vendredi 10 janvier 2020

Les BD du quatrième trimestre 2019

La bande dessinée a de nouveau occupé une place importante au quatrième trimestre. Il faut dire qu'il est bien pratique de lire une BD le soir, quand on n'a qu'une vingtaine de minutes de lecture avant de sombrer dans le sommeil...

Entre Neige et Loup d'Agnès Domergue et d'Hélène Canac (2019)


Une bande dessinée adorable sur une petite fille qui quitte sa maison pour partir à la recherche de son père dans une île en proie à l'hiver. Accompagnée de son chat et de ses deux grenouilles, elle rencontrera un loup et découvrira la vérité sur ses origines. Le dessin extrêmement doux est irrésistible, j'ai tout simplement fondu d'amour. Dommage que la chute soit un peu décevante. Je recommande néanmoins pour tous les lecteurs qui aiment les beaux dessins et les histoires pleines de douceur.
Éditeur: Jungle

Le Detection Club de Jean Harambat (2019)


Réunis par un milliardaire désirant leur présenter sa création, un robot capable de résoudre les énigmes de leurs livres, les sept auteurs et autrices membres du Detection Club, dont Agatha Christie, se voient contraints de résoudre une enquête inattendue: la disparition dudit milliardaire. Une lecture sympathique mais anecdotique et portée par un dessin qui ne m'a pas plu. Plutôt une déception pour moi, donc.
Éditeur: Dargaud

Rose blanche (2010) (Maliki, tome 4)


Grosse déception pour ce tome 4, dont j'ai trouvé la plupart des strips très fades. C'est toujours aussi mignon et kawaï, certes, mais ça n'a pas été suffisant pour moi.
Éditeur: Ankama

Simon's Cat in his very own book de Simon Tofield (2010)


Une relecture. Les amusantes aventures d'un chat affamé et parfois maladroit dans des dessins d'une page. Une réussite d'autant plus marquante que, à deux exceptions près, on comprend tout sans la moindre ligne de dialogue.
Éditeur: Canongate Books

Putain de chat 5  de Lapuss' (2019) 


Putain de chat est la série de chats que j'aime le moins à cause de sa relative vulgarité (en même temps, le titre est explicite ^^). La comicité repose souvent sur le fait que le chat insulte l'humain, ce que je ne trouve pas drôle et qui me semble manquer de finesse. Mon copain avait oublié que je ne voulais pas poursuivre ma série, mais je le lui ai rappelé pour éviter de me retrouver avec le 6.
Éditeur: Kennes

Garfield. 30 Years of Laughs & Lasagna de Jim Davis (2008)


Un best-of des trente premières années de Garfield. Personnellement, je pleure de rire sur les strips de ce chat gros, paresseux, obsédé par la nourriture (notamment les lasagnes), égoïste et cynique. Il passe son temps à dormir, manger, boire trop de café et martyriser Oddie (le chien). Il déteste Nermal, le chaton mignon. C'est tellement comme ça que doivent penser les chats... 😂
Éditeur: Ballantine Books

Conan le Cimmérien. Les Clous rouges de Régis Hautière, Olivier Vatine et Didier Cassegrain (2019)


La collection Conan de Glénat se poursuit avec un septième tome très sympathique. Cette fois, le Cimmérien explore une mystérieuse cité perdue au milieu du désert, dans laquelle deux clans, séparés depuis des années, s'affrontent dans un combat sans merci. Il est accompagné de Valeria, une guerrière en petite tenue. De l'exotisme, un brin d'érotisme, des combats sanglants, une touche de sorcellerie: le contrat est rempli et j'ai été heureuse malgré un dessin pas tout à fait à mon goût.
Éditeur: Glénat

Les Chaventures de Taï et Mamie Sue de Konami Kanata (2017)


Un sympathique manga sur la cohabitation espiègle entre un chaton et une vieille chatte. Ce n'est pas mémorable, à tel point que je ne lirai pas la suite malgré mon obsession fort intérêt pour les chats,  mais je recommande pour de jeunes lecteurs. La présence de petites figurines cartonnées à découper et de deux doubles pages présentant l'adoption d'animaux à la SPA sur le mode du tutoiement me laissent en effet penser que je suis plus âgée que le public cible. 😋
Éditeur: Nobi Nobi

Nous vivons chez nos chats d'Eloisa Scichilone (2019)


Une BD adorable d'une douceur incroyable. Deux humains et cinq chats. Une journée au calme et au chaud alors que l'hiver et la neige règnent dehors. Les petites actions du quotidien, les chats qui se baladent, les coups durs de la vie, l'émotion qui submerge tout et de l'amour à en revendre. Une vision du bohneur très proche de la mienne. J'ai eu tellement mal et j'ai tellement pleuré que je tiens toutefois à mettre en garde les âmes sensibles... "Repose-toi... Repose-toi encore un peu." 💔
L'autrice est italienne, mais aucun nom de traducteur ou de traductrice n'est indiqué dans l'ouvrage, la BD est vendue uniquement en français sur le site de Feltrinelli et l'autrice présente seulement la version française sur son compte Instagram. Elle l'aurait donc rédigée en français? Le mystère est entier.
Éditeur: MARAbulles.

Conan le Cimmérien. Le peuple du cercle noir de Sylvain Runberg et Park Jae Kwang (2019)


Un huitième tome moins intéressant. Avec ses sorciers et son exotisme inspiré par l'Asie centrale, l'histoire est du pur Howard, mais je n'ai pas aimé le dessin crayonné et j'ai eu beaucoup de mal à suivre qui combattait qui, un problème renforcé par le fait que certains personnages jouaient un double jeu – et quand vous n'avez pas compris qui combat qui, vous comprenez encore moins qui trahit qui. 😉
Éditeur: Glénat.

mardi 7 janvier 2020

La gamelle de décembre 2019

Avant de passer aux habituels bilans annuels, voyons d'abord comment 2019 s'est terminé: aujourd'hui, on fait le tour de ma vie culturelle de décembre; dans quelques jours, on revient sur les bandes dessinées que j'ai lues au troisième trimestre.

Sur petit écran

La Neuvième porte de Roman Polanski (1999)


Après avoir enfin lu Le Club Dumas, brillant roman du non moins brillant Arturo Perez-Reverte, il était indispensable que je revoie La Neuvième porte, l'adaptation de Roman Polanski. Verdict: c'est une réussite! Un très bon film avec une mise en scène soignée, une ambiance formidable, une intrigue riche et complexe, des acteurs convaincants – Johnny Deep très sobre et Emmanuelle Seigner ambigüe à souhait – et une musique délicieusement inquiétante. Un film qui sait prendre son temps, comme le roman, dont il est une transposition à la fois très fidèle (l'enquête de Corso est respectée de près) et très infidèle (toute la partie sur Dumas est absente). J'ai juste été moins convaincue par la fin: à partir de la cérémonie satanique, j'ai trouvé les choses moins soignées et "crédibles".

Sur grand écran

La Famille Addams de Conrad Vernon et Greg Tiernan (2019)

Morticia: "Strange. There's usually a murderous clown
attached to the other end of these." 😂

Ma famille spirituelle est de retour!! Et elle a été croquée à la perfection dans ce film qui capitalise pleinement sur sa nature loufoque et gothique: les rosiers décapités de Morticia, la maison lugubre, le cimetière dans le jardin, les tentatives d'assassinat, tout est parfaitement addamsien. La célèbre musique de la série d'origine est également pleinement exploitée. Toutefois, je n'ai pas aimé le dessin presque caricatural (par exemple le gros nez de Fétide, la maigreur extrême de Morticia) et j'ai trouvé l'intrigue un peu forcée, ce qui m'a empêchée d'adhérer pleinement. Reste une forte envie de redécorer mon appartement.

À couteaux tirés de Rian Johnson (2019)


Un excellent whodunnit avec maison somptueuse et surchargée, mort mystérieuse, enquêteur excentrique, héritiers avides et nombreux mensonges. De quoi se triturer les méninges avec grand plaisir. Argument ultime: on aperçoit un épisode d'Arabesque à la télé. 💖

Le Dernier empereur de Bernardo Bertolucci (1987)


L'histoire de Puyi, le dernier empereur chinois, monté sur le trône en 1908 à l'âge de trois ans. Parfaitement maîtrisé, le film est superbe, avec des décors somptueux et une mise en scène savante. Un exemple inoubliable: la scène érotique durant laquelle on ne voit pas le moindre bout de peau, les corps des personnages étant dissimulés par un drap doré aux reflets sublimes. Le destin tragique de cet homme qui a été prisonnier toute sa vie est saisissant, tout en laissant songeur quant au côté "déconnecté de la réalité" des puissants. Il m'a manqué, toutefois, un peu d'émotion pour vraiment adhérer; si j'avais regardé le film chez moi, j'aurais probablement pris mon téléphone en main et fini par faire autre chose. Le voir au cinéma était donc la solution idéale. Merci UGC Culte.

La Reine des neiges 2 de Jennifer Lee et Chris Buck (2019)


Une deuxième séance encore plus enthousiasmante que la première. Je suis tellement heureuse de voir que ce dessin animé est classé dans les cinq plus gros succès de l'année. J'espère que les réalisateurs Marvel vont en prendre de la graine et copier leurs collègues Disney dans le traitement des personnages féminins: les potiches super-héroïques ont tout à apprendre de la reine Elsa!

Du côté des séries

Je regarde avec enthousiasme The Witcher. Plus d'infos quand j'aurai terminé.

Du côté des podcasts

L'habitude d'écouter des podcasts étant bien implantée depuis plusieurs mois, j'ai terminé Simple & Cité, que Florie Teller ne poursuivra pas en 2020, et je continue d'écouter La compagnie des auteurs, La méthode scientifique, Les Bulles nomades et Procrastrinations. Je me suis mise à un podcast sur le russe, Slow Russian Language, et à un podcast en russe, A Taste of Russian. Je ne comprends rien mais je suis heureuse d'entendre parler cette langue fabuleuse.

Et le reste


J'ai lu deux Cheval Magazine et un hors-série du Monde sur l'Italie, une lecture déprimante et inquiétante. Je me demande toutefois dans quelle mesure cela ne serait pas dû à l'angle retenu par les journalistes, aucun article n'abordant le moindre élément positif... 😕 Enfin, j'ai lu une version promotionnelle du Point Pop récupérée aux Rencontres de l'imaginaire de Sèvres.

Merci de m'avoir lue et bonne année, mes chers lecteurs!

samedi 4 janvier 2020

Au bonheur des ogres (1985)

Chronique express! 



Benjamin Malaussène est bouc émissaire au Magasin. En d'autres termes, il est désigné comme coupable par la direction à chaque fois qu'un client vient faire une réclamation ou demander un remboursement. L'émotion et la pitié qu'il suscite chez les mécontents sont telles que ces derniers abandonnent la partie, écrasés de culpabilité, et que le Magasin économise beaucoup d'argent. Chez lui, Benjamin gère comme il le peut une famille composée de ses six demi-frères et demi-sœurs, qui n'ont en commun que l'absence de leur mère. Puis l'explosion d'une bombe au Magasin et la mort d'un client viennent perturber ce joyeux bordel...

Comment commenter un livre de la série des Malaussène? Exercice difficile et périlleux qui sera fatalement en-deça de la réalité du roman, la langue de Daniel Pennac étant assez indiscriptible. Le ton est vif, familier, inventif et plein d'humour; le contenu est délicieusement foufou; le narrateur est irrésistiblement blasé. J'ai éclaté de rire plusieurs fois et, par-dessus le marché, ça se lit tout seul!! Par contre, il y a aussi un élément très sordide ici, à savoir le spectre d'anciens actes pédophiles, et ce n'est donc pas aussi grand public que je le croyais – j'avais l'impression que c'était lisible par des enfants ou de jeunes ados, mais je pense qu'il vaut mieux éviter.

Même si je ne pense pas forcément lire l'ensemble des six romans, je suis ravie d'avoir découvert ce premier tome et j'ai hâte de relire La Fée Carabine, dont la présence dans ma PAL a motivé l'emprunt de ce roman en bibliothèque.

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog

mercredi 1 janvier 2020

The Shuttered Room And Other Tales of Horror (1970)

Le nom d'August Derleth est connu des amateurs de Lovecraft: d'une part parce que le célèbre auteur l'a immortalisé dans ses ouvrages sous le nom de comte d'Erlette, et d'autre part parce que Derleth a fondé, avec Donald Wandrei, la maison d'édition Arkham House, justement dans le but de publier les œuvres de Lovecraft. Il serait également à l'origine de l'expression "mythe de Cthulhu", que Lovecraft n'employait pas. Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire mon billet sur Lovecraft. A look behind the Cthulhu mythos de Lin Carter.


Quid de ce recueil de nouvelles de Lovecraft complétées par Derleth, que m'a dégoté Vert? (Mille milliards de mercis!! 😍) Inévitablement, il y a du bon et du moins bon. Comme vous le verrez, il y a beaucoup de répétitions (la présence d'un cousin, les maisons isolées, les rumeurs et les superstitions locales...) et des structures assez classiques pour qui connaît Lovecraft. Mais c'est surtout la plume grandiloquente et archaïque de Lovecraft qui m'a manqué; je trouve qu'il exprimait quelque chose de puissant par sa manière unique d'employer des adjectifs peu usités. Ici, les choses sont plus plates.

Je dois préciser que j'ignore totalement quel genre de notes ou de brouillons avait laissés Lovecraft et dans quelle mesure chaque texte a été retravaillé par Derleth. À en croire le wiki sur Lovecraft, un de mes textes préférés se limitait à une ligne dans les notes de Lovecraft, auquel cas Derleth aurait fait tout le travail...

The Survivor (1954)
Une vielle maison qui respire le mal, un nouveau locataire, de mystérieux écrits laissés par un médecin ayant exercé là, des travaux douteux sur les reptiles et l'immortalité, un puits dans le jardin. Un texte classique et prévisible qui se termine sur un paragraphe en italique révélant la terrible vérité.

Wentworth's Day (1957)
Un narrateur perdu dans la montagne, une ferme isolée où s'abriter en attendant la fin de l'orage, un homme qui guette le moindre bruit, un mort qui a juré vengeance, des livres sur la nécromancie. Un texte classique et prévisible qui se termine sur un paragraphe en italique révélant la terrible vérité.

The Peabody Heritage (1957)
Un narrateur qui s'installe dans la vieille maison familiale isolée de tout, un caveau contenant un squelette bizarrement placé, une pièce cachée à la géométrie anormale, des rêves terrifiants, un chat noir, des locaux qui refusent d'approcher de la maison. J'ai eu un peu peur, mais surtout l'impression d'avoir déjà lu cette histoire de sabbat et de pièce cachée quelque part, même s'il m'est impossible de retrouver le texte en question... 😕 Et, oui, cette nouvelle est classique et prévisible et se termine sur un paragraphe en italique... 😉

The Gable Window (1957)
Un narrateur qui s'installe dans la vieille maison familiale isolée de tout, une fenêtre ronde au verre opaque, de mystérieuses notes laissées par un cousin, l'aperçu de mondes éloignés dans lequels s'épanouissent des créatures terrifiantes. Ce texte m'a lui aussi donné une forte impression de déjà lu. Et, oui, les dernières lignes sont en italique.

The Ancestor (1957)
Un narrateur qui s'installe chez un vieux cousin pour l'aider à mettre en ordre ses notes sur ses travaux, des recherches sur la mémoire qui remontent de plus en plus loin dans le passé, une odeur douteuse dans un laboratoire fermé de l'intérieur, un chien très calme qui se met à aboyer furieusement la nuit. Bien sûr, le dernier paragraphe est en italique. ^^

The Shadow Out of Space (1957)
Un homme qui n'est pas lui-même pendant trois ans, la vision d'un autre monde, la conviction qu'"ils sont parmi nous". Comme pour The Peabody Heritage et The Gable Window, j'ai eu la nette impression d'avoir déjà lu ce texte. Et il se termine en italique, lalalalala.

The Lamp of Alhazred (1957)
Autant les six premiers textes étaient sympathiques mais ne présentaient pas d'intérêt majeur, autant ce texte m'a capturée et émue. Les amateurs de Lovecraft savent, bien sûr, qu'Alhazred est l'auteur fou du Necronomicon. Ici, le narrateur reçoit une lampe à huile lui ayant appartenu via l'héritage d'un cousin. Mais cette lampe n'apporte pas que de la lumière: elle révèle d'autres mondes. L'homme, fasciné, couche ses visions sur le papier et finit par passer dans cet ailleurs. Hommage évident à la capacité de Lovecraft à nous faire soupçonner l'existence de mondes inconnus, ce texte est aussi un bel hommage à l'imaginaire dans une période historique qui n'a plus rien de magique. Il m'a touché et attristée.

The Fisherman of Falcon Point (1959)
Au large d'Innsmouth, ville côtière bien connue des lecteurs de Lovecraft, un vieil homme soutient avoir pris dans ses filets un poisson qui n'en était pas un – un poisson qui avait des jambes et qui parlait. Si certains se moquent de sa sirène, d'autres préfèrent ne pas commenter, sachant que les eaux d'Innsmouth ne sont pas comme les autres. Un texte nostalgique qui m'a beaucoup plu.

The Dark Brotherhood (1966)
Providence, un narrateur qui aime se promener la nuit, une rencontre étrange, un homme qui ressemble énormément à Edgar Allan Poe, sept hommes qui ressemblent énormément à Edgar Allan Poe, la vision d'un ailleurs inhumain, une machine infernale. Pas d'italique. ^^

The Shuttered Room (1959)
Retour à Dunwich (autre haut lieu des écrits lovecraftiens), un narrateur qui revient dans la vieille maison familiale, des instructions mysérieuses, une chambre fermée depuis des lustres, un crapaud caché derrière un meuble, des habitants méfiants, et bien sûr une fin en italique. Ce texte est toutefois plutôt bien mené et me semble représentatif de Lovecraft.

Au final, je n'ai pas boudé mon plaisir avec ces histoires d'horreur cosmique bien balisées, parce que j'aime les thèmes de Lovecraft et, j'en prends de plus en plus conscience, un côté "rétro" dans sa vision du monde. Même si ces textes ont été écrits durant la deuxième moitié du XXe siècle, ils m'évoquent un monde moins scientifique que le nôtre, sans numérique et sans téléphones portables, où la rencontre avec le surnaturel ou l'anormal semblait donc plus plausible. On les réservera toutefois aux grands amateurs de Lovecraft qui veulent aller au-delà de son œuvre (vu que, comme je l'ai dit, ces textes n'ont été qu'ébauchés par Lovecraft, Derleth les ayant repris après sa mort); en effet, il ne suffit pas de citer les Grands Anciens et le Livre des Goules dans un texte et de le conclure en italique pour faire du Lovecraft. Bref: si vous voulez lire Lovecraft, lisez plutôt Lovecraft. ^^

Le mot de la fin: j'attire votre attention sur l'aspect le plus horrifique de cette couverture, l'enlèvement d'un innocent cochon!!! 😱😱😜


PS: Bonne année 2020 😃

dimanche 29 décembre 2019

Conduire sa barque (1998)

Chronique express!


J'ai découvert Ursula K. Le Guin il y a un peu moins d'un an avec Le Langage de la nuit, un recueil de textes sur le rôle de la littérature de l'imaginaire (et beaucoup d'autres choses). Par le hasard des doublons, je me suis retrouvée avec ce manuel d'écriture qu'elle a rédigé en se basant sur son expérience en animation d'ateliers d'écriture. (Moralité: inutile d'offrir du Le Guin à Vert, elle a vraiment TOUT, même cet ouvrage improbable que les libraires doivent aller chercher au fin fond d'un rayon abandonné. 😂)

Chaque chapitre de Conduire sa barque aborde un aspect de l'écriture, de la sonorité aux temps du verbe en passant par les répétitions, et propose un ou plusieurs exercices d'écriture (exemple: écrivez un texte sans adverbes ni adjectifs. Je ne vous raconte pas la ga-lè-re). Il s'agit clairement d'un manuel destiné à des personnes qui ont déjà écrit, réfléchi à leur processus d'écriture et acquis un certain savoir-faire. Je suis une grande débutante en écriture, mais je m'y suis retrouvée car je manie l'écriture pour mon travail depuis dix ans et que certains aspects techniques s'appliquent aussi bien à la fiction qu'à la non fiction. Il m'a ainsi fait extrêmement plaisir de lire le court paragraphe "fausses pistes et illusions d'optique" du chapitre 3 (page 47), qui m'a permis de me sentir moins seule dans mon rejet des phrases telles que "Sortant de la maison, un chêne centenaire les dominait de toute sa hauteur". (Je vous laisse réfléchir à ce qui me gêne dans cette affirmation. 😜) Les exercices d'écriture, en revanche, m'ont paru plus difficiles à exploiter en solitaire, même si j'ai essayé d'en faire deux ou trois.

Bref: un ouvrage très intéressant, mais à réserver à des écrivants ayant déjà un peu d'expérience – ou aux aficionados de Le Guin tels que Vert. 😊

jeudi 26 décembre 2019

Guerrier des lunes (2011)

Chronique express!

Encore une couverture irrésistible de Julien Delval.

Début 2017, j'ai profité de la présence de Michel Robert (l'écrivain, pas le cavalier... ^^) au Salon du Livre de Paris pour lui faire dédicacer Guerrier des lunes, le sixième tome du cycle de L'Agent des ombres. Il y a maintenant pas mal d'années, j'ai beaucoup aimé les cinq premiers tomes malgré des défauts stylistiques assez lourds et j'ai très rapidement parlé du tome 4 et du tome 5 ici. Force est de constater, toutefois, que ce sixième tome sera fort probablement le dernier: si j'ai très envie de lire de la fantasy bourrine, je trouve les faiblesses rédactionnelles de cette série trop importantes et la complexité de l'intrigue, qui part un peu dans tous les sens, trop rhédibitoire.

Bien que je n'aie aucun souvenir de la conclusion de Belle de Mort, j'ai pu reprendre ma lecture sans grandes difficultés. Cellendhyll de Cortavar, notre héros aux cheveux d'argent, tourne en rond dans la citadelle du Chaos, claque la porte au nez du duc Elvanthyell après que celui-ci l'ait traité de façon indigne, accepte l'invitation de l'Empereur de Lumière et part en mission avec Costance de Winter (ouiii Michel Robert adore Alexandre Dumas!). Il y a des bagarres et des combats, ainsi que la dose habituelle d'érotisme assumé, sans oublier les intrigues politiques et un jeu d'alliances toujours instable – voir ainsi le sale coup de l'empereur Priam en fin de tome. Deux nouveaux ennemis entrent en scène, probablement pour l'ensemble du deuxième cycle: une noble du Chaos servie par deux jumeaux incestueux et une créature portée sur la torture. L'univers me plaît beaucoup et Michel Robert est très doué pour nommer les choses, l'exemple que je trouve le plus réussi étant Belle de mort, la lame de Cellendhyll. Mais vu comme je manque de temps, je dois faire des choix, et j'ai envie de lire quelque chose de mieux maîtrisé...

Autres livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
Les quatre mousquetaires... et plus si affinités (2008)

samedi 21 décembre 2019

El Club Dumas (1993)

Cinq ou six ans ans après l'avoir acheté, j'ai enfin lu El Club Dumas d'Arturo Perez-Reverte, un écrivain espagnol que j'idôlatre en raison du Capitaine Alatriste, une série de cape et d'épée merveilleuse dont je vous ai déjà parlé ici.


L'histoire est celle de Lucas Corso, un "mercenaire de la bibliophilie" (dixit Punto de lectura, éditeur espagnol), dont la vie est perturbée par deux manuscrits.

Le premier est un chapitre original des Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, "Le vin d'Anjou", écrit par deux mains différentes (Dumas et Maquet, bien sûr). Il lui a été remis par un ami libraire qui souhaite le faire identifier. Ce dernier l'a acheté auprès d'un autre libraire qu'on a retrouvé pendu à peine une semaine auparavant.

Le deuxième est De Umbrarum Regni Novem Portis, Les Neuf portes du royaume des Ombres, un livre occulte dont l'auteur a été brûlé sur le bûcher. Utilisé de manière adéquate, il permettrait d'invoquer le diable... Ce livre-ci est remis à Corso par un collectionneur millionnaire, qui souhaite le faire comparer aux deux autres exemplaires connus.

Lucas Corso part donc en mission avec les deux manuscrits sous le bras. La première étape est Sintra, au Portugal, afin de consulter le deuxième exemplaire des Neuf portes; la deuxième sera Paris, où il souhaite consulter le troisième exemplaire et faire authentifier le manuscrit de Dumas. Mais avant même de quitter Madrid, il rencontre la veuve du libraire pendu, une femme aussi belle que redoutable rappelant dangereusement Milady de Winter, et est suivi par un homme portant une cicatrice identifique à celle de Rochefort, l'âme damnée du cardinal dans Les trois mousquetaires... La réalité se mélange de plus en plus à la fiction et Lucas Corso semble propulsé dans un livre de Dumas...

J'ai bien retrouvé ici l'auteur d'Alatriste. Arturo Perez-Reverte a une manière très particulière de caractériser ses personnages par des descriptions assez longues, parfois en plein milieu des dialogues. Ainsi, deux répliques d'un même échange peuvent être séparées par une page entière, durant laquelle il décrit très précisément le ton et l'attitude des personnages, ainsi que les sous-entendus et l'implicite énormes de leurs mots. C'est absolument formidable, ça vous pose un personnage avec une efficacité redoutable et ça donne envie d'avancer dans sa lecture pour en savoir plus.

Ici, en outre, l'intrigue tourne autour d'Alexandre Dumas, écrivain que j'adore, de la passion des livres anciens (avec, notamment, le collectionneur pauvre de Sintra qui vend ses livres un par un pour subvenir à ses besoins et choisit toujours de céder celui qu'il aime le plus, dans un sacrifice qui le détruit à petit feu mais qui a quelque chose de sublime) et de l'occultisme/du satanisme, thème riche de potentiel. Interviennent également des personnages secondaires croustillants: Flavio La Ponte, l'ami libraire bon enfant, et Irene Adler (oui!), une mystérieuse jeune femme que Lucas Corso semble retrouver partout où il va.

Le résultat? Un thriller extrêmement réussi, truffé de références, qui assume parfaitement son amour du livre en général et du feuilleton en particulier, un hybride littéraire tenant autant d'Umberto Eco et d'Alexandre Dumas que de Dan Brown. J'ai adoré et j'ai découvert ce qu'est l'Enfer: lire ce livre mais super lentement parce que je le lis en espagnol, une torture insoutenable. 😜😜 Un peu déçue par la fin, toutefois, mais rien de gravissime – disons que l'auteur n'a pas fait le choix que j'aurais fait si j'avais écrit le bouquin à sa place. Je me dois aussi d'ajouter un mot sur la forte sexualisation des rares personnages féminins, dont la sensualité et les attributs physiques sont décrits à maintes reprises.

Et maintenant, reste à revoir La neuvième porte, l'adaptation réalisée par Roman Polanski... Même si, d'après mes vagues souvenirs, le film est très, très différent du roman!

Allez donc voir ailleurs si ce club y est!
L'avis de Grominou

lundi 16 décembre 2019

Piano Lessons Can Be Murder (1993)

Chronique express!


Voilà une trouvaille inattendue: un Chair de poule de R. L. Stine en version originale, trouvé pour 1€ chez Emmaüs. Je n'ai pas hésité une seconde à acheter et relire un de ces romans que j'ai tellement aimés aux alentours de mes dix ans (en CM1 et CM2, si ma mémoire est bonne). Je l'avais lu sous le titre Leçons de piano et pièges mortels (traduit par qui? Impossible de trouver l'info...).

L'histoire: lorsqu'il emménage avec ses parents dans une grande et vieille maison, Jerry découvre un piano abandonné au grenier. Étonnant, certes, mais pas de quoi s'inquiéter. Mais quand l'instrument joue, en pleine nuit, une triste mélodie que Jerry est le seul à entendre, le jeune garçon se pose quelques questions... Et pourquoi son enseignant de piano, Mr Screech, semble-t-il si enthousiasmé par ses mains? Pourquoi une camarade de classe prend-elle la fuite en courant en apprenant qu'il prend des cours auprès de ce drôle de monsieur?

Le verdict: que du plaisir! 😍 Si ce roman relève clairement de la littérature jeunesse, il est plutôt bien ficelé et sympathique. Le mystère s'épaissit de manière progressive et plutôt crédible. L'adulte comprend rapidement que les chapitres se terminent presque tous par une frayeur ou une fausse frayeur pour faire monter le suspense, mais je suppose que cela est mois flagrant pour un enfant qui a moins d'expérience et qui lit plus lentement. Je comprends très bien que j'aie autant adhéré à l'époque et j'ai bien envie d'essayer de reconstituer ma collection... 😍

mercredi 11 décembre 2019

Un été pour mémoire (1985)

Chronique express!


Dans Un été pour mémoire de Philippe Delerm, le narrateur – qui n'est, a priori, pas Delerm en personne – est de retour à Labastide, près de Montauban, suite à la mort de sa grand-mère. Il se remémore ses souvenirs d'enfance et commence un été qui sera le dernier, ses oncles et tantes ayant décidé de vendre la vieille maison familiale...

J'ai vu des chroniqueurs qualifier ce roman de "poème en prose" et je trouve que cela rend bien l'idée de cette rédaction soignée et magique, dans laquelle se reflètent le rythme des pensées et le fil des souvenirs. L'ouvrage est très différent des œuvres de Delerm que j'ai lues jusqu'à maintenant, qui se découpaient en courts chapitres portant sur des sujets indépendants les uns des autres. Ici, le narrateur raconte son été de manière relativement linéaire à partir du trajet en voiture qui le ramène dans les terres de son enfance: le retour dans la maison, les retrouvailles avec la famille à l'occasion de l'enterrement, les longues parties de pêche solitaires au bord de la Garonne, la rencontre d'une petite fille, Marine, et enfin le départ en septembre. Si certaines phrases sont un peu bizarres ou confuses, comme une légère crise de lyrisme, le ton est dans l'ensemble très beau et tout à fait déchirant tellement il capture bien la saveur d'éternité des souvenirs d'enfance – une époque envolée à jamais.
"Brétounel, Camparol, Gandalou, la vie de ce temps-là inventait les couleurs, il ne reste que la chanson, Camparol, Gandalou, grand-mère quelque part dans la douceur des mots d'avant."
Fatalement, tout ceci m'a tiré des larmes. Bref, lisez Philippe Delerm...

vendredi 6 décembre 2019

La gamelle de novembre 2019

Placé sous le signe de l'écriture grâce à ma participation (toute relative, en réalité) au NaNoWriMo, ce mois de novembre a été fort agréable, d'autant plus qu'il a commencé avec Equita Lyon et s'est terminé avec Les Rencontres de l'imaginaire de Sèvres. J'ai même réussi à aller au cinéma trois fois, ce qui est devenu exceptionnel... 😁

Sur petit écran

Rien. Ou plutôt: des bouts d'Ocean's Eleven, d'Ocean's Twelve et du Meilleur pâtissier de France. Mais ce n'est pas moi qui regardais la télé à ces moments-là. 😅

Sur grand écran

Abominable de Jill Culton et Todd Wilderman (2019)


Un dessin animé très sympathique, plein de sentiments positifs et de personnages attachants mais pas naïf pour autant. À noter, la scène de vol dans les nuages, très poétique et jolie.

Sorry We Missed You de Ken Loach (2019) 


Dur portrait des conditions de travail d'un livreur "indépendant", mais aussi de celles de sa femme, aide à domicile, et de la difficile croissance de leurs deux enfants dans une famille aux revenus limités et écrasée de travail. Si le film ne présente pas de "patte" ou de mise en scène particulière, il sonne très juste et évoque quasiment un documentaire. Le jeu des acteurs est très réaliste, on dirait de vrais personnes. Mon copain s'était fait livrer un câble par Amazon à 20h l'avant-veille et j'ai regretté qu'il ne soit pas présent à la séance...

La Reine des neiges 2 de Jennifer Lee et Chris Buck (2019)


Malgré quelques fausses notes (ahah), comme des morceaux de chansons pas très bien calés sur la musique ou une révélation fumeuse sur la mort des parents d'Elsa et Anna, j'ai tellement adoré ce film que je ne sais pas par où commencer. C'est, comme le premier, une histoire d'empowerment, d'acceptation de soi et de passage à l'âge adulte avec les quatre parcours d'Elsa, d'Anna, d'Olaf et, dans une moindre mesure, de Kristoff. Les personnages ont évolué par rapport au premier film et évoluent au fil de leur aventure. Le deuil est présent aussi, avec une scène tout à fait inattendue suivie d'une chanson qui m'a fait pleurer. Le tout est aussi drôle (merci Olaf!), enthousiasmant (merci les rennes qui chantent!) et SUPERBE (le cheval, putain!). À voir au cinéma pour profiter pleinement de ces images magnifiques et avoir envie, vous aussi, de partir into the unnnkkknnnnooooooowwwwwwwnnn. 🎶

Du côté des podcasts

Je continue avec Simple & Cité de Florie Teller, j'ai commencé Les Bulles Nomades de la même podcasteuse, j'ai écouté les émissions de La Compagnie des auteurs sur Émile Zola, Emmanuel Carrère et Annie Ernaux et j'ai même touché à La Méthode scientifique. Quand je pense à toutes ces années de vaisselles et de marches silencieuses, j'ai envie de pleurer.

Et le reste

J'ai lu un épais hors-série de Mad Movies sur les adaptations série et télé des écrits de Stephen King. Passionnant, comme d'habitude. Je vous épargne une photo à cause de la luminosité déplorable dans mon appartement.

Je n'ai pas eu le temps de lire mon Cheval Mag en fin de mois, le numéro de décembre étant arrivé un peu tard.

Et vous, qu'avez-vous découvert de beau en novembre? 😊

dimanche 1 décembre 2019

Flatland (1884)

Dans le roman Flatland. A Romance of Many Dimensions d'Edwin A. Abbott, l'univers est plat. Littéralement. C'est un monde en deux dimensions peuplé de figures géométriques, comme des carrés et des triangles, vivant dans des maisons plates. La société est très hiérarchisée en fonction du nombre d'angles des habitants. Ainsi, les lignes droites, les femmes, sont tout en bas de l'échelle sociale, tandis que les cercles (ou plutôt les polygones présentant tellement d'angles et de côtés qu'ils semblent des cercles) sont tout en haut.


Dans la première partie, le narrateur, un carré, décrit longuement le fonctionnement de Flatland: comment les habitants peuvent espérer voir leurs enfants monter dans l'échelle sociale, comment le nombre d'angles et la longueur des côtés influence le rôle dans la société, comment les figures se reconnaissent et s'organisent. Par exemple, les femmes présentant une extrémité pointue, elles peuvent se révéler dangereuses pour les autres figures, qu'elles pourraient percer. Elles disposent donc d'une entrée séparée dans les habitations et sont tenues de toujours signaler leur présence oralement, pour éviter tout accident. Les triangles avec des angles très aigus sont également dangereux. Plus un triangle a un angle aigü, d'ailleurs, moins sa vie a de valeur...

Dans la deuxième partie, notre carré décrit un rêve étonnant dans lequel il a vu un univers réduit à une simple ligne, puis sa découverte de l'existence d'un univers à trois dimensions grâce à l'irruption dans sa vie d'une sphère. Ce solide est pour lui inconcevable; quand la sphère lui explique qu'elle se compose d'une infinité de cercles superposés les uns aux autres, il est en effet incapable de comprendre la notion de superposition. Dans son univers, il y a un nord et un sud, mais pas d'au-dessus ou d'en-dessous. La sphère devra l'arracher à Flatland pour qu'il comprenne combien son monde est limité.

Ce court roman est tout à fait brillant. Il se lit tout seul et aborde des notions philosophiques et politiques tout à fait sérieuses avec une simplicité et une clairvoyance remarquables. La société très hiérarchisée de Flatland est en effet soigneusement maintenue en place par une combinaison de répression (mise à mort des figures irrégulières, par exemple) et d'espoir (le fait que la descendance des figures gagne, dans certains cas, un côté à chaque génération [le fils d'un pentagone sera un hexagone] cristallise les espoirs des parents, qui ne remettent pas en cause la société).

Mais le plus remarquable reste la présentation très claire de ce que voit ce pauvre carré quand la sphère débarque dans son salon. Comme il n'y a pas de hauteur dans son monde, il NE PEUT PAS avoir la sphère. Il voit seulement l'interception de la sphère et du plan de son monde, soit.... un cercle qui change de taille. Une fois soulevé de son plan d'existence, le carré, converti à l'existence d'une troisième dimension, ira jusqu'à supposer l'existence de mondes en quatre dimensions... Cinq dimensions... Et pourquoi pas six?

Si jamais le lecteur a du mal à visualiser tout ça, Adwin A. Abbott a parsemé son livre de petites figures très agréables et délicieusement rétros qui contribuent à faire de ce roman un agréable voyage dans le temps vers un XIXe siècle, voire un XVIIIe, aussi charmant dans son style que moderne et horrible dans son fonctionnement. Une belle lecture que je recommande.

Allez donc voir ailleurs si ce carré y est!