jeudi 19 juillet 2018

Gagner la guerre (2009)

Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski m’a été prêté il y a pas moins de trois ans. S’il est resté aussi longtemps dans ma pile à lire, c’est à cause de sa taille conséquente (982 pages dans cette édition Folio SF) et parce que j’avais lu qu’il s’agissait d’un roman au style assez recherché. Je voulais être sûre d’avoir le temps de le lire correctement, sans perdre le fil en avançant de quelques pages seulement par jour. Quand je l’ai enfin commencé, en vacances, je n’ai pas été déçue: je l’ai lu en une semaine avec un enthousiasme considérable et l’envie permanente de le retrouver!


L’intrigue est en effet extrêmement prenante. On suit Benvenuto Gesufal, un assassin missionné par son patron, le Podestat de la République de Ciudalia, pour tuer un rival politique. Ciudalia vient de gagner la guerre contre Ressine grâce à sa victoire sur les mers, mais la lutte continue en coulisses avec des intrigues politiques très fines. Tout le monde manipule tout le monde et cherche à tirer son épingle du jeu, le Podestat en tête… Quant à Benvenuto, cette mission va entraîner des ramifications fort complexes, d’abord à cause de la deuxième mission associée à celle que j’ai mentionnée et ensuite à cause des conséquences sur la ville de Ciudalia. L’assassin discret va devenir un homme public bien malgré lui et vivre des aventures absolument palpitantes pour le plus grand plaisir de son lecteur. Entre combats à l’épée, intrigues politiques, sorcellerie, trahisons, doubles jeux et missions secrètes, on ne s’ennuie pas une seconde! Le tout dans un univers extrêmement riche rappelant à la fois la Venise de la Renaissance et la Rome de Jules César.

Au-delà des évènements à proprement parler, ce roman est absolument addictif à cause de sa rédaction très particulière, avec un style extrêmement riche, à la fois érudit, parlé et vulgaire, un brin moyenâgeux et élégant. C’est très difficile de le décrire et je vais donc citer un passage trouvé quasiment au hasard: "N’empêche que dans l’immédiat, les élans compassionnels, ça relevait du luxe. Avant tout, il s’agissait de tirer ma jolie petite gueule de ce guêpier; et les consignes que j’avais reçues de mon patron me semblèrent soudain pleines de désinvolture, tandis que quinze moricauds bardés d’airain tournaient lentement leurs faciès de singe vers votre serviteur."

Dans mon enthousiasme, j’ai tout de même relevé quelques petites réserves, mais rien de très grave. J’y ai trouvé une certaine longueur, la partie à Ciudalia s’éternisant un peu; ça reste prenant mais j’ai resenti une certaine perplexité. Je pense aussi que l’auteur est allé un peu loin en mettant soudain en scène des elfes. J’ai trouvé que cet élément tellement cliché de la fantasy détonnait dans cet univers si soigné, où l’on sent que l’auteur a mis en place une histoire complexe (culturellement et politiquement). Par ailleurs, je n’ai pas du tout compris qui a commis certains meurtres à la fin; (divulgâcheur) certains membres des Mastiggia étaient morts avant que Benvenuto ne s’approche d’eux, mais qui les a refroidis?

Pour finir, je soulignerai ce qui me semble être le seul véritable problème de ce livre (les réserves que j’ai émises ci-dessus sont, justement, des réserves; elles ne ternissent pas l’ensemble): le sexisme virulent. Les femmes sont pratiquement absentes; Benvenuto les qualifie uniquement de gueuses, de pucelles ou de pestes (et aucun personnage masculin n'émet une opinion différente); elles n’ont pas d’éducation et pas de rôle politique; elles sont forcément la femme ou la fille d’un homme plus important qu’elles (et dont l’existence leur accorde leur seul intérêt); on peut leur dire en face "vous n'êtes qu'une femme"; et une scène de viol assez épouvantable passe comme une lettre à la poste, sans aucun recul de la part du narrateur ou de son auteur. Je vois d’ici qu’on me traitera de bien-pensante et qu’on me dira que l’auteur a imité le contexte historique qui l’a inspiré; mais quand on met en scène des elfes, franchement, on n’est pas dans l’historique mais dans l’imaginaire, et on n’est pas obligés de respecter le sexisme de la Rome antique ou de la Venise du XVe.…

A l’exception de ce dernier point, Gagner la guerre a été vraiment une lecture formidable, et j’ai sérieusement regretté d’avoir tardé trois ans à le lire. Je recommande!

Cette lecture marque ma première participation au challenge Pavé de l'été de Brize.


Allez donc voir ailleurs si cette guerre y est!

samedi 14 juillet 2018

The Woman in Black (1983)

Il y a quelques années, je ne suis pas allée voir l'adaptation cinématographique de La Dame en noir de Susan Hill, avec Daniel Radcliffe dans le premier rôle, de peur de ne pas dormir pendant quelques jours. Par contre, j'ai gardé son existence dans un coin de ma tête, et c'est avec plaisir que j'ai acheté le roman quand je l'ai trouvé d'occasion.


Si cette lecture n'était pas particulièrement marquante, elle a l'avantage de réunir tous les éléments de la bonne vieille histoire de fantômes: un jeune protagoniste plein de bonne volonté, un village reculé, une demeure inhabitée et isolée, des locaux singulièrement déterminés à ne pas en approcher, une apparition, une porte sans serrure au bout d'un couloir, un brouillard à couper au couteau, des bruits provenant de pièces vides ou de routes désertes, et même un chien qui hurle à la mort.

Héhé.

Le jeune protagoniste plein de bonne volonté, c'est Arthur Kipps, un jeune notaire qui part trier les papiers d'une cliente après son décès. C'est lui qui va voir la dame en noir à l'enterrement et passer des nuits peu reposantes dans la maison de feu sa cliente. Je dois dire que j'ai moi aussi regardé mon couloir d'un œil soupçonneux pendant ma lecture, mais je pense que c'est dû au fait que je suis une grande trouillarde, pas forcément à la qualité du roman, qui reste un peu léger ou veut caser trop d'éléments dans un format assez court (moins de 200 pages dans cette édition Vintage, une sous-maison/collection/structure de Penguin). En outre, le ton n'est pas suffisamment prenant; Susan Hill a clairement voulu reprendre le style XIXe ou lui rendre hommage mais n'a pas réussi à en réactiver l'élégance ou le pouvoir évocateur.

Je dirais donc que c'est une lecture agréable sur le coup si vous aimez les histoires de maisons hantées ou si vous découvrez le genre (si j'avais lu ça à quinze ans... ^^), mais rien de bien mémorable dans l'absolu. Je relirai Susan Hill si un autre de ses livres croise mon chemin en seconde main, mais je n'irai pas forcer le destin en achetant du neuf.

Concernant le film: la bande-annonce me laisse croire que le film a ajouté pas mal d'éléments qui n'existent pas dans le livre (dans lequel il ne se passe pas grand-chose au final) et s'inscrit dans la mouvance des films d'horreur post The Ring. Je vais continuer à ne pas le regarder de peur de ne plus dormir. 😂

dimanche 8 juillet 2018

Vacances!

À l'heure où ce message sera publié, je serai partie depuis la veille! Le rythme de publication va clairement ralentir cet été, étant donné que j'ai très peu lu ces dernières semaines, que je n'ai qu'un seul billet d'avance et que je n'aurai pas Internet pour publier de nouveaux avis. J'espère reprendre le blogging régulièrement à partir de la mi-août. (Pas que je parte un mois en vacances, hein, mais ça va un peu s'enchaîner d'ici là!)

Bel été à vous, chers lecteurs, et surtout belles lectures! 💖


mercredi 4 juillet 2018

La gamelle de juin 2018

Le mot d'ordre de ce mois de juin: regarder des films demandant peu d'attention pour avancer le déguisement qui m'occupait déjà en mai. Plongez avec moi dans le monde du cinéma d'action en costume. 😉

Sur petit écran

Last Knights de Kazuaki Kiriya (2015)


Un film inspiré des 47 ronin. Leur maître ayant été tué par un ministre corrompu, une bande de guerriers qui a tout perdu décide de se venger. Même si on est clairement dans la série B, voire C, j'ai bien aimé l'ambiance de ce film, ce royaume imprécisé qui réunit les peuples du monde entier (asiatiques, noirs et blancs cohabitent sans que ça n'étonne personne) dans un décor moyen-âgeux (le bon vieux château-fort normand) ou fortement byzantin (le palais doré de l'empereur). Bon, ce n'est pas le meilleur film de Morgan Freeman et Clive Owen, mais j'ai passé un moment sympathique.
Déçue, par contre, de voir qu'on peut imaginer la paix entre les hommes de couleurs de peau différente mais qu'on n'imagine pas une seconde un personnage féminin indépendant/intéressant: les femmes sont soit une épouse, soit une fille, soit une prostituée, ne servent à rien et n'ont, je crois, même pas de prénom... 😱

Bandslam de Todd Graff (2009)
J'adore ce film musical pour ados et la manière dont il souligne combien la musique est importante à un certain âge. C'est cousu de fil blanc, ok, mais je m'y retrouve énormément, j'adore la musique et je rigole beaucoup. "Dear David Bowie..."

Jurassic World de Colin Trevorrow (2015)
Petite révision avant d'aller voir le 2 au cinéma. Très amusant comme toujours. "Bigger, scarier, more teeth". 😉

Le Roi-scorpion de Chuck Russell (2002)
Hihihi. Très sympa, ce Conan moyen-oriental. The Rock peut vraiment tout faire! 😄 À noter: la fille a une espèce de bikini cotte de maille... 😂

Le Retour de la momie de Stephen Sommers (2001)
Divertissement familial sympathique qui vieillit plutôt bien. Mais je préfère le Roi-scorpion.

Sur grand écran

Jurassic World. Fallen Kingdom de J. A. Bayona (2018)


Que du plaisir pour la suite du reboot de Jurassic Park. Plein de dinosaures, des personnages féminins nettement plus intéressants que dans le premier, un vrai propos (pour ce type de film à très grand budget) sur l'exploitation des animaux et les risques de la génétique, des évènements plus sombres que précédemment... Mon seul regret: l'image de synthèse ne véhicule ni la même émotion ni le même réalisme que les animatronics du film d'origine et ça me manque.

The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society de Mike Newell (2018)
Une bien jolie adaptation d'un livre que j'avais beaucoup aimé (mon avis ici). L'intrigue amoureuse est un tantinet niaise, mais l'histoire est touchante et aborde plusieurs sujets graves avec beaucoup de sensibilité.

Ocean's 8 de Gary Ross (2018)
Je n'apprécie pas le moins du monde les films sur les criminels de quelque type que ce soit, mais celui-ci remplit le cahier des charges et se révèle un divertissement sympathique, sans temps morts et assez amusant.

Du côté des séries

Rien. 😂

Et le reste

J'ai terminé l'ABCdaire du cheval de Flammarion, que je lisais aux toilettes depuis des mois. Une lecture grand public très utile pour découvrir le monde du cheval ou redécouvrir certaines choses quand on connait un peu le domaine.

J'ai lu un ancien numéro du Magazine Littéraire consacré à Tolkien, sorti à l'occasion de la sortie du Hobbit au cinéma et gentiment prêté par Vert. Très intéressant également, même si je trouve que les universitaires vont parfois loin dans l'interprétation. Je considère Tolkien comme légitime sans forcément trouver de sous-texte de fou à ses récits.

En fin de mois, bien sûr, j'ai lu mon fidèle Cheval Mag.


Les pronostics de juillet: lire des pavés pour le challenge de Brize
et surtout me reposer pendant les vacances! 😊

samedi 30 juin 2018

Challenge Pavé de l'été 2018

C'est avec grand plaisir que je vous annonce que je participe cet été à un challenge de lecture, ce qui n'était pas arrivée depuis des lustres! 😀

Je rejoins avec enthousiasme le challenge Pavé de l'été 2018 de Brize!


Le principe: lire au moins un livre de 600 pages. Il y a d'autres instructions plus détaillées, que je vous invite à lire sur la page du challenge, mais c'est ça l'idée.

Pourquoi ce challenge?
Parce que j'ai fait ma pile à lire de l'été la semaine dernière et qu'elle est composée en grande partie de pavés que je traîne depuis une éternité parce que je n'ai pas le temps de lire autant que je le voudrais. 😭😭😭 J'espère donc passer mes congés avec Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski (quasiment 1000 pages), La Pierre et le sabre d'Eiji Yoshikawa (780 pages), Le Collier de la reine d'Alexandre Dumas (950 pages) et Les Enfants du capitaine Grant de Jules Verne (plus de 900 pages).

Si vous voulez en savoir plus sur ces livres et sur ma pile à lire estivale, qui contient aussi deux livres de plus petite taille, rendez-vous sur le blog du Collectif 1Up, la Ligue des traducteurs extraordinaires, dont je fais partie. Vous pourrez également observer la superbe floraison de mon cactus adoré. 😍🌵🌺

mardi 26 juin 2018

En coulisses

Quoi de mieux qu'un petit tag pour combler les trous en attendant de nouvelles chroniques de lecture? Et un tag qui concerne justement la pratique du blogging, c'est formidable! Merci à la petite marchande prose qui m'a proposé d'y répondre! 😃


Certaines questions ou catégories n'étant pas extrêmement explicites, j'ai consulté les réponses de l'initiateur du tag, le chien critique, afin d'y répondre.

1. Avis, critique, recension et/ou ressenti?
Je dirais que je publie des avis sur mon ressenti. Les termes critique et recension ont quelque chose d'assez formel et officiel auquel je ne m'identifie pas. Spontanément, je parle de billet et de chronique. J'essaye bien entendu de faire travailler mon esprit critique et de formuler quelque chose de pertinent qui puisse intéresser des tiers, mais il est évident que tout ça est très subjectif et relève beaucoup de mon ressenti.

2. Le choix du livre
Il dépend principalement de mon envie du moment. J'adore ce moment où j'ai suffisamment avancé ma lecture en cours pour aller observer ma pile à lire et voir quel livre me donne envie.
J'ai aussi quelques "contraintes", comme le fait que j'alterne entre l'anglais et le français (même si j'ai plusieurs fois enchaîné les lectures en français depuis le début de l'année afin de faire baisser ma pile à lire) et ma relecture des Rougon-Macquart de Zola avec Tigger Lilly. Mais ces contraintes n'en sont pas réellement, je m'y plie plus que volontiers.
Enfin, mes lectures dépendent énormément de mes trouvailles, étant donné que j'achète principalement des livres d'occasion.

3. Cas particulier: parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou Service de presse.
Ha non, ce blog est immensément trop inconnu pour intéresser un jour le moindre éditeur. 😂😂😂

4. Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture? That is the question
Je ne le fais pas car je préfère résumer l'intrigue moi-même. Ça fait partie intégrante du processus de rédaction et de tri des souvenirs et ressentis de lecture. Je pense même que c'est essentiel au processus de mémorisation. Et proposer la quatrième de couverture et mon propre résumé... Ma foi, je trouve ça assez redondant.

5. Prise de notes
Ça m'arrive, mais majoritairement pour les lectures communes, pour lesquelles j'ai besoin de réfléchir à ma lecture d'un peu plus près. Par contre, j'utilise de petits post-it pour matérialiser/identifier les passages ou citations qui me semblent importants ou mémorables.

6. Rédaction
Sans surprise, la phase la plus essentielle du blogging est la plus difficile. J'ai toujours du mal à m'y mettre. Quand je m'y mets, plusieurs cas de figure: soit je rédige un premier jet directement, soit je crée juste un billet dans lequel je note quelques idées pour ne pas les oublier, soit je laisse vraiment traîner et c'est la catastrophe. Dans tous les cas, je relis le billet plusieurs fois, à plusieurs jours d’intervalle, avant la publication (sauf urgence ultime, comme le billet sur la bande-annonce de Bumblebee que j'ai rédigé à 8h du matin pour une publication à 18h).

7. Serré ou plutôt long?
Les deux! Je publie des chronique express quand je n'ai rien de particulier à dire ou que d'autres l'ont fait et le font beaucoup mieux que moi, mais je peux aussi m'étaler...

8. Divulgâcher, moi! Jamais
Il m'arrive de citer des éléments clés de l'intrigue, mais je préviens en début de billet ou de paragraphe. Il me semble important de ne pas gâcher le plaisir des autres lecteurs. Et c'est assez simple: il suffit de passer le texte en blanc (sur fond blanc, bien sûr)... 😁

9. Ils en pensent quoi les autres blogueurs?
Précisons que cette question signifie "est-ce que tu relaies les avis des autres blogueurs?", pas "que pensent les autres blogueurs de ton blog?". 😉
Bein, ça dépend s'ils ont lu le livre, bien sûr. Je relaie toujours les articles des blogueurs que j'apprécie afin que les lecteurs puissent aller plus loin ou entendre un autre son de cloches s'ils le souhaitent.

10. Citation
Il est assez rare que je cite un extrait, tout simplement par flemme de taper le passage si je ne peux pas le trouver tout fait sur le net afin de le copier-coller. C'est dommage car j'aime bien en lire dans les billets des autres.

11. Taguer ses billets
Je classe mes billets dans diverses catégories afin qu'ils soient faciles à retrouver à l'intérieur du blog (pour d'éventuels lecteurs désireux de savoir tout ce que j'ai déjà raconté sur Transformers, par exemple, ou tout simplement pour moi-même).
Par contre, je n'utilise pas et n'utiliserai certainement jamais de mots-dièse. Je déteste les mots-dièse, paroxysme de la quête d'attention du net et des réseaux sociaux. Ensuite, j'en paye probablement le prix: si j'avais utilisé des mots-dièse depuis que la chose existe, le blog aurait peut-être plus de lecteurs et j'aurais probablement plus de 40 abonnés sur Instagram et de 18 abonnés sur Twitter. Mais bon voilà. On m'a beaucoup qualifiée de "sans-amis" quand j'étais plus jeune, je suis maintenant une "sans-abonnés", tant pis. 😂
(Une précision: j'ai relayé une fois un mot-dièse sur Twitter parce que je me sentais concernée. C'était #payetonauteur en mars dernier.)

12. Noter ses lectures
Je ne l'ai jamais fait et je n'aime pas trop ça chez les autres. Ou plutôt, c'est l'avis complet qui m'intéresse, pas le résumé de la note sur 20.

13. Les affiliations
Non. Bon, soyons honnêtes, on ne m'en a proposé qu'une, et le mail de proposition a appelé ce blog par un nom inexact reprenant à moitié le nom d'un autre blog – bref, pas le meilleur moyen d'obtenir mon approbation. 😂 Quoi qu'il en soit, le nombre de lecteurs de ce blog est tellement modeste que j'en tirerais au mieux dix centimes par an, tout en faisant la prospérité de gens qui n'ont aucunement besoin de moi pour prospérer – bref, non!

14. La reconnaissance
Vaste sujet qui me turlupine considérablement depuis fort longtemps. En résumé, j'ai été très déçue et blessée de l'indifférence générale de mes proches (ou de personnes que je considérais comme proches, il y a visiblement une différence....) lors de l'ouverture de ce blog il y a sept ans. La chose a évolué depuis car le blog m'a apporté beaucoup de choses positives, mais je conserve un penchant trop marqué pour la consultation frénétique des statistiques.
Heureusement, je suis capable de rationaliser et je continue même si le blog est peu connu! Je ne l'ai pas ouvert pour devenir riche et célèbre mais pour avoir une trace de mes lectures, et il remplit ce rôle à la perfection. 😊

La pratique des tags veut qu'on renvoie la balle aux copains. Comme toujours, j'aimerais lire les réponses de Lorhkan, Oukoulou, Tigger Lilly et Vert... Sans pression bien entendu! 😀

Mise à jour du 29: Tsss comment ai-je oublier de renvoyer la balle à Shaya, tsss, tsss. Au plaisir de te lire!

Allez donc voir ailleurs si ce tag y est!

vendredi 22 juin 2018

Bande-annonce de Bumblebee (2018)

Vous l'attendiez avec impatience depuis des mois... Elle est enfin arrivée: Paramount Pictures a sorti la bande-annonce de Bumblebee, premier spin-off de la franchise Transformers! 😍😍😍


Ce film semble marquer une nette rupture par rapport aux cinq films de Michael Bay. Déjà, c'est le premier sans Michael Bay: c'est Travis Knight qui réalise. Je ne connais pas le monsieur, qui a pour l'instant réalisé uniquement un film d'animation, Kubo et l'armure magique (que je n'ai pas vu). (Mais pas d'inquiétude, hein, Michael Bay reste dans le coin vu qu'il est producteur; et Steven Spielberg est à nouveau producteur exécutif.)

Vu le ton de la bande-annonce et la date de sortie (décembre 2018 alors que tous les autres films sont sortis l'été), on se dirige clairement vers quelque chose de plus familial. On nous promet clairement une belle histoire d'amitié entre Bumblebee et une humaine; il n'y a pas d'explosions dans tous les sens, pas de scène de panique collective, pas de destruction apocalyptique, pas de menace armée contre laquelle nos héros devront réunir toute leur énergie. D'ailleurs, on ne sait même pas qui est le méchant.

Il n'y a pas non plus de fille en petite tenue, de plan fesses ou de plan seins, et ça, c'est un sacré changement par rapport aux bandes-annonce précédentes! 😂 Et le héros est une héroïne, attention! Exit San Witwicki (Shia LaBeouf) et Cade Yeager (Mark Whalberg), bonjour Charlie Watson (Hailee Steinfeld, qui a déjà une carrière de chanteuse et d'actrice assez bien remplie, bien que je ne la connaisse pratiquement pas – je l'ai vue uniquement dans True Grit et je n'en ai pratiquement aucun souvenir). C'est une autre rupture majeure dans cette franchise ultra sexiste et phallocrate (n'oubliez pas que, dans Transformers 4, la fille qui est assise à l'avant d'un véhicule, côté passager, à côté de son copain qui conduit, passe à l'arrière quand son papa monte dans la voiture, afin que ce soit le papa qui soit devant avec le petit ami 😂😜😤😱) (je me demande si ça favorise la sortie du film en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, ce genre de chose?). Pour l'instant, j'aime bien le personnage, avec son air sympathique et son t-shirt de Motorhead.

Une héroïne, ça roule forcément en citadine, pas en voiture de course? Que la chose soit liée au sexe du personnage principal ou au côté nostalgie des années quatre-vingt qui infuse la bande-annonce et le cinéma hollywoodien actuel en général, Bumblebee se transforme en une modeste Coccinelle. Je trouve ça trop mignon et ça colle bien au contexte, la Californie et un côté assez insouciant. D'ailleurs, Bumblebee est lui aussi trop mignon, rien à voir avec son look dans les autres films! Il me rappelle le gros bonhomme blanc de Big Hero Six et me conforte dans l'idée qu'on change de stratégie et de public: plutôt que de viser des adolescents et de jeunes adultes mâles, décérébrés et obsédés des nichons, on vise des enfants.

Ce qui est bizarre, c'est que Bumblebee semble effrayé et désemparé, un peu comme un grand enfant dans une nouvelle école. Or, on sait depuis Transformers 5 qu'il est sur Terre depuis au moins les années quarante, étant donné qu'il a participé à la Seconde Guerre mondiale (oui, oui). Je me demande comment la scénariste (oui, la scénariste: Christina Hodson; je pense que c'est encore une rupture par rapport aux chapitres précédents) a fait coller cette histoire avec les révélations de plus en plus alambiquées de Transformers 4 et 5.

La bande-annonce joue aussi le clin d’œil au tout premier film avec les mots "Let me tell you something... A driver don't pick the car... Car pick the driver... It's a mystical bond between man and machine..." C'est ce que dit le vendeur de voitures d'occasion à Sam Witwicki et son père quand ils viennent chercher une voiture et tombent, justement, sur Bumblebee. 😍😍

Dernière remarque: Peter Cullen, la voix d'Optimus Prime, est crédité sur IMDB. J'espère qu'on verra vraiment Optimus dans l'action, pas juste en flash-back ou en voix off. Pour l'instant, la bande-annonce ne laisse absolument pas soupçonner sa présence...

Ha et encore un truc: John Cena, catcheur de son état, joue dans ce film. j'ai hâte de voir ça. 😀

J'attends donc le mois de décembre avec une grande impatience. J'aime toujours retrouver les transformers, et, vu tout ce que je viens de vous dire, je fonde même quelques espoirs sur cet opus. Bon, après Transformers 4 et 5, je me prépare aussi au pire, soyons lucides, mais je croise les doigts!

lundi 18 juin 2018

Les Soirées de Médan (1880)

Le recueil Les Soirées de Médan réunit six textes sur la guerre franco-prusse de 1870. J'en ai beaucoup entendu parler au cours de mes lectures sur Zola et il a tenu une place très importante dans le parcours de Maupassant. Je remercie chaleureusement les amis qui m'ont donné cet exemplaire récupéré dans la bibliothèque familiale! 💓


L'attaque du moulin d'Émile Zola
J'avais déjà lu ce texte dans l'un ou l'autre de mes recueils de nouvelles de Zola. L'écrivain y décrit une bataille menée autour ou dans un moulin (oui, bon, vous l'aurez deviné grâce au titre), d'abord occupé par des soldats français qui essayent à tout prix de retarder l'avancée des Prussiens, puis par les Prussiens victorieux. Le véritable intérêt du texte réside dans la manière dont cette bataille bouleverse la vie des trois habitants du moulin, un vieux monsieur taciturne, sa fille et le futur époux de celle-ci. C'est loin d'être le meilleur texte de Zola, y compris dans le format court, et le personnage féminin est très irritant, mais ça reste intéressant.

Boule de suif de Guy de Maupassant
Ce n'est pas par hasard si ce recueil a lancé Maupassant: Boule de suif est vraiment un bon texte, et le meilleur des six textes proposés ici. Je l'avais déjà lu aussi, mais il garde toute sa puissance même quand on connait l'histoire. Maupassant montre l'horreur de l'hypocrisie et de la manipulation bourgeoises et mesquines avec ce groupe de civils fuyant Rouen occupée par les Prussiens. Parmi eux, une prostituée, Boule de suif. On finit le texte la gorge serrée, profondément dégouté par l'humanité.

Sac au dos de J. K. Huysmans
Un texte au style étonnamment moderne sur un jeune soldat qui ne verra jamais les combats à cause de la dysenterie et qui est balloté d'hôpital en hospice. L'intrigue n'est pas forcément passionnante mais il est étonnant de rencontrer un tel texte au XIXe. Le narrateur parle tantôt au passé, tantôt au présent, et emploie pas mal d'argot. Ça m'a vite rappelé Céline. "Nous étions bien une pelletée de cinquante hommes dans la boîte qui nous roulait." "Mon tour arrive enfin: on m'examine des pieds à la tête, on me pèse sur le ventre qui est tendu et gonflé comme un ballon, et, à l'unanimité des voix, le conseil m'accorde un congé de convalescence de soixante jours. [...] Je ne sens plus ce fer rouge qui me brûle les entrailles, je saute comme un cabri!"

La saignée d'Henry Céard
Retour à une rédaction très dix-neuvième pour cette nouvelle sur une courtisane liée au général défendant Paris assiégée par les Prussiens. Suite à une dispute, elle part à Versailles occupée, mais les choses ne se passeront pas comme elle le veut. La nouvelle se termine sur une note sanglante particulièrement déprimante. C'est un texte de qualité bien que pas hyper mémorable.

L'affaire du grand 7 de Léon Hennique
Je n'ai pas bien compris la fin de cette nouvelle qui décrit un mouvement de foule et de folie meurtrière parmi un groupe de soldats. C'est certainement le texte que j'ai le moins aimé du recueil.

Après la bataille de Paul Alexis
Un prêtre ayant rejoint l'armée et blessé au pied erre le long d'une route, où il rencontre une jeune femme qui ramène le cadavre de son mari au pays. J'ai bien aimé ce texte plus humain et positif que les autres. On parcourt rapidement les passés respectifs des deux personnages et on s'attache inévitablement à eux. La fin est assez prévisible (quoique je me préparais à une catastrophe généralisée au cas où Alexis serait du même genre que Maupassant) mais c'est un bon texte. À noter qu'il parle de désir sexuel, y compris du point de vue féminin.

Et vous, chers lecteurs, connaissiez-vous ce recueil? À part Zola et Maupassant, connaissez-vous les autres écrivains? Leurs noms me disaient quelque chose, ayant dû les croiser dans mes lectures sur Zola, mais je serais bien incapable de citer leurs œuvres...