samedi 19 janvier 2019

Selected Tales (1832-1849)

Quand j'ai lu Poe en anglais il y a bientôt quinze ans, je suis, globalement, passée à côté: à part deux nouvelles que j'avais lues en français au collège (quelques années plus tôt, donc), la dizaine de texte que j'ai lus m'a laissée de marbre, quand je n'ai pas, tout simplement, rien compris. Mais j'ai voulu redonner une chance à cet écrivain majeur dans le genre du fantastique...

Le recueil Selected Tales de Penguin réunit des textes très disparates, dont quelques-uns des plus célèbres de cet auteur, et me semble constituer un bon aperçu de son œuvre. Il est peut-être un peu long si vous n'êtes pas sûr d'aimer, par contre; il fait à peu près 400 pages. (Je précise que cette édition a une police de caractères plutôt petite.) J'y ai repéré trois grands thèmes (le fantastique, le meurtre et l'enquête, parfois mêlés), mais certains textes sont tout à fait hors catégorie.


Les choses ont très mal commencé avec The Duc de l'Omelette (1832) et MS. Found in a Bottle (1833), que j'ai dû lire une deuxième fois après en avoir lu le résumé en ligne tellement je n'avais rien compris à la première lecture. Tout ça pour découvrir que... en fait... j'avais compris. J'ai un peu paniqué en pensant qu'il me restait 380 pages à lire...

The Assignation (1834), qui se passe à Venise, a relevé le niveau. Ce n'est pas un texte très marquant et j'ai dû consulter mes notes pour me souvenir de quoi il parlait, mais je l'ai lu avec bien plus de plaisir que les deux précédents.

Ligeia (1838), que j'avais déjà lue, m'a beaucoup plu; c'est du fantastique classique comme on l'aime, avec une atmosphère lugubre et macabre. Notez qu'il est judicieux de lire cette nouvelle quand on s'intéresse à Hellboy, histoire de comprendre le titre d'un certain album...

How To Write a Blackwood Article (1838) m'a à nouveau perdue. Je pense qu'il y a une certaine mise en abyme des textes de Poe dans ces conseils pour écrire un article, mais c'est TELLEMENT ampoulé et confus, ça m'est tombé des mains. J'ai dû le relire en diagonale après avoir lu le résumé sur le net...

Sont ensuite venues The Fall of the House of Usher (1839), du fantastique lugubre à souhait (youpi; et dire que je n'avais pas du tout aimé quand je l'avais lue la première fois!), William Wilson (1839), une histoire de double un peu inquiétante, et The Murders of the Rue Morgue (1841), un texte que j'aime beaucoup et qui mêle à la perfection enquête policière rigoureuse et un petit côté suranné et improbable. Un beau trio.

J'ai ensuite désespéré avec A Descent into the Maelström (1841) et The Island of the Fay (1841), qui m'ont ennuyée (malgré un joli paragraphe de fin dans ce dernier texte), et The Colloquy of Monos and Una (1841), dont je n'ai pas compris l'intérêt...

Les choses sont reparties avec The Oval Portrait (1842) et The Masque of the Red Death (1842), deux textes fantastiques qui fonctionnent bien sur moi. L'histoire du portrait ovale est prévisible, mais belle et efficace. Quant à la Mort rouge qui se balade dans le palais du roi Prospero, c'est un texte que j'adore et qui a eu une influence déterminante sur moi quand ma prof de français me l'a fait lire en 3e. C'est macabre, c'est gothique, d'aucuns trouveront que l'auteur prend trop la pose, mais je ressens le même frisson et la même excitation à chaque fois. Cette nouvelle me fait le même effet que The Outsider de Lovecraft (auteur qui doit beaucoup à Poe, bien sûr).

Malgré le retour de Dupin, l'intelligent enquêteur de la rue Morgue, The Mystery of Marie Rogêt (1842) ne m'a pas tout à fait convaincue, en partie à cause de sa conclusion (divulgâcheur: il n'y en a pas. On ne sait pas qui est le tueur).

The Pit and the Pendulum (1842), une histoire de torture dans les donjons de l'Inquisition à Tolède, n'est pas très marquante et a une fin inattendue qui m'a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe.

The Tell-Tale Heart (1843), une histoire de meurtre parfait, est un texte sympathique qui rappelle le célèbre Chat noir. Il est un brin inquiétant.

The Gold-Bug (1843) est un texte résolument à part puisqu'on part sur les traces d'un trésor! S'il est un peu longuet par moments, il n'en est pas moins très plaisant. Un bel exemple de la diversité de Poe.

The Black Cat (1843) est un grand classique, que j'avais lu en 3e en même temps que Le Masque de la Mort rouge. J'aime beaucoup sa petite chute ironique.

The Premature Burial (1844) est un peu décevante mais néanmoins efficace en ce qu'elle joue sur une peur bien compréhensible: être enterré vivant...

The Purloined Letter (1844) marque la troisième apparition de Dupin, l'enquêteur, et est vraiment très sympathique. Cette histoire de lettre compromettante volée m'a beaucoup fait penser à Un scandale en Bohème de Conan Doyle, forcément...

The Imp of the Perverse (1845) rejoint The Tell-Tale Heart et The Black Cat dans la catégorie des hstoires de meurtre en mettant l'accent sur la perversité, cette envie de faire quelque chose parce que nous savons que nous ne devons pas la faire.

The Facts in the Case of M. Valdemar (1845) m'a beaucoup plu. Elle mélange un élément qui se veut rationnel, le mesmérisme, et un élément mystérieux et surnaturel lié à la mort comme le ferait un Maupassant ou un Conan Doyle. La fin est répugnante à souhait et trouverait parfaitement sa place chez Lovecraft.

Malheureusement, ce recueil s'est terminé sur trois textes décevants: The Cask of Amontillado (1846), une histoire de meurtre bien partie mais à la fin décevante, The Domain of Arnheim (1847), une longue considération sur la beauté du jardin idéal (je crois), et Von Kempelen and His Discovery (1849), un texte mineur.

En bref

Malgré des moments d'ennui profond, je suis contente d'avoir enfin sorti ce recueil de ma pile à lire, où il traînait depuis au moins trois ans. Poe est un auteur très intéressant qui a marqué la littérature anglophone dans bien des domaines et il me semble important de le lire. Ce que je trouve difficile chez lui, c'est d'une part une langue parfois très ampoulée, avec des Grands Idéaux Philosophiques et Esthétiques qui me semblent aussi pompeux que fumeux et des citations latines à tout va, ce qui m'évoque beaucoup plus le XVIIIe siècle que le XIXe, et d'autre part le manque d'intérêt total que je ressens devant certains textes, comme MS. Found in a Bottle, dont j'ai impatiemment attendu la fin, ne ressentant aucune forme d'empathie pour son narrateur malgré un sujet qui aurait pu (et dû?) me plaire.

Bon, entendons-nous, lire Poe en anglais me semble un sacré challenge, c'est certainement un des écrivains qui m'a donné le plus de fil à retordre...

Certains textes, par contre, sont efficaces et marquants et valent vraiment le détour. Mon conseil serait de commencer petit avec lui, pour ne pas faire d'indigestion. 😀 Je le trouve aussi intéressant du fait de l'univers très européen de son œuvre. C'est certainement l'auteur américain le plus européen que j'aie jamais lu. Est-ce à cause de son époque? Après tout, je crois qu'il le seul écrivain américain du XIXe que j'aie jamais lu. Ou est-ce parce que certains thèmes et le format de la nouvelle m'ont évoqué Conan Doyle, que Poe a clairement influencé? Je ne saurais le dire...

Allez donc voir ailleurs si Poe y est!
Lorhkan parle du premier recueil de l'édition de la Pléïade, qui contient pas mal de textes cités ici.

lundi 14 janvier 2019

Transformers 5 (2017)

Il y a un peu moins d'un an, j'étais partie pour revoir tous les films Transformers en vue de me préparer à la sortie de Bumblebee. Tout s'est malheureusement enlisé après le 4, qui est quand même vachement nul (je vous en ai parlé ici). Bref, Bumblebee est sorti le mois dernier et ce n'est que maintenant que je me suis repenchée sur le 5, The Last Knight, dont je vous avais déjà touché deux mots ici au moment de sa sortie.


Bon. Vous le savez, je suis très friande des Transformers, donc je me contente d'à peu près n'importe quoi à partir du moment où ça se transforme, ça roule très vite et ça fait de beaux discours virils sur le sacrifice et la liberté. Et je pense que ce cinquième opus est quand même mieux que le quatrième. Déjà, il y a plein de chevaux. Ensuite, il y a plein d'épées. Et puis Megatron est plus classe que jamais. Il y a plein de voitures qui roulent très vite. Il y a les Dinobots et des bébés Dinobots, la chose la plus mignonne que j'aie jamais vue. Et puis Josh Duhamel est de retour. Et puis il y a deux personnages féminins parlants.

Moi Megatron. Moi Decepticon. Moi mâle viril. Moi grosse bit*.

Mais quand même. Ça part dans tous les sens, ça complique encore plus l'histoire passée des Transformers (qui avait déjà atteint des sommets dans les films précédents), ça ne creuse rien. Optimus Prime est reparti sur Cybertron pour affronter ses créateurs à cause des évènements du 4, dont je ne me souviens plus très bien. En arrivant, il est étonné de voir sa planète en ruines, alors qu'on sait depuis le tout premier film que Cybertron a été détruite par la guerre entre les Autobots et les Decepticons (et que Merlin le dit au début de ce film, en plus, c'est quand même fou d'ignorer son propre scénario, non?).

Bon. Optimus trouve une créatrice, Quintessa, qui a pour projet de détruire la Terre pour reconstruire Cybertron, parce que la Terre n'est pas une planète comme les autres mais la célèbre Unicron (jamais citée dans les films précédents). Bref, non seulement le Cube a atterri sur Terre dans le 1, non seulement les Transformers sont venus récolter notre Soleil dans le 2, non seulement les Decepticon ont planqué une armée sur la Lune dans le 3 et non seulement les créateurs des Transformers ont anéanti les dinosaures pour créer les Transformers dans le 4, mais en plus la Terre est une espèce de double de Cybertron. J'en peux plus.


Ce qui est aussi très contrariant dans ce film, c'est les déplacements totalement aléatoires des personnages. Quand la TRF (une force paramilitaire dédiée à la chasse aux Transformers), l'armée et quelques Decepticons s'attaquent à Cade Yeager (Mak Whalberg) dans sa décharge, on ne comprend vraiment pas qui est où. Les dinobots déboulent sur la route en venant de la direction opposée à la décharge (?!?) et en se cassant la figure. La scène en jette, mais pourquoi viennent-ils de cette direction-là?? Pourquoi se cassent-ils la figure d'emblée?? Par la suite, pourquoi les Decepticons laissent-ils les Autobots tranquilles dans la ville abandonnée? (Et au sujet de la ville abandonnée: pourquoi quelqu'un fait-il le ménage dans un hôtel abandonné?!?) Pourquoi mettent-ils autant de temps à traverser l'Atlantique pour rejoindre Cade Yeager au Royaume-Uni?


Et puis que foutent les cinq chevaliers qui veulent exécuter Optimus quand Optimus est en train de voler le bâton de Quintessa? Pourquoi ne pas défendre leur bâton quand il en est encore temps au lieu de mettre le voleur à mort cinq minutes plus tard?

Et puis toute cette histoire de société secrète et de collaboration des Transformers et des humains depuis l'âge du roi Arthur, c'est chouette pour avoir des Transformers chevaliers qui se battent à l'épée et s'assemblent en dragon, mais quid du Secteur Sept du premier film? Quid de la présence de Megatron surgelé dans le barrage du Secteur Sept? Quid des Decepticons qui ont mis fin au programme lunaire américain dans le 3?

Bref. On pige de moins en moins au fur et à mesure qu'on avance dans cette franchise. L'avantage c'est qu'on ne regarde pas les films Transformers pour comprendre quelque chose en particulier mais pour voir de belles voitures rouler très vite, balancer quelques vannes et se transformer en robot pour combattre au milieu d'explosions gigantesques. Et sur ce point on est servis. Michael Bay est bac +8 en explosions. C'est fantastique. 😂

Et puis dans ce film j'aime bien Vivian Wembley (jouée par Laura Haddock), qui malgré un décolleté scan-da-leux dans le château de Sir Burton (Anthony Hopkins) relève nettement le niveau après les deux blondes inutiles des films 3 et 4. Elle a un cerveau et prend des décisions. Ouf.

Le personnage de Vivian a deux doctorats, je crois. Voilà, voilà.


Sinon, le grand avantage de ce film est qu'il y a plein de Transformers: les Autobots du 4, Optimus et Bumblebee nos héros habituels, Megatron en grande forme, des Decepticons très sympas (la négociation de leur libération est d'ailleurs très amusante, même s'ils sont sous-exploités par la suite), Quintessa, ses anciens chevaliers (pourquoi l'ont-ils trahie, d'ailleurs? Pourquoi n'a-t-elle pas essayé de récupérer son bâton qui est sur Terre depuis 1600 ans? On ne le saura jamais), la version dragon de ces chevaliers, les Dinobots, un vieux char d'assaut de la Première Guerre mondiale, la voiture de Vivian. Du plaisir. Et comme toujours l'image de synthèse fait bien son boulot, on est bien au-dessus de la bouillie de certaines grosses sorties des années 2010. 😉

Bref voilà. Un film totalement décérébré. À voir uniquement si vous avez un niveau d'exigence assez bas... Ou si vous êtes un/une groupie irrécupérable. 😂😍

mercredi 9 janvier 2019

Bilan 2018 - Lectures

Après le bilan cinéma, passons maintenant au bilan de mes lectures en 2018.

Du point de vue quantitatif, je suis contente: j'ai lu 67 livres, ce que je trouve fort respectable. C'est exactement le même nombre qu'en 2017 et un peu plus qu'en 2016 (55) et 2015 (59). Cela signifie que j'arrive, avec de la bonne volonté, à lire plus d'un livre par semaine en moyenne.

Livres marquants
Du point de vue qualitatif, j'ai été satisfaite par la plupart de mes lectures, ce qui est très positif. Parmi les découvertes, je retiens tout particulièrement:
A Fall of Moondust d'Arthur C. Clarke (ici)
Une histoire sans nom de Barbey d'Aurevilly (ici)
Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworsky (ici)
Le collier de la reine d'Alexandre Dumas (ici)
The Tenant of Wildfell Hall d'Anne Brontë (ici)
Ghostwritten de David Mitchell (ici)


Auteurs que j'ai lus plusieurs fois
Émile Zola est en tête avec cinq lectures (ici, ici, ici, ici et ici), dont quatre liées au fait que je relis les Rougon-Macquart avec Tigger Lilly.
Irène Némirovsky en comptabilise trois (ici, ici et ici).
Viennent ensuite plusieurs auteurs que j'ai lus deux fois: Marie Brennan (ici et ici), Philippe Delerm (ici et ici), Arthur Conan Doyle (ici et ici), Alexandre Dumas (ici et ici), Alexander McCall Smith (ici et ici), Gaston Leroux (ici et ici), Agatha Christie (ici et ici) et Mary Higgins Clark (ici). La plupart de ces noms reviennent d'ailleurs tous les ans...

Les critiques
Un seul livre en espagnol cette année (ici) et AUCUN en italien... 😢

L'objectif
Ma pile à lire contenait 66 livres le 1er janvier 2018. J'aimerais bien qu'elle descende sous la barre des 50, voire des 40. Elle comprend aussi trois bandes dessinées et cinq revues.

Un peu de statistiques
Parmi les billets publiés cette année, les plus consultés confirment une vérité bien connue: pour avoir du trafic, mieux vaut parler de nouveautés et de soi-même! 😁 Quatre billets comptabilisent plus de 230 vues selon Blogger (qui ne filtre pas les robots, je sais, mais c'est la seule source):
Bakhita de Véronique Olmi (ici)
Le tag "En coulisses" (ici)
Le billet des sept ans du blog (ici)
La Faute de l'abbé Mouret d'Émile Zola (ici)

Du côté des revues
Début 2018, je m'étais donné pour objectif de lire une revue par mois en plus de Cheval Magazine. C'est chose faite. Je suis même allée plus loin puisque j'ai lu seize revues, notamment des hors-séries de Mad Movies, deux numéros de Translittérature, la revue de l'Association des traducteurs littéraires de France, et deux revues sur les expositions que j'ai visitées. On continue en 2019.

Du côté des bandes dessinées
2018 aura surtout été l'année des BD. J'en ai lu 35, ce qui est tout à fait inouï!! Courtney Crumrin et Le Chat du rabbin y sont pour beaucoup avec leurs sept et huit tomes. Globalement, le chat est un thème très récurrent. Vous pouvez retrouver tous mes avis sous l'onglet Bandes dessinées et comics.

Et voilà. Un bilan très positif, donc. J'attaque 2019 déterminée à être aussi efficace, sans toutefois oublier que le plus important reste... de passer un bon moment à lire! 😃

samedi 5 janvier 2019

Bilan 2018 - Cinéma

Comme tous les ans, place aux traditionnels bilans de fin d'année!


Pour commencer ce bilan cinéma, je reprendrai les mots du bilan 2017: en 2018, la tendance à la baisse a inexorablement continué: je ne suis allée au cinéma que 41 fois, soit encore moins qu'en 2017 (44 séances). C'est une ca-tas-tro-phe. Les raisons sont toujours les mêmes, à savoir trop d'activités sportives (un comble pour une paresseuse! 😱), une flemme généralisée et une programmation pas tout à fait à mon goût dans mon cinéma.

Malgré cela, qu'est-ce qui a retenu mon attention?

Les films qui ont fait mon année
Bein, en fait, il n'y en a pas beaucoup. Je me rends compte que j'ai beau adorer les films d'actions spectaculaires sur le coup, il ne m'en reste pas grand-chose plusieurs mois plus tard. Citons tout de même:
 StarWars: les derniers Jedi (ici)
Pacific Rim: Uprising (ici)
Jurassic World: Fallen Kingdom (ici)
Spider-Man: New Generation (ici)
Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald (ici)
Bumblebee (ici)
Mise à jour du 7 janvier: J'oubliais Three Billboards (ici) et Black Panther (ici)!!

Les séances UGC Culte, de belles découvertes ou redécouvertes
Je dois dire que les films qui m'ont marquée sont plutôt les vieilleries que j'ai enfin découvertes ou eu le plaisir de revoir sur grand écran.
Le labyrinthe de Pan (ici)
Bienvenue à Gattaca (ici)
Le silence des agneaux (ici)
Fight Club (ici)
Beetlejuice (ici) 
StarTrek: le film (dans le cadre d'un festival, pas d'UGC Culte) (ici)

Un petit Tom Cruise
Ethan Hunt a repris du service dans Mission: Impossible - Fallout, film plaisant mais pas bien marquant sur le long terme (ici).

Un film tout en douceur
Kedi, des chats et des hommes, un documentaire tout choupinou sur les chats d'Istanbul (ici). Rien de bien mémorable encore une fois, mais une bulle de félinité fort agréable.

Voilà, voilà. On espère faire mieux en 2018, hein? L'idée serait de voir plus de films de qualité et de ne plus me déplacer presque exclusivement pour des films à grand spectacle. Mais pour tout vous dire, ça me semble mal parti vu le programme de la première semaine de 2019: Mortal Engines et Aquaman! 😂😂

mardi 1 janvier 2019

La gamelle de décembre 2018

Bonne année 2019, chers lecteurs! J'espère que vous avez fêté la nouvelle année comme vous le souhaitiez. 😊

Avant de passer aux traditionnels bilans de fin d'année, voyons ce que m'a réservé décembre avec le dernier bilan mensuel de 2018!

Sur petit écran

Comme à peu près tout le monde, j'ai regardé Harry Potter sur Netflix. C'était vraiment super. Vous pouvez retrouver mon récapitulatif ici.

Wall-e d'Andrew Stanton (2008)


À l'occasion de la lecture d'un magazine sur Pixar (voir plus bas dans cette gamelle), j'ai profité d'une séance de cinéma avortée pour faire un petit retour en arrière avec ce film merveilleux. Wall-e a tout pour lui: graphismes, musique, histoire, sous-texte, personnages, humour, émotion. Je ne l'avais peut-être pas revu depuis sa sortie au cinéma et ça a été un réel plaisir. 😍😍

Sur grand écran

Gravity d'Alfonso Cuarón (2013)
J'ai revu ce film dans le cadre d'un festival du film documentaire ayant pour thème l'espace, grâce auquel j'avais déjà vu Star Trek: le film. C'était un vrai plaisir de le redécouvrir sur grand écran et je l'ai (encore) plus apprécié qu'à sa sortie (à l'époque, tout le monde en disait tellement de bien que j'avais limite été déçue). Il est superbe visuellement (la Terre vue du ciel 💖) et parle d'une vieille histoire qui me parle toujours autant, le retour à la vie de quelqu'un qui est au bout du rouleau. Le seul petit bémol concerne l'accumulation de galères de Ryan; il n'était peut-être pas nécessaire qu'elle coule et manque de périr noyée à la fin, par exemple. Mais sinon c'est vraiment un très très beau film.

The Theory of Everything [Une merveilleuse histoire du temps] de James Marsh (2014)
Toujours dans le cadre du festival du film documentaire, j'ai pu rattraper ce biopic sur Stephen Hawking, que j'avais loupé lors de sa sortie. Il me semblait en avoir entendu beaucoup de bien et je croyais que ça parlait de son parcours de scientifique et de ses recherches malgré la maladie. J'ai donc été surprise qu'on parle surtout de sa vie privée et amoureuse. En fait, c'est l'adaptation du livre de Jane Wilde, l'ex-femme de Stephen Hawking. Une fois qu'on sait ça, c'est un beau film très humain extrêmement bien joué, tant par Eddie Redmayne qui avait un rôle difficile que par Felicity Jones qui passe par tout le spectre des émotions humaines, et une belle leçon de vie. Il faut juste savoir qu'on ne va pas parler du temps et de l'espace, en fait. ^^

Spider-Man: Into the Spider-Verse de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothmanbla (2018)


Film d'animation très réussi. Tout y est: humour, histoire, rythme, sentiments (mais pas trop trop non plus). L'image a une espèce de gros grain rappelant le comics et un petit air de street art qui n'est pas du tout mon genre mais qui a su me séduire dans le contexte de New York, et le film assume complètement son origine dans les comics, par exemple avec des carrés de texte montrant les pensées des personnages. Super chouette.

Robin Hood d'Otto Bathurst (2018)
La bande-annonce m'avait promis qu'on aurait Assassin's Creed à Nottingham et n'avait pas menti. On est un peu au niveau zéro du film d'action mais j'ai adoré: chevaux superbes, plans "stylés" au ralenti, combats à l'arc, tenues au style moderne improbable dans l'Europe du XIIe siècle, c'était formidable. Toutefois, on regrettera la remarquable absence des femmes dans cet univers, sauf dans le cas des décolletés de Marian...

Oscar et le monde des chats de Gary Wang (2018)
Bon, il fallait que je voie ce film d'animation vu que c'est une histoire de chats, mais c'est très dispensable. Au-delà du fait que c'est un film pour enfants sans le double niveau de lecture ou l'universalité qui permet à tant de dessins animés de toucher aussi (voire plus) un public adulte, il y a un vrai problème de rythme et de scénario. Le début est confus et à mon avis difficilement compréhensible pour un enfant à cause de va-et-vient dans le temps et de scènes sans aucun dialogue. La fin est étrange, à nouveau difficilement compréhensible et dégoulinante de guimauve. Il y a aussi une chanson SUPER BIZARRE qui m'a fait soupçonner un décalage culturel insurmontable avec la Chine. 😕 Bref, passez votre chemin, même pour vos enfants/neveux/petits enfants/amis mineurs. Je retiendrai uniquement le gros chat de gouttière noir qui est très joli, et l'animation des fourrures des chats qui donne envie de faire de gros câlins.

Les animaux fantastiques. Les crimes de Grindelwald de David Yates (2018)
Après avoir revu tous les Harry Potter sur Netflix, j'ai enfin pu filer au cinéma voir Grindelwald. J'ai adoré. Je suis décidément très fan de cette nouvelle franchise avec des personnages adultes et sans jeu de piste (le truc typique des HP, où nos héros collectent des indices tout au long des années scolaires). Bon, j'aurais aussi dû revoir le 1, j'ai eu du mal à remettre certains personnages, mais j'ai trouvé ça chouette: les animaux fantastiques merveilleux et drôles (même si j'aurais aimé en voir plus, bien sûr), un méchant tout en manipulation et retenue (après des rôles grotesques, je reprends Johnny Deep au sérieux), des sorciers et sorcières qui doivent faire leur choix en fonction de leur vécu et leur souffrance personnelle. J'ai noté quelques bémols (la scène de l'évasion nocturne du début: tout était tellement sombre que je n'ai rien vu), incohérences/incompréhensions (pourquoi Grindelwald tue-t-il un de ses propres suiveurs, l'asiatique je crois?) et contrariétés (le personnage de Queenie est d'une stupidité poussant à l'étranglement), bien sûr, mais j'ai néanmoins adoré. Je vous invite à lire les avis plus gris de Tigger Lilly et Vert.

Bumblebee de Travis Knight (2018)


Le retour des Transformers au cinéma et un nouveau départ pour une franchise qui était plus qu'essouflée – disons que le 4 et le 5 semblaient rivaliser dans les incohérences. Bumblebee part dans une tout autre direction puisqu'il s'adresse à un public plus jeune, met en avant l'amitié, présente un nombre limité de Transformers (à part quelques minutes sur Cybertron mobilisant de véritables armées, l'intrigue tourne autour de trois Transformers seulement) et n'implique ni la destruction d'une ville ni un personnage féminin sexy et plus ou moins inutile. On revient un peu aux sources du premier avec une héroïne mal dans sa peau, impopulaire et affublée d'adultes à visée comique et déconnectés de la réalité. Je pense que les Transformers se sont offert leur E.T. ou autre film de ce genre des années quatre-vingt. 😊 Même le look d'Optimus me semble avoir évolué pour rejoindre celui du dessin animé d'origine! ^^ J'ai relevé pas mal de références au premier film mais il faudra que je le revoie pour bien les relever. Hailee Steinfeld et John Cena portent très bien les rôles principaux. Le seul vrai problème, c'est la cohérence avec la chronologie des films précédents, mais je pense vous en parler plus longuement quand je le reverrai (car oui, je compte le revoir, bien sûr).

Du côté des séries (et de tout ce que je ne fais pas)

Séries: zéro. Comme le mois dernier et le mois précédent, je garde cette catégorie dans le billet juste pour me mettre la pression. ^^ Par contre, j'ai écouté deux épisodes de Procrastination, le podcast sur l'écriture d'Elbakin, ce qui m'a permis de clore la saison 1. Deux ans après l'avoir commencée. Voilà.

Du côté des BD


Crapule de Jean-Luc Deglin (2017)
Énième BD de chats. J'ai beaucoup aimé. C'est mignon mais un peu triste aussi parfois. Crapule a un côté petit chat hirsute abandonné qui m'émeut (quant à la couverture, elle pourrait me faire pleurer). Il vit avec une fille qui a l'air freelance, ça m'a beaucoup parlé. Ce n'est pas aussi drôle que d'autres BD du genre mais c'est très sympa. C'est en noir et blanc (ou plutôt noir et bleu).

Madame: L'année du chat (2015) et Madame: Un temps de chien (2017) de Nancy Peña
Énième BD de chats. (Oui, j'en lis tous les mois depuis six mois.) Très sympa également. Madame est une petite chatte espiègle qui vit avec une jeune femme. Contrairement à beaucoup d'œuvres similaires, Madame assume complètement le statut de "bébé" du chat domestique; certains gags pourraient être repris à l'identique avec un nouveau-né ou un jeune enfant. C'est plus drôle que Crapule. (Mais je recommande les deux, hein.) C'est en noir, blanc et vert.

Le dieu vagabond de Fabrizio Dori (2019)
Une bien belle bande dessinée à paraître chez Sarbacane. J'ai pu la lire en avance car mon copain, libraire depuis peu, l'a reçue de la part de l'éditeur. Je l'ai d'abord trouvée très déroutante: le dessin est variable d'une page ou d'un chapitre à l'autre et certaines cases n'étaient pas du tout à mon goût. Mais je me suis habituée et j'ai apprécié ce travail de dessin considérable qui donne une atmosphère particulière à chaque environnement, avec des couleurs éclatantes et superbes. On suit les péripéties d'un satyre qui essaye de rendre un service à une déesse pour retrouver sa propre divinité, qu'il a perdue depuis quelques siècles. Sûrement très agréable pour les férus de mythologie grecque (j'ai apprécié nombre de références alors même que je n'y connais rien ^^), c'est un beau voyage dans un univers à la croisée du nôtre. Je vous invite à jeter un coup d’œil sur le site de l'éditeur; on peut y consulter deux planches très différentes.

Et le reste


En plus de mon Cheval magazine habituel, j'ai lu un hors-série de l'Écran Fantastique consacré à Pixar, qui était sorti cet été à l'occasion des Indestructibles 2. C'était passionnant, bien sûr, et j'ai eu envie de voir ou revoir chacun de leurs films, d'où mon visionnage de Wall-e. Quant à trouver le temps de le faire, c'est une autre histoire...

Le temps semble toujours manquer mais ce mois de décembre a au moins été très positif du point de vue cinématographique: je n'avais probablement fait sept séances en un mois depuis deux ans! 😃

Dans les prochains jours, place aux traditionnels bilans de fin d'année!

vendredi 28 décembre 2018

Le Sans Dieu (2017)

Chronique express!

L'année 2018 se termine sur une note négative avec Le Sans Dieu de Virginie Caillé-Bastide. À la base, j'ai découvert ce roman de la rentrée littéraire 2017 grâce à Oukoulou et je l'ai offert à mon copain, qui adore les pirates. Il n'a pas trop aimé mais j'ai souhaité le lire quand même.

Après vingt essais ratés, j'ai décidé d'abandonner tout espoir de prendre une photo rendant un minimum honneur à cette belle couverture. Source de l'image.

Outre le fait que le scénario comporte des éléments tirés par les cheveux et clichés (genre le lieutenant qui découvre qu'il est le fils de son capitaine...), l'histoire de l'Ombre, ce Breton devenu pirate pour fuir son quotidien où il a vu tous ses enfants mourir durant la famine de l'hiver 1709, est éminemment fastidieuse à cause de sa rédaction désuète et mal maîtrisée. C'était une bonne idée de vouloir rédiger "à l'ancienne", mais ça ne passe pas du tout. Dès les premières pages, croiser l'imparfait du subjonctif dans la bouche de manants illettrés du XVIIIe m'a laissée perplexe, et la chose ne s'est pas arrangée par la suite (un exemple amusant: "Si d'aventure tu croises nos hommes le premier, recommande-leur de grande gueule fermer!" 😂). En outre, il y a pas mal de répétitions dans les réactions des personnages (par exemple, tout le monde est toujours très énervé et se retient se souffleter son interlocuteur) et les dialogues sont assez creux, y compris ce qui est censé constituer le sel du livre, le débat de l'Ombre, pirate cruel et sanguinaire qui a renié Dieu (d'où le nom de son navire), et d'un jésuite qu'il a capturé en abordant un bateau espagnol. (Par contre, le personnage du jésuite est plutôt sympathique.)

Le Sans Dieu a été publié aux éditions Héloïse d'Ormesson, que je découvrais à cette occasion. Ça ne m'a pas inspiré confiance. Il me semble que le rôle de l'éditeur consiste justement à expliquer à un auteur que son livre n'est pas publiable en l'état et qu'il faut retravailler... (L'éditrice a aussi tenu des propos assez contrariants suite au mouvement Paye ton auteur mais je n'ai plus les détails en tête.)

Enfin, tout cela n'est point grave. Il arrive de se tromper et ce roman a de toute façon l'avantage de bien des livres de littérature contemporaine: il se lit vite! 😊

lundi 24 décembre 2018

In the Labyrinth of Drakes (2016)

Les aventures d'Isabella Camherst, naturaliste spécialiste des dragons et future Lady Trent, continuent avec ce quatrième tome, In the Labyrinth of Drakes. Marie Brennan reprend la même recette que dans les trois premiers romans et ça marche du tonnerre. Je crois même que ce tome est pour l'instant mon préféré (mais peut-être est-ce seulement lié au fait que j'ai lu le troisième de manière un peu décousue, alors que je manquais de temps, et que j'avais eu du mal à raccrocher les wagons entre deux pauses). En tout cas je l'ai lu avec un immense plaisir.


Pour info: j'utilise les noms de peuples et de pays anglais, je n'ai aucune idée de comment tout ça a été adapté en français. ^^

Avertissement: Ceci est un quatrième tome, je vais inévitablement devoir divulgâcher des choses.

Cette fois-ci, Isabella part en Akhia (= l'Arabie, je suppose) pour travailler avec l'armée scirling (= anglaise) et essayer de mettre au point un élevage de dragons. Oui, un élevage de dragons. En effet, maintenant que l'on sait que les os de dragon correctement préservés sont extrêmement légers et résistants et que les Yelangese (= les Chinois, j'imagine) [divulgâcheur] ont réussi à en faire des dirigeables [fin du divulgâcheur] (ouiiiiii je vous promets! 😃), il est urgent que les Scirlings trouvent une source fiable d'os. Donc, il faut élever des dragons. La chose n'a jamais été accomplie. Isabella et Tom Wilker (que nous connaissons depuis le premier tome) reprennent les travaux de leur prédécesseur tout près du désert de Jefi, où les locaux leur capturent des dragons. Andrew, le frère d'Isabella, a réussi à rejoindre le groupe de soldats du site et est donc également présent. Je ne sais plus du tout si on l'a rencontré dans les tomes précédents mais c'est un personnage très sympathique.

Bon, évidemment, rien n'est simple dans un contexte géopolitique belliqueux, et en plus Akhia a ses propres luttes internes, les tribus nomades du désert n'obéissant pas toutes au calife de la capitale. Il faut dire que Marie Brennan est très douée pour créer un univers crédible, certes inspiré du nôtre mais très autonome et plein de ramifications. On ne sait pas tout sur les intrigues politiques des différents gouvernements, mais c'est justement réaliste: Isabella a beau se fourrer souvent dans des situations qui ne la concernent pas, elle n'est pas aux premières loges de la politique; elle est une scientifique de terrain. Les forces à l’œuvre la dépassent et ne l'informent pas de leurs choix stratégiques.

En plus des différents obstacles politiques (et de la tâche difficile d'entretenir des dragons en captivité, sujet abordé avec l’œil scientifique habituel qui fait une partie de charme de cette série!), on voit entrer un scène un personnage du tome 3, à savoir l'archéologue Suhail. HAHA. Le hasard fait bien les choses. J'adore Suhail donc j'ai adoré le retrouver. Et [divulgâcheur] Isabella l'a demandé en mariage de manière totalement inattendue, c'était trop drôle et trop mignon, et voilà notre couple uni pour de bon, c'est formidable, je suis super heureuse [fin du divulgâcheur]. Puis tout le monde part explorer le labyrinthe du titre à la fin, ce qui nous fait plonger dans l'archéologie, c'est formidable. J'ai adoré cette partie.

Voilà. Que du plaisir. Bon, je vous le dis à chaque fois, il y a parfois un petit côté forcé (et oui, cette fois-ci aussi, Isabella dit dix fois qu'elle porte des pantalons et que son comportement fait scandale au pays), mais on s'en fout. C'est frais, c'est drôle, c'est crédible, il y a des dragons, les personnages ont l'air vrai. Bref c'est bien. J'ai hâte de lire le cinquième et dernier tome.

Vous pouvez retrouver mes avis sur les tomes précédents en suivant le tag Marie Brennan ci-dessous. 🐉🐉

(Joyeux Noël si vous passez par ici aujourd'hui ou demain! 🌲)

jeudi 20 décembre 2018

Harry Potter sur écran

C'était l'évènement culturel de l'automne: les Harry Potter sont arrivés sur Netflix! 😀😍 Au rythme d'un par semaine, ils ont rythmé mes mois de novembre et de décembre avec un plaisir immense...

(Note de service: je mettrai des photos quand j'aurai du temps 😜)

Harry Potter and the Philosopher's Stone de Chris Columbus (2001)


Tout commence ici et c'est juste trop mignon. 😍 Comment résister à ce film plein de magie et à la découverte de Poudlard? Faire les courses à Diagon Alley, prendre le Hogarth Express, rencontrer les fantômes, perdre l'équilibre dans un escalier qui bouge tout seul... pour la première fois, c'est juste jubilatoire. Ce film n'a pas de "patte" particulière par son réalisateur, mais c'est un travail collectif très réussi, avec un grand soin des décors et des détails qui rend vraiment honneur au monde de J. K. Rowling. Et Maggie Smith et Alan Rickman sont déjà mythiques dans leurs rôles respectifs.

Harry Potter and the Chamber of Secrets de Chris Columbus (2002)
J'aime beaucoup La Chambre des secrets pour son petit côté "mystère surnaturel" et la plongée dans le passé de l'école. Je trouve que ce tome/film donne du relief à Poudlard et laisse entrevoir à quel point l'univers d'Harry Potter est complexe et plein de ramifications, sans compter qu'il donne la parole à Voldemort, ce que je trouve super intéressant. En plus, c'est très drôle, notamment avec Kenneth Brannagh qui joue Gilderoy Lockart. Et puis on rencontre Lucius Malfoy, formidablement campé par Jason Isaacs (que j'aime à cause de Star Trek Discovery). Dommage que le combat contre le basilisc ne soit pas formidable, voire soit raté par moments, ça ternit un peu le film sur la fin. Mais tout est bien qui finit bien. Les méchants sont vaincus ou attrapés, les gentils sont récompensés, Dumbledore fait un petit discours et tout rentre dans l'ordre. C'est du cocooning et ça fait du bien.

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban d'Alfonso Cuarón (2004)
Comme dans les livres, le troisième opus des aventures d'Harry Potter marque une transition. C'est la fin du cocooning. Certes, ça se termine bien et nos deux innocents sont sauvés, mais ça s'arrête là. Le méchant, cette fois, n'est pas vaincu mais prend la fuite, très content de lui. Et on découvre que le monde et le ministère de la magie peuvent se tromper et persécuter pendant des années la mauvaise personne. C'est fini, le noir et blanc des deux premiers tomes, avec sa distinction assez claire entre les méchants et les gentils.
Je pense toujours que cet épisode est celui que j'aime le moins à cause de la présence du voyage dans le temps, mais en fait le traitement de cet aspect est assez intelligent. J'ai beaucoup aimé. On sent qu'il y a eu changement de réalisateur grâce à quelques efforts de mise en scène, par exemple l'utilisation du portrait de Sirius Black en premier plan pendant que Mr Weasley met Harry en garde au second plan. Alfonso Cuarón a essayé de faire quelque chose d'un peu plus personnel (j'ai bien dit un peu plus, hein, il ne faut pas s'attendre à des miracles non plus). Et je n'avais jamais réalisé que c'est Emma Thompson qui joue Trelawney, c'est juste excellent!
Bref l'aventure continue avec plaisir.

Harry Potter and the Goblet of Fire de Mike Newell (2005)
Après la transition du troisième tome/film, La Coupe de feu marque le passage à l'âge adulte, le vrai. Les Death-Eaters sont de retour, Harry est plus en danger que jamais et la fin, malgré de derniers plans plus sereins, est tout sauf positive. Le livre étant beaucoup plus épais que les précédents, ce film manque un chouïa de quelque chose; il est dommage mais compréhensible de ne pas avoir adapté la partie sur les elfes de maison et la chute de Rita Skeeter (il aurait fallu un film de cinq heures pour tout adapter), mais ça manque un peu d'explications concernant l'évasion du fils Crouch (personne, parmi ceux qui n'ont pas lu le livre, ne s'est demandé comment il avait pu s'évader d'Azkaban sans que personne ne s'en rende compte?) et les piques du faux Moody (le fils Crouch) envers Crouch Senior. Mais c'est néanmoins une adaptation très réussie d'un livre extrêmement riche.
J'ai été moins émue par la fin que d'habitude, peut-être que je grandis...

Harry Potter and the Order of the Phoenix de David Yates (2007)
Un film très enthousiasmant, qui réussit bien à résumer un tome extrêmement dense. Comme toujours, on peut regretter l'absence de certaines choses, mais l'essentiel y est et ça fonctionne très bien. C'est une histoire à la fois très dure et très drôle, un mélange que j'apprécie vraiment. Le comportement d'Harry m'a même semblé beaucoup plus supportable que dans le livre. Un seul regret: la sous-exploitation de Maggie Smith, McGonnagal ayant seulement deux pauvres apparitions.

Harry Potter and the Half-Blood Prince de David Yates (2009)
Un film nettement plus sombre malgré quelques passages hilarants liés aux tribulations amoureuses des protagonistes. La situation est tendue dans le monde de la magie et cela se reflète dans la réalisation. J'ai beaucoup aimé Slughorn, à la fois pour sa vanité et sa comicité que pour ses regrets, qui sont très plausibles. Draco prend de l'épaisseur et Voldemort aussi, d'une certaine manière, et c'est important de connaître et respecter les méchants pour qu'ils fonctionnent. Et puis vient le coup de théâtre final et je pense que Rowling est un génie. ^^

Harry Potter and the Deathly Hallows 1 de David Yates (2010)
Poudlard, c'est fini: nos héros sont en cavale dans la nature. Cet épisode manque de rythme et traîne un peu, je crois que tout le monde s'accorde à dire qu'on s'ennuie dans la forêt... Mais il y a plein de choses intéressantes. Personnellement, je crois que ce sont plutôt les allers-retours dans des tas d'endroits apparemment peu liés entre eux qui me déplaisent légèrement (un coup chez les Weasley, un coup à Londres, un coup dans la forêt puis ailleurs dans la forêt, un coup chez les Lovegood). La mauvaise humeur de Ron arrive aussi un peu vite (alors qu'on sent plus le passage du temps dans le livre et qu'on comprend donc mieux qu'il pète les plombs). La fin, en revanche, est décourageante à souhait avec la mort de ce cher Dobby (et dire que je le détestais lors de ma première lecture de La Chambre des secrets!) et Voldemort qui s'empare de la baguette de Dumbledore.

Harry Potter and the Deathly Hallows 2 de David Yates (2010) 
Retour à Poudlard et combat final de nos héros contre les hordes de Voldemort. J'aime beaucoup ce film malgré l'impression persistante que les acteurs ont les bras ballants et l'envie de m'attarder plus longuement sur certaines scènes. Autant Snape a un vrai passage digne de ce nom qui lui rend hommage, autant j'aurais aimé voir plus longtemps McGonnagal, Albeforth Dumbledore, Hagrid et les enseignants de Poudlard en action... Bon, sinon, j'ai pleuré bien sûr, je trouve ce film déchirant: Snape qui dit "Always" et Lily qui dit à Harry "We never left", c'est trop.
Mon copain trouvant Dumbledore bien insensible d'avoir expliqué à Snape que Harry devait mourir, je lui ai fait remarquer que ce n'est pas de l'insensibilité mais le rôle d'un vrai leader. C'est comme Buffy qui tue Angel à la fin de la saison 2. Elle sait qu'il a récupéré son âme et est redevenu "gentil". Elle l'aime. Elle pourrait toucher le bonheur du doigt. Mais la porte de l'enfer est là et il faut la refermer. Entre une vie et des milliers de vie, il faut choisir... 💔

Conclusion

Malgré quelques défauts et quelques éléments que j'aurais aimé voir plus longuement à l'écran, je trouve que l'adaptation cinématographique d'Harry Potter est très réussie. L'univers y est, l'humour y est et l'histoire y est. Malgré une simplification inévitable, je trouve que les films ont réussi à résumer merveilleusement les livres, tout en conservant le jeu de piste liés à des petits détails dont J. K. Rowling est friande.

Une seule déception: je voulais absolument revoir tous les films avant d'aller Les Crimes de Grindewald au cinéma, pour bien me remettre en tête la relation entre Dumbledore et Grindewald, et en fait cette histoire est totalement tombée à la trappe dans les films! Grindewald est peut-être cité dans le septième film, mais c'est en passant – mon copain, qui n'a pas lu les livres, n'avait pas compris qui était le vieux monsieur que Voldemort interroge et tue, ni que ce vieux monsieur avait possédé la baguette de la Mort... 😂

Allez donc voir ailleurs si Harry y est!
Tigger Lilly a regardé ses films aussi, mais en chaussettes!