vendredi 20 février 2026

Pride and Prejudice (1813)

En ce début d'année 2026, j'ai eu l'occasion de travailler sur Jane Austen dans une de mes traductions, et une relecture d'Orgueil et préjugés m'a semblé très utile. J'ai donc replongé dans ce roman que j'avais déjà lu deux fois, mais il y a assez longtemps: en 2009 et en 2012.

Orgueil et préjugés s'ouvre sur l'un des incipit les plus célèbres de l'histoire de la littérature:

"It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife."
La première application de cette maxime est annoncée dès le premier chapitre: Mrs Bennet, mère de cinq filles, apprend avec un enthousiasme débordant qu'un certain Mr Bingley a pris en location une grande demeure de la région. Le monsieur étant riche, elle espère ardemment lui refiler une de ses filles. Idéalement, Jane, l'aînée.

J'avais totalement oublié cette intrigue-là du roman, que j'ai pourtant, comme je l'ai dit plus haut, déjà lu deux fois. Je me souvenais seulement de l'intrigue qui arrive plus progressivement et qui met en scène la deuxième fille Bennet, la célèbre Elizabeth. Je ne pense pas divulgâcher l'histoire à quiconque en évoquant aussi le célébrissime Mr D'Arcy. Leur histoire d'amour, superbement mise en scène par la BBC en 1995 avec Jennifer Ehle et Colin Firth, commence plutôt mal, avec une fierté si intense qu'elle touche à l'orgueil d'un côté, et des préjugés vite installés de l'autre.

J'ai tout simplement adoré ce roman. Dès le premier chapitre, je me suis régalée avec la plume incisive de Jane Austen, qui était clairement une dialoguiste hors pair. Les piques s'enchaînent avec adresse. Dans le même temps, les réflexions des personnages sont très subtiles, notamment quand ils discutent des qualités des autres. C'est absolument formidable et je suis bien incapable de lui rendre honneur en vous expliquant dignement le pourquoi du comment. Tout le monde a l'air éminemment intellectuel dans ce milieu (bon, ok, sauf Lydia, qui n'a pas le moindre neurone). Il y a aussi la politesse britannique qui structure les échanges et les mœurs et qui donne beaucoup de cachet à la moindre chose. Le tout dans un milieu privilégié et oisif où les gens n'ont rien d'autre à faire que se rendre des visites de courtoisie, se raconter des ragots, attendre le prochain bal et discuter de qui va épouser qui.

Si vous regardez Downton Abbey, vous avez peut-être déjà fait le rapprochement. C'est totalement la même ambiance, mais un siècle plus tôt et sans le point de vue des domestiques. 🙂

Il y a également un autre point commun avec Downton, et il est de taille. Au début du roman, un des problèmes de la famille Bennet est qu'elle se compose de cinq filles et que celles-ci ne peuvent pas hériter de la demeure et du domaine de leur père. En effet, l'héritage de Mr Bennet est "entailed", c'est-à-dire qu'il doit respecter une condition précise – en l'occurrence, se transmettre à un héritier mâle. Jane, Elizabeth, Mary, Catherine et Lydia sont donc condamnées, à la mort de leur père, à perdre leur toit et à vivre seulement sur la petite rente de leur mère. C'est un cousin, Mr Collins, qui héritera de Mr Bennet et récupèrera leur maison. Une seule solution s'offre à elles: faire un mariage avantageux. D'où l'intérêt de leur mère pour l'arrivée de Mr Bingley dans la région. Sauf si l'une d'entre elles devait épouser le fameux cousin, ce qui permettrait à la demeure de rester dans la famille.

Hm hm. Vous voyez le parallèle avec les filles Crawley au début de Downton? 👀👀👀👀

Un autre truc que j'ai adoré, c'est bien entendu le déroulement des histoires d'amour, qui n'ont rien d'immédiat ou de facile. J'avais beau savoir comment tout allait se terminer, j'ai vraiment lu certains chapitres – dont celui de la déclaration!!! suivi par celui de la lettre!!! – avec un vrai entrain et une vraie impatience. Même si les personnages ont leurs défauts et commettent des erreurs, il se dégage de leurs actions une telle droiture d'esprit que j'étais en train de faire ma pom-pom girl hystérique. Je me suis même dit que les autrices de romance écrivent probablement des personnages masculins aussi géniaux parce que c'est leur propre rêve, de rencontrer un homme comme ça, une vraie pépite. ✨✨✨ Et puis, même si l'homme et la femme n'ont pas du tout le même statut dans cette société, il y a une vraie égalité intellectuelle entre eux, c'est un régal!

Du coup, quelle n'a pas été ma stupéfaction lorsque j'ai relu ma chronique de 2012 et que j'y ai lu "Comme toujours, je me suis un peu ennuyée pendant cette lecture [austenienne]", "Stylistiquement, je ne trouve pas non plus la plume de Jane Austen exceptionnelle" et "les "méchants" s'en sortent très bien dans cette histoire". Cette fois, je ne me suis pas ennuyée une seconde, j'ai trouvé la plume brillante, et, si les "méchants" s'en sortent effectivement très bien, cela ne met que davantage en valeur combien les gentils ont été formidables!! ✨✨✨🥹🥹🥹

Franchement, je suis au taquet, j'ai trop envie de relire les Jane Austen que j'ai en ma possession – Emma, déjà lu deux fois, et Persuasion, lu une fois – et d'explorer le reste de sa bibliographie. Limite je serais prête à orienter mes vacances vers l'Angleterre juste pour aller marcher sur les traces d'Austen!! 🤩🤩

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