Il y a quelques semaines, en remontant dans mes newsletters non lues, j'ai découvert grâce à l'Association végétarienne de France que le prix Maya, qui récompense un ouvrage à l'engagement animaliste fort, avait été décerné à un roman intitulé Walabi, écrit par Antoine Philias et publié par les éditions Asphalte. Et, surtout, que ce roman parlait des wallabys de la forêt de Rambouillet.
Par tous les dieux de tous les panthéons,
peut-on discuter du degré de mignonnerie de cette couverture?!? 😍😍
Crédit: Storme Kovacs / Pixabay
Bien entendu, j'ai sauté dessus. Je suis allée au lycée à Rambouillet et j'avais une amie très proche qui habitait à Émancé, LE village dont sont originaires les wallabys dont il est question, et je sais donc depuis très longtemps qu'il y a des kangourous en forêt de Rambouillet – et que, en fait, ce ne sont pas des kangourous, mais des wallabys, même si, à l'époque, on disait toutes "kangourous".
C'est vraiment vrai, hein. Je crois même en avoir vu un, un soir, mais dans le noir, et mal. L'histoire est très classique: il y avait une sorte de parc animalier à Émancé, qui présentait au public des wallabys (entre autres espèces), et certains d'entre eux se sont échappés. Vous vous doutez bien qu'il n'y a plus de grands prédateurs en forêt de Rambouillet, vu qu'on les a tous tués depuis des lustres, et, pour je ne sais quelle raison, le wallaby n'est pas sur la liste des espèces chassables et les chasseurs les ont laissés tranquilles. Du coup, le seul danger auxquels ils étaient confrontés, c'était les accidents de la route. Ils se sont donc reproduits et multipliés. Ces dernières années, hélas, ils semblent disparaître... 😭😭😭😭
Dans ce roman, Antoine Phillias donne la parole à un wallaby, qui raconte l'histoire de ses ancêtres, depuis leur vie en liberté en Australie jusqu'aux différentes étapes de leur transfert en Europe et en France en particulier, tout en évoquant des myriades d'histoires d'animaux en captivité. C'est bien écrit et ça se lit tout seul; couplé au fait que le livre est très peu épais – un peu plus de cent pages – et que les chapitres sont courts, je l'ai lu en un aller-retour train-métro entre ma banlieue et Paris (y compris, à l'aller, dans un train en provenance de Rambouillet 🤣🤣). J'ai vraiment bien aimé et j'aurais continué plus longtemps avec notre narrateur wallaby, si j'avais pu. J'ai aussi apprécié que les humains soient tous considérés comme un danger, peuples premiers compris: on n'est pas du tout sur l'idée que l'humain vivait "en harmonie avec la nature" avant l'arrivée des Occidentaux ou l'essor de la société moderne (idée qui est, à mon humble avis, un mythe, mais je n'ai jamais creusé le sujet!).
Ce qui m'a un peu chiffonnée, c'est que toutes les histoires d'animaux en captivité sont éminemment tragiques et donnent l'impression d'un livre assez revendicateur et politique, avec un animalisme relativement bas du front. Je doute que quelqu'un qui n'a pas déjà cheminé sur le sujet repense son rapport aux animaux en lisant quelque chose d'aussi frontal – même si on est largement au-dessus du genre de messages ultra primaires qui m'ont traumatisée du temps où j'étais sur Twitter, hein.
D'un autre côté, difficile de présenter avec délicatesse les déboires de ces pauvres wallabys ou tous ces destins affreux d'animaux mis en boîte et exposés sans aucun regard pour leur bien-être... Au fil de la journée, mon curseur de colère personnel est monté encore un peu plus loin; j'ai presque regretté d'avoir donné des sous au WWF au vu de ses "partenaires" listés ici; je me suis dit que la Reloue serait peut-être mieux sans moi, tranquille dans les bois (bon, en fait, non 😹😹); je doute que je remettrai jamais le pied dans un parc ou un zoo, même si l'occasion devait se présenter. L'égoïsme crasse des gens vis-à-vis des non humains m'angoisse moins, sur le plan personnel, que la catastrophe climatique et que le tsunami de l'IA, mais il y a vraiment de quoi cramer des tas de gens. Je suis enchantée que ce livre ait reçu le prix Maya et que l'AVF l'ait mis sur mon radar, et je suis enchantée que l'une des médiathèques de mon réseau l'ait acheté. J'espère qu'il sera beaucoup emprunté.









