vendredi 15 février 2013

D'autres vies que la mienne (2009)

Je vous ai déjà parlé d'Emmanuel Carrère avec enthousiasme il y a quelques mois à propos de Limonov, un bouquin qu'on m'avait présenté en speed-booking et qui m'avait donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteur. Coïncidence amusante: on m'a justement présenté un autre livre de lui à la séance de speed-booking de samedi dernier. Je cherchais désespérément un livre en français pour mon planning de lecture et soudain ce D'autres vies que la mienne était là, devant moi, prêt à être emprunté. Youpi!

(C'était avant que la chaîne de télévision du coin ne débarque interviewer la médiathécaire et les participants --c'est-à-dire moi-- et que je ne fasse un arrêt cardiaque. ^^)


L'histoire est amplement résumée sur la page Wikipédia du livre ou dans les différents articles que je mettrai en lien à la fin de ce billet. Je vous dirai donc seulement qu'elle suit les "destins", si je puis dire, de deux familles frappées par le deuil. D'abord à cause de la mort d'une petite fille emportée par le tsunami de 2004 au Sri-Lanka, ensuite à cause de la mort de la belle-soeur de Carrère.

Comme dans Limonov, en fait, Carrère raconte également sa vie à travers celle des autres. Il est bien sûr en retrait et le livre est avant tout constitué des témoignages des personnes qu'il a interviewées, mais il nous livre au passage ses sensations et son ressenti. Et je me sens proche de ce Carrère, aussi prétentieux que cela puisse paraître (je ne pense pas que l'on puisse prétendre connaître quelqu'un simplement parce qu'on a lu ses livres). J'adore son léger cynisme et je me retrouve dans ses blessures et ses peurs et dans une certaine forme d'égoïsme dont il fait parfois preuve. Il est un peu névrosé, ce garçon, en fait, et ses livres doivent lui servir au moins partiellement de thérapie.

Ses personnages me touchent également, car ils souffrent, en fait. C'est vraiment pour cette raison bête --et somme toute très égoïste-- que Limonov et D'autres vies que la mienne m'ont fait autant de bien: on a le droit de souffrir, on a le droit d'être malheureux et imparfait, on a le droit d'avoir le coeur brisé par des petites choses et d'être dévasté par ce qui est vraiment grave. On ne nous demande pas "d'aller de l'avant", on ne nous dit pas que "tout n'est qu'une question de volonté" et qu'"il suffit de vouloir pour pouvoir", le type de remarque qui me donne envie de sauter à la gorge des gens.

Attention, si je dis que ce livre "m'a fait du bien", n'allez pas croire que c'est un livre optimiste ou léger. Au contraire, il est très triste. Au fond, il parle du deuil et de l'acceptation de la mort, des choses difficiles. J'ai senti les larmes monter plusieurs fois et, si je n'ai pas fondu en sanglots dessus, c'est vraiment parce que c'est une bonne période en ce moment et, peut-être, que le temps m'a (enfin?) permis de tolérer certaines choses sans en souffrir de manière incontrôlée.

"C'est la première nuit. La nuit qui suit le jour où leur fille est morte. Ce matin elle était vivante, elle s'est réveillée, elle est venue jouer dans leur lit, elle les appelait papa et maman, elle riait, elle était chaude, elle était ce qui existe de plus beau et de plus chaud et de plus doux sur terre, et maintenant elle est morte. Elle sera toujours morte."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis d'une certaine Miss Bouquinaix, blogueuse et bibliothécaire
L'avis d'une autre blogueuse dont je n'ai pas saisi le nom :(
L'avis de Jules sur le blog Jules se livre

Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
Éditions P.O.L., 19,50€, 310 pages.

2 commentaires:

  1. Bonjour Alice, contente de voir que ce livre t'a plu et t'a prucré des sensations fortes ! :) A très bientôt, Elodie (la médiathécaire!)

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    1. C'est trop fort!!!! Merci pour le commentaire Élodie!!! :) :) :)

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