mardi 25 octobre 2011

Les Fils de l'homme

Un coup de cœur absolu que je qualifierais même de raz-de-marée émotionnel. Des plans séquences incroyables, une musique déchirante et des acteurs excellents pour un film cruel et splendide: si l'on s'éloigne du point de vue scénaristique du livre de P. D. James, qui a représenté un tremblement de terre littéraire du même gabarit il y a un an presque jour pour jour dans ma petite vie d'exilée à Luxembourg, on reste dans l'atmosphère cruelle et désabusée de mon auteur fétiche.


Les personnes me connaissant dans la vraie vie comprendront bien combien il est exceptionnel que je dise : "j'ai pleuré à cause d'un bébé"!

Un film d'Alfonso Cuaron dont Cachou a déjà parlé ici, dans un billet avec lequel je concorde pleinement.

lundi 24 octobre 2011

Le Repaire du Ver blanc

Arf!

Je viens de finir de lire Le Repaire du Ver blanc (The Lair of the White Worm) de Bram Stoker, nouvelle qui constitue la première étape de mon Mini-challenge du Ver blanc, qui commence remarquablement mal.

Perplexité considérable. En fait, c'est nul. Et très peu compréhensible. Et pas intéressant.

Imaginez que votre voisine tue votre mangouste, qui vous faisait tranquillement des câlins avant d'attaquer furieusement ladite voisine, à coups de revolver. Est-ce que vous rentrez chez vous sans dire un mot?

Imaginez que votre voisin regarde fixement une autre de vos voisines pendant des heures, comme s'il voulait la manger, et que ladite voisine pâlit, faiblit et manque de s'évanouir sous ce regard. Est-ce que vous restez assis à côté à les regarder se regarder sans faire un geste?

L'histoire se déroule en outre dans un endroit où les voleurs n'existent pas, puisque Voisine numéro 1 s'introduit chez tout le monde sans sonner et sans forcer les portes, qui restent apparemment ouvertes jour et nuit.

Effarée par la nullité de cette nouvelle que Bran Stoker a écrite 15 ans après Dracula (et pour laquelle on ne peut donc pas invoquer une "erreur de jeunesse"), je vous laisse avec le compte-rendu d'Anne Quent, qui a déjà exprimé son désarroi ici.

Question du jour

Un petit détail que j'ai découvert samedi dernier grâce à Thomas Sertillanges, qui animait la Matinale de la Société française des traducteurs (SFT), un rendez-vous mensuel tournant autour d'un aspect de la traduction.

Dans les aventures de Tintin, savez-vous comment distinguer Dupont et Dupond?

vendredi 21 octobre 2011

Cavaliere di Grazia

"Per portare un cavallo dovremo prendere una barca più grande, e superare la linea di navi turche sarà più difficile. Volete rischiare la vita per un cavallo?"
Andrea si strinse nelle spalle. "Lui me l'ha salvata almeno due volte," disse, "sicché sono in debito."
Franco Mimmi
Cavaliere di Grazia

Traduction française de votre dévouée blogueuse, le livre n'ayant pas été publié en France:
"Nous devrons prendre un plus grand bateau pour transporter un cheval et il sera plus difficile de passer la ligne des navires turcs. Vous voulez risquer votre vie pour un cheval?"
Andrea haussa les épaules. "Il a sauvé la mienne au moins deux fois", dit-il, "alors j'ai une dette envers lui."

mardi 18 octobre 2011

NaNoWriMo 2011

Bon allez.

Pour une rare fois, je décide ce soir de faire preuve de volonté, d'optimisme et de joie de vivre, et je m'engage formellement à participer à l'édition 2011 du National Novel Writing Month.

Cette résolution s'inscrit dans une utopique indispensable démarche de retour à la vie/reprise en main.

Je me réserve cependant le droit de laisser tomber en cours de route si mon chiffre d'affaires du mois dépasse une certaine somme (que je ne vous révèlerai pas ici): pour l'instant, je ne peux malheureusement pas me payer le luxe de refuser du travail pour me consacrer à l'écriture. (Mais, bien sûr, tout ça changera lorsque j'aurai enfin mis la main sur mes millions!)


Rendez-vous en novembre pour 50 000 mots de souffrance et d'extase!

samedi 15 octobre 2011

Bonheur! (bis!)

Alors que je suis encore relativement hystérique au sujet de l'annonce de la sortie du prochain P. D. James, voilà que j'apprends qu'Arturo Pérez-Reverte publie le 27 octobre le septième tome des aventures du Capitaine Alatriste!


El puente de los asesinos se déroulera en outre en Italie...

Heureusement, je n'ai pas besoin d'attendre la traduction: je pourrai sauter dessus dès que je l'aurai acheté.

jeudi 13 octobre 2011

Rencontre avec des blogueurs BD

Samedi dernier, j'étais à la médiathèque Christine de Pizan de Poissy pour assister à un café littéraire avec des bulles. Trois blogueurs BD ont répondu aux questions du public et nous ont parlé de leurs blogs et de l'évolution de la bande dessinée à l'ère du numérique...

J'ai récupéré par la suite un dessin réalisé pour moi par l'un des trois blogueurs, Clément, qui nous avait parlé des demandes de dessins "bizarres" en salon et avait notamment signalé que beaucoup de personnes lui demandaient un dinosaure. ^^



J'adore! Merci beaucoup! (Et merci à Copine C. qui a demandé le dessin à ma place!)

Clément tient deux blogs, Le blog des frères crétins et Pas de pression. Les deux autres blogueurs invités étaient Lolmède (auteur de Brut de blog) et Faz (auteur de Super-Papa). Jetez-y un coup d’œil!

lundi 3 octobre 2011

Pèlerinage littéraire de Médan

Je suis allée hier au pèlerinage littéraire organisé par les Cahiers naturalistes au sein de la maison d’Émile Zola à Médan. Ce pèlerinage a lieu tous les ans, le premier dimanche d’octobre, depuis 1903.

Je suis partie de Versailles une heure avant le début du pèlerinage, de manière à me garer sur la parking de la mairie de Médan, où je m'étais garée en juillet. Et bien, soyez prévenus! À 14h30, toutes les places étaient occupées et la petite ville de Médan était envahie. J'ai réussi à me garer le long de la voie ferrée uniquement parce que ma voiture fait la taille d'un vélo...

Dans le parc de la maison, toutes les places assises sous la tente étaient occupées et le public s'est réparti sur la pelouse. Il faisait très beau et le tout était assez champêtre et sympathique.


Pierre Bergé, que je connaissais de nom puisqu'il a écrit l'avant-propos du livre Zola à Médan, a d'abord donné quelques nouvelles au sujet de la maison, qui est fermée pour trois ans à partir d'aujourd'hui en raison de travaux importants. Avis aux amateurs: le pèlerinage sera maintenu l'année prochaine malgré les travaux et je vous donne donc rendez-vous le dimanche 7 octobre 2012!

Nadine Le Blond-Zola, arrière-petite fille d'Émile, et un homme que je n'ai pas réussi à identifier ont ensuite pris la parole. Ce dernier a notamment cité une exposition de Cézanne qui se tiendra à Paris cet hiver et où sera exposé un petit portrait de Zola (Zola et Cézanne étaient au lycée ensemble à Aix-en-Provence et sont restés amis à l'âge adulte, jusqu'à ce que Zola publie L'Oeuvre, roman dans lequel Cézanne s'est reconnu).

Le clou du spectacle consistait en l'intervention de deux orateurs extérieurs.

Christophe Reffait, professeur à l'université de Picardie, a d'abord abordé le sujet de la crise chez Zola, en partant bien sûr de la crise économique et financière actuelle. Zola a beaucoup parlé de la crise cyclique, celle qui revient régulièrement, soit sous la forme d'une maladie ou d'un état psychologique aberrant, soit sous la forme d'un écroulement économique ou financier. Germinal et L'Argent sont évidemment, et malheureusement, terriblement d'actualité... Il paraît que Zola est sorti de cette vision dans Travail, mais malheureusement je n'en suis pas encore arrivée aux romans qu'il a écrit après les Rougon-Macquart et je ne l'ai donc pas lu!

Christophe Reffait

Nicolas Demorand, actuel directeur de la rédaction et de la publication de Libération, a ensuite abordé le thème du journalisme en partant du célèbre J'accuse, qui valut à Zola la condamnation à un an de prison et l'exil en Angleterre. Est-il encore possible, aujourd'hui, qu'un seul article ait une telle influence? Les journalistes peuvent-ils se poser hors la loi pourvu de faire leur travail? Les journaux perdent actuellement leurs lecteurs, ils ne jouent plus le rôle d'unificateurs de personnes partageant les mêmes idées et l'âge du papier est révolu. L'âge de l'écran commence...

Nicolas Demorand

Bien entendu, leurs discours respectifs étaient bien plus intéressants que cela, mais je n'ai pas tout retenu. ^^  Nicolas Demorand a parlé de "l'esthétique du spasme et du déphasement", une formulation que j'ai trouvée pertinente; deux des notions zoliennes m'ayant le plus marqué sont le "détracage" mental et "le clou de l'idée fixe"...

À l'entrée de la maison.


Une expérience intéressante, donc, et que je répéterai à l'avenir, même s'il est peut-être inutile d'y aller tous les ans, les intervenants n'étant peut-être pas tous passionnants. C'était très agréable, en tout cas, de côtoyer pendant une heure et demie d'autres personnes férues de Zola!


L'entrée est libre et il suffit de se présenter à la maison pour entrer dans le jardin; par contre, il y avait une queue considérable pour visiter l'intérieur de la maison et il vaut mieux réserver. Je mets l'invitation ci-dessus pour info, il n'est absolument pas nécessaire de l'imprimer pour être admis au pèlerinage!

vendredi 30 septembre 2011

Bonheur!

Grande nouvelle!

P. D. James publiera son prochain roman le 3 novembre prochain. Death Comes to Pemberley mettra en scène les personnages d'Orgueil et préjugés de Jane Austen, un meurtre étant commis dans l'entourage d'Elizabeth et de Darcy six ans après leur mariage.

Je suis excitée comme une puce. Je ne lis P. D. James que depuis un an, mais elle s'est hissée directement dans le top 5 de mes auteurs préférés, et c'est la première fois de ma vie qu'un de mes auteurs fétiches publie un livre que je peux attendre et acheter dès sa sortie. (Mes auteurs préférés sont tous morts, c'est pas de bol... À l'exception d'Anne Rice, bien sûr, mais il faut dire que j'ai tellement de retard dans ses livres que je n'attends absolument pas la publication du nouveau!)

Bien entendu, et malgré que je ne sois pas (du tout) une inconditionnelle de Jane Austen, tout ceci impose un petit challenge:

1/ Relire Pride and Prejudice;

2/ Regarder (enfin!!) l'adaptation de la BBC avec Colin Firth;

3/ Me procurer le livre de P. D. James le jour de sa sortie et l'avaler en une seule bouchée.

Les points 1/ et 2/ devront être réalisés avec une attention particulière: je suis sure que P. D. James se servira de tout petits détails de l'histoire d'origine pour mettre en place son enquête et en permettre la résolution...

Vous pouvez lire un article du Telegraph sur le sujet ici.

jeudi 29 septembre 2011

La Planète des singes (1968)

Après avoir lu le livre de Pierre Boulle, j'ai pu passer à l'étape cinématographique de mon challenge Planète des singes en regardant le film de 1968 réalisé par Franklin J. Schaffner.

 Bon.

1/ Ça a mal vieilli.

2/ Je n'aime pas du tout Charlton Heston. (Avec du recul, je me demande si ce n'est pas aussi à cause de lui que je n'ai pas aimé Ben-Hur, même si le côté mystique de ce film m'avait profondément ennuyée...)

Bon. Disons que c'est un film à voir pour sa culture gé et qu'il y a de l'idée dedans. C'est en outre une adaptation assez fidèle du livre. Et il y a, comme dans le livre, une critique de l'establishment religieux et conservateur qui est un reflet effrayant de l'inquisition et du créationnisme de notre histoire à nous.


En fait, je dois dire que j'ai bien aimé. C'est juste que le "décalage" culturel par rapport au moment du tournage est trop marqué et qu'on a du mal à prendre le film totalement au sérieux... (Pourtant, j'aime beaucoup quelques films plus vieux que celui-ci, notamment 20000 lieues sous les mers de Disney [1952], Les chevaliers de la table ronde [même année] et Diamants sur canapé [1961 si je ne m'abuse]).


Point positif: la musique est assez flippante et réussit à faire monter la pression même quand il ne se passe rien à l'écran. Même le chat du voisin, avec qui j'ai regardé le film (le chat, pas le voisin), et qui l'a totalement snobbé, était perturbé. ^^

Prochaine étape: me procurer et regarder Les évadés de la planète des singes (1971).

Fondation et Empire

It seemed inevitable that the next danger the Foundation would have to face was the final lash of the dying Empire.
The way must be cleared for the battle of Foundation and Empire.

Isaac Asimoc
Foundation and Empire (prologue)

mercredi 28 septembre 2011

La confession de Claude (2)

La confession de Claude, publié en 1865, est le tout premier roman de Zola. Âgé de 25 ans, il n'avait alors publié qu'un seul livre, Contes à Ninon, un recueil de contes et de nouvelles (qui est désormais introuvable, soit dit en passant).


Le livre est constitué d'un ensemble de lettres envoyées par Claude à ses "frères". Il est donc rédigé à la première personne, quelque chose de très rare chez Zola... On ne sait pas grand-chose de Claude, si ce n'est qu'il est originaire de Provence et qu'il a échoué à Paris, où il vit dans une pauvreté extrême. Une nuit, une voisine lui demande de veiller Laurence, une jeune prostituée qui habite dans le même immeuble. Une chose en entraînant une autre, Laurence s'installe chez Claude et le "ménage" sombre progressivement dans la misère. Dans un premier temps, Claude tente de ramener Laurence dans le droit chemin en essayant de l'inciter à trouver un travail (autre que la prostitution, s'entend), mais il échoue lamentablement. Au contraire, l'extrême passivité de Laurence, qui passe ses journées les mains croisées dans un fauteuil, déteint sur lui...

Je dois avouer que j'ai trouvé ce livre moins percutant que les autres. Il est partiellement autobiographique (Zola a eu une relation de ce type avec une prostituée pendant l'hiver 1860-1861, juste après son arrivée à Paris) et il est déjà sombre et déprimant à souhait, mais on est encore loin de la plume de Germinal et compagnie. C'est une lecture intéressante, encore une fois, pour les inconditionnels de Zola...

Une précision au sujet de l'éditeur: La confession de Claude étant, comme les Contes à Ninon, introuvable en librairie (à moins de passer par la bibliothèque de la Pléiade), je l'ai commandé sur Amazon auprès d'un éditeur anglais, Dodo Press, qui appartient en fait à The Book Depository (qui appartiendra d'ailleurs bientôt à Amazon). Le format est un peu surprenant, la couverture a l'air imprimée sur une imprimante maison et deux-trois fautes de frappe ou de français se sont glissées dans le texte, mais sinon le texte est très lisible et le papier agréable. Apparemment, j'ai eu de la chance (certains lecteurs de Clark Ashton Smith sont tombés sur des exemplaires très peu soignés): je ne sais donc pas si je repasserai par cette maison d'édition. Quelque part, je pense qu'il vaut mieux avoir un exemplaire contenant des fautes de frappe que pas d'exemplaire du tout... À voir!

Bien entendu, le titre de cette maison d'édition m'éclate au plus haut point!

mardi 27 septembre 2011

La confession de Claude

– J’avais de blonds cheveux alors, mes joues étaient si pures que mes amants me surnommaient Pâquerette. Si vous m’aviez vue, vous seriez entré. J’habitais, au rez-de-chaussée, un nid de soie et d’or. Chaque cinq ans, j’ai monté d’un étage. Aujourd’hui, je loge sous les toits. Je n’ai plus qu’à descendre pour aller au cimetière. Ah ! que votre amie Laurence est heureuse : elle ne loge encore qu’au troisième.
Émile Zola
La confession de Claude

mercredi 21 septembre 2011

Petit Chat

Il y a quelques temps, Cachou et Tiger Lilly ont exposé leur Félins respectifs par le biais de quelques photos qui m'ont envoyé en transe. (J'aime les chats à la folie et je deviens zinzin quand j'en vois.) Ils sont beaux beaux beaux. Mais, bien sûr, Chat à moi est Plus Beau. (Notez l'utilisation des majuscules!) En voici les preuves.



Petit bidon poilu et doux.

Renversant! ^^

vendredi 16 septembre 2011

La Planète des singes (1963)

Mon challenge Planètes des singes commence en beauté, avec un vrai coup de cœur pour le livre de Pierre Boulle, publié en 1963. J'ai été prise dans l'histoire dès les toutes premières lignes.

"Jinn et Phyllis passaient des vacances merveilleuses, dans l'espace, le plus loin possible des astres habités.
En ce temps-là, les voyages interplanétaires étaient communs ; les déplacements intersidéraux, non exceptionnels. Les fusées emportaient des touristes vers les sites prodigieux de Sirius, ou des financiers vers les Bourses fameuses d'Arcturus et d'Aldébaran. Mais Jinn et Phyllis, un couple de riches oisifs, se signalaient dans le cosmos par leur originalité et par quelques grains de poésie. Ils parcouraient l'univers pour leur plaisir – à la voile."

Attention! La couverture de l'édition Pocket est mensongère...

J'ai lu extrêmement peu de SF, un genre que je commence à peine à découvrir, mais j'ai trouvé ce livre extrêmement bien construit, aussi bien du point de vue de l'intrigue que de celui de l'anticipation. Pierre Boulle avait reçu une formation d'ingénieur et on sent qu'il est attentif à la cohérence et à la crédibilité de son histoire.

L'histoire est bien connue, mais il me semble qu'elle a été assez déformée dans les films (que, encore une fois, je n'ai pas vus, et dont je ne connais que quelques images ou passages célèbres). Jinn et Phyllis, pendant qu'ils naviguent à la voile dans l'espace, trouvent une bouteille contenant un manuscrit (ici, l'auteur m'avait déjà conquise; j'ai adoré retrouver le concept de la bouteille lancée à la mer par un naufragé... mais dans l'espace). Ledit manuscrit contient le récit du journaliste Ulysse Mérou, qui a quitté la Terre en 2500 en compagnie du professeur Antelle et de son disciple Arthur Levain en direction du système planétaire de l'étoile Bételgeuse, située à environ trois cents années-lumières de la Terre. Après avoir atterri sur une des planètes de cette étoile, clairement habitée par une espèce intelligente, ils rencontrent des hommes vivant à l'état sauvage dans la jungle, ne présentant aucune faculté intellectuelle et se comportant exactement comme des animaux.

Après quelques jours, l'espèce dominante de la planète organise une battue dans cette portion de forêt et Ulysse est capturé. Par des singes, bien sûr... Après s'être retrouvé en cage dans un institut scientifique où il est soumis à toutes sortes de tests, il va tenter désespérément de prouver aux scientifiques autour de lui qu'il n'est pas qu'un animal.

Au-delà de l'histoire, j'ai trouvé plusieurs points intéressants dans ce bouquin et je crois que c'est cela qui le rend aussi passionnant. Le rôle des singes et des hommes est totalement inversé: les singes expérimentent sur les hommes, qui sont de simples cobayes, des souris de laboratoires indifférentes identiques les unes aux autres. (J'ai vu là une première différence avec le film, où il me semble que les hommes sont réduits en esclavage; il n'y rien de tel chez Pierre Boulle, les hommes sont juste utilisés en laboratoire ou exposés au zoo.) Ensuite, la société simiesque est composée de chimpanzés, de gorilles et d’orangs-outans, chaque espèce ayant ses prérogatives, ses préférences professionnelles et ses idées fixes, avec une nette opposition entre une espèce très conservatrice et une espèce très moderne et à la recherche de la vérité scientifique. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une référence très explicite à la situation "chez nous"... Et, enfin, je ne peux pas croire que Pierre Boulle n'a pas voulu dénoncer, ou tout du moins critiquer, l'expérimentation sur les animaux; les quelques exemples d'expériences scientifiques menées par les singes sur les hommes-cobayes sont révoltants et j'ai immédiatement ressenti le même malaise à l'idée que la même chose est réalisée sur des singes.

Pour finir, j'ai beaucoup aimé l'explication fournie à propos de la "chute" de l'humanité, qui m'a rappelé Fahrenheit 451... Mais je n'en dirai pas plus car ce serait vraiment dévoiler toute l'histoire!

En bref, une excellente lecture qui m'a vraiment enthousiasmée. L'édition Pocket n'est qu'à 3,8€ sur Amazon: je vous conseille de vous ruer dessus!

jeudi 15 septembre 2011

Hellboy - Suite et fin

Avec Le Ver conquérant, Le Troisième souhait et Trolls et sorcières, j'ai fini de lire les huit tomes d'Hellboy en la possession de l'Homme. (Note pour les lecteurs à bonne mémoire se souvenant que j'avais dit que l'Homme possédait tous les albums déjà publiés en France: j'en étais effectivement convaincue, mais je m'étais trompée, je reste donc sur ma faim. Enfin, dans tous les cas, la série n'est pas finie, et au rythme où va Mike Mignola, on connaîtra peut-être le fin mot de l'histoire en 2020.)


Le Ver conquérant est (entre autres) un hommage aux super-héros de comics grâce au personnage de Johnson le Homard, qui laisse la marque de sa pince (de homard bien sûr!!) sur les corps de ses victimes. Cet album ne raconte qu'une seule histoire relativement longue et il est divisé en chapitres, comme Les Germes de la destruction et Au Nom du Diable. Le titre, ainsi qu'un certain nombre de citations disséminées dans l'album, sont tirés de Ligéia, nouvelle d'Edgar Allan Poe ("Et les anges, tout pâles et défaits,/ Se levant, se dévoilant, affirment/ Que la pièce est la tragédie nommée "l'homme"/ Et que son héros en est le ver conquérant"). L'histoire se termine par une importante décision professionnelle d'Hellboy, qui aura des conséquences sur la série BPRD, que je lirai prochainement.

Désolée, on ne voit rien sur cette photo, si ce n'est que la table basse est envahie.

Le Troisième souhait est une histoire plus classique, une sorte de veni, vidi, vici fantastique et sous-marin (d'où la baleine et les poissons en couverture). Je dois préciser que j'ai lu l'édition spéciale et noir et blanc et en grand format et que je n'ai pas du tout aimé. Même si certaines images sont très jolies, j'ai trouvé que ça compliquait la compréhension de l'action et je pense qu'il est beaucoup pus judicieux de lire la version normale en couleurs. Première page de l'album en noir et blanc ci-dessous.


Trolls et sorcières, enfin, est un recueil de courtes histoires, comme les tomes 3, 4 et 5, avec quelques mots de Mike Mignola avant chaque histoire. J'ai beaucoup aimé Le Vampire de Prague, qui a été dessiné par P. Craig Russel.


D'un point de vue bloguesque, Hellboy s'arrête ici. Je n'ai ni la patience ni la perspicacité d'esprit nécessaire pour écrire quelque chose de cohérent et de pertinent sur chaque tome de la série. Je vais donc passer sous silence les deux "hors-série" qu'il me reste à lire. Par contre, je ferai peut-être un billet récapitulatif sur la série BPRD lorsque je l'aurai finie, en la jugeant de manière globale... Je verrai.

En tout cas, Hellboy a été une lecture bien agréable, avec des dessins splendides et un univers fascinant. Je lui reprocherai seulement de tourner un peu en rond, dans le sens qu'on touche toujours au mystère d'Hellboy sans jamais réellement en savoir plus, ce qui est un peu agaçant. À lire absolument si vous avez aimé les films ou si vous êtes fan de fantastique!

mercredi 14 septembre 2011

American Gods

Pas grand-chose à dire. Décidément, Neil Gaiman et moi ne sommes pas faits l’un pour l’autre. ^^ J’ai trouvé American Gods beaucoup plus intéressant qu’Anansi Boys, c'est vrai, mais je ne suis pas vraiment rentrée dedans pendant les 400 premières pages (ce qui est un peu gênant, avouez). Heureusement, le rythme accélère pendant les 150 dernières pages et l’intrigue se résout d’une manière que je n’avais pas vue venir (sauf en ce qui concerne quelques points secondaires), ce qui a fini par bien me tenir en haleine.


Il faut dire que je ne connais pas grand-chose aux anciennes mythologies et que je suis donc passée à côté d’une part non négligeable du bouquin… Je n’en dirai pas plus car il me semble très difficile d’introduire l’intrigue sans tout spoiler!

Je préciserai cependant, pour finir, que j’ai été ravie de rencontrer Bastet. ^^

Allez donc voir ailleurs si ces dieux y sont!
L'avis de La petite marchande de prose
L'avis de Vert

lundi 12 septembre 2011

BTVS & Angel - A tribute

Pour tous les fans des séries Buffy contre les vampires et Angel. Un montage amateur que j'ai regardé environ cent fois depuis que l'Homme est tombé dessus et sur lequel j'ai versé mes petites larmes.


Pensez à sélectionner le nombre maximal de pixels en bas à droite,
sinon la qualité n'est pas terrible!

dimanche 11 septembre 2011

Bilinguisme et enfance

Découverte intéressante: ma bibliothèque dispose d'un rayon assez bien fourni sur la linguistique, dans lequel j'ai trouvé ces deux bouquins, L'enfant bilingue d'Elizabeth Deshays et Le défi des enfants bilingues de Barbara Abdelilah-Bauer.


Les deux auteurs ont une expérience directe de l'éducation d'enfants bilingues (Elizabeth Deshays est britannique et habite en France, où elle a épousé un Français; Barbara Abdelilah-Bauer, d'après ce que j'ai compris, est allemande ou d'origine allemande et vit en France avec un conjoint algérien ou d'origine algérienne). Dans les deux cas, elles étudient le phénomène du bilinguisme chez l'enfant dans un contexte monolingue, c'est-à-dire dans un pays où le bilinguisme constitue l'exception et n'est pas "prévu" dans le système scolaire.

De ces deux lectures, je retiens quelques points principaux:

1/ Les craintes liées au bilinguisme chez l'enfant sont infondées; toutes les études montrent que les enfants grandissant dans un contexte bi ou multilingue n'ont pas de retard de langage par rapport aux enfants monolingues, bien au contraire. S'il faut parfois plusieurs années pour fixer les deux langues l'une par rapport à l'autre, ce qui laisse croire à des institutrices retardées... heuh pardon... inquiètes que l'enfant ne sait pas s'exprimer, ces enfants deviennent ensuite capables de s'exprimer aussi bien dans une langue que dans l'autre et atteignent le même niveau dans la langue "majoritaire" (langue parlée dans le pays de résidence) que les enfants monolingues. (Preuve vivante de cette affirmation: moi!! ^^)

2/ Les idées reçues et le prestige associées (ou pas) à la langue minoritaire auront une influence sur la capacité de l'enfant à acquérir ou conserver cette langue. Exemple: il est plus facile pour un enfant né en Angleterre de conserver l'anglais si ses parents emménagent en France à ses deux ou trois ans que pour un enfant croate de conserver le croate dans le même contexte. Certains enfants font même des blocages sur la langue de leurs parents car ils intègrent les idées reçues négatives associées à leur pays d'origine. Voir, dans le livre de Barbara Abdelilah-Bauer, le cas d'un enfant refusant de parler arabe avec ses parents "parce que ça fait honte" (!!!). Je trouve ce constat tout particulièrement regrettable, l'idée d'une hiérarchie de valeurs entre les langues étant totalement absurde.

3/ On distingue plusieurs types de bilinguisme en fonction de l'âge qu'avait l'enfant au moment du contact avec la deuxième langue. Mon bilinguisme, par exemple, est un bilinguisme consécutif précoce (consécutif car j'ai été exposée exclusivement à ma première langue, l'italien, pendant cinq ans, et que le français est arrivé plus tard, et précoce car l'exposition au français s'est faite avant mes six ans).

Une lecture intéressante et rassurante, donc, car ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule et que, sur ce point-là au moins, mes parents ont fait le bon choix en s'en tenant à l'italien à la maison. Apparemment, certains parents désespérés et pressés par des instituteurs casse-pieds renoncent à parler leur propre langue chez eux pour faciliter l'intégration de leurs enfants à l'école française, en les privant ainsi d'une deuxième langue et d'une deuxième culture. L'idéal reste que chaque parent parle sa propre langue à l'enfant, y compris dans le cas de couples mixtes ayant déjà deux langues (exemple: mère francophone, père russophone, enfant né en Italie et grandissant, à l'extérieur, dans un contexte exclusivement italophone), sans pour autant faire de dogmatisme et en s'adaptant à l'enfant, à son rythme et à ses besoins.

mercredi 31 août 2011

L'illustre estinto e altre novelle

Je dois avouer que j'ai été très dépitée lorsqu'on m'a mis ce bouquin entre les mains. Certes, je manque cruellement de livres en italien et j'en suis réduite à emprunter des daubes à la bibliothèque pour respecter mon quota de lectures dans cette langue, mais je n'ai décidément pas aimé Feu Mattia Pascal, que j'ai lu pour la première fois il y a quelques semaines, et je n'étais donc pas du tout enthousiaste à l'idée de me repencher sur Pirandello.

Malgré cela, j'ai vite inséré ce recueil de nouvelles dans mon planning de lecture en me disant qu'il était extrêmement court et que j'avais tout intérêt à m'en débarrasser rapidement.


Et bien, ce fut une excellente surprise. Ce recueil réunit six nouvelles sur le thème de la mort et je dois dire que je me suis éclatée, exception faite de la dernière histoire, que j'ai trouvée trop "fouillie" (pas facile de décrire de manière compréhensible ce que pense un fou en proie au désarroi! En plus, je l'ai lue pendant que j'endurais les débilissimes pubs du cinéma...). Pirandello situe généralement l'histoire du côté du point de vue du mort, du mourant ou du suicidaire. Il explore avec beaucoup d'humour différentes conceptions de la mort, en soulignant notamment le fossé entre, d'une part, ce que l'on imagine, ce que l'on souhaite ou ce que l'on prétend et, d'autre part, ce qu'il se passe réellement dans les faits. Il s'agit apparemment d'un thème récurrent dans ses écrits.

La cinquième nouvelle, la seule à ne pas mettre directement en scène le mort ou le mourant, a un côté plus émouvant, mais elle reste très amusante.

Les nouvelles du recueil sont:
1. L'illustre estinto (L'illustre défunt)
2. Due letti a due (Deux lits à deux)
3. Da sé (impossible de trouver le titre français de cette nouvelle: il s'agirait de quelque chose comme "Tout seul" ou "Par ses propres moyens")
4. Piuma (même problème; en VO le titre signifie tout simplement "Plume")
5. Nell'albergo è morto un tale (Quelqu'un est mort dans l'hôtel)
6. Soffio (Un souffle)

Cette édition date de 1995 (au prix de 1000 lires à peine!) et n'est fort probablement plus en vente depuis belle lurette, mais l'ensemble des nouvelles de Pirandello sont disponibles dans le (gros) recueil Nouvelles pour une année.