mardi 29 août 2017

La Curée (1871)

Après La Fortune des Rougon cet hiver, place en juin et en juillet au deuxième tome des Rougon-Macquart, La Curée. Par manque de temps, Ksidraconis et Eless n'ont pas pu reprendre la lecture commune et Tigger Lilly et moi avons donc continué notre chemin à deux. Moins d'échanges, donc, mais une lecture néanmoins passionnante portée par la superbe plume d'Émile Zola! 💖💖 


La Curée se déroule plusieurs années après La Fortune des Rougon. Aristide Rougon porte désormais le nom de Saccard et a réussi à faire fortune à Paris en spéculant sur les terrains rachetés par la ville pour faire place aux grands travaux de Haussmann. L'opposition ayant été balayée, le Second Empire est bien implanté et la course à l'argent a commencé. Les fortunes se bâtissent en bourse et l'or coule à flots. Après le décès de sa femme Angèle, Saccard a épousé une jeune et riche héritière qui avait besoin de se placer rapidement en raison d'une grossesse. C'est la belle et naïve Renée, personnage central de ce livre.

Renée, la jolie cervelle vide qui s'ennuie
On ne peut pas dire que Renée soit vraiment stupide, mais il est certain qu'elle n'a aucune envie de réfléchir; le moindre propos économique est un tracas qui lui casse la tête et elle préfère largement laisser ces considérations à son époux pour se concentrer sur ses robes et ses sorties. Mais l'ennui se glisse dans sa vie de riche oisive et elle finit par poser les yeux sur Maxime, le fils du premier mariage de Saccard, plus jeune d'elle de plusieurs années. Elle tombera dans l'inceste, seule perversité à même de la faire "vivre".

Maxime, le truc mou
J'ai tout particulièrement détesté Maxime. La plupart des personnages de Zola ont quelque chose de détestable, mais lui n'a vraiment rien pour se rattraper. C'est un gosse de riche mou et vain qui ne pense qu'à lui et n'a jamais levé le petit doigt puisque papa a toujours tout payé. C'est Renée qui conçoit, cherche et provoque leur relation, même si c'est lui qui déclenche leur première coucherie; il participe passivement à leurs ébats, ne prend aucune initiative, subit la relation quand elle ne lui convient pas et serait même prêt à se faire enlever si Renée allait jusque-là. Après avoir été maintenu par son père, il se fait entretenir par sa maîtresse puis mange tranquillement la dot de sa femme.

Saccard, le spéculateur
Saccard n'a qu'une obsession: brasser des millions en prenant toujours plus de risques, en trouvant des combines de plus en plus tordues, où lui-même pourrait parfois s'emmêler. La ville de Paris est sa principale victime, mais il dépouille aussi sa femme, un élément récurrent dans le livre qui marque le rythme de la chute de Renée. Je n'ai pas tout compris à ses magouilles mais on saisit l'essentiel: il vole et trompe son monde.

Sidonie, la figure de l'ombre
Saccard n'est pas le seul Rougon à Paris: son frère Eugène, qui lui permet de décrocher son premier poste, est ministre et sa sœur Sidonie est... Et bien disons que sa profession est indéfinissable: elle vend des pianos, organise des rencontres entre amants, prête de l'argent, arrange des mariages et réaliserait même des courses secrètes pour son frère le ministre. Sidonie est sournoise et tarée comme tous les membres de sa famille, mais elle est intelligente et sagace et est la digne héritière de sa mère Félicité, qui avait œuvré dans l'ombre dans La Fortune des Rougon.

Les riches jamais assez riches
L'or coule vraiment à flots dans ce roman (dans l'avant-dernière partie, il y a même un parterre de pièces d'or dans une pièce de théâtre). Mais il n'y en a jamais assez et tout le monde en cherche plus. Tigger Lilly faisait très justement remarquer que la vie de ces gens consiste à vivre au-dessus de leurs moyens, pourtant colossaux, et à chercher toujours plus d'argent pour continuer à vivre au-dessus de leurs moyens.

L'hypocrisie, le vice, la victoire des sans scrupules et la destruction des faibles
La Curée est typiquement le roman zolien qui vous enlève toute foi en l'humanité et qui doit faire dire à tant de lecteurs "c'est trop pessimiste Zola, ça se termine toujours mal". Nos arrivistes sans scrupules barbotent dans l'or sans être le moins du monde inquiétés pour leurs magouilles; Maxime et Aristide sortent de l'affaire de l'inceste le sourire aux lèvres; la bonne société continue ses soirées et ses sorties au Bois; et seule Renée, écrasée par l'énormité de son acte et l'abandon de Maxime, se pose quelques questions et reste abandonnée sur le bas-côté, dans une spirale de plus en plus désespérée.

La plume de Zola, ce style inimitable à l'ironie mordante
Zola emploie un style bien particulier, extrêmement riche et parfois lyrique, que tout le monde n'appréciera pas. Perso je trouve que c'est le meilleur écrivain de langue française. Il y a aussi pas mal d'ironie, on sent qu'il n'a pas très haute estime de ses personnages... Je n'ai malheureusement noté aucun exemple mais c'est assez croustillant.

Prochaine étape de notre exploration des Rougon-Macquart: Le Ventre de Paris!

Allez donc voir ailleurs si cette curée y est!

vendredi 25 août 2017

The Paper Menagerie and Other Stories (2016)

Ces deux dernières années, les livres de Ken Liu ont fait l'unanimité sur la blogosphère: c'était louange sur louange. J'ai donc acheté cette Ménagerie de papier lors d'un passage en librairie à Dublin.

Deux tigres minuscules sont réunis sur cette photo.

Étant donné que je ne connais pas toutes les traductions françaises des titres des nouvelles de ce recueil (et que j'ai la fleimme de chercher), je ne peux pas juger dans quelle mesure j'ai lu le même recueil que celui édité en France par Le Bélial. Il est toutefois certain que l'éditeur français a changé l'ordre de certains textes et en a extrait d'autres pour les publiér séparément. Vous pouvez comparer le recueil anglais et le recueil français sur les sites de l'auteur et du Bélial'. (Mise à jour: J'ai écrit ce billet longtemps à l'avance en entre-temps Vert a vérifié, la folle! Vous pouvez voir ce qu'elle en dit dans les commentaires de son billet sur Le Regard.)

D'une manière générale, j'ai beaucoup apprécié ce recueil, qui est effectivement de grande qualité. Certains textes m'ont moins convaincue, mais cela reste assez normal dans un recueil de nouvelles: difficile pour un auteur d'être toujours au sommet! J'en retiendrai une très grande humanité et quelques questions morales, ainsi qu'une belle ouverture vers la Chine.

The Bookmaking Habits of Select Species (2012)
Un texte très sympathique sur différentes techniques de création des livres aux quatre coins de la galaxie (voire de l'univers, je ne sais plus). J'ai beaucoup aimé. C'est de la SF qui met des étoiles plein les yeux. 🌟

State Change (2004)
J'ai moins aimé cette nouvelle, qui était certes efficace mais m'a semblé un peu plus froide. Ca parle d'une fille qui est née avec son âme dans un cube de glace.

The Perfect Match (2012)
Un texte visionnaire avec une intelligence artificielle, mélange de Facebook, Cortana et Google, extrêmement prévenante qui ne veut que le bien de ses utilisateurs. (J'ai créé un compte Twitter quelques jours après l'avoir lue et Twitter m'a fait un sale coup de "récupération forcée des données", j'ai étouffé de rage et balisé un peu en pensant à ce texte.)

Good Hunting (2012)
Joli texte situé en Chine relevant peut-être plutôt du fantastique. J'ai beaucoup aimé. Ça parle de la disparition du  monde d'autrefois dans le monde d'aujourd'hui.

The Literomancer (2010)
Texte plus percutant et humain avec un passage vraiment terrible. Une petite fille américaine vivant en Chine pendant la Guerre froide se lit d'amitié avec un vieux monsieur chinois et son petit-fils. C'est la première apparition de trois éléments récurrents de ces textes: le récit d'un enfant, la gastronomie chinoise et des faits historiques sordides méconnus liés à la Chine.

Simulacrum (2011)
Un texte qui m'a touchée et qui parle 1. de la manière dont la photographie (et toutes ses évolutions) ne permet pas seulement de figer le souvenir mais d'améliorer sa vie et 2. d'une relation père-fille brisée et de la manière dont le père ne vit pas ça très bien. Je me suis même demandée si mon propre père ne mérite pas un peu de pitié, ce qui est absolument exceptionnel.

The Regular (2014)
Une enquête policière très intéressante sur le meurtre d'une prostituée, avec une enquêtrice complètement accro à un système lui permettant de réguler ses émotions. La nouvelle aborde le rôle des émotions chez la police et leur pouvoir destructeur dans notre vie à tous et pousse inévitablement à se demander "qu'est-ce que je ferais, moi, si j'avais accès à un tel système?".

The Paper Menagerie (2011)
La nouvelle qui donne son titre au recueil est un véritable petit bijou d'émotion qui parle de la magie de l'enfance, de la relation parents-enfants et de l'héritage compliqué des étrangers et met en scène de fantastiques animaux en origami. Je l'ai lue alors que j'étais déjà bouleversée par le dernier tome de La Tour sombre et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

An Advanced Reader’s Picture Book of Comparative Cognition
(2016)
Un joli texte raconté par un père à sa fille afin de lui expliquer l'absence de sa mère, partie dans les étoiles (littéralement, pas au sens figuré). J'ai aimé sur le coup, mais j'ai dû le feuilleter pour me souvenir de quoi il s'agissait et rédiger cette chronique; pas un souvenir impérissable, donc.

The Waves (2012)
Un autre texte sur l'exploration spatiale qui met des étoiles plein les yeux. Il soulève aussi des questions assez intéressantes sur l'évolution de l'espèce et sur notre héritage collectif et individuel. J'ai beaucoup aimé.

Mono No Aware (2012)
Encore un texte sur l'espace qui met des étoiles plein les yeux. J'ai adoré le fait que le vaisseau de cette nouvelle navigue grâce à une voile solaire. Mais la nouvelle parle surtout de la survie de l'espèce et, encore une fois, de notre héritage personnel et collectif. Elle va vraiment de pair avec la précédente.

All the Flavors (2012)
Un texte plus "anecdotique" sur l'immigration chinoise aux États-Unis à la fin du XIXe. Basé sur l'amitié entre une petite fille américaine et un Chinois, il raconte aussi les aventures mythiques d'une figure historique chinoise et ce sont ces passages qui m'ont moins intéressée. Je mets anecdotique entre guillemets parce que le texte reste intéressant, mais en-deça des autres pour moi.

A Brief History of the Trans-Pacific Tunnel (2013)
Une nouvelle efficace qui se déroule entièrement dans le tunnel transpacifique. C'est un excellent exemple de "world building" crédible à petite échelle: le décor du tunnel est posé, on nous fournit des informations sur son histoire et on y croit totalement, c'est parfaitement naturel. Mais ce qui compte vraiment, c'est un autre thème récurrent du recueil dont je ne vous ai pas encore parlé: les personnages hantés par leur passé, notamment par des atrocités qu'ils ont commises ou subies.

The Litigation Master and the Monkey King (2013)
J'ai eu vraiment du mal avec cette histoire de singe, je me suis demandée tout du long s'il s'agissait d'une métaphore ou d'un élément fantastique. Le texte raconte toutefois une histoire que j'adore lire et relire, l'acceptation de son devoir et le courage d'affronter les obstacles et les dangers. Il déterre aussi une sombre histoire de massacre bien cachée dans les annales chinoises.

The Man Who Ended History: A Documentary (2014)
Le recueil se conclut sur le texte qui a le plus enthousiasmé les copains blogueurs. Il est vrai que cette nouvelle est brillante et soulève de nombreuses questions philosophiques et politiques, tout en faisant découvrir des faits méconnus liés à l'occupation japonaise de la Chine: la triste historie de l'unité 731. Mais elle parle aussi de relations entre les peuples et (encore une fois!) d'héritage. Pour le coup, je trouve que la décision du Bélial' de la publier en solo est pertinente!

Et voilà. Une belle lecture donc, même si, avec des vacances bien remplies, j'ai traîné ce recueil avec moi pendant plus d'un mois. Ken Liu a une belle plume simple et soignée, des idées plein la tête et un cœur grand comme ça. Si c'est l'émotion de La Ménagerie de papier qui m'a le plus marquée et qui restera avec moi pour longtemps, tout le recueil est clairement intéressant et de qualité. Je conclurai en soulignant que l'auteur semble estimer que les femmes sont des hommes comme les autres, même quand elles sont mères, et rien que pour ça je le tiens en grande estime!

Allez donc voir ailleurs si cette ménagerie y est!
Androïde Rêveur nous parle de L'Homme qui mit fin à l'histoire.
Tigger Lilly nous parle de Faits pour être ensemble et de La Ménagerie de papier.

lundi 21 août 2017

The Wind through the Keyhole (2012)

Huit ans après avoir conclu la saga de la Tour sombre, Stephen King a retrouvé Roland de Gilead dans un nouveau roman qui s'insère entre les tomes 4 et 5 et peut se lire indépendamment de ses prédécesseurs: The Wind Through the Keyhole, ou La Clé des Vents en français. Un bonheur sans nom et une lecture très sympa pour les raisons que je vais vous expliquer. C'était aussi ma dernière lecture de la saga en binôme avec Vert.

Attention: il est fort probable que ce billet contienne des divulgâcheurs sur les tomes précédents.


L'histoire
Alors que Roland et son ka-tet voyagent le long du sentier du rayon, ils sont obligés de se mettre à l'abri d'une tempête colossale. Le vent souffle et ravage la ville autour d'eux et les pistoleros, serrés autour du feu, demandent à Roland de leur raconter une histoire. Ce sera une aventure de son enfance, lorsque son père l'avait envoyé enquêter sur des massacres apparemment commis par un garou. Dans cette histoire s'en niche une autre, que le jeune Roland avait racontée à un petit garçon tout comme sa mère la lui racontait quand il était petit: l'histoire du jeune Tim, confronté à un beau-père violent, à un homme terrifiant et à des aventures périlleuses après le deuxième mariage de sa mère.

Le bonheur sans nom
Bein retrouver nos héros, tout simplement! Même si Eddie, Susannah, Jake et Oy (Ote en français, d'après ce que me dit Vert) n'apparaissent que quelques dizaines de pages dans ce roman, j'ai adoré les retrouver bien en vie et "heureux" ou "en forme" dans leur quête de la Tour sombre, bien avant le début de leurs pires ennuis (même si Susannah rêve déjà de repas douteux, un élément très significatif pour qui connaît la suite). Et Roland bien sûr: le pistolero taciturne que l'on connaît bien, mais aussi l'adolescent encore peu expérimenté envoyé en mission dans une contrée suffisamment éloignée de Gilead pour qu'on y perçoive quelques rumeurs dissidentes.

Une lecture très sympa avec une pointe d'émotion
The Wind Through the Keyhole exploite l'encastrement d'histoires les unes dans les autres et se construit sur la structure suivante: Le ka-tet - Roland jeune - Le conte - Roland jeune - Le ka-tet. L'ouverture de chaque parenthèse est charmante, le seul problème étant qu'il faut ensuite la refermer pour passer à autre chose... Mais bien sûr, dans cet univers, aucun évènement n'est jamais totalement indépendant des autres et pas mal d'éléments se recoupent.
J'ai beaucoup aimé l'enquête du jeune Roland et le conte de Tim, surtout en ce qui concerne l'apparition de l'homme en noir (plus longue que d'habitude et absolument géniale) et la rencontre (enfin!) avec Maerlyn, une figure mythique déjà citée dans les tomes précédents (même si je me demande, du coup, ce que foutait ce magicien quand on avait besoin de lui des siècles plus tard? Vous ne me direz quand même pas qu'il était mort?).
J'ai aussi adoré l'ambiance Pacte des loups de l'enquête de Roland; de l'arrivée de deux enquêteurs de la grande ville dans une zone reculée au traumatisme des survivants, je me suis vraiment crue dans le film de Christophe Gans!
La fin du livre revient sur un des grands malheurs de Roland, la mort de sa mère de sa propre main (je ne divulgâche rien, on sait dès le premier tome que notre héros est un matricide), avec quelques informations extrêmement émouvantes qui m'ont fait verser quelques larmes.

En bref: une gourmandise savoureuse qui ne révolutionne pas non plus la saga ou le genre
Au final, ce tome n'apporte pas de révélations majeures sur les précédents et est beaucoup moins riche en rebondissements et en recoupements. Il est beaucoup plus léger en quelque sorte (même si "léger" est un bien grand mot au vu des massacres du garou et des malheurs de Tim, hein, ça reste du Stephen King). Après la conclusion du conte raconté par le jeune Roland, l'enquête sur le garou se résout assez rapidement et l'on ne passe plus que quelques pages à peine avec le ka-tet. Je n'irai donc pas crier qu'il est absolument indispensable ou aussi renversant que la série principale. Mais c'est un excellent moment chargé d'émotions pour ceux qui ont vécu la quête de la Tour sombre corps et âme comme je l'ai fait, un petit soupir de soulagement après la fin amère du tome 7... 💓

Allez donc voir ailleurs si ce vent y est!
L'avis de Vert

mercredi 16 août 2017

La mythologie viking (2017)

J'ai toujours eu du mal avec Neil Gaiman: je n'ai pas pu finir Smoke and Mirrors et je n'ai pas tellement aimé Anansi Boys, American Gods et The Ocean at the End of the Lane. Je me suis obstinée parce que c'est l'un des écrivains préférés de mon Homme. Cette fois-ci, j'étais aussi intéressée par le sujet, puisque Gaiman nous propose de découvrir les mythes nordiques, ceux d'une civilisation qui fait rêver mais que l'on connaît mal.


Je suis ravie de vous annoncer que cette Mythologie est le premier livre de l'auteur que j'apprécie vraiment. 😁😁 C'était passionnant et d'une telle facilité de lecture que je l'ai lu sur cinq jours en lui consacrant un temps très limité. Dans chaque chapitre, Gaiman reprend un mythe, depuis "Avant le commencement, et après" jusqu'à "Ragnarok: le destin final des dieux" et retrace ainsi l'histoire des dieux d'Asgard. Leurs aventures m'ont semblé assez éloignées de celles des dieux grecs, moins divines et plus fofolles en quelque sorte; c'est vraiment sympa à lire (mais peut-être est-ce juste lié au ton de Gaiman, je n'y connais rien; en tout cas, deux boucs appelés Dents-qui-grincent et Dents-qui-luisent, je trouve ça vraiment rigolo par exemple). Tout ceci est aussi beaucoup plus terre à terre puisque nos dieux adorent festoyer et boire quand ils en ont l'occasion.

Loki et Thor sont les personnages les plus présents, avec aussi Odin et Freya, que quelqu'un veut régulièrement épouser bien malgré elle à cause de son immense beauté. J'ai beaucoup apprécié le glossaire en fin de volume, très utile pour vérifier qui est qui quand on a une mémoire des prénoms limitée (d'autant plus que les noms du Nord ne sont pas les plus simples à retenir). Notons aussi la présence et le rôle primordial de nombreux objets magiques, du célèbre marteau de Thor à la parure de plumes de faucon de Freya en passant par une épée et un chaudron dont j'ai oublié les noms.

La fin est nettement moins drôle, avec l'emprisonnement de Loki que j'ai trouvé macabre et révoltant (bien que mérité) et Ragnarok, la destruction ultime et épique de cet univers (ce serait génial de voir ça au cinéma d'ailleurs, si c'est bien fait).

Forcément, j'ai collé les visages de Tom Hiddleston, Chris Hemsworth et Anthony Hopkins sur les visages de Loki, Thor et Odin – ce n'est pas bien mais rien n'y faisait – alors j'étais très partiale envers Loki qui est mon Méchant préféré des années 2010 au cinéma. 😛 

En bref, un bel ouvrage de vulgarisation extrêmement plaisant à lire. À mettre entre toutes les mains.

Ha et pour une fois j'ai lu un livre traduit. C'est Patrick Marcel le traducteur et ça passe très bien.

Allez donc voir ailleurs si cette mythologie y est!
L'avis de Baroona

L'avis de Grominou
L'avis de Lorhkan

dimanche 13 août 2017

Trio de Faeries

Début juillet, je découvrais la librairie Scylla à Paris, une boutique microscopique entièrement consacrée aux littératures de l'imaginaire, et repartais avec trois numéros de Faeries, une ancienne revue consacrée à la fantasy.

D'une manière générale, je trouve cette revue très agréable. Les rédacteurs ne se prennent pas excessivement au sérieux, les dossiers sont intéressants et complets, les chroniqueurs savent valoriser les livres, CD et BD qu'ils ont aimés et critiquer ceux qu'ils n'ont pas aimés sans pour autant les enfoncer, et il y a même une certaine parité puisque beaucoup d'articles sont signés par des femmes (je n'ai pas compté précisément, mais ça m'a vraiment sauté aux yeux par rapport à Bifrost où la femme est une créature aussi rare que la licorne). En plus, la fantasy déchaîne l'imagination, c'est extrêmement agréable! Dommage que la revue n'existe plus... 😕

En ce qui concerne les faiblesses, je soulignerai les nombreuses fautes d'orthographe qui parsèment les articles, quelques erreurs de traduction qui se glissent dans les nouvelles traduites de l'anglais et – hélas! – la qualité globalement limitée des nouvelles publiées, qui ne sont guère marquantes.

Enfin, une dernière précision purement émotionnelle: j'adore lire ces vieux numéros qui ont au moins dix ans et voir quelles étaient les sorties de l'époque! 💖💖


Faeries n°5 spécial Robert E. Howard (automne 2001)
Un numéro sur Howard, forcément, je ne pouvais pas passer à côté. C'était très intéressant et ça m'a donné envie de relire du Howard (mais quaaaand? j'ai pas le teeeeeemps!!), tout comme l'avait déjà fait le Bifrost qui lui était consacré il y a quelques mois (voir ici).
J'ai plutôt apprécié les six nouvelles proposées, même si leur souvenir n'est pas impérissable (j'ai dû feuilleter plusieurs pages de certaines pour me souvenir de quoi elles parlaient). J'en retiens surtout La grande faucheuse débarque de Ken Rand, une histoire du Lucky Nickel, un saloon où traînent de drôles de personnages, qui m'a fait rire comme une autre histoire du même auteur déjà lue dans un autre numéro de Faeries, et Les magiciens de la finance de Laura Resnick qui mélange, comme son nom l'indique, magie et finance (voire crash boursier ^^).
Côté chroniques, sachez que Pygmalion sortait La citadelle des ombres de Robin Hobb et qu'André-François Ruaud publiait Cartographie du merveilleux. 😃

Faeries n°11 spécial David Gemmell (été 2003)
Un numéro sur Gemmell, forcément, je ne pouvais pas passer à côté! Le dossier était très intéressant et proposait un éclairage assez complet sur la vie et l’œuvre de Gemmell, sans se limiter au côté "brut de décoffrage" de ses récits. La trilogie de Troie, pas encore publiée à l'époque, n'était bien sûr pas présente.
Aucune nouvelle ne m'a réellement plu même si les trois premières avaient des éléments intéressants.
Côté chroniques, on causait entre autres du Prophète blanc de Robin Hobb et de Coraline de Neil Gaiman.

Faeries n°20 spécial légende arthurienne (hiver 2006)
Un dossier un peu moins convaincant cette fois: j'ai trouvé certains paragraphes un peu confus. C'était toutefois super intéressant et bien sûr j'ai été prise d'une furieuse envie de liiiiiiiiire vu le nombre d’œuvres qui reprennent de près ou de loin les figures d'Arthur et compagnie.
Aucune nouvelle ne m'a réellement plu, sauf peut-être Le Scorpion qui rêve de Gaël-Pierre Covell qui mettait en scène des dieux intéressants. Je me note toutefois que l'une d'entre elles, L'Oiseau écarlate de Douglas Smith, a été traduite par Olivier Gay.
Côté chroniques, on revenait notamment sur la parution du Que sais-je? consacré à  la fantasy, des Ancêtres d'Avalon de Diana L. Paxson (qui a repris les notes de Marion Zimmer Bradley après sa mort), du deuxième tome d'Artemis Fowl et de Harry Potter and The Half-Blood Prince. 😃

jeudi 10 août 2017

The Dark Tower (2004)

Et voilà, après sept mois de lecture compulsive, d'émotion, de questionnements intenses et d'émerveillement perpétuel, le chemin vers la Tour sombre est fini et j'ai atteint mon but avec ce septième roman, le très sobrement nommé The Dark Tower!

Encore une fois, j'ai continué ma route en bonne compagnie avec Vert, une camarade de lecture précieuse puisqu'elle éclaire parfois certains éléments grâce à la Concordance, une sorte de pelote permettant de se repérer dans le complexe univers-labyrinthe de cette saga.

Attention: à ce stade, il n'est plus possible d'éviter les divulgâcheurs! Ne lisez pas ce billet si vous ne voulez rien savoir de la fin.


Si je devais résumer cette conclusion en deux mots, ce serait simple: TROP D'ÉMOTION. J'ai en effet passé cinq jours de lecture intensive complètement bouleversée par les décès et les séparations qui parsèment cette grosse brique de 686 pages écrites dans une typo minuscule. Le ton est donné dès le premier chapitre, où l'on perd un personnage que j'appréciais beaucoup, et j'ai beaucoup pleuré en me séparant de ces héros qui me tiennent compagnie depuis le mois de janvier ou de février.

En outre, la fin de la saga m'a semblé extrêmement dure et injuste et m'a tout simplement brisé le cœur pour un héros qui, à mon avis, méritait mieux; foutu ka qui n'a jamais de pitié! Notez, à propos de la fin, que Stephen King a réussi à créer un retournement de situation à deux pages de la fin, après genre 5 000 pages de roman, ce qui me semble relever de l'exploit. Si j'ai trouvé ça extrêmement injuste, cela m'a néanmoins semblé étonnamment cohérent avec tout ce qui avait dit précédemment sur le ka et s'insérer très bien dans la quête de Roland. C'est osé et injuste, ça m'a laissé un goût amer en bouche, mais c'est presque, quelque part, parfaitement logique...

Sinon, ce tome était à l'image des précédents, hyper-référencé (à d'autres romans de Stephen King et d'autres œuvres littéraires et cinématographiques) et dense. Je l'ai trouvé très bon et, malgré les larmes, j'ai adoré le lire. Les sentiments que suscrite le personnage de Mordred, un méchant particulièrement infâme, abject, horrible et effrayant, sont une vraie réussite, car malgré tout j'ai ressenti de la pitié pour ce petit garçon perdu et affamé.

Quelques éléments m'ont moins convaincue: par exemple, je reste un peu sceptique quant à la figure de l'écrivain, même si ça permet de faire de beaux deus ex machina parfaitement assumés. Et j'ai ressenti une véritable déception en ce qui concerne le Roi cramoisi, le Grand Méchant dont on entend parler depuis des milliers de pages et qui se révèle au final bien puéril et même un peu minable (sans compter qu'on n'a aucun éclairage sur ses motivations et son passé, que j'espérais vraiment découvrir).

C'était néanmoins la conclusion épique d'une saga unique, une lecture plus grande que nature qui me marquera durablement. Inévitablement, quand un auteur sort autant d'idées par page que le fait Stephen King ici, j'ai émis des réserves sur certains éléments, je n'ai pas tout compris et beaucoup de questions me semblent rester sans réponse; mais c'était vraiment incroyable et jouissif que d'embarquer dans cette quête.

Maintenant, il ne me reste qu'à lire le roman "complémentaire" que Stephen King a publié plusieurs années après ce septième et dernier tome, The Wind Through the Keyhole, puis direction le cinéma et la boucle sera bouclée. Car le ka est une roue qui tourne et repasse toujours au même endroit...

Allez donc voir ailleurs si cette Tour y est!

dimanche 6 août 2017

La gamelle de juillet 2017

Ça y est, les vacances sont finies! Je vais pouvoir reprendre en main le blog, dont je me suis un peu éloignée en l'absence de connexion Internet. Commençons tout de suite par le bilan du mois de juillet. 😊

Notons que je décide à partir de ce mois de supprimer les catégories "vides": je ne vous dirai donc plus que je n'ai rien regardé sur petit écran ou sur YouTube et que je n'ai écouté aucun podcast! 😕

Sur grand écran

Transformers. The Last Knight de Michael Bay


C'était génial, bien sûr. Il y avait pleiiin de Transformers!! On a vu Grimlock, le dinobot, deux fois, et il y avait des bébés dinobots!! Des BÉBÉS dinobots!! Optimus a fait des discours! Bumblebee était un super guerrier!! Megatron est revenu!! Il y avait des chevaliers transformers à la cour du roi Arthur!! Haaaaa!!
Mais bon.
Voilà.
Ça fait vraiment mal au cerveau. C'est tellement truffé d'incohérences qu'on pourrait croire que c'est fait exprès. Michael Bay se coupe l'herbe sous le pied tout seul. Il va trop vite sur certaines choses et s'éternise trop sur les plans en contre-jour. Je me suis collée une migraine tellement je ne comprenais plus rien à un moment donné. Toute la partie dans le sous-marin est de trop. Mais vraiment ce sont les incohérences, et le j'm'en foutisme total par rapport aux opus précédents, et le recyclage d'idées déjà traitées, qui sont douloureux. LES TRANSFORMERS MÉRITENT TELLEMENT MIEUX. 😢
À voir si vous n'avez pas peur de perdre quelques neurones dans la salle...
Mise à jour après la deuxième séance (car oui je suis retournée le voir, lol): Bizarrement ça passe beaucoup mieux la deuxième fois. Je l'ai trouvé nettement moins incohérent. Il est dans la lignée des précédents quoi, on aime ou on aime pas. Perso, s'il y a des Transformers j'adhère, et ici il y en a plein donc j'adhère à mort. 

Baywatch [Alerte à Malibu] de Seth Gordon (2017)

Virilité ultime de Zac Efron qui se roule dans le sable.

Gros LOL pour ce film qui assume totalement sa nature de nanar estival avec des gens sexys qui courent au ralenti sur la plage. J'ai vraiment rigolé. Il faut le voir impérativement pour le plan d'intro avec le visage de The Rock trempé d'eau de mer et le titre Baywatch en majuscules qui sort de l'océan avec des dauphins. Ouiiii des dauphins. Gros LOL, j'ai dit. 😂😂😂

Inception de Christopher Nolan (2010)
Une séance UGC Culte chroniquée en détail ici.

Le Grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert (2017)


Un dessin animé frais et sympathique réunissant trois histoires de campagne: Un bébé à livrer, où un cochon, un canard et un lapin tentent de déposer un bébé chez ses parents, Le grand méchant renard, où un renard ayant volé des œufs essaye de convaincre les poussins qu'il est aussi redoutable que le loup, et Il faut sauver Noël, où le cochon, le lapin et le canard essayent de livrer des cadeaux la nuit de Noël. À voir en famille ou pas, ce dessin animé "à l'ancienne" a le mérite de ne pas prendre les enfants pour des idiots dans sa simplicité et de prendre son temps. C'est vraiment très sympa.

Du côté des séries

Mon homme et moi avons terminé la septième saison de Scrubs, qui est plus courte que les autres, et avons commencé la huitième. C'est la dernière avec nos héros, la neuvième mettant en scène une nouvelle génération d'internes (d'après ce qu'on me dit, je ne l'ai jamais vue).

Et le reste

J'ai lu le Cheval Magazine de juillet, qui était arrivé plus tard que d'habitude et que je n'avais donc pas pu lire fin juin.

Voilà! J'espère faire un peu mieux en août, un mois relativement calme vu que mes activités sportives sont suspendues...

dimanche 16 juillet 2017

H. P. L. (1995) + Celui qui bave et qui glougloute (1999)

Chronique express!


Il y a peu, je suis passée en Scylla pour la première fois; j'ai ainsi pu découvrir cette microscopique librairie spécialisée en littératures de l'imaginaire et je me suis fait plaisir en achetant quelques lectures, dont ce petit recueil de deux textes de Roland C. Wagner.

H.P.L. (1995): Cette fausse biographie de Lovecraft, dans laquelle le célèbre auteur est mort à 101 ans et pas à 47, m'a semblé présenter un intérêt très limité. Ce n'est pas très drôle et je n'ai rien appris. Eless l'a qualifiée d'"anecdotique" sur Instagram et je le rejoins parfaitement.

Celui qui bave et qui glougloute (1999): Je voulais lire ce texte depuis des années et heureusement il ne m'a pas déçue. C'était très sympa et j'ai même ri pendant ma lecture. L'histoire se passe aux États-Unis pendant les années 1890, alors que les Indiens se révoltent contre les États-Unis et, pour la première fois, réussissent à repousser la Frontière vers l'Est grâce à l'aide de visiteurs à quatre bras armés de mystérieux "rayons de la mort". C'est super-référencé et très léger et ça se lit tout seul. Là pour le coup, c'est un bel hommage de fan à Lovecraft, sur un ton résolument différent du sien mais qui se tient parfaitement le temps de la nouvelle.

Allez donc voir ailleurs si cette bave y est!
L'avis d'Eless 
L'avis d'Endea

jeudi 13 juillet 2017

Black Hole (1995-2005)

Chronique express!


Black Hole est un comics écrit et dessiné par Charles Buns et publié aux États-Unis de 1995 à 2005. J'ai lu l'édition française en six tomes, publiée par Delcourt et traduite par Jean-Paul Jennequin, que j'ai trouvée dans la bibliothèque de mon Homme, grand fan de comics. C'est une histoire résolument sombre sur des adolescents victimes d'une mystérieuse MST qui provoque des mutations plus ou moins repoussantes. Le contenu sexuel est très lourd et parfois un peu dérangeant; je pense par exemple à la "deuxième bouche" de Rob, que Chris embrasse, ou à la queue d'Eliza. (La deuxième bouche de Rob est aussi extrêmement perturbante car elle semble exprimer ses peurs à son insu, pendant son sommeil, avec une voix horrible.) Le dessin est lui aussi assez dérangeant et repoussant, les mutations des ados étant parfois dégueulasses. Pour tout vous dire, je suis étonnée que mon Homme ait lu ça (même si c'était il y a des années), en général c'est moi qui aime les trucs malsains! 😄 L'histoire est toutefois intéressante et je pense qu'on peut interpréter le sujet de différentes manières (le SIDA vient à l'esprit mais chacun y verra ce qu'il veut). Le dessin en noir et blanc, avec une énorme prédominance du noir, contribue grandement à cette atmosphère pesante et horrifique, mais j'ai eu du mal à reconnaître les personnages, que j'ai trouvés assez ressemblants. Au final, j'ai été déçue par la fin, que je n'ai pas vraiment comprise et qui [divulgâcheur] ne contenait pas d'élément surnaturel, houin houin, je pensais vraiment qu'une créature tentaculaire venue des confins de l'espace allait se révéler [fin du divulgâcheur], mais je pense qu'il peut valoir la peine de lire ce comics si vous aimez l'horreur et les trucs un peu limite. Oukoulou, par exemple, je pense que tu apprécierais! Âmes sensibles, par contre, passez votre chemin. 😜

lundi 10 juillet 2017

UGC Culte: Inception (2010)

Tous les jeudis, les cinémas UGC repassent un film culte, un de ces "films qui ont fait la légende du cinéma". Je ne peux malheureusement plus y aller depuis deux ans à cause d'une activité qui tombe le jeudi soir ("je peux pas, j'ai yoga!"), mais j'espère bien en profiter pendant cette période de grandes vacances!


Jeudi 6 juillet, l'été a très bien commencé avec Inception de Christopher Nolan, un film que j'avais vu au cinéma lors de sa sortie et revu sur petit écran il y a seulement deux ans. Il était donc assez frais dans ma mémoire. Ayant opté lors du deuxième visionnage pour l'option "le héros rêve tout du long", j'ai été particulièrement attentive aux indices allant dans ce sens. Forcément, quand on cherche, on trouve, et je suis toujours du même avis. 😀


Redécouvrir ce film sur grand écran a été un vrai plaisir. Il gagne vraiment à être vu en grand et avec l'ambiance particulière du cinéma. Plongée dans le noir, concentrée exclusivement sur l'écran, je profite des films avec une attention et une implication que je n'arrive plus depuis des années à mobiliser chez moi. Parce que le chat passe par là, parce que mon téléphone sonne, parce que je me refais du thé, je ne suis pas vraiment concentrée et je perds régulièrement des répliques et des scènes.

Je pense qu'Inception est LE Grand Film de Nolan. Mon copain est un grand défenseur de The Dark Knight, mais je trouve qu'Inception lui est supérieur parce qu'il exploite une idée originale et sort complètement des sentiers battus. Nolan a eu une idée et a osé la suivre, ce qui est assez rare au cinéma (tout du moins, disons, dans les films à grand budget). Ce réalisateur est d'ailleurs intéressant en ce qu'il combine avec succès des gros budgets, des films "grand public" (c'est-à-dire accessibles au plus grand nombre, non "conceptuels", susceptibles de lever de l'argent), un jeu d'acteur exigeant, une mise en scène extrêmement soignée et un ton résolument adulte. Je suis plutôt rassurée de voir que ses films ont du succès en cette époque dominée par les films d'action décérébrés (malgré tout mon amour pour les Transformers, j'ai encore mal au cerveau une semaine après avoir vu Transformers 5 tellement ce film réinvente le niveau zéro du film d'action).

Inception réunit une bonne partie de la bande d'acteurs que Nolan semble affectionner: avec Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy, Michael Caine et Cillian Murphy, on pourrait bien être dans The Dark Knight Rises. Leonardo Di Caprio est vraiment habité par son rôle et dégage l'intensité incroyable qu'on lui connaît (même si je crains qu'il ne fonde son jeu que sur cette intensité, ça fait pas mal de films qu'il me semble retrouver le même personnage). Ellen Page vient jouer la jeune recrue dont la "formation" permet d'initier le spectateur au monde des rêves et s'en sort plutôt pas mal.


Toutefois, celui qui s'en sort le mieux reste à mon avis Joseph Gordon-Levitt, qui bénéficie de la scène la plus renversante (lol) du film: alors que la camionnette du rêve 1 (ou 2, si vous pensez comme moi que Cobb/Di Caprio rêve le tout) roule le long d'une pente ou tombe du haut d'un pont, le monde du rêve 2 (ou 3) se retrouve complètement chamboulé, les murs roulent sur eux-mêmes, la gravité se fait la malle et on en prend plein les yeux. C'est cette scène, plus encore que l'imbrication des rêves, qui me fait dire que ce film "retourne le cerveau"...


Mais bien sûr, l'imbrication des rêves et tout le traitement du rêve sont extrêmement intéressants (je vous avais déjà dit il y a deux ans que j'adore le fait que ce soit la sensation de chute qui permet de sortir du rêve), et je dois dire que même la descente de Fischer/Cillian Murphy dans son inconscient à la rencontre de son père mourant m'a convaincue et m'a émue, moi qui passe mon temps à critiquer les films de super-héros parce que ça tourne autour de l'éternel, ennuyeux, prévisible, phallocrate et ô combien rabâché thème de la relation père-fils.

J'ai aussi apprécié la révélation tardive concernant l'idée que Cobb/Di Caprio a implantée dans l'esprit de Mall/Cotillard et la manière dont les mots qu'il utilise ("something she once knew to be true... but chose to forget") prennent une nouvelle dimension quand il révèle la vérité. D'ailleurs il y a pas mal de répliques qui reviennent dans le film avec un nouvel éclairage ("an old man, filled with regret, waiting to die alone" ou "you're waiting for a train") et qui donnent autant de citations cultes.

Bref, c'était un très bon moment et je recommande vraiment ce film à ceux qui ne l'ont pas encore vu, et ce malgré les nombreuses réactions qu'il a suscitées, en bien comme en mal, et qui font qu'un film vous sort parfois par les trous de nez même si vous ne l'avez pas vu.

Le mot de la fin
Il va sans dire que si je le pouvais, je prendrais un sédatif ultra efficace et irais passer quelques dizaines d'années dans les limbes de mon propre inconscient, où je construirais un univers nettement plus à mon goût que notre monde réel...

Mise à jour de 19h50
Je réalise après la publication de ce billet, pourtant relu dix fois, que j'ai oublié de parler du thème du deuil. Après tout, ce film parle surtout de ça, de la manière dont on se reconstruit après avoir perdu la personne qu'on aimait le plus et dont il faut accepter de la laisser partir, parfois après s'être péniblement accroché à sa culpabilité parce que c'est quand même quelque chose... Mall/Marion Cotillard qui pleure quand Cobb/Di Caprio renonce à elle, c'est juste un crève-cœur...

Allez donc voir ailleurs si ces rêves y sont!

vendredi 7 juillet 2017

La gamelle de juin 2017

Après un mois de mai rachitique, juin a été très modeste également... Comme toujours, je me demande un peu où est passé le mois!? Ce n'est pas possssiiible!

Sur petit écran

Rien. 😂 Ça démarre bien.

Sur grand écran

King Arthur: Legend of the Sword [Le Roi Arthur: La légende d'Excalibur] de Guy Ritchie (2017)


Gros délire fantasy avec de belles choses: une créature tentaculaire singulièrement érotique, de sombres donjons, des créatures fantastiques ténébreuses et une musique génialissime, que j'écoute depuis en boucle. Ce genre de film déchaîne l'imagination, un peu comme quand j'ai vu World of Warcraft et que j'ai eu furieusement envie d'écrire et de créer un univers du même genre! C'est toutefois assez maniéré au montage – on aime ou on n'aime pas – et "bien sûr" super sexiste. C'est désolant de voir qu'un film complètement anachronique, qui chamboule complètement l'histoire arthurienne et introduit un chevalier noir et un maître de kung-fu asiatique dans l'Angleterre du Ve siècle, ne peut pas imaginer un personnage féminin capable de se battre...

WonderWoman de Patty Jenkins (2017)
 

Un film de super-héros très sympa, avec tous les défauts du genre (un "fond" expliqué d'emblée pour que le spectateur n'ait pas à réfléchir, hein! Un clocher qui explose, hein, hein!) et les incohérences des blockbusters (un carnet qui tombe dans l'eau de mer plusieurs minutes mais reste intact, hein, hein!), mais beaucoup plus réussi, du point de vue de l'intrigue et des personnages, que les précédents films de DC. Je suis vraiment très contente du traitement de ce personnage féminin et j'aime beaucoup Gal Gadot, qui allie très bien finesse et force brute. Et puis il y a David Thewlis que j'adore.

The Mummy [La Momie] de Alex Kurtzman (2017)


Le premier film du Dark Universe, le retour des "monstres" Universal, est un film d'aventures fantastique sympathique, avec pas mal d'humour et un bon rythme. J'ai beaucoup apprécié la momie et la rapide découverte de la "galerie de curiosités". Cependant, c'est un peu mou pour lancer une franchise et c'est même frustrant si vous aimez vraiment le fantastique: purée, on entrevoit un crâne de vampire et une espèce de poulpe chthluesque et on n'en parle pas, grrr.
Sinon, le film a les défauts habituels des films d'action américains: des incohérences, des héros qui survivent à des chocs qui devraient leur casser toutes les côtes, une légende antique expliquée d'emblée (alors que ce serait tellement plus sympa de la découvrir en même temps que le héros), un côté relativement "lisse"...
[Mode cruisette activé]
Tom Cruise n'est jamais aussi bon que quand il est en roue libre ou à côté de la plaque et c'est génial, dans ce film il est les deux!!! 😁😁 En roue libre tout au début, en Irak, et à côté de la plaque pendant la moitié du film, puisque son personnage est complètement dépassé par les évènements. Par exemple, figurez-vous qu'il discute dans les toilettes des femmes avec son copain zombie, HAHAHA. Je regrette un peu que ses capacités d'acteur (car il en a, hein, je ne l'aime pas uniquement pour son Charme Irrésistible, sa Virilité de Ouf, son Sourire Canaille et sa Voix Sensuelle) n'aient pas été exploitées à la fin, dans une scène qui aurait pu être très triste... Mais bon le film ne va pas du tout dans cette direction et ce n'est pas grave, c'est léger et drôle.
[Mode cruisette désactivé]

Du côté des séries

L'Homme et moi avons terminé la saison 6 de Scrubs et regardons maintenant la septième.

Du côté des podcasts et de YouTube

Rien. J'ai plein d'épisodes de Procrastination en retard et j'ai honte de dire que je suis toujours à l'épisode zéro des GG Comics, auquel participe pourtant mon Homme. C'est navrant.

Et le reste

La cata! Je ne peux même pas dire que j'ai lu mon Cheval Mag car il est arrivé en retard et que je l'ai donc plutôt lu en juillet... Argh!!! 😠😱

La citation du mois

Je crée cette catégorie pour meubler et pour immortaliser un article du magazine Illimité de l'UGC, que je lis généralement d'un œil navré par la pauvreté de contenu de ses articles et le ton nombriliste et bourré d'anglicismes de ses rédacteurs. Pour une fois, peut-être même pour la première fois, je suis tombée d'accord avec eux à propos de quelque chose!

Article sur La Momie:
"La question de l'appartenance de ses films est un souci que Tom Cruise a réglé depuis bien longtemps, disons depuis au moins La Guerre des mondes. Ses films à lui, il en est le cœur battant, la source de financement, le facteur d'excitation et souvent même le sujet, bref l'astre autour duquel tout gravite."

Vous avez entendu? "L'astre autour duquel tout gravite." La cruisette n'aurait pas pu dire mieux. 😍

mardi 4 juillet 2017

Song of Susannah (2004)

Le chemin vers la Tour sombre continue. Avec un sixième tome plus petit que les précédents (seulement 435 pages dans mon édition), j'ai même repris un peu de vitesse et je suis à nouveau dans les temps: si j'ai fini de lire le tome de mai début juin, j'ai bien lu le tome de juin en juin! 😊


Je ne sais absolument pas quoi raconter sur ce tome, Song of Susannah. Je suis toujours très enthousiaste, mais il se passe tellement de choses, il y a tellement de fils que je ne sais pas du tout quoi penser! Heureusement, pour moi, ma copine de lecture, Vert, a été plus loquace par mail et m'a aidée à y voir plus clair (merciii!). Voici quelques idées en vrac...

Ce sixième tome est sous-titré Reproduction, ce qui n'a rien de prometteur. Le ka-tet de nos héros est séparé: Susannah a pris la poudre d'escampette à la fin du roman précédent, Roland et Eddie partent à sa recherche (mais n'atterrissent pas du tout là où ils le souhaitaient) et les trois autres membres partent à la recherche d'un écrivain (mais atterrissent là où est Susannah). Je n'ai d'ailleurs pas bien compris à quoi est dû ce problème d'atterrissage: s'agit-il d'une intervention du ka, comme le propose le livre, ou d'un tour de passe-passe des méchants, comme le suggère le guet-apens attendant Roland et Eddie? En tout cas, le ka-tet est séparé et, comme dans Le Seigneur des Anneaux après l'éclatement de la Communauté, la narration alterne entre les trois groupes. Les passages avec Susannah (et Mia et Detta) sont les plus intéressants et apportent de grandes révélations concernant l'identité de Mia (qui a été "recrutée" par Walter, tiens tiens tiens...) et de Mordred (je ne suis pas sure d'apprécier cet élément d'ailleurs).

Malgré de nombreuses informations, les questions demeurent plus nombreuses encore. Je me demande surtout qui manipule qui dans cette histoire. On dirait que le Mal tire les ficelles depuis le début, en partie en trompant son monde et en partie en lui simplifiant parfois la vie (j'avais parlé à propos du tome 4, je crois, des visions venues d'un objet démoniaque). Pourtant, il y a parfois des éléments positifs sortis de nulle part, comme une certaine petite tortue ici et les rêves extrêmement utiles d'Eddie dans le tome 3. Et je n'arrête pas de repenser à d'anciens propos de Walter: il y a bien un Roi en rouge, Walter en a peur et la pièce au sommet de la Tour sombre est vide! Et puis qui est ce Gan qui déboule soudain dans la bouche de l'écrivain et de Jake?

Rapport à l'écrivain: Ça, c'est vraiment DU LOURD, je ne suis pas tout à fait persuadée que c'est une bonne idée mais c'est DU LOURD, Stephen King a OSÉ quoi; et on en revient à qui manipule qui, hein, car l'écrivain aurait croisé le Roi en rouge quand il était petit, donc bien avant d'écrire son livre... Et donc... Donc quoi? Je n'en sais rien et je me triture les méninges! + Notons que cet élément m'a à nouveau rappelé L'Histoire sans fin...

Pfffiou, c'est trop d'émotion cette série, je suis complètement perturbée et obsédée par ma lecture! Dernière ligne droite en juillet!

Allez donc voir ailleurs si ce chant y est!