jeudi 29 octobre 2015

L'art de la méditation (2008)

Chronique express!


Avec sa fleur de lotus multicolore et son titre que je trouve un peu culcul, L'Art de la méditation de Matthieu Ricard est un livre que j'aurais regardé avec un petit sourire à la fois hautain et navré il y a à peine un an, convaincue que la société nous vend du bien-être à la noix pour se remplir les poches sur le dos du mal-être ambiant. Maintenant que le yoga est passé par là (et, il faut le dire, mon ostéo et ma kiné...), je suis beaucoup plus ouverte à tout ce qui concerne le "développement personnel" et j'ai sauté sur ce petit bouquin quand une amie l'a sorti devant moi. J'avais d'autant plus envie de le lire qu'elle a parlé de spiritualité non religieuse et que c'est exactement ce que je recherche: un chemin centré sur les capacités mentales et le calme intérieur, pas sur la divinité. Bon, au final, je n'ai guère eu de révélation et je ne vais pas me mettre à la méditation grâce à cette lecture, mais le fait de lire des réflexions sur le sujet aide à mieux cerner ce qui m'attire et ce que je recherche: plus de souplesse et de discipline mentale à la fois; plus de calme et de bienveillance; la possibilité d'étudier, de contrôler puis de réduire les sentiments toxiques (j'aimerais bien ne pas retomber dans la jalousie-frustration qui a rempli mes journées pendant des années); et d'une manière générale un apaisement durable, "de qualité" si je puis dire. Je verrai avec le temps si la méditation a sa place dans mon existence, mais en tout cas c'est intéressant et stimulant d'en entendre parler (même si j'ai lu ce livre dans de très mauvaises conditions, dans des lieux bruyants et en pleine migraine! ^^).

dimanche 25 octobre 2015

Les hommes et les chats, une histoire extraordinaire (2013)

Chronique express!


Mes collègues du géant suédois du meuble me connaissent bien. À la fin de mon contrat, ils m'ont offert des places pour la comédie musicale Cats et ce livre de Roger Maudhuy: Les chats et les hommes, une histoire extraordinaire. Une sorte d'encyclopédie des chats historique et culturelle. Soit quelque chose de passionnant pour tout adepte de nos petits félins domestiques. On commence par un peu d'histoire du chat (Égypte ancienne oblige), puis on s'intéresse à tout plein de contes et superstitions liés aux chats. C'est la partie la plus fournie et amusante, même si le chat n'a pas toujours eu de la chance dans ses rapports avec nous. Pour conclure, on découvre quelques chats célèbres. Saviez-vous par exemple que le chat de Céline, Bébert, a eu sa propre biographie? Lol. (Il faut absolument que je lise ce bouquin.) Le ton est léger et entraînant et le point de vue résolument folkloriste. C'est vraiment un cadeau réussi pour un amateur de chats, même si je pense qu'il existe des ouvrages plus élaborés ou "précieux". Mais ce qui est cool avec les chats – comme avec les chevaux –, c'est justement qu'on peut en parler à l'infini, de plein de manière différentes...





jeudi 22 octobre 2015

Warm Bodies (2010)

Chronique express!


Une histoire de zombie amoureux, il fallait tout de même y penser. Tout l'intérêt de Warm Bodies (Vivants dans sa première édition française) réside dans ce pitch original: adopter le point de vue du zombie et montrer qu'il ne s'agit en fait que d'un mec comme les autres. Qui pense (quoiqu'au ralenti) et vit sa vie (quoiqu'en pleine décomposition). Isaac Marion lui donne la parole, tout le roman étant raconté à la première personne (et au présent, ce qui colle bien avec les capacités intellectuelles limitées du narrateur), et c'est plutôt efficace. Bien entendu, l'existence de notre zombie va être bouleversée par la rencontre avec une jeune fille tout à fait vivante qu'il n'a guère envie de manger et qu'il va cacher dans son "habitation", un avion dans un aéroport à l'abandon, et avec laquelle il construit petit à petit une relation de confiance – alors même qu'il grignote en cachette les derniers lambeaux du cerveau de feu son petit ami et revit ainsi les souvenirs de celui-ci. Warm Bodies oscille entre un côté très amusant, par exemple quand R parle des discussions entre zombies (lol!), et des passages plus tristes, comme cette histoire de souvenirs que les zombies revivent en mangeant les cerveaux ou le chœur de voix de tous les gens que R a mangés qu'il entend lorsqu'il traverse le Stade. Il m'a semblé qu'il y a quelque chose d'un peu plus sombre que dans le film, qui est un peu plus porté sur le comique (dans mon souvenir tout du moins). Au final, la fin un peu bâclée a terni mon avis, ce n'était pas à la hauteur du reste du roman et ça m'empêche de le recommander chaudement; je dirai juste que c'était une lecture tout à fait charmante et un bon premier pas dans les histoires de zombies si, comme moi, vous ne vous êtes jamais penchés sur la question.

Allez donc voir ailleurs si ce zombie y est!

lundi 19 octobre 2015

La controverse de Valladolid (1992)

Chronique express!


Une vraie trouvaille de bouquinerie, cette Controverse de Valladolid; j'avais vu le film au collège ou au lycée mais je ne savais même pas que c'était tiré d'un livre. Le film est très fidèle et je n'ai donc pas eu de surprises, mais c'était très intéressant de se repencher sur les évènements. Jean-Claude Carrière raconte un débat théologique qui a agité le monde catholique vers 1550: les Indiens des Amériques étaient-ils des hommes? Avaient-ils une âme semblable à celle des chrétiens? Le Christ avait-il racheté leurs pêchés par son sacrifice et pouvaient-ils être reçus au paradis? Par conséquent, avait-on le droit de les réduire en esclavage? En réalité, les deux figures qui s'affrontent ici, Ginès de Sepulveda et Bartolomé de Las Casas, n'ont jamais débattu en public de cette question, et Carrière livre une version très succincte et romancée du débat; mais il le dit d'emblée et utilise ce subterfuge pour faire passer les propos des deux camps plus facilement. On plonge de suite dans cette époque lointaine où l'Espagne et le Portugal pillaient et ravageaient le Nouveau Monde. C'est une lecture intéressante, qui arrive à révolter avec efficacité, certains propos étant particulièrement infects, et avec une grande simplicité, puisque c'est aussi un livre tout à fait facile à lire. La fin est quant à elle glaçante et laisse songeurs face aux progrès réalisés depuis, ou encore à réaliser... 

"On a coutume, quand on raconte l'histoire d'une pénétration, d'une conquête, de mettre en première place le marchand, suivi par le missionnaire et le soldat, qui viennent ensemble. Dommage d'oublier le notaire, dont le rôle est fondamental. Il suffit de lire quelques lettres de Cicéron à son protégé Trétabius pendant la guerre des Gaules, pour voir à quel point il importe d'apporter aux barbares les merveilles du droit romain. Toute spoliation se fait en règle."

vendredi 16 octobre 2015

Harry Potter et la Chambre des secrets (1998)

Harry Potter et la Chambre des secrets, le deuxième tome de la célèbre saga, est très similaire au premier. Il suit exactement la même structure temporelle, avec les dates phare que sont l’anniversaire de Harry, le jour de la rentrée, la nuit d’Halloween, les vacances de Noël etc. Le mystère s’épaissit et nos trois héros recueillent des indices avant de se rendre compte qu’ils étaient complètement à côté de la plaque. Et les coïncidences font qu'ils sont toujours au bon endroit au bon moment pour assister à quelque chose d'extraordinaire ou d'essentiel. En somme, on est bien dans le roman jeunesse; je pense que si je relisais aujourd’hui plusieurs tomes du Club des Cinq ou de Chair de Poule, je penserais exactement la même chose.


Il n’empêche que j’aime bien ce tome et que, si j’ai adoré relire The Philosopher’s Stone, c’est avec The Chamber of Secrets que je suis vraiment repassée en mode 100% Harry Potter, du genre "je suis super contente de prendre les transports parce que je peux lire" et "tiens je vais lire encore un chapitre avant d’éteindre" et "hm, le ménage attendra, je vais plutôt lire".

J’ai plus ressenti dans celui-ci la présence d’une intrigue de fond, d'un mystère dont on ne sait rien mais qui est bien en place. On regarde un peu plus loin dans le passé en remontant cinquante ans en arrière dans l’histoire de Poudlard. Ce n’est pas très développé mais ça s’étoffe.

Le vrai plus de ce tome-ci, c’est évidemment l’apparition de Tom Riddle, qu’on est amenés à considérer comme gentil et de bonne foi pendant pas mal de chapitres. L’échange qu’il a avec Harry à la fin est vraiment intéressant. Une question me turlupine cependant: puisque Harry voit Tom prendre de plus en plus consistance au fur et à mesure qu’il lui parle, que serait-il arrivé s’il n’avait pas détruit son journal? Le souvenir du Tom du passé aurait-il demeuré à temps plein dans le même présent que Voldemort, caché en Albanie?

Les petits trucs que je ne veux pas oublier: j'adore la fête du deathday de Nearly Headless Nick; et j'ai découvert que "crocodile" signifie "par rangs de deux", comme dans "...and off they went, crocodile fashion".

Bien sûr, maintenant que je connais la fin de la saga (bien que nébuleusement disons, la faute à ma mémoire parfois peu fiable), je fais plus attention à certaines choses. Pendant que Harry échange comme de coutume avec Dumbledore dans son bureau après la résolution de l'intrigue, Dumbledore lui explique que Voldemort lui a transmis une partie de ses pouvoirs lorsqu'il a essayé de le tuer, notamment la capacité de parler aux serpents. Et la ligne suivante m'a particulièrement sauté aux yeux:

"Voldemort put a bit of himself in me?" Harry said, thunderstruck.

Ta-dain, ta-dain. Coïncidence? Ou bien J. K. Rowling savait-elle déjà où elle allait aller? Qu'en pensez-vous? C'est en tout cas intéressant de voir que l'évolution future des événements est bien cohérente avec ces débuts...

Allez donc voir ailleurs si ce sorcier y est!

mardi 13 octobre 2015

Les Souffles ne laissent pas de traces (2013)

Un policier préhistorique, ce n'est pas commun!


J'ai eu un tout petit peu de mal à rentrer dans ce roman car les premières pages m'ont prise au dépourvu. Je ne m'attendais pas à un style aussi particulier. Timothée Rey mélange l'argot et les mots savants, des expressions inventées et même des mots anglais. ("Go!" s'exclament par exemple des chasseurs en s’élançant vers leur proie.) Mais une fois pris le pli, j'ai adoré.

Il s’agit de l’enquête de Collembole N’a-Qu’un-Œil, chamane du clan des Ronces, qui a du mal à croire à l’intervention du divin lorsqu’un chasseur disparaît en pleine chasse au bison en 30000 av. J.-C. environ. Pendant que les Ventards s’occupent d’organiser une cérémonie d’apaisement, de manière à ce que les Souffles détournent leur colère, notre chamane se rend sur les lieux de la disparition et furette à droite et à gauche, l’œil vif et la langue aiguisée. Il bénéficiera pendant son enquête de l’aide de pas mal de personnages hauts en couleurs, comme le soigneur Aspérule qui parle tout le temps de l’amanite et de ses fantastiques propriétés.

Ce sont ces personnages très sympathiques, couplés à une belle dose d’humour et humour et des expressions géniales, qui m’ont autant plu. L’enquête est aussi très intéressante car très minutieuse: Collembole examine les végétaux ou les empreintes de pas et c’est forcément très subtil et précis. D’ailleurs, il y a deux trois passages tellement précis que je n’ai pas tout compris, mais pas grave… Comme toujours, on peut s’interroger sur la propension des meurtriers à soigner leur mise en scène à ce point (comme je l’avais déjà pensé en regardant Poirot ^^), mais bon si les méchants étaient bêtes il n’y aurait pas besoin de Collembole pour résoudre leurs crimes.

J’ai aussi beaucoup aimé que les chapitres relatifs à l’intrigue même du roman soient entrecoupés de chapitres "Autour du feu", avec des contes et des proverbes de l’époque. Certains passages m’ont vraiment bien éclatée.

Un seul bémol : quelques fautes d’orthographe qui m’ont fait grincer des dents, du genre "la troupe attrapent". Tsss tsss c’est quoi ce travail les Moutons Électriques?
 
Bref, un très bon moment. Je lirai certainement le deuxième tome! Je vous laisse avec quelques répliques particulièrement savoureuses…

"[…] le chamane doit battre le silex tant qu’il est encore sec."
 
"–Sauf que Choque-Nourrice n’accompagne pas les autres. Ce sont les autres qui accompagnent Choque-Nourrice."

"Tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement."

"Si un animal te dit qu’il peut parler, probablement qu’il ment."

Allez donc voir ailleurs si ces souffles y sont!
L'avis de Vert
 

samedi 10 octobre 2015

Harry Potter à l'école des sorciers (1997)

Branle-bas de combat en ce mois d'octobre: je relis Harry Potter!

Ca fait cinq ans que j'attends ça et je peux vous garantir que "je suis bonheur"! :)



Pour la petite histoire, j'ai lu tout Harry Potter il y a cinq ans, pendant un stage tout pourri à Luxembourg. En sortant le coffret ci-dessus, ce sont d'ailleurs de très nombreux souvenirs de cette période qui sont revenus. J'ai très vite eu envie de tout relire, mais j'avais décidé de laisser passer au moins cinq ans avant de remettre le nez dedans, pour ne pas me lasser.

J'avais déjà lu les quatre premiers tomes plusieurs années plus tôt, en français, après avoir découvert l'univers à la sortie du premier film. Depuis, j'ai rattrapé tous les films que j'avais loupés et j'ai conclu la saga au cinéma en 2011.

Donc, pour résumer, cette lecture est ma troisième du premier tome, et la deuxième en anglais.


Sans surprise, la magie a opéré à nouveau. Harry Potter and the Philosopher's Stone a beau être le tome le plus simple et le plus archétypal de la série, j'ai a-d-o-r-é revenir à Poudlard. J. K. Rowling a vraiment un don pour faire vivre son univers par petites touches, c'est juste brillant; elle pose ses personnages en deux phrases, fait sourire en deux mots, ouvre grand les portes de l'imagination en un paragraphe. Le monde des sorciers est juste génial. La façon désinvolte dont ils parlent des goûts infâmes des bonbons ou de la présence des fantômes, les festins incroyables dans la grande salle, la cohérence avec laquelle tout se tient, c'est JOUISSIF.

Par exemple, j'adore que l'un des profs, celui d'histoire de la magie je crois, soit un fantôme, pour la simple raison qu'il s'est levé un matin pour faire cours sans se rendre compte qu'il était mort pendant la nuit. LOL LOL LOL mais LOL quoi.

Une autre grande force de J. K. Rowling: son utilisation de la langue dans des mots rigolos ou des noms propres qui en disent long sur les personnages. Prenons muggle, Malfoy, Slytherin, Snape, Remembrall pour exemples.

En parallèle, ce livre a pas mal de défauts, mais ce qui est vraiment fou c'est que ces faiblesses sont aussi ses forces!

Je m'explique: cet Harry Potter est vraiment super archétypal. De ce point de vue là, c'est vraiment un livre pour enfants. Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Neville est très maladroit, Hermione est très intéllo. Les jumeaux Weasley ne font que des bêtises, Draco est tout le temps et exclusivement odieux. Les quatre écoles de Poudlard correspondent à des types moraux bien établis. Pour l'instant, on raisonne en blanc et gris, en vert et en rouge; on est loin du gris qui viendra plus tard. (Même s'il faut souligner que l'on a déjà affaire à un retournement de situation: Snape, que nos héros soupçonnent tout du long du livre, était en fait de leur côté.)

Donc, parfois, c'est un peu agaçant. Hagrid, notamment, passe de l'archétype à la caricature et me saoule un peu. Mais en même temps, cette simplicité est une force, car elle permet de rentrer tellement facilement dans l'histoire; il suffit de se laisser porter par le rythme des phrases et ce petit humour permanent, qui fait sourire à chaque page, et on adhère totalement!

Il y a ensuite le côté un peu absurde de l'intrigue, avec des étudiants de première année qui arrivent à déjouer tous les pièges posés par leurs enseignants pour garder la pierre philosophale. Ça prête un peu à sourire. (Et n'essayons même pas de comprendre comment Voldemort a pu se cacher dans le turban de Quirrell juste sous le nez de Dumbledore sans que celui-ci ne se doute de rien...) Mais cela permet en même temps un certain enseignement moral, exactement comme dans un conte: le héros s'en sort parce qu'il fait preuve d'ingéniosité et sait exploiter toutes ses ressources face au danger. Une sorte de morale universelle.

Mais on peut aussi voir ça dans l'autre sens, et se dire que cette morale et cette facilité sont en fait des stratégies simplistes, qu'un lecteur averti ne peut prendre suffisamment au sérieux.

Pour moi, le choix est fait depuis longtemps. J'accepte et j'adhère. Je n'ai pas retrouvé ici la sensation "casanière" que j'ai en lisant les enquêtes de Mma Ramotswe, mais c'est vraiment génial de revenir à Poudlard. En plus, j'ai trouvé agréable de le lire alors que la saga est moins sous les feux des projecteurs, l'adaptation cinématographique étant terminée, et que je sais (à peu près, ma mémoire étant ce qu'elle est) comment se terminent les aventures de Harry, Ron et Hermione.

Je ne vais pas enchaîner les tomes trop vite car je crains que la structure très répétitive des livres ne me lasse (c'est ce qui est arrivé lorsque j'ai lu les quatre premiers la première fois, raison pour laquelle je n'avais pas suivi les adaptations au cinéma par la suite), mais j'espère tout lire d'ici Noël. En plus, l'automne est la meilleure saison pour lire Harry Potter, c'est juste parfait, et ça donne du courage dans les transports en commun que je suis obligée d'utiliser en ce début de mois!

Allez donc voir ailleurs si ce sorcier y est!

mercredi 7 octobre 2015

Bêtes de somme (2004-2014)

Chronique express!


Burden Hill, paisible banlieue américaine aux belles et grandes maisons et aux jolies pelouses bien tondues. Un endroit où il ne se passe sûrement pas grand-chose? Héhé. Comme souvent, les endroits les plus calmes en apparence sont aussi les plus dangereux, et notre banlieue cossue regorge de fantômes, de sorcières et de zombies. Pour les combattre, une équipe de choc composée de cinq chiens et un chat! Héhé. J'ai adoré les aventures de ce scoopy gang animalier, pleines d'humour et de magie mais aussi d'événements tristes, avec un côté très humain qui m'a touchée. L'univers est plutôt bien fichu. On y aperçoit le système spirituel des chiens et on devine la présence d'un Méchant tapi dans l'ombre... Seule frustration, je ne comprends pas bien si les auteurs, Evan Dorkin au scénario et Jill Thompson au dessin, comptent continuer la série, et les aventures de notre groupe d'enquêteurs du paranormal s'arrêtent donc peut-être ici. :(





dimanche 4 octobre 2015

La gamelle de septembre 2015

Septembre, synonyme de rentrée... J'ai retrouvé les chevaux de mon centre équestre et commencé le yoga avec le même enthousiasme. Du coup, j'ai peu de temps pour le reste...

Sur petit écran

Inception de Christopher Nolan (2010)
Très contente d'avoir revu ce film que j'avais apprécié au cinéma et qui me semble, depuis, avoir fait couler beaucoup d'encre. Je le trouve très réussi. La mise en scène est vraiment léchée et les acteurs plutôt convaincants. Le concept du rêve est bien exploité (c'est très secondaire mais par exemple j'aime bien le fait que ce soit la sensation de chute qui permet de sortir du rêve). Contrairement à tout le monde, je trouve le perso de Marion Cotillard super triste et plutôt juste. Quant au débat sur l'état de rêveur ou d'éveillé du héros, et bien mon opinion est faite: influencée par une blogueuse qui déteste ce film (et que je ne suis plus depuis longtemps, entre autres raisons, justement parce que je ne comprends pas cette obsession négative), je l'ai abordé en faisant attention à certains points et je dois dire que je suis d'accord avec elle. (On peut en parler en commentaires si vous voulez.) Un film très bien maîtrisé, donc, à voir au moins une fois, et qui je pense ira rejoindre Shining et d'autres dans la liste des films dont on débattra encore dans trente ans...


Sur grand écran

Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael (2015)
Un film très particulier sur la fille de Dieu, qui envoie à chaque membre de l'humanité la date de sa mort et s'enfuit de la maison paternelle parce qu'elle ne supporte plus son père, qui est un salaud. Après des mois de films d'action décérébrés, Le tout nouveau testament m'a vraiment marquée: à la fois dur, émouvant, disjoncté et drôle, il est très juste et nous met face à des questions vraiment essentielles. Mais attention: la bande-annonce trompeuse laisse croire que ce film est une comédie; or, s'il y a quelques passages drôles, on est loin de la comédie...

The Program de Stephen Frears (2015)
Il n'y a pas à dire, Stephen Frears est très bon. Avec The Program, il retrace le parcours de Lance Armstrong dans le Tour de France et le dopage. Un film plutôt juste, très intéressant, au rythme enlevé et très prenant. Pas inoubliable certes, mais contente de l'avoir vu.

Everest de Baltasar Kormákur (2015)
Un film hautement anxiogène sur une ascension désastreuse de l'Everest en 1996. Les échelles au-dessus du vide et les cordées à la quasi-verticale, moi, ça ne me réussit que moyennement... ^^ Si le film a un côté culcul bien américain (Keira Knightley en femme enceinte m'a beaucoup fait soupirer et je ne supporte plus les lents passages au piano qui servent à souligner que le passage est émouvant pour les idiots qui ne comprennent pas tout seuls!), il est aussi très dur (la plupart des morts sont assez pénibles) et réaliste (sur les problèmes médicaux, la présence de nombreux alpinistes peu préparés, la difficulté physique de l'épreuve). Il touche aussi à ce besoin de se dépasser et d'aller là-haut qui motive les alpinistes et qu'on ne peut, malgré tout, qu'admirer. Vous pouvez lire l'avis de Grominou sur le livre écrit par l'un des survivants, Jon Krakauer, auteur de Into the Wild.

Du côté des séries

Le dernier épisode de la saison 4 d'Inspecteur Barnaby.
Quelques épisodes de la saison 6 d'Arabesque.

Et le reste


J'ai lu deux vieux numéros de Cheval Magazine et bien sûr le numéro d'octobre, reçu en fin de mois.
J'ai lu en diagonale le Que lire? proposé gratuitement par Livre Hebdo à l'occasion de la rentrée littéraire et même repéré quelques titres potentiellement intéressants. Vu mon rythme de lecture actuel, je ne les lirai certainement jamais, mais bon... :D
J'ai lu Translittérature, le magazine de l'Association des traducteurs littéraires de France (dont je suis membre). C'est toujours une lecture très intéressante et qui donne envie de faire ce métier, même si ces traducteurs-là et moi-même ne vivons pas trop dans le même monde.
En parallèle, j'ai continué à lire La Destruction des Juifs d'Europe: après un immense chapitre sur les déportations, je suis entrée dans le vif du sujet, les camps de la mort.

"Tchou bisous, courageux lecteur!"

vendredi 2 octobre 2015

Des fleurs pour Algernon (1966)

Pffff, pas facile de parler de ce bouquin de Daniel Keyes!

Je l'ai lu en sachant à quoi m'attendre, vu que j'avais lu pas mal d'avis sur la blogosphère. Mais cela ne l'a pas rendu moins prenant. C'est un roman qui demande l'implication totale de son lecteur...


Des fleurs pour Algernon est le journal intime de Charlie Gordon, un retardé mental qui voit son intelligence démultipliée par une opération miraculeuse. De l'orthographe et la grammaire bancales du début, il passe progressivement à une expression écrite plus développée et correcte. En parallèle, son propos évolue. Charlie ouvre les yeux sur des connaissances auxquelles il n'avait jamais eu accès, mais aussi sur le monde qu'il croyait connaître. Des souvenirs de son enfance lui reviennent. Il rattrape l'intellect des médecins qui s'occupent de son cas. Bientôt, il les dépasse... Et je ne veux pas en écrire plus ici sur l'intrigue.

Ce qui est si brillant dans ce bouquin, c'est l'imbrication étroite entre l'écriture et le parcours de Charlie. Les premières entrées sont minimalistes. Puis la ponctuation fait son apparition en même temps que le propos se structure. Ensuite, l'aspect émotionnel l'emporte, avant de côtoyer ses nouvelles connaissances scientifiques avec beaucoup de précision. Ce qui m'a le plus marquée, c'est le retour en arrière d'un homme qui n'avait aucun souvenir de son enfance, et la souffrance qui en découle (forcément, les enfances traumatisantes qui reviennent vous hanter en rêve, ça me parle); et la découverte de la méchanceté de personnes qu'il croyait avoir pour amies.

Mais il y aussi toute la deuxième partie, poignante. Je ne risque pas d'oublier les toutes dernières lignes, qui m'ont fait sangloter comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps...

Dans tout ça, qui est donc Algernon, me demanderez-vous? Et bien c'est la souris de laboratoire qui a subi la même opération que Charlie et dont les progrès incroyables ont justifié de tenter l'expérience sur un être humain. Un titre superbe au sens subtil, plein de tristesse mais aussi de bienveillance et d'acceptation, à l'image du livre.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!

mardi 29 septembre 2015

Contes de Perrault (1691-1697)

La plupart des Contes de Perrault font partie intégrante de la culture populaire; on les a lus enfant et on a vu les adaptations Disney ou les réinterprétations Dreamworks. Quid de ce retour aux sources?


Les Contes se composent de deux recueils oubliés à des dates différentes, Contes en vers et Histoires ou Contes du temps passé.

Contes en vers
Griselidis
Peau d'Âne
Les Souhaits ridicules

Histoires ou Contes du temps passé
La Belle au bois dormant
Le Petit chaperon rouge
La Barbe bleue
Le Maître chat ou le Chat botté
Les Fées
Cendrillon ou la petite pantoufle de verre
Riquet à la houppe
Le Petit Poucet

Premier constat: Quatre de ces Contes sont très peu connus; je n'avais jamais entendu parler de Griselidis par exemple. Deuxième constat: les trois premiers, plus anciens, sont en vers! Ils se lisent très facilement mais c'est un peu déstabilisant au début.  Troisième constat: on peut réellement parler de redécouverte, étant donné que pas mal d'éléments ont été retirés des différentes adaptations que je connaissais. Saviez-vous que les aventures de la Belle au bois dormant continuent après son mariage et que Cendrillon n'est pas allée une fois au bal avec ses pantoufles de verre mais deux?

Dans Peau d'âne, j'ai été étonnée de découvrir que l'héroïne prend la fuite en se cachant sous une peau d'âne pour échapper à son père, devenu amoureux d'elle; dans Le Petit chaperon rouge, je m'attendais à voir arriver le chasseur.

La moralité des contes est assez transparente, les bons et les persévérants étant toujours récompensés par le sort alors que les sots et les méchants sont punis. Perrault en explicite en outre quelques unes, en vers, après des contes en prose. Apparemment, le XVIIe commençait à se passionner pour l'éducation des enfants et Perrault s'est inspiré des récits oraux des campagnes pour fournir des contes destinés à édifier les enfants. Je trouve que c'est plutôt réussi. Ils ont indubitablement un côté vieillot, mais c'est fort plaisant et plutôt efficace pour aborder en douceur des thèmes difficiles (l'inceste dans Peau d'âne, le prédateur sexuel dans Le Petit chaperon rouge – celle-là crève les yeux à mon avis –, la pauvreté dans Le Petit Poucet).

Une lecture fort plaisant en définitive, qui donne envie d'aller voir du côté des Grimm...

Pourquoi ce livre?
Parce que j'ai visité le château de Breteuil dans les Yvelines en août et que de nombreuses scènes des Contes y sont représentées, Perrault ayant séjourné sur place.

samedi 26 septembre 2015

Marie-Antoinette (1932)

Avec cette lecture, j'ai fait une double découverte, puisque je connaissais à peine la vie de Marie-Antoinette et ne connaissais Stefan Zweig que de nom. Cinq cent pages plus tard, je suis nettement plus informée sur la tristement célèbre reine de France et je pense avoir un bon aperçu de la plume de Zweig.


Encore une fois, j'ai laissé pas mal de temps entre ma lecture et ma chronique et je n'ai donc plus les idées très claires. Mais il est certain que j'ai lu ce bouquin avec beaucoup de plaisir et que je suis rentrée dedans avec enthousiasme parce qu'il "ouvre la porte de l"Histoire". C'est un peu cliché de dire ça comme ça, mais c'est vrai! :) Quand on s'y intéresse dans le détail, les ramifications de la vie des grandes figures du passé sont fascinantes. Malgré son absence totale d'intérêt pour la politique, Marie-Antoinette a joué un rôle de premier ordre dans l'Europe du XVIIe: une princesse d'Autriche qui épousait le futur roi de France, c'était la promesse de la paix entre deux vieilles rivales qui s'affrontaient depuis des lustres. Cela, en soi, était déjà considérable. Mais en plus sa chute a représenté celle de tout un monde et là, on entre presque dans l'épique...

En toute objectivité, Zweig ne brosse pas un portrait tellement flatteur de Marie-Antoinette. Il semble qu'elle ait vraiment été une princesse gâtée et écervelée, qui ne pensait qu'à ses robes et ses soirées et s'ennuyait profondément dès qu'on tentait de lui faire lire un livre ou de l'intéresser à quelque chose d'un tant soit peu sérieux. Mais on sent qu'il l'aime beaucoup et prend en quelque sorte son parti dès le début. À la fin, après le départ de Versailles, il souligne aussi combien elle a essayé de faire face comme elle le pouvait à la situation et a mobilisé toutes ses ressources intellectuelles pour sauver sa couronne et sa famille.

Soulignons tout de même qu'elle gagne presque à être comparée à Louis XVI, qui semble avoir été le roi le plus mou de l'histoire et qui pensait plus à chasser le cerf qu'à gérer son royaume.

Bref, impossible de ne pas s'y attacher un minimum et donc de redouter la fin, pourtant connue d'avance. J'ai été vraiment émue par les dernières pages et j'ai pas mal ruminé sur la Révolution (un épisode historique que je ne suis pourtant pas amenée à "glorifier" vu que la France avait un empereur à peine quinze ans après avoir renversé le roi ^^) et la Terreur. Saviez-vous que le tribunal qui a jugé Marie-Antoinette est allé jusqu'à l'accuser d'inceste?

Du point de vue stylistique, j'ai trouvé irritante la manière de l'auteur de souligner les côtés "féminins" de Marie-Antoinette, dans des gros clichés comme "Car, en réalité, cette femme n'est ni orgueilleuse ni forte; ce n'est pas une héroïne, mais une créature très féminine, née pour le dévouement et la tendresse et non pour la lutte". J'ai soupiré plus d'une fois. On pourrait aussi lui reprocher un certain lyrisme, du genre "dans la lumière froide de l'aube, une princesse marche vers son destin". Mais à part ça j'ai vraiment adhéré stylistiquement et il est certain que je lirai autre chose de Zweig (je pense à Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme; n'hésitez pas si vous avez des avis!).

Pourquoi ce livre?
En août, j'ai visité le château de Breteuil dans les Yvelines, et il se trouve qu'une scène de la célèbre affaire du Collier y est représentée, le ministre auquel Louis XVI a ordonné d'arrêter le cardinal de Rohan n'étant autre qu'un Breteuil! Enthousiasmée par la visite, qui retrace un gros bout de l'histoire de France à travers les figures des Breteuil, j'ai craqué sur cette biographie dans la boutique du château et je me suis procurée Le Collier de la reine de Dumas chez mon libraire habituel. J'ai aussi acheté les Contes de Perrault, ce dernier ayant séjourné à Breteuil.

Le truc en plus que je ne veux pas oublier
L'édition du Livre de Poche comporte une courte note biographique sur le traducteur de Zweig. Visiblement, ce monsieur est connu pour d'autres raisons que la traduction, mais ça mérite quand même d'être souligné; je crois n'avoir jamais vu ça depuis que j'ai lu La petite maison dans la prairie il y a vingt ans. ^^


Allez donc voir ailleurs si cette reine y est!

samedi 19 septembre 2015

Le yoga (1998)

Chronique express!


Autant Le Yoga pour les nuls était trop superficiel, autant le Que sais-je? sur le yoga a été une lecture carrément obtuse. En fait, je ne parle pas sanskrit et j'ignore tout de l'histoire de l'Inde, alors des phrases avec des mots en sanskrit à chaque ligne, c'est pas facile à suivre... Et puis trop de courants et de sous-courants dans tous les sens, parfois avec des pratiques un peu dingues, ça donne le vertige sans fournir aucun élément pour commencer quelque part. En bref, je n'ai vraiment rien capté. Il faudra faire une troisième lecture sur le sujet en espérant que ce sera la bonne...

mercredi 16 septembre 2015

Tu n'auras pas d'autre dieu que moi (2015)

Chronique express!


Une toute petite déception pour le sixième tome du Chat du rabbin de Joann Sfar. J'avais adoré les tomes précédents et j'avais lu une bonne critique dans le Magazine Littéraire de septembre, mais j'ai trouvé ce tome-ci un peu monomaniaque. En bref, la fille du rabbin étant enceinte, notre chat est jaloux et malheureux et décide de fuguer. Il continue bien sûr à s'interroger sur le sens du monde (et désormais sur sa place dans celui-ci), mais il est tout de même surtout déprimé à cause de cette grossesse... Bon, heureusement, notre chat reste drôle et le dessin de Sfar, qui me terrorise à chaque fois que j'ouvre la BD tellement il est tremblotant, est super efficace et donne vraiment son caractère à la BD, ce qui fait qu'au final cette lecture reste fort agréable. Disons qu'elle n'est pas révolutionnaire et n'éclaire pas tant que ça sur le sens de la vie, mais qu'il faut la lire quand même, par principe, parce qu'il y a un chat. :D


La tête du chat. :)

dimanche 13 septembre 2015

Cartographie des nuages (2004)

"Un livre qui compte": voilà ce que je n'ai eu de cesse de penser pendant ma lecture du très bon Cartographie des nuages de David Mitchell, aussi connu sous son titre d'origine, Cloud Atlas, en raison de l'adaptation cinématographique de 2012.


Malheureusement, j'ai laissé passé trop de temps après ma lecture et ce petit billet ne sera donc pas du tout à la hauteur de mon appréciation. :D

Pourquoi un livre qui compte? D'abord parce que le récit m'a happée dès les premières pages, pourtant liées à l'histoire que j'aime le moins et un peu archaïsantes (et donc pas particulièrement faciles à lire en VO). Vous savez, quand un livre vous suit à temps plein même quand vous n'êtes pas en train de lire? Du genre vous faites vos courses en vous demandant comment va évoluer l'intrigue plutôt qu'en regardant ce que vous achetez? Voilà. Ça ne m'arrive plus tellement souvent, mais ce livre-ci a réussi.

Ensuite, et surtout, parce que Cartographie des nuages est un vrai livre ambitieux et un défi littéraire relevé avec brio. Chaque chapitre suit un personnage différent: un notaire rentrant aux États-Unis en voilier au XIXe, un musicien fauché des années trente, une journaliste déterminée des années soixante-dix, un retraité hilarant de notre époque, une clone révolutionnaire d'un avenir relativement proche-éloigné (si vous voyez ce que je veux dire) et enfin un berger d'un avenir éloigné et post-apo. Chaque personnage s'exprime à la première personne, soit à l'écrit dans un journal, soit dans un récit oral, à l'exception du récit de la journaliste qui est à la troisième personne. Chaque chapitre a un style d'écriture et une voix propre, à l'image de la typo du titre du chapitre qui est différente à chaque fois. Une très belle réussite littéraire! Et le fait que chaque histoire soit interrompue à la moitié rend le livre juste impossible à lâcher...

Bien entendu, ces histoires sont liées, d'une part parce que chaque personnage finit par lire ou voir l'histoire de son prédécesseur, et d'autre part, on ne sait comment, parce que des souvenirs refont surface au détour d'un air, d'une chute ou d'un rêve... Et parce que le leitmotiv est toujours le même: le libre arbitre et la liberté individuelle, couplés dans certains cas avec la faculté de chacun d'avoir une influence sur son avenir et celui du monde autour de soi et de faire évoluer les choses. Ou pas... Ou pas comme il ou elle le pensait.

Au fur et à mesure de ma lecture, des scènes du film – que j'avais adoré – me sont revenues, ce qui a rendu la lecture encore plus plaisante (et m'a certainement aidée à reconnaître certaines références que je n'aurais pas relevées autrement). J'ai hâte de le revoir, mais il faudra attendre que l'Homme lise à son tour le livre, que je lui ai offert pour son anniversaire... :)

Allez donc voir ailleurs si cette cartographie y est!
L'avis de Baroona