samedi 22 juin 2013

Le Choix de Sophie (1979)

J'avais entendu parler du Choix de Sophie de William Styron il y a de nombreuses années, quand j'étais à la fac à Florence. Une prof nous avait parlé du terrible choix de cette Sophie --un choix comme seuls les Nazis peuvent en exiger-- et j'avais été très émue. C'est donc avec plaisir que j'ai emprunté ce livre lorsque je suis tombée dessus dans les rayons de ma bibliothèque...

...Seulement pour m'arracher très vite les cheveux. Car je n'ai pas aimé du tout. Si je suis allée jusqu'au bout, c'est vraiment parce que je n'abandonne jamais (ou presque!) un livre et que j'attendais d'en arriver à la description de ce choix. Choix qui est présenté en deux paragraphes à 30 pages de la fin, sans explications, sans réflexions, sans sentiments, et qui tombe, au final, un peu comme un cheveu sur la soupe. Misère...


Dans sa structure de départ, le livre commence un peu comme Gatsby. À New York, en juin 1947, un jeune aspirant écrivain venu du Sud des États-Unis rencontre des voisins un peu particuliers dans son nouveau logement. Nathan est un jeune scientifique juif brillant. Sophie est une très belle Polonaise rescapée d'Auschwitz. Notre narrateur entre dans la vie de ce couple, qu'il observera pendant tout l'été tout en étant légèrement déconnecté d'eux: ce sont eux qui mènent la danse et qui l'entraînent dans leur vie. Ou plutôt, c'est Nathan; Sophie, éperdument amoureuse, est elle aussi en train de suivre et non pas de mener. Il apparaît cependant très vite que leur relation est quelque peu explosive et que Nathan est violent. Dans les moments de calme, en l'absence de Nathan, Sophie raconte progressivement des épisodes marquants de sa vie en Pologne.

Je vous disais donc que je n'ai pas du tout aimé. Je n'ai pas accroché le style de l'auteur; j'ai trouvé les divagations du narrateur sur sa propre vie totalement sans intérêt; le contenu sexuel m'a mise un peu mal à l'aise, oscillant comme il le fait entre la frigidité et le vulgaire ou le malsain; j'ai eu envie d'étrangler Sophie, qui pleure ABSOLUMENT TOUT LE TEMPS, au bout de deux chapitres; j'ai cordialement détesté Nathan; et je n'ai ressenti aucune émotion face aux tristes événements décrits.

Mais ce que je voulais vous dire aujourd'hui, c'était ce que j'ai apprécié dans ce livre. Car il y a quand même deux petits trucs qui valent la peine d'être soulignés. :)

Le premier, le plus difficile à décrire, consiste en une certaine "exploration" de l'esprit humain, c'est-à-dire que le narrateur saisit avec une certaine subtilité ce qu'il se passe dans la tête de Sophie et des différents personnages qui entrent en scène. Quitte à mettre en scène des motivations pas très glorieuses. C'est une des choses que j'apprécie chez Zola et chez Primo Levi par exemple, donc ça m'a un peu rassérénée dans ma lecture.

Le deuxième, c'est la volonté de l'auteur de parler des camps de concentration comme machine à détruire et à faire souffrir tout le monde. L'héroïne est donc, comme je l'ai dit, polonaise; elle a été envoyé à Auschwitz parce qu'elle avait acheté un jambon au marché noir. Il est fait mention des prisonniers russes (me semble-t-il) sur qui ont été testées les chambres à gaz de Bikernau, ainsi que des Tsiganes. En parallèle, l'attitude de Nathan, le Juif qui ne parle que du génocide des Juifs en particulier, est présentée comme limitée, voire cruelle quand il en parle devant Sophie. C'est un point de vue assez rare, le génocide commis par les Nazis étant généralement passé dans l'histoire comme le génocide des Juifs, et puis les autres on les a un peu oubliés. Je suis actuellement en train de regarder Shoah de Claude Lanzmann (9h30 de film, la chose la plus chiante que j'ai jamais regardée de ma vie, je me demande quand est-ce que j'en viendrai à bout) et je trouve que Lanzmann a typiquement cette attitude qui consiste en quelque sorte à revendiquer le monopole de la douleur et à accuser le reste du monde d'antisémitisme...

Bien entendu, Sophie, et William Styron à travers elle, n'est pas naïve. Que le but premier des chambres à gaz était d'exterminer les Juifs est une certitude. Mais on ne peut pas, pour autant, ignorer la souffrance des autres; et cette prise de position est parfaitement et horrifiquement rendue par le discours de Wanda, une amie de Sophie, qui compare les Juifs et les Polonais à des rats prisonniers, respectivement, d'un tonneau sur lequel tire un fou et d'un immeuble en flammes. Mieux vaut être dans l'immeuble en flammes: les rats peuvent courir dans les étages et à terme, peut-être, l'incendie s'éteindra. Mais comment prétendre de ces rats-ci d'aller aider les rats prisonniers dans le tonneau?

Ce court passage m'a vraiment marquée et j'y ai vu un vrai talent d'écrivain. D'ailleurs, d'une manière générale, tous les passages qui se passent en camp de concentration, c'est-à-dire le récit de Sophie, sont bien mieux écrits que l'interminable flot de détails sur la vie du narrateur en 47...

Voili voilou. Si quelqu'un peut d'ailleurs m'éclairer sur tout ce que j'ai loupé dans ce livre, il est le bienvenu! :)

jeudi 20 juin 2013

De l'influence de la météo sur la lecture (si seulement on la connaissait à l'avance)

Nous sommes le jeudi 20 juin et il pleut des cordes.

Je suis ravie. Je déteste le soleil, le ciel bleu et la chaleur. (Parfois, je me dis qu'il y avait peut-être un vampire dans mes ancêtres...) Je déteste encore plus le fait que ces trois éléments rendent les gens heureux. L'été, j'agonise lentement sous mes strates de gras et je peste devant tous ces gens qui s'extasient parce qu'il fait beau. Je déteste regarder par ma fenêtre et voir ces gens contents. Du coup, cette pluie torrentielle me satisfait pleinement... Mais....

Mais si seulement j'avais su que ce temps automnal durerait aussi longtemps, j'aurais organisé mec lectures différemment; j'aurais lu en mars, en avril, en mai ou en juin des livres dont j'ai renvoyé la lecture à l'automne, comme tous les ans. Des recueils de Clark Ashton Smith, de Robert E. Howard dans sa veine horrifique, de fantômes, de Maupassant dans sa veine fantastique... Ils m'appellent et je n'ose pas les entamer, de peur que le beau temps revienne et ruine l'ambiance propice à ces lectures! J'attends le merveilleux mois d'octobre et ses soirées sombres pour retrouver le petit frisson et le petit souffle froid qui passe très vite sur ma nuque quand les monstres sont de sortie... Mais.... S'il faisait beau en octobre, pour "compenser" ce printemps humide? Je serais bien attrapée...

Je ne vois qu'une solution: il faut que je (re)déménage à Dublin, voire même en Islande! Les nuages de cendre, ça doit être l'éclairage idéal pour se faire un peu peur...

mardi 18 juin 2013

Top Ten Tuesday (25)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:
Les 10 livres à lire cet été (votre PAL de cet été)

Un thème très difficile, vu l'état de ma PAL. Enfin, le non-état de ma PAL: CINQ livres. Dont trois que je ne compte pas du tout lire avant l'année prochaine, afin de laisser passer un peu de temps entre deux lectures de ces auteurs.... Autant vous dire que ça va mal, très mal... Mais autorisons-nous à rêver et imaginons ce que je lirais en juillet et en août si j'avais un beau budget et une belle organisation.

1/ La première chose qu'on regarde de Grégoire Delacourt. Je l'ai réservé à la bibliothèque, donc il est certain que je le lirai, au moins celui-ci.

2/ A Feast for Crows de G. R. R. Martin. Le quatrième tome du Trône de fer. Trois mois que j'ai lu le troisième tome et que je regarde avec désarroi celui-ci. (Je suis apparemment la seule à ne pas être totalement embarquée par cette série.)

3/ Conseils d'amie à la clientèle d'Anna Sam. La "suite" des Tribulations d'une caissière.

4/ Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon. Parce qu'ils se passent en Irlande...

5/ C'est en hiver que les jours rallongent de Joseph Bialot. Un livre sur les camps de concentration. Parce que j'ai cette habitude insensée de lire des livres et de regarder des films sur ces trucs macabres et déprimants.

6/ Un livre de Badinter, soit L'Abolition soit Oscar Wilde ou l'injustice. Ou bien encore 84 Charing Cross Road de Helen Hanff... Ou encore le premier tome de Kusheil de Jacqueline Carey. Bref, des livres recommandés en speed-booking en janvier 2011 et toujours pas lus... (J'ai honte....)

7/ Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Je n'en ai lu que du bien et j'ai très envie de le lire... Mais que faire si j'en suis aussi déçue que j'ai par exemple été déçue par le Trône de fer cité plus haut?

8/ L'élixir des Templiers de Alfredo Colitto. Rassurez-vous, le titre original de ce livre italien ne surfe pas sur la vague des Templiers: Cuore di ferro ("Coeur de fer"). Un petit policier médiéval qui se passe à Bologne. Envie, envie.

9/ L'origine de la violence de Fabrice Humbert. Parce que j'ai adoré Avant la chute et La Fortune de Sila. Et parce que j'ai cette habitude insensée de lire des bouquins déprimants...

10/ La suite de La Guerre des clans. Parce que ça fait déjà six mois que j'ai lu le premier tome... J'ai honte...

On en reparle en septembre, voir si j'ai réussi à faire quelque chose de mon été? :)

jeudi 13 juin 2013

Glacé (2011)

Un cheval retrouvé décapité et dépecé à l'arrivée d'un téléphérique, à deux mille mètres d'altitude, juste au-dessus d'une gigantesque usine hydroélectrique souterraine, par un matin de décembre gelé et enneigé. Une enquête qui commence avec réticence pour le commandant Servaz, choqué que la police consacre tant de moyens à enquêter sur la mort d'un cheval du fait que le propriétaire de ce cheval est un homme richissime... Mais bientôt, c'est un cadavre humain qui apparaît dans une vallée isolée et lugubre des Pyrénées. Une vallée où se dresse aussi un sombre asile psychiatrique unique au monde, destiné à des tueurs incontrôlables que les prisons ne peuvent pas recevoir.


Les beaux temps continuent -- si je puis me permettre cette métaphore météorologique à propos d'un livre qui se passe au milieu des glaciers. J'ai en effet adoré ce thriller prêté par une collègue de bureau (oui oui, vous avez bien lu: en ce moment, je n'ai pas seulement des confrères et des consœurs mais aussi des collègues!). C'est prenant et bien écrit: Bernard Minier arrive à poser une atmosphère oppressante en peu de mots, sans envolées littéraires, et à créer une intrigue complexe et riche. Sans oublier une touche d'humour et des personnages bien campés, notamment Servaz, un flic déprimé et pessimiste totalement asocial. Une réussite d'autant plus marquante qu'il s'agit d'un premier roman.

Inévitablement, j'ai passé une nuit bien courte en cours de lecture: je ne dors pas bien quand je suis convaincue qu'un tueur rôde dans mon salon. Mais c'est aussi pour cela que les thrillers marchent aussi bien, je crois... Et vous savez quelle belle satisfaction j'ai eue? À force d'appliquer la leçon que j'ai tirée de mes lectures de P. D. James et d'Agatha Christie et de mon visionnage de la série Arabesque, qui est de toujours soupçonner tout le monde, j'ai même compris une partie de la vérité avant Servaz... :)

Florilège de citations:

"Il sélectionna un numéro en mémoire et obtint la voix de sa fille expliquant en substance qu'elle rappellerait toute personne lui laissant un message sur un fond sonore qui lui fit penser que l'enfer était peuplé de mauvais musiciens."

"Servaz se sentit déprimé par tous ces univers de rechange, tous ces forums, tous ces sites. Il se dit qu'auparavant tous ces cinglés se seraient crus les seuls de leur espèce et qu'il se seraient terrés dans leur coin. Aujourd'hui, grâce aux moyens de communication modernes, lesquels communiquent d'abord la sottise et la folie et -- plus parcimonieusement -- la connaissance, ils découvraient qu'ils n'étaient pas seuls, entraient en contact, et cela les confortait dans leur dinguerie."

"Servaz le considérait comme la preuve vivante qu'un imbécile peut grimper haut s'il a d'autres imbéciles au-dessus de lui."

À découvrir...

Bernard Minier, Glacé
Éditions Pocket, 8,40€, 736 pages

mardi 11 juin 2013

Loup blanc (2004)

Il y a des périodes comme ça où la chance vous sourit et où vous trouvez votre existence merveilleuse. Parfois, c'est à cause d'une simple coïncidence: vous bouclez un livre que vous aimez juste avant de partir dîner avec une amie et de faire une rencontre fortuite mais tout simplement trop géniale. Les trois éléments se mélangent dans votre esprit et donnent lieu à un feu d'artifice émotionnel qu'aucun des trois n'aurait entraîné à lui tout seul. Vous voyez?

En bref et en l'occurrence, je n'oublierai jamais ce White Wolf parce qu'il m'a réconciliée avec David Gemmell après plusieurs livres que j'avais lus vraiment par pure fidélité et parce que je l'ai terminé (avec plaisir) juste avant une de ces soirées qu'on n'oublie pas. Hier soir, j'étais donc juste trop heureuse de vivre.

En fait, Loup blanc ressemble à tous les autres livres de Gemmell. C'est une histoire de guerriers hyper balèzes embarqués dans un combat et/ou une quête qu'ils n'ont strictement aucune chance de gagner. Mais j'y ai trouvé moins de répétitions moralisatrices insupportables que dans certains autres romans de cet écrivain, ainsi que quelques personnages plus originaux. Et puis c'est le tome qui réunit Druss et Skilganonn, mes deux personnages préférés, ainsi que la reine Jianna (sensiblement le seul personnage féminin gemmellien qui m'ait jamais marquée).

En rangeant ce livre dans ma bibliothèque, j'ai comblé le trou béant qui attendait entre Hero in the Shadows et The Swords of Night and Day. Des années après avoir lu le premier et le dernier tome, j'ai donc enfin bouclé la saga des Drenaï... Et s'il est vrai que Gemmell se répète interminablement et n'écrit pas très bien, je dois dire que je garde une grande affection pour lui et ses personnages. Surtout Druss, évidemment: à un moment donné dans une vie, je crois qu'il "faut" lire Légende... Pas la peine d'aller plus loin, mais Légende, oui.

dimanche 9 juin 2013

Journal intime du cheval Crac (2001 et 2009)

Bienvenue au club! et Surprises au club! de Sylvie Overnoy, respectivement le premier et le deuxième tome du Journal intime du cheval Crac, sont deux livres que j'ai eus en cadeau dans Cheval Magazine. (On a toujours des petits bonus dans Cheval Mag, c'est merveilleux!).


Comme le laisse deviner le titre, ils donnent la parole à Crac, un cheval qui a été sorti de son Pré pour aller en Centre Hippique et qui observe les Cavaliers et leurs comportements parfois mystérieux. Il y a Vincent, qui "croit qu'il est le Patron de tout le Centre Hippique", Zoé "la Patronne des Poneys", et puis tous les Cavaliers qui montent en Reprise. Il y a aussi les autres chevaux: Magicien, le vieux cheval de club qui sait tout faire, Mémère qui a un sacré caractère, Darling qui croit toujours que c'est le moment de courir le Prix de Diane, Pop Star qui ne peut pas s'empêcher de faire des Bêtises... Bref, tout plein de personnages humains et équins que Sylvie Overnoy a créés après avoir traîné ses guêtres en centre équestre.

Les situations dans lesquelles se retrouve Crac m'ont rappelé des tonnes de souvenirs et m'ont beaucoup amusée. C'est vraiment un livre à lire si on a monté ou monte encore en club. Bon, évidemment, c'est un peu le club idéal: je n'ai jamais vu de mono aussi patient et de cavaliers aussi unis. Et tous les clubs n'ont pas des prés pour laisser les chevaux en liberté tous les jours. La première fois que je les ai lus, il y a trois ans, je venais d'arrêter l'équitation après une année fort déplaisante et cela m'avait fait un peu de peine, que quelqu'un puisse donner une image aussi enthousiaste et positive de quelque chose qui m'avait tant coûté et que j'avais perdu pour toujours (ce qui ne m'avait pas empêché d'adorer, soit dit en passant). Mais qu'importe, en fait? On y retrouve les petites joies et les petits soucis qui font le quotidien des cavaliers et qui sont tellement importants... J'ai failli éclater de rire sur certains passages et j'ai été très touchée par d'autres. C'est vraiment un monde à part et j'ai presque été étonné de voir à quel point la vie de tous les clubs se ressemble... :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
La critique du deuxième tome par Tigger Lilly
La présentation de l'éditeur, Belin: Bienvenue au club! et Surprises au club!

vendredi 7 juin 2013

Le Prince de la brume (1993)

Ce n'était pas arrivé depuis des lustres, mais j'ai le plaisir de vous annoncer que je viens d'enchaîner trois livres que j'ai vraiment aimés! Depuis le début de l'année, en effet, j'alterne entre surtout entre lectures franchement décevantes et lectures simplement fadasses. Un trio réussi, c'est devenu extrêmement rare! (J'exclus bien sûr des mes calculs les relectures: si je relis un livre, c'est généralement que je l'ai aimé la première fois.)


J'ai en effet (et enfin) lu Le Prince de la brume de Carlos Ruiz Zafon. Vous savez que j'ai une passion pour Carlos à cause de L'Ombre du vent. C'est donc un des écrivains espagnols vers lesquels je me tourne facilement.

Le Prince de la brume est son premier roman. C'est clairement un roman pour la jeunesse: le héros est un pré-adolescent et l'intrigue est relativement peu exploitée par rapport à ce qu'elle aurait pu être. C'est aussi clairement un premier roman: les dialogues sont parfois un peu rapides, certains liens ne sont pas clairs et il y a quelques incohérences...

Pourquoi je vous en parle, alors? Et bien parce que ça a marché! ^^ Je suis rentrée dedans super facilement et j'ai retrouvé le frisson que j'ai eu à chacun des livres de cet écrivain -- à l'exception du Prisonnier du ciel. Il se passe des choses très mystérieuses dans ce village isolé en bord de mer et notre héros, Max, ne tarde pas à se rendre compte que tout est lié.  Les statues bougent, les chats sont diaboliques et les placards s'ouvrent tout seuls! Et qui est  donc le Prince de la brume?

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!

mardi 4 juin 2013

2001: L'odyssée de l'espace (1968)

Voici une autre pépite rencontrée dans une médiathèque de mon réseau que je ne fréquente pas d'habitude. 2001: L'odyssée de l'espace est le livre qu'Arthur C. Clarke a écrit pendant que Stanley Kubrick réalisait le film homonyme, qui était inspiré de deux nouvelles de cet écrivain. Un peu confus, n'est-ce pas? C'est en tout cas le seul exemple d'"adaptation" de ce type que je connaisse: Kubrick s'inspire du travail de Clarke, mais celui-ci fait évoluer son travail en partenariat avec Kubrick...

Le livre est bien gardé...

Comme ce livre est tout petit, je ne peux pas en dire grand-chose sans spoiler l'intrigue. Je dirai donc seulement que, en 1999, des astronomes américains découvrent sur la face cachée de la Lune un monolithe noir extraordinairement ancien et résistant. Il a évidemment été enterré là par quelqu'un. Mais qui, quand et pourquoi?

(Ça fait beaucoup de secrets enterrés sous la surface de la face cachée de la Lune, ces monolithes et ces armées de Transformers, vous ne trouvez pas? ^^)

J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit de SF, et franchement ça fait du bien après le désespoir et l'ennui profond que m'a procuré ma lecture de Dune (dont je ne vous ai pas parlé parce que j'étais justement désespérée et ennuyée). C'est bien écrit et bien mené, avec la bonne dose de mystère pour qu'on ait envie de lire la suite tout en se creusant le cerveau sur le pourquoi du comment. Et la fin se termine avec quelque chose qui m'a fait sauter au plafond! Mais je ne peux pas vous en parler car ce serait vraiment tout révéler.... Un certain objet très connu fait son apparition et je n'aurais jamais pensé qu'il venait de là! Trop dingue!

Cette édition britannique (Arrow Books) contient aussi deux nouvelles, The Sentinel et Encounter in the Dawn, que Clarke avait écrites bien avant et sur lesquelles s'est basée la construction du livre et du film 2001. Très intéressantes aussi. 

Prochaine étape: voir le film de Kubrick et emprunter les suites que Clarke a écrites en solo.

samedi 1 juin 2013

Ireland, A Novel (2004)

Parfois, c'est une bonne idée de changer de médiathèque. Même si je peux faire venir les livres qui m'intéressent dans la médiathèque la plus proche de moi, aller flâner ailleurs permet de découvrir de nouveaux rayons dont on ne soupçonnait pas l'existence... Et de tomber sur des livres qui me font trépigner d'impatience! 

Ceux qui me connaissent depuis longtemps reconnaîtront Persil,
qui vit actuellement sur ma table basse.

Ireland, A Novel est l'histoire d'une jeune garçon irlandais, Ronan O'Mara. À l'âge de neuf ans, au début des années cinquante, il reçoit la visite d'un vieux storyteller, un conteur qui parcourt l'Irlande à pieds et demande à loger chez les gens, à qui il raconte des histoires pour les remercier. Chez les O'Mara, il remonte très loin dans le temps, à la création de cette île et à l'âge glaciaire. Puis il raconte l'histoire de l'Architecte de Newgrange, l'homme qui a bâti un des monuments irlandais les plus connus et visités.


Pour Ronan, cette histoire est une vraie révélation. Il tombe totalement sous le charme du storyteller. À tel point que, une fois celui-ci reparti sur les routes, il tentera toute sa vie de le retrouver. En traquant les rumeurs et en parcourant le pays, il va réunir une multitudes d'histoires sur l'Irlande. Et c'est ainsi que j'ai révisé toute mon histoire et ma géographie irlandaises sans bouger de mon canapé et de mon lit! :)

Évidemment, pendant les premières pages, j'ai été prise d'une nostalgie féroce en lisant tous ces noms de counties et de villes: Meath, Wicklow, Limerick, Tipperary, Sligo, Mayo, Cork, Tralee, Donegal... Tellement de souvenirs et tellement de choses encore à découvrir que j'ai (re)crevé d'envie de repartir à Dublin! J'ai juste été un peu triste de ne pas voir apparaître Trim pendant l'époque des Normands... Mais c'est plus que secondaire!

J'ai eu parfois peur que le livre ne tende vers la littérature de gare, mais il s'est révélé vraiment efficace. L'histoire de Ronan sert complètement de prétexte pour revivre l'Histoire avec un grand H, mais avec simplicité et dynamisme. Et la dernière histoire se déroule dans les murs du General Post Office de Dublin en 1916. Vous comprendrez que cette conclusion est forte en émotions... Et que je crève d'envie d'être à Dublin en 2016 pour commémorer l'insurrection de Pâques et le début de la fin de l'occupation britannique! ^^

dimanche 26 mai 2013

La Ligne zéro (2010)

La Ligne zéro est le premier album de Lommsek, auteur dont je vous ai déjà parlé lorsque j'ai lu Qocha. C'est l'histoire d'un banlieusard rouge au grand nez et au caractère quelque peu grognon qui oublie un jour sa mallette dans le métro...


Je pense que la grande force de cet album réside dans la manière dont Lommsek capture avec humour le monde des transports en commun parisiens, par exemple dans ces cases de la page 3:


Je crois qu'une de mes lectrices, habituée du RER B, s'y reconnaîtra! ^^

Je trouve également qu'il représente très bien le ressenti de notre bonhomme rouge en dessinant son visage avec relativement peu de traits... Quelque chose que j'ai toujours beaucoup admiré en BD... :)

Par ailleurs, j'aime beaucoup la chute de l'histoire! En fait, mon seul bémol pour cet album est que j'ai loupé certains traits d'humour, par exemple parce qu'ils font référence à des éléments culturels qui m'échappent... Mais franchement, c'est peu de chose et je me suis vraiment  bien amusée!

Lommsek, La Ligne zéro
Éditions Vraoum!, 16€, 56 pages

dimanche 19 mai 2013

Michael Wincott

Voilà enfin un billet dont je renvoie la publication depuis le mois de janvier, lorsque j'ai vu le film Hitchock au cinéma (j'ai été invitée au Label des Spectateurs UGC et je l'ai donc vu en avant-première).

En effet, pendant que Anthony Hopkins s'imagine en présence du tueur qui lui inspire le film Psycho, j'ai eu un flash.


Bon, la photo est pourrie, donc vous risquez difficilement d'avoir le même flash que moi. Je n'ai pas trouvé mieux sur le net et il faudra donc nous en contenter, puisque je n'ai pas (encore) le DVD de Hitchcock pour vous faire une belle saisie d'écran.

Mon flash a été le suivant: "PUTAIN!!! C'est Guy de Guisborne!!!!"


Vous vous souvenez du merveilleux Robin des Bois, Prince des voleurs? Avec Kevin Costner, Alan Rickman et surtout-surtout-surtout le merveilleux Christian Slater? Vous vous souvenez que le shérif de Nottingham a un cousin a qui il confie la chasse aux hors-la-lois?

Ce cousin, dans le monde réel, s'appelle Michael Wincott.


Au début des années quatre-vingt-dix, cet acteur a eu un autre rôle très sympathique: celui de Top Dollar, le méchant de The Crow. (Vous savez, celui qui entretient une relation quelque peu... atypique avec sa sœur.)



Des années plus tard, j'ai retrouvé le monsieur dans Seraphim Falls, un western très bien fichu dans lequel Liam Neeson pourchasse impitoyablement Pierce Brosnan. (Seraphim Falls est d'ailleurs un des tout premiers films que j'ai chroniqués sur mon ancien blog... C'était il y a fort fort longtemps...)



Et voilà. Quatre rôles, ce n'est pas franchement beaucoup pour dire qu'on adore un acteur. Mais ce sont quatre rôles dans des films qui m'ont beaucoup marquée et j'ai donc une grande tendresse pour Michael Wincott. En le retrouvant dans un film qui n'a pas du tout marché (même pas 200 000 entrées pour Hitchcock), j'ai eu envie de lui faire un peu de pub... Et ce malgré son côté un chouïa... flippant. :)

samedi 18 mai 2013

Alatriste para siempre!!

Une fois n'est pas coutume, je vous renvoie vers le billet de quelqu'un d'autre... Je vous dis que je vais y arriver à convertir le monde à Alatriste!!!!

Le billet d'Élodie sur le premier livre d'Arturo Pérez-Reverte mettant en scène ce merveilleux capitán.

jeudi 16 mai 2013

Liebster Awards

Il y a déjà quelques temps, j'ai reçu deux Liebster Awards. Le premier m'a été attribué par Bouchon des Bois, le deuxième par Élodie. C'est un petit tag en deux parties, suivi par onze questions que l'on souhaite à son tour poser à d'autres. Le principe est de soutenir les petits blogs qui ont moins de 200 abonnés (un chiffre que je n'attendrai sûrement jamais, soit dit en passant ^^).


Tout d'abord: onze choses sur moi.

1. Si j'ai assez bien appris à tenir ma langue à l'oral, j'adore toujours autant raconter ma vie par écrit. D'où l'enthousiasme avec lequel j'accueille les tags et les questionnaires en tout genre. ^^

2. Ce que les autres appellent pessimisme, j'appelle lucidité. Et ce que les autres appellent optimisme, j'appelle généralement refus pathologique de voir la vérité

3. J'ai des fringales de salé incontrôlables. À l'heure où je vous écris (plusieurs jours avant la mise en ligne du présent billet), je me gave de saucisson.

4. Je suis obsédée par les chats, les chevaux et les dinosaures. (Mais là, normalement, je ne vous apprends rien. ^^)

5. Je suis une lectrice fidèle et enthousiaste de Cheval Magazine, revue à laquelle je suis actuellement abonnée.

6. Je suis également abonnée à Terra Eco, le magazine du développement durable, et à l'édition française du National Geographic. En fin de mois, il y a donc un marathon de lecture de magazines, pour revenir le plus vite possible à mes bouquins.

7. Je suis FAN de la première série Star Trek, que j'ai découverte récemment.

8. Les personnages de film ou de série prennent parfois une place affective déroutante dans mon existence.

9. Le film Danse avec lui me fait toujours pleurer.


10. Depuis le mois de septembre, j'écoute la musique de Resident Evil 5 en boucle.

11. Comme j'écoute la musique que je veux lorsque je travaille en freelance, et que j'ai souvent tendance à écouter des chansons ou des albums en boucle (comme je viens de vous le dire), j'associe certaines chansons à certains projets professionnels. La chanson Pins and Needles de The Birthday Massacre, par exemple, me ramène à des étiquettes, tandis que le dernier album de Melissa Auf De Maur a un goût nostalgique de presses à balles.

Mes réponses aux onze questions de Bouchon.

Le truc dont tu ne peux te séparer?
Tao, mon tigre en peluche. Il y a trois ans, quand une voiture a brûlé dans mon parking, je me suis préparée à évacuer en enfermant Chat d'amour dans sa boîte et en mettant Tao et mon exemplaire du Seigneur des Anneaux dans mon sac à dos. (Je vous rassure: au final, on n'a pas évacué.)

Ton meilleur souvenir d'enfance?
Heuh. Joker? J'ai envie de dire que je n'ai pas de bons souvenirs d'enfance, mon enfance ayant été triste solitaire... Enfin j'imagine que je trouverais de bons souvenirs à poney si je cherchais bien, mais c'est une époque vers laquelle je ne dirige vraiment, vraiment pas mon attention.

Le surnom de la personne la plus chère à ton coeur?
Focs/Troune. Heuh, pardon! Chat! ^^

Le rêve que tu poursuis depuis toujours?
Le bonheur à cheval et l'accomplissement sur papier. Mais surtout, surtout le bonheur à cheval.

Si tu devais te reconvertir professionnellement...?
Psychologue. Pour tenir la main de ceux qui n'ont personne à qui parler.

Une raison qui te pousserait à aller manifester, là, maintenant?
Les mauvais traitements contre les animaux.

Plutôt pizza ou quinoa?
Pizza... Jamais essayé de quinoa. :)

Le nom de ton premier enfant (souhaité ou donné)?
Heuh. Joker? Je ne souhaite pas en avoir. Mais avant de rêver de me faire ligaturer les trompes, j'aimais suffisamment le prénom Brian pour envisager de le coller à quelqu'un.

Ton animal préféré?
Le chat, le cheval, le dinosaure! :) :) :)

Une cause que tu trouves juste?
La protection de l'environnement (au sens large: préservation des habitats naturels, développement durable, lutte contre le braconage...). Vive Greenpeace et le WWF! :)

Un petit mot pour la fin?
"Evil will always triumph, because good is dumb." Une réplique de Black Helmet qui me trotte dans la tête depuis que j'ai cité La folle histoire de l'espace dans mes 15 films de SF préférés. Ou, dans mon microcosme, l'expression "petite pétasse", que j'aime bien coller mentalement aux filles hypocrites/menteuses/manipulatrices.

Mes réponses aux 11 questions d'Élodie.

1-Thé ou café ?
Thé! 

2-Livre papier ou liseuse ?
Livre papier. Je suis très vieux jeu... 

3-Que ferais-tu comme métier si tu n’exerçais pas le tien ?
Comme je le disais, si je devais me reconvertir à l'heure actuelle, je deviendrais psychologue. Dans un monde bien différent, j'aurais aimé être prof d'équitation, pour ne pas ruiner la vie équestre de mes élèves (contrairement à la majorité des monos qui ont pris soin de bien ruiner la mienne). Déterrer des dinosaures était également un beau projet. 

4-Es-tu plus peinture ou photo ?
Plutôt photo. 

5-Aimes-tu nager ?
Non! J'ai lu Lovecraft, je sais quelles abominations attendent dans les profondeurs abyssales, et je ne mettrai plus jamais un pied dans l'eau!!!! (En plus, je ne **sais** même pas nager.) 

6-Es-tu plutôt sucré ou salé ?
En ce moment, salé, à cause de ces fringales dont je parlais plus tôt. 

7-Si tu ne devais aller qu’à un seul endroit avant de mourir où irais-tu ?
J'ai beaucoup réfléchi, mais je ne vois pas trop. Je dirais, tout bêtement, que j'irai au Panthéon pour voir la tombe de Zola... À défaut de pouvoir faire une excursion sur Pandora. :p

8-Quelle est la chose la plus folle que tu aies fait par amour ?
Je suis allée à un concert de Bénabar alors que je n'aime pas Bénabar. Bon, c'est pas glorieux, mais là je ne vois pas trop. 

9-Et dans 6 ans, tu en es où ?
J'espère que j'en serai plus avant, mais comme j'ai un don pour les échecs, j'ai peur que j'aurai réussi à rebrousser au galop tout le chemin parcouru à tout petits pas... M'enfin, idéalement, je serai à cheval... 

10-Si tu devais changer une chose de ton caractère, qu’est-ce que ça serait ?
J'éliminerai ma peur de l'autorité/mon incapacité à me défendre (deux facettes de la même conviction de fond que je mérite que les gens me parlent comme à un chien ou profitent de moi). 

11-Bus ou métro ? Parapluie ou parasol ?
Bus et parapluie.

Les onze questions pour la suite.

Et bien il n'y en aura pas! :) Si vous tenez à reprendre le tag, faites-moi signe et je vous enverrai ça par e-mail.

mardi 14 mai 2013

Top Ten Tuesday (24)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:
Vos 10 marque-pages préférés

Réponse en image.


Et de plus près.


Et un petit dernier, que j'avais oublié parce qu'il est actuellement dans mon bouquin en cours.


samedi 11 mai 2013

Le Dernier des Mohicans (1826)

"It is enough, he said. Go, children of the Lenape, the anger of the Manitoo is not done. Why should Tamenund stay? The palefaces are masters of the earth, and the time of the Red Men has not yet come again. My day has been too long. In the morning I saw the sons of Unamis happy and strong; and yet, before the night has come, have I lived to see the last warrior of the wise race of the Mohicans."

James Fennimore Cooper
The Last of the Mohicans


Ce bouquin est juste génial. Des héros inoubliables, des personnalités bien marquées, de l'action et de l'humour. Et une immense nostalgie pendant les dernières pages, qui culmine dans l'immobilité totale de Chingachgook, assis devant Uncas. Chingachgook, c'est un des personnages les plus tragiques de l'histoire de la littérature. 

On en oublierait presque la vision franchement culcul de la femme, c'est dire. :)

vendredi 10 mai 2013

Mon top 15 des meilleurs films de SF

Tigger Lilly m'a taguée! C'est avec enthousiasme (et un brin de curiosité) que je me penche sur la liste des 15 films de SF que je considère comme les meilleurs. Enfin, soyons honnêtes, il s'agira surtout de mes 15 films préférés, mais je vais tacher de conclure avec un brin d'objectivité. ;)

Commençons par les films que j'ai en DVD.



Avatar de James Cameron (2009)!!!! Je sais, je sais, pas de scénario, tout ce que vous voulez. Mais dans ma vie de spectatrice, il y a un avant et un après Avatar

Jurassic Park de Steven Spielberg (1993). Film drôle et intelligent, avec un scénario valable et des images de synthèse merveilleuses. Dans ma vie de spectatrice, il y a un avant et un après Jurassic Park. Et puis vive les dinos quoi.

Evolution de Ivan Reitman (2001). Parce que ce film est tout simplement mythique et juste hilarant. Depuis que je l'ai vu au cinéma à sa sortie, je ne m'en lasse pas!


Transformers de Michael Bay (2007). Un film blindé d'humour qui m'a fait découvrir qu'il existe ce que j'appelle des "comédies d'action". Je vous avouerai que le niveau de SF ne vole ici pas très haut, mais j'aime.

Space Balls (La folle histoire de l'espace) de Mel Brooks (1987). Parodie hilarante de La Guerre des étoiles avec son lot de vaisseaux spatiaux et d'extraterrestres.

Passons maintenant à la liste de films que je n'ai pas, mais que j'ai vus et adorés.

Les fils de l'homme de Alfonso Cuaron (2006). Je vous ai déjà expliqué ici pourquoi ce film a été un tremblement de terre dans ma vie cinématographique. Et en plus c'est tiré du livre d'une écrivain que j'adore.

WALL-E de Andrew Stanton (2008). Parce que ce film est juste merveilleux (et intelligent en plus!).



Stargate de Roland Emmeyrich (1994). Le film qui a inspiré la série. Très très sympa.



La Guerre des étoiles. Franchement, j'ai kiffé les six. Avec une pointe de nostalgie plus prononcée pour les trois premiers, parce que je les ai découverts quand j'étais bien plus jeune que lorsque la deuxième trilogie est arrivée sur les écrans.

Cloud Atlas de Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwe (2013). Une sacrée claque. Très beau, très bien rythmé et franchement épique.

District 9 de Neill Blomkamp (2009). Une grosse claque, ce film aussi. Il nous balance des vérités désagréables dans la gueule tout du long et se conclut sur une fin très triste et émouvante. Le seul bémol: j'aurais aimé en savoir plus sur les extraterrestres en question.

John Carter de Andrew Stanton (2012). (Non mais vous vous rendez compte! Ce top m'aura permis de découvrir que le réa de John Carter c'est le réa de WALL-E!! C'est juste trop ouf!!!) Bon, je sais, je suis la seule à avoir aimé John Carter en ce bas monde, mais passons! Mon avis ici.

Enfin, des films que j'ai appréciés et qui sont des piliers de la SF au cinéma, mais qui ne m'ont pas autant touchée.

Alien de Ridley Scott (1979). Je dois reconnaître que ce film est génial. Mais l'alien m'a fait passer pas mal de nuits blanches, alors je ne recherche pas sa compagnie.

Matrix de Andy et Lana Wachoski (1999). Super intelligent et très beau. C'est vraiment un film à voir au moins une fois dans sa vie.

Et pour conclure en beauté: Celui qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie. Pour rire. Même si en fait il est tellement nul qu'il n'est même pas drôle...




Oui, j'ai le DVD. Je sors.

mercredi 8 mai 2013

Enterre mon coeur à Wounded Knee (1970)

Bury my heart at Wounded Knee est un essai de l'historien Dee Brown sur l'histoire de la conquête de l'Ouest américain. Mais vue du côté des peuples indiens.

Le nom de Wounded Knee est tristement célèbre parce que les soldats américains y ont massacré 300 Indiens en 1890. Cet épisode a marqué la fin des guerres indiennes.


Chaque chapitre suit le destin d'une tribu indienne. En Arkansas, au Colorado, au Dakota, l'homme blanc arrive et veut la terre des Indiens. Partout, le gouvernement signe des traités pour séparer Blancs et Indiens et s'engage à laisser pour toujours aux Indiens les terres qui leur sont assignées. Partout, quelques années plus tard, le gouvernement oblige les Indiens à signer un autre traité par lequel ils cèdent un peu plus de leur terre aux Blancs. Et partout, les Indiens tombent dans la pauvreté, meurent de faim parce qu'ils ne peuvent plus chasser --les animaux qu'ils chassent ayant été abattus par les Blancs-- et se font massacrer quand leurs chefs de guerre décident de se battre contre l'armée américaine.

Nous savons tous que l'histoire des états modernes d'Amérique --du Nord comme du Sud-- repose sur l'extermination systématique des peuples indigènes qui vivaient là avant l'arrivée des Européens. Nous savons également que la majorité de ces peuples ont été anéantis entre 1500 et 1900. Mais c'est très différent de mettre le nez dedans pendant 450 pages et de suivre tous les détails de la lutte lâche et mesquine du gouvernement des États-Unis contre les tribus vivant à l'Ouest du Mississippi. Très franchement, c'est une des lectures les plus déprimantes que j'ai jamais faites. Mais ça en valait la peine (même si on se perd un peu dans tous les noms de soldats et de chefs indiens qui s'affrontent), et c'est très bien documenté.

"They made us many promises, more than I can remember, but they never kept but one; they promised to take our land, and they took it." (Maȟpíya Lúta/Red Cloud, chef de guerre des Oglala Lakota, un des peuples sioux)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
La présentation du livre sur le site de l'éditeur français, Albin Michel

Dee Brown, Enterre mon coeur à Wounded Knee
(traduction française de Nathalie Cunnington)
Éditions Albin Michel, 24,50€, 480 pages

mercredi 1 mai 2013

Pertinentes considérations sur les dadas

En survolant mon ancien blog pour récupérer le billet dans lequel j'expliquais que je rêvais de revoir Jurassic Park au cinéma, je suis tombée sur un très long billet sur l'équitation qui m'avait été inspiré par un extrait de Psychanalyse des contes de fées. Si toutes les "articulations logiques" de ce billet ne sont pas forcément très claires pour le lecteur, il me semble néanmoins que j'avais soulevé des points intéressants. Je vous le repropose donc, trois ans plus tard, suivi d'un billet de mise à jour que j'avais rédigé suite à une remarque dans les commentaires.

Attention: Comme c'est vraiment très long, je ne vais pas laisser l'ensemble du message s'afficher, il faudra cliquer pour tout lire!

Si quelqu'un tient une réponse pertinente aux questions "Pourquoi les femmes adorent-elle les chevaux?" et "Pourquoi les hommes ont-ils déserté les centres équestres?", je serai très intéressée! :)


Billet du 17 juin 2010: To Dada or not to be

"De nombreuses petites filles d'un groupe d'âge plus avancé sont très intéressées par les chevaux ; elles jouent avec des chevaux-jouets et tissent autour d'eux des fantasmes compliqués. Lorsqu'elles sont plus âgées, si elles en ont l'occasion, leur vie semble tourner autour des vrais chevaux ; elles s'en occupent très bien et semblent incapables de s'en passer. Des recherches psychanalytiques ont révélé que cet engouement excessif pour les chevaux peut compenser certains besoins affectifs que la fille essaie de satisfaire. Par exemple, en contrôlant cet animal puissant, elle peut parvenir au sentiment qu'elle contrôle le mâle, ou l'animalité qui est en elle. Il est facile d'imaginer ce que ressentirait une jeune fille qui prend un grand plaisir à monter à cheval, et ce qu'elle ressentirait dans son amour-propre, si on la rendait consciente du désir qu'elle extériorise en s'adonnant à l'équitation. Elle serait accablée, dépossédée d'une sublimation innocente et agréable, et passerait à ses propres yeux pour un être dépravé."
 Bruno Bettelheim
Psychanalyse des contes de fées (1976)
Traduction de Théo Carlier

Vous devinerez aisément, je pense, que je trouve ce point de vue extrêmement réducteur.

L'équitation est actuellement un sport de filles, c'est un fait. En France, les trois quarts des cavaliers sont des filles de moins de 18 ans. Moi-même, j'ai monté à poney de mes 6 à mes 10 ans, puis à cheval de mes 12 à mes 16 ans. J'ai longtemps été assez perplexe face à cet état de fait.

En fait, je comprends assez aisément que les cavaliers abandonnent aux alentours de l'âge de 18 ans : la vie change, on peut être amené à faire des études loin de la maison et de son club, les parents peuvent refuser de continuer à financer seuls un sport coûteux... Et les études se font plus prenantes, il devient plus difficile de passer ses journées au club. Ensuite, quand on entre dans le monde du travail, il faut sérieusement s'accrocher pour aller monter son cheval tous les soirs après avoir passé la journée au bureau.

Par contre, le fait que les garçons ne s'intéressent pas à ce sport me laisse plus perplexe. C'est eux, justement, qui pourraient avoir envie et/ou besoin de se faire mousser en montant sur de grands chevaux (oui, il y a un petit jeu de mots ici...), symboles de puissance... On cible encore un public masculin et on nous vend encore des motos et des voitures en faisant des références expresses au monde du cheval, ce qui me laisse croire que les hommes sont très sensibles à ce symbole. Il me semble par contre qu'on utilise moins ce symbole dans les pubs visant un public féminin.