samedi 30 avril 2022

Shining in the Dark (2017)

Chronique express!

Une couverture de toute beauté réalisée par Zariel.

À l’occasion des vingt ans de Lilja’s Library, un site sur Stephen King, son responsable, Hans-Åke Lilja, a publié un recueil de douze textes: un écrit par Stephen King lui-même et onze qui lui rendent hommage ou ont un lien avec son œuvre. Ainsi, le Cœur révélateur d’Edgar Allan Poe, proposé ici dans sa traduction de Baudelaire, est utile pour comprendre le texte de King, le Compresseur bleu, traduit de l’anglais par Éric Holstein. Hélas, comme le laissaient présager les chroniques de Tigger Lilly et Xapur, le tout n’est pas bien qualitatif. Seuls trois textes m’ont un minimum marquée: le Roman de l’Holocauste de Stewart O’Nan, traduit par Éric Holstein, qui montre le décalage entre l’image d’un écrivain et son for intérieur, l’Amour d’une mère de Brian James Freeman, traduit par Annaïg Houesnard, qui évoque la nouvelle The Woman in the Room de Stephen King (dans le recueil Night Shift), et le Manuel du Gardien de John Ajvide Lindqvist, traduit par Éric Holstein, qui m’a amusée parce que mon copain joue à de nombreux jeux de rôles.

Les deux traducteurs sont cités dans le sommaire, en gros caractères, c’est vraiment chouette. En revanche, on apprend dans l’intro que le texte de Lindqvist a été écrit en suédois et traduit en anglais par Marlaine Delargy. Toute la question qui se pose est donc: Éric Holstein traduit-il aussi du suédois, ou a-t-il traduit la traduction de Marlaine Delargy? J’aurais bien aimé savoir. Et s’il a traduit la version anglaise, pourquoi l’éditeur français, ActuSF, n’a-t-il pas cherché un traducteur suédois>français? 🤓

Un grand merci à Xapur pour cette lecture! 😃😃

Allez donc voir ailleurs si ces phalènes y sont! 🦋
L’avis de Tigger Lilly
L’avis de Xapur

lundi 25 avril 2022

TysT (2022)

Les éditions Scylla, dont j’ai déjà lu Il faudrait pour grandir effacer la frontière, Roche-nuée et Bienvenue à Sturkeyville, organisent actuellement un nouveau financement participatif afin de publier TysT, un court roman de luvan. J’ai eu la chance de lire ce texte avec un peu d’avance…


L’intrigue

Euh bein, l’intrigue n’est pas facile à présenter, justement. J’ai même dû lire deux fois le premier chapitre pour bien le cerner (et, pour tout vous dire, je l’ai lu une troisième fois avant de m’embarquer dans cette chronique 😅). La narratrice est une humaine, a priori, mais éveillée: elle peut passer de notre monde, le pays dormant, à un autre, le pays vif. Pour cela, il lui faut trois objets, des soga, et un nœud, un lieu chargé symboliquement pour elle, où elle a vécu quelque chose d’important. Une fois arrivée en pays vif, elle accepte d’accomplir une quête en compagnie d’un corbeau, Courroux Clapet Dhorst, et d’une hort, Bibi Ziggurat Tremeneur. Qu’est-ce qu’une hort, me demandez-vous? Eh bien, je ne sais pas. Mais c’est poilu… 👀

Le style

Ce que je viens d’écrire est beaucoup plus factuel et rationnel que le texte de luvan, qui est hautement onirique et plein d’implicites et de brumes. Étant donné que je ne lis qu’au moment du coucher et que j’ai tendance à m’endormir toutes les dix minutes, le fait que rien ne soit expliqué ne m’a pas aidée. Mais je ne pense pas qu’il faille vraiment comprendre ce récit et cet univers. Il s’agit plutôt d’un texte à prendre comme il est, par lequel il faut se laisser porter, en vue de se laisser aller à rentrer dedans. En soi, le style est superbe, riche et évocateur, ce qui colle parfaitement au pays vif et à l’atmosphère de ces réalités parallèles, qui se mêlent malgré tout.
"Je suis en pays vif. Je suis en pays dormant. J’existe simultanément ici et là.
Les éveillées ne quittent jamais l’ici quand elles gagnent le là."
C’est une ambiance tout à fait appropriée pour la Bretagne, où se situe une partie de l’action: une Bretagne brumeuse, pleine de légendes et de chansons. Pour tout vous dire, c’est, un peu comme Vert-de-Lierre de Louise le Bars (mais en beaucoup plus abouti), le genre de texte que j’aurais aimé, moi, écrire à un moment donné de ma vie, notamment quand j’étais émerveillée par les Brumes d’Avalon de Zimmer Bradley et la minisérie Merlin de 1998. 💔

luvan évoque aussi un avenir peu reluisant pour l’humanité, avec la mention de la troisième guerre et de la fermeture des frontières, mais on n’en saura presque rien. La narratrice, âgée d’une cinquantaine d’années au début du roman, a consacré sa vie à la musique et ne semble pas s’être penchée sur les tourments du monde. Il y a, en revanche, des passages poignants sur sa relation avec sa sœur, cette dernière étant partie vivre à l’autre bout de la planète longtemps auparavant.

Le roman s’accompagne d’une playlist, d’un jeu de rôle d’écriture solo créé par Melville Tilh-Pluñvenn (je n’ai pas essayé de jouer, mais j’essaierai peut-être quand j’aurai la version papier), de superbes illustrations intérieures réalisées par Stéphane Perger, de cartes et de symboles dessinés par Arnaud S. Maniak et d’une postface de Laurence Jonard.

Moralité: maintenant que je connais la fin, je devrais lire ce roman une deuxième fois, afin de mieux en savourer le style sans autant essayer de raccrocher les wagons entre deux endormissements. 😅 Je suis certaine, de toute façon, que c’est un texte qu’on peut lire plusieurs fois, en explorant sa richesse plus à fond à chaque fois!

Allez donc voir ailleurs si TysT y est!
L'avis de Tigger Lilly
L'avis de Vert

mercredi 20 avril 2022

To Be Taught, If Fortunate (2019)

Chronique express!


Ayant adoré The Long Way to a Small Angry Planet de Becky Chambers, j’avais très envie de continuer avec cette autrice merveilleuse, qui avait proposé un premier roman si doux à lire. J’ai donc sauté sur To Be Taught, If Fortunate quand je l’ai vu en librairie (béni soit l’American Book Centre d’Amsterdam d’avoir du Becky Chambers en rayon, et même plusieurs bouquins de Becky Chambers en rayon 💖).

Et quel plaisir. D’une part, ce livre est très court, et j’ai donc pu le lire en un temps raisonnable (cinq jours?), ce qui m’a évité de perdre totalement le fil comme je le fais d’habitude. Il se divise en quatre parties, chacune présentant l’exploration d’une planète par une équipe de scientifiques humains, qui ont quitté la Terre au XXIIe siècle. On découvre ainsi quatre mondes différents, qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, et on partage le plaisir des chercheurs espérant trouver des formes de vie, puis les cataloguant. Et quand les choses se passent mal, on peine avec eux – même si, Becky Chambers oblige, le scénario du pire ne tourne pas non plus à l’horreur. (C’est comme chez Arthur C. Clarke: vous pouvez lire tranquille, a priori personne ne finira découpé en morceaux. Quel soulagement. Quel bonheur.) De manière plus générale, j’adore la vision de la science présentée ici: la science comme facteur de progrès et de connaissance, portée par une volonté partagée de gens différents les uns des autres. La fin m’a carrément donné la chair de poule. Et le titre, extrait d’un message de Kurt Waldheim, ancien secrétaire général des Nations Unies, est un programme d’humilité et de foi en la science à lui tout seul. Cette édition Hodder se termine, en outre, par un échange de questions-réponses entre Becky Chambers et sa mère, Nikki Chambers, qui est prof d’astrobiologie. Formidable.

En écrivant cette chronique, je réalise qu’on peut clairement dire que Becky Chambers est la digne héritière d’Arthur C. Clarke. Je suis joie. 😍

vendredi 15 avril 2022

Le Docteur Pascal (1893)

Depuis quatre ans, je relis les Rougon-Macquart avec Tigger Lilly, et parfois d’autres intrépides lecteurs. Quatre ans de grands moments et de scènes grandioses, avec quelques passages moins convaincants, mais toujours dans l’extase zolienne.

En ce début d’année, a sonné l’heure du dernier tome, le Docteur Pascal, paru en 1893 et lu également en compagnie de Baroona.


Et hélas, le baisser de rideaux n’a pas été à la hauteur du spectacle…

L’intrigue

Le docteur Pascal vit à Plassans, le fief des Rougon, en compagnie de sa nièce Clotilde, la fille de Saccard (vous savez, le gars qui spéculait à mort sur l’immobilier parisien dans la Curée et sur la naïveté des catholiques dans l'Argent). Il coule de longues et belles journées à étudier l’hérédité, notamment dans sa famille de fous furieux, les Rougon-Macquart, et à soigner ses patients par des injections improbables de matière cérébrale (…).
Hélas, sa relation avec Clotilde tourne au vinaigre sous l’influence de Félicité, la féroce matriarche Rougon. Et puis, l’esprit de Pascal se détraque avec l’âge. Pascal et Clotilde se disputent. Pascal s’épuise au travail. Pascal déprime. Puis Pascal comprend qu’il est, en fait, amoureux de Clotilde…

Des considérations philosophiques floues

Évacuons d’emblée un des problèmes de ce roman: les recherches parfois délirantes de Pascal et ses conversations floues avec Clotilde. Pascal a beau être un médecin super motivé, je ne le laisserais jamais m’injecter quoi que ce soit. 👀 Il y a pas de mal de pages sur ses réflexions sur l’hérédité ou la médecine et ce n’est pas bien intéressant. Ses échanges avec Clotilde sont quant à eux flous. Il y a toute une scène capitale où ils affrontent leurs points de vue – lui est athée, elle est croyante – et c’était tellement flou que je ne comprenais pas bien qu’ils s’estiment en opposition.

Des nichons à gogo et l’exaltation de la femme jeune regénérant l’homme vieux

Passons maintenant au deuxième problème: la relation entre Clotilde et Pascal. Précisons d’emblée que ladite relation n’a rien d’un viol. Clotilde a vingt-cinq ans au moment du roman et est donc une adulte, il n’y a pas de manipulation d’une enfant. Et pour une rare fois vu l’époque, elle est informée sur le sexe, car elle a toujours lu les bouquins de médecine de Pascal, il n’y donc pas non plus d’exploitation de l’ignorance. Et l’attirance est réciproque. Mais néanmoins. NÉANMOINS. Pascal a élevé Clotilde pendant des années et lui a tout appris. Elle l’appelle "Maître" comme si elle était à l’école. Pascal a cinquante-neuf ans. Clotilde en a vingt-cinq. En chiffres: 59 et 25. Ils sont trente-quatre ans d’écart. En chiffres: 34. Et ils sont oncle-nièce. Clotilde est la fille du frère de Pascal. Quelle bonne idée, de coucher ensemble! 🤯🤯🤯

Au-delà de la différence d’âge, c’est le traitement du corps de Clotilde qui m’a renversé le cerveau. Clotilde est jeune. Donc, Clotilde est mince et pleine de vie. Elle a une taille fine, des jambes musclées, et surtout, SURTOUT, elle a des nichons bien fermes et bien sexy. C’est important que le lecteur le sache. Et comme elle est jeune et pleine de vie et équipée de nichons bien fermes, Pascal revit! Pascal retrouve sa propre jeunesse! Exaltation suprême: à la fin du roman, Pascal apprend qu’il l’a mise enceinte!

Au-delà du traitement du corps de Clotilde, c’est le parallèle avec la vie de Zola et les dédicaces du bouquin qui m’ont renversé le cerveau. Car Zola a, lui aussi, couché avec une femme beaucoup plus jeune que lui, sa lingère Jeanne Rozerot, et eu des enfants très tard. Impossible de ne pas croire qu’il parle de lui en parlant de Pascal. Et Zola, avec une finesse hors pair, a dédié ce roman….. à sa femme, Alexandrine. Sa femme qui a été cocue pendant vingt ou quinze ans. "Regarde, ma chérie, je t’ai dédié ce roman dans lequel j’explique ce que c’est bien de coucher avec une fille qui a la moitié de mon âge et des seins bien fermes." Et il a écrit à ses enfants qu’ils sauraient, en le lisant, "combien [il avait] adoré leur mère". Ou ses seins, donc.

La vie qui va

Comme la fin de Germinal et certains passages de la Faute de l’abbé Mouret, le Docteur Pascal encense la vie: la vie qui continue à l’infini, qu’on le veuille ou non, et apporte toujours de nouvelles promesses. C’est un message qui me parle, de manière générale. Ici, toutefois, il est réduit à la virilité retrouvée de l’homme mûr qui se croyait impuissant et enterré et à la procréation. Clotilde tient d’ailleurs à expliquer que le sexe, c’est pour enfanter, sinon ça n’a pas de sens. Mon cerveau a continué de se renverser.

Quelques bons souvenirs, tout de même

Je râle, je râle, mais il y a quand même quelques éléments qui surnagent dans ce roman. D’une part, un chapitre est dédié à l’arbre généalogique des Rougon-Macquart, ce que je trouve exaltant: on retrouve toute la famille qu’on connait depuis vingt romans, c’est beau.
"Et c’était Saccard encore, à quelques années de là, qui mettait en branle l’énorme pressoir à millions de la Banque Universelle, Saccard jamais vaincu, Saccard grandi, haussé jusqu’à l’intelligence et à la bravoure de grand financier, comprenant le rôle farouche et civilisateur de l’argent, livrant, gagnant et perdant des batailles en Bourse, comme Napoléon à Austerlitz et à Waterloo, engloutissant sous le désastre un monde de gens pitoyables..."
Il y a aussi quelques personnages de grand relief, comme le détestable oncle Macquart, qui connaîtra une mort à sa hauteur (🔥👀), la spectaculaire Félicité, plus grande que nature que jamais, et le pauvre petit Charles, qui mourra d’une triste mort. (Oui, deux des éléments positifs de ce roman sont des décès, prouvant une fois de plus que Zola excelle dans le domaine. 👀) Je retiendrai aussi les promenades de Pascal et Clotilde dans la ville de Plassans, car, malgré ce que je reproche à leur relation, ils s’aiment sincèrement et marchent joliment ensemble, dans le triomphe et l’insouciance du bonheur comme dans la peine et l’anxiété du malheur.

Et voilà. Une fin de saga en demi-teinte, et même franchement décevante, donc. Je n’arrive pas à croire que j’avais oublié les détails de cette histoire tellement c’est renversant. 🙃

Allez donc voir ailleurs si ces nichons y sont!
L'avis de Baroona
L'avis de Tigger Lilly

dimanche 10 avril 2022

Les étoiles qui meurent dans le ciel (2020)

Allongé dans le jardin de ses grands-parents, Jacques regarde les étoiles. Un jour, il en voit une s’éteindre. Elle est morte. C’est le choc. À partir de là, il oriente toutes ses études vers l’étude des étoiles, jusqu’à se lancer dans une thèse sur les effets du mouvement sur le vieillissement des astres. Un millionnaire philanthrope s’empare de son sujet et de son projet de machine en annonçant à tous qu’ils vont "arrêter le temps". Direction une zone désolée de la Russie pour construire une machine inédite…

J’ai adoré les Étoiles qui meurent dans le ciel de Benjamin Lesage, roman que j’ai dévoré. C’est super humain, avec plein de sentiments et de ressentis subtils, expliqués avec une grande précision et simplicité. Tous les personnages sont posés efficacement, en quelques paragraphes, mais semblent très réels à la fois.

"Monsieur Troupont a eu une vie bien remplie et, par habitude, il vit pour la remplir un peu plus encore. Son passé, aussi glorieux qu’il puisse être, lui importe bien moins que le futur qui s’élance à toute allure devant lui et dont il peine à suivre les méandres. Il se tient au courant des avancées de ce monde qui tourne décidément trop vite grâce à son fidèle Hippolyte, son majordome, qui se prénomme en réalité Bernard."
J’avais une petite inquiétude à cause de "l’opposition des militants écologistes" mentionnée en quatrième de couverture, mais lesdits militants, ou plutôt la militante que l’on suit de près, ne sont pas du tout présentés comme des réactionnaires anti-progrès. Ils forment le seul élément doux-amer du roman, avec leur volonté de se battre contre des moulins à vent qui peut parfois s’étioler face aux difficultés sans cesse répétées…Entretemps, Google m'a appris que l'auteur vit dans un éco-hameau, alors je m'étais vraiment inquiétée pour rien. 😉

Si vous lisez ce blog avec une très grande attention, vous vous souvenez peut-être que j’ai râlé deux fois contre les histoires écrites au présent durant les derniers mois: une fois à propos de The Stars are Legion de Kameron Hurley et une fois à propos du recueil Vampires Never Get Old. Ici, c’est le contre-exemple: le roman est au présent, et c'est très bien! J’irais même plus loin: ça implique le lecteur, ça donne au récit quelque chose d’universel. Comme quoi tout dépend de l'auteur... 

En bref: une belle réussite pour une lecture qui saura ravie aussi bien les jeunes lecteurs que des adultes.

Éditions Courtes et Longues.

Pourquoi ce livre?
Parce que j’ai rencontré l’auteur au salon du livre de Boulogne-Billancourt et qu’il est sympa. 😊

mardi 5 avril 2022

Les BD du premier trimestre 2022

Comme d'habitude, retour sur les BD et comics lus durant le trimestre écoulé.

Dark Avengers de Michael B. Bendis (scénario) et de multiples dessinateurs, traduit de l’anglais par Jérémy Manesse et Khaled Tadil (2009)

J’ai lu avec un certain plaisir cette série de seize épisodes mettant en scène une équipe de superméchants dirigés par Norman Osborn, alias le Bouffon Vert. Après l’invasion de la Terre par les Skrulls, le S.H.I.E.L.D. a été démantelé et ses leaders sont passés dans la clandestinité. C’est le H.A.M.M.E.R., présidé par Norman Osborn, qui est responsable de la paix sur Terre. Quant aux Avengers, ils ont été remplacés par les Dark Avengers: Venom (qui se fait passer pour Spiderman), Arès (qui remplace Thor), Moonstone (qui se fait passer pour Ms. Marvel), Bullseye (un méchant de Daredevil qui se fait passer pour Hawkeye), Noh-Varr (un Kree qui se fait passer pour Captain Marvel), Daken (le fils de Wolverine, qui se fait passer pour son père) et Sentry (l’équivalent Marvel de Superman). Le problème de cette série, c’est qu’elle est un "tie-in", une série en soutien d’une ou plusieurs autres séries, et qu’elle ne se suffit donc pas à elle-même. Par exemple, les épisodes 7 et 8 voient débarquer les X-Men en pleine action sans aucune explication, car il s’est passé des tas de trucs dans d'autres comics. C’est déroutant. Je suis contente de l’avoir lue car j’aime bien certains de ces méchants et le personnage de Victoria Hand, la directrice adjointe du H.A.M.M.E.R. (et puis, j’en avais besoin pour le boulot, donc…), mais décidément, il faut beaucoup de volonté pour prendre les comics Marvel en cours de route…
Mise à jour: j’ai ensuite lu les séries Utopia, traduite de l’anglais par Nicole Duclos, et Siege, traduite de l’anglais par Jérémy Manesse, ce qui m’a permis d’avoir l’histoire complète. Pour savoir dans quel ordre lire Siege, vous pouvez demander l’aide de l’ami Xapur. 🤪
Éditeur: Panini (en kiosque)

La Ligue des chats contre l’humain écolo de Bénédicte Moret (2022)

Une bande dessinée amusante sur Pascal, un chat bien déterminé à empêcher son humaine de le nourrir de croquettes bio, et Michel, lui aussi un chat, peu réceptif à ses enseignements et plans machiavéliques. J’ai bien rigolé, mais le concept du chat en guerre contre son humain commence à me sembler un peu éculé, et le titre m’avait laissée entendre des actions "écolo" de plus grande envergure. Or, pour l’instant, la seule action écolo de l’humain, c’est justement des croquettes bio…
Éditeur: Le Lombard

Warren Ellis présente Hellblazer de Warren Ellis et de multiples dessinateurs, traduit de l’anglais par Philippe Touboul (2015)

Après Garth Ennis, place à Warren Ellis, qui a scénarisé onze épisodes de Hellblazer en 1998 et 1999. Les numéros 134 à 139 forment une histoire complète, "Hanté", que j’ai trouvé très réussie et dans laquelle John Constantine enquête sur le meurtre (particulièrement macabre et répugnant 🤢) d’une de ses ex. Les numéros 140 à 143 sont tous indépendants et m’ont paru plus anecdotiques, sauf la deuxième partie du 142, qui montre toutes les ex de Constantine (dont celle dont j’ai déjà parlé) et déborde de mélancolie. Enfin, cette intégrale contient l’épisode intitulé "Tire", qui parle de tueries à l’arme à feu dans les écoles américaines et que DC a refusé de publier car le massacre de Columbine s’est produit juste avant la date de sortie prévue… C’est d’ailleurs ce désaccord entre scénariste et maison qui a mis fin à leur collaboration. Un épisode éclairé, qui contient tout le débat sur les armes à feu. Enfin, l’introduction est rédigée par Philippe Touboul, traducteur français de Hellblazer, et retrace l’histoire éditoriale du personnage, ce qui est très intéressant. (Faut-il rappeler que les traducteurs sont extrêmement bien placés pour parler des œuvres qu’ils traduisent?) Tout ceci confirme que j’adore Hellblazer – mais ça, je l’avais déjà compris.
Éditeur: Urban Comics

Hellblazer, épisodes 146 à 174, par Brian Azzarello (scénario) et de multiples dessinateurs (2000-2002)

J’attendais beaucoup des épisodes de Hellblazer scénarisés par Azzarello car les GG Comics en ont dit du bien lors de leur épisode dédié, mais j’ai été plutôt déçue. Les épisodes 146 à 150 sont dessinés par Richard Corben et j’ai détesté: les visages sont difformes et caricaturaux, ça m’a complètement sortie du truc. En plus, je n’ai pas reconnu John Constantine, qui a l’air super puissant sans faire de rituel magique, alors que jusque là, il était plutôt dans la simple évocation de démons, il n’avait pas l’air capable de rendre tout le monde dingue ou de faire passer un homme pour une femme. Et cet arc se passe en prison, avec un mec qui dit dès la première planche "toutes mes dents qui sautent… parce que comme ça, ça glisse mieux", ce que j’ai interprété comme une référence à la fellation (forcée, bien sûr: un mec puissant dans la prison en prend un autre comme objet sexuel). Je n'ai aucun problème avec les possessions démoniaques et les carnages, mais alors ce truc, ça m’a dégoûtée et terrifiée.
Les épisodes suivants sont dessinés dans la plupart des cas par Marcello Frusin, si j’ai bien compris, et c’est beaucoup mieux. Mais Constantine est méchant et moqueur envers les faibles, et il a un sourire carnassier que je ne lui ai jamais vu. Constantine n’est pas quelqu’un de bien, on le sait depuis le début: il est lâche, il sacrifie des gens s’il le faut, et il est désabusé. Mais il y avait aussi une souffrance partagée avec les gens écrasés par le système. Je n’ai pas du tout retrouvé ça ici. Ajoutez à cela que je crois n’avoir pas compris l’intrigue globale liée au suicide de son pote Lucky (Constantine est vraiment mort, à la fin? Il a couché avec le gars riche ou pas? Pourquoi Lucky s’est suicidé, juste pour que sa femme ait l’argent de l’assurance-vie? Comment sa femme l’a-t-elle convaincu de le faire?).
J’ai lu les épisodes 146 à 163 dans l’édition française de TOTH, traduite de l’anglais par Jean-Marc Lainé, et les épisodes 164 à 174 dans l’édition américaine de Vertigo.

Sous les arbres. Tome 4: Le premier printemps de Dan (2022)

Après l’automne et l’hiver, puis l’été, est enfin arrivé le printemps. Et il a fait fort, avec un papa sanglier et son bébé marcassin mignon à mourir (plus que bébé Yoda!) qui aimeraient faire un bouquet de fleurs mais n’y arrivent pas à cause des éternuements du petit. C’est TROP mignon, c’est MERVEILLEUX, et en fait c’est trop triste et j’ai pleuré à la fin. Cette série est extraordinaire dans sa simplicité, je recommande de l’acheter sans hésitation à tous les enfants! Ma seule réserve, comme je l’ai déjà dit, c’est que c’est encore un univers où les femmes existent à peine… C’est chaud de voir qu’on conçoit encore des œuvres comme ça pendant les années 2020…
Éditeur: les éditions de la Gouttière 

Mes Hommes de lettres de Catherine Meurisse (2008)

Une brève histoire de la littérature française en bande dessinée, avec plein d’humour dans les mises en situation des écrivains et de leurs personnages. La partie sur Zola m’a bien fait marrer. La préface est dispensable, mais elle est signée François Cavanna, alors elle est bien quand même. 😉
Éditeur: Sarbacane

jeudi 31 mars 2022

La gamelle de mars 2022

Comme d'habitude, retour sur le mois précédent. Qu’ai-je vu ou lu, à part des bouquins et des BD?

Sur grand écran

The Batman de Matt Reeves (2022)
C’était long (2 h 50, je crois) et, en plus, ça n’en finissait pas. Ça se prenait au sérieux. C’était viriliste et misogyne. Il y avait une amourette cliché et inutile. J’ai détesté la partie catastrophe naturelle à la fin. Malgré tout, j’ai adhéré. J’ai adoré la lenteur délibérée, les zones de nuit qui sont vraiment des zones de noir où on ne voit rien, la musique, l’ambiance crépusculaire d’une Gotham en main à la pègre. Ce film est truffé de faiblesses, c’est certain, et je suis sérieuse quand je dis qu’il est viriliste et misogyne; j’ai la flemme d’écrire ça en longueur mais c’est le parfait exemple de l’univers du Mâle. À côté de moi, mon mec a agonisé tellement il a trouvé ça nul. Mais, moi, j’ai été prise dedans. DC a osé aller au bout de son idée et a enfin un peu de crédibilité technique, loin de la gadoue numérique de Batman v. Superman et de League of Justice. Et Robert Pattinson est super. Il ne parle pas beaucoup, il est tout le temps masqué ou presque (d’ailleurs, c’est quand on le voit en Bruce Wayne, sans masque, que ça ne va pas!), mais il dégage un truc de malades.
Et il y a des chats. "I have a thing with strays." 😉

Kill Bill Vol. 2 de Quentin Tarantino (2004)
Un deuxième volume formidable, aussi mythique que le premier. Les mots me manquent pour décrire mon enthousiasme. Uma Thurman est toujours aussi excellente et David Carradine crève l’écran. La moitié des poses et des répliques sont culte. Les combats et les personnages sont géniaux. La scène de l’enterrement prend aux tripes. Celle d’Uma Thurman commandant un café en sortant du cimetière est à mourir de rire. Bravo, Quentin!

Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997)


Un chef d’œuvre que j’ai adoré redécouvrir au cinéma. Les images et la musique sont superbes et le propos est extrêmement riche: rapport à l’environnement avant tout, mais aussi pacifisme, émancipation féminine, rapports humains en général, place de chacun dans la société ou le groupe. Une merveille. Un seul bémol pour moi : je n’aime pas du tout le dieu-cerf, ce qui fait qu’il y a un creux pour moi vers la fin, quand il est plus présent. Mais ce dessin animé est une merveille quand même. Et Yakuru, le simili-bouquetin, est ex-tra-or-di-nair-re.

Ambulance de Michael Bay (2022)
Comme pour Kill Bill Vol. 2, les mots me manquent – mais en mal. L’expérience que l’on vit en voyant ce film est indescriptible. La caméra ne tient pas en place une seule seconde et les images sont illisibles. Dans bien des scènes, je n’ai rien compris aux déplacements des personnages dans l’espace, c’était une catastrophe. L’humour était parfois improbable (les flamants roses 👀) et certains éléments étaient tellement ÉNORMES que j’en ris encore (Mesdames et Messieurs, l’infirmière referme l’aorte d’un blessé avec une pince à cheveux!! UNE PINCE À CHEVEUX, s’il vous plaît! Putain! Vous les imaginez, les scénaristes qui ont dit "et si on refermait une aorte avec une pince à cheveux?" et Michael Bay qui a répondu "ouaaiiiiis refermons une aorte avec une pince à cheveux!!!" 🤣🤣🤣🤣).
Bon.
Je décide donc de vous parler de ce qui est positif dans ce film. Car il y a du positif, à part le fait qu’on rigole bien avec des amis. Premièrement, Cam, le personnage d’Eiza González, n’est pas sexualisé. C’est une femme belle et canon, mais bon, sa sexualisation se limite à du gloss sur ses lèvres et des manches courtes à son t-shirt, ce qui n’est pas de la sexualisation, à mes yeux. Du jamais vu chez Michael Bay, à mon avis. Elle n’est pas "filmée en kit", comme le faisait très justement remarquer quelqu’un dans un super podcast sur Transformers que j’ai écouté récemment (voir plus bas). Deuxièmement, le deuxième personnage féminin du film est grosse. Du jamais vu aussi chez Michael Bay, à mon avis. Bon, il n’y a toujours que deux ou trois femmes, perdues dans une planète d’hommes, mais je trouve que c’est mieux que quand les femmes en question sont mannequins et filmées comme des actrices de film érotique. Troisièmement, un des personnages masculins est homosexuel et embrasse vite fait son compagnon à l’écran.
Le monde change, mes petits. Le monde change.

Du côté des séries

Je regarde très, très lentement la Roue du temps. Trois épisodes en cinq semaines, ce n’est pas gagné…

Le podcast du mois

J’ai découvert le podcast Deux heures de perdues et j’ai écouté leur épisode sur Transformers de Michael Bay. Le premier Transformers, celui de 2007. Je n’ai jamais autant ri en écoutant un podcast. J’ai dû m’arrêter de marcher dans la forêt pour me plier en deux de rire. J’en reviens pas. C’est de là que vient la réflexion très pertinente sur la femme "filmée en kit": la caméra filme tour à tour les lèvres de Megan Fox, son nombril, ses seins, ses fesses…. J’adore cette expression, je vais tâcher de la réutiliser. Je devrais leur écrire pour les supplier de faire les Transformers suivants. Et de faire Ambulance. Je m’esclaffe par anticipation.

Et le reste

J’ai lu deux anciens numéros de Livres Hebdo, le Monde Diplomatique de mars et mon Cheval Mag habituel.


samedi 26 mars 2022

The Hidden Girl and Other Stories (2020)

Il y a quelques années (euh… cinq ans… Je n’en reviens pas que ça fasse si longtemps…), j’ai lu et apprécié The Paper Menagerie and Other Stories, un recueil de nouvelles de Ken Liu. Je me suis donc penchée avec grand intérêt sur The Hidden Girl and Other Stories, qui a l’air de correspondre vaguement au recueil français Jardins de poussière, paru en 2020 et encensé par plusieurs blogueurs.


Trois thèmes majeurs se dégagent de ce recueil: les relations parents-enfants, la transmission et la numérisation de la conscience. Voyons ça de plus près...

Ghost Days: une histoire de transmission entre la culture humaine et de nouveaux humains qui n’ont pas grand-chose en commun avec leurs ancêtres. Grâce à un objet issu de la culture chinoise, on recoupe trois époques différentes, deux sur Terre et une ailleurs.

Maxwell’s Demon: une histoire en pleine Deuxième Guerre mondiale, avec un lien entre des théories physiques et un élément fantastique chinois.

The Reborn: une histoire sur l’identité en mode enquête, voire thriller. On en tirerait facilement un film à gros budget…

Bon, ça ne démarrait pas fort pour moi avec ces trois textes: ils sont pertinents, oui, mais ne m’ont pas emballée.

Thoughts and Prayers: là, Ken Liu fait très fort, avec un texte coup de poing sur les trolls en ligne et le deuil familial. Marquant.

Byzanthine Empathy: là aussi, très bon texte percutant, qui donne à réfléchir sur l’évolution des secours humanitaires. J’ai trouvé ça excellent alors même que ça parle de cryptomonnaies, un sujet auquel je ne comprends rien.

The Gods Will not Be Chained: avec The Gods Will Not be Slain et The Gods Have Not Died in Vain, ce texte forme un triptyque sur Maddie, une jeune fille dont le père est mort et a été ressuscité de force sous forme de conscience numérique. C’est très humain, avec une belle mise en scène de l’amour familial, mais c’est aussi brillant dans l’exploration de la conscience numérique et… l’usage des émojis comme langage. 😃👀 Trop fort, ce Ken Liu. Il aurait toutefois mieux valu pour moi ne pas lire ces textes au moment où la Russie envahissait l’Ukraine et où on parlait de menace nucléaire, car la fiction résonnait un peu trop avec l’actualité.

Staying Behind: un texte post-Singularité, la Singularité étant l’apparition du premier homme à la conscience dématérialisée. La nouvelle explore plusieurs époques et suit plusieurs personnages et je me suis emmêlée les pinceaux dans qui était qui, donc je n’en ai pas bien profité.

Real Artists: une jeune femme passe l’entretien de sa vie pour travailler pour le studio cinématographique qui a créé les plus beaux films qu’elle a jamais vus. Sauf que le processus créatif n’est pas celui qu’elle croit. Bien qu’il m’ait plu sur le coup et qu’il soit probablement prophétique, ce texte ne m’a pas marquée.

Altogether Elsewhere, Vast Herds of Reindeer: un texte sur le départ, le post-humanisme et la transmission. Il est emblématique de ce recueil.

Memories of my Mother: un texte très humain sur une relation mère-fille très particulière. Je suis étonnée de ne pas avoir sangloté.

Dispatches from the Cradle: The Hermit–Forty-Eight Hours in the Sea of Massachusetts: Peu de souvenirs pour moi, si ce n’est que ça rentre dans la catégorie "évolution de l’humanité sur plusieurs siècles"... Et que Ken Liu a le chic pour les titres improbables!

Grey Rabbit, Crimson Mare, Coal Leopard: un interlude de fantasy fort plaisant!! Cette nouvelle m’a paru un peu moins maîtrisée que les autres, mais elle a un souffle épique franchement magique, prouvant ainsi, à l'instar de Watership Down, que le lapin est un animal à fort potentiel littéraire !! 🐰🐰🐰😍🐰🐰😍🐰😍🐰🐰😍🐰🐰🐰

A Chase Beyond the Storms: ce texte est extrait de The Veiled Throne, le troisième tome de la série (trilogie?) de la dynastie des Dents-de-Lion. J’ai eu du mal à raccrocher les wagons, évidemment, mais ça donne plutôt envie. Je crains toutefois que cette série ne soit assez exigeante…

The Hidden Girl: un nouveau texte plutôt de fantasy sur une fille enlevée (et cachée !) pour en faire une tueuse. Ça ne m’a pas marquée…

Seven Birthdays: j’avais déjà lu ce texte dans sa version française traduite par Pierre-Paul Durastanti (j'en ai dit deux mots ici) et je n’avais pas trop aimé. Je n’ai pas plus aimé cette fois-ci. En fait, je n’y comprends pas grand-chose…

The Message: une aventure père-fille sur une planète éloignée. J’ai compris le message avant les protagonistes, ce qui n’est pas bon signe, mais c’était pas mal du tout. Je pense qu’Arthur C. Clarke ne l’aurait pas renié.

Cutting: le recueil se clôt par un texte très court qui va à l’essentiel, et ce n’est probablement pas un hasard. Élaguer, élaguer, et ne garder que ce qui est chargé de sens…

Alors, cette deuxième rencontre avec Ken Liu est-elle une une réussite pour moi?

Oui. Ken Liu sait ce qu’il fait et a beaucoup de choses à dire. Il compte sur l’intelligence de son lecteur pour l’accompagner dans l’exploration des ramifications potentielles des techniques et des pratiques d’aujourd’hui. En revanche, je dois dire qu’il me manque un petit truc pour être transportée et adhérer à ses textes comme je le fais, disons, avec Tolkien, Zola ou Clarke. De l’humour, de la folie, je ne saurais le dire; quelque chose qui me fasse réagir avec mes émotions plutôt qu’avec mon cerveau. Pourtant, il y a de l’émotion dans ces textes. Mais peut-être manque-t-elle un peu de vie pour me faire réagir… Et les relations parents-enfants sont très présentes, ce qui n’est pas ma tasse de thé; dans The Message, j’ai carrément levé les yeux au ciel tellement j’ai trouvé culcul certaines réflexions du père pris de tendresse pour sa fille.

Enfin, ne laissez pas mes ronchonnements vous décourager: lisez Ken Liu, c’est très bien!

lundi 21 mars 2022

Le chien du forgeron (2021) 🐶

Cuchulainn est un héros de la mythologie celtique irlandaise. Dans le Chien du forgeron, Camille Leboulanger retrace son parcours grâce au récit d’un barde. On est probablement dans une taverne, le conteur demandant régulièrement qu’on lui remplisse son verre. Il n’y a plus qu’à se laisser porter par l’histoire…

Setanta est le fils du seigneur Sualtam et de Dechtire, la sœur du roi Conchobar. Il grandit dans la demeure de son père et sa mère lui transmet, en quelque sorte par anticipation, le récit de sa propre grandeur. Il deviendra un guerrier mythique. Lorsqu’il part enfin pour la cour du roi Conchobar, à l’adolescence, Setanta, pris d’une crise de rage meurtrière, tue le chien du forgeron Chulainn. Pour le punir, le roi le condamne à remplacer ledit chien pendant quelques jours. C’est ainsi que Setanta est surnommé Cuchulainn, le chien du forgeron…

Le ton de ce roman est super bien trouvé. Il y a un peu d’oralité, de manière à rappeler qu’il s’agit du récit d’un barde. Mais dans l’ensemble, c’est très élégant et précis dans ses descriptions, avec un joli ton à l’ancienne qui fait voyager dans le temps. On découvre une société celtique très intéressante, celle du premier âge du fer, avec sa structure sociale et ses mythes. On suit les aventures de Cuchulainn dans son pays natal, notamment avec la razzia des vaches de Cooley, et en Écosse, où il rend visite à la guerrière Scáthach. Comme dans les récits du roi Arthur, j’ai ressenti une certaine nostalgie mêlée d’angoisse, car bon, on comprend assez rapidement que tout ça ne peut pas bien se terminer…

Archétype du héros viril et du guerrier invincible, Cuchulainn est en effet porté par un égo démesuré – qui lui est, certes, insufflé par sa mère à l’origine, mais qui trouve un terreau très fertile dans son esprit d’enfant. Camille Leboulanger montre comment les évènements individuels et le système dans son ensemble poussent ce garçon dans une certaine direction et on voit en quelque sorte un monstre se construire sous nos yeux. Cela m’amène à la seule chose qui a un peu terni ma lecture, à savoir que cette virilité conquérante passe par le viol, et que quand j’ai compris que ça allait mal se passer pour les femmes, j’ai balisé un peu. Aucun viol n’est décrit et le récit est très pudique sur l’acte même, mais vous avez le temps de voir venir la catastrophe et d’en ressentir un certain malaise…

Sur ce point, et dans la figure d’Emer la blonde que j’ai tout de suite visualisée comme le personnage de Jodie Comer dans ce film, ce roman m’a beaucoup évoqué le Dernier duel de Ridley Scott. La volonté de montrer comment on en arrive à un certain point et de nommer un chat un chat est la même; le degré, en revanche, est différent, car le Dernier duel est autrement plus violent. Ici, je le répète, on ne voit aucun viol en direct.

En bref, ce roman est une réussite sur tous les plans: style de l’écriture, aventure, contexte mythologique et historique qui envoie du rêve, propos antiviriliste. Je lirai d’autres romans de l’auteur sans aucune hésitation s’ils croisent mon chemin et je garderai un œil sur les éditions Argyll, qui ont fait un très bon choix!

Je vous laisse avec la version Manau de l'histoire... 😉

Allez donc voir ailleurs si ce chien y est! 🐶
L'avis de Lorhkan

mercredi 16 mars 2022

The Geek Feminist Revolution (2016)

J’ai rencontré Kameron Hurley avec The Stars Are Legion, un roman de space opera que j’ai adoré il y a quelques mois. Au même moment, on m’a aussi offert ce recueil, qui réunit des articles que l’autrice a publiés sur son blog et des textes écrits spécifiquement pour l’ouvrage. Contrairement à ce que le titre semble indiquer, elle n’y parle pas que de féminisme. Tour d’horizon.

Première partie: Level Up

Cette partie parle de l’écriture (de jeux, de romans et de marketing) et est assez générale.

Deuxième partie: Geek

Là, on entre dans le vif du sujet: dix à quinze textes abordant essentiellement la vision de la femme dans la SF et certains médias. Ça commence fort mal avec la première saison de True Detective, qui se fait étriller, et à juste titre – je n’en ai pas parlé dans ma chronique del’époque, et évidemment je le regrette, mais la vision de la femme est navrante dans cette saison. Toutefois, je ne suis pas d’accord avec Kameron Hurley, qui affirme que cette série est misogyne et ne remet pas en cause le comportement de ses personnages; je crois, moi, que Martin est montré pour le connard qu’il est.

Elle parle aussi de Die Hard (et j’espère retenir l’image de la pin up même si je n’ai jamais vu ce film!) et de Mad Max Fury Road (en bien!). J’ai oublié les détails des autres textes car ils ne sont pas centrés sur une œuvre en particulier.

Troisième partie: Let’s Get Personal

Cette partie me semble plus axée sur la manière de se positionner vis-à-vis de ses propres écrits et du public. Il y a par exemple un article sur le fait de répondre (ou pas) aux critiques en ligne. Elle parle aussi du fait qu’elle est grosse et du système de santé américain (un cauchemar dystopique!).

Quatrième partie: Revolution

Cette partie parle de racisme et de progrès face aux réactionnaires et se termine par "We Have Always Fought", un texte qui a gagné le Hugo du "Best Related Work" en 2014. C’est ce dernier texte qui justifie le lama en couverture. Je n’en pouvais plus de l’attendre, ce lama. 🙈

Tout ça est très intéressant et se lit tout seul, mais, globalement, j’ai été déçue et je n’en ai pas retenu grand-chose de marquant. Je vous explique pourquoi.

Sur le style: Kameron Hurley sait très bien construire ses billets, avec phrases accrocheuses et anecdotes personnelles. Ça m’a immédiatement gavée. J’ai eu l’impression qu’elle faisait du marketing sur moi, vous voyez ? Et la manière dont elle parle de ses lectures et de ses propres écrits me semble relever de la fausse modestie: une sorte de name-dropping personnel pour montrer qu’on est vraiment génial mais sans le dire parce qu’on est tellement génial qu’on ne se vante pas, hein.

Sur le contenu: je crois que ce recueil a déjà vieilli. Dans la postface, l’autrice qualifie son recueil de "fairly timely" (l’enfer à traduire: ça veut dire qu’il sort au bon moment, qu'il est dans l'air du temps) et explique qu’il a fallu travailler vite. Six ans plus tard, on a énormément parlé de féminisme et les choses me semblent déjà avoir évolué. En tout cas, moi, je n’ai pas appris grand-chose de nouveau en le lisant, à part le coup de la pin up et l’image de la fille dont on n’a pas peur en couverture de beaucoup de bit-lit (chose que j’avais déjà identifiée, mais sans mettre de mots précis dessus). J’ai tardé quatre ou cinq jours à écrire cette chronique et je n’ai AUCUN souvenir de la moitié des textes en lisant le sommaire… 🙄

Un exemple de cette temporalité: Kameron Hurley parle beaucoup du mouvement des Sad Puppies, ce qui est logique vu que c’était l’époque, mais maintenant, en 2022, qui s’occupe encore des Sad Puppies? J’ai l’impression que Internet et les réseaux sociaux ont accéléré la polémique: ça flambe pendant un temps, tout le monde tweete furieusement pour ou contre, et puis après on oublie parce qu’on tweete furieusement sur autre chose. Paradoxalement, je me suis plus sentie impliquée dans Ainsi soit-elle de Benoîte Groult, qui a été publié… il y a quarante-cinq ans.

J’ai aussi émis quelques réserves sur certaines questions, que je m’abstiens d’aborder ici car elles sont très explosives. Je suis ouverte à la conversation en privé si ça vous intéresse.

Au final, à qui est destiné ce recueil? Je ne sais pas trop. Mon côté négatif me pousse à croire que l’autrice s’adresse soit à des gens acquis à sa cause, anti-domination masculine notamment, voire militants, qui la conforteront dans ses positions et la féliciteront de s'exprimer, ou bien à des débutants complets, qui pourront, effectivement, en apprendre beaucoup sur une certaine image de la femme. Si on est entre les deux, comme je crois l’être, l’ensemble est terne et sent l'autosatisfaction. Si vous l’avez lu, je serais vraiment ravie de lire votre avis: n’hésitez pas à laisser un commentaire! 😊

vendredi 11 mars 2022

Factfulness (2018)

Hans Rosling était médecin, chercheur et conférencier. Selon la quatrième de couverture de cet ouvrage publié chez Flammarion, "avec plus de 35 millions de vues, ses conférences TED l’ont fait entrer dans le classement du magazine Time des 100 personnes les plus influentes du monde".

Dans Facfulness, Hans Rosling, assisté par Ola Rosling (son fils) et Anna Rosling Rönnlund (sa belle-fille), décrit dix instincts qui contrôlent nos pensées à notre insu, ont tendance à nous faire adopter une vision du monde déformée et nous empêchent de raisonner clairement ou de mettre à jour nos connaissances. Des biais, en gros.

Pour chacun de ces instincts, il se base sur une série de questions qu’il a posées à des tas de gens (14 000 au total, je crois) pour montrer à quel point les gens se trompent, puis il se base sur des faits, essentiellement des chiffres et des statistiques, pour expliquer comment les choses se passent réellement.

Exemple avec la première question:

Dans les pays à faible revenu, combien de petites filles finissent l’école primaire?
A. 20%
B. 40%
C. 60%

Je ne vous donne pas la bonne réponse, mais je peux vous dire que le pays qui a le mieux répondu est la Suède, avec………. 11% de bonnes réponses. La France et l’Espagne sont dernières, avec 4%.

Je ne sais plus ce que j’ai répondu à cette question en particulier, mais je sais que j’ai donné quatre bonnes réponses sur treize questions, dont trois bonnes sur les douze premières questions (la dernière est un peu à part, car tout le monde a juste à celle-là). Je fais donc moins bien que des chimpanzés qui répondraient au hasard et auraient, statistiquement, une chance sur trois de donner la bonne réponse. 🙈 Mais je fais mieux que de nombreux humains, ce qui a quelque chose de réconfortant.

Les dix instincts passés en revue sont les suivants:

l’instinct du fossé
l’instinct négatif
l’instinct de la ligne droite
l’instinct de la peur
l’instinct de la taille
l’instinct de la généralisation
l’instinct de la destinée
l’instinct de la perspective unique
l’instinct du blâme
l’instinct de l’urgence

Le premier est mon préféré: c’est notre tendance à catégoriser le monde en deux entités distinctes séparées par un gouffre infranchissable. Les riches et les pauvres, par exemple. Ou "nous" et "eux". C’est une vision binaire du monde. C’est tout ce que je reproche à Twitter. 😈 Pour s’en détacher, Hans Rosling recommande de toujours s’interroger sur les extrêmes (n’y a-t-il pas des niveaux intermédiaires? Quels sont-ils?) et applique ses propres dires en répartissant les pays du monde en quatre catégories de revenu: moins de deux dollars par jour, moins de huit dollars par jour, moins de trente-deux dollars par jour et plus de trente-deux dollars par jour, le tout à parité de pouvoir d’achat. Voilà qui nuance tout de suite la notion de "riches et pauvres" que nous avons bien en tête. Et la nuance est encore plus marquée quand il compare certains pays des catégories 1 à 3 au passé de pays de la catégorie 4. Exemple fictif, car je n’ai malheureusement pas noté la référence exacte: tel pays de niveau 2, disons un pays d’Afrique sub-saharienne, en est au niveau où en était la Suède en 1960. Tout à coup, ça a l’air d’un pays vachement moins arriéré aux yeux de votre dévouée blogueuse traînant une vision calamiteuse de l’Afrique subsaharienne.

L’instinct négatif est bien connu: c’est notre tendance à donner la priorité aux nouvelles négatives et à penser que tout va mal (et, corollaire, à penser que c’était mieux avant, une tendance que j’adore regarder chez les autres, car je n’en suis pas du tout atteinte). Il permet à Hans Rosling de faire une distinction certes évidente quand on y pense, mais néanmoins cruciale, entre "mal" et "mieux". Les choses peuvent aller mieux tout en continuant d’aller très mal. C’est d’ailleurs ce qu’il répète sans cesse à propos de ses statistiques: OUI, il reste trop d’êtres humains qui vivent dans la misère (un milliard de personnes au niveau 1), et c’est une mauvaise chose. Mais OUI, en même temps, les êtres humains qui vivent dans la misère sont beaucoup moins nombreux qu’il y a cinquante ou cent ans, et ça c’est vachement mieux. Les stats de l’ONU sont édifiantes quant aux progrès de l’humanité, c’est stupéfiant combien le monde a changé radicalement depuis le XIXe siècle. Et j’ai été stupéfiée alors que je suis super optimiste sur ce point, étant convaincue depuis des lustres que l’humanité est engagée sur un chemin certes très et trop long, mais néanmoins tourné vers le progrès.

Je ne vais pas aborder les dix instincts un par un, mais c’est vraiment passionnant à lire, et ça donne à réfléchir sur soi. L’instinct de la ligne droite, par exemple, je n’avais aucune idée de ce que c’était et je l’ai suivi comme une débile plus d’une fois dans ma vie. Dans d’autres cas, ça m’a donné des outils pour mieux exprimer certaines choses que j’ai toujours eu du mal à formuler.

Ce livre donne aussi à réfléchir sur combien certaines des données que nous croyons détenir sont dépassées. Sous certains aspects, ma vision du monde date des années soixante-dix, c’est consternant. Tous les pays évoluent rapidement, mais ceux des niveaux de revenu 1 à 3 évoluent beaucoup plus rapidement que ceux du niveau 4 et ça fait longtemps qu’ils n’abritent plus une masse uniforme de miséreux. Cela m’a d’ailleurs donné la migraine quand j’ai pensé à tous ces gens qui font progresser tout à fait légitimement leur niveau de vie et se dirigent vers une société aussi consumériste que celle des pays de niveau 4 – et comme personne ne change de mode de vie nulle part, nous serons de plus en plus de milliards à adopter un mode de vie insoutenable, c’est génial! Bon, je sais maintenant que cette vision est un mélange d’instinct négatif, d’instinct de la ligne droite et d’instinct de la peur, mais quand même, l’augmentation de la population mondiale devrait tous nous inciter à changer radicalement de mode de vie et à foutre la pression aux gouvernements en ce sens. Soutenez Greenpeace. 💪

Pour la petite blague, Hans Rosling recense cinq risques qu’il faut vraiment prendre au sérieux, même sans instinct négatif, et il y a dans la liste… une pandémie mondiale. Le livre est paru en 2018. Lol.

Toutes ces données sont distillées avec beaucoup de clarté, des exemples issus de l’expérience de l’auteur et un peu d’humour. Je ne sais pas du tout comment écrit Hans Rosling en anglais avec l’aide de son fils et sa belle-fille, mais en tout cas la traduction française de Pierre Vesperini se lit toute seule et allie précision et nuances, à l’image du propos de l’ouvrage.

Bref. Soutenez Greenpeace, je le répète. Et lisez Factfulness si vous voulez adopter une vision du monde basée sur les faits plutôt que pour les instincts. 😉

dimanche 6 mars 2022

Kingdom of the Wicked (2020)

Bon.

Alors.

Kingdom of the Wicked de Kerri Maniscalco, c’est l’histoire d’une jeune femme qui travaille dans le restaurant de ses parents, à Palerme, avec sa sœur jumelle et sa grand-mère. Dans la famille, les femmes sont des sorcières, alors, dans la cuisine, Nonna, la matriarche, chuchote des sorts dans les plats pour les rendre encore plus savoureux. Mais un jour, Emilia, notre protagoniste, découvre le cadavre de sa jumelle, dont on a arraché le cœur. Ivre de vengeance, elle utilise la dague qu’elle a retrouvée sur le lieu du meurtre pour invoquer le démon qu’elle a surpris là et qu’elle soupçonne d’être le coupable.

Ce démon n’est autre que Colère, un des sept princes des enfers.

Colère est puissant. Colère est mystérieux. Colère est beau à tomber.

Colère débarque de l’enfer…

… torse nu.

Je répète: COLÈRE DÉBARQUE DE L’ENFER TORSE NU.

Emilia, notre protagoniste, peut donc immédiatement constater que Colère est aussi très musclé et qu’il a plein de tatouages sur ses muscles.


Vous l’avez peut-être compris, je me suis beaucoup marrée en lisant ce roman… Et j’en ai aussi pensé beaucoup de choses, en bien comme en mal.

En bien

Ça se lit tout seul, c’est prenant, on tourne les pages facilement. Ça coule tout seul. Ok, on peut argumenter que c’est facile à lire parce que c’est simplet, mais il faut aussi un minimum de compétences pour que le lecteur revienne de jour en jour.

L’univers présenté est plutôt prometteur. On est en Sicile à une époque imprécisée, mais pas très récente; la technologie moderne n’existe pas et Emilia est toujours en robe. À un moment donné, quelqu’un mentionne l’Inquisition, donc on pourrait miser sur le XVIe ou le XVIIe siècle. Palerme abrite douze familles de sorcières, qui n’ont que très peu de contacts entre elles et qui cachent leur existence à la population humaine, même si les sorcières peuvent épouser des hommes humains normaux. Je crois d’ailleurs que le père d’Emilia n’est pas issu d’une famille de sorcières. La grand-mère d’Emilia, que celle-ci appelle simplement Nonna (Mamie/Grand-mère), est en quelque sorte la garante des traditions, toujours à marmonner que les mauvais/méchants/damnés (i malvagi / the wicked… je vous raconte pas l’enfer pour traduire ce mot…) risquent de débarquer d’un moment à l’autre et qu’il faut faire bien attention à garder son amulette magique sur soi.

Le décor du restaurant est sympathique et permet de parler de bouffe, ce qui est toujours positif, et l’intrigue est grosso modo une enquête policière, avec Emilia qui essaye de comprendre qui a tué sa sœur et pourquoi, et qui se retrouve prise dans des relations très tendues entre les princes des enfers, qui sont nombreux à se balader à Palerme.

En mal

Beiiiin… Comme, je le crains, souvent en young adult, c’est brouillon (sérieux, ils foutent quoi, les éditeurs?). Il y a pas mal de choses confuses, notamment sur les capacités de Colère dans notre monde: un coup, il est prisonnier du cercle d’invocation pour trois jours, un coup pour toujours; un coup, il faut qu’il passe un pacte de sang avec Emilia pour la retrouver, mais un coup, il la retrouve quand même; à un moment, elle l’a lié à lui par erreur en se trompant dans sa formule latine et c’est comme s’ils étaient mariés, mais au final, il l’emmène en enfer pour qu’elle épouse son frère Fierté.

Il y a aussi d’autres trucs qui ne se contredisent pas à proprement parler mais ne collent pas bien les uns aux autres: Nonna qui disparait complètement de l’intrigue après avoir été très présente au début, puis redébarque ultrapuissante pendant trois pages avant de disparaître de nouveau; l’amulette d’Emilia qui réapparaît dans une caverne sans qu’Emilia ne se demande 1/ qui la lui a volée et pourquoi et 2/ qui l’a mise là et pourquoi; Antonio qui disparaît brutalement à la fin; le peuple des métamorphes qui tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe, tout comme la découverte du fait que la jumelle tuée avait passé un pacte avec Avarice.

Bon, heureusement que ça se lisait tout seul, quoi.

Kerry Maniscalco a publié un deuxième tome, Kingdom of the Cursed, et a annoncé un troisième et dernier tome, Kingdom of the Feared, et je ne les lirai pas. 😛

Et concernant ce que vous attendez tous depuis que je vous ai dit que Colère débarque de l’enfer torse nu? (Je répète: COLÈRE DÉBARQUE DE L’ENFER TORSE NU!)

Concernant l’attirance magnétique entre Emilia et son prince des enfers?

Heiiiin?

Et bien ça marche pas mal, si on adhère à ce genre de schéma, et j’ai attendu LE BISOU en frétillant d’impatience. Si j’imagine Tom Hiddleston en mode Loki dans Thor 2 un prince des enfers super beau gosse avec des muscles saillants juste comme il faut qui débarque torse nu, j’ai tendance à penser que je ne résisterais pas longtemps. ^^ Ce que j’ai trouvé nul, c’est le fait qu’il la bombarde de robes cintrées et luxueuses, c’est à la fois ridicule et navrant et ça fait tellement "ado à tendance goth qui rêve de porter des corsets". En revanche, j'ai été surprise qu’ils soient ennemis à la fin de ce roman, alors que je pensais qu’ils finiraient ensemble, bien entendu.

J’ai lu des critiques de la suite et, apparemment, il y a encore plus de robes dans le deuxième tome, mais il faudra attendre le troisième pour qu’Emilia et Colère couchent ensemble; dans le deuxième, ça chauffe, ça chauffe, mais ça s’arrête avant l’action.

Dommage. Je ne serai pas là pour voir si Colère tient les promesses de ses jolis muscles…

Pourquoi ce livre, vous demandez-vous?
Parce que mon mec se laisse influencer par les algorithmes d’Amazon, à mon humble avis. 😈

mardi 1 mars 2022

La gamelle de février 2022

Comme toujours, retours sur les activités culturelles du mois écoulé!

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

White Snake de Ji Zhao et Amp Wong (2021)


Un petit dessin animé chinois fort sympathique et joli visuellement, avec une femme-serpent qui a perdu la mémoire, un jeune chasseur de serpents au grand cœur et un méchant général qui tue des serpents pour absorber leur essence vitale et atteindre l’immortalité. Sans oublier une épingle à cheveux magique en jade et un petit chien dodu et très poilu servant d’élément comique. J’ai passé un très bon moment, même si le film n’est pas marquant. Les humains-serpents étaient classes et l’univers changeait un peu de ce que j’ai l’habitude de voir, ce qui est toujours bénéfique. J’ai même trouvé le traitement des femmes et des hommes très égalitaire. Mention spéciale à l’agaçante vendeuse d’artefacts magiques à deux visages: visage de femme d’un côté, tête de renard de l’autre. Un personnage aussi original qu’insaisissable. 👀

Mort sur le Nil de Kenneth Branagh (2022)
Un film sympathique mais pas bien convaincant non plus. J’ai trouvé tout trop lisse, trop propre et trop fond-de-teinté – et pourtant, Agatha Christie n’est pas connue pour la cradeur de ses ambiances! J’ai du mal à voir Poirot en Kenneth Branagh: même s’ils montrent ses petites manies, il ne ressemble pas du tout à un "funny little man", même de loin. J’ai donc préféré la version avec David Suchet, mais ce serait bien que je lise le livre un jour, même si je connais la chute. Reste que Gal Gadot est stupéfiante. J’espère qu’elle réussira à se bâtir une carrière tournant moins autour de sa beauté et de son physique car elle a vraiment quelque chose.

Kill Bill Vol. 1 de Quentin Tarantino (2003)
J’ai vu les deux Kill Bill à l’époque de leur sortie, mais je n’en gardais que peu de souvenirs et j’ai adoré redécouvrir le premier volume sur grand écran. Ce n’est pas vraiment mon genre de film, mais il est rempli de moments culte ("Wiggle your big toe" 😉) et fonctionne très bien dans sa grandiloquence. Sur un plan moins cinématographique, j’ai adoré le traitement des personnages féminins. Il y a une histoire de viol au début, mais qui n’est pas la raison d’être de la vengeance du personnage, et UN plan cul sur les fesses d’Uma Thurman quand elle sort de l’avion au Japon. Mais c’est tout ce qu’on pourrait critiquer. Le reste du temps, les femmes se battent comme n'importe qui d’autre. Lors du premier combat, les deux femmes sont en jean et en baskets. Il n’y a pas de pose lascive ou de plan nichon. Michael Bay devrait regarder Kill Bill. 😜

Du côté des séries

The Witcher – saison 2 (2021)
Portée par un enthousiasme délirant, j’ai rejoint Geralt, Ciri et Yennefer, sans oublier notre Jaskier adoré, pour une deuxième saison très fidèle à la première, dans le sens que c’est toujours aussi nul sur le plan technique et aussi accrocheur dans l’ensemble. J’ai l’impression qu’on a eu moins de créatures cette fois-ci et je n’ai pas énormément apprécié certaines parties avec Yennefer, mais bordel qu’est-ce que j’adore ces personnages et cet univers. Chaque nouvelle rencontre m’enthousiasme, et même deux personnages sur lesquels je ne misais pas un rond dans la première saison, à savoir Fringilla et Cahir, ont pris de l’épaisseur et m’ont totalement convaincue (note pour plus tard: éviter d’inviter Fringilla à dîner 👀). Les elfes passent sur le devant de la scène, menés par une Francesca que j’adore et que j’espère voir se relever avec une détermination décuplée après le malheur qui s’est abattu sur elle. Il me semble qu’il y a pas mal de points en suspens, dont certains qui n’ont pas été réabordés du tout (par exemple, je pense que le massacre perpétré par Stregobor dans la première saison ressortira à un moment donné, et j’attends des explications concernant Vilgefortz!!!). Vivement la saison 3, je trépigne d’impatience et j’ai envie de chaaaaanteeer!

Et le reste


J’ai lu deux anciens hors-séries des Cahiers de l’âne qui étaient disponibles gratuitement à Equita Lyon: le numéro 4 sur la santé (2013) et le numéro 5 sur l’attelage (2014). C’était passionnant. J’adore les ânes. Je veux trop avoir un âne. Vive les ânes. Il faut que je trouve un moyen de mettre des ânes dans ma vie.

En fin de mois, j’ai lu mon Cheval Mag habituel.

Et vous, chers lecteurs?
De belles découvertes en de mois de février?