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vendredi 20 juin 2025

The Hammer of God (1993)

Aujourd'hui, on décolle avec Arthur C. Clarke!! 🤩🤩🤩🚀🚀🚀

Après un long voyage, le capitaine Robert Singh et son vaisseau, le Goliath, arrivent à destination. Face à eux, Kali, un astéroïde. Un astéroïde qui doit son nom à la déesse de l'hindouisme, celle qui porte une ceinture de crânes. Car cet astéroïde fonce droit vers la terre, et, si rien n'est fait, l'humanité est très, très mal barrée.

La mission du Goliath: dévier Kali de sa trajectoire actuelle.

Le roman s'articule en sept parties. L'action principale se situe en 2109, mais au moins la moitié des chapitres se situent avant, ce qui permet de reconstituer la vie de Robert Singh depuis sa participation au tout premier marathon sur la Lune. Le tout premier marathon sur la Lune, vous imaginez!! Dingo!! On assiste aussi à la mise en place de SPACEGUARD, un système de détection des corps célestes baptisé "en référence à un obscur roman" (figurez-vous que Clarke s'auto-référence en parlant de Rendez-vous avec Rama, excusez du peu 🤣🤣🤣), et on voit toute l'évolution de la société mondiale, notamment avec l'apparition du chrislam, puis la détection de Kali et le lancement de la mission du Goliath.

Nombre de ces chapitres mettant en scène des personnages qu'on ne retrouve pas plus tard, j'ai eu un peu de mal à tous les cerner, mais Arthur C. Clarke a un vrai talent pour leur donner vie en quelques pages et les caractériser. Mon problème est surtout que je n'ai aucune mémoire des prénoms, alors je passe mon temps à me dire "mais je l'ai déjà vu, lui, ou non?".

Sinon, tout est passionnant, comme d'habitude. L'humanité a mis en place un gouvernement mondial unique, il n'y a plus de guerres, et elle a colonisé la Lune et Mars (et dans ce dernier cas, elle a même commencé la terraformation). Il y a plein d'explications scientifiques rationnelles distillées avec simplicité. De l'humour. Et un suspense très sympathique, même si, connaissant Clarke, j'étais confiante quant au fait que ça ne finirait pas trop mal. (Ai-je eu raison? À vous de lire le roman pour le savoir.)

Le ton est donné dès la première page:

"All the events set in the past happened at the times and places stated; all those set in the future are possible.
And one is certain.
Sooner or later, we will meet Kali."
Tenez-vous-le pour dit. 👀

Bon, évidemment, une histoire d'astéroïde tueur, ça fait tout de suite penser à Armageddon, et [divulgâcheur] figurez-vous que l'option de la bombe atomique est bel et bien tentée dans ce roman, dans l'idée de péter l'astéroïde en deux, sauf que ça ne va pas se passer comme prévu 🤣🤣🤣 [fin du divulgâcheur]. Je ne saurais dire si le film est inspiré du roman, mais enfin c'est rigolo, quand même, surtout que le roman est sorti seulement quelques années plus tôt. En revanche, ce roman a bel et bien, quoique temporairement, inspiré le film Deep Impact: d'après Wikipédia, le film est devenu tellement différent du roman que le roman n'est même pas crédité dans le film. Lol. 

Comme toujours, ce bouquin est un régal jusque dans les remerciements.

Bref, je conclurai comme d'habitude, en disant que Clarke était un génie. Lisez Clarke!

vendredi 11 avril 2025

Imperial Earth (1975) 🪐🌎

Arthur C. Clarke fait partie de mes auteurs valeurs sûres. Il ne m'a jamais déçue, et avec ce roman sur lequel je suis tombée par hasard, dans une librairie anglophone des Pays-Bas, il m'a encore emmenée immensément loin sur tous les plans: géographique, mental, humain.

Imperial Earth s'ouvre sur Titan, une lune de Saturne, qui doit sa richesse et son influence au sein du Système solaire à l'exploitation de l'hydrogène, que l'on y trouve en abondance. Le protagoniste est Duncan Makenzie, le troisième membre de la famille – presque de la dynastie – qui dirige ce petit monde. Nous sommes en 2776, et la Terre invite Duncan à donner un discours lors de la commémoration du cinq centième anniversaire de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis. Pour lui et sa famille, c'est une occasion importante de tisser des liens politiques et commerciaux, surtout à une époque où un nouveau système de propulsion risque de remplacer l'hydrogène à moyenne échéance, mettant ainsi en péril le modèle commercial de Titan. Mais c'est aussi l'occasion de procéder au clonage de Duncan. Car les Makenzie sont en réalité des clones depuis trois générations, le grand-père de Duncan n'ayant pas pu avoir d'enfant viable par la reproduction conventionnelle.

Dans la première partie du roman, on rencontre Duncan dans son quotidien sur Titan, et on découvre les enjeux de sa visite sur Terre et quelques bribes importantes de son passé, notamment ses relations avec un homme de Titan et une femme de la Terre, plusieurs années plus tôt. La deuxième partie raconte son voyage vers la Terre. Enfin, la troisième partie décrit son séjour sur Terre, jusqu'au fameux discours à l'occasion des cinq cents ans de la Déclaration d'indépendance.

Trois choses ressortent tout particulièrement de ce roman. Aucune des trois n'est surprenante quand on connaît l'auteur, mais je tiens à les noter pour bien m'en souvenir.

Premièrement, tout est très tranquille. Lorsque Duncan découvre le vaisseau à bord duquel il voyage, puis la Terre, je me suis dit que c'était quasiment de la cozy science fiction. Comme il ne connaît rien, tout l'intéresse et est sujet à émerveillement, y compris un cheval (Duncan ne croyait pas qu'ils étaient si grands!) ou le goût du miel. C'est absolument merveilleux de se lover là-dedans sans raison de flipper, en toute confiance.

Deuxièmement, l'auteur nous donne à voir une humanité qui a évolué en bien. Le progrès n'a pas été facile, et tout n'est pas parfait dans ce monde-là non plus, mais il n'y a plus d'États tels que nous les entendons et plus de guerres, et la technique a été utilisée à bon escient, pour faciliter le quotidien tout en redonnnant vie à un environnement très malmené. Duncan ressent un certain choc culturel en revenant sur Terre – la planète où il est né, puisque c'est là qu'il a été cloné –, mais il l'exprime toujours avec beaucoup de tact et de diplomatie. J'ai souri lorsqu'il se demande avec horreur si ses hôtes vont lui proposer "de la vraie viande"... (Réponse: non! Ouf! Duncan n'a jamais mangé de viande sur Titan et l'idée lui répugne!)

Troisièmement, j'ai retrouvé ici l'émerveillement pur face à l'exploration spatiale et les échelles de temps et de distance ahurissantes d'un système solaire et de l'espace en général. La première partie raconte comment, à l'occasion d'une eclipse, la planète Saturne passe devant le Soleil et permet ainsi à Duncan de distinguer, dans la relative obscurité qui s'ensuit, une autre étoile. Une autre étoile qui, en fait, n'est pas une étoile, mais la planète Terre, si distante de Titan qu'elle n'est qu'un point lumineux, visible uniquement lorsque le Soleil est caché!!

"He could not take his gaze off that faint little star, during the few seconds before Saturn wiped it from the sky. He continued to stare long after it was gone, with all its promise of warmth and wonder, and the storied centuries of its civilisations.
For the first time in his life, Duncan Makenzie had seen the planet Earth with its own unaided eyes."
Ce ne sont que deux paragraphes, mais purée, quelle émotion, quel renversement de paradigme!!!

Deux dernières choses que je veux noter. Un chapitre s'intitule "The Ghost from the Grand Banks" (comme un certain roman, tiens tiens tiens) et met, bien sûr, en scène mon paquebot naufragé préféré. Quelle merveille, ça aussi. Si James Cameron a lu ce livre, il a dû adorer. Enfin, le dernier tiers du roman prend un ton plus dur, car il y a un décès et Duncan doit affronter avec douleur ses amours passés. Cela ne rend pas le roman sombre en soi, mais c'est nettement moins cozy que ce qui précède. Et je suis admirative de la manière fine dont il a traité ses personnages.

À noter également: cette édition Gollancz contient une introduction de Stephen Baxter. Quant aux remerciements de l'auteur, ils évoquent Carl Sagan. Que du beau monde!

Bref: Clarke était un génie, lisez Clarke.

dimanche 28 mars 2021

The Collected Stories of Arthur C. Clarke (2001)

Cet hiver, je me suis attaquée à un gros pavé qui attendait dans ma pile à lire depuis fin 2018: l'intégrale des nouvelles d'Arthur C. Clarke publiée en 2001 par Gollancz, The Collected Stories. Pas moins de cent nouvelles et de 966 pages écrites dans une petite police. Je m'étais donné deux mois pour le lire, j'en ai mis quatre et demi. 😃

Bien entendu, commenter un tel pavé dignement exigerait d'écrire un autre pavé et le présent billet n'est donc pas du tout exhaustif. En outre, le fait de lire les textes sur une période aussi longue rend difficile d'en avoir une vraie vision d'ensemble.

Les nouvelles réunies ont été publiées entre 1937 et 1999, même si on constate un ralentissement considérable à partir des années 1970: seulement quatre textes durant les années 70, trois durant les années 80 et trois durant les années 90. L'énorme majorité des nouvelles a donc été publiée entre les années 30 et 60 – en plein âge d'or de la science-fiction, si je ne m'abuse. Chaque texte est précédé de quelques courtes lignes rédigées par l'auteur, ce qui permet d'en savoir un peu plus sur sa création ou son destin.

Tout commence avec Travel by Wire!, publié en 1937 dans Amateur Science Fiction Stories. Une histoire de téléportation qui ouvre très bien le bal puisqu'elle est franchement drôle avec ses techniciens qui se brouillent avec les biologistes dont il ont volé le hamster. 😂 J'ai l'impression que la chose est peu connue, mais Clarke fait toujours preuve d'un certain humour dans ses textes, et ce recueil n'est pas en reste.

"It was quite a party; the highlight, I think, was Commander Krasnin trying to do a Cossak dance in a space suit."
Venture to the Moon (1956)

Une bonne dizaine de textes provient du recueil Tales from the White Hart (1957), un ensemble de récits faits dans un pub, le White Hart, par Harry Purvis, un beau parleur qui tisse à merveille la réalité, la science et la fiction: "Tiens, sers-moi une bière, je vais vous raconter comment j'ai participé à la plus grande découverte militaire du siècle". Ils sont tous fort sympathiques, même si celui qui me reste le plus en tête est The Defenestration of Ermintrude Inch (1957), à cause de son titre fort explicite. (Avec un nom pareil, on dirait un personnage d'Amélie Nothomb, ah, ah!) Si vous avez l'occasion de lire ce recueil, n'hésitez pas. Je crois que c'est de là que provient un texte avec une chute très amusante, mais dont je ne retrouve pas le titre: [divulgâcheur] cette terrible cargaison qui fait fuir un chauffeur de camion à toutes jambes et qui évoque la menace nucléaire s'avère être en réalité... un essaim d'abeilles! [Fin du divulgâcheur]

"Yes – swordplay. Here was a civilisation which had atomic power, death rays, spaceships, television and suchlike modern conveniences, but when it came to a fight between Captain Zoom and the evil Emperor Klugg, the clock went back a couple of centuries."
Armaments Race (1954), une nouvelle qui parle du tournage d'une série – où l'on constate que Clarke avait vu venir la Guerre des étoiles avec ses vaisseaux de la taille d'une planète, ses technologies futuristes et... ses sabres laser!

Une chose qui me marque toujours chez Clarke, c'est sa capacité à exprimer le temps géologique et astronomique, à transmettre la sensation vertigineuse de ces laps de temps se calculant à une échelle tout à fait différente de celle d'une vie humaine, que ce soit pour un homme plongé dans un sommeil artificiel ou pour des êtres très différents de nous parcourant l'univers à la recherche de créatures sentientes. Un texte m'a semblé particulièrement brillant, Nightfall (1947): trois pages sur la ville de Shakespeare et une belle réussite. Clarke présente aussi notre bonne vieille Terre dans un futur éloigné, quand elle a énormément changé, à tel point qu'une civilisation extraterrestre pourrait prendre un dessin animé de Mickey pour un documentaire...

Autre caractéristique bien connue des textes de Clarke: l'émerveillement suscité par l'espace. Il y en a à revendre dans ce recueil, c'est juste dingue. Colonisation de la Lune, par exemple avec une coopération quelque peu espiègle entre Russes, Américains et Anglais, de Mars ou de planètes éloignées... Si vous aimez voyager, c'est un régal.

"For life called to life across the gulfs of space. Everything that grew or moved upon the face of any planet was a portent, a promise that Man was not alone in this universe of blazing suns and swirling nebulae. If as yet he had found no companions with whom he could speak, that was only to be expected, for the light-years and the ages still stretched before him, waiting to be explored. Meanwhile, he must guard and cherish the life he found, whether it be upon Earth or Mars or Venus."
Before Eden (1961)

"There had, after all, been a lunar civilisation – and I was the first to find it. That I had come perhaps a hundred million years too late did not distress me; it was enough to have come at all."
The Sentinel (1951)

Humour, sciences, exploration spatiale... Et fort peu d'émotion. Seuls quelques textes se détachent sur le plan émotionnel: The Songs of Distant Earth (1958), qui tourne en partie sur une histoire d'amour tristoune, et un texte dont je n'ai pas noté le titre, mais qui se termine sur une bouffée d'émotion avec le vagissement du premier bébé humain né sur la Lune. Oui, vous avez bien lu. Les scientifiques se sont installés sur la Lune, leurs familles les ont suivis, et puis, un jour, une femme a accouché... Ça, c'est le genre de truc qui me retourne le cerveau et me met une claque en même temps, ça me fait totalement voir le monde autrement.

Je ne peux pas chroniquer ce recueil sans parler des textes les plus connus de l'auteur: The Sentinel (1951) et Encounter in the Dawn (1953), qui ont donné vie à 2001 des années plus tard, The Nine Billions Names of God (1953) et sa chute toute simple mais extraordinaire, The Songs of Distant Earth (1958), que j'ai déjà cité et qui a donné un roman, A Meeting with Medusa (1971), qui m'a pas mal déçue – peut-être parce que je l'ai lu un soir où j'étais fatiguée et que je me suis endormie dessus environ vingt fois, ce qui m'a obligée à le relire le lendemain –, et Guardian Angel (1950), qui est plus tard devenue la première moitié du roman Childhood's End, que je lirai un jour et que je comparerai avec la chanson d'Iron Maiden. On voit ici que l'œuvre de Clarke se fait écho à elle-même: certains thèmes reviennent dans plusieurs textes, ou bien un texte donne naissance à un autre...

Je tiens à mentionner un texte inattendu, A Walk in the Dark (1950),  qui est foncièrement une nouvelle d'horreur ou de terreur: sur une planète éloignée, un homme rejoint son camp après la tombée de la nuit, mais l'éclairage dont il dispose tombe en panne et il se souvient brusquement des rumeurs sur l'existence de créatures autochtones ne sortant que dans l'obscurité... Bien que fort peu effrayante, elle fonctionne totalement sur le ressort du "truc qu'on ne voit pas mais dont on sait qu'il est là" et je n'attendais pas du tout ça de Clarke.

Comme dans tout recueil de nouvelles, le niveau n'est pas tout à fait constant et les cent textes réunis ici ne sont pas tous marquants. Dans certains cas, je suis bien en peine de me souvenir de ce qu'il s'y passe. Mais aucun ne m'est tombé des mains ou ne m'a semblé mauvais.

Encore une chose que je voulais mentionner: Clarke présente régulièrement des civilisations humaines plus évoluées que la nôtre, non seulement sur le plan technologique, mais aussi sur le plan politique ou relationnel. Ainsi, on croisera dans je-ne-sais-plus-quel-texte un personnage qui rappelle à son interlocuteur que, au XXIe siècle, il existait encore des États et des guerres. Ça me fait le même effet que Star Trek quand on y voit un couple d'hommes et que c'est un non-sujet tellement tous les personnages s'en foutent. J'aime cet optimisme, cette manière de montrer ce qui est souhaitable plutôt que de foncer dans le catastrophisme pour montrer combien on a conscience du monde qui nous entoure. Globalement, l'avenir que nous dépeint Clarke est tout à fait souhaitable, et ça donne de l'espoir.

Un bémol, toutefois: pour quelqu'un d'aussi visionnaire sur le plan technique et sociétal, Clarke a complètement raté l'existence des femmes. 99% de ses personnages sont des hommes, et les trois seules femmes qui me restent en tête sont l'amoureuse triste de Songs of Distant Earth, la bavarde impénitente de The Defenestration of Ermintrude Inch et la petite fille protagoniste de Holiday on the Moon (1951), un texte écrit à la demande d'une "charming lady-editor" et pour un magazine "for young ladies"... 😅

Bon, et maintenant, j'attends le Bifrost consacré à l'auteur de pied ferme!

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Il y en a plusieurs, alors suivez le tag!

samedi 11 juillet 2020

50 Short Science Fiction Tales (1963)

Ce recueil de nouvelles de science-fiction édité par Isaac Asimov et Groff Conklin est une trouvaille de seconde main: quelqu'un l'avait déposé dans le coin "récup" de ma médiathèque, l'étagère où l'on peut laisser des livres à donner. Les cinquante textes réunis ici ne révolutionnent rien et ne sont pas forcément marquants, mais ils font tous leur boulot avec efficacité. Le style est résolument dynamique, une manière d'aller à l'essentiel. Rien de surprenant à cela, puisque les éditeurs ont réuni des nouvelles particulièrement courtes allant de 300 à 3 000 mots; il n'y donc guère de place pour broder.


N'ayant pas l'énergie de chroniquer cinquante textes, je vais uniquement m'attarder sur ceux qui m'ont le plus plu ou qui ont été écrits par des célébrités, dont nombre d'auteurs que je n'avais jamais lus. 😃

Poul Anderson: Ballade of an artificial Satellite (année non indiquée)
Un poème sur le désenchantement du monde au fur et à mesure que l'humanité l'explore, si j'ai bien compris. Malheureusement, je comprends mal la poésie en anglais, donc je ne suis pas très sûre de mon interprétation. Les sonorités sont toutefois jolies.

Isaac Asimov: The Fun They Had (année non indiquée)
En 2155, deux enfants trouvent un livre, un drôle d'objet qui les plonge dans un profond étonnement. Le texte est intéressant parce qu'il montre bien le décalage entre cet avenir et un objet que nous connaissons bien, mais n'est pas marquant. Asimov a fait beaucoup mieux.

Alan Bloch: Men Are Different (année non indiquée)
Un archéologue étudie les hommes. [Divulgâcheur] On découvre ensuite qu'il est un robot qui ne comprend pas pourquoi un homme ne bouge pas après une opération de démontage/remontage. 😂 [Fin du divulgâcheur] Ce texte est très représentatif du recueil. Il n'est pas marquant, certes, mais il fait bien le boulot en moins de deux pages.

Anthony Boucher: The Ambassadors (année non indiquée)
Une histoire amusante concernant la nature des Martiens et le regain d'intérêt des Terriens pour une créature fantastique, [Divulgâcheur] le loup-garou. Les Martiens sont des loups, donc pour communiquer avec eux il faut des loups-garous. Génial! [Fin du divulgâcheur]

Fredric Brown: The Weapon (année non indiquée)
L'auteur de Martiens, go home! offre un texte efficace avec quelque chose de glaçant.

Arthur C. Clarke: The Haunted Space Suit (1958)
Mon écrivain fétiche propose lui aussi un texte efficace, résolument léger. On voit venir la chute de loin, mais je crois que c'est voulu, justement pour dérider le lecteur. [Divulgâcheur] IL Y A UN CHAT. [Fin du divulgâcheur]

Roger Dee: Unwelcome Tenant (1950)
Lorsqu'il dépasse la sphère d'attraction gravitationnelle de la Terre, un astronaute réalise que son esprit a toujours été occupé par un locataire malvenu dont il n'avait pas conscience. Quelles merveilles ne pourra-t-il pas réaliser maintenant qu'il maîtrise toutes ses capacités cérébrales pour la première fois de sa vie? Pourra-t-il libérer le restant de l'humanité?

Jack Finney: The Third Level (1952)
L'auteur de L'Invasion des profanateurs lorgne plutôt du côté du fantastique, à mes yeux, avec l'histoire classique d'un lieu hors du temps où le narrateur échoue par hasard. Ici, il s'agit du troisième sous-sol d'une grande gare new-yorkaise.

Marion Gross: The Good Provider (1952)
L'histoire d'une machine à voyager dans le temps qui ne marche pas. Ou qui ne marche pas assez bien, plutôt. L'inventeur est inconsolable. [Divulgâcheur] Son épouse, en revanche, y voit l'opportunité de se payer de bons morceaux chez le boucher en se promenant en pleine Dépression. 😁 [Fin du divulgâcheur]

Robert A. Heinlein: Columbus Was a Dope (1949)
Un débat de bar sur l'envie de l'humanité d'explorer de nouvelles frontières, comme Christophe Colomb, avec une chute sympathique, mais rien que de très banal. Pas un texte marquant.

Fritz Leiber: A Bad Day for Sales (1953)
Robie, un robot vendeur, fait ses débuts à Times Square. La foule s'agglutine autour de lui pour l'écouter parler de ses produits. Mais la journée n'est guère propice aux ventes, comme l'indique le titre. [Divulgâcheur] Forcément, une explosion nucléaire, ça ne multiplie pas les clients... [Fin du divulgâcheur] Ce texte n'est pas très marquant non plus, mais il met en scène de manière quasiment tragique le discours enjoué du robot qui n'a pas conscience de ce qu'il se passe autour de lui.

Jack Lewis: Who's Cribbing? (1953)
Ce texte extrêmement amusant est composé des lettres d'un écrivain de science-fiction qui essaye désespérément de placer des textes, mais qui est systématiquement accusé de plagier un autre écrivain dont il n'a jamais entendu parler. Je suis certaine d'avoir lu le même type d'histoire il n'y a pas si longtemps, mais impossible de retrouver où.

Frank M. Robinson: Two Weeks in August (1951)
Excédé par un collègue qui ramène toujours tout à lui, un homme annonce haut et fort qu'il va passer ses vacances sur Mars. À son retour au bureau, après quinze jours passés chez lui, devinez ce que lui apprend son odieux collègue qui fait toujours tout mieux que tout le monde? Héhé. Texte très sympathique que Dick n'aurait peut-être pas renié.

Theodore Sturgeon: Talent (1953)
Un texte assez cruel sur un enfant aux pouvoirs surnaturels.

William Tenn: Project Hush (1954)
Nouveau texte très amusant sur des scientifiques de l'armée de Terre américaine qui montent soigneusement une expédition secrète sur la Lune. Tout est ultra top secret, à tel point que le projet s'appelle "Project Hush". Mais devinez un peu ce que l'équipe va trouver en arrivant sur la Lune? Une chute formidable digne de la maison qui rend fous des Douze travaux d'Astérix.

A. E. Van Vogt: The Great Judge (1948)
Une histoire de trasfert de conscience. On voit venir la chute, mais c'est sympathique.

Karen Anderson: Six Haiku (année non indiquée)
Le recueil se conclut sur six haïkus science-fictifs. Je n'ai pas tout compris, mais j'ai beaucoup aimé le dernier:
"When Proxima sets
What constellation do they
Dream around our sun?"
Et voilà. Un recueil fort sympathique que je vous recommande de lire si vous croisez son chemin. Il ne changera pas votre vie, mais il vous fera passer un très agréable moment.

samedi 10 février 2018

A Fall of Moondust (1961)

ENCORE UNE VICTOIRE DE CLARKE! 💪😍😃😜🌕🌙

Voilà en quelques mots et quelques emojis mon ressenti à l'issue de cette nouvelle lecture d'Arthur C. Clarke, qui confirme qu'il est mon écrivain de SF préféré (ce qui n'est pas difficile en réalité vu que je lis peu le genre ^^) et un immense génie. J'avais acheté le livre d'occasion à Dublin en octobre 2016 et il attendait patiemment depuis plus d'un an dans ma PAL...


De manière théorique, A Fall of Moondust relève, me semble-t-il, du roman catastrophe. Il raconte en effet l'engloutissement du seul bateau de la Lune, le Selene, dans une mer de poussière extrêmement fine, la Sea of Thirst. Si le personnel et les touristes à bord savent que leur disparition ne tardera pas à être remarquée, ils sont dans l'incapacité totale de communiquer avec l'extérieur, la poussière bloquant toutes les tentatives de communication. Dans ces conditions, comment les secours pourront-ils les localiser? Et même s'ils les localisaient, comment pourraient-ils bien les repêcher? Si les naufragés ne sont pas en danger de mort immédiat, ils ne peuvent pas attendre pour toujours, les réserves d'oxygène et de vivres étant limitées...

On retrouve bien sûr ici l'optimisme serein habituel de Clarke. On est bien dans le suspense et le triturage de méninges, pas dans la peur! C'est un peu comme un casse-tête chinois, on réfléchit avec les différents membres de secours pour sortir les 22 naufragés de leur prison de métal et surmonter les obstacles – car la science ne fait pas de cadeaux et les lois de la physique jouent parfois contre Selene... À commencer par l'immense "éboulement de poussière" dans lequel le bateau a sombré.

Outre l'optimisme habituel, on retrouve le sens de l'émerveillement qui accompagne toujours les romans de Clarke, sa façon de donner le vertige en décrivant des choses très simples (le trajet d'un signal entre la Terre et la Lune, l'échelle temporelle ahurissante des ordinateurs) ou encore très lointaines dans notre avenir (la présence de touristes sur la Lune) (haaaaaaa!! 💖🌝). J'apprécie énormément ce message rationnel et positif porté par des personnages globalement sympathiques – même le scientifique asocial est amusant –, qui n'est toutefois pas totalement béat puisque nous avons ici un passage extrêmement croustillant sur les soucoupes volantes et une théorie du complot (oui, oui!).

Le livre a plus de 50 ans et nous savons maintenant qu'il n'existe pas de mer de poussière de ce type sur la Lune. Clarke le précise lui-même dans la préface de l'édition de 1986, reprise dans cette édition Gollancz de 2002. Mais qu'importe. Le fond scientifique est solide et très bien présenté au lecteur et il pourrait y avoir une mer de ce genre quelque part dans l'univers; c'est tout ce qui compte...

Si le procédé visant à faire monter le suspense est parfois un peu trop visible, avec des annonces récurrentes du type "ils ne savaient pas encore que telle propriété jouait contre eux", il n'en est pas moins d'une grande efficacité. J'ai tourné les pages avec enthousiasme pour avoir le fin mot de l'histoire.

J'émettrai toutefois une critique quant à l'écrasante majorité de personnages masculins; les femmes sont bien peu nombreuses et n'ouvrent pas beaucoup la bouche. Il me semblait pourtant que Clarke était plus avancé que ça pour un écrivain d'une autre époque.

Mais le plus marquant, une fois la lecture finie, reste l'émerveillement face à la Lune, notre voisine dont on ne parle plus trop depuis qu'on regarde plutôt du côté de Mars. Cinquante ans ont passé depuis l'écriture de ce roman et l'humanité n'a même pas de base sur son satellite; alors un bateau qui promène les touristes sur la mer de la Soif, ça n'a pas de prix. 💖💖💖

mercredi 1 février 2017

Rendezvous with Rama (1973)

Quel plaisir immense que de lire Arthur C. Clarke et de découvrir son œuvre au fur et à mesure que je tombe sur ses livres. Je vous ai déjà dit que c'est un Très Grand Écrivain, mais je crie de plus en plus au génie pendant mes lectures: ce mélange de données scientifiques et techniques rigoureuses, d'émerveillement, d'humour et d'optimisme est vraiment unique et inimitable.

Les couvertures de la collection SF Masterworks de l'éditeur Orion Books
sont parfois un peu douteuses, mais j'aime beaucoup... 

Rendezvous avec Rama raconte la rencontre de l'humanité avec la première preuve de l'existence d'une intelligence extraterrestre: Rama, un artefact gigantesque en forme de chauffe-eau (c'est Clarke qui le dit!) repéré alors qu'il dépasse Jupiter et se dirige du côté du Soleil. Sa trajectoire actuelle devant l'amener à quitter le Système solaire sous peu, le vaisseau le plus proche est rapidement envoyé à sa rencontre. C'est le commander Norton qui est chargé d'arrimer son vaisseau, l'Endeavour (Endea j'ai tellement pensé à toi!) à Rama et de tenter, si cela est possible, de pénétrer à l'intérieur.

Et quel intérieur!! Rama est un monde entier, mais quel renversement en le découvrant. Je vous jure que ça donne le vertige, pas seulement pour toutes les questions que son existence soulève (qui l'a créé, quand et pourquoi; pourquoi vise-t-il le Soleil; va-t-il passer son chemin ou s'arrêter; comment fonctionne-t-il; possède-t-il un moteur ou est-il à la dérive parmi les étoiles?) mais vraiment par sa géographie unique. La Mer Circulaire, quel truc de fou à imaginer!!

J'apprécie particulièrement le ton extrêmement positif de Clarke. Malgré quelques scènes un peu tendues, qui m'ont fait accélérer le rythme pour savoir ce qu'il allait se passer, ce récit ne met pas du tout l'accent sur la peur et le danger. Bien sûr, Rama est un lieu dangereux parce qu'il est totalement inconnu. Mais il n'est pas du tout malveillant. De nos jours, la SF (ou tout du moins ce que j'en connais, ce qui n'est probablement pas pareil) se veut plutôt terrifiante et alarmiste et je pense que la même histoire mettrait aujourd'hui en scène des créatures monstrueuses affamées de chair humaine (ou un virus inconnu) et la mort des trois quarts de l'équipage.

J'apprécie aussi énormément l'ironie de Clarke, qui est vraiment présente à chaque page et qui est délicieuse. Ici, ce sont surtout les politiques et les scientifiques reconnus qui sont visés; les membres du Comité Rama des Planètes unies (en 2130, l'homme a colonisé quelques autres mondes du Système solaire) (je dis bien mondes car il ne s'agit pas que de planètes, chose que Clarke souligne d'ailleurs avec humour à un moment donné) font un peu trop les fiers, ou bien les Mercuriens en prennent pour leur grade.


"Even in the twenty-second century, no way had yet been discovered of keeping elderly and conservative scientists from occupying crucial administrative positions. Indeed, it was doubted if the problem ever would be solved."

Notons aussi les nombreuses références culturelles, dont un petit clin d’œil... au Titanic!! HAHAHA. Et puis la présence de James Cook, auquel Norton pense souvent depuis qu'il a découvert que son vaisseau porte le nom de son navire. Il lui demande même conseil face à cette tâche d'une ampleur inouïe, encore plus historique que les voyages de Cook.

Et puis la création de monde: au-delà de Rama, Clarke imagine une humanité future très intéressante. J'ai déjà cité les Planètes unies, mais il y a aussi des évolutions technologiques et sociologiques intéressantes (quoique je me suis demandée si le coup d'avoir une femme par planète était réservé aux hommes...), l'emploi des chimpanzés pour faire une partie du travail, la mise en place du réseau de surveillance anti-astéroïde qui permet de repérer Rama, enfin une myriade d'éléments de fond qui donnent énormément de corps à ce récit.

Une remarque maintenant sur le classement de ce livre: Après m'être insurgée contre le classement de Clarke dans la hard science-fiction il y a une quinzaine de jours, au motif que son œuvre n'est pas assez technique et trop intellectuelle (place de l'homme dans l'univers, tout ça), force m'a été de constater en lisant Rama que en fait si, ça doit bien être ça la hard science-fiction... Clarke met vraiment l'accent sur l'aspect technique et scientifique de son récit. Je le savais déjà, évidemment, mais j'en retenais surtout l'aspect parfaitement émerveillant de la chose...

En bref, que du bonheur. Rama est peut-être le meilleur livre de Clarke que j'aie lu jusqu'à maintenant (pas étonnant qu'il ait eu des prix, dont le Nebula) (que Clarke a aussi remporté pour Les Fontaines du Paradis quelques années plus tard). Il confirme en tout cas tout le bien que je pense de cet écrivain, décidément un de mes préférés.

Après avoir survolé le résumé de Rama II et The Gardens of Rama sur Wiki, j'ai par contre décidé de m'arrêter ici et de ne pas lire les suites écrites par Gentry Lee sous la supervision de Clarke.

Allez donc voir ailleurs si Rama y est!
L'avis de Lorhkan

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
2001: A Space Odyssey (1968)
2010: Odyssey Two (1982)
2061: Odyssey Three (1987)
3001: The Final Odyssey (1997)

mardi 23 février 2016

The City and the Stars (1956)

Quand je suis allée à Dublin en octobre, j'ai acheté deux livres d'Arthur C. Clarke d'occasion: Le Fantôme venu des profondeurs, déjà lu, et La Cité et les Astres, que voilà.



Avec un titre pareil, j'avais forcément des étoiles plein les yeux avant même d'ouvrir le livre, et je n'ai pas été déçue. On a affaire ici à ce que Clarke fait le mieux: l'émerveillement cosmique. C'est-à-dire qu'on a littéralement des étoiles plein les yeux; on est fasciné et émerveillé comme un gamin par les étoiles, le voyage entre les étoiles et tout ce qu'elles représentent pour l'homme, puis on part dans l'espace à leur rencontre.

L'histoire se situe dans un avenir extrêmement lointain. Il n'y a plus d'eau sur Terre et l'humanité, en nombre très réduit, vit dans une seule et même ville, Diaspar, où tout est conçu pour son intérêt et son amusement et où elle est pratiquement devenue immortelle. En effet, millénaire après millénaire, l'Ordinateur central redonne vie aux mêmes personnes, qui se souviennent de leur vies précédentes après une vingtaine d'années "d'enfance" (mais dans un corps déjà adulte).


Autrefois, l'humanité avait colonisé la galaxie entière, mais elle se terre depuis des centaines de millions d'années sur sa planète d'origine à cause des Envahisseurs qui l'ont chassée des étoiles. Et Diaspar regorge tellement de choses à faire et à voir que personne ne songe même à quitter la ville. Sauf Alvin, notre héros, qui ne peut pas s'empêcher de se demander s'il y a quelque chose d'autre sur Terre...

Ce roman, c'est de la science-fiction, de la vraie de vraie. J'en lis peu et je sens bien que je manque de repères pour en saisir toute la portée. Je vous invite donc à lire la page Wikipédia du livre pour en savoir plus, notamment sur la manière dont ce livre reprend les grands thèmes de Clarke (et je dois dire que j'en ai reconnu quelques uns, de l'intelligence artificielle aux entités extraterrestres non-corporelles).

Je peux tout de même vous dire que Clarke m'a vendu du rêve en parlant de ce qui caractérise l'humanité: la curiosité, l'envie d'aller vers les étoiles. Pas parce qu'on n'est pas bien là où on est, juste parce qu'il faut sortir de la cage même si la cage est dorée! J'ai pensé à Clones, un film avec Bruce Willis que j'avais beaucoup apprécié...

Comme un copain me le faisait remarquer récemment à propos de Star Trek, ce livre porte la marque d'une époque où on croyait plus que maintenant aux progrès de la science et où l'avenir était plus prometteur. Même l'Ordinateur central tout puissant et omniscient, qui contrôle le moindre détail de Diaspar, n'est pas présenté comme quelque chose de négatif; il joue simplement son rôle sans dévoiler pour quoi il est programmé, et il faut composer avec lui. Je trouve cette vision de l'avenir plutôt rafraîchissante et agréable. En plus, Clarke unit très bien l'évolution technologique à celle sociétale, les deux allant de pair, et il sait créer des univers parfaitement plausibles.

Le passage que je ne veux pas oublier: l'introduction absolument grandiose, deux pages épiques sur Diaspar et sa place unique dans l'histoire de l'humanité.

Et maintenant? Je pense que je m'achèterai Rama quand j'en aurai l'occasion, car c'est le grand cycle de Clarke avec 2001. J'ai un peu de mal avec cette idée car je suis à peu près sûre que ma mère adorait ces livres, et qu'à l'heure actuelle tout ce qui me vient de ma mère me hérisse.... Mais bon je ne vais pas me priver tout de même! :) (Et puis si ça se trouve je me trompe, et je ne peux pas vérifier vu que tous ses bouquins ont été jetés après son décès!)

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
2001: L’odyssée de l'espace
2010: Odyssée deux
2061: Odyssée trois
3001: L'odyssée finale

mardi 17 novembre 2015

Le Fantôme venu des profondeurs (1990)

Un livre de SF qui parle du Titanic? Écrit par Arthur C. Clarke en plus? Imaginez ma tête quand je suis tombée sur ce bouquin! Joie bonheur!


Bon, en réalité, on ne parle pas du Titanic "de son vivant", mais de deux tentatives parallèles de le ramener à la surface.

Nous sommes à la fin des années 2000 et le centenaire du naufrage du célèbre paquebot approche. Les médias commencent à s'y intéresser. Deux grandes sociétés, l'une britannique et l'autre japonaise, se penchent sur la possibilité de ramener l'épave à la surface. Avec les progrès de la technologie, un tel rêve est-il réalisable, et à quel coût?

Un plongeur devenu célèbre à cause d'un poulpe géant, un ingénieur qui a révolutionné l'industrie du verre, un couple de mathématiciens passionnés par les ensembles de Mandelbrot: voici les principales figures entraînées dans ces projets... titanesques.

Arthur C. Clarke est vraiment un Très Grand Écrivain. C'est difficile d'expliquer ce qui rend ses livres aussi prenants. Il y a d'une part le fait que sa plume est très claire. Qu'il parle des émotions de ses personnages ou de leurs expériences scientifiques, il s'exprime toujours avec concision et justesse, sans en faire trop et en faisant confiance à l'intelligence de son lecteur. En même temps, quand il ne dit pas tout, on sent que c'est délibéré et que l'information nous sera fournie en temps voulu, ce qui donne envie d'avancer.

D'autre part, il a le sens de l'émerveillement. Ce n'est pas ce qui a joué le plus ici, mais il s'en dégage tout de même quelque chose d'excitant et de stimulant. Peut-être que ma sympathie personnelle pour le Titanic a joué, mais vous ne trouvez pas que c'est un pitch drôlement excitant, remonter une épave gigantesque qui repose par 4 000 mètres de fond? 

En plus, l'humour ne gâche rien. Pas que ce livre soit drôle, mais il y a de petites remarques qui donnent le sourire, et j'ai même relevé quelques blagounettes.

"1 Jannuary 2001 would be an anticlimax, except to a few movie buffs." 

Le fait qu'on touche à plein de domaines scientifiques fait aussi partie du plaisir. On se penche ici sur les propriétés du verre, la plongée sous-marine et surtout les ensembles de Mandelbrot, un truc que je ne saurai vous expliquer mais qui est traité de manière très intéressante. (J'ai ressorti un vieux numéro de Science & Vie qui en parlait et je vous assure que Clarke explique beaucoup mieux que le journaliste de quoi il s'agit.) Le fait que ces données soient couplées à de l'anticipation que je trouve très plausible a renforcé mon enthousiasme.

Deux élément ont cependant tempéré mon plaisir de lecture.

- Le résumé de la quatrième de couverture de mon édition (Orion Books), qui laisse penser que l'intrigue tourne principalement autour d'un élément qui n'est en fait que secondaire. Pour tout vous dire, je m'étais trompée de fantôme!

- Le fait que je me sois spoilé la fin en lisant le résumé du roman sur Wiki. Lol.

The Ghost from the Grand Banks n'est peut-être pas le livre de Clarke à lire en priorité (je suppose que c'est 2001 qui est incontournable), mais n'hésitez pas s'il vous donne envie. Vous avez l'assurance de passer un bon moment de science-fiction sérieuse et intelligente.

Et un auteur qui remercie ses contacts de la CIA et du KGB qui ont souhaité garder l'anonymat, c'est la classe, non? 

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Les Fontaines du Paradis

lundi 13 avril 2015

Les Fontaines du Paradis (1979)

Chronique express!


Une lecture qui traînait dans ma tête depuis longtemps. Je remercie chaleureusement le journaliste de Science & Vie qui a cité ce bouquin dans son article il y a fort longtemps (lointaine époque à laquelle j'étais abonnée à Science & Vie et trois autres magazines....). Un vrai plaisir de retrouver Arthur C. Clarke, aussi bien hors Odyssée qu'en Odyssée. Les Fontaines du Paradis raconte la conception et la construction d'un ascenseur spatial sur une île de l'océan Indien. Clarke mélange admirablement l'aspect scientifique de la chose, très clairement expliqué au lecteur mais néanmoins dense, et l'aspect humain avec une étude assez fine des forces en présence. Parfois, les chapitres sont séparés de plusieurs années, parfois de seulement quelques minutes, dans un tout cohérent dans lequel l'Émerveillement face à l'espace est vraiment mis en avant. Ajoutez une plume très sobre et agréable à lire et vous avez un grand Livre que j'ai adoré (malgré que je l'aie lu dans de très mauvaises conditions, par tout petits bouts, à cause d'un emploi du temps surchargé).

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