dimanche 21 février 2021

La Petite Marchande de prose (1989)

Chronique express!

Quel plaisir que de retrouver Daniel Pennac et Benjamin dans ce troisième roman de la série Malaussène, la Petite Marchande de prose. La tribu est toujours aussi fofolle. Thérèse prédit l'avenir, le bébé Verdun fait marcher tout le monde a la baguette de son regard de braise, le chien Lucius reste susceptible de faire une crise d'épilepsie à tout instant... L'intrigue est lié à un manuscrit volé, ou plutôt un manuscrit détourné. La Reine, la patronne de Benjamin, publie depuis des années un certain J. L. B., auteur à succès entouré du plus grand mystère. Mais là, les ventes se tassent, et quelqu'un a une idée de génie: présenter, avec la bénédiction de l'auteur, un figurant en prétendant qu'il s'agit de l'auteur. Et c'est Benjamin qui s'y colle. Il apprend par cœur les réponses à présenter aux journalistes et rentre dans le rôle. Mais lors de la grande présentation, on lui tire une balle au milieu du front...

Complètement foufou, porté par une verve exceptionnelle, bouillonnant de vie, populaire, inventif, malin et franchement indescriptible, ce roman m'a fait pouffer de rire et horrifiée à la fois. J'oublie toujours que cette série se compose d'enquêtes policières, avec des cadavres et quelques éléments sordides (ici, la notion de jumeau parasitaire et le vol d'organes). C'est un plaisir sans égal, hein, mais on grince parfois des dents. Pennac est un écrivain tout à fait hors du commun. Lisez Malaussène si ce n'est pas déjà fait. Je ne pense pas continuer avec cette série car je crains qu'elle ne s'essouffle, mais les trois premiers romans valent carrément le détour.

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Au Bonheur des ogres (1985)
La Fée Carabine (1987)

mardi 16 février 2021

Dracula (1897)

Retour aux sources avec un roman fondateur, tant pour la littérature que pour moi, qui l'ai lu pour la première fois à l'âge de quatorze ans, en troisième!

Comme Frankestein, Dracula de Bram Stoker a tellement marqué les esprits qu'il a été adapté à n'en plus finir, jusqu'à ce que le mythe ne ressemble plus beaucoup au personnage et à l'œuvre d'origine. Pour ma part, je n'ai vu que peu d'adaptations et je reste très attachée à certains éléments de ce roman qui semblent être tombés dans l'oubli. Ma chronique sera donc axée sur ce point.


Avant tout: Dracula est un roman épistolaire. Il se compose d'extraits de journaux intimes, de lettres, de coupures de presse et de télégrammes. J'ai lu fort peu de romans épistolaires, mais c'est un genre que j'apprécie et Bram Stoker fait scandaleusement fort avec le sien. Difficile de comparer avec l'autre chef d'œuvre du genre, les Liaisons dangereuses de Laclos, tellement les évènements et le style sont différents, mais on est dans les deux cas en plein chef d'œuvre. Chaque personnage a sa voix propre: Lucy n'écrit pas comme Mina, qui n'écrit pas comme le Dr Seward, qui n'écrit pas comme Jonathan... C'est déjà une belle réussite. Comme si cela ne suffisait pas, Stoker crée un chassé-croisé d'extraits qui reconstituent avec minutie des évènements très précis, où quelques minutes de décalage peuvent modifier beaucoup de choses. Il va jusqu'à faire basculer – en mal – la situation de Lucy en retardant la remise d'un télégramme au Dr Seward. Le message étant d'abord remis au mauvais endroit, il est déjà trop tard lorsque le destinataire le reçoit...

Je l'ai dit, chaque personnage a sa voix propre. Ils sont aussi très bien caractérisés, même quand ils ne tiennent pas de journal et que leurs faits et gestes nous sont donc rapportés par des tiers. Ainsi, l'Américain Quincey Morris est posé en quelques lignes dès que Lucy décrit sa demande en mariage et toutes ses apparitions confirment cette vision d'un homme d'action, résolu, passionné, doté d'un certain franc-parler bien américain et d'un grand cœur. Il n'est, pourtant, qu'un personnage relativement secondaire. Tous les membres de la bande sont ainsi bâtis avec soin, dont deux figures qui ressortent encore plus nettement que les autres.

D'abord, Mina Harker, amie de Lucy Westenra et épouse de Jonathan Harker. Une femme pleine de compassion, de courage et de résilience face aux terribles évènements qui se sont abattus sur son amie et son fiancé et auxquels elle est elle-même confrontée. Mina est aussi un esprit droit et d'une grande intelligence, qui sait réunir ses idées pour faire avancer l'intrigue. C'est elle qui prend l'initiative de réunir les différents journaux ayant trait à l'affaire et de les taper à la machine pour que chaque personne impliquée ait tous les faits en main; à la fin, c'est elle qui, dans un processus de déduction digne de Sherlock Holmes, permet à la chasse au vampire de reprendre après que Dracula a pris une longueur d'avance.

La deuxième figure, c'est Abraham Van Helsing, personnage phare qui est devenu presque aussi célèbre que son antagoniste le comte Dracula. Il est intéressant de noter que Van Helsing ne participe quasiment pas à la rédaction du roman, qui ne contient qu'un télégramme, une lettre et quelques pages de journal écrits de sa main. Pourtant, dès que le Dr Seward le fait venir à Londres depuis Amsterdam pour soigner Lucy Westenra, Van Helsing est un géant, une sorte de Gandalf du XIXe siècle britannique. Âgé, plein de sagesse, il réfléchit tout le temps, rien ne lui échappe et il est prêt à aller jusqu'au bout. Il est également plein de compassion envers les victimes du vampire et a quelque chose de triste et de fatigué par la vie – d'ailleurs, on apprend qu'il a perdu sa femme et son fils, mais cela est dit très vite, en passant, et n'a aucun rôle dans l'intrigue.

À ces personnages remarquables, Stoker ajoute une belle langue très XIXe, rationnelle et policée mais ne manquant pas de poésie. Tout ce que j'aime. Le roman est aussi bien de son époque: policé et même corseté dans une société très codifiée. Un monde où les femmes aisées ne font pas grand-chose de leurs dix doigts – sauf Mina qui apprend à sténographier pour aider son mari – et où les femmes de manière générale ne sont pas les égales des hommes – voir, ici, la manière dont les hommes mettent Mina de côté (grave erreur!) car cette aventure est trop risquée pour une femme ou la manière dont Lucy et Mina parlent d'elles-mêmes à certaines occasions, insistant sur leur propre faiblesse... La religion est également très présente, puisque les personnages évoquent à maintes reprises leur foi en leur dieu et leur combat pour le salut de l'âme des victimes du vampire. Et puis, bien sûr, les objets sacrés du christianisme, comme l'hostie et le crucifix, sont des armes de choix contre cette créature diabolique. Il est intéressant de noter que la première réaction de Jonathan Harker face au crucifix est d'y voir un objet de superstition, d'ailleurs; mais il ne tardera pas à se rallier à l'emploi de ce symbole plus présent dans le catholicisme que dans le protestantisme.

Quelque chose m'a marqué durant cette lecture: Dracula est essentiellement une accumulation d'échecs. À partir du moment où Lucy Westenra commence à dépérir et où ses amis essayent de la soigner, tout ce qui peut mal se passer se passe mal: le télégramme remis au mauvais endroit, la propre mère de Lucy qui l'expose au vampire en croyant l'aider, les hommes qui laissent Mina tomber sous l'emprise de Dracula en voulant la protéger, la panne du bateau... D'obstacle en obstacle et d'erreur en erreur, le règlement de comptes ne fait que reculer davantage. D'aucuns y verront d'ailleurs certainement une critique à faire au roman, qui doit paraître bien longuet si la sauce ne prend pas à la perfection.

Et le comte Dracula, me direz-vous? Eh bien, Dracula est relativement peu présent dans ce roman, dans le sens qu'on le voit, lui, relativement peu. Mais il est partout à la fois. Diablement intelligent, doté de la force de vingt hommes et de siècles d'expériences, patient d'une manière qui est impossible aux mortels, il a préparé avec soin son installation à Londres et a étudié en profondeur la société qu'il souhaite infiltrer. Pâle, un peu rabougri, il laisse dans ses repaires une odeur infecte, a des poils dans la main comme un animal et respire la malveillance. En d'autres termes, quand Dracula approche, il vous dégoûte, vous fait peur et vous donne envie de fuir. On est loin de l'image du vampire comme métaphore du désir sexuel, ce dernier étant plutôt incarné par ses trois compagnes en Transylvanie et par Lucy une fois que son âme est perdue – elles sont érotiques et tentatrices, oui. Dracula, en revanche, est un prédateur et un violeur, comme cela ressort très clairement dans une scène avec Mina qui n'est pas sans rappeler la manière infecte dont Lestat force David à boire son sang à la fin du Voleur de Corps d'Anne Rice. Quand Dracula boit le sang des femmes, ce n'est pas parce qu'elles sont amoureuses de lui ou qu'il l'est d'elles; c'est parce qu'elles sont hypnotisées et incapables ne serait-ce que de comprendre ce qu'il se passe.

Au fil des adaptations, la figure de Dracula a bien changé. Je ne peux que vous recommander de revenir aux origines du mythe. On pourra argumenter que le roman est bien-pensant et longuet (et je pense, en effet, qu'il doit paraître interminable si on n'adhère pas au style). Mais quel chef d'œuvre, mes amis. Quel chef d'œuvre.

Allez donc voir ailleurs si ce comte y est!
L'avis de la Petite Marchande de prose
L'avis de Tigger Lilly

jeudi 11 février 2021

La Mémoire de Babel (2017)

Après les Fiancés de l'hiver et les Disparus du Clairdelune, est arrivée l'heure de lire le tome 3 de la Passe-Miroir de Christelle Dabos, la Mémoire de Babel! 🤩

Mon avis est le même que pour deux premiers tomes: c'était trop bien. Dans la droite ligne des précédents et plein de nouveautés en même temps, le roman revient avec cette rédaction simple, soignée et précise, qui fait que ça se lit tout seul. Franchement, il est rare d'allier une vraie richesse de vocabulaire et précision descriptive à une telle clarté, je suis scotchée.

Dans ce tome, Ophélie quitte Anima, son arche natale où elle vient de passer deux ans, pour reprendre ses recherches à Babel. Babel est une arche géniale, avec des gens qui utilisent des mots d'italien ou d'anglais (et sans fautes!) et une société très codifiée et soucieuse des règles. Je préfère le Pôle, mais Babel est quand même stupéfiante avec ses tramoiseaux par exemple (des tramoiseaux, bordel!! Vous vous rendez compte! Putain, je veux vivre là ou bien devenir le genre d'écrivain qui invente ce genre de mot!) ou ses automates qui vous répondent des proverbes n'ayant rien à voir avec le schlimblik – du genre, vous demandez à quelle heure est le prochain bus et l'automate répond "ON NE PEUT PAS MÉNAGER LA CHÈVRE ET LE CHOU".

L'intrigue est prenante et pleine de mystères (remarque: peut-être ma perception de certains mystères est-elle dûe au fait que j'ai lu les cent premières pages du bouquin par une journée difficile, où j'avais du mal à enregistrer l'information, ahah). Bon, à vrai dire, moi je n'aime pas la dimension qu'ont prise les aventures d'Ophélie dans le tome 2, à savoir le passage de "je dois gérer des tensions politiques au sein du clan" à "je dois tout faire pour sauver le monde", je trouvais que ça fonctionnait très bien sans cette envergure-là. Mais soit, j'accompagnerai Ophélie sauver le monde s'il le faut. Au fil de rencontres fortuites, elle se fait quelques amis et plusieurs ennemis et va devoir surmonter des tas d'obstacles pour approcher de la vérité.

Concernant le personnage: j'adore sa détermination de personne discrète qui n'a jamais un mot plus haut que l'autre. J'adore comment elle résiste au harcèlement et surmonte les obstacles. Ophélie, c'est tellement le genre de personne que j'aimerais être!

Et puis, il y a toujours ces pouvoirs ébourrifants: Archibald se découvre des capacités de déformation de l'espace extraordinaires, Ophélie est toujours animiste et liseuse, une de ses collègues peut rapetisser les objets... Cet univers est tellement, tellement riche, je suis époustouflée. Chapeau, Christelle Dabos.

"Ophélie ferma les paupières, refoulant l'émotion qui lui montait à la gorge. La vision de l'écharpe, errant dans les rues de Babel comme un chien abandonné, l'obsédait jour après jour."
Putain, l'écharpe, je vous jure, l'écharpe. Hélas, on la voit très peu dans ce roman car Ophélie et elle sont séparées, comme l'indique ce passage. Mais l'écharpe, quoi.

Et toujours beaucoup d'humour. Pas de quoi éclater de rire, non, mais une sorte de bonne humeur permanente qui met du baume au cœur, qui rend la vie plus belle.

Un mot aussi sur quelques chapitres adoptant un autre point de vue, celui de Victoire. Victoire ayant entre deux et trois ans dans ce roman, c'était un défi de lui donner la parole et je ne m'attendais pas à l'apprécier, vu mon amour très limité des jeunes enfants. Mais j'ai trouvé ces chapitres extrêmement bien pensés, avec une belle vision d'enfant qui en dit beaucoup plus long au lecteur qu'à Victoire elle-même.

"Ophélie avait vécu des situations peu banales au cours de sa vie. Écouter la radio dans la même pièce qu'un tigre à dents de sabre y figurerait désormais en bonne place."
J'ai tellement hâte de lire le tome 4. Mais après, ce sera fini... Et je sais déjà que je tournerai la dernière page avec un certain désespoir...

J'ai oublié de le préciser jusqu'à maintenant, mais cette couverture superbe, qui a sûrement participé au succès de cette série, est l'œuvre de Laurent Gapaillard. Béni soit-il.

Allez donc voir ailleurs si cette mémoire y est!

samedi 6 février 2021

Dinosaur Tales (1983)

Après le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle, j'ai eu envie de rester en compagnie des dinosaures en relisant ce recueil de nouvelles de Ray Bradburry, d'autant que Baroona a récemment évoqué certaines nouvelles de cet écrivain. En plus, ma pile à lire est au plus bas en ce moment – à peine dix volumes au 1er janvier 2021 –, donc je n'ai pas du tout l'impression de "devoir" m'occuper d'elle et je peux consacrer tout le temps que je veux à des livres déjà lus.

Comme son nom l'indique, Dinosaur Tales – qui a été publié en français sous le titre Histoires de dinosaures par Gallimard Jeunesse, dans une traduction de Pierre-Paul Durastanti qui ne semble plus disponible mais que vous trouverez chez Recyclivre – regroupe des nouvelles parlant de dinosaures. J'ai déjà chroniqué ce recueil in extenso lorsque je l'ai lu pour la première fois et je vous invite à lire mon billet si cela vous intéresse. Je ne donnerai ici qu'un avis succinct.

Besides a Dinosaur, Whatta Ya Wanna Be When You Grow Up? (1983)
Un texte sympathique, mais qui m'a laissée assez froide, sur un petit garçon qui veut devenir un tyrannosaure. Je pense que Bradburry saisit bien la relation entre un grand-père et son petit-fils, ainsi qu'une certaine magie de l'enfance, mais je n'ai pas tellement accroché.
Une remarque qui s'applique à tous les textes du recueil et que je ne referai pas: en gros, il n'y a pas de femmes dans le monde de Brabdurry. Ici, la grand-mère a deux répliques maximum. Dans les autres textes, c'est à peine si une femme est citée.

A Sound of Thunder (1953)
Un texte très réussi sur un voyage dans le temps permettant de chasser le tyrannosaure. Prévisible, certes, mais savoureux.

Lo, the Dear, Daft Dinosaurs! (1980)
Un poème trop subtil pour moi, je n'ai rien compris.

The Fog Horn (1951)
Un texte très réussi sur une forme particulièrement déchirante de solitude, celle d'une bête qui est la seule de son espèce. Je le trouve touchant et j'aime beaucoup l'atmosphère de cette corne de brume au milieu de la mer envahie par le brouillard.

What If I Said: The Dinosaur's Not Dead (1983)
Un poème amusant sur un dinosaure qui se gare dans une rue.

Tyrannosaurus Rex (1962)
Un texte amusant et savoureux sur les dessous d'Hollywood, avec un artiste créateur de dinosaures harcelé par un producteur relou et arrogant.

Un recueil fort sympathique, au final. Je pense que Bradburry a fait mieux – je garde par exemple un souvenir émerveillé des Chroniques martiennes –, mais A Sound of Thunder et The Fog Horn me semblent savoir le détour. C'est un bel hymne à l'amour des dinosaures et à la fascination qu'ils exercent sur l'esprit humain.

"But as for now I accept the fact, and proclaim it quietly, that without dinosaurs my life would have been nothing at all."
L'édition ibooks comprend une préface de Ray Harryhausen, grand créateur de dinosaures pour Hollywood, une introduction de Ray Bradburry et des illustrations de David Wiesner, William Stout, Overton Loyd, Steranko, Gahan Wilson et Moebius.

lundi 1 février 2021

La gamelle de janvier 2021

Retour sur le mois de janvier pour voir comment a commencé cette année 2021.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Rien, hélas, vu que les cinémas sont toujours fermés.

Du côté des séries

Miss Marple – saison 1 (1984-1985)
Après avoir terminé mes DVD de Poirot, je suis passée à Miss Marple, une série de la BBC. La qualité est moindre, malheureusement: la série fait plus planplan et vieillotte et n'est ni aussi soignée ni aussi bien interprétée. La première enquête (tirée de The Body in the Library) m'a laissée assez froide, mais je suis rentrée dedans à la deuxième, côté ringard compris – en fait, ça va assez bien à Miss Marple, que personne ne prend au sérieux parce que c'est une vieille femme qui semble avoir perdu la boule. 😉 Le vrai défaut de cette série, c'est que chaque enquête est répartie sur deux ou trois épisodes, ce qui vous coupe dans votre élan et vous impose au moins quelques secondes de générique-qui-reste-dans-la-tête-pendant-deux-jours, le temps de couper le son ou de revenir au menu. Et en plus, dans cette édition, les deux ou trois épisodes de l'enquête peuvent se trouver sur deux DVD différents, ce qui vous oblige à changer de DVD et vous donne l'impression de vivre... euh bein pendant les années 2000. En fait ce doublé série ringarde + DVD relou est formidablement daté, je serai sûrement désespérée quand je terminerai la série. 🤣

Star Trek Discovery – saison 3 (2020)

Miaou.

Cette troisième saison est la moins emballante, la faute à un excès d'émotion lourdingue pendant la première moitié. Alors ok, nos personnages sont sous le choc en raison d'un sacré changement de vie que je ne peux pas dévoiler pour ne pas révéler la fin de la saison 2, mais ils en font trop et on n'en peut plus d'entendre Michael parler en chuchotant super fort. Heureusement, la deuxième partie est plus enthousiasmante. Comme toujours, j'apprécie énormément que Star Trek mettre en scène une humanité plus avancée que la nôtre sur le plan humain et social: ce n'est pas une pose intellectuelle pour se prétendre progressiste et woke, c'est une vraie vision du monde et elle est fondée sur des valeurs d'ouverture que je partage. C'est ce que j'apprécie chez Arthur C. Clarke également. Je vous laisse sur deux arguments de poids pour regarder cette saison: 1/ Book est franchement irrésistible et 2/ IL Y A UN CHAT.

Et le reste

J'ai lu le Cheval Magazine de décembre (que j'ai dû acheter en kiosque suite à un retard de traitement de mon réabonnement) et celui de janvier (que j'ai bien reçu chez moi, mon réabonnement ayant été pris en compte, ouf!). Pas d'autre revue pour l'instant, ma pile à lire de revues étant à zéro (yeah!).

mercredi 27 janvier 2021

L'Ours et le rossignol (2017)

C'est l'histoire de Vassia, fille d'un seigneur du Nord de la Rus' et d'une femme mystérieuse, à la beauté d'un autre monde. Elle grandit en écoutant les contes de sa vieille nourrice, Dounia. Sauf que Vassia ne se contente pas d'écouter les histoires; elle voit les vieux gardiens du foyer, les personnages magiques qui se cachent dans la maison, l'écurie, les bois et les étangs. Elle aperçoit aussi, un jour, un homme borgne sous un chêne qui n'existe pas...

Dans ce premier tome, Katherine Arden s'inspire de contes traditionnels pour raconter une jolie histoire située dans la campagne russe des années 1300 et quelques, d'après mes calculs. La quatrième de couverture insiste sur l'arrivée du christianisme dans les campagnes et l'éradication des croyances populaires via la figure de la belle-mère de Vassia, mais le roman ne parle pas tant de ça – ou plutôt, il y a certes une érosion des croyances païennes et une figure de prêtre extrémiste (personnage que j'ai eu envie d'étrangler, évidemment), mais ce n'est pas une opposition primaire et simpliste. Vassia, d'ailleurs, a beau être la seule à voir les créatures traditionnelles, elle se considère comme chrétienne. Les autres villageois se tournent de plus en plus vers le monothéisme sous l'influence du prêtre, mais il faut dire qu'ils ne voient aucun esprit, eux...

L'histoire se déroule doucement, au rythme des saisons et surtout des hivers terribles. L'autrice montre une belle ambiance familiale, malgré la figure négative de la belle-mère (mais elle aussi suffisamment fine pour qu'on n'ait pas affaire à une simple bigote horripilante), tout en ne cachant pas la dureté de la vie, notamment pour les femmes. Leur voie est toute tracée: c'est soit le mariage, soit le couvent. Pendant ce temps-là, les esprits de la maison faiblissent et une ombre rôde et s'agite dans les bois...

J'ai dévoré ce roman avec grand plaisir. Il n'est pas parfait – j'ai trouvé que certaines fins de chapitre ou de paragraphe tombaient un peu à plat et la résolution est un chouïa facile, bien que tragique –, mais je le trouve remarquable pour un premier roman et j'ai adoré plonger dans cet univers empli de magie cachée, où les forces maléfiques sont réellement maléfiques et où même les forces plutôt bénéfiques sont ambiguës et dangereuses. La rédaction est simple et limpide, avec une jolie poésie qui va très bien aux paysages gelés. Félicitations au traducteur, Jacques Collin – car j'ai lu la version française et je n'ai donc pas vraiment lu la prose de Katherine Arden, mais celle de Jacques Collin. Je précise au passage que la couverture est d'Aurélien Police.

Enfin, un argument de taille en faveur de ce roman: il y a plein de chevaux!! Des chevaux avec des noms et des caractères bien différents! Yeah!

Vivement la suite! 🤩

Allez donc voir ailleurs si cet ours y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Lhisbei
L'avis de Lorhkan
L'avis de Vert

vendredi 22 janvier 2021

The Lost World (1912)

Chronique express!
 

Lorsque le professeur Challenger prétend avoir trouvé des formes de vie préhistoriques dans un plateau isolé au fin fond de l'Amazonie, toute la communauté scientifique londonienne l'accuse de charlatanisme. À tel point que l'un de ses pires critiques se dit prêt à l'accompagner sur place pour prouver que cet endroit miraculeusement préservé n'existe pas. Une expédition est donc organisée: Challenger bien, sûr, le professeur Summerlee qui remet sa parole en cause, Lord John Roxton, un grand chasseur, et Ted Malone, journaliste et narrateur du roman, qui essaye par là d'impressionner la femme de ses rêves. La suite est entrée dans l'histoire de la littérature. Malgré les embuches sur leur chemin, nos quatre héros atteindront le plateau en question et y trouveront des dinosaures et des peuplades inconnues, ainsi que de nombreux dangers.

J'ai déjà chroniqué ce roman il y a plusieurs années, lors de ma première lecture, et je n'ai rien à ajouter, si ce n'est: lisez Arthur Conan Doyle!! L'un ou l'autre des récits de Sherlock Holmes, à tout le moins, et sinon n'importe laquelle de ses œuvres. Cet écrivain ne m'a encore jamais déçue et je l'ai trouvé brillant dans des genres très différents (vous pouvez retrouver toutes mes chroniques pour avoir un aperçu). Dans le cas présent, il est extrêmement drôle, mais avec une retenue et une élégance toutes britanniques qui donnent au roman un charme fou. C'est l'aventure à l'état pur, avec des étendues sauvages inexplorées, une trahison, les forces de la nature, des créatures redoutables, etc. Et des personnages hauts en couleur qui sont certes caricaturaux, mais fonctionnent très bien (peut-être justement parce qu'ils sont caricaturaux). Et des dinosaures. Un grand plaisir de lecture, donc.

Allez donc voir ailleurs si ce monde perdu y est!
L'avis de Baroona

dimanche 17 janvier 2021

Bilan 2020 – Lectures

Après le bilan consacré aux salles obscures, place au bilan lecture de l'année 2020.

Contrairement à ce que je pouvais espérer, je n'ai pas lu plus cette année: 62 livres, un chiffre en léger recul par rapport aux 65 de 2019 et aux 67 des deux années précédentes. En revanche, le confinement du printemps m'a permis de m'attaquer à deux pavés demandant beaucoup de temps.

Comme toujours, quelques livres surnagent tandis que d'autres coulent lamentablement, mais j'ai plus de mal à classer les meilleurs livres de l'année que les années précédentes.

Le trio de tête 


The Left Hand of Darkness d'Ursula K. Le Guin, un roman remarquable sur l'altérité qui me trotte encore dans la tête. Chronique.

Beggars in Spain de Nancy Kress, un roman inégal mais dont la première partie est d'une richesse hors du commun. Chronique.

Les Fiancés de l'hiver de Christelle Dabos, premier tome de la série la Passe-Miroir. Très franchement, c'est ce roman que j'ai lu avec le plus de plaisir cette année, mais je ne le place qu'en troisième position car je pense que les deux autres lui sont supérieurs de par leurs thèmes et le traitement qu'ils ont font. Chronique.

Les lectures marquantes (par ordre chronologique de lecture)

Sorcières de Mona Chollet, un essai féministe sur lequel j'ai trouvé à redire mais qui m'a beaucoup parlé. Je pensais déjà que je ne me teindrais pas les cheveux une fois plus âgée, mais je pense désormais que ce sera un acte politique, parce que je n'ai pas besoin de paraître jeune, fertile et baisable pour avoir de la valeur en tant qu'être humain! Chronique.

The Woman in White de Wilkie Collins, tout le charme du XIXe siècle anglais condensé dans un roman impossible à lâcher. Chronique.

The Worm Ourobouros d'E. R. Eddison, un bouquin plus grand que nature. J'en ai tellement chié à le lire, mais quelle aventure! Chronique.

Les langues

Majoritairement du français, beaucoup d'anglais et... C'est tout. C'est une catastrophe, je ne lis plus en italien et en espagnol depuis des années... Zéro pointé cette année.

La valeur sûre

Ma relecture des Rougon-Macquart avec Tigger Lilly s'est poursuivie avec quatre romans: la Joie de vivre, Germinal, L'Œuvre et la Terre. Chroniques zoliennes.

Mes bilans ayant plutôt tendance à s'éterniser jusqu'à citer la moitié des livres lus dans l'année, je fais un effort de brièveté et je m'arrête ici malgré la présence d'autres livres de qualité!

Du côté des revues

Depuis deux ans, j'ai pour objectif de lire une revue par mois en plus de Cheval Magazine. Avec 17 revues, c'est bon pour 2020. En revanche, c'est Cheval Mag qui n'a pas assuré: deux numéros ont sauté et je n'ai pas reçu le dernier de l'année, donc je n'en ai lu que neuf au lieu de douze! 🤣

Du côté des BD

30 BD cette année, ce qui semble être mon nouveau rythme (32 en 2019, 35 en 2018, quelques-unes par an auparavant). Je n'ai pas compté le nombre de lectures avec des chats mais cet animal était clairement le plus représenté. 🤣😹

Et la pile à lire?

En 2019, j'ai atteint une victoire éclatante en faisant passer ma pile à lire de 66 à 33 volumes, soit une réduction de 50%. En 2020, j'ai fait encore mieux: le 31 décembre, ma pile à lire comptait 12 volumes!! DOUZE!! Oui, douze, mes amis, douze, DOUZE. C'est une réduction de 63% et ce n'est même plus une pile à lire, à ce stade! Yeah!!!

Mise à jour du 27 janvier: Dans un éclair de lucidité tardif, j'ai réalisé que je me suis trompée et que ma pile à lire comptait en réalité dix livres le 1er janvier 2021, pas douze. Voilà. 🤣

mardi 12 janvier 2021

Bilan 2020 – Cinéma

Comme tous les ans, je me penche sur l'année écoulée en commençant par le cinéma.

Évidemment, l'exercice est périlleux, vu que les cinémas ont été fermés une bonne partie de 2020 et que la plupart des films que je vais généralement voir – de grosses sorties avec de gros budgets et beaucoup d'effets spéciaux – ont été renvoyés.


Tout d'abord, les chiffres: 21 séances. C'est plutôt cohérent avec les années précédentes, compte tenu de la fermeture.

Ensuite, un constat: les films que j'ai préférés voir sont en fait ceux que j'ai revus: Matrix, Titanic, Captain Marvel et Black Panther.

Parmi les sorties de l'année, rien ne m'a réellement marquée d'un sceau indélébile. Je tiens toutefois à mentionner quelques films.

Les Traducteurs de Régis Roinsard, à film à énigmes qui met joliment en avant le travail des traducteurs littéraires et est tourné en plein de langues. Un vrai plaisir de polyglotte.

Birds of Prey de Cathy Yan, un film pop corn et coloré fort sympathique.

Woman d'Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand, un beau documentaire inspirant et plein de langues du monde entier. Un vrai plaisir de polyglotte, ici aussi.

Les Nouveaux Mutants de Josh Boone, un film de super-héros différent des autres et axé sur les peurs des personnages. Il se termine en bouillie d'image de synthèse illisible, mais j'en retiens quelques passages marquants ("I get too hot" et "I'm magic too", par exemple).

Enfin, Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal m'a vendu du rêve et m'a confortée dans mon adoration des ânes.

Je ne peux pas clore ce bilan sans mentionner trois films plus anciens.

L'Ascension de Skywalker de J. J. Abrams, sorti fin 2019 et vu en 2020, qui m'a fait vibrer malgré l'ennui profond lié au retour de Palpatine et que je suis allée revoir durant l'été. "For Leia. For the galaxy."

Elephant Man de David Lynch: tout simplement un chef d'œuvre que je suis ravie d'avoir pu découvrir dans de bonnes conditions, sur grand écran.

Ensuite, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, qui est sorti en 2019. Ce n'est pas du tout mon genre de film, mais on ne peut que crier au génie face à cette mise en scène, cette lumière, ces silences et cette chanson de dingues autour du feu.

Et ce qui m'a encore plus marquée cette année: les premières séances de juin, lors de la réouverture, quand le cinéma accueillait une dizaine de personnes par séance en moyenne (exception faite de Titanic, où nous étions peut-être cinquante). Le calme, le plaisir de revenir et d'être seule avec le film, mon homme ne s'étant déplacé qu'une fois ou deux après la réouverture. Le cinéma à l'état pur, en quelque sorte.

jeudi 7 janvier 2021

Les BD du quatrième trimestre 2020

Avant de passer aux traditionnels bilans de fin d'année, place au dernier récapitulatif des bandes dessinées du trimestre.

Inhumain de Valérie Mangin et Denis Bajram (scénario) et Thibaud de Rochebrune (dessin) (2020)


C'est l'interview des deux scénaristes dans le podcast C'est plus que de la SF qui m'a donné envie de lire cette BD. Je n'ai malheureusement pas été séduite, sans trop savoir pourquoi. Il y a certes un grand nombre d'éléments intéressants et des couleurs sublimes, mais ça n'a pas pris. Les actions s'enchaînaient peut-être un peu vite par moment, le questionnement final m'a semblé manquer de profondeur... Je suis bien en peine de m'expliquer.
Éditeur: Dupuis

Sous les arbres. Tome 1: L'Automne de monsieur Grumpf et tome 2: Le Frisson de l'hiver de Dav (2020)

  

Deux albums d'une mignonnerie à tomber. Le premier parle d'un blaireau qui essaye de balayer les feuilles devant sa maison à l'automne, le deuxième d'un renard aux prises avec une écharpe récalcitrante en plein hiver. Je suppose que le public ciblé a moins de sept ans mais j'a-do-re et j'attends avec impatience le printemps et l'été.
Éditeur: Éditions de la Gouttière

Robilar ou le maistre chat. Tome 1: Maou!! de David Chauvel (scénario), Sylvain Guinebaud (dessin) et Lou (couleur) (2020)

Robilar est un gros matou aristocratique dont la vie est chamboulée lorsqu'un ogre écrase le carrosse de sa comtesse. Après pas mal de mésaventures, il est recueilli par un gentil meunier et perd un poids considérable en chassant les souris. Puis il décide d'aider son nouveau propriétaire à devenir riche. Pour commencer, il lui demande une paire de bottes pour protéger ses coussinets délicats. Vous l'aurez compris, l'histoire est librement inspirée de celle du chat botté, mais avec pas mal de différences, comme la présence de champignons hallucinogènes. Je n'ai pas trop aimé le dessin et le langage médiévalisant, donc je ne suis pas bien convaincue de lire le deuxième tome, mais ça reste sympathique.
Éditeur: Delcourt

J'adore mon chat mais il s'en fout complètement d'Alberto Montt (2019)

Traduit de l'espagnol par Éloïse de la Maison.
Une succession de dessins amusants ou informatifs sur les chats, du genre "les chats peuvent ronronner jusqu'à tel volume" ou "il existe deux catégories de gens: ceux qui aiment les chats et ceux qui vivent dans l'erreur" (ah, ah!). Ça se lit en dix minutes, c'est aussitôt oublié (à moins que vous n'aimiez le dessin, contrairement à moi), ça ne vaut pas du tout 11€, contentez-vous de le lire en bibliothèque.
Éditeur: ça et là

Je ne veux pas être maman d'Irene Olmo (2019)

Traduit de l'espagnol par Léa Jaillard.
L'autrice retrace son parcours de femme agacée par l'insistance de ses proches à la faire parler de maternité, puis sa réflexion sur le sujet et sa prise de conscience. Non, elle n'a pas envie d'être mère un jour. Bien entendu, j'ai sauté sur cette BD dès que j'ai découvert son existence chez Mon coin lecture, mais elle arrive un peu tard pour moi, puisque j'ai pas mal avancé dans ce parcours de réflexion et d'acceptation du jugement des autres. (Bon, perdre mes amis les uns après les autres parce qu'ils se renferment sur leur couple et leur(s) enfant(s) reste très douloureux, bien sûr... Mais cela dépend d'eux et non de moi!) En outre, je n'ai pas aimé le dessin, ce qui est toujours très problématique en BD. Je la recommande néanmoins à tous et surtout aux gens refusant que d'autres ne fassent pas les mêmes choix qu'eux.
Éditeur: Bang éditions

Castelmaure de Lewis Trondheim et Alfred (2020)

Il paraît que c'est moi qui ai demandé à lire cette bande dessinée. Je n'en ai aucun souvenir et il n'y en a aucune preuve, donc je pense que c'est mon libraire qui s'est trompé... Mais chut. 🤪 Je n'ai pas du tout aimé. Le dessin est assez brouillon, avec des traits tremblotants que je n'aime pas, et l'histoire est à la fois trop simple et trop gore. Je pense que, pour lui donner de la crédibilité et la rendre inquiétante, il aurait fallu un dessin beaucoup plus réaliste et une œuvre plus longue. En l'état, c'est crado sans réussir à être dérangeant...Côté intrigue, ça tourne autour d'un château cerné de tempêtes depuis vingt ans, suite à la disparition du roi et à une multitudes de grossesses simultanées se terminant mal.
Éditeur: Delcourt

Les Zola de Méliane Marcaggi et Alice Chemana (2019)

La vie d’Émile Zola à travers celle de ses femmes: Alexandrine, l’amour de jeunesse et l'épouse légitime, et Jeanne, la servante devenue maîtresse. Difficile de ne pas tenir Zola pour un beau salaud en voyant combien cette double vie a été commode pour lui et lui a permis de tout avoir… au détriment de son épouse, qui s’est dévouée corps et âme pour lui pour finir cocue. Pourtant, le ton de la BD n’est pas du tout accusateur, les trois personnages étant présentés sous un jour humain et "frais", si je puis dire. On retrace 40 ans de vie et de littérature de manière très claire et plaisante. Un beau document pour découvrir la vie de Zola. Voir aussi l'avis de Baroona.
Éditeur: Dargaud

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Sophie Ruffieux, Lylian et Raphaëlle Giordano (2020)

L'adaptation en bande dessinée du roman de Raphaëlle Giordano, que j'ai lu et commenté ici, se lit extrêmement bien. Les dessins sont simples, lumineux et plaisants. Comme dans le roman, la protagoniste rencontre un mystérieux routinologue qui l'aide à faire le point sur sa vie puis à la faire évoluer dans la direction qu'elle désire. J'ai été beaucoup moins agacée par ses problèmes, ce qui prouve probablement que j'ai évolué depuis que j'ai lu le roman, et au final je pense avoir préféré la BD au livre. En revanche, cela joue toujours autant sur les clichés, notamment de genre, par exemple avec le mari qui s'affale dans son canapé en demandant "qu'est-ce qu'on mange" quand il rentre du bureau, la protagoniste trop gentille qui veut faire plaisir à tout le monde, le choix d'une activité créative liée à l'enfance, etc. etc.
Éditeur: Soleil.

Sur la route de West de Tillie Walden (2019)

Baroona et Tigger Lilly (lien à venir quand je me servirai de nouveau de Facebook dans quelques semaines!) ayant dit beaucoup de bien de Tillie Walden, j'ai décidé de partir à sa découverte. Cette BD était mise en avant dans ma librairie ET IL Y A UN CHAT EN COUVERTURE, donc j'ai commencé par ici. L'histoire de Lou et Béa, deux jeunes femmes qui se rencontrent sur une aire d'autoroute et traversent le Texas ensemble, est touchante et prenante, mais je n'ai pas totalement adhéré aux graphismes (ou plus précisément à certains effets "de tache", si je puis dire) et la fin m'a laissée assez perplexe. [Divulgâcheur] Mon copain pense que la morale est que les deux protagonistes sont toujours aussi mal dans leur peau après leur rencontre. Moi, je suis plus nuancée, je pense qu'elles ont avancé, mais [fin du divulgâcheur] je ne suis pas sûre d'avoir saisi toutes les nuances et l'implicite de la conclusion. (@Baroona et Tigger Lilly: je pense que vous allez adorer, vous!) Je ne parle pas de la chatte, mais elle est bien là et a son importance.
Éditeur: Gallimard BD

samedi 2 janvier 2021

La gamelle de décembre 2020

Retour sur le dernier mois de 2020. Entre l'intégrale de nouvelles de Clarke qui me prend beaucoup de temps, la fermeture des cinémas et une charge de travail non négligeable, ce bilan mensuel est toujours aussi riquiqui. 🤣

Sur petit écran

Thor Ragnarok de Taika Waikiti (2017)

Miam, miam, miam. Mon choix est fait,
mais force est de reconnaître que Thor est tentant aussi.

Mon avis est moins tranché qu'il y a trois ans, mais tout de même, ce film ne me convainc pas tout à fait. Trop coloré, trop drôle, trop oubliable à la seconde où il est terminé. Reste un Loki irrésistible et fantasmable à souhait.

Sur grand écran

Bein, rien.

Du côté des séries

Agatha Christie's Hercule Poirot – saison 11 (2008-2009)
Une belle saison qui vient clore mon visionnage de Poirot. Il existe une saison 12 et une saison 13, mais je ne les ai pas, je trouve les prix de vente des DVD ridicules (sérieux, il y a encore des gens qui dépensent 35€ pour des DVD?) et ma médiathèque ne les a pas. Je suis triste, mais c'était déjà une chance de récupérer les saisons 1 à 11 gratuitement! Le quatrième épisode de cette onzième saison a un beau casting, puisqu'on y voit Elizabeth McGovern, qui joue Cora Crawley dans Downton Abbey (Her Ladyship 💖), John Hannah, qui joue Jonathan dans la Momie, et Mark Gatiss, qui joue Mycroft dans Sherlock. Je suis triste que le générique, Hastings et Miss Lemon aient disparu depuis plusieurs saisons, mais j'ai adoré découvrir le personnage de Ariadne Oliver, qui est drôle et croustillante (avec ses pommes!).

Je regarde également la saison 3 de Star Trek Discovery. Je vous en parlerai une fois la saison terminée.

Et le reste

J'ai lu le Bifrost n°99 consacré à Shirley Jackson. Très intéressant tout ça, il faut que je lise un de ses bouquins! Et j'ai aussi découvert Caitlín R. Kiernan, qui m'a convaincue avec sa lovecrafterie, et Olivier Caruso, qui fait très fort avec la nouvelle Par les visages. Une réussite.

Hélas, pas de Cheval Magazine ce mois-ci: ils ont mis plus d'un mois à encaisser mon chèque, donc mon réabonnement n'a pas été prolongé à temps... Il faudra que j'achète le numéro de janvier en kiosque. Décidément, mon magazine adoré n'a pas assuré cette année!