dans la fiction et le roman, pas dans l'autofiction. J'avais déjà lu et apprécié la Moustache (voir ici), mais là... C'est du lourd, mes petits.
Car Nicolas est un peu déphasé, en effet. Un peu timide, un peu à part, un peu isolé. Pas énormément non plus. Et les choses commencent très mal pour lui puisque son père, après l'avoir déposé au chalet où aura lieu la classe de neige, repart en oubliant de lui donner son sac. Nicolas se retrouve sans pyjama, sans brosse à dent, sans tenue de ski, sans slip de rechange. Quand on a neuf ans, c'est dramatique.
Après avoir frappé dans ses mains pour réclamer l'attention, [la maîtresse] annonça sur un ton de plaisanterie que Nicolas, comme toujours dans la lune, avait oublié son sac. Qui voulait lui prêter un pyjama ?
La liste polycopiée prévoyant que chacun en apporte trois, tout le monde était en mesure de consentir ce prêt, mais personne ne se proposa. Sans oser regarder le cercle d'enfants rassemblés autour d'eux, Nicolas [...] entendit des gloussements, puis une phrase dont il n'identifia pas l'auteur, mais que salua un éclat de rire général :
« Il va pisser dedans ! »
Comme le dit la quatrième de couverture, "dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même il l'a toujours su." Du coup, la lecture est opprimante, la moindre action devient suspecte. Nicolas a peur de beaucoup de choses et elles nous font peur aussi. Le roman fait à peine 145 pages mais il prend aux tripes et tient en haleine.
Carrère est aussi très fort pour décrire les films que se fait Nicolas. Une idée lui vient en tête et aussitôt son imagination déroule un scénario complexe, parfois étalé sur des années, avec les réactions de ses proches. Ça m'a parlé aussi. J'ai 35 ans mais je fais encore ça, comme quand j'avais l'âge de Nicolas.
Et la fin, est-elle à la hauteur de la tension du roman? Oui. Et elle adopte un angle que je n'avais jamais vu traité auparavant et qui m'a fait trembler d'effroi. Je ne vous dis rien, au cas où vous le liriez un jour.
Décidément, Carrère est un génie. Je vais continuer à lire ses bouquins. Il vient d'ailleurs de sortir un bouquin appelé Yoga, que j'achèterai quand il sortira en poche. Le prochain que j'ai en vue: Je suis vivant et vous êtes morts, une biographie de Philip K. Dick.
mardi 25 août 2020
Le livre d'or de la science-fiction italienne (1981)
Chronique express!
On ne présente plus la collection du Livre d'or de la science-fiction de Pocket (et ses couvertures... euh... splendides?). Ce numéro consacré à la science-fiction italienne est parvenu entre mes mains grâce à Vert (merci!) et réunit quatorze nouvelles. Dans l'ensemble, je n'ai pas été excessivement emballée et j'ai trouvé plusieurs textes très confus, mais j'ai pu faire de belles découvertes. Voyons ce que j'ai retenu.
Ministre de nuit d'Anna Rinonapoli, traduit par J.-P. Fontana, est le texte le plus marquant avec son capitaine exaspéré qui essaye de prévenir son ministre que la Terre est en danger mais se heurte à une bureaucratie insurmontable (du niveau d'Astérix 😂). J'ai apprécié la fin de Triptyque pour nos frères de Sandro Sandrelli, également traduit par J.-P. Fontana, mais la première partie m'a ennuyée. Trente-sept degrés centigrades de Lino Aldani, traduit par Roland Stragliati, présente un avenir médical peu reluisant et relativement plausible, j'ai grincé des dents. La fin de l'âge d'or de Piero Prosperi, traduit par Angelina Berforini, est une vraie réussite en quatre pages, un démontage en règle de certains éléments de notre civilisation, comme la voiture individuelle, mais de l'air de faire l'inverse. Bravo. Où meurt l'astragale de Livio Horrakh, également traduit par Angelina Berforini, est marquant: un narrateur anonyme y consigne son journal alors qu'il fuit l'Europe en passant par la Turquie afin d'échapper aux retombées nucléaires. Un monde ravagé et glaçant, un texte sans fioritures, et pourtant quelque chose d'humain.
Le recueil est précédé d'un historique de la fantascienza en Italie, que j'ai trouvé trop concentré sur les noms d'auteurs et de revues plutôt que sur les thèmes; je n'en ai absolument rien retenu. Il sera certainement plus parlant si vous vous y connaissez, mais reste intéressant à lire dans le cas contraire.
Allez donc voir ailleurs si ce livre d'or y est!
L'avis de Vert
jeudi 20 août 2020
Shadow Star (2000)
Viennent ensuite une bataille contre l'empire de Chengwei, une évasion passant par le royaume des êtres magiques, la décision de libérer Thorn (le Willow du film) prisonnier dans la capitale de Chengwei... Et un final plus confus que jamais, dans lequel Elora devient une Malevoiy, affronte son ennemie et semble se sacrifier pour sauver les deux derniers dragons existants et assurer ainsi l'avenir du monde. Il y a un éclair de lumière, les personnages principaux disparaissent, exception faite d'Anakerie et de Luc-Jon, et sont remplacés par des petites fleurs au milieu d'un cratère. Il me semble alors comprendre qu'ils ont tous disparu. Mais non: dans l'épilogue, tout le monde est bien vivant et heureux. Elora va prendre la route comme chanteuse et musicienne et laisser la politique aux rois, et on ne sait pas si les Malevoiy ont trouvé leur place dans le monde, alors que tous les problèmes magiques de la trilogie sont censés être liés au fait qu'ils n'ont pas été invités à l'Ascension d'Elora dans le premier tome.
Ajoutez à cela des temps de déplacement aléatoires entre régions (comment Ryn a-t-il pu débarquer dans la capitale de Chengwei, sérieux?) et des découvertes ou des transmissions d'information incompréhensibles (comment Thorn a-t-il pu savoir qu'il devait aller à Nockmaar, la forteresse de la sorcière Bavmorda du film? Comment a-t-il pu demander à son cousin de le rejoindre là-bas?), et vous avez un truc sensiblement imbuvable, dans lequel surnagent toutefois quelques bonnes idées ou références touchantes au film. Ainsi, j'apprécie vraiment le fait qu'Elora, la Princesse sacrée, n'ait pas vraiment de pouvoirs magiques et ne puisse pas lancer de sorts, uniquement demander aux forces de la nature de l'aider. Le bon côté de la médaille est que la magie ne prend pas sur elle, donc on ne peut pas non plus lancer de sort contre elle. Khory et Anakerie sont deux guerrières formidables, froides comme l'acier mais aussi humaines, le genre de personnage que Gemmel aurait pu écrire si ses personnages féminins n'étaient pas toujours super sexy et/ou violées à un moment donné dans leur vie. Et la fin de la trilogie fait clairement le lien avec le film, avec l'apparition fugace de Bavmorda et de son général Kael, en plus, bien sûr, du retour à Nockmaar, sa terrible forteresse. Malheureusement, ces petits plus ne suffisent pas à rattraper un récit brouillon et terriblement long au regard des évènements qu'il relate. Un vrai désastre. J'ai lu ce roman en parallèle du hors-série de Mad Movies consacré à Star Wars et je me suis demandé à maintes reprises si Georges Lucas avait envisagé des choses aussi confuses lors de l'élaboration des scripts de ses différents films...
samedi 15 août 2020
Barnum (2019)
lundi 10 août 2020
[TAG] Les incontournables (récents) en SFFF
Pour dépoussiérer un peu les recommandations de lecture en imaginaire, notre chère Vert nationale a lancé un sympathique tag sur les incontournables récents en SFFF et a proposé aux lecteurs de recenser entre cinq et dix livres qu'ils considèrent comme incontournables, mais publiés après l'an 2000.
Après l'an 2000. Ah, ah. Pour moi qui lit essentiellement des vieilleries, l'exercice n'est pas du tout simple. 🙃
Remarque préliminaire: Cette liste ne contient pas de Robert Charles Wilson mais n'est pas nulle pour autant. 😁🐶
La Tour sombre de Stephen King (1982-2004)
Bon, techniquement, cette série a été publiée pour moitié avant l'an 2000 et pour moitié après, mais les romans parus après l'an 2000 comptabilisent plus de mots (725 127 contre 609 504), alors j'estime que ça compte. 🤪 J'espère ne pas recevoir de tomate pourrie de la part de l'organisatrice, ah, ah. Enfin de toute manière je ne faisais pas ce tag si je ne pouvais pas mettre la Tour sombre dedans. Si vous devez lire un seul livre dans votre vie, lisez le Seigneur des anneaux. Mais si vous pouvez en lire d'autres après, lisez la Tour Sombre. Mes avis ici.
La trilogie de Troie de David Gemmell et Stella Gemmell (2005, 2006 et 2007)
Oui, oui, je compte cette trilogie dans l'imaginaire. Je ne sais même plus s'il y a de la magie, mais c'est Gemmell qui l'a écrite, bon sang. Les amateurs de classement y voient probablement de la fantasy historique. Une belle épopée épique et guerrière, avec certains des défauts habituels de Gemmell, mais bien au-dessus de la plupart des romans Drenaï. Très franchement, la guerre de Troie était faite pour Gemmell et Gemmell était fait pour la guerre de Troie, et leur rencontre est merveilleuse. Mes avis ici, ici et ici.
Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski (2009)
Un récit enlevé, une aventure impossible à lâcher et une rédaction hors du commun. Ce livre est une réussite. Mon avis ici.
The Paper Menagerie and Other Stories de Ken Liu (2016)
Un beau recueil qui contient deux textes d'exception: "The Paper Menagerie", dans le registre déchirant, et "The Man Who Ended History", dans le registre révoltant. Mon avis ici.
Harry Potter de J. K. Rowling (1997-2005)
Eh oui, les aventures du petit sorcier à lunettes méritent carrément le détour, quel que soit votre âge. Mes avis ici.
La Horde du contrevent d'Alain Damasio (2004)
J'ai beau ne pas apprécier l'auteur et n'avoir pas vraiment aimé ce livre, la Horde est un livre d'exception, qu'il faut lire juste pour savoir qu'il existe et qu'un tel usage de la langue est possible.
Cloud Atlas de David Mitchell (2004)
Un très beau livre réunissant des destins divers sur plusieurs époques. Mon avis ici.
Et voilà, en mettant ses méninges au travail on peut trouver de l'incontournable récent même quand on lit très peu de nouveautés, ce qui est très chouette. Néanmoins, je retourne immédiatement lire... une vieillerie. 😁
mercredi 5 août 2020
La gamelle de juillet 2020
Thor de Kenneth Branagh (2011)
Avengers de Joss Whedon (2012)
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| Plus canon, tu meurs. |
Thor. Le Monde des ténèbres d'Alan Taylor (2013)
Lo-ki!! Lo-ki!! Lo-ki!! Lo-ki!! Lo-ki!! Lo-ki!!
LOKI!! LOKI!! LOKI!! LOKI!! LOKI!! LOKI!!
Bon, vous avez compris, le principal intérêt de Thor 2 est Loki. Tom Hiddleston est plus à tomber que jamais, le personnage est assez présent et bénéficie de passages émouvants et d'autres drôles. Le film reste très plaisant et je suis friande de ce côté "fantasy dans l'espace" (=des elfes dans des vaisseaux spatiaux, des épées contre des canons). Mention spéciale pour deux passages très bien découpés: l'alternance entre la préparation du plan de Thor et le plan en lui-même et, à la fin, la course de Mjolnir, le marteau, de monde en monde à la poursuite de Thor, ce qui m'a beaucoup fait rire.
Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (2019)
Titanic de James Cameron (1997)
Star Wars IX. L'Ascension de Skywalker de J. J. Abrams (2019)
Je suis sur la saison 5 de Poirot. Formidable.

































