Un jour, dans l'entrée de mon immeuble, je suis tombée sur ce livre de Madeleine Chapsal, Le retour du bonheur. Le titre et la couverture de cette édition France Loisirs ne m'attiraient pas, mais, il y a fort longtemps, j'ai lu et apprécié La Grand-mère de Jade de cette autrice, et je l'ai donc pris en main.
La quatrième de couverture m'a brièvement informée que Madeleine Chapsal y racontait pourquoi elle avait fait une psychanalyse, comment cela s'était passé et pourquoi d'autres personnes pourraient en faire de même. Et comme je rêve de retourner chez une psy ou une hypnothérapeute, j'ai emporté le livre.
Surprise: lorsque j'ai lu le rabat présentant l'autrice, il n'y était pas du tout mention d'un livre intitulé La grand-mère de Jade, mais d'un livre intitulé La Maison de jade.
La maison, pas la grand-mère.
Lentement, les synapses ont fait voyager l'information dans mon cerveau. Un souvenir nébuleux s'est éveillé. Je crois bien que je l'ai lu aussi, La Maison de jade. Il m'a été prêté il y a quinze ans, par ma belle-mère de l'époque, et je n'ai aucun souvenir de ma lecture, si ce n'est que j'ai peut-être trouvé ça chiant.
En parallèle, Internet m'a informée que La Grand-mère de Jade a été écrit par quelqu'un d'autre, Frédérique Deghelt, à pratiquement vingt ans d'intervalle. Lol.
Je me suis donc intéressée à ce livre à cause d'une confusion sur les noms de deux autrices qui ont écrit un livre avec "jade" (jade la pierre précieuse ou Jade le prénom) dans le titre, ce que je trouve rigolo.
Mais bon, j'avais Le Retour du bonheur en main, le sujet m'intéressait toujours, et je l'ai donc lu. Ce n'était pas foufou, mais il y avait pas mal de choses intéressantes.
Madeleine Chapsal décrit donc sa psychanalyse, réalisée dans les années soixante-soixante-dix. Déjà, c'est de la psychanalyse, pas des séances chez un psychologue. Et c'est particulier, la psychanalyse. Trois séances par semaine (et dire que le facteur bloquant, pour moi, est le prix: je ne peux pas investir le prix de deux séances par mois, qui me semble le minimum pour faire quelque chose... 🙃), d'abord en face à face, mais surtout – et longtemps – "sur le divan", sans voir l'analyste et sans que celui-ci intervienne. Le gros cliché où l'on imagine facilement l'analyste s'endormant pendant que le patient parle, en somme. 🤭🤭
Madeleine Chapsal répète des tas de fois que c'est la démarche qui compte, et le fait de DIRE les choses, pas le fait que l'analyste réagisse ou pas. Je suis d'ailleurs assez d'accord avec elle sur l'importance de la démarche et de la formulation de ses problèmes à voix haute. C'est ce que j'appelle "se dire au moins la vérité à soi-même". Dans mon bilan de 2022, j'ai même écrit que l'hypnothérapie me faisait "un safe space où dire la vérité et des horreurs et où pleurer". Néanmoins, je doute que ce type de fonctionnement me conviendrait, à moi. Il me faut un minimum de réponse en face. En fait, il me faudrait carrément du coaching, mais ça coûte encore plus cher que le psy... 😂😂
Bref, Madeleine Chapsal a fait ça durant dix ans, parler à son analyste qui ne disait rien, et le facteur déclenchant pour la demande de consultation a été une pulsion de suicide, une envie soudaine de se jeter sous le métro. Ce qui est sorti à l'analyse, c'est sa dépendance extrême à l'espoir d'être un jour épousée par son compagnon de l'époque – qui était déjà marié, lui... – et, évidemment, tout plein de malaises familiaux. Elle a même rompu avec sa sœur, tant son changement de comportement a affecté la relation. Moi, je suis assez persuadée que l'enfance est déterminante, dont je l'ai pas mal rejointe sur ça. Et il était intéressant de voir qu'une femme qui avait, a priori, atteint un certain niveau de réussite sociale et intellectuelle était, en fait, obsédée par ce que son compagnon faisait et disait.
J'ai aussi apprécié qu'elle décrive les diverses réactions des gens à qui elle parle de psychanalyse, qu'elle fasse le lien avec l'écriture de roman – qui a commencé, pour elle, durant son analyse – et qu'elle souligne l'importance de payer ses séances (pour elle, parce qu'elle ne redoutait pas que l'analyste l'abandonne, puisqu'elle le payait; pour moi, parce qu'il n'y a pas de dette quand je sors du cabinet).
En revanche, d'une manière qui me semble classique en psychanalyse, TOUT a été interprété de manière psychique. Après une première analyse de dix ans avec un certain Christian, Madeleine Chapsal a fait une autre analyse avec Françoise Dolto en personne et il en est "ressorti" que sa stérilité était la conséquence directe d'un choc psychique subi dans l'enfance. LOL. Vous avez bien lu. Ce n'est pas le cocktail génétique et le hasard, ou, qui sait, l'exposition à une quelconque substance chimique toxique. Madeleine Chapsal écrit qu'elle s'est rendue stérile elle-même, inconsciemment, à cause d'un choc terrible. L'effet nocebo puissance dix mille, en somme. Elle adhère totalement à cette thèse, et, moi, je n'y crois pas DU TOUT.
Donc voilà. J'ai quand même eu l'impression d'avoir affaire à quelqu'un d'un milieu social bien plus élevé que le mien et à une discipline quand même pas mal perchée. Mais l'ouvrage se lit très facilement et, comme je l'ai dit, est rempli de réflexions intéressantes. Ça me fait rêver, de pouvoir juste parler à quelqu'un dans ce contexte où c'est TON heure de parler et où tu peux vider ton sac et ça n'aura pas de conséquences sur le reste de ta vie – sauf au niveau de ce que ça change en toi, évidemment. Ahlàlà, si j'avais approximativement 5 000 € nets de plus par mois, j'en ferais, des choses... 🤑🤑🤑















