samedi 24 octobre 2026

École de cavalerie (1731) 🐴

Après une discussion sur de vieux termes équestres tombés en désuétude (haridelle, chauvir et regimber, pour ceux qui se poseraient la question 👀), mon enseignant d'équitation m'a prêté École de cavalerie, un traité d'équitation publié en 1731 par François Robichon de La Guérinière, un célèbre écuyer de l'époque. C'est un nom qu'on entend beaucoup en équitation, comme Baucher, Oliveira ou le général l'Hotte, mais sans forcément connaître l'héritage associé. Évidemment, je me suis empressée de lire ça!

 

 

C'était une lecture très intéressante et rigolote, car, même si l'orthographe est largement modernisée dans cette édition du Groupe d'études bibliophiles Jean Coudert de 1969, il y reste des orthographes datées et des tournures qu'on n'emploie plus. Ainsi, on y rencontre le fameux "o" qui remplace le "a" dans les verbes conjugués (ex.: ils étoient) et dans certains substantifs (ex.: la connoissance du cheval), et l'usage de la majuscule initiale aux mots est bien plus fréquent qu'aujourd'hui. De même, point de "postérieur interne" ou d'"antérieur externe", mais "la jambe de derrière de dedans" ou "la jambe de devant de dehors" (au secours!); et point de "diagonale", mais de simples changements de main – ce qui explique d'ailleurs pourquoi le contre-changement de main, cette diagonale interrompue à moitié, s'appelle ainsi.

Ce que j'en retiens, c'est, d'une part, que La Guérinière était un véritable homme de cheval, capable de parler de tous les aspects du cheval: ferrure, allures, défauts, dressage, utilisation... Par exemple, la partie sur la ferrure est un véritable mini-trairé de maréchalerie, où j'ai notamment appris pourquoi on ferre les chevaux différement aux antérieurs et aux postérieurs.

D'autre part, les principes du dressage ont bien peu changé depuis: on recherche un cheval franc et tonique, léger sur la main et rassemblé sous lui. Et à en croire notre auteur, l'épaule en dedans serait la base de tout!! Je note pour la prochaine fois que je tenterai d'en faire une. Même la désensibilisation était déjà connue à l'époque, puisque La Guérinière explique comment amener progressivement un cheval là où on veut qu'il aille sans le brusquer, ni le dégoûter, ni l'user prématurément. (La désensibilisation au bruit du pistolet en tirant un coup de feu dans les écuries juste avant de distribuer la nourriture, en revanche, me semble quelque peu risquée, au début. 😅😅) Il y a, en revanche, des références régulières à "la peur du châtiment" qui ne sont plus d'actualité aujourd'hui.

Enfin, l'usage du cheval était, bien sûr, bien plus varié à l'époque, puisque La Guérinière fait référence aux chevaux de carosse, de chasse et de guerre et explique comment le travail de manège, loin d'être uniquement destiné à l'apparat, pouvait justement servir ces autres usages.

Bref, une lecture très intéressante, qui m'a bien amusée durant ce bel été équestre!

Les illustrations d'époque ont été réalisées par différents artistes sur les idées de Charles Parrocel.

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