mercredi 20 février 2013

Supernatural Horror in Literature

Je connais bien les critiques concernant l’œuvre de Lovecraft, qui concernent généralement ses structures répétitives et ses descriptions axées sur la non-description (ou: le recours à l'adjectif innommable à tout bout de champ). Je dois dire que ces critiques sont fondées et je suis d'avis qu'il ne faut pas lire Lovecraft à grosses doses, l'excès d'HPL risquant de lasser, puis de dégoûter, le lecteur. Il faut garder à l'esprit qu'il publiait dans des magazines et que ses lecteurs n'étaient pas sensés lire plus d'un texte à la fois.

En revanche, HPL continue de bien marcher sur moi, et si j'oublie régulièrement le thème de telle ou telle nouvelle, j'adore certains de ses textes, qui m'ont vraiment marquée. J'ai lu ce recueil-ci --The Haunter of the Dark, aux éditions Wordsworth-- avec d'autant plus de plaisir qu'il contient quelques textes qui ne relèvent pas de la structure habituelle, comme The Unnamable (qui reprend avec humour les critiques que je citais plus haut), Les Chats d'Ulthar ou Fungi from Yoggoth (un texte en vers). J'ai aussi beaucoup aimé les textes liés au rêve: si je me suis ennuyée avec The Dream-Quest of Unknown Kadath, qui est immensément longue par rapport à ce qu'il s'y passe réellement, j'ai adoré Celephaïs. Et j'ai relu avec plaisir Pickman's Model, un texte qui m'avait marquée quand j'avais emprunté un recueil d'HPL à la bibliothèque de Dublin, mais dont j'avais oublié le nom.


En revanche, le texte dont je souhaite vous parler aujourd'hui est le petit essai qui clôt le recueil: Supernatural Horror in Literature (Épouvante et surnaturel en littérature). Il s'agit d'une histoire de la littérature weird au sens large, depuis les mythes des civilisations du Moyen-Orient jusqu'aux auteurs du début du XXe siècle. HPL a dû l'écrire pendant les années vingt ou trente et ne peut donc pas se pencher sur l'explosion qu'a connue le genre après la guerre, avec des auteurs comme Stephen King et Anne Rice qui sont devenus parmi les meilleurs vendeurs du monde entier; mais il résume bien l'évolution du genre pendant le XVIIIe et le XIXe (cette dernière période étant celle que je connais le mieux).

"The oldest and strongest emotion of mankind is fear, and the oldest and strongest kind of fear is fear of the unknown."

Après cet incipit ô combien lucide, l'essai s'articule sur les chapitres suivants:
Introduction
The Dawn of the Horror-Tale
The Early Gothic Novel
The Apex of Gothic Romance
The Aftermath of Gothic Fiction
Spectral Literature on the Continent
Edgar Allan Poe
The Weird Tradition in America
The Weird Tradition in the British Isles
The Modern Masters

Cette dernière partie est un peu lourde, dans la mesure où la plupart des écrivains qu'HPL considère comme des maîtres ne sont pas passés à la postérité (ou, en tout cas, ne sont pas parvenus jusqu'à mes oreilles). Mais le reste est vraiment intéressant. Tous les auteurs dont vous avez déjà entendu parler y passent: Conan Doyle, Maupassant, Balzac, Jane Austen, Ann Radcliffe, Daniel Hawthorne et des dizaines d'autres. J'ai vraiment été ébahie par la richesse de ses références et, une fois de plus, j'ai repris conscience de combien je ne suis pas une lectrice de littératures de l'imaginaire en général, mais bien une lectrice de fantastique en particulier.

Je conclus en vous laissant sur le passage qui m'a fait du bien:

"Of younger Americans, none strikes the note of cosmic terror so well as the California poet, artist, and fictionist Clark Ashton Smith, whose bizarre writings, drawings, paintings, and stories are the delight of a sensitive few."

Allez, je ne fais pas partie des happy few, mais je suis des sensitive few; et en compagnie d'HPL, excusez du peu. :)

lundi 18 février 2013

Challenge La Planète des singes - Le retour !

Vous souvenez-vous de l'excellente idée que j'avais eue en août 2011, après la sortie de La Planète des singes: Les origines au cinéma? J'avais décidé de lire le livre de Pierre Boule et de regarder l'ensemble des sept films qui en ont été tirés. Malheureusement, après des débuts prometteurs, ce programme cinématographique est totalement tombé à l'eau du fait que je ne possédais aucun des DVD et que ma médiathèque ne possédait pas ceux des années soixante et soixante-dix.

Mais... Surprise! Il vient de ressusciter grâce... à la Saint Valentin. Héhé. J'ai en effet reçu ceci en cadeau.


Youpi youpi ya. Dans le détail, cette jolie édition contient les sept DVD dans des boîtiers individuels.


Évidemment, cette intégrale n'est une intégrale que jusqu'à la sortie du prochain film sur le sujet, dans environ un an, mais bon passons. :)

J'envisage d'en regarder un par mois à partir du mois de mars, de manière à finir en fin d'année et à aborder le prochain film au cinéma en mai 2014 avec tous les tenants et les aboutissants de la franchise. Bien entendu, s'il y a des amateurs parmi vous, faites signe! :)


Pour nous rafraîchir la mémoire
Le "lancement" du projet avec la liste des sept films

vendredi 15 février 2013

D'autres vies que la mienne (2009)

Je vous ai déjà parlé d'Emmanuel Carrère avec enthousiasme il y a quelques mois à propos de Limonov, un bouquin qu'on m'avait présenté en speed-booking et qui m'avait donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteur. Coïncidence amusante: on m'a justement présenté un autre livre de lui à la séance de speed-booking de samedi dernier. Je cherchais désespérément un livre en français pour mon planning de lecture et soudain ce D'autres vies que la mienne était là, devant moi, prêt à être emprunté. Youpi!

(C'était avant que la chaîne de télévision du coin ne débarque interviewer la médiathécaire et les participants --c'est-à-dire moi-- et que je ne fasse un arrêt cardiaque. ^^)


L'histoire est amplement résumée sur la page Wikipédia du livre ou dans les différents articles que je mettrai en lien à la fin de ce billet. Je vous dirai donc seulement qu'elle suit les "destins", si je puis dire, de deux familles frappées par le deuil. D'abord à cause de la mort d'une petite fille emportée par le tsunami de 2004 au Sri-Lanka, ensuite à cause de la mort de la belle-soeur de Carrère.

Comme dans Limonov, en fait, Carrère raconte également sa vie à travers celle des autres. Il est bien sûr en retrait et le livre est avant tout constitué des témoignages des personnes qu'il a interviewées, mais il nous livre au passage ses sensations et son ressenti. Et je me sens proche de ce Carrère, aussi prétentieux que cela puisse paraître (je ne pense pas que l'on puisse prétendre connaître quelqu'un simplement parce qu'on a lu ses livres). J'adore son léger cynisme et je me retrouve dans ses blessures et ses peurs et dans une certaine forme d'égoïsme dont il fait parfois preuve. Il est un peu névrosé, ce garçon, en fait, et ses livres doivent lui servir au moins partiellement de thérapie.

Ses personnages me touchent également, car ils souffrent, en fait. C'est vraiment pour cette raison bête --et somme toute très égoïste-- que Limonov et D'autres vies que la mienne m'ont fait autant de bien: on a le droit de souffrir, on a le droit d'être malheureux et imparfait, on a le droit d'avoir le coeur brisé par des petites choses et d'être dévasté par ce qui est vraiment grave. On ne nous demande pas "d'aller de l'avant", on ne nous dit pas que "tout n'est qu'une question de volonté" et qu'"il suffit de vouloir pour pouvoir", le type de remarque qui me donne envie de sauter à la gorge des gens.

Attention, si je dis que ce livre "m'a fait du bien", n'allez pas croire que c'est un livre optimiste ou léger. Au contraire, il est très triste. Au fond, il parle du deuil et de l'acceptation de la mort, des choses difficiles. J'ai senti les larmes monter plusieurs fois et, si je n'ai pas fondu en sanglots dessus, c'est vraiment parce que c'est une bonne période en ce moment et, peut-être, que le temps m'a (enfin?) permis de tolérer certaines choses sans en souffrir de manière incontrôlée.

"C'est la première nuit. La nuit qui suit le jour où leur fille est morte. Ce matin elle était vivante, elle s'est réveillée, elle est venue jouer dans leur lit, elle les appelait papa et maman, elle riait, elle était chaude, elle était ce qui existe de plus beau et de plus chaud et de plus doux sur terre, et maintenant elle est morte. Elle sera toujours morte."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis d'une certaine Miss Bouquinaix, blogueuse et bibliothécaire
L'avis d'une autre blogueuse dont je n'ai pas saisi le nom :(
L'avis de Jules sur le blog Jules se livre

Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
Éditions P.O.L., 19,50€, 310 pages.

mercredi 13 février 2013

L'Univers des dinosaures

Si vous me connaissez un tant soit peu, dans la vraie vie ou via ce blog, je ne vous apprends rien en vous disant que l'obsession des dinosaures qui s'est implantée dans ma tête quand j'avais six ans (à cause des aventures de Petit Pied) et qui a pris des proportions massives quand j'avais huit ans (à cause de Jurassic Park, le film) a allègrement dépassé le stade auquel les enfants abandonnent généralement les reptiles disparus, c'est-à-dire l'adolescence. Ou plutôt, elle a temporairement reculé avant de revenir en force à l'âge adulte, quand j'ai lu Jurassic Park, le livre, pour la deuxième fois, en juillet 2006. Depuis, les dinos sont mes compagnons permanents. J'achète des livres et des jolies figurines, et je vais voir les expos de dinos qui croisent mon chemin.

Alors, évidemment, quand j'ai vu une affiche indiquant la présence de dinosaures dans ma ville, je n'avais pas le choix: je devais y aller. Cette fois-ci, malheureusement, le succès n'était pas au rendez-vous...

Le chapiteau de L'univers des dinosaures est gardé par un sauropode aux proportions improbables. Par ailleurs, notons que le Tyrannosaure du camion est une photographie de la merveilleuse figurine Papo que je possède depuis quelques temps (un jouet tellement bien fait que je l'ai déjà vu en photo sur nombre d'objets, des cahiers et des agendas par exemple).



Mais qu'importe! Les affaires marchent bien en ce moment et je suis particulièrement saine d'esprit, je peux donc prendre le risque de dépenser les huit euros du billet d'entrée pour voir des dinos. Les photos du site Internet, d'ailleurs, m'ont immédiatement indiqué que je ne devais pas m'attendre à rencontrer des merveilles telles que celles que j'ai rencontrées à Paris et à Londres.

Sauf que voilà. Cette fois-ci, on a touché le fond...

Machinchosus, reptile marin dont j'ai oublié le nom,
ou toute la splendeur du papier mâché.

Parasaurolophus tout moche.

Tyrannosaure aux bras improbables.
(Le reste du corps n'était pas mieux.)

Le Vélociraptor avait quelque chose à nous dire.
(Mais quoi??)

Un carnivore dont j'oublie le nom face à un Tricératops,
mon dinosaure préféré quand j'étais gosse.
Tristesse.

Au final, le seul qui ressemblait un peu à quelque chose, c'était l'Allosaure vu sous un certain angle.


Allez, ça ne se devine peut-être pas en lisant ce billet, mais cette visite navrante m'a bien fait rigoler et je ne regrette même pas d'y être allée. :) Et le public cible semblait satisfait, lui. Il faut dire que le public cible a moins de sept ans... ^^

lundi 11 février 2013

Un Train d'or pour la Crimée (1975)

Sans trop de surprises, Michael Crichton a eu une influence déterminante sur ma vie: sans lui, pas de Jurassic Park, pas de film spielbergien homonyme, et donc pas de renforcement et de "permanisation" de la manie des dinosaures dans mon cerveau d'enfant de huit ans.

Mais ma connaissance de l'auteur s'arrête paradoxalement là: je n'ai lu que Jurassic Park, Le Monde perdu et Eaters of the Dead, le film qui a été adapté au cinéma sous le titre Le Treizième guerrier.

The Great Train Robbery, que ma bibliothèque possède en VO et qui n'est pas très long, était donc une bonne occasion de redécouvrir cet auteur alors que je cherchais une lecture relativement rapide en anglais. C'est l'histoire du cambriolage/braquage/vol (après avoir longtemps médité, robbery me semble franchement difficile à traduire!) d'une cargaison d'or réalisé en 1855 à bord du train qui l'emmenait de Londres au bord de mer, où elle devait prendre le paquebot pour rejoindre l'Europe puis la Crimée. D'où le titre français. À l'époque, en pleine ère victorienne, l'affaire avait fait grand bruit car la cargaison d'or était bien protégée et que le plan était vraiment très bien pensé. Le vol n'a été découvert qu'en Europe et, dans un premier temps, il n'a même pas été possible de déterminer s'il avait eu lieu à bord du train ou du bateau.

"C'est mon bouquin. Pas touche."

Crichton suit la préparation minutieuse de ce vol à travers les actions de l'homme qui l'a réalisé, Edward Pierce. Nous savons donc qu'il a accompli son but, mais sans en connaître les modalités et les détails, ce qui crée une certaine attente et tension, et ce avec beaucoup d'humour, car cet Edward est assez haut en couleurs et n'a pas sa langue dans sa poche! Mais ce qui m'a vraiment fascinée, ce sont les considérations générales sur la société victorienne, qui permettent à Crichton d'expliquer pourquoi telle action de Pierce n'a pas du tout attiré l'attention à l'époque, ou pourquoi il est passé par telle ou telle manière détournée d'atteindre son objectif, etc etc. Si les interruptions sont parfois un peu trop nombreuses ou sont introduites maladroitement (un petit reproche que j'ai également fait au Monde perdu la deuxième fois que je l'ai lu – mais pas la troisième fois, va savoir pourquoi), c'est vraiment une époque fascinante et on se régale d'en savoir plus!

mardi 5 février 2013

Top Ten Tuesday (20)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire de la blogosphère littéraire. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il a été repris en français par Iani.


Ça tombe bien, le thème de cette semaine correspond plus ou moins à quelque chose que je souhaite mettre en place sur ce blog depuis des lustres: une comparaison des traductions des titres de livres dans les quatre langues que je comprends. Cela fait également des lustres, malheureusement, que je renvoie ce projet indéfiniment... Espérons que ce TTT m'aidera à me mettre en route.

Le thème de cette semaine:
Les 10 titres VF qui n'ont rien à voir avec leur équivalent VO

1/ Le Lien maléfiquesurprenant titre français de The Witching Hour d'Anne Rice. Un titre d'autant plus déstabilisant que le deuxième tome de la trilogie des sorcières, Lasher, s'appelle en français... L'Heure des sorcières (soit la traduction du titre du premier tome). :|

2/ Harry Potter à l'école des sorciers. Où est partie la pierre philosophale de Harry Potter and the Philosopher's Stone...?

3/ Danse macabre. Titre français du recueil Night Shift de Stephen King. (Du coup, quand King a publié un essai sous le titre original de Danse macabre, en France il a fallu opter pour... Anatomie de l'horreur.)

4/ Lords of the Ringards, titre français de Bored of the Rings. Mais ici il était indispensable de laisser tomber l'anglais pour trouver une parodie compréhensible en français (ou en franglais ^^). Bravo aux traducteurs.

5/ Fondation foudroyée. Un titre éloigné de Foundation's Edge d'Asimov, mais justifié par l'apparition de la notion symbolique de la foudre dans le bouquin.

6/ Les Bûchers de Bocanegra d'Arturo Pérez-Reverte, deuxième tome des aventures du Capitaine Alatriste. Rien à voir avec Limpieza de sangre. Mais cette notion de "pureté du sang", liée à l'antisémitisme profond de l'Espagne des années 1620 --où il fallait prouver que l'on avait le sang propre, c'est-à-dire que l'on avait pas d'ancêtre juif--, ne pouvait pas être conservée telle quelle. Le traducteur a donc décidé de tourner l'attention du lecteur vers les actions de l'Inquisition (envoyer les gens au bûcher) plutôt que vers ses motivations, ce qui est un choix valable.

7/ La série Le Trône de fer de Martin. Techniquement la série s'appelle A Song of Ice and Fire. Dommage. Je trouve que Un Chant de glace et de feu serait très bien passé. (En même temps, quand on voit comment l'éditeur français a découpé les livres, on ne doit plus s'étonner de rien...)

8/ La Colline du dernier adieu. Titre français improbable de The Forest House (ou The Forests of Avalon) de Marion Zimmer Bradley.

9/ Le Royaume de Rothgar de Michael Crichton. Un titre qui ne vous révélera pas grand-chose sur l'intrigue, contrairement au Eaters of the Dead d'origine.

10/ Un train d'or pour la Crimée du même auteur. Ici, point de braquage comme dans The Great Train Robbery.

11/ Meurtres en blouse blanche de P. D. James. Sur mon ancien blog, j'ai longuement expliqué pourquoi ce titre ne vaut absolument pas le titre de départ, Shroud for a Nightingale, qui possède plusieurs "niveaux de sens" et qui est loin d'être aussi vulgaire/simpliste/racoleur... Franchement, mon écrivain fétiche méritait mieux... :(

Et un dernier pour finir en beauté:

12/ Cadix, ou la diagonale du fou d'Arturo Pérez-Reverte. Adaptation improbable de El Asedio, soit... Le siège. LOL.

samedi 2 février 2013

Lord of the Ringards (1969)

Sans surprises, j'ai beaucoup plus profité des aventures de Fripon, un Grossbit de la Constip parti détruire l'Anneau de Salkon, que de celles de son modèle anglophone Fritos. :) On ne vole pas forcément très haut, mais il y a des choses amusantes (par exemple l'armée de légumes qui assiège la forteresse de Saroulmal). Dommage que les meilleures pages soient les premières et que la parodie s'essouffle par la suite.

Les débuts de Ma Main Gauche sur le blog!

Henry N. Beard et Douglas C. Kenney, Lord of the Ringards
Traduit de l'anglais (Bored of the Rings) par Karim Chergui et Alan Névant (qui ont dû bien rigoler ^^)
Éditions Bragelonne, 13€, 193 pages.

jeudi 31 janvier 2013

Les animaux célèbres (2008)

Une lecture très sympa sur des animaux qui, pour une raison ou une autre, sont "célèbres". Du serpent du péché originel et d'autres animaux bibliques à Dolly, la brebis clonée, Michel Pastoureau explore les symboles et les mythes associés à ces héros (Mickey), ces monstres (le Minotaure, la bête du Gévaudan) ou ces simples voyageurs (la chienne Laïka).

Attention! La couverture est mensongère:
le lapin blanc d'Alice ne traversera pas ces pages...

À la base, ce monsieur est médiéviste, donc il connaît mieux la période du Moyen-Âge, mais on couvre vraiment beaucoup de périodes. Et on reste en Occident, mais l'auteur explique très justement, dans son introduction, qu'il n'a pas pris le risque de parler de cultures qu'il ne connaît pas. C'est bien rédigé et, miracle, le ton est juste, pile entre loisir et érudition -- on est intelligent sans être pédant et on apprend en toute simplicité!

Malheureusement pour moi, pas de chapitre sur les dinosaures, les licornes et les dragons --mes trois "animaux préférés" en dehors du quotidien--, mais bon... On ne peut pas tout avoir... ^^

Un paragraphe amusant pour ceux qui sont déjà passés chez moi dans la vraie vie (mais qui n'est pas du tout représentatif du chapitre sur Teddy Bear, qui est absolument favorable à la plus célèbre des peluches!!!):

"Dans quelques cas, l'attachement de l'enfant ou de l'adolescent à son ours [en peluche] est excessif ou bien donne lieu à des simulacres de dédoublement ou à des rituels fétichistes inquiétants. L'ours doit alors être confisqué par le pédiatre ou par les parents. Chez l'adulte, ces cas sont plus rares, mais peuvent prendre la forme d'une collectionnite aiguë, tournant exceptionnellement à la névrose."

Nous ne voyons pas du tout...







...de quoi il parle.

Michel Pastoureau, Les animaux célèbres
Éditions Arléa, 10,50€, 330 pages.

vendredi 25 janvier 2013

Un héros (2012)

Un héros de Félicité Herzog: un des gros succès de la dernière rentrée littéraire et une lecture pas facile pour moi, pour des raisons que je n'aborderai pas ici...


Pour faire bref, Félicité Herzog raconte dans ce livre l'histoire de sa famille: du côté de sa mère, elle est issue d'une importante et riche famille d'industriels; et son père est Maurice Herzog, un alpiniste qui a escaladé l'Annapurna en 1950. À l'époque, les médias français en ont fait un héros --c'était la première fois que l'homme "l'emportait" sur un sommet de plus de 8000 mètres-- et de Gaulle en a fait un ministre. Mais cette histoire n'est mise par écrit que pour en venir à son frère, Laurent Herzog, qui est mort jeune et dans un état mental pas très sain.

Deux choses que je veux vous dire.

Tout d'abord, d'un point de vue "technique", Félicité Herzog écrit vraiment très bien, elle a un style limpide qui réussit à rendre claires des phrases parfois assez longues et des sentiments très complexes et subtils. Elle trouve le bon mot et la bonne tournure pour parler d'une souffrance permanente et silencieuse. Chapeau, donc, d'autant plus que c'est son premier livre.

Ensuite, d'un point de vue humain, j'ai ressenti une admiration sans bornes pour son travail. Je pense que revenir sur cette enfance solitaire et malheureuse, sur le côté bien-pensant de sa famille maternelle, sur la double figure de son père, sur le décalage général entre ce qui devait être vu (la famille aisée et le héros alpiniste) et ce qui était (un milieu dur et antisémite, un père absent, mégalomane et malsain), et enfin sur la lente dérive de son frère qui est devenu de plus en plus violent et paranoïaque avec le temps... a été un processus psychologique très, très douloureux. Pour moi, c'est encore et malgré tout au-dessus de mes forces, alors je ne peux que l'admirer et lui tirer mon chapeau...

"S’il y avait eu alors un marché d’occasion des pères, je l’aurais cédé pour un franc symbolique."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
Les avis de mes (anciennes) camarades du comité de lecture de ma médiathèque: ici et ici
Un article de Libé dont je n'aime pas trop le ton, mais qui vous permettra d'en savoir plus
Le passage de l'auteur à La Grande librairie, en septembre dernier


Félicité Herzog, Un héros
Éditions Grasset, 18€, 304 pages.

mercredi 23 janvier 2013

Retour à l'état sauvage (La Guerre des clans, tome 1)

Une série de livres mettant en scène des chats sauvages? Inévitablement, ça faisait deux ans que je caressais ces bouquins du regard à chaque passage en librairie... Une lecture enfin entamée grâce à une Fée bien au fait!


Rusty, un jeune chat domestique, rêve de la forêt qui borde le jardin de ses humains. Un jour qu'il ose enfin y pénétrer, il rencontre des chats sauvages, des membres du Clan du Tonnerre, qui l'invitent à les rejoindre. Il va découvrir une vie totalement différente de celle qu'il a connue jusque là et commencer son entraînement de guerrier -- car les temps sont durs et le Clan de l'Ombre envahit parfois le territoire de chasse du Clan du Tonnerre...

Je dois dire que j'avais une petite appréhension sur cette série à cause de "l'auteur". En effet, Erin Hunter n'existe pas: c'est le pseudonyme commun de trois ou quatre femmes qui collaborent sur la série, créée à la demande de l'éditeur, HarperCollins. Aïe. Il y avait un risque qu'il ne s'agisse que d'un projet commercial de mauvaise qualité, qui cartonne (car la série cartonne, à tel point qu'il y a maintenant quatre séries de livres et des mangas et des cartes et tout et tout!) seulement parce que le public cible est assez jeune (à partir de huit ans selon le site de l'éditeur).

Et c'est effectivement une série jeunesse, mais ce que je définirais une série jeunesse de qualité à lire à n'importe quel âge. C'est sûr que les retournements de situation et les relations "dissimulées" entre les personnages sont assez évidentes pour un lecteur plus aguerri et que le style est assez simple. Mais, si ce n'est pas de la grande littérature, ça a le mérite d'être clair et lisible -- ce qui n'est pas le cas de tout ce qui est publié à l'heure actuelle!

Pour un adulte, le véritable intérêt de ce premier tome réside dans la découverte de la société des chats sauvages, qui est vraiment bien pensée et construite.

Nous avons affaire à quatre Clans bien distincts, qui se partagent la forêt et dont les chefs se réunissent une fois par mois en territoire neutre. Le chef du Clan du Tonnerre est Bluestar, une chatte qui en est à sa cinquième vie (oui oui, les chefs de Clan ont vraiment neuf vies!!). Pleine de bon sens et posée, c'est elle qui donne sa chance à Rusty et lui propose de se joindre au Clan. Comme les autres chefs, elle a un adjoint (Redtail).

On trouve ensuite les guerriers, des chats adultes (mâles et femelles) qui ont fini leur entraînement et qui sont chargés de la sécurité et de l'alimentation du Clan: ils patrouillent le territoire et le défendent si besoin est, et ils ramènent des proies au nid du Clan, afin que les chats qui ne peuvent pas chasser puissent se nourrir. Ils peuvent avoir un apprenti, c'est-à-dire un jeune chat de six mois ou plus qui s'entraîne pour devenir un guerrier. 

Au nid, on trouve les reines, c'est-à-dire les chattes adultes qui attendent ou élèvent une portée de chatons. Les chatons sont élevés en communauté jusqu'à l'âge de six mois, moment auquel ils peuvent commencer leur entraînement de guerrier. Les chats âgés, c'est-à-dire des guerriers et des reines "à la retraite", vivent également au nid et ne chassent plus.

Enfin, chaque Clan a un chat-médecine: Spottedleaf pour le Clan du Tonnerre.

Voilà pour la structure sociale, qui rappelle les structures tribales et qui m'a beaucoup plu, entre autres, en raison de l'égalité des rôles entre chats et chattes (sauf que les mâles ne risquent pas de mettre bas, lol).

Un autre point que j'ai beaucoup apprécié concerne les noms des chats. Certains chats sont nommés d'après une caractéristique physique: par exemple, l'adjoint du chef du Clan de l'Ombre s'appelle Blackfoot parce que c'est un chat blanc aux pieds noirs. Mais les chefs de Clan ont tous un nom en étoile: Bluestar, Brokenstar, Tallstar, Crookedstar. Ils ont gagné le droit de porter ce nom après avoir passé une nuit dans le lieu sacré des Clans. Quant aux apprentis, ils ont un nom en patte: Firepaw (notre héros Rusty!), Sandpaw, Greypaw, Ravenpaw. Ils prendront un autre nom quand ils deviendront des guerriers à la fin de leur entraînement.

Quelques chats, enfin, ne font pas partie d'un Clan, comme Barley et surtout la mystérieure Yellowfang, une vieille chatte au caractère bien trempé que j'ai tout simplement adoré. Mais pourquoi a-t-elle été chassée du Clan de l'Ombre...?

Ce billet est déjà très long, donc je ne vais vous parler d'autres éléments qui m'ont beaucoup plu et qui concernent la manière dont les chats perçoivent le monde humain... Mais je reviendrai avec un billet final quand j'aurai acheté et lu les cinq tomes suivants! ^^

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
Le site officiel britannique, avec tous les livres et les liens vers d'autres séries d'Erin Hunter (si vous aimez les chiens errants ou les ours qui partent en quête ^^)

dimanche 20 janvier 2013

Zola et le naturalisme (1986)

Un petit Que sais-je? d'Henri Mitterand, le grand spécialiste de Zola, apporté par le Père Noël.


Un peu pédant en fait, comme, je le crains, tout ce qui tourne autour de Zola. Qu'est-ce que ça veut dire, précisément, "Le réalisme du contemporain se marie avec les structures anhistoriques, ou panchroniques, du récit"?  Quelle qu'en soit la signification, c'est un bon moyen pour que je décroche de ma lecture... ^^ Mais ça ne fait jamais de mal de réviser certains thèmes et de revenir sur la progression de Zola entre Contes à Ninon et Vérité, et il y a un arbre généalogique des Rougon-Macquart bien fait à la fin, ainsi que le résumé des 31 romans publiés par Zola. Et j'ai redécouvert qu'il me manque un de ses romans de jeunesse, Le Voeu d'une morte, qui n'est disponible que chez des éditeurs à la demande... À creuser!

Une lecture pour des personnes ayant déjà lu quelques romans de Zola et souhaitant en savoir plus sur les thèmes de son oeuvre: pas la peine de commencer par ici si vous n'avez même pas lu Germinal! :)

vendredi 18 janvier 2013

Cthulhu, bibliothèque, maison*

Aussitôt arrivée, aussitôt installée. L'Horreur en argile sait auprès de qui elle veut vivre...


*Oui, ce titre est un clin d'oeil débile à E.T. On a les associations d'idées qu'on peut.

jeudi 17 janvier 2013

L'Orda (2003)

L'Orda. Quando gli albanesi eravamo noi de Gian Antonio Stella, ou: La Horde. Quand c'était nous les Albanais.

Pour comprendre ce titre, il faut que vous sachiez que, pour des raison de proximité géographiques assez évidentes, l'Italie a reçu une grosse vague d'immigration en provenance des Balkans et notamment de l'Albanie pendant la première moitié des années quatre-vingt dix. Immigration qui ne s'est pas forcément toujours bien passée: pour faire bref, comme partout en Europe, il y a une certaine intolérance qui prend pied en Italie (et que dix ans de gouvernements Berlusconi n'ont pas découragée) et qui fait que tout ce qui est différent est regardé de travers. Bon, il faut aussi dire que la population immigrée non-occidentale n'est pas bien intégrée du tout en Italie, c'est même assez navrant de voir qu'une personne de couleur est systématiquement vendeuse de trucs tout pourris à la sauvette sur la plage et n'a aucune chance de trouver un métier stable, aussi modeste soit-il...

Ce qui nous intéresse ici, et qui explique aussi pourquoi les choses sont plus compliquée (ou plutôt plus arriérées) là-bas qu'ici, c'est que l'Italie, contrairement à la France, était jusqu'à il y a très peu un pays d'émigration, et même d'émigration de masse. En France, même si les gens ont tendance à l'oublier, l'immigration est un phénomène assez ancien: il n'y qu'à penser aux ghettos de Ritals des années trente dont parle Cavanna dans le bouquin du même nom. Vous êtes nombreux, adorés lecteurs francophones que je considérerais pour des raisons de praticité comme français (et non pas québécois ou belges par exemple), à avoir un grand-parent étranger (c'était d'ailleurs le mot d'ordre des manifs contre Le Pen en 2002, je crois).

En Italie, par contre, il n'y pas eu d'immigration avant les années quatre-vingt dix ou peut-être les années quatre-vingt. Au contraire, les gens partaient. Un peu comme l'Irlande, l'Italie des campagnes a plus ou moins crevé de faim jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, et des millions d'Italiens sont partis en France, en Suisse, en Amérique du Sud et en Amérique du Nord pour tenter de trouver une meilleure vie.

Des millions d'Italiens. Des hordes, quoi.

Voilà ce qu'étudie Gian Antonio Stella, un journaliste du Corriere della Sera (un grand quotidien italien, plutôt de centre-droite, qui est le plus lu dans le pays avec La Repubblica, qui est plus de gauche). Il faut dire que le ton de cet essai est parfois un peu trop polémiste, mais je crois que ce n'est pas pour moi qu'il l'a écrit: l'objectif est ici de prendre les arguments que certains politiques utilisent contre les étrangers et de montrer qu'ils ont été agités pendant des décennies contre les Italiens, partout dans le monde. Malheureusement, les gens que ce livre pourrait faire réfléchir ne risquent pas de le lire, à mon avis...

Chaque chapitre se penche sur un thème: la prostitution, la clandestinité, la vente des enfants, la misère, la xénophobie des populations hôtes, etc. Franchement, c'est parfois déprimant. Savez-vous que l'Australie et sa culture supérieure ont failli disparaître à cause des sales Italiens qui l'envahissaient? Savez-vous qu'à Aigues-Mortes, dans le Gard, des ouvriers italiens ont été attaqués par la foule, qui en a tué sept? Parce qu'ils volaient le travail des Français. À la Nouvelle-Orléans, aussi, la foule a pendu des Italiens. Les États-Unis refusaient ces clandestins analphabètes, qui sortaient facilement leur couteau et qui leur apportaient la mafia. Et puis, ce n'étaient pas vraiment des êtres humains, pour vivre dans des conditions d'hygiène et de surpeuplement pareilles, 20 personnes par pièce, en tas, et tellement sales que même les Chinois ne tombaient pas aussi bas...

Avec du recul, et vu le rôle totalement secondaire qu'a joué l'Italie sur le plan international aux XIXe et XXe siècles, ça pourrait presque être drôle de penser que tant d'Américains, de Canadiens, d'Argentins et --surtout-- d'Australiens ont sérieusement mis en garde leurs compatriotes sur le danger que représentaient les Italiens. Qui, à partir des années trente, étaient aussi accusés d'être des espions de Mussolini!

Au final, le triste constat de cette recherche, c'est que la misère engendre de la misère. J'ai presque été étonnée que Zola ne parle pas de l'émigration dans Rome ou un roman plus tardif (même si Rome, il faut le dire, présente très durement la vie des miséreux romains... en faisant le parallèle avec les miséreux parisiens, le narrateur assistant aux mêmes scènes de désespoir dans les deux villes). Zola aurait d'autant plus pu s'intéresser au sujet que certains criaient  haut et fort "Mort à l'Italien" pendant l'affaire Dreyfus.......

Sur un plan plus personnel, la réflexion terrible est: quelle chance j'ai eu de venir en France en 1991 et pas en 1891. Quelle misère j'aurais connue alors. Un peu comme dit la chanson de Goldman: "Et si j'étais né en dix-sept à Leidenstadt, sur les ruines d'un champ de bataille..." Mais la misère d'alors était immensément plus étendue que celle d'aujourd'hui En Occident, et on aurait probablement tous été des crève-la-dalle il y a un siècle, comme les personnages de Germinal ou des Misérables... Profitons bien du fait qu'on vit en Occident et au XXIe siècle, allez!

dimanche 13 janvier 2013

American Psycho (1991)

American Psycho de Bret Easton Ellis. Un bouquin sur lequel je ne me serais probablement jamais penchée si on ne m'avait pas lancé le défi de le lire... Résultat: je n'ai rien capté. Mais j'aimerais néanmoins prendre quelques notes dessus avant qu'il ne disparaisse de ma mémoire...


Prémisse: J'ai honteusement perdu ledit défi, puisque j'ai été incapable de lire ce livre au-delà du premier chapitre. Il faut dire que je n'ai rien compris à ce chapitre. Notre héros, Patrick Bateman, banquier de son état, prend un taxi et parle au chauffeur (rien compris à ce qu'il lui dit), puis il dîne avec des amis et s'interroge sur les sushis qu'ils mangent (rien compris à leur conversation et à ses méditations sur les sushis). Puis il s'en va. Le chapitre suivant était tellement dense et la première phrase en était tellement incompréhensible que j'ai décidé de feuilleter le bouquin à la recherche des passages qui ont provoqué l'espèce de scandale qui a accompagné sa publication: les scènes de sexe et de massacres.

Bon. Voilà. Ça permet de "boucler" un livre de 400 pages en deux heures. Au passage, ça a aussi saboté ma nuit de sommeil, puisque je me suis réveillée toutes les heures avec la conviction que ce sympathique Patrick était dans mon appartement avec une hache et qu'il allait me découper en petits morceaux et me manger (oui, oui). Je ne sais pas trop si ce bouquin a vraiment de quoi choquer: le sexe reste relativement conventionnel et les massacres ne sont pas franchement flippants sur le coup, en raison de la manière très "mécanique" dont écrit l'auteur ("Je fais ceci, elle fait cela, et maintenant je fais ceci, et le sang gicle sur son visage, et elle crie, mais je continue, et bla, et bla"). Ça avait même un côté un peu ridicule (Des seins à la casserole? Sérieux?) et, sur le coup, je me suis dit que c'était une sorte de "bouquin d'horreur" destiné aux gens qui aiment bien voir d'autres gens se faire torturer/tuer/découper. (C'est après, en me réveillant seule, que j'ai commencé à avoir peur du personnage.)

Du coup, je n'ai pas du tout compris l'intérêt de la chose. Est-ce que c'est le contraste entre le monde doré et richissime dans lequel évolue le personnage et sa folie meurtrière? Est-ce que c'est la simple présence du mot american dans le titre qui a amené des gens à y voir une critique ou une satire de la société américaine contemporaine? (Vous savez, les critiques aiment bien les "tableaux" des "États-Unis post-modernes ou post-11-Septembre"...)

Qui peut tolérer pendant 400 pages ces richissimes dépressifs, qui passent leurs journées à avaler des anti-dépresseurs et à sniffer de la coke en geignant et qui sont incapables d'aligner deux répliques sensées? (Les dialogues valent vraiment leur pesant d'or tellement les questions et les réponses s'enchaînent sans aucun suivi...) Et à quoi rime cette manie de citer les marques de long en large (au moins 10 noms de marque par page, il faut absolument savoir de quelle marque est l'eau sur la table, la culotte de la prostituée, la télévision de la petite amie)? Et puis je n'ai pas compris pourquoi il y a un chapitre sur la carrière de Whitney Houston...

Apparemment, selon Wiki, les meurtres pourraient être une simple invention de notre Patrick, certains personnages lui prouvant qu'il ne peut pas avoir tué telle ou telle personne. J'ai dû louper ces passages pendant que je survolais à toute allure en me demandant "Mais putain qu'est-ce que c'est que ce bouquin?!". Je me disais bien que c'était bizarre que personne ne se doute de rien et qu'il envoie tranquillement ses vêtements sanguinolents au dressing......... ^^

La grande question est désormais: Voir ou ne pas voir l'adaptation cinématographique avec Christian Bale? Mes nuits de sommeil déjà fortement insomniaques me répondent "Ho que non", mais, au moins, le film a l'air drôle...

dimanche 6 janvier 2013

Bilan 2012 - Lectures

Après le bilan cinématographique d'hier, place aujourd'hui à un petit bilan livresque. Livres en vrac et auteurs à retenir.

Les coups de coeur: Limonov d'Emmanuel Carrère. J'en ai parlé ici. Mais aussi La Liseuse de Paul Fournel (ici et ici), Les Oreilles de Buster de Maria Ernestam (ici) et Les Chroniques martiennes de Bradburry.

Les coups de poing (dans ma figure): Les Russkoffs de Cavanna (ici). La Putain respectueuse et Morts sans sépulture de Sartre (ici). Mon Grain de sable de Luciano Bolis (ici).

Le livre le plus original: Sans conteste, La Horde du contrevent d'Alain Damasio. Je ne suis pas sûre d'avoir aimé ce bouquin, mais il a réussi à voler la première place de cette catégorie au Parfum de Patrick Süskind... Et ça, faut le faire. :)

Le plus gros: Le Vicomte de Bragelonne d'Alexandre Dumas (pour ceux qui ne seraient pas encore au courant!) (2500 pages, s'il vous plaît!!).

Les plus illisibles: Métamorphoses de François Vallejo (ici) et Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco (ici).

Le plaisir coupable (mais assumé!): Abraham Lincoln, Chasseur de vampires. Chroniqué ici.

Les relectures d'amour-que-j'aime: Gatsby le Magnifique de Fitzgerald et les six premiers tomes des aventures du Capitaine Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte.

Les séries bouclées: Les Chroniques des vampires et la Saga des sorcières Mayfair d'Anne Rice (plus de dix ans après avoir lu Entretien avec un vampire pour la première fois!!!); la trilogie des mousquetaires et celle des Valois de Dumas; l'intégrale des nouvelles de Conan de R. E. Howard; le cycle de Fondation d'Isaac Asimov; et l'intégrale de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle (juste à temps: livre bouclé le 28 décembre!).

Les BD: Bone, une série merveilleuse-géniale-drôle-adorable avec des dragons et des rats géants qui mangent des quiches (ici); et Hellboy (dont l'intrigue n'avance pas trop, malheureusement) et B.P.R.D. (génial!!!).

Le livre qui a eu un prix (youpi!!): Notre-Dame du Nil de Scholastique Mukasonga (ici).

L'auteur à suivre (et le titre le plus improbable!): Olivier Gay, grâce à qui je me suis éclatée sur Les talons hauts rapprochent les filles du ciel.

Les auteurs les plus lus: Sans trop de surprises, Émile Zola et Anne Rice (8 livres), Amélie Nothomb (7), Arturo Pérez-Reverte (6), Arthur Conan Doyle (5), Isaac Asimov (4) et J. R. R. Tolkien et Marion Zimmer Bradley (3). (Vous noterez que ces chiffres donnent un beau compte à rebours, c'est merveilleux).

Et les valeurs sûres: Lovecraft, P. D. James, Maupassant, Clark Ashton Smith... Mes amours de toujours!

Évidemment, comme en 2011, je n'aurais pas lu autant en 2012 si j'avais eu une situation professionnelle digne de ce nom... Mais qu'est-ce que ça me manque, ces heures quotidiennes de lecture, quand je croule sous le boulot comme en ce début d'année! ^^

samedi 5 janvier 2013

Bilan 2012 - Cinéma

En 2012, j'ai réussi à passer encore plus de temps dans mon UGC qu'en 2011, puisque je suis allée au cinéma 115 fois. Il ne me reste vraiment plus qu'à planter une petite tente près des caisses... :)

Alors, que retenir de cette année cinématographique?

Les coups de coeur et autres révélations: Anonymous (lire ici), Trust, Indian Palace, Starbuck, La Chasse et Resident Evil 4.


Les films français qui m'ont fait pleurer de rire: L'Amour dure trois ans, Radiostars et Le Prénom.

Les films qui m'ont glacée d'effroi: Trust et Millenium, à cause de leurs horribles histoires de viol. Pendant Millenium, j'ai sérieusement envisagé de quitter la salle...

Le film musical de l'année: Rock Forever. Un Tom Cruise au sommet de sa forme, avec Journey et les Guns, youpi, youpi!


Les dessins animés: L'Âge de glace 4 ("Holy crab", j'en ris encore!!) et Le Jour des corneilles (une pure merveille).

Les OCNI (objets cinématographiques non identifiés): Paperboy (un film franchement barré que j'ai beaucoup aimé) et Cogan (pas tout saisi, mais apprécié).

Si vous avez l'impression que le perso de Nicole Kidman se tape un trip bizarre
et que les autres persos ne savent pas où se foutre...
Vous avez tout compris.


Et les autres: Underworld 4, La Dame de ferLa Taupe, Cloclo, Margin Call, John Carter, La Colère des titansAvengers, Piégée, Batman The Dark Knight Rises, Dans la maison, Skyfall, Jack Reacher, Les Enfants loups - Ame et Yuki, La Part des angesJason Bourne L'héritage, Le Grand soir, Une Nouvelle chance, Le Hobbit... 

Le mot de la fin pour Cheval de guerre, dont j'ai longuement parlé ici et qui m'a fait tomber désespérément, éperdument amoureuse de Tom Hiddleston, acteur dont je suis désormais une fan inconditionnelle. Vivement Thor 2 et Avengers 2, que Loki mette en oeuvre un nouveau plan diabolique!