vendredi 25 mai 2018

Yakari et Grand Aigle (1973)

Chronique express!


Quel immense plaisir que de tomber sur ce volume de Yakari de Deris et Job dans la bibliothèque de mon copain! Je n'ai pas lu Yakari depuis au moins quinze ans mais j'adorais quand j'étais gamine et que je lisais ça à la bibliothèque de l'école, au CDI du collège ou chez une amie qui en avait plusieurs. Ce volume, le tout premier de la série, présente Yakari, un jeune Sioux qui rêve de son totem Grand Aigle et qui aimerait tellement lui ressembler dans la vraie vie. C'est la rencontre avec Petit Tonnerre, un mustang, qui lui permettra d'atteindre son but et de porter fièrement, devant toute sa tribu, la plume que Grand Aigle lui a donnée. Le ton est résolument optimiste et le dessins tellement mignon que j'ai fondu d'amour sur les cases. Je comprends que j'aie adoré ça quand j'étais gosse, il y a plein d'animaux et ils sont tous adorables! 💖 Petit Tonnerre, bien sûr, a soulevé toute mon affection avec sa fougue, sa beauté, son intelligence et sa sympathie; c'est vraiment le cheval-ami que tout gamin rêve d'avoir.




La bande-dessinée ne manque pas non plus de sous-texte puisqu'on parle ici de ce qui fait entrer un enfant dans l'âge adulte, à savoir le courage et la générosité, une bonne leçon à découvrir ou redécouvrir. J'ai tellement envie de lire les autres tomes... La série étant en cours depuis 45 ans, certains savent-ils si les tomes des années quatre-vingt-dix, deux mille et deux mille dix sont à la hauteur de ceux des décennies précédentes, que je lisais, disons, entre 1993 et 1997?

lundi 21 mai 2018

The Miracle at Speedy Motors (2008)

Chronique express!


Alexander McCall Smith ne change pas de recette avec le neuvième tome des enquêtes de Mma Ramotswe et, comme d'habitude, j'ai retrouvé ici tout ce qui faisait le charme des romans précédents. J'ai déjà détaillé à de maintes reprises les qualités de cette série et je vais donc seulement indiquer ici les principaux éléments de ce tome: une lettre de menace adressée à Mma Ramotswe; une cliente qui aimerait qu'on lui trouve une vraie famille; un lit avec une tête de lit en forme de cœur; l'espoir de J.L.B. Matekoni de guérir Motholeli, personnage que je n'ai jamais cité ici mais que j'aime beaucoup. J'ai enfilé mes pantoufles et retrouvé avec bonheur ces personnages adorables et si réconfortants, en finissant même sur la belle leçon qu'il existe bien des types de miracle – une vérité à garder précieusement à l'esprit pour quelqu'un d'aussi pessimiste que moi. Hâte de lire la suite. Il me reste neuf tomes mais l'auteur continue à en publier un par an, alors j'en ai pour encore un petit moment... 😍

jeudi 17 mai 2018

"Que je vous aime, que je t'aime!" - Les plus belles déclarations d'amour (2011)

Chronique express!


J'ai offert ce recueil Folio à 2€ à mon copain lors d'une lointaine Saint Valentin il y a six ou sept ans. Il m'en aura fallu du temps pour le lire! 😱 Le premier texte, une lettre de Pâris à Hélène, déborde tellement d'orgueil que j'en ai rigolé (expliquer à une femme qu'elle doit vous aimer parce qu'une déesse vous l'a promis et que de toute façon vous êtes fantastique et que de toute façon son mari est nul et que de toute façon vous pouvez l'enlever, je trouve ça gonflé comme méthode! 😂). Viennent ensuite des textes de Juliette Drouet, Madeleine de Scudéry, Théophile Gautier, William Shakespeare, Paul Verlaine, Aragon, Pierre Corneille, Madame de Lafayette, Madame de Duras, Honoré de Balzac, Emily Brontë, Edmond Rostand et Jean Tardieu. Aucun ne m'a sérieusement marquée même si j'ai bien aimé l'extrait du Roman de la momie de Gautier, avec un monologue flamboyant du pharaon amoureux (qui a lui aussi une bonne opinion de lui-même et de son pouvoir de séduction 😂). C'était une lecture rapide et vite oubliée, mais néanmoins intéressante sur le coup, enfin si on aime ce genre de texte passionné complètement invraisemblable et daté. Pas sure ce que soit un cadeau de Saint Valentin très pertinent toutefois. 😋

dimanche 13 mai 2018

Angela's Ashes (1996)

Angela's Ashes (Les Cendres d'Angela) de Franck McCourt a végété quasiment deux ans dans ma pile à lire. Je rechignais un peu à m'y mettre parce que je n'aime pas les histoires de petits garçons (ou d'enfants en général)... Mais une fois que je l'ai pris en main, je l'ai dévoré! 😁


Dans ce roman autobiographique, Franck McCourt raconte son enfance et son adolescence en Irlande, plus précisément à Limerick. S'il est né aux États-Unis, à New-York, de parents irlandais, sa famille n'a pas tardé à revenir dans son pays d'origine à cause du chômage engendré par la crise de 1929. Mais la situation économique de la toute jeune République d'Irlande n'était guère plus favorable et ce récit est donc celui de la misère: faim, alcoolisme, la maladie, insalubrité, promiscuité, ignorance, tout y est et rappelle Germinal et En finir avec Eddy Bellegueule...

C'est donc une lecture sans concessions, au cours de laquelle j'ai eu une envie permanente d'étrangler les parents du jeune Frankie. Autant je suis consciente qu'il est très difficile de sortir de ce type de misère, autant ils semblaient tout faire pour y rester, notamment le père alcoolique qui perdait systématiquement son travail après trois semaines parce qu'il buvait sa paye le vendredi soir (à l'époque, les employés étaient payés chaque semaine) et manquait des jours de travail pendant qu'il cuvait (et que la mère devait faire la queue à l'assistance publique pour obtenir de quoi nourrir ses enfants, hein, parce que quand il n'y a pas de salaire et qu'on n'a qu'une miche de pain à la maison pour nourrir quatre, cinq ou six personnes pendant une semaine, comment on fait? 😭). Un détail  particulièrement triste: les bébés nourris au biberon d'eau sucrée parce qu'il n'y a rien d'autre à leur donner... 😢😢😢

Et pourtant, c'est une lecture passionnante, pleine de rythme et d'entrain, parce que Frank McCourt a rendu à la fois sa façon de penser à l'époque et le parler particulier des classes irlandaises pauvres. Un cocktail étonnant, qui m'a fatiguée à  de maintes reprises parce qu'il est un peu indigeste pendant 450 pages (ce qui me laisse penser que je ne lirai pas les deux autres romans de l'auteur), mais qui fait néanmoins de ce bouquin une plongée incroyable au cœur de l'Irlande et une expérience de lecture très particulière.

"The master, Mr. Benson, is very old. He roars and spits all over us every day. The boys in the front row hope he has no diseases for it's the spit that carries all the diseases and he might be spreading consumption right and left."

"Dad says a factory is no place for a woman. Mam says, Sitting on your arse by the fire is no place for a man." 😂

Ces passages ne sont pas les plus représentatifs de ce parler si particulier (malheureusement, je n'ai rien noté pendant la lecture), mais croyez-moi, c'est vraiment ce style qui rend cette lecture si prenante et, malgré les thèmes abordés, pas du tout angoissante, voire au contraire assez gaie. Le regard de l'enfant sur les adultes est assez drôle et rend le tout assez léger. Même l'éternelle rengaine des Irlandais contre les Britanniques ("and look what they did to us for eight hundred years!") en devient drôle!

En bref, un livre à découvrir et une lecture obligée si on s'intéresse un tant soit peu à l'Irlande (la vraie, pas celle de la vision romantique de l'office du tourisme...). Et une dernière chose: Frank McCourt a publié ce livre, son premier roman, à 66 ans. Comme quoi on peut passer à l'acte et devenir écrivain à tout âge...

Allez donc voir ailleurs si ces cendres y sont!

mercredi 9 mai 2018

Le Meneur de loups (1857)

Nous connaissons tous Les Trois Mousquetaires, mais qui a déjà entendu parler du Meneur de loups d'Alexandre Dumas? C'est au marché aux livres de la place Georges Brassens que je suis tombée sur ce roman dans une édition Marabout non datée mais qui doit remonter aux années soixante-dix.


Le sabotier Thibault ne vit pas dans la misère, mais il n'a pas non plus le sou et a tendance à envier la richesse de son prochain. Et voilà qu'un énorme loup noir lui propose un pacte. Il ne peut pas satisfaire les souhaits de Thibaut en sa faveur, comme "je souhaite être riche", mais il peut satisfaire ses souhaits en défaveur des autres, une méthode alternative qui pourrait bien faire sa fortune. En échange, il ne lui demande qu'un cheveu par souhait. Thibaut accepte. Qu'est-ce qu'un cheveu, après tout? Mais passer un pacte avec le diable n'est jamais une bonne idée et les souhaits de Thibaut prennent rapidement des proportions énormes (il voulait juste qu'il arrive malheur à quelqu'un, pas que cette personne meure!), voire se retournent contre lui. Et la rumeur enfle concernant le sorcier qui vit dans les bois avec une meute de loups...

On connait la productivité effarante de Dumas, qui a énormément publié grâce à son propre travail et celui de ses nègres, notamment le célèbre Maquet, et sa tendance à l'allongement interminable, avec des répliques et des répétitions courtes, uniquement destinées à faire de la ligne. Le Meneur de loups n'échappe pas à la règle: on sait tout de suite qu'on est chez Dumas! Il est en revanche assez court (240 pages dans cette édition), ce qui le place très loin des pavés que sont Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Christo, La Reine Margot et bien sûr Le Vicomte de Bragelonne, le plus long roman que j'aie jamais lu puisqu'il fait plus de 2000 pages à lui tout seul... 😂😂😂

Si on n'est clairement pas dans du grand Dumas, ce roman se laisse néanmoins lire agréablement. Il y  a pas mal d'humour, le style enlevé propre à Dumas et des péripéties permanentes; en deux mots, c'est un roman d'aventure mâtiné de fantastique avec ce loup qui parle et la présence du diable. Mais rien de bien horrifique au final; on est assez loin de la "fantastique histoire pleine de délire et de fureur dans laquelle grondent les vociférations du diable et où soufflent les effluves d'outre-tombe" annoncée en quatrième de couverture! 😂

Thibault fait des rencontres hautes en couleur et vit des aventures improbables (au premier rang desquelles son introduction secrète dans la chambre d'une gente dame), le fil rouge étant l'évolution de ses cheveux et son amour pour Agnelette, une jeune fille bien comme il faut qu'il aurait pu épouser s'il avait été plus malin.

Il est intéressant de noter que tout cela se passe du côté de Villers-Cotterêts, ville d'origine de Dumas, et que le roman est d'ailleurs présenté comme le récit d'un domestique de Dumas lui-même, revenu à la mémoire de Dumas des années plus tard.

Je lui reprocherai un côté parfois assez confus, qui fait que j'ai eu du mal à me remettre dans l'intrigue après une pause d'à peine une journée. Et, comme je l'ai dit, on n'est dans du grand Dumas, même si c'est mieux que Robin des Bois, prince des voleurs, qui m'avait vraiment déçue et qui était même, je crois, une traduction-adaptation de Walter Scott... À lire si vous connaissez déjà Dumas et avez envie de découvrir un nouvel aspect de son œuvre!

Livres de Dumas déjà chroniqués sur ce blog
Les Quarante-cinq
Le Comte de Monte-Christo

samedi 5 mai 2018

The Last Juror (2004)

Chronique express!


En 1970, un jeune étudiant reprend le Ford County Times, le journal local du Ford County, région imaginaire du Tennesse. Plein d'énergie et déterminé à faire fortune, il donne un nouveau souffle à ce journal assez planplan. Dans un État encore dominé par la ségrégation, il est le premier à mettre en couverture une famille noire, qu'il connaît bien pour s'être lié d'amitié avec la mère de famille, Miss Callie, une excellente cuisinière. Quand un meurtre sanglant frappe la ville, il n'hésite pas à aller au plus près des faits et à prendre nettement position dans l'affaire. Et voilà que Miss Callie est appelée à faire partie des jurés qui décideront si Danny Padgitt est coupable du viol et du meurtre de Rhoda Kassellaw... Un procès qui ne sera pas de tout repos.

Avec The Last Juror, John Grisham a confirmé tout le bien que j'avais pensé de lui lors de mes précédentes lectures. Il est décidément très doué pour écrire des romans simples mais pas bêtes du tout. Simples parce que le style est assez linéaire et l'anglais pas très élaboré. Mais pas bêtes du tout parce qu'on sent que c'est construit intelligemment, par exemple avec trois parties de longueur variable parfaitement pensées, et que le lecteur n'est jamais pris pour un idiot. Vous voyez, cette subtile différence entre simple et décérébré? Elle est là. Ajoutez à cela un humour permanent, des personnages très caractérisés et une intrigue intéressante, sans oublier que le roman brasse large en abordant le racisme, la ségrégation, la guerre du Vietnam et des choix moraux importants. Ça donne un livre qui se lit tout seul et un excellent moment de lecture. On n'est pas tellement dans l'enquête, puisqu'on sait dès le début que Danny Padgitt est bien coupable (gloups, la description du viol a beau être relativement sobre, elle n'en est pas moins horrifiante 😱), mais dans les conséquences de l'affaire sur cette petite ville tranquille et son évolution au fil d'une décennie. On peut lui reprocher une fin pas franchement vraisemblable, mais je continuerai très clairement à lire John Grisham!

Je vous mets la première phrase pour que vous ayez une idée du petit humour de ce roman: "After decades of patient mismanagement and loving neglect, The Ford County Times went bankrupt in 1970." 😉

À lire aussi

mardi 1 mai 2018

La gamelle d'avril 2018

Un tout petit mois que ce mois d'avril...

Sur petit écran

Rien. 😂

Sur grand écran

Tomb Raider de Roar Uthaug (2018)
Malgré des aspects sentimentaux qui m'ont laissée indifférente et les habituelles invraisemblances des films du genre (ces personnages qui font des chutes de vingt mètres de haut sans se blesser, cette tombe souterraine d'une complexité inouïe datant d'une époque à la technologie limitée), j'ai bien aimé cette histoire de pillage de tombe sur une île déserte et j'ai trouvé Alicia Vikander convaincante en Lara Croft. Par contre, on peut se demander pourquoi embaucher Kristin Scott-Thomas et Derek Jacobi pour ne rien en faire...

Pacific Rim Uprising (2018)
Sans surprises, j'ai a-do-ré cette suite que j'attendais avec impatience et hystérie. J'ai apprécié la nette féminisation du casting, très souhaitable après un premier film très faible de ce point de vue, et j'aime bien que Hollywood se dirige de plus en plus vers l'Asie (ici, la Chine comme dans le premier, mais aussi le Japon, ce qui est assez jouissif vu que les kaijus sont des Godzillas). J'ai aussi été surprise par le scénario et notamment par l'identité du méchant, qui n'est pas celui qu'on croit. Attention par contre, les kaijus entrent en scène tardivement; toute la première partie du film met en scène des combats entre jaegers.
Mes camarades ont critiqué le fait qu'on ne voie pas assez les kaijus, mais je trouve au contraire qu'on les voit plus et mieux que dans le premier, dont toutes les scènes de kaijus se passaient de nuit et sous la pluie.
Ensuite, comme dans tout film d'action de ce genre (et comme je le disais à propos de Tomb Raider), le film est truffé d'invraisemblances, mais bon si le héros était immobilisé la première fois qu'il est censé se casser toutes les côtes, il n'y aurait pas de film... 😂

Red Sparrow de Francis Lawrence (2018)
Je m'attendais à un film grand public et simplet. Si vous l'avez vu, vous comprendrez donc que je sois restée bouche bée devant ce film, sa violence assez crue et ses éléments sexuels assez perturbants! La palme va à l'assassinat du violeur en pleine action et à la directrice qui ordonne à une de ses étudiantes de faire une fellation à un inconnu devant toute la promo! Youhouhou! 😱😱 Du coup, j'ai trouvé tout ceci beaucoup plus sombre et intéressant que je ne m'y attendais, même si j'ai deviné la fin, ce qui n'est pas forcément bon signe puisque je ne devine jamais la fin. Même la sexualisation extrêmement marquée de Jennifer Lawrence, que l'on voit plusieurs fois nue, m'a surprise positivement, car il y a un vrai propos sur cette sexualisation (et j'admire l'actrice d'avoir su jouer une scène aussi difficile que celle où elle s'installe sur une table de cours, les jambes écartées, pour confronter un autre étudiant 😱😱). Notons la présence sympathique de Ciaran Hinds et Jeremy Irons, qui n'apportent rien de nouveau à leur jeu et ne sont pas exploités à leur juste valeur mais son formidables comme à leur habitude.

Du côté des podcasts et de YouTube

Je me suis penchée avec enthousiasme sur la chaîne YouTube de Samantha Bailly, mon idole du moment, qui donne immensément envie d'écrire. Ça n'est guère concluant chez moi mais ça me vend du rêve. 😂

Du côté des séries

Rien. 😂

Et le reste


J'ai lu un ancien hors-série de Mad Movies sur les super-héros au cinéma. Comme celui que j'ai lu en mars, c'était un cadeau de Noël pour mon homme et c'était passionnant! Et, en fin de mois, j'ai bien sûr lu mon fidèle Cheval Mag.

Comme souvent, on espère faire mieux le mois prochain!

vendredi 27 avril 2018

7!!

Une année de plus s'est écoulée depuis la création de ce blog en avril 2011. Beaucoup de choses ont changé depuis mais le blog demeure et continue son bonhomme de chemin. Comme je le dis à chaque fois, il a profondément fait évoluer ma pratique de la lecture et je ne peux plus m'en passer! Et depuis que je connais des blogueurs dans la vraie vie et participe à des lectures communes, c'est encore mieux!

J'en profite pour mettre à jour la description du blog et révéler mon nouvel avatar, créé par un ami dessinateur qui a su capturer à la perfection mon côté zèbre. 😉 C'est sous cette forme que je me promènerai désormais sur le net. Vous pouvez retrouver tous les dessins d'Inko Niko sur son site!


Comme toujours, un immense merci à tous mes lecteurs et commentateurs, sans qui je n'aurais peut-être pas tenu si longtemps et qui m'apportent énormément! 💖💖💖

lundi 23 avril 2018

Une histoire sans nom (1882)

Jules Barbey d'Aurevilly, c'est tout un programme! Écrivain visiblement torturé et tourmenté, royaliste et réactionnaire, fervent défenseur du "c'était mieux avant", il avait un style incomparable aux accents romantiques, pompeux et élégant à la fois, et fait partie, je pense, de ces plumes qu'on aime ou qu'on déteste. Après l'avoir rapidement abordé au lycée, je l'ai oublié pendant des années avant de le redécouvrir complètement il y a deux ans en relisant L'Ensorcelée puis en lisant Les Diaboliques.


J'ai ramené ce livre de mes vacances de juillet dernier, mais je ne sais plus si je l'ai acheté ou récupéré auprès d'une amie qui faisait du vide, et je l'ai sorti de ma pile à lire ce mois-ci car une amie m'a transmis cet article sur la Normandie de Barbey d'Aurevilly.

Une histoire sans nom (1882)
Ce recueil s'ouvre sur une longue nouvelle psychologique sombre et lugubre, qui se passe d'abord dans un village immobile à l'ombre de hautes montagnes puis dans un château normand abandonné depuis des années. Mme et Mlle de Ferjol voient leur vie bouleversée par un capucin qu'elles accueillent chez elles pendant le Carême.
Difficile de parler de l'intrigue sans tout divulgâcher. C'est une histoire bien caractéristique du XIXe, avec ses personnages torturés, ses maladies mystérieuses, ses vierges innocentes et son invraisemblance la plus absolue. Mais l'idée n'est pas, je pense, de prendre l'historie au sérieux (ou pas, donc), mais de souffrir pendant plusieurs mois avec deux personnages qui auraient pu s'aimer et se sauver mais qui n'y arriveront pas. Barbey décrit avec une lucidité terrible le processus psychologique à l’œuvre et ne nous épargne aucune des souffrances de ses personnages, jusqu'à la chute qui vient encore plus plonger l'un d'entre eux dans la souffrance et les regrets éternels.
"[...] cette vie infernale [...] à laquelle il n'y a rien de comparable dans les situations tragiques et pathétiques des plus sombres histoires. Ce fut vraiment là une histoire sans nom!"
Barbey donne ici un exemple parfait de son côté "c'était mieux avant": l'histoire se passe juste avant la Révolution française, évènement cataclysmique marquant la fin de tout ce qui était Bon et Juste et le début de la fin de la France. 😂
J'ai adoré.

Une page d'Histoire (1886 ou 1887)
Une courte nouvelle sur un frère et une sœur normands incestueux. Ce texte est tiré d'une histoire vraie et est inspiré par la visite du narrateur (Barbey lui-même, j'imagine) dans la ville dont était originaire la famille maléfique ayant engendré ces deux enfants. J'ai adoré.
"Impossible à connaître dans le fonds et le tréfonds de la réalité, éclairée uniquement par la lueur du coup de hache qui l'entr'ouvrit et qui la termina, cette histoire fut celle d'un amour et d'un bonheur tellement coupables que l'idée en épouvante... et charme (que Dieu nous le pardonne!) de ce charme troublant et dangereux qui fait presque coupable l'âme qui l'éprouve et semble la rendre complice d'un crime, qui sait? envieusement partagé..."

Le Cachet d'onyx (1831) (publication posthume en 1919)
J'ai moins apprécie ce texte qui était pourtant extrêmement prometteur, l'extrait proposé en quatrième de couverture étant à tomber! Je suis largement passée à côté à cause des digressions sur la jalousie et l'amour (qui m'ont rappelé mon ennui profond face à La Nouvelle Héloïse de Rousseau, œuvre citée ici) et des références shakespeariennes que je n'ai pas comprises. En outre, j'ai dû lire trois fois les derniers paragraphes pour être sure de comprendre (et encore...): l'auteur dit les choses crues tellement à demi-mot (pudeur oblige!) que ce n'est pas clair du tout...

Léa (1832)
Une histoire d'amour torturé et cruelle à la chute sanglante. On a ici un parfait exemple de ces mystérieuses maladies dont souffraient les héroïnes d'antan, ces beautés pâles qui se consumaient lentement sur leur chaise longue! Entre amour silencieux et angoisse face à la mort de son enfant, aucun personnage n'est épargné, et la fin est remarquablement saisissante.

Vous l'avez probablement remarqué avec les deux extraits que j'ai proposés, Barbey a un côté torturé et ténébreux qui ne convient pas à tout le monde (d'autant plus que son style est très ampoulé). C'est en cela que je le rapproche du romantisme, cette manière de se croire au centre d'un malheur cosmique et d'une damnation éternelle. D'après la biographie de cette édition Folio classique, il aurait écrit "Je suis venu au monde un jour d'hiver sombre et glacé, le jour des soupirs et des larmes..." Vous voyez le genre.

Par ailleurs, il voit Dieu partout et parle beaucoup des sentiments religieux de ses personnages, mais il est aussi profondément attiré par le mal (j'ai parlé de l'inceste) et n'hésite pas à faire saigner ses personnages. En plus, la moitié de ses histoires se passent dans une Normandie désolée, pluvieuse, coupée du monde et lu-gu-bre, c'est absolument formidable.

Je vous laisse avec le passage qui m'a le plus marquée, tiré de Léa: "Âme religieuse, toute d'amour et de dévouement, avait-elle immensément souffert, cette pauvre femme, pour sentir ainsi, comme un homme, le soudain regret qui nous prend tant de fois dans la vie de ne pouvoir poignarder Dieu", et avec la tombe du monsieur, que je suis passée voir à Saint-Sauveur le Vicomte (ville morte et effectivement d'un lugubre angoissant malgré son beau château) un jour où j'étais en vacances dans le coin. 😊

jeudi 19 avril 2018

Tales of Adventure and Medical Life (1922)

Vous le savez déjà si vous suivez un tant soit peu ce blog: j'adore Arthur Conan Doyle et sa production d'une quantité, d'une qualité et d'une diversités remarquables qui va bien au-delà des célèbres enquêtes de Sherlock Holmes.


Avec ce troisième recueil publié par la maison londonienne Alma Books, que j'ai acheté lors de mon passage à Dublin en octobre dernier, place à l'aventure et à la médecine – car Doyle, avant d'être écrivain, était médecin...

Tales of Adventure

The Debut of Bimbashi Joyce (1900)
Un texte sympathique sur un jeune officier britannique faisant ses débuts au cœur du désert soudanais. Pour la petite histoire, j'ai feuilleté ce recueil un soir de février où j'hésitais entre lui et Bakhita de Véronique Olmi, et ce sont les notes de cette nouvelle qui m'ont permis de comprendre le contexte politique et militaire dans lequel se situe Bakhita! 😄

The Surgeon of Gaster Fell (1890)
J'ai beaucoup aimé ce texte à l'ambiance lugubre, mystérieuse et potentiellement fantastique se déroulant au cœur de la lande du Yorkshire, où s'est retiré un homme désireux de s'isoler du reste de l'humanité. Mais pourquoi une inconnue lui recommande-t-elle de tirer le loquet de sa porte la nuit? Et qui est son mystérieux voisin le plus proche (à quelques kilomètres bien sûr...), qui ne donne pas son nom mais se présente simplement comme le chirurgien de Gaster Fell?

Borrowed Scenes (1913)
Je n'ai rien compris à ce texte qui fait entièrement référence à un écrivain que je ne connais pas, George Borrow. Le protagoniste décide de se comporter comme les personnages de Borrow dans l'idée de vivre les mêmes choses qu'eux (d'où le titre, qui signifie autant "scènes empruntées" que "scènes à la Borrow"). 😂

The Man from Archangel (1885)
Un texte tellement XIXe avec un enlèvement hautement improbable. C'est le décor de la mer déchaînée le long des côtes de la campagne anglaise que j'ai adoré. 💕

The Great Brown-Pericord Motor (1892)
J'ai moins aimé ce texte qui tourne autour des deux inventeurs d'un moteur fort utile et de leur premier essai de ce moteur. Ça reste sympathique et de qualité parce que c'est Doyle, entendons-nous, mais ce n'est pas mémorable.

The Sealed Room (1898)
Lors d'une promenade dans les quartiers excentrés de Londres, le narrateur rencontre un jeune homme vivant seul dans une grande maison à l'abandon. La porte de l'une des chambres est scellée depuis des années et le jeune homme a promis à son père de ne pas l'ouvrir avant d'être majeur. Quel secret peut bien s'y cacher? Je pense avoir déjà lu ce texte ailleurs car j'étais assez sure de la surprise que le jeune homme y trouverait...

Tales of Medical Life

The Physiologist's Wife (1890)
Autre histoire improbable comme le XIXe les adorait, cette nouvelle met en scène un médecin ultra rationnel qui décide de se marier assez soudainement à une Australienne rencontrée depuis peu. Tout se passe bien pour le couple, mais leur bonheur ne durera pas longtemps, coïncidences de dingue obligeant. La fin est un peu triste, du coup...

Behind the Times (1894)
Cette nouvelle brosse le portrait d'un vieux médecin de campagne dépassé par les temps, tel que le voit un jeune médecin travaillant dans la même région. C'est drôle et bienveillant et la chute est délicieuse.

His First Operation (1894)
Un texte plus anecdotique, mais néanmoins sympa, sur un étudiant en première année de médecine qui assiste à sa première opération en amphithéâtre (une remarque au passage: quelle détresse pour l'opérée que d'être installée et endormie sur la table d'opération devant des dizaines d'étudiants!!), avec un étudiant plus âgé qui ne cesse de lui monter la tête sur les horreurs qu'il va voir.

The Third Generation (1894)
Une nouvelle triste et même dramatique sur un homme qui consulte un médecin de renom et qui découvre qu'il est victime, lui aussi, de la maladie dont souffraient déjà son père et son grand-père en raison de la faute de ce dernier (oui, la maladie est vue ici comme une punition divine s'abattant, comme le dit apparemment un passage de la Bible, sur le pécheur mais aussi sur ses descendants). Et son mariage n'est justement qu'à quelques jours! Un texte triste, qui fait vivre pleinement l'impression d'injustice que l'on ressent face à la maladie.

The Curse of Eve (1894)
L'histoire d'un accouchement difficile vécu par le mari, un homme fort peu émotif qui se découvre soudain un énorme potentiel émotionnel, tout seul dans son salon pendant que sa femme souffre à l'étage avec sa mère, la domestique et deux médecins. Houlàlà. Ça ne donne guère envie d'accoucher tout ça. (Divulgâcheur: ça se termine bien, j'ai été très soulagée après avoir bien retenu mon souffle...)

A Medical Document (1894)
Une belle ambiance de cercle médical anglais (les messieurs installés devant le feu avec leurs verres à la nuit tombée...) pour ces trois médecins qui évoquent des cas hors du commun. Celui des trois bossues, par exemple, était un peu inquiétant. Il ne se dégage pas une impression générale de cette nouvelle, qui reste néanmoins sympathique.

The Surgeon Talks (1894)
Ce texte ressemble au précédent puisqu'il s'agit du monologue d'un chirurgien décrivant certains cas de sa carrière. Rien de particulier à signaler.

The Doctors of Hoyland (1894)
Mon texte préféré du recueil, une nouvelle géniale et drôle sur un médecin de campagne, qui découvre, scandalisé, que le nouveau médecin installé en ville est unE médecin! Outrage à la pudeur, à la sensibilité féminine, aux mœurs, à tout ce qu'il y a de plus sacré! Abasourdi par sa découverte, il en oublie même la politesse due à une dame! Mais à son grand étonnement, la médecin réussit à se créer une clientèle... Changera-t-il d'avis sur son compte? 😉

Crabbe's Practice (1894)
Le recueil se clôt sur une note comique: pour aider son ami et confrère Crabbe à lancer son activité dans une nouvelle ville, un médecin accepte de mettre en scène sa propre noyade. Un plan grotesque et hilarant, mais qui aura malgré tout l'effet escompté. 😀

Voilà. Doyle était un génie, je l'ai déjà dit et je le répète. Et Alma prouve avec ce troisième volume la qualité de son travail éditorial. J'en redemande. 💖

Remarque: Comme dans un billet précédent, j'ai trouvé les dates de publication des différentes nouvelles ici.

dimanche 15 avril 2018

La Faute de l'abbé Mouret (1875)

Cinquième tome des Rougon-Macquart d'Émile Zola, La Faute de l'abbé Mouret nous ramène dans le sud de la France, pas loin de Plassans, ville d'origine de la célèbre famille frappée par la folie. Je gardais le souvenir d'un débordement de feuillages et de fleurs... Quid de cette relecture?


L'histoire
Serge Mouret, que nous avons rencontré dans La Conquête de Plassans, le tome précédent, est prêtre dans un tout petit village perdu au milieu d'une plaine désolée et desséchée. Retiré du monde, renfermé sur lui-même, il vit dans la dévotion de la Vierge Marie et plane (il faut le dire) dans un monde contemplatif et mystique. La tentation charnelle ne l'effleure même pas, la notion de femme étant sensiblement absente de son esprit. Suite à une grave maladie, il se réveille dans une demeure oubliée au bord d'un jardin abandonné, le Paradou, où il va revenir à la vie en compagnie d'Albine, une jeune fille innocente qui a grandi pratiquement seule dans le jardin.

D'Éden au Paradou, le jardin de la vie et le récit de la Bible
On ne peut pas dire que Zola ait fait preuve d'une grande finesse avec ce roman. Après une première partie située dans la plaine aride des Artaud, on passe à la vie végétale débordante du Paradou, un jardin protéiforme aussi immense et préservé que le jardin d'Éden de la Bible. Serge et Albine, complètement innocents et ignorants des choses du monde, y courent comme Adam et Ève, portés par la vie débordante des végétaux. Serge a perdu la mémoire suite à sa longue maladie et Albine vit coupée du monde depuis tant d'années qu'elle n'accorde aucune forme d'importance aux conventions sociales.
Mais un élément perturbe leur bonheur, le souvenir d'une dame morte qui aurait connu l'amour charnel en ces lieux, notamment dans une mystérieuse clairière dévouée à la passion. D'adorables camarades de jeux et d'escapades, Serge et Albine sentent peu à peu monter un appel qu'ils ne comprennent pas et qui les terrifie. À force de chercher, Albine trouvera la clairière, dans laquelle ils consommeront leur amour. Et cet acte les verra chassés du paradis, un certains Archangias faisant même son apparition.

Un manque de rythme certain
En toute honnêteté, ce roman n'est pas le plus facile à lire ou le plus palpitant de Zola. La première et la troisième partie sont plus factuelles et s'écoulent plus facilement (quoique, Tigger Lilly a compté seize pages de dévotion à la Vierge dans la première... ^^), mais la deuxième, qui forme le cœur du roman, est rendue incroyablement longue par les tergiversions et dilemmes de ces deux adolescents qui se tournent autour sans le savoir et qui auront besoin de looooongues journées en compagnie des fleurs et des feuilles pour enfin passer à l'acte. Zola exprime plein de choses en traçant des parallèles avec les différentes parties du jardin et les descriptions de plantes sont superbes; mais au bout d'un moment on n'en peut plus trop tellement ça n'avance pas.

Un protagoniste mollasson
Serge Mouret tient de sa mère Marthe: d'une part à cause de ses crises mystiques, qui le font s'effondrer pendant des heures devant des statues religieuses, et d'autre part à cause de son manque total de volonté/répartie/intérêt. Dès la première partie, avant l'entrée en scène d'Albine, on découvre un homme extrêmement discret, certes bienveillant dans son rôle de prêtre (et sincèrement convaincu, je pense, de l'aide spirituelle qu'il représente pour ses paroissiens), mais tellement MOU qu'on a envie de le secouer. La Teuse, la femme qui tient son ménage, lui tient la jambe ou lui fait la leçon; Archangias, un autre prêtre, le moque et le critique pour sa dévotion à la Vierge; mais notre abbé se laisse faire comme un morceau d'étoffe. On dirait vraiment qu'il lui manque quelques cases pour comprendre la réalité du monde et interagir avec lui (en même temps, c'est un Rougon-Macquart, bien entendu qu'il lui manque quelques cases... 😂).

Des personnages secondaires abjects
Zola présente toujours un échantillon pas très reluisant d'humanité dans ses romans. La palme revient ici à Archangias, prêtre extrémiste et misogyne (voire plus que misogyne, il faudrait inventer un nouveau mot pour les gens qui ont autant la haine de la femme!) qui respire la malveillance et la bassesse. Il aura, heureusement, une juste punition à la fin du roman. J'ai aussi détesté avec énergie les paysans des Artaud, présentés comme ignorants, avares, intéressés, vulgaires et sans cœur... Tout ce que j'aime! 😂

Des personnages secondaires plus reluisants
D'autres personnages interagissent de près ou de loin avec Serge et Albine: Pascal Rougon, le médecin qui entraîne leur rencontre et provoque involontairement leur idylle, la Teuse, la femme qui tient le ménage de l'abbé et qui, derrière ses airs bougons, fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et est une bonne âme, et, Désirée, la petite sœur simple d'esprit qui adore les animaux de sa basse-cour. Pascal et Désirée n'ont pas soulevé que ma sympathie, je dois le dire, mais ils restent des personnages normalement bienveillants envers leur prochain.

L'opposition entre la vie et la mort ou plus précisément entre fertilité et stérilité
Tout ce roman est centré sur l'opposition entre la vie et la mort: la vie d'Albine, du Paradou, des végétaux, de l'enfantement, des animaux de la basse-cour de Désirée, de la sexualité, cet élan vers la lumière et le bonheur; et la mort de la plaine aride des Artaud, de l'église froide et vide, de la prêtrise, du célibat, de la chasteté vue comme renoncement à l'enfantement, du cimetière dans lequel se termine le roman. C'est un des grands chevaux de guerre de Zola, dont le mariage était stérile et qui a eu des enfants tard, quand il avait au moins cinquante ans je crois, et qui est obsédé par l'enfantement et la vie, thème qui revient en force dans d'autres romans (à travers la création littéraire dans L'Oeuvre, le dévouement de Pauline Quenu dans La Joie de vivre et surtout la paternité tardive du Docteur Pascal dans le tome éponyme qui clôt la saga, mais aussi, me semble-t-il, dans la paternité du prêtre des Trois villes qui renonce à la soutane).
Je ne peux pas dire que ce soit ce qui me parle le plus chez lui, vu mon désintéressement absolu pour la maternité en particulier et la parentalité en général, et j'ai trouvé ici que le trait était forcé concernant la stérilité des prêtres (dont la chasteté peut être vue comme un détachement du physique plutôt que comme une haine de la vie), ce qui ne m'a pas pleinement convaincue (en même temps le trait est forcé dans tout ce roman 😂).

Pour quel public?
Vous l'aurez compris, ma lecture a été mitigée. J'adore Zola et son style si particulier et j'ai donc apprécié ce livre du point de vue rédactionnel. J'aime aussi sa manière si vivante et précise de décrire les lieux et les êtres et le Paradou est clairement un endroit à découvrir dans la géographie des Rougon-Macquart. Le roman, en outre, se termine par une mort ô combien invraisemblable mais ô combien symbolique et superbe! Mais qu'est-ce que c'est long, ces deux tourtereaux, et qu'est-ce que je n'aime pas Serge Mouret... C'est en tout cas un livre à réserver aux amateurs de Zola; je doute qu'un néophyte puisse y trouver son compte!

Allez donc voir ailleurs si cet abbé y est!
L'avis de Karine
L'avis de Tigger Lilly

mercredi 11 avril 2018

Issa Elohim (2018)

Avec Issa Elohim de Laurent Kloetzer, je lis une deuxième fois la collection Une Heure-lumière du Bélial', encensée à maintes reprises par les amis blogueurs. Il y a quelques mois, j'ai lu Dragon de Thomas Day. Cette fois-ci, on suit une journaliste suisse partie rédiger un article sur un camp de réfugiés en Tunisie. Parmi les réfugiés, elle rencontre un jeune garçon aux pouvoirs psychiques étonnants. Il s'agirait d'un Elohim, de mystérieux personnages apparus un peu partout dans le monde et considérés comme des envoyés du ciel ou de "simples" extraterrestres. La journaliste va s'employer à soutenir la démarche du jeune garçon et de ses amis pour obtenir l'asile en Suisse.


Cette longue nouvelle se lit très vite et est prenante, j'ai vraiment passé un bon moment. Laurent Kloetzer a trouvé un ton très crédible pour donner la parole à sa journaliste, qui s'exprime à la première personne (sauf peut-être quand elle est stressée et angoissée, je me suis demandé s'il aurait imaginé un journaliste homme avec les mêmes réactions), et propose un contenu très intéressant, très humain et fort peu science-fictif en réalité. Apparemment, la nouvelle se passe dans le même univers qu'Anamnèse de Lady Star, mais cela n'est pas du tout gênant si on n'a pas lu ce livre-là; elle se tient parfaitement bien toute seule.

Quand j'ai lu les critiques di-thy-ram-bi-ques sur le net, toutefois, je me suis un peu interrogée. Je n'y ai pas vu un chef d’œuvre. Suis-je passée à côté de quelque chose? Je ne sais pas. La fin m'a déplu, c'est sûr, mais elle est tout à fait pertinente, c'est juste que j'aurais préféré autre chose. J'ai trouvé dans cette lecture un texte de qualité, mais pas non plus une œuvre mémorable ou marquante...

Une confession: je trouve le thème de l'opposition entre Suisse et camps de réfugiés, encensé par les critiques que j'ai lues sur d'autres blogs, à la fois d'une grande banalité (du genre on enfonce les portes ouvertes, bien entendu que c'est injuste) et d'une grande naïveté (moi, voyez-vous, je n'accueillerais pas un inconnu chez moi même si ça pouvait le sauver des bombes - j'ai l'impression que ça fait de moi un horrible monstre fasciste mais c'est comme ça - dans Black Panther, je suis résolument contre le coming out du Wakanda 😂). Toutefois, le livre ne me semble pas tant tourner autour de ça que de la relation affective entre la journaliste et les jeunes garçons réfugiés, l'opposition foi/scepticisme et la réaction face à l'inconnu...

samedi 7 avril 2018

Dialogues de bêtes (1905)

Après La Maison de Claudine et Chéri, deux belles découvertes de l'année dernière, j'ai continué ma lecture de Colette avec ces Dialogues de bêtes, un recueil que j'ai acheté d'occasion (mais où? Je suis incapable de m'en souvenir. Peut-être à la librairie du père Pennard à Lyon, en même temps que Chéri.)


J'ai laissé passer plus d'une semaine avant d'attaquer cette chronique et je suis bien incapable de parler correctement de cette lecture. Il s'agit d'un dialogue entre un chat, Kiki-la-Doucette, et un chien, Toby-Chien, qui vivent avec deux humains, Lui et Elle. Bien entendu, leurs visions du monde sont quelque peu différentes et le dialogue donne quelques répliques croustillantes (comme "Plus on me donne, plus je demande. [...] J'ai droit à tout" de la part du chat) ou émouvantes (comme "C'est à lui que j'ai donné mon cœur avare, mon précieux cœur de chat", toujours de la part du chat). Il y a aussi plein de considérations sur le monde humain vu par ces animaux qui ne le comprennent pas totalement. Et puis la plume de Colette, très simple et très élégante à la fois.

Voilààà! J'ai vraiment laissé trainer cette chronique trop longtemps, je suis incapable de vous en dire plus, mais ça m'a confortée dans l'idée de lire Colette! 😊

Le petit truc en plus que je ne veux pas oublier et que vous devez absolument savoir
Cet achat d'occasion contenait une lettre d'American Express présentant à l'un de ses clients le guide "American Express Destination Paris", qui fournit notamment des réductions dans des restaurants. La lettre date d'octobre 1999 et le destinataire (que je ne citerai pas bien sûr ^^) habitait à Saint Quentin Fallavier.

mardi 3 avril 2018

La gamelle de mars 2018

Ce mois de mars a été marqué par une santé chancelante: d'abord celle de mon Homme, puis la mienne pendant quelques jours. Rien de grave heureusement. Du coup, on a regardé des films!

Sur petit écran

Transformers 3 de Michael Bay (2011)
Un troisième opus qui marque la rupture dans la franchise. Chronique complète ici.

Mission: Impossible 5 - Rogue Nation de Christopher McQuarrie (2015)
Je gardais un souvenir mitigé de ce film vu au cinéma lors de sa sortie, mais j'ai vraiment bien aimé cette fois-ci. Il y a pas mal d'humour, ce qui évite au film de se prendre trop au sérieux. C'est dans ce film-ci que Tom Cruise est accroché à un A400M en train de décoller. 😉 J'ai hâte de voir le prochain!

Mission: Impossible 4 - Ghost Protocol de Brad Bird (2011)
J'ai moins aimé cet opus que j'ai trouvé un peu plus décousu (quand l'intrigue s'est dirigée vers l'Inde, j'ai même partiellement décroché). Il fait pourtant partie des films qui m'ont totalement fait changer d'avis sur Tom Cruise il y a quelques années de ça. Notons qu'on a ici la cascade de la tour Burj Khalifa à Dubaï et que la dernière scène lance l'intrigue avec le Syndicate, l'organisation terroriste du 5 et (visiblement) du 6 qui sort cet été.

Pacific Rim de Guillermo del Toro (2013)
J'ai revu avec un immense plaisir ce film que j'adore et qui garde toute son efficacité avec les années. KAIJU GROUPIE quoi. Et quelle musique! Hâte de voir le 2. Des réserves toutefois, quant à l'immense sexisme du machin... 😠😱

Transformers 4 de Michael Bay (2014)
Aïe. Si Transformers 3 marquait la rupture dans la franchise, Transformers 4 en symbolise le naufrage. Un film truffé d'explosions, de belles voitures et de robots géants: on dirait que le contrat est rempli, mais en réalité on s'ennuie ferme et on ne comprend plus rien. Quelle erreur d'avoir échangé le héros gringalet pour un homme aux muscles saillants qui développe on ne sait comment des compétences de combattant et de cascadeur de fou. Quelle erreur de n'avoir fait revenir aucun personnage humain de la trilogie initiale... Quelle erreur d'avoir adopté un ton encore plus sexiste et paternaliste, avec la blonde qui non seulement ne sert à rien mais appelle à l'aide constamment et ne peut rien faire toute seule! Quelle erreur d'avoir gâché le retour de Megatron, notre méchant préféré. Et quelle erreur d'avoir encore compliqué l'histoire des Transformers sur Terre.
On découvre cette fois-ci que les créateurs des Transformers, des extraterrestres mystérieux, ont ravagé la Terre il y a 65 millions d'années en faisant exploser une bombe qui transforme la matière organique en transformium, le métal dont sont composés les Transformers, en vue de créer les Transformers. (Donc, oui, vous avez bien compris, les dinosaures ont été anéantis pour créer les Transformers.) Mais les créateurs sont maintenant décidés à détruire leur création (pourquoi?) et ont envoyé Lockdown chasser les Transformers sur Terre. Heureusement, Optimus réactive les Dinobots se trouvant dans le vaisseau qu'il a volé à Lockdown (que font-ils là? Pourquoi Lockdown les a-t-ils avec lui? Pourquoi ne les réveille-t-il pas pour les faire combattre à son côté?) et remporte le combat.
Bien sûr, le fan sera ravi de voir des Transformers partout, mais même les Dinobots sont sous-exploités et n'arrivent pas à rattraper cet opus. Je recommande chaudement de l'éviter...

Sur grand écran

El laberinto del fauno de Guillermo del Toro (2006)
Une séance UGC Culte chroniquée en détail ici.

Hurricane de Rob Cohen (2018)
Un film catastrophe. J'ai bien aimé. Notons que la présence d'un météorologue équipé d'un véhicule conçu spécialement pour affronter les tempêtes permet de courir les rues assez longtemps et donne des scènes assez sympas.

Black Panther de Ryan Coogler (2018)
J'ai beaucoup apprécié ce film de super-héros très différent des autres Marvel. Déjà, j'ai apprécié qu'on ait affaire à un protagoniste qui 1. a déjà été présenté dans un autre film et 2. a toujours su qu'il serait la Panthère noire et n'a donc pas besoin de découvrir ses pouvoirs ou d'accepter qui il est. En plus, la longue histoire secrète du Wakanda permet d'introduire une réflexion sur la tradition et le passage à la modernité, un truc totalement absent des autres films de ce type (la seule susceptible d'avoir ce type de problème est Wonder Woman, elle aussi héritière d'une longue lignée). Bon et bien sûr c'est LE film d'action américain le plus avancé de tous les temps, je crois, concernant la représentation féminine, étant donné qu'ici LA FEMME EST UN HOMME COMME LES AUTRES ET A AUTANT DE TEMPS DE PAROLE QUE L'HOMME ET NE SERT JAMAIS, JAMAIS DE FAIRE VALOIR. Holàlà. Je jubile. Seule fausse note: les rhinocéros de guerre qui déboulent de nulle part... 😂😂😂

Du côté des podcasts

Incroyable! Je ressuscite cette catégorie que j'avais inaugurée l'année dernière et aussitôt abandonnée, vu que je n'arrivais pas à prendre l'habitude d'écouter des podcasts. Ce n'est qu'un début mais j'ai installé Podcast Addict sur mon téléphone et cela m'a permis d'écouter quelques épisodes de la première saison de Procrastination, le podcast d'Elbakin sur l'écriture, en vaquant à d'autres occupations, genre en découpant des légumes. J'adore cette émission qui est sûrement aussi intéressante pour les écrivains (ou aspirants écrivains) que pour les "simples" lecteurs.

Du côté des séries

Agatha Christie's Poirot - saison 3 (1990-1991)
Nous avons fini la saison 3, aussi délicieuse que les précédentes avec ses manigances meurtrières alambiquées et son enquêteur quelque peu excentrique.

Et le reste

Ayant décidé de lire un magazine par mois en plus de mon fidèle Cheval Magazine, j'ai lu ce mois-ci un anciens hors-série de Mad Movies et Comic Box sur les super-héros. Je l'avais offert à Noël à mon Homme, qui l'avait malheureusement déjà. C'était extrêmement intéressant d'en apprendre plus sur les super-héros et très amusant pour ce qui est de leurs adaptations au cinéma: je pense en effet que ce magazine date de tout début 2005! Je n'ai trouvé la date nulle part, mais on y parle de la récente élection de Bush et on y attend les sorties du premier semestre 2005. Donc tout ça date d'avant Batman Begins et surtout d'avant la déferlante Marvel! Dingue. J'ai découvert tout plein d'adaptations qui ne se sont pas faites (genre Chris Columbus devait adapter Namor, un comics dont je n'ai jamais entendu parler, et Ryan Reynolds était pressenti pour jouer Flash dans un film sur Flash...). C'était passionant.

Bon et bien sûr j'ai lu Cheval Mag: celui de mars en début de mois et celui d'avril en fin de mois.


Merci d'avoir lu jusqu'ici et rendez-vous le mois prochain
pour une nouvelle portion de croquettes!