samedi 20 avril 2013

Qocha (2011)

Comme je lis peu de BD, j'étais passée à côté de la sortie de Qocha de Lommsek, alors que j'avais lu et apprécié sa BD précédente, La Ligne zéro. Quelle chance, donc, d'être repartie du Salon du Livre avec Qocha!! Dédicacée en plus!!! :)


Qocha, c'est l'histoire de Qocha, une petite fille espiègle qui vit dans un petit village d'Amérique du Sud perdu dans la jungle. Un jour, elle est élue Vierge du Soleil, un honneur qui va en fait bouleverser sa vie.


J'ai beaucoup aimé cette BD. À cause du dessin, que j'ai trouvé très joli et mimi (voir ci-dessus), avec de grandes planches très belles (comme celle ci-dessous). Et Lommsek capture très bien la manière de penser des enfants et j'ai trouvé certains passages vraiment bien trouvés.


Au final, le récit est plutôt triste, puisque Qocha va être confrontée à la méchanceté des adultes et découvrir que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. Les dernières cases, où le calme revient après une période mouvementée, m'ont même beaucoup émue... C'est sûrement une BD qui plaira autant aux petits qu'aux grands. Et il est grand temps que je relise La Ligne zéro! :p

Allez donc voir ailleurs si cette BD y est!

Lommsek, Qocha
Éditions Manolosanctis, 16€, 122 pages

lundi 15 avril 2013

J'aimerais...

Attention! Coup de mou en ce lundi matin. Je m'accorde une petite parenthèse "3615 Mes Malheurs". Ne pas prendre la peine de lire si vous pensez "y'a qu'à"...

J'aimerais changer. J'aimerais devenir rapidement quelqu'un d'autre.

Option 1: Devenir un individu socialement acceptable, et tant pis pour mon individualité. Savoir faire rire les autres, parler de boisson, étaler ma vie, exprimer avec insistance mes passions et mes amitiés. Trouver une place de personne normale. Superficielle, un peu girouette en fonction de la personne qui se trouve en face de moi, mais normale.

Option 2 (celle que je cherche à obtenir depuis plus de dix ans, mais sans résultats concrets): Demeurer un individu non socialement acceptable, un rat de bibliothèque qui ne s'intéresse pas à la plupart des choses qui passionnent les gens normaux et qui est très bien dans son coin avec Chat. Cesser de me forcer et de dire "oui" quand je pense "non" avec tout le désespoir du monde. Et ne plus être blessée par tous les gens qui me parlent comme à un chien ou comme à une gamine qui ne connaît décidément rien à la vie, qui se permettent avec moi les piques qu'ils ne se permettent pas avec les autres, qui me font comprendre que mon avis importe peu. J'aimerais vivre dans mon coin et être capable de me foutre en toute honnêteté de ce qui n'est pas dans mon coin.

Bon, je suis bien consciente qu'il y a une multitude de gradations entre ces deux extrêmes, et notamment qu'on peut avoir une vie sociale équilibrée tout en gardant son individualité. :) Mais vraiment je désespère d'y arriver un jour... Vu que ça fait donc, comme je le disais, 10 ans que je tente de m'accrocher et que je reste complètement larguée...

samedi 13 avril 2013

Correspondance

De temps en temps, j'ai encore le bonheur de tomber sur des livres de Zola que je n'ai pas lus. Il en a été ainsi pour ce Correspondance.


Pour le fan inconditionnel, il est intéressant de découvrir un auteur sous un jour un peu différent. On reste dans l'écriture, mais il ne s'agit plus de raconter une histoire: Zola écrit à ses amis pour leur donner des nouvelles, à des journaux pour défendre ses livres, à d'autres écrivains pour leur parler de leurs livres à eux, ou à sa famille dont il est séparé pendant l'exil en Angleterre. De nombreux tons et discours se succèdent donc dans ce recueil de 137 lettres et on est très loin du style zolien habituel.

J'ai été très surprise par le ton employé avec sa maîtresse Jeanne. Zola lui disait qu'il avait trois enfants, une grande fille (elle, la maîtresse), une petite fille (leur fille) et un petit garçon (leur fils). Il lui programmait ses trajets et ses journées à l'heure près: tu prendras tel train, puis tu iras à pieds de la gare à tel endroit, et tu n'oublieras de passer dire telle chose à telle personne.. Un psychanalyste y verrait certainement une expression maladive de son désir de paternité frustré. De mon côté, ça n'a pas amélioré ma vision de cette relation adultère (que je vous ai déjà exposée ici).

Les autres lettres permettent de suivre la progression des Rougon-Macquart et la vie journalistique de Zola, qui a toujours beaucoup écrit pour la presse. On le voit régler ses comptes avec certains critiques et échanger ses points de vue avec d'autres écrivains. Une seule lettre de sa correspondance avec Maupassant, cependant: j'ai trouvé ça maigre....

Intelligemment découpé en trois parties intitulées "Lettres de jeunesse (1858-1867)", "Les combats littéraires (1868-1893)" et "Les années de l'affaire Dreyfus (1896-1902)", le livre comprend également une petite note biographique sur chacun des destinataires de Zola: bien pratique quand ceux-ci ne sont pas passés à la postérité et qu'on se demande de qui il peut bien s'agir.

La citation de la fin, que j'ai trouvée très juste: "Oui, il y a peu de gens heureux, complètement, comme il y a peu de gens qui se portent absolument bien. On paie tous les bonheurs par de terribles souffrances, et le mieux est peut-être encore d'avoir son malheur, comme on a une maladie incurable, qu'on connaît et qu'on soigne, et dont on ne meurt pas."

Émile Zola, Correspondance
Éditions Flammarion, collection GF, 8,80€, 381 pages

jeudi 11 avril 2013

Zola (1992)

Henri Troyat a publié de nombreuses biographies, notamment d'écrivains russes. J'ai déjà lu celle d'Alexandre Dumas et je voulais lire celle d'Émile Zola depuis longtemps. Lecture enfin réalisée grâce à un cadeau de Noël bien choisi.


Au final, cependant, je n'ai pas forcément grand-chose à en dire. Je connais bien la vie de Zola et je n'ai pas eu l'impression d'apprendre quelque chose de nouveau en lisant cette biographie. Le style de Troyat ne m'a pas beaucoup plu car il se met trop dans la tête de son écrivain et en parle trop comme s'il s'agissait de son ami de tous les jours. Comment peut-on affirmer que, à tel moment, Zola se voyait déjà en écrivain célèbre ou pensait précisément telle ou telle chose? Il a laissé de nombreuses lettres, certes, mais de là à donner forme à des pensées aussi précises, je pense qu'il y a beaucoup d'imagination. C'est quelque chose que j'ai déjà remarqué dans d'autres lectures sur cet écrivain.

En outre, encore une fois, j'ai été sidérée de voir que le comportement abject de Zola envers sa femme est abordé avec une immense indulgence. Il faut que vous sachiez que Zola, quand il avait sur les 45 ans, a pris pour maîtresse une femme deux fois plus jeune que lui, dont il a eu deux enfants. Quand sa femme l'a découvert, elle a --légitimement, je crois-- pété les plombs. Puis elle a accepté que son mari mène une double vie relativement peu dissimulée entre son épouse stérile et sa maîtresse féconde. Tous les biographes parlent de retour à la jeunesse, de renaissance et de découverte de la paternité, citent Zola qui écrit à ses enfants et soulignent qu'il perd du poids pour sembler plus jeune auprès de sa maîtresse. Ils y voient une histoire d'amour touchante. Moi, j'ai beau idolâtrer le monsieur, j'ai un peu de mal à avaler une telle pilule, digne d'un de ses personnages...

Bon, dit comme ça, on dirait que j'ai détesté le bouquin. Or, ce n'est pas du tout le cas. J'ai même beaucoup pesté de ne pas pouvoir le lire aussi vite que je le souhaitais à cause du boulot, tandis que le fait de lire des extraits des lettres de Zola et les résumés de ses bouquins m'a donné une grande envie nostalgique de relire les Rougon-Macquart. Du coup, j'ai lu le seul bouquin de Zola que j'avais sous la main et que je n'avais pas encore lu, Correspondance. Chronique à venir très vite. :)

mardi 9 avril 2013

Top Ten Tuesday (22)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.
 

Le thème de cette semaine:
Vos 10 confessions à propos de la lecture

En fait, je n'ai qu'une réelle confession à faire: dans ma tête, la lecture l'emporte généralement sur la plupart de mes activités!

Combien de fois ai-je pesté en entendant sonner mon téléphone ou en fixant des rendez-vous, parce que ça signifiait perdre du temps de lecture. Il y avait tellement de choses passionnantes dans ces pages, tellement de personnages inoubliables, que vraiment je ne pouvais pas m'absenter... Je dois souvent me forcer pour ne pas répondre: Non, je ne peux pas venir, j'ai un livre à lire...

Mais cela a aussi une influence plus agréable: des lieux prennent vie parce que je les ai vus défiler dans un livre. Madrid est la ville du Capitaine Alatriste, la Patagonie est la contrée de Sepulveda, Antibes est la ville où d'Artagnan a dormi alors qu'il escortait le Masque de Fer vers sa prison. Ça apporte un peu de sens et d'émotion à un monde que je trouve bien fade par ailleurs... Un peu comme quand je m'exclame "HO! UN TRANSFORMER!" en voyant passer une voiture de course. :p

Enfin, histoire de meubler un peu et de créer un troisième point à ce Top, je peux vous avouer que je dors avec mes bouquins. Je prends toujours un livre avec moi au lit, même si je ne suis pas très susceptible de lire à cause de l'heure. Puis, quand j'éteins, que j'aie lu ou pas, je garde le livre avec moi sur le lit. Ce matin, j'ai trouvé une discrète trace de patte de chat sur le livre que j'ai entamé hier soir... :)

dimanche 7 avril 2013

Salon du Livre 2013

Dimanche 24 mars, passage au Salon du Livre avec D.I., amie et consœur. Une visite bien mieux organisée que celle de l'année dernière, même si je n'ai pas réussi à me motiver à monter sur Paris dès le samedi pour rencontrer ma dernière idole en date, Amélie Nothomb.

Beaucoup de monde, beaucoup d'écrivains et beaucoup de choses à voir (l'expo sur les 20 ans de Titeuf, notamment, était très sympa).

Avec la chance de mon côté, je repars avec pas moins de quatre dédicaces. Un chiffre impressionnant pour quelqu'un qui n'avait jamais fait signer un livre jusqu'à l'année dernière.

Première étape: Michel Robert. Toujours l'écrivain, pas le cavalier. Cette année, même si j'ai progressivement perdu mes moyens psychologiques et langagiers au fur et à mesure que mon tour approchait, je n'ai pas bégayé comme l'année dernière et il a mieux semblé me comprendre.

Livre: Balafrée.

Après le déjeuner, c'est au tour de Luis Sepulveda. Je vous ai déjà dit que je trouve ses livres merveilleux. Et devinez quoi?! Je lui ai dit: Sus libros son maravillosos y Zorbas es mi heroe! Mes cours d'espagnol portent leurs fruits!

Le monsieur dédicace cependant un peu à la chaîne. La chose m'a fait de la peine car elle ne correspond guère au message très simple et très humain de ses livres...

Livre: Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
(en espagnol, bien sûr).

Au passage, nous établissons que Grand Corps Malade va bientôt dédicacer juste à côté. Un détour chez Lommsek, qui me dédicace Qocha avec un petit clin d'oeil à une ligne de train que nous partageons... (Il en faut du temps pour dédicacer quand on est auteur de BD! ^^)


...Et retour en arrière le temps que D.I. interagisse avec Grand Corps Malade, qui a l'air très sympa!

(Non, ce n'est pas elle de dos.)

Puis un petit passage chez Olivier Gay, qui n'est pas au courant qu'il dédicace au Virgin de ma ville le mois prochain (dans son enthousiasme pour son œuvre, le personnel dudit Virgin a-t-il déliré?). Vivement que ses livres sortent en poche, que je puisse me les acheter, car il est très sympa (lui aussi).

Livre: Les talons hauts rapprochent les filles du ciel.
 
Et pour finir, deux hors-série du Monde pour le prix d'un. Vivement qu'ils s'intéressent à Zola. :)


Le clin d'oeil de la fin: Cette année aussi, j'ai rencontré Superman. Mais sans Superwoman cette fois-ci.


Vivement l'année prochaine pour participer (enfin!) aux Rencontres de la Traduction que j'ai loupées cette année pour raisons professionnelles... Et d'ici là, lisons, lisons, lisons!

vendredi 5 avril 2013

Nouvelle présentation

En l'absence de temps et d'énergie pour réfléchir à un nouveau nom de blog, voire à un nouveau blog tout court, et peu de temps avant de faire un petit bilan à l'occasion des deux ans du blog, je mets au moins à jour ma présentation!

Désormais, je ne serai plus tout à fait ceci:
Jeune fille misanthrope et austère aspirant à lire des livres, une tasse de thé à la main et le chat sur les genoux, tout en écoutant du heavy metal britannique. But ultime dans la vie: rencontrer un dinosaure en chair et en os ou, plus prosaïquement, gagner à l'EuroMillions pour collectionner les fossiles de dinosaures. En attendant, traductrice au foyer désespérée.

Mais plutôt ceci:
Lectrice multilingue, cinéphile éclectique et chercheuse de dinosaures. Blogueuse persévérant depuis bientôt six ans. Heureuse humaine d'un Chat exceptionnel. Traductrice parfois effarée mais toujours passionnée par les mots. De nouveau sur pieds après des temps obscurs. Bienvenus, bonne année... et up the Irons!

Un nouveau départ symbolique! :)

mercredi 3 avril 2013

Back in the game!

De retour plus tôt que prévu. Je m'accorde quelques jours pour faire le tour de la blogosphère et rédiger mes billets et les affaires reprennent! :)

jeudi 21 mars 2013

Pause (à regret)

Malheureusement, des temps obscurs s'annoncent pour ce blog: ordinateur personnel à expédier au service technique et occupations professionnelles prenantes risquent de me garder éloignée de la blogosphère pendant quelques jours. J'espère que ça ne va pas durer plus de deux semaines car je suis déjà en manque de vos blogs... :) Ne m'oubliez pas et à bientôt j'espère! :)

mardi 19 mars 2013

Quo Vadis (1951)

Adaptation cinématographique du livre de Henryk Sienkiewicz, réalisée en 1951 par Mervyn LeRoy. Avec Robert Taylor et Deborah Kerr dans les rôles de Marcus Vinicius et Lygie.



Oh, ces si merveilleuses années cinquante du cinéma. C'est juste irrésistible. D'une manière générale, je n'ai aucune passion pour cette période historique, mais vraiment je suis fascinée par ces productions complètement datées... 

Il faut tout de même dire que Quo Vadis n'a pas mal vieilli du tout: si on fait abstraction de quelques incrustations d'images vraiment grotesques, il passe plutôt bien. L'incendie de Rome est plutôt crédible (en même temps, vu qu'il leur a fallu plusieurs dizaines de milliers de litres de combustible pour le tourner, ça valait mieux ^^) et les personnages de Pétrone et de Néron sont bien caractérisés et apportent une touche d'humour à l'intrigue (qui est par ailleurs, je dois le reconnaître, un peu fade).

Il m'a semblé également que les cascades équestres étaient plus réalistes à l'époque, que la mise en scène des chevaux était moins convenue (ou différemment convenue qu'elle ne l'est actuellement). C'est difficile à décrire, mais il me semble que quand Robert Taylor est filmé au galop, il est vraiment plein pot, son attelage est à fond; maintenant, les scènes soi-disant rapides sont souvent juste coupées pour donner cette impression, on voit bien que le cheval est en réalité bien rassemblé et sous contrôle. (Peut-être d'ailleurs que ceci est à l'honneur du cinéma d'aujourd'hui et que l'on prend plus soin des chevaux sur les tournages!)

Par contre, Robert Taylor est très monoface et archétypal, et j'ai été attristée de voir Deborah Kett jouer pratiquement de la même manière que dans Dieu seul le sait et La nuit de l'iguane... Dommage...

Popée et Néron: la mangeuse d'hommes
et l'empereur "beubeu" (dixit A.)

Le clin d'oeil de la fin: C'était sympa de voir soudain débarquer La Cène de Léonard de Vinci. :) 


samedi 16 mars 2013

Et puis, Paulette... (2012)

Et puis, Paulette... de Barbara Constantine faisait partie de la sélection de livres mis à la disposition du comité de lecture de ma médiathèque. J'étais passée à côté car l'histoire me semblait trop gentillette et parce que je n'avais pas compris le titre. Le groupe avait bien signalé que c'était une référence à une chanson, mais je n'avais pas saisi laquelle. Puis, fin janvier, pendant le film Alceste à bicyclette, j'ai eu une révélation.


En fait, je connaissais la chanson. (Et oui, le film contient cette chanson d'Yves Montand.) Je me suis donc ruée sur le site de la médiathèque pour réserver Et puis, Paulette...


En fait, ce livre est exactement comme sa couverture. Simple, touchant, douillet, un brin nostalgique. L'histoire de quelques personnes âgées discrètes et tranquilles qui se retrouvent à vivre ensemble. Je ne saurais vraiment pas le résumer autrement. C'est vrai que c'était un brin trop gentillet pour mes goûts, mais, en même temps, j'ai eu envie de croire que c'était possible, ce type d'histoire. Que les choses peuvent parfois bien s'arranger si quelqu'un y met du coeur et fait des efforts.

Par ailleurs, j'ai trouvé que l'auteur abordait les thèmes de la vieillesse et de la solitude avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Il m'a semblé que c'était plus constructif que dans le film Et si on vivait tous ensemble?, même si celui-ci le faisait de manière beaucoup plus consciente (vu que les personnes âgées étaient accompagnées d'un jeune étudiant qui faisait sa thèse sur leur vie en communauté). Et j'ai beaucoup apprécié le petit humour léger et la présence des animaux (deux chats, un chien et un âne, Cornélius), qui sont de vrais personnages à part entière.

Amie bibliothécaire C., tu parlais l'autre jour de l'aspect initiatique des contes de fées: et bien je pense que ce livre est un peu un conte. Sans fées, certes. Mais il m'a donné cette impression.

En bref, une parenthèse agréable entre deux lectures plus réalistes, ou bien un bon remontant quand on n'a pas le moral. :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Bouchon des Bois
L'avis d'une ex-camarade du comité de lecture (avec la vidéo du passage de l'auteur à la Grande librairie)

Barbara Constantine, Et puis, Paulette...
Éditions Calmann-Lévy, 15,50€, 320 pages.

mercredi 13 mars 2013

Les fleurs bleues (1965)

En ce début d'année, j'ai beaucoup manqué (et je manque encore) de lectures en français, ce qui m'a amenée à relire quelques livres que je n'avais pas ouverts depuis que je les avais lus au collège ou au lycée: Le Misanthrope de Molière (une lecture de toute façon indispensable avant d'aller voir Alceste à bicyclette au cinéma), Rhinocéros de Ionesco (auquel je n'ai, d'ailleurs, toujours rien compris ^^), Le dernier jour d'un condamné de Hugo... Et Les fleurs bleues de Queneau.


Je me souvenais assez bien du chapitre d'introduction, que j'avais étudié en L, et notamment du paragraphe suivant:

"Les Huns préparaient des stèques tartares, le Gaulois fumait une gitane, les Romains dessinaient des grecques, les Sarrasins fauchaient de l'avoine, les Francs cherchaient des sols et les Alains regardaient cinq Ossètes. Les Normands buvaient du calva."

Ce qui donne bien le ton du bouquin. Queneau a une espèce de don pour manipuler les mots et créer des situations un peu loufoques ou cocasses. Ici, il nous raconte l'histoire du duc d'Auge, qui traverse les âges en compagnie de son page et de leurs chevaux, Démosthène  ("nommé Démosthène parce qu'il parlait, même avec le mors entre les dents" et surnommé Démo, ou Sthène) et Stéphane ("ainsi nommé parce qu'il était peu causant"). En parallèle, lorsque le duc s'endort, nous suivons le quotidien quelque peu répétitif de Cidrolin, qui vit sur une péniche et regarde les houatures passer. Puis, dès que Cidrolin s'endort, nous rejoignons le duc d'Auge.

Je suis assez certaine que ce livre a toute une portée symbolique et littéraire, voire politique, qui m'a totalement échappé. Il me semble improbable que Queneau l'ait écrit uniquement pour le fun. Mais cet aspect fun m'a amplement suffi et je me suis bien amusée.

Je dois dire que je n'ai pas compris certaines choses. Par exemple:
"Tout le monde part. Cidrolin aperçoit la tête des chevaus. Ils ont l'air de chevaux."

Mais d'autres passages m'ont fait éclater de rire. Par exemple:
"-Ah! les salopards, grommelait [le duc], il n'y a plus de liberté si les vilains s'en mêlent. [...] Ce qu'ils veulent, c'est voir tous les nobles seigneurs comme moi étripés par les Chleuhs pour envahir nos châtiaux, boire notre vin clairet dans nos caves et qui sait? violenter nos mères, nos femmes, nos filles, nos servantes et nos brebis.
-Et nos juments, dit Sthène.
Un passant sursauta.
-Et nos juments, dit le duc à haute voix.
Il se pencha vers le quidam:
-C'est moi qui ai dit: "et nos juments". C'est moi, tu entends, vilain?"

...Voilà. Je ne sais pas si ce dernier extrait est convaincant hors contexte, mais moi il m'a bien fait rire. :)

vendredi 8 mars 2013

Madrid

À Madrid...

...on mange des churros trempés dans du chocolat chaud...


...et des parts de torta de queso (gâteau au fromage) à tomber...


...on constate que les éditeurs espagnols ont compris que la série Le Trône de fer ne fait pas 15 tomes et que chaque tome a un titre bien pensé...


...que P. D. James semble cartonner...


...que Musso est là-bas aussi...


...tout comme Levy...


...et, de manière plus surprenante et réjouissante, Carrère...


...on cherche (et on trouve) le restaurant du Capitaine Alatriste...


...où l'on observe le menu...



 ...mange dans des assiettes portant le célèbre A...


...et paye une addition assez salée...


...on passe voir les bouquinistes...


...l'un desquels vous fait cadeau d'un petit bloc-notes et de trois marque-pages...



...on marche jusqu'au musée des sciences naturelles...


...où l'on rencontre de merveilleux, magnifiques et nombreux dinosaures...






...on bave devant la vitrine d'une boulangerie irrésistible...


...devant une très belle édition des livres de Tolkien...


...et devant des multitudes d'exemplaires des aventures d'Alatriste...


...on visite le Palais royal, où l'on contemple des armures pour chevaux que l'on n'a pas le droit de photographier et que l'on achète donc en carte postale...


...en même temps que de merveilleux marque-pages à armes anciennes qui seront si bien adaptés aux livres du capitaine Alatriste...


...et pour finir on rentre chez soi avec des achats plutôt modestes, mais simplement merveilleux...



...ainsi qu'une lecture équestre pour varier les plaisirs.


mardi 5 mars 2013

Top Ten Tuesday (21)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:
Les 10 séries que vous aimeriez lire
mais que vous n'avez pas encore commencées

Beaucoup plus difficile à traiter que prévu, ce thème. Je me suis soudain rendu compte que, contrairement à ce que je croyais, il n'y a pas tant de séries que ça que j'ai vraiment envie de lire. Petit tour d'horizon...

1/ La Tour sombre de Stephen King. Huit livres. J'ai d'énormes attentes par rapport à cette série et je sens qu'elle a le potentiel de me réconcilier avec Stephen King (car, bien que je cite tout le temps ses histoires de placards et que La Ligne verte soit au panthéon de mes livres préférés, ce n'est pas vraiment un écrivain que j'apprécie). C'est très certainement par ici que je commencerai lorsque j'aurai fini de lire le Trône de Fer, la série qui m'occupe actuellement.

2/ Dune de Frank Herbert. Cinq livres. Je ne connais rien à l'histoire et je n'ai jamais vu le film: cette série m'intéresse avant tout pour des raisons de culture gé (combler mes lacunes de SF, toussa). Et aussi parce que le père de l'Homme aime et que le père de l'Homme a bon goût.

3/ La Roue du temps de Robert Jordan. Quatorze livres (les trois derniers étant "mis au point" par quelqu'un d'autre, l'auteur étant mort en cours de route. Ha ha ha). Plus de onze mille pages en anglais: c'est la série ambitieuse qui m'occupera un bon moment quand je m'y mettrai (horizon 2020? Lol). À lire pour les mêmes raisons que Dune.

4/ Les livres mettant en scène Elric, le personnage de Michael Moorcock. Parce que ça semble être de bons récits de sword and sorcery comme je les aime. Par contre, je n'ai pas bien capté combien il y en a en VO.

5/ Percy Jackson de Rick Riordan. Cinq livres. Série jeunesse. Il faut préciser que j'ai adoré le film.

6/ La Fille aux licornes de Lenia Major. Trois livres. Série jeunesse. Parce que Meli en a dit du bien ici et parce que la licorne est ma bestiole préférée (avec le dragon et le dinosaure, s'entend).

7/ La Ballade de Pern de Anne McCaffrey. Nombre de livres en VO à déterminer. Parce que Endea en dit tout le temps du bien et parce que le dragon est ma bestiole préférée (avec la licorne et le dinosaure, s'entend).

Bien entendu, le problème de la plupart de ces séries est qu'elles sont en anglais. Il n'est donc pas trop possible que j'en lise plus d'une à la fois, mon planning de lecture devant alterner les styles *et* les langues et devenant trop compliqué si je dois aussi alterner entre deux séries à l'intérieur d'une même langue... Bon, pas sûre que vous ayez suivi, mais en gros c'est très compliqué. Disons que l'objectif pour cette année 2013 consiste à boucler le Trône de Fer et à attaquer la Tour Sombre, ce sera déjà quelque chose! :)

vendredi 1 mars 2013

Tag: Quelle lectrice es-tu?

J'ai été taguée! C'est trop fort. C'est même mythique, comme dirait A.! Merci à Tigger Lilly pour cette opportunité rêvée de parler de moi, moi, moi. Ça ne m'est arrivé qu'une fois jusqu'à maintenant et, en plus, ce billet est le deux centième de ce blog... Autant marquer le coup!

Es-tu une acheteuse compulsive de livres?
Pas vraiment. D'une part parce que ma situation économique est généralement d'une tristesse sans nom, et d'autre part parce que je n'aime pas voir les livres s'accumuler dans mon salon sans que je ne puisse les ouvrir parce que je suis occupée à lire autre chose: je trouve ça trop frustrant. J'achète donc au compte-gouttes, sauf lorsque je tombe sur des occasions que je ne veux pas laisser passer (comme à Dulin il y a quelques mois).

À quelle fréquence achètes-tu tes livres?
Pas de fréquence particulière. En 2012, j'ai acheté plus ou moins un livre d'Anne Rice par mois, vu que c'était mon rythme de lecture. Mais il peut aussi bien m'arriver d'acheter 20 bouquins d'un coup tous les six mois que d'en acheter un toutes les six semaines. En 2013, trois achats pour l'instant (bouquins en espagnol trouvés à Madrid).
En revanche, j'ai un rythme assez régulier d'emprunts en bibliothèque: généralement trois livres par mois.

As-tu une librairie favorite?
Oui! Et même deux! :)
Il y a d'abord ma librairie de quartier, que j'ai beaucoup hantée en période de chômage technique: le Pavé du Canal à Saint-Quentin-en-Yvelines. C'est un peu la librairie historique du coin et elle résiste face à France Loisirs et au Virgin. Quand j'ai réalisé que le prix du livre est le même partout en France, je me suis vraiment demandée pourquoi j'avais donné de l'argent à Amazon et compagnie pendant des lustres au lieu de soutenir un petit libraire indépendant... C'est donc ici que j'achète mes livres en français.
L'autre librairie que j'adore, sans surprises, c'est le grand Gibert-Joseph de Saint-Michel (et, depuis peu, son petit frère versaillais). C'est là que j'achète des livres d'occasion et dans d'autres langues que le français.

Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée?
Je suis généralement seule au Pavé, mais accompagnée à Gibert, étant donné que je monte généralement sur Paris pour voir des gens.

Librairie ou achats sur le net?
Librairie pour le français, comme je le disais. Pour l'anglais, à moins de trouver des livres d'occasion à des tarifs intéressants chez Gibert, je commande du neuf sur The Book Depository, mon meilleur ami. Et pour l'italien et l'espagnol, j'en achète tellement peu que ce n'est pas très représentatif, mais ça fait plus d'un an que mes achats viennent de librairie (même si ce n'est pas forcément moi qui suis allée les acheter). Et, comme je le disais plus haut, j'emprunte en bibliothèque (toutes langues confondues).

Vers quel type de livre te tournes-tu en premier?
Ça dépend de ce que je cherche... Mais il y a un rayon que je ne laisse jamais passer, c'est la lettre Z en littérature française, histoire de voir s'il n'y a pas un Zola que je n'aurais pas... :)

Préfères-tu les livres neufs, d'occasion ou les deux?
Les deux. Je suis passée aux achats d'occasion à contre-coeur, histoire d'économiser. Je trouvais ça triste et même un peu minable, en fait. Mais bon, avec 20€ en librairie, on achète un grand format pas trop épais; en brocante, on repart avec 20 livres... Puis je me suis rendu compte que j'aime aussi les livres d'occasion. J'aime récupérer un livre dont quelqu'un ne veut plus et lui donner une seconde chance. Ça correspond un peu à mon côté écolo. Et on découvre parfois des vieilles couvertures drôles ou touchantes. En fait, maintenant j'adore traîner dans les brocantes de bouquins, notamment Au Facteur Cheval de Versailles, et chercher parmi les livres jaunis... Mais j'aime aussi acheter du neuf, évidemment!

Qu'aimes-tu dans le shopping livresque?
La perspective de lire, non? Prendre dans mes mains et ramener chez moi un livre que je vais, à terme, ouvrir et découvrir. J'ai la même sensation quand j'emprunte en bibliothèque. Il s'agit peut-être de la recherche d'espoir et de salut dont parle Lestat dans Blackwood Farm...

Te fixes-tu une limite d'achats par mois?
Pas du tout. C'est très limité de toute façon à cause de la tristesse de la situation économique citée plus haut... :p

À combien de livres s'élève ta wish-list?
"À l'infini, et au-delà", pourrais-je répondre pour faire un petit clin d'oeil à Toy Story... Disons qu'il y a peu de livres que je n'aimerais pas lire un jour... Mais ma liste de cadeaux contient une trentaine de livres plus prioritaires.

Cite trois livres que tu veux tout de suite.
Dinosaur Tales de Ray Bradburry (malheureusement introuvable); Retour à Killybegs de Sorj Chalandon; et Correspondance de Zola (certainement le prochain livre que j'achèterai en français).

Précommandes-tu les livres?
Non. Ça m'est juste arrivé deux fois pour des livres envoyés depuis l'étranger et que j'attendais vraiment avec impatience: le dernier P. D. James et le dernier Capitaine Alatriste.

Pourquoi un tel pseudo/nom de blog?
Le pseudo est juste une manière plus glamour d'écrire le prénom Alice, que je n'aime pas beaucoup... Le nom du blog, c'est parce que "Tea, cats and books" était déjà pris, je crois, et parce que j'écoute, globalement, du rock (au sens large). Malheureusement, je ne suis pas très fière d'avoir choisi un nom anglais et j'envisage depuis des mois d'en changer... J'aimerais trouver quelque chose avec des dinosaures parce que cet intérêt constitue mon trait d'originalité principal...


"Dis, tu veux bien me lire une histoire?"

"Le dinosaure et le chat qui lisaient des livres"? "L'antre du dinosaure lecteur"? "Lectures félines et sauriennes"? "Lisons à l'ombre du dino"? Je ne vois pas trop... Si quelqu'un a des idées lumineuses... :D

Les réponses à ce tag que j'ai déjà lues: Cachou, Tigger Lilly et Endea (qui a un pseudo fascinant!).

Et celles que j'aimerais lire: Bouchon, Maelig et Grominou. Allez, au boulot les blogueuses-lectrices! :)

mercredi 27 février 2013

La jeune fille à la perle (2000)

En 1664, à Delft (Pays-Bas), la jeune Griet entre au service des Vermeer. La maîtresse de maison, Catharina, la déteste immédiatement. Le maître de maison, peintre, n'est pas très présent, mais il exerce une fascination puissante sur la jeune servante, qui est également très touchée par ses tableaux. Chargée de faire le ménage en remettant les objets qu'elle déplace exactement au même endroit, Griet est autorisée à entrer dans le studio du peintre...


J'imagine que tout le monde connaît plus ou moins l'histoire de ce livre à cause du film qui en a été tiré et parce que le tableau dont il traite est très connu. Je dois d'ailleurs reconnaître qu'il a vraiment quelque chose de mystérieux et de fascinant (contrairement au reste de l'oeuvre de Vermeer, que, après vérification, je ne trouve pas du tout aussi intéressante) et qu'on ne peut pas s'empêcher de rester un peu subjugué par cette jeune fille! L'idée de Tracy Chevalier consiste à donner une histoire à ce tableau, à expliquer comment Vermeer a eu l'idée de le peindre, à qui il était destiné, et ce qu'en a pensé la jeune fille en question. Et d'où vient cette grosse perle en forme de goutte d'eau.

Dans un premier temps, le style m'a un peu rebutée. Trop de phrases courtes destinées à donner de l'importance à des évènements anodins, trop de longs regards de gens en pâmoison. Mais je me suis habituée et j'ai beaucoup aimé les pages concernant le travail de peinture: la mise en place du modèle, la préparation de la toile puis des couleurs, l'apparition des contours puis des détails. Et j'ai trouvé la fin très triste, même si je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour/fascination vraiment crédible...

En fait, c'est un peu dommage: je pense que ce livre aurait été vraiment super avec plus de travail sur la rédaction. Comme beaucoup de livres de littérature contemporaine, j'ai l'impression qu'il ne se démarque pas, qu'il n'a pas trouvé sa voix et qu'il se limite à une simplicité très passe-partout... Un peu comme s'il ne fallait surtout pas compliquer la vie du lecteur. Dommage, dommage. Cependant, je donnerai sûrement une autre chance à Tracy Chevalier: sa plume s'est peut-être améliorée avec le temps. Il ne s'agit au fond que de son deuxième roman... :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Bouchon

lundi 25 février 2013

Le pacte des vierges (2011)

Le pacte des vierges de Vanessa Schneider m'a été présenté en speed-booking il y a une quinzaine de jours (en même temps que D'autres vies que la mienne, dont je vous ai déjà parlé ici). Je n'ai pas vraiment adoré ce livre --en fait, je crois qu'il est tout simplement trop court pour marquer durablement--, mais il est très intrigant: il s'agit des interviews alternées  de quatre jeunes filles faisant partie d'un groupe de 17 lycéennes enceintes. Voilà. Pas ce que j'aurais pris spontanément en librairie, surtout quand on connaît ma passion pour tout ce qui tourne autour de la maternité... Mais j'ai été suffisamment intriguée pour l'emprunter illico et la lecture s'est révélée intéressante.


L'histoire se met en place progressivement, les quatre filles n'abordant pas les mêmes aspects de leur aventure (ou de leur pacte, si pacte il y a vraiment eu). On découvre leurs passés, leurs familles et leurs aspirations. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'on ne sait pas ce qui est vrai (l'histoire est tirée d'un fait divers réel) et ce qui relève du travail de l'écrivain, et qu'on reste un peu sur sa faim à cause de l'absence de réponses. Je n'ai pas eu l'impression de bien saisir le message ou la motivation de ces ados... (En même temps, l'écrivain n'est pas tenu de donner des réponses toutes faites: il a aussi le droit de poser des questions et de nous laisser réfléchir.)

Je ne le recommande pas avec un enthousiasme débordant: ce n'est pas un chef d’œuvre. Mais il mérité d'être lu, et comme il se lit, en outre, extrêmement vite, au moins on ne perd pas de temps de lecture si on ne l'aime pas. :)

Un film français a également été tiré de ce fait divers: 17 filles. Malgré le peu d'enthousiasme que m'inspirent les gros ventres des actrices dans la bande-annonce, j'ai réservé le DVD à la médiathèque. Je vous tiendrai au courant si je le regarde pour de bon...


Vanessa Schneider, Le pacte des vierges
Éditions Stock, 17€, 192 pages.