jeudi 21 mars 2013

Pause (à regret)

Malheureusement, des temps obscurs s'annoncent pour ce blog: ordinateur personnel à expédier au service technique et occupations professionnelles prenantes risquent de me garder éloignée de la blogosphère pendant quelques jours. J'espère que ça ne va pas durer plus de deux semaines car je suis déjà en manque de vos blogs... :) Ne m'oubliez pas et à bientôt j'espère! :)

mardi 19 mars 2013

Quo Vadis (1951)

Adaptation cinématographique du livre de Henryk Sienkiewicz, réalisée en 1951 par Mervyn LeRoy. Avec Robert Taylor et Deborah Kerr dans les rôles de Marcus Vinicius et Lygie.



Oh, ces si merveilleuses années cinquante du cinéma. C'est juste irrésistible. D'une manière générale, je n'ai aucune passion pour cette période historique, mais vraiment je suis fascinée par ces productions complètement datées... 

Il faut tout de même dire que Quo Vadis n'a pas mal vieilli du tout: si on fait abstraction de quelques incrustations d'images vraiment grotesques, il passe plutôt bien. L'incendie de Rome est plutôt crédible (en même temps, vu qu'il leur a fallu plusieurs dizaines de milliers de litres de combustible pour le tourner, ça valait mieux ^^) et les personnages de Pétrone et de Néron sont bien caractérisés et apportent une touche d'humour à l'intrigue (qui est par ailleurs, je dois le reconnaître, un peu fade).

Il m'a semblé également que les cascades équestres étaient plus réalistes à l'époque, que la mise en scène des chevaux était moins convenue (ou différemment convenue qu'elle ne l'est actuellement). C'est difficile à décrire, mais il me semble que quand Robert Taylor est filmé au galop, il est vraiment plein pot, son attelage est à fond; maintenant, les scènes soi-disant rapides sont souvent juste coupées pour donner cette impression, on voit bien que le cheval est en réalité bien rassemblé et sous contrôle. (Peut-être d'ailleurs que ceci est à l'honneur du cinéma d'aujourd'hui et que l'on prend plus soin des chevaux sur les tournages!)

Par contre, Robert Taylor est très monoface et archétypal, et j'ai été attristée de voir Deborah Kett jouer pratiquement de la même manière que dans Dieu seul le sait et La nuit de l'iguane... Dommage...

Popée et Néron: la mangeuse d'hommes
et l'empereur "beubeu" (dixit A.)

Le clin d'oeil de la fin: C'était sympa de voir soudain débarquer La Cène de Léonard de Vinci. :) 


samedi 16 mars 2013

Et puis, Paulette... (2012)

Et puis, Paulette... de Barbara Constantine faisait partie de la sélection de livres mis à la disposition du comité de lecture de ma médiathèque. J'étais passée à côté car l'histoire me semblait trop gentillette et parce que je n'avais pas compris le titre. Le groupe avait bien signalé que c'était une référence à une chanson, mais je n'avais pas saisi laquelle. Puis, fin janvier, pendant le film Alceste à bicyclette, j'ai eu une révélation.


En fait, je connaissais la chanson. (Et oui, le film contient cette chanson d'Yves Montand.) Je me suis donc ruée sur le site de la médiathèque pour réserver Et puis, Paulette...


En fait, ce livre est exactement comme sa couverture. Simple, touchant, douillet, un brin nostalgique. L'histoire de quelques personnes âgées discrètes et tranquilles qui se retrouvent à vivre ensemble. Je ne saurais vraiment pas le résumer autrement. C'est vrai que c'était un brin trop gentillet pour mes goûts, mais, en même temps, j'ai eu envie de croire que c'était possible, ce type d'histoire. Que les choses peuvent parfois bien s'arranger si quelqu'un y met du coeur et fait des efforts.

Par ailleurs, j'ai trouvé que l'auteur abordait les thèmes de la vieillesse et de la solitude avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Il m'a semblé que c'était plus constructif que dans le film Et si on vivait tous ensemble?, même si celui-ci le faisait de manière beaucoup plus consciente (vu que les personnes âgées étaient accompagnées d'un jeune étudiant qui faisait sa thèse sur leur vie en communauté). Et j'ai beaucoup apprécié le petit humour léger et la présence des animaux (deux chats, un chien et un âne, Cornélius), qui sont de vrais personnages à part entière.

Amie bibliothécaire C., tu parlais l'autre jour de l'aspect initiatique des contes de fées: et bien je pense que ce livre est un peu un conte. Sans fées, certes. Mais il m'a donné cette impression.

En bref, une parenthèse agréable entre deux lectures plus réalistes, ou bien un bon remontant quand on n'a pas le moral. :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Bouchon des Bois
L'avis d'une ex-camarade du comité de lecture (avec la vidéo du passage de l'auteur à la Grande librairie)

Barbara Constantine, Et puis, Paulette...
Éditions Calmann-Lévy, 15,50€, 320 pages.

mercredi 13 mars 2013

Les fleurs bleues (1965)

En ce début d'année, j'ai beaucoup manqué (et je manque encore) de lectures en français, ce qui m'a amenée à relire quelques livres que je n'avais pas ouverts depuis que je les avais lus au collège ou au lycée: Le Misanthrope de Molière (une lecture de toute façon indispensable avant d'aller voir Alceste à bicyclette au cinéma), Rhinocéros de Ionesco (auquel je n'ai, d'ailleurs, toujours rien compris ^^), Le dernier jour d'un condamné de Hugo... Et Les fleurs bleues de Queneau.


Je me souvenais assez bien du chapitre d'introduction, que j'avais étudié en L, et notamment du paragraphe suivant:

"Les Huns préparaient des stèques tartares, le Gaulois fumait une gitane, les Romains dessinaient des grecques, les Sarrasins fauchaient de l'avoine, les Francs cherchaient des sols et les Alains regardaient cinq Ossètes. Les Normands buvaient du calva."

Ce qui donne bien le ton du bouquin. Queneau a une espèce de don pour manipuler les mots et créer des situations un peu loufoques ou cocasses. Ici, il nous raconte l'histoire du duc d'Auge, qui traverse les âges en compagnie de son page et de leurs chevaux, Démosthène  ("nommé Démosthène parce qu'il parlait, même avec le mors entre les dents" et surnommé Démo, ou Sthène) et Stéphane ("ainsi nommé parce qu'il était peu causant"). En parallèle, lorsque le duc s'endort, nous suivons le quotidien quelque peu répétitif de Cidrolin, qui vit sur une péniche et regarde les houatures passer. Puis, dès que Cidrolin s'endort, nous rejoignons le duc d'Auge.

Je suis assez certaine que ce livre a toute une portée symbolique et littéraire, voire politique, qui m'a totalement échappé. Il me semble improbable que Queneau l'ait écrit uniquement pour le fun. Mais cet aspect fun m'a amplement suffi et je me suis bien amusée.

Je dois dire que je n'ai pas compris certaines choses. Par exemple:
"Tout le monde part. Cidrolin aperçoit la tête des chevaus. Ils ont l'air de chevaux."

Mais d'autres passages m'ont fait éclater de rire. Par exemple:
"-Ah! les salopards, grommelait [le duc], il n'y a plus de liberté si les vilains s'en mêlent. [...] Ce qu'ils veulent, c'est voir tous les nobles seigneurs comme moi étripés par les Chleuhs pour envahir nos châtiaux, boire notre vin clairet dans nos caves et qui sait? violenter nos mères, nos femmes, nos filles, nos servantes et nos brebis.
-Et nos juments, dit Sthène.
Un passant sursauta.
-Et nos juments, dit le duc à haute voix.
Il se pencha vers le quidam:
-C'est moi qui ai dit: "et nos juments". C'est moi, tu entends, vilain?"

...Voilà. Je ne sais pas si ce dernier extrait est convaincant hors contexte, mais moi il m'a bien fait rire. :)

vendredi 8 mars 2013

Madrid

À Madrid...

...on mange des churros trempés dans du chocolat chaud...


...et des parts de torta de queso (gâteau au fromage) à tomber...


...on constate que les éditeurs espagnols ont compris que la série Le Trône de fer ne fait pas 15 tomes et que chaque tome a un titre bien pensé...


...que P. D. James semble cartonner...


...que Musso est là-bas aussi...


...tout comme Levy...


...et, de manière plus surprenante et réjouissante, Carrère...


...on cherche (et on trouve) le restaurant du Capitaine Alatriste...


...où l'on observe le menu...



 ...mange dans des assiettes portant le célèbre A...


...et paye une addition assez salée...


...on passe voir les bouquinistes...


...l'un desquels vous fait cadeau d'un petit bloc-notes et de trois marque-pages...



...on marche jusqu'au musée des sciences naturelles...


...où l'on rencontre de merveilleux, magnifiques et nombreux dinosaures...






...on bave devant la vitrine d'une boulangerie irrésistible...


...devant une très belle édition des livres de Tolkien...


...et devant des multitudes d'exemplaires des aventures d'Alatriste...


...on visite le Palais royal, où l'on contemple des armures pour chevaux que l'on n'a pas le droit de photographier et que l'on achète donc en carte postale...


...en même temps que de merveilleux marque-pages à armes anciennes qui seront si bien adaptés aux livres du capitaine Alatriste...


...et pour finir on rentre chez soi avec des achats plutôt modestes, mais simplement merveilleux...



...ainsi qu'une lecture équestre pour varier les plaisirs.


mardi 5 mars 2013

Top Ten Tuesday (21)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:
Les 10 séries que vous aimeriez lire
mais que vous n'avez pas encore commencées

Beaucoup plus difficile à traiter que prévu, ce thème. Je me suis soudain rendu compte que, contrairement à ce que je croyais, il n'y a pas tant de séries que ça que j'ai vraiment envie de lire. Petit tour d'horizon...

1/ La Tour sombre de Stephen King. Huit livres. J'ai d'énormes attentes par rapport à cette série et je sens qu'elle a le potentiel de me réconcilier avec Stephen King (car, bien que je cite tout le temps ses histoires de placards et que La Ligne verte soit au panthéon de mes livres préférés, ce n'est pas vraiment un écrivain que j'apprécie). C'est très certainement par ici que je commencerai lorsque j'aurai fini de lire le Trône de Fer, la série qui m'occupe actuellement.

2/ Dune de Frank Herbert. Cinq livres. Je ne connais rien à l'histoire et je n'ai jamais vu le film: cette série m'intéresse avant tout pour des raisons de culture gé (combler mes lacunes de SF, toussa). Et aussi parce que le père de l'Homme aime et que le père de l'Homme a bon goût.

3/ La Roue du temps de Robert Jordan. Quatorze livres (les trois derniers étant "mis au point" par quelqu'un d'autre, l'auteur étant mort en cours de route. Ha ha ha). Plus de onze mille pages en anglais: c'est la série ambitieuse qui m'occupera un bon moment quand je m'y mettrai (horizon 2020? Lol). À lire pour les mêmes raisons que Dune.

4/ Les livres mettant en scène Elric, le personnage de Michael Moorcock. Parce que ça semble être de bons récits de sword and sorcery comme je les aime. Par contre, je n'ai pas bien capté combien il y en a en VO.

5/ Percy Jackson de Rick Riordan. Cinq livres. Série jeunesse. Il faut préciser que j'ai adoré le film.

6/ La Fille aux licornes de Lenia Major. Trois livres. Série jeunesse. Parce que Meli en a dit du bien ici et parce que la licorne est ma bestiole préférée (avec le dragon et le dinosaure, s'entend).

7/ La Ballade de Pern de Anne McCaffrey. Nombre de livres en VO à déterminer. Parce que Endea en dit tout le temps du bien et parce que le dragon est ma bestiole préférée (avec la licorne et le dinosaure, s'entend).

Bien entendu, le problème de la plupart de ces séries est qu'elles sont en anglais. Il n'est donc pas trop possible que j'en lise plus d'une à la fois, mon planning de lecture devant alterner les styles *et* les langues et devenant trop compliqué si je dois aussi alterner entre deux séries à l'intérieur d'une même langue... Bon, pas sûre que vous ayez suivi, mais en gros c'est très compliqué. Disons que l'objectif pour cette année 2013 consiste à boucler le Trône de Fer et à attaquer la Tour Sombre, ce sera déjà quelque chose! :)

vendredi 1 mars 2013

Tag: Quelle lectrice es-tu?

J'ai été taguée! C'est trop fort. C'est même mythique, comme dirait A.! Merci à Tigger Lilly pour cette opportunité rêvée de parler de moi, moi, moi. Ça ne m'est arrivé qu'une fois jusqu'à maintenant et, en plus, ce billet est le deux centième de ce blog... Autant marquer le coup!

Es-tu une acheteuse compulsive de livres?
Pas vraiment. D'une part parce que ma situation économique est généralement d'une tristesse sans nom, et d'autre part parce que je n'aime pas voir les livres s'accumuler dans mon salon sans que je ne puisse les ouvrir parce que je suis occupée à lire autre chose: je trouve ça trop frustrant. J'achète donc au compte-gouttes, sauf lorsque je tombe sur des occasions que je ne veux pas laisser passer (comme à Dulin il y a quelques mois).

À quelle fréquence achètes-tu tes livres?
Pas de fréquence particulière. En 2012, j'ai acheté plus ou moins un livre d'Anne Rice par mois, vu que c'était mon rythme de lecture. Mais il peut aussi bien m'arriver d'acheter 20 bouquins d'un coup tous les six mois que d'en acheter un toutes les six semaines. En 2013, trois achats pour l'instant (bouquins en espagnol trouvés à Madrid).
En revanche, j'ai un rythme assez régulier d'emprunts en bibliothèque: généralement trois livres par mois.

As-tu une librairie favorite?
Oui! Et même deux! :)
Il y a d'abord ma librairie de quartier, que j'ai beaucoup hantée en période de chômage technique: le Pavé du Canal à Saint-Quentin-en-Yvelines. C'est un peu la librairie historique du coin et elle résiste face à France Loisirs et au Virgin. Quand j'ai réalisé que le prix du livre est le même partout en France, je me suis vraiment demandée pourquoi j'avais donné de l'argent à Amazon et compagnie pendant des lustres au lieu de soutenir un petit libraire indépendant... C'est donc ici que j'achète mes livres en français.
L'autre librairie que j'adore, sans surprises, c'est le grand Gibert-Joseph de Saint-Michel (et, depuis peu, son petit frère versaillais). C'est là que j'achète des livres d'occasion et dans d'autres langues que le français.

Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée?
Je suis généralement seule au Pavé, mais accompagnée à Gibert, étant donné que je monte généralement sur Paris pour voir des gens.

Librairie ou achats sur le net?
Librairie pour le français, comme je le disais. Pour l'anglais, à moins de trouver des livres d'occasion à des tarifs intéressants chez Gibert, je commande du neuf sur The Book Depository, mon meilleur ami. Et pour l'italien et l'espagnol, j'en achète tellement peu que ce n'est pas très représentatif, mais ça fait plus d'un an que mes achats viennent de librairie (même si ce n'est pas forcément moi qui suis allée les acheter). Et, comme je le disais plus haut, j'emprunte en bibliothèque (toutes langues confondues).

Vers quel type de livre te tournes-tu en premier?
Ça dépend de ce que je cherche... Mais il y a un rayon que je ne laisse jamais passer, c'est la lettre Z en littérature française, histoire de voir s'il n'y a pas un Zola que je n'aurais pas... :)

Préfères-tu les livres neufs, d'occasion ou les deux?
Les deux. Je suis passée aux achats d'occasion à contre-coeur, histoire d'économiser. Je trouvais ça triste et même un peu minable, en fait. Mais bon, avec 20€ en librairie, on achète un grand format pas trop épais; en brocante, on repart avec 20 livres... Puis je me suis rendu compte que j'aime aussi les livres d'occasion. J'aime récupérer un livre dont quelqu'un ne veut plus et lui donner une seconde chance. Ça correspond un peu à mon côté écolo. Et on découvre parfois des vieilles couvertures drôles ou touchantes. En fait, maintenant j'adore traîner dans les brocantes de bouquins, notamment Au Facteur Cheval de Versailles, et chercher parmi les livres jaunis... Mais j'aime aussi acheter du neuf, évidemment!

Qu'aimes-tu dans le shopping livresque?
La perspective de lire, non? Prendre dans mes mains et ramener chez moi un livre que je vais, à terme, ouvrir et découvrir. J'ai la même sensation quand j'emprunte en bibliothèque. Il s'agit peut-être de la recherche d'espoir et de salut dont parle Lestat dans Blackwood Farm...

Te fixes-tu une limite d'achats par mois?
Pas du tout. C'est très limité de toute façon à cause de la tristesse de la situation économique citée plus haut... :p

À combien de livres s'élève ta wish-list?
"À l'infini, et au-delà", pourrais-je répondre pour faire un petit clin d'oeil à Toy Story... Disons qu'il y a peu de livres que je n'aimerais pas lire un jour... Mais ma liste de cadeaux contient une trentaine de livres plus prioritaires.

Cite trois livres que tu veux tout de suite.
Dinosaur Tales de Ray Bradburry (malheureusement introuvable); Retour à Killybegs de Sorj Chalandon; et Correspondance de Zola (certainement le prochain livre que j'achèterai en français).

Précommandes-tu les livres?
Non. Ça m'est juste arrivé deux fois pour des livres envoyés depuis l'étranger et que j'attendais vraiment avec impatience: le dernier P. D. James et le dernier Capitaine Alatriste.

Pourquoi un tel pseudo/nom de blog?
Le pseudo est juste une manière plus glamour d'écrire le prénom Alice, que je n'aime pas beaucoup... Le nom du blog, c'est parce que "Tea, cats and books" était déjà pris, je crois, et parce que j'écoute, globalement, du rock (au sens large). Malheureusement, je ne suis pas très fière d'avoir choisi un nom anglais et j'envisage depuis des mois d'en changer... J'aimerais trouver quelque chose avec des dinosaures parce que cet intérêt constitue mon trait d'originalité principal...


"Dis, tu veux bien me lire une histoire?"

"Le dinosaure et le chat qui lisaient des livres"? "L'antre du dinosaure lecteur"? "Lectures félines et sauriennes"? "Lisons à l'ombre du dino"? Je ne vois pas trop... Si quelqu'un a des idées lumineuses... :D

Les réponses à ce tag que j'ai déjà lues: Cachou, Tigger Lilly et Endea (qui a un pseudo fascinant!).

Et celles que j'aimerais lire: Bouchon, Maelig et Grominou. Allez, au boulot les blogueuses-lectrices! :)

mercredi 27 février 2013

La jeune fille à la perle (2000)

En 1664, à Delft (Pays-Bas), la jeune Griet entre au service des Vermeer. La maîtresse de maison, Catharina, la déteste immédiatement. Le maître de maison, peintre, n'est pas très présent, mais il exerce une fascination puissante sur la jeune servante, qui est également très touchée par ses tableaux. Chargée de faire le ménage en remettant les objets qu'elle déplace exactement au même endroit, Griet est autorisée à entrer dans le studio du peintre...


J'imagine que tout le monde connaît plus ou moins l'histoire de ce livre à cause du film qui en a été tiré et parce que le tableau dont il traite est très connu. Je dois d'ailleurs reconnaître qu'il a vraiment quelque chose de mystérieux et de fascinant (contrairement au reste de l'oeuvre de Vermeer, que, après vérification, je ne trouve pas du tout aussi intéressante) et qu'on ne peut pas s'empêcher de rester un peu subjugué par cette jeune fille! L'idée de Tracy Chevalier consiste à donner une histoire à ce tableau, à expliquer comment Vermeer a eu l'idée de le peindre, à qui il était destiné, et ce qu'en a pensé la jeune fille en question. Et d'où vient cette grosse perle en forme de goutte d'eau.

Dans un premier temps, le style m'a un peu rebutée. Trop de phrases courtes destinées à donner de l'importance à des évènements anodins, trop de longs regards de gens en pâmoison. Mais je me suis habituée et j'ai beaucoup aimé les pages concernant le travail de peinture: la mise en place du modèle, la préparation de la toile puis des couleurs, l'apparition des contours puis des détails. Et j'ai trouvé la fin très triste, même si je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour/fascination vraiment crédible...

En fait, c'est un peu dommage: je pense que ce livre aurait été vraiment super avec plus de travail sur la rédaction. Comme beaucoup de livres de littérature contemporaine, j'ai l'impression qu'il ne se démarque pas, qu'il n'a pas trouvé sa voix et qu'il se limite à une simplicité très passe-partout... Un peu comme s'il ne fallait surtout pas compliquer la vie du lecteur. Dommage, dommage. Cependant, je donnerai sûrement une autre chance à Tracy Chevalier: sa plume s'est peut-être améliorée avec le temps. Il ne s'agit au fond que de son deuxième roman... :)

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Bouchon

lundi 25 février 2013

Le pacte des vierges (2011)

Le pacte des vierges de Vanessa Schneider m'a été présenté en speed-booking il y a une quinzaine de jours (en même temps que D'autres vies que la mienne, dont je vous ai déjà parlé ici). Je n'ai pas vraiment adoré ce livre --en fait, je crois qu'il est tout simplement trop court pour marquer durablement--, mais il est très intrigant: il s'agit des interviews alternées  de quatre jeunes filles faisant partie d'un groupe de 17 lycéennes enceintes. Voilà. Pas ce que j'aurais pris spontanément en librairie, surtout quand on connaît ma passion pour tout ce qui tourne autour de la maternité... Mais j'ai été suffisamment intriguée pour l'emprunter illico et la lecture s'est révélée intéressante.


L'histoire se met en place progressivement, les quatre filles n'abordant pas les mêmes aspects de leur aventure (ou de leur pacte, si pacte il y a vraiment eu). On découvre leurs passés, leurs familles et leurs aspirations. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'on ne sait pas ce qui est vrai (l'histoire est tirée d'un fait divers réel) et ce qui relève du travail de l'écrivain, et qu'on reste un peu sur sa faim à cause de l'absence de réponses. Je n'ai pas eu l'impression de bien saisir le message ou la motivation de ces ados... (En même temps, l'écrivain n'est pas tenu de donner des réponses toutes faites: il a aussi le droit de poser des questions et de nous laisser réfléchir.)

Je ne le recommande pas avec un enthousiasme débordant: ce n'est pas un chef d’œuvre. Mais il mérité d'être lu, et comme il se lit, en outre, extrêmement vite, au moins on ne perd pas de temps de lecture si on ne l'aime pas. :)

Un film français a également été tiré de ce fait divers: 17 filles. Malgré le peu d'enthousiasme que m'inspirent les gros ventres des actrices dans la bande-annonce, j'ai réservé le DVD à la médiathèque. Je vous tiendrai au courant si je le regarde pour de bon...


Vanessa Schneider, Le pacte des vierges
Éditions Stock, 17€, 192 pages.

mercredi 20 février 2013

Supernatural Horror in Literature

Je connais bien les critiques concernant l’œuvre de Lovecraft, qui concernent généralement ses structures répétitives et ses descriptions axées sur la non-description (ou: le recours à l'adjectif innommable à tout bout de champ). Je dois dire que ces critiques sont fondées et je suis d'avis qu'il ne faut pas lire Lovecraft à grosses doses, l'excès d'HPL risquant de lasser, puis de dégoûter, le lecteur. Il faut garder à l'esprit qu'il publiait dans des magazines et que ses lecteurs n'étaient pas sensés lire plus d'un texte à la fois.

En revanche, HPL continue de bien marcher sur moi, et si j'oublie régulièrement le thème de telle ou telle nouvelle, j'adore certains de ses textes, qui m'ont vraiment marquée. J'ai lu ce recueil-ci --The Haunter of the Dark, aux éditions Wordsworth-- avec d'autant plus de plaisir qu'il contient quelques textes qui ne relèvent pas de la structure habituelle, comme The Unnamable (qui reprend avec humour les critiques que je citais plus haut), Les Chats d'Ulthar ou Fungi from Yoggoth (un texte en vers). J'ai aussi beaucoup aimé les textes liés au rêve: si je me suis ennuyée avec The Dream-Quest of Unknown Kadath, qui est immensément longue par rapport à ce qu'il s'y passe réellement, j'ai adoré Celephaïs. Et j'ai relu avec plaisir Pickman's Model, un texte qui m'avait marquée quand j'avais emprunté un recueil d'HPL à la bibliothèque de Dublin, mais dont j'avais oublié le nom.


En revanche, le texte dont je souhaite vous parler aujourd'hui est le petit essai qui clôt le recueil: Supernatural Horror in Literature (Épouvante et surnaturel en littérature). Il s'agit d'une histoire de la littérature weird au sens large, depuis les mythes des civilisations du Moyen-Orient jusqu'aux auteurs du début du XXe siècle. HPL a dû l'écrire pendant les années vingt ou trente et ne peut donc pas se pencher sur l'explosion qu'a connue le genre après la guerre, avec des auteurs comme Stephen King et Anne Rice qui sont devenus parmi les meilleurs vendeurs du monde entier; mais il résume bien l'évolution du genre pendant le XVIIIe et le XIXe (cette dernière période étant celle que je connais le mieux).

"The oldest and strongest emotion of mankind is fear, and the oldest and strongest kind of fear is fear of the unknown."

Après cet incipit ô combien lucide, l'essai s'articule sur les chapitres suivants:
Introduction
The Dawn of the Horror-Tale
The Early Gothic Novel
The Apex of Gothic Romance
The Aftermath of Gothic Fiction
Spectral Literature on the Continent
Edgar Allan Poe
The Weird Tradition in America
The Weird Tradition in the British Isles
The Modern Masters

Cette dernière partie est un peu lourde, dans la mesure où la plupart des écrivains qu'HPL considère comme des maîtres ne sont pas passés à la postérité (ou, en tout cas, ne sont pas parvenus jusqu'à mes oreilles). Mais le reste est vraiment intéressant. Tous les auteurs dont vous avez déjà entendu parler y passent: Conan Doyle, Maupassant, Balzac, Jane Austen, Ann Radcliffe, Daniel Hawthorne et des dizaines d'autres. J'ai vraiment été ébahie par la richesse de ses références et, une fois de plus, j'ai repris conscience de combien je ne suis pas une lectrice de littératures de l'imaginaire en général, mais bien une lectrice de fantastique en particulier.

Je conclus en vous laissant sur le passage qui m'a fait du bien:

"Of younger Americans, none strikes the note of cosmic terror so well as the California poet, artist, and fictionist Clark Ashton Smith, whose bizarre writings, drawings, paintings, and stories are the delight of a sensitive few."

Allez, je ne fais pas partie des happy few, mais je suis des sensitive few; et en compagnie d'HPL, excusez du peu. :)

lundi 18 février 2013

Challenge La Planète des singes - Le retour !

Vous souvenez-vous de l'excellente idée que j'avais eue en août 2011, après la sortie de La Planète des singes: Les origines au cinéma? J'avais décidé de lire le livre de Pierre Boule et de regarder l'ensemble des sept films qui en ont été tirés. Malheureusement, après des débuts prometteurs, ce programme cinématographique est totalement tombé à l'eau du fait que je ne possédais aucun des DVD et que ma médiathèque ne possédait pas ceux des années soixante et soixante-dix.

Mais... Surprise! Il vient de ressusciter grâce... à la Saint Valentin. Héhé. J'ai en effet reçu ceci en cadeau.


Youpi youpi ya. Dans le détail, cette jolie édition contient les sept DVD dans des boîtiers individuels.


Évidemment, cette intégrale n'est une intégrale que jusqu'à la sortie du prochain film sur le sujet, dans environ un an, mais bon passons. :)

J'envisage d'en regarder un par mois à partir du mois de mars, de manière à finir en fin d'année et à aborder le prochain film au cinéma en mai 2014 avec tous les tenants et les aboutissants de la franchise. Bien entendu, s'il y a des amateurs parmi vous, faites signe! :)


Pour nous rafraîchir la mémoire
Le "lancement" du projet avec la liste des sept films

vendredi 15 février 2013

D'autres vies que la mienne (2009)

Je vous ai déjà parlé d'Emmanuel Carrère avec enthousiasme il y a quelques mois à propos de Limonov, un bouquin qu'on m'avait présenté en speed-booking et qui m'avait donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteur. Coïncidence amusante: on m'a justement présenté un autre livre de lui à la séance de speed-booking de samedi dernier. Je cherchais désespérément un livre en français pour mon planning de lecture et soudain ce D'autres vies que la mienne était là, devant moi, prêt à être emprunté. Youpi!

(C'était avant que la chaîne de télévision du coin ne débarque interviewer la médiathécaire et les participants --c'est-à-dire moi-- et que je ne fasse un arrêt cardiaque. ^^)


L'histoire est amplement résumée sur la page Wikipédia du livre ou dans les différents articles que je mettrai en lien à la fin de ce billet. Je vous dirai donc seulement qu'elle suit les "destins", si je puis dire, de deux familles frappées par le deuil. D'abord à cause de la mort d'une petite fille emportée par le tsunami de 2004 au Sri-Lanka, ensuite à cause de la mort de la belle-soeur de Carrère.

Comme dans Limonov, en fait, Carrère raconte également sa vie à travers celle des autres. Il est bien sûr en retrait et le livre est avant tout constitué des témoignages des personnes qu'il a interviewées, mais il nous livre au passage ses sensations et son ressenti. Et je me sens proche de ce Carrère, aussi prétentieux que cela puisse paraître (je ne pense pas que l'on puisse prétendre connaître quelqu'un simplement parce qu'on a lu ses livres). J'adore son léger cynisme et je me retrouve dans ses blessures et ses peurs et dans une certaine forme d'égoïsme dont il fait parfois preuve. Il est un peu névrosé, ce garçon, en fait, et ses livres doivent lui servir au moins partiellement de thérapie.

Ses personnages me touchent également, car ils souffrent, en fait. C'est vraiment pour cette raison bête --et somme toute très égoïste-- que Limonov et D'autres vies que la mienne m'ont fait autant de bien: on a le droit de souffrir, on a le droit d'être malheureux et imparfait, on a le droit d'avoir le coeur brisé par des petites choses et d'être dévasté par ce qui est vraiment grave. On ne nous demande pas "d'aller de l'avant", on ne nous dit pas que "tout n'est qu'une question de volonté" et qu'"il suffit de vouloir pour pouvoir", le type de remarque qui me donne envie de sauter à la gorge des gens.

Attention, si je dis que ce livre "m'a fait du bien", n'allez pas croire que c'est un livre optimiste ou léger. Au contraire, il est très triste. Au fond, il parle du deuil et de l'acceptation de la mort, des choses difficiles. J'ai senti les larmes monter plusieurs fois et, si je n'ai pas fondu en sanglots dessus, c'est vraiment parce que c'est une bonne période en ce moment et, peut-être, que le temps m'a (enfin?) permis de tolérer certaines choses sans en souffrir de manière incontrôlée.

"C'est la première nuit. La nuit qui suit le jour où leur fille est morte. Ce matin elle était vivante, elle s'est réveillée, elle est venue jouer dans leur lit, elle les appelait papa et maman, elle riait, elle était chaude, elle était ce qui existe de plus beau et de plus chaud et de plus doux sur terre, et maintenant elle est morte. Elle sera toujours morte."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis d'une certaine Miss Bouquinaix, blogueuse et bibliothécaire
L'avis d'une autre blogueuse dont je n'ai pas saisi le nom :(
L'avis de Jules sur le blog Jules se livre

Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
Éditions P.O.L., 19,50€, 310 pages.

mercredi 13 février 2013

L'Univers des dinosaures

Si vous me connaissez un tant soit peu, dans la vraie vie ou via ce blog, je ne vous apprends rien en vous disant que l'obsession des dinosaures qui s'est implantée dans ma tête quand j'avais six ans (à cause des aventures de Petit Pied) et qui a pris des proportions massives quand j'avais huit ans (à cause de Jurassic Park, le film) a allègrement dépassé le stade auquel les enfants abandonnent généralement les reptiles disparus, c'est-à-dire l'adolescence. Ou plutôt, elle a temporairement reculé avant de revenir en force à l'âge adulte, quand j'ai lu Jurassic Park, le livre, pour la deuxième fois, en juillet 2006. Depuis, les dinos sont mes compagnons permanents. J'achète des livres et des jolies figurines, et je vais voir les expos de dinos qui croisent mon chemin.

Alors, évidemment, quand j'ai vu une affiche indiquant la présence de dinosaures dans ma ville, je n'avais pas le choix: je devais y aller. Cette fois-ci, malheureusement, le succès n'était pas au rendez-vous...

Le chapiteau de L'univers des dinosaures est gardé par un sauropode aux proportions improbables. Par ailleurs, notons que le Tyrannosaure du camion est une photographie de la merveilleuse figurine Papo que je possède depuis quelques temps (un jouet tellement bien fait que je l'ai déjà vu en photo sur nombre d'objets, des cahiers et des agendas par exemple).



Mais qu'importe! Les affaires marchent bien en ce moment et je suis particulièrement saine d'esprit, je peux donc prendre le risque de dépenser les huit euros du billet d'entrée pour voir des dinos. Les photos du site Internet, d'ailleurs, m'ont immédiatement indiqué que je ne devais pas m'attendre à rencontrer des merveilles telles que celles que j'ai rencontrées à Paris et à Londres.

Sauf que voilà. Cette fois-ci, on a touché le fond...

Machinchosus, reptile marin dont j'ai oublié le nom,
ou toute la splendeur du papier mâché.

Parasaurolophus tout moche.

Tyrannosaure aux bras improbables.
(Le reste du corps n'était pas mieux.)

Le Vélociraptor avait quelque chose à nous dire.
(Mais quoi??)

Un carnivore dont j'oublie le nom face à un Tricératops,
mon dinosaure préféré quand j'étais gosse.
Tristesse.

Au final, le seul qui ressemblait un peu à quelque chose, c'était l'Allosaure vu sous un certain angle.


Allez, ça ne se devine peut-être pas en lisant ce billet, mais cette visite navrante m'a bien fait rigoler et je ne regrette même pas d'y être allée. :) Et le public cible semblait satisfait, lui. Il faut dire que le public cible a moins de sept ans... ^^