jeudi 24 septembre 2026

Un certain sourire (1956)

Chronique express!

Deuxième roman de Françoise Sagan après Bonjour Tristesse qui l'avait révélée deux ans plus tôt, Un certain sourire est entré dans ma vie, comme bien d'autres livres, par le comptoir de l'entrée de mon immeuble. La lecture, toutefois, a été moins plaisante que pour Bonjour Tristesse. Il y a certes un certain charme à l'écriture de Sagan; je suppose que c'est la fameuse "petite musique" dont on a beaucoup parlé. Les phrases coulent facilement et saisissent avec précision ou lucidité un instant fugace ou une réplique qui en dit long. Il y a une vraie ambiance. Mais j'ai surtout ressenti une certaine perplexité et un grand vide face aux réflexions de notre narratrice, Dominique, qui est attirée par un homme marié et initie une liaison avec lui. L'aime-t-elle, ne l'aime-t-elle pas? Ce n'est pas très clair, même pour elle. Et puis tous ces gens qui, même quand ils bossent, donnent l'impression d'une bourgeoisie désœuvrée et futile... Et l'adultère, bien sûr, qui n'est pas une activité que je tiens en très haute estime... Cet aspect m'a d'ailleurs rappelé certains ouvrages de Benoîte Groult dans lesquels tout le monde trompe tout le monde sans s'en cacher plus que cela. 👀

En somme: une lecture un minimum intéressante, vu qu'elle me permet de mieux connaître Sagan, mais néanmoins très mitigée!

samedi 19 septembre 2026

Fantômes et giboulées (2026)

Le Dragon Galactique nous dit le plus grand bien du dernier roman de Catherine Dufour, qui est une suite de Au bal des absents, que j'avais beaucoup aimé? Je n'ai pas hésité à le lire, et j'ai bien fait! Je n'ai pas énormément de choses à vous en dire, mais c'était une lecture super chouette, divertissante et prenante. 


On suit Camille, qui tient un refuge pour femmes battues dans une maison hantée (oui oui). À la mort de son associée, elle n'a plus trop l'énergie de continuer, d'autant que la police commence à fourrer le nez dans ses affaires et qu'elle a quelques disparitions d'ex-conjoints violents à dissimuler... Du coup, elle ferme le refuge et passe à une nouvelle activité: l'invocation de fantômes. Lol.

Le roman s'articule autour de plusieurs intrigues: les visites inopportunes d'un policier poli mais têtu, les rencontres avec des fantômes qui sont parfois trèèèèès relous, les personnalités complètement timbrées des deux femmes battues restées dans la maison après la fermeture du refuge, et une perplexité de fond sur quelques éléments que Camille trouve suspects. (Suspects même pour une maison hantée, donc.) Et pendant ce temps, elle fait la cuisine quasiment en continu, à tel point que les chapitres ont presque tous un nom lié à la nourriture, comme "Compote de pomme et argenterie". De ce point de vue, je comprends que l'éditeur, Robert Laffont, parle de "cosy crime"!

Le tout est porté par la plume drôle et acérée de Catherine Dufour, qui envoie des vannes et réussit à mélanger réflexions sur le ménage et problèmes de société dans un même paragraphe. Mon seul regret est de n'avoir pas relu Au bal des absents avant, car cela m'aurait été bien utile pour mieux comprendre certains références. À part ça, je me suis régalée!

lundi 14 septembre 2026

Verdun (1938)

Nous retrouvons aujourd'hui notre brave Jules Romains, écrivain de génie, pour le quinzième tome de la saga des Hommes de bonne volonté.

Couverture:
Poilu avec son barda de Saubidet Tito

Et pour ce quinzième tome, tout est dans le titre. Verdun. Un nom qui est entré dans l'histoire et un enjeu colossal dans la guerre entre l'Allemagne et la France. L'Allemagne attaque avec des moyens massifs. Les poilus déjà sur place résistent comme ils peuvent, puis l'armée française converge vers cette ville qu'on ne voit finalement que peu dans le roman, car nous sommes plutôt aux environs, en arrière ligne ou sur le front.

Le roman s'ouvre par le récit, quasiment heure par heure, du premier jour de bombardement, ainsi que par les déboires de quelques personnages pris au piège dans une tranchée assez avancée. Uniquement des personnages que, sauf erreur de ma part, on n'avait encore jamais rencontrés, ce qui m'a préservée de l'inquiétude qui m'accompagne depuis le début de la série: voir mourir ici des personnages que j'adore. On voit la force du bombardement, la difficulté de communiquer avec les supérieurs car tous les fils de téléphone sont coupés, la réticence des hauts gradés à reconnaître l'ampleur de l'attaque.

On passe ensuite un bon bout de temps avec mon Jerphanion adoré, qui monte justement vers Verdun une fois que l'armée français a réagi. Puis on fait un détour par Paris, d'abord avec Haverkamp (le directeur de l'établissement thermal que nous avons vu naître dans Les Superbes), qui accumule une petite fortune en fabriquant des chaussures pour l'armée, puis de nouveau avec Jerphanion, qui retrouve son cher Jallez lors d'une permission.

Les conversations de Jerphanion et Jallez, mes amis, c'est vraiment quelque chose de hors du commun : d'intellectuel, de fin, de nuancé, d'humain et de pudique. 💞💞💞💞 Les chapitres "Les misères, les orgueils et les mépris du guerrier" et "Comment Verdun arrive à tenir" sont des merveilles de... de résignation lucide? Je ne sais pas. De quelque chose de triste et tragique sur l'être humain, mais qui donne quand même un reflet de lumière à une forme de résistance et de camaraderie.

Dernier personnage que l'on retrouve à Paris: Maillecotin, qui tourne des obus.

Et puis, retour à Verdun avec Wazemmes et le père Jeanne, que je ne m'attendais pas du tout à retrouver là. J'ai fait une attaque en le voyant se rendre au chevet d'un soldat gravement blessé, car je m'attendais à découvrir Louis Bastide, le petit garçon qui jouait avec son cerceau dans le tome 1. Mais non. Point de Louis Bastide. Mais des questions de foi sans réponse, oui.

"L'abbé ne répondit pas tout de suite. La question était de celles qui pouvaient le troubler. [...] Lui non plus n'imaginait pas facilement le Christ mêlé à la conduite de cette affaire-là... le Jésus de l'Évangile ne découvrant pas d'autre méthode pour ramener les hommes au bien que de les faire se massacrer mutuellement. [...]
— Mais alors, monsieur l'abbé, quelle consolation nous reste-t-il?
— Je me le suis parfois demandé, mon enfant... ceci pour vous prouver que je ne vous parle pas du bout des lèvres... Notre consolation, c'est de penser que le Christ déteste sûrement la guerre autant que nous.
— Vous croyez ?
— Sûrement.
— Il n'est pas content, vous croyez, qu'on bénisse des canons, des drapeaux?... qu'on chante des Te Deum?...
— Je crois plutôt que cela l'impatiente un peu et qu'il ne sera vraiment content que le jour de la paix."
Comme nous le savons, c'est Pétain qui a été chargé de Verdun, et j'étais très curieuse de voir comment il serait présenté. D'une part, évidemment, parce que nous savons aujourd'hui – ce que Jules Romains ne pouvait pas savoir en 1938 – que Pétain est entré dans l'histoire pour d'autres raisons, et en partie parce que Benoîte Groult en parle dans le Journal à quatre mains qu'elle a écrit avec sa sœur Flora:
"J'ai eu le temps de lire la moitié du Verdun de Jules Romains, pour voir sous quel jour y était décrit Pétain."
Eh bien, Pétain y est décrit sous un jour très positif. Il a conscience de l'étendue du problème, il donne des ordres rapides et adaptés, il reprend la situation logistique en main, et les poilus l'adorent. Dans les deux courtes scènes où on le voit en direct, il est poli et semble sincèrement peiné pour les "petits" de classe 16 qui se font massacrer à la fin, dans une scène très prenante avec un officier qui n'aurait pas eu à pâlir à côté de Druss la légende, et la mort d'un personnage que je ne m'attendais aucunement à voir mourir ici. (Je ne vous dis pas qui c'est, mais je suis scotchée!! Je me demande même si Jules Romains ne nous fait pas marcher!!)

Bref, ce Verdun était un vrai régal, comme d'habitude, et réunit quelques-unes des qualités que j'apprécie le plus en littérature: les personnages fouillés et multifacettes, une rédaction soignée, un sens des valeurs morales couplé à une grande lucidité sur les travers de l'être humain. Heureusement que cette série est si longue que, après quinze romans, je suis encore loin de la fin. 💞💞

mercredi 9 septembre 2026

Chroniques de la Régence (1849)

Chronique express!

 

Un livre d'Alexandre Dumas, ça ne se refuse jamais, et encore moins s'il est gratuit, déposé dans une boîte à livres! Hélas, ces Chroniques de la Régence se sont avérées bien trop pointues pour moi. J'avais bien compris, grâce à la quatrième de couverture et à l'introduction de Claude Schopp, qu'il ne s'agissait pas d'un roman, mais la chose m'est tout de même un peu tombée des mains.

La Régence dont s'occupe Dumas ici, c'est celle de Philippe d'Orléans, fils de Monsieur et donc neveu de Louis XIV, qui prend le relais à la mort de celui-ci en attendant la majorité du futur Louis XV, qui n'a que huit ans à la mort de son illustre ancêtre, en 1715. Une période de transition, donc, qui commence par la consolidation du pouvoir de Phillipe d'Orléans face à Madame de Maintenon, qui espère voir monter sur le trône ses enfants légitimés par Louis XIV. Puis s'enchaînent toutes sortes d'intrigues plus ou moins complexes avec les noms impossibles à retenir de la noblesse, ses liens familiaux non moins impossibles à retenir et l'enchevêtrement inouï des prétentions aux trônes d'Europe.

Bon, j'ai bien appris quelques trucs, évidemment. Déjà, je savais que Louis XV n'était pas le fils de Louis XIV, mais je croyais que c'était son petit-fils; or, c'était son arrière-petit-fils. J'ignorais – ou j'avais totalement oublié – qu'il y avait eu une régence et qu'elle avait été assurée par Philippe d'Orléans. J’ignorais que les enfants de Madame de Maintenon avaient été légitimés, et j'ignorais également qu'il y avait eu à l'époque une crise financière à cause de la monnaie papier. Le reste, j'ai eu beaucoup de mal à suivre et j'ai déjà oublié... 🤭🤭🤭🤭

vendredi 4 septembre 2026

La gamelle d'août 2026

Comme d'habitude, on fait le bilan du mois écoulé!

Côté sport

C'était la dernière ligne droite avant le départ en vacances, période durant laquelle je ne fous pas grand-chose!

  • Huit marches solo: c'est peu, mais c'est essentiellement dû au fait que les leçons d'équitation avaient lieu le matin à cause de la chaleur. Un sacrifice nécessaire, disons.
  • Deux marches en club: c'est bien pour l'été, quand le coach part en vacances.
  • Deux marches en compagnie: j'ai marché le parcours du Paris-Versailles avec mon copain (16 km) et j'ai fait une rando avec un âne de bât et une amie (12 km). 🫏
  • Neuf leçons d'équitation: trois leçons par semaine pendant les trois premières semaines du mois: un régal! Je me suis cassée en vacances avec un ras-le-bol certain, mais plus sereine et moins fatiguée que les dernières années, et je pense que c'est essentiellement dû au fait que les leçons d'équitation le matin ont un vrai goût de vacances: je commence par ce que j'aime, je profite des écuries plus tranquillement que lorsqu'il faut tout boucler le soir, et, au moins, quand je me mets au travail vers 11 heures, je sais pourquoi je travaille.
  • Quatorze séances de gainage: un peu faible dans l'absolu, mais cohérent avec le nombre de séances de juillet et le fait que j'ai totalement arrêté à partir du 24 août.
  • Trente et une séances de yoga: la routine, à laquelle se sont ajoutées deux séances de rab, des soirs où j'en ai ressenti l'envie ou le besoin.

Sur petit écran

Toujours rien.

Sur grand écran

Pat'Patrouille Le Film Mission dino de Cal Brunker (2026)

 

Des chiens! Des dinosaures! Des chatons avides de richesses! On dirait que ce film a été écrit spécifiquement pour moi. 🤩🤩 Plus sérieusement, non seulement j'ai adoré, mais j'ai aussi trouvé le tout solide et bien ficelé, avec une vraie histoire qui progresse de manière cohérente, des transitions réussies, des personnages sympas, de belles valeurs, une image et une animation de qualité, et un bon équilibre entre les scènes calmes, où on a le temps de contempler, et les scènes d'action – scènes d'action qui, en outre, sont lisibles, loin de l'hyperactivité et de la frénésie qui me laissent sur le carreau dans pas mal de dessins animés.
Mon avis sur le film précédent. 💕

L'Odyssée de Christopher Nolan (2026)

 

Je n'ai pas aimé grand-chose dans le film dont tout le monde parle: la loi de Zeus qui impose d'accueillir les étrangers, la manière ultra classe dont est filmé Agamemnon, le fait qu'Ulysse soit traumatisé par la guerre et par son stratagème, et... euh... quelques répliques bien senties, je crois. Alors, certes, Anne Hathaway a une présence très charismatique, et c'est cool de voir Elliot Page revenir dans un film de Nolan dans un rôle d'homme. Mais bon. Voilà. J'ai eu l'impression d'une succession de scènes sans lien entre elles, j'ai parfois trouvé la musique bizarre et je n'ai tout simplement pas été transportée.
Par ailleurs, je ne comprends pas ce que tout le monde lui trouve de progressiste: tout cela m'a semblé, au contraire, assez conservateur, avec des femmes qui regardent des hommes les larmes aux yeux et même une féminazie (scène repoussante très réussie au demeurant, hein, mais c'est clairement Circé le monstre injuste...). Avoir Charlize Theron au casting et ne rien en faire... eh bien... c'est toujours mieux que de montrer ses seins, ok... mais c'est quand même nul!! Quant à Lupita Nyong'o, dont la présence a tant choqué Elon Musk, elle a un rôle ultra secondaire qui doit cumuler cinq minutes d'écran. Lol. Ça m'a confortée dans l'idée qu'il est fort étonnant que l'internationale réactionnaire ne s'en soit pas prise à la Pat'Patrouille. 😂😂

Du côté des séries

Toujours rien! Une semaine de vacances est déjà passée et je n'ai même pas commencé Shogun!! 😱😱

Et le reste

 

J'ai lu un ancien numéro de La Croix L'Hebdo, celui des 11 et 12 février 2023, et c'était très plaisant, comme toujours. Le dossier "Faut-il être radical?" était un peu mou, dans le sens que, à force de lister les arguments pour et les arguments contre, puis d'autres arguments pour et d'autres arguments contre, on ne répond pas clairement à la question – mais c'est précisément pour ça que j'apprécie La Croix, en fait: les journalistes prennent le temps de dépeindre un tableau varié de la réalité.

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine habituel, dont le dossier sur la préparation physique du cavalier m'a bien plu et m'a confortée dans l'idée que la marche et le yoga, c'est au service de ma santé, certes, mais surtout de l'équitation! Pourquoi ai-je quand même une flemme aigüe de me bouger le matin? 🙈