samedi 14 juin 2014

Liebster Awards: le retour

Oukouloumougnou m'a taguée!! \o/

Techniquement, j'ai déjà participé au Liebster Awards l'année dernière en vous racontant onze choses sur moi et en répondant aux onze questions de Bouchon et de Deedoux. Mais je n'essaye même pas de résister à la tentation de m'épancher et je rempile volontiers! =D


Onze choses sur moi
(Attention: la mauvaise humeur régnait quand j'ai commencé ce tag et mon épanchage tient beaucoup du coup de gueule!)

1/ Je suis officiellement inscrite dans une reprise d'équitation de niveau Galop 3-4 à partir de septembre prochain, avec un prof qui me semble -- du peu que j'en ai vu jusque là -- très prometteur. Je suis immensément soulagée que mon avenir équestre soit enfin défini.

2/ Je hais les hypocrites et les incohérents.
Exemple 1. Je hais les copropriétaires qui gueulent en AG mais refusent de s'investir le reste de l'année pour résoudre les problèmes qu'ils dénoncent à grands cris.
Exemple 2. Je hais les gens qui disent qu'ils n'aiment pas Facebook mais s'épanchent dessus du matin au soir dès qu'ils s'estiment intéressants.
Exemple 3. Je hais les gens qui veulent à la fois n'en foutre pas une et se faire passer pour débordés.

3/ Dès que j'ai vent des inepties que disent ou font certaines personnes que j'ai rayées de ma vie, je me félicite de les avoir rayées de ma vie. \o/

4/ Je hais les filles qui manipulent leur copain en l'éloignant de ses amis ou de certaines activités parce que elles, elles n'aiment pas, ou parce qu'elles compensent leur manque de confiance en elles en essayant d'emprisonner leur mec.

5/ Je ne supporte pas les gens qui ramènent tout à eux et pour qui le seul mode de conversation possible est la surenchère.
Exemple. Je dis "Je suis fatiguée aujourd'hui, mon chat a hurlé toute la nuit et j'ai dû dormir quatre heures" (c'est du vécu ^^) et ils répondent "Ha mais moi PLUS, tu te rends pas compte, je suis trop fa-ti-gué(e), ça fait au moins trois jours que je me couche après minuit et que je me lève à sept heures, non mais t'as pas idée, je suis crevéééééé(e)".

6/ Je ne supporte pas non plus les gens qui vous font dire ce que vous n'avez pas dit et pour qui le seul mode de conversation possible est la confrontation.
Exemple. Je dis "Je suis fatiguée aujourd'hui, mon chat a hurlé toute la nuit et j'ai dû dormir quatre heures" (c'est toujours du vécu ^^) et ils répondent "Ha mais tu vas pas te plaindre d'avoir un boulot quand même". WHAT THE FUCK?

7/ Je ne supporte pas non plus les blogueurs qui geignent sur leur blog parce que houin houin houin ils ne comprennent pas pourquoi ils n'ont que 200 visiteurs par jour et houin houin houin ils ont moins de commentaires que les copains. Quand ça vient d'une blogueuse que j'ai suivie avec fidélité pendant deux ans, et qui ne m'a jamais rendu de visite malgré mes 50 ou 60 commentaires chez elle, j'ai envie de dire "Bien fait pour ta gueule". (Ça aussi, c'est du vécu.)

8/ Je ne supporte pas les gens qui citent "l'Afrique" et les "Africains" au lieu de préciser de quel pays ou nationalité ils veulent parler. Même dans les milieux cultivés, on entend dire: "Machin est né en Afrique". Vous imaginez quelqu'un dire "Il est né en Europe" au lieu que "Il est né en Allemagne"? C'est d'autant plus navrant que l'Afrique est un continent énorme et que l'Égypte, le Sénégal et le Bostwana sont loin d'être des pays identiques...

9/ D'une manière générale, je sais depuis mon adolescence qu'il n'y a rien à sauver dans l'humanité et qu'il ne faut jamais faire confiance à personne, et pourtant je continue de me faire avoir et de tomber des nues tous les jours. J'essaye d'en rire plutôt que d'en pleurer, mais vraiment les gens sont une source de déception inépuisable.

10/ Malgré la frustration intense suintant de ce tag, je suis heureuse et étonnée de voir à quel point ma vie se déroule bien à l'heure actuelle: je monte à cheval, j'ai un super boulot, j'ai un boulot d'appoint pour financer le cheval, l'Homme fait la cuisine depuis un an et demi et je semble être devenue quelqu'un de tout à fait bien dans sa tête. Franchement, que demander de plus?

Mes réponses aux onze questions d'Oukoulou

1) Quel est l'auteur que tu détestes le plus ?
Bonne question! Je ne crois pas qu'il y ait d'auteur que je hais, vu que je ne continue pas à lire quelqu'un qui ne m'a pas convaincue la première fois. Là maintenant tout de suite, je dirais G. R. R. Martin: non pas parce que j'ai détesté ses livres (que j'ai modérément appréciés, certes, mais pas détestés), mais parce que la folie Game of Thrones me saoule.

2) Quel est le livre que tu as le moins aimé ?
Récemment, j'ai été très déçue par Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Sinon je citerai La Nouvelle Héloïse, un livre que j'ai entamé deux fois et abandonné deux fois tellement il m'ennuie.

3) As-tu toujours aimé la lecture ?
Aussi loin que je m'en souvienne, oui.

4) Combien de livres lis-tu en une semaine ?
Idéalement, deux. Ça fait 104 par an et ça me semble le minimum vital. XD En ce moment, cependant, ce n'est pas gagné...

5) Un livre qui t'a laissé particulièrement perplexe ?
Je suis un chat de Sōseki Natsume: je n'ai clairement pas tout capté à ce roman japonais. Il m'est revenu à la mémoire car on me l'a offert deux fois, en deux langues différentes, à environ un an d'intervalle, plusieurs années après ma lecture.

6) Quel est ton dernier coup de cœur ?
Le dernier lapon d'Olivier Truc.

7) As-tu déjà lu un livre avec des tranches d'ananas partout sur le corps ? Si non, comptes-tu le faire ?
Non. Je dois dire que ça ne m'était pas venu à l'esprit jusque là. ^^ Et je ne compte pas le faire: il me faudrait trop de temps pour découper assez d'ananas pour m'en recouvrir!

8) Quel est ton livre préféré ?
Le Seigneur des Anneaux.

9) As-tu déjà préféré l'adaptation cinématographique d'un livre plutôt que celui-ci ?
Oui. Crimes à Oxford, dans mon souvenir, est un bien meilleur film que le livre dont il est tiré.

10) D'autres passions ?
Le poney et les dinosaures. :)

11) Pourquoi ce pseudonyme ?
C'est juste mon prénom orthographié de manière glamour...

Je ne sais pas à qui renvoyer ce tag, donc, si vous êtes intéressé(e), faites signe et je vous enverrai onze merveilleuses questions! :)

jeudi 12 juin 2014

UGC Culte: Les Parapluies de Cherbourg (1964)

Chronique express!

Quelle expérience étrange, ces Parapluies de Cherbourg! Les mélodies sont certes très jolies et la fin émouvante... Mais un film composé uniquement de dialogues chantés, c'est très chelou et pas très intéressant du point de vue sonore! Et le choc visuel avec les années soixante et leurs papiers peints et robes à pois mélangeant le rose et le orange a quelque chose de destructeur pour mes pauvres yeux (un peu comme la couverture recto-verso de mon catalogue adoré l'année dernière). 

Franchement?!?

Bon bon bon. Heureusement, ce film ne dure qu'une heure et demie et m'a permis de voir Catherine Deneuve jeune, dans un des rôles qui ont fait d'elle le monstre sacré qu'elle est aujourd'hui. Et, je le répète, les mélodies sont jolies et la fin émouvante. Mais tout un film chanté comme dans cette vidéo, je ne peux pas...

lundi 9 juin 2014

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (2013)

Les titres improbables ont le vent en poupe en France. Depuis les crocodiles de Pancol jusqu'au vieux de Jonasson, tout ce qui a un titre à rallonge et intriguant se vend comme des petits pains. Quid d'un titre interminable qui cite le géant suédois du meuble, mon employeur adoré?


Et bien c'est mitigé. Ce roman est un peu le pendant livresque de ce que mes camarades de cinéma et moi-même appelons des films TF1: des films comiques et légers, qui surfent sur un sujet d'actualité histoire de capturer l'attention du public mais ne prennent absolument pas position et ne soulèvent surtout pas de vagues. Des films que la famille française moyenne peut tranquillement regarder en digérant son dîner sans se remettre en question. Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, qui cartonne actuellement au cinéma, en fait un peu partie, mais il a le mérite d'être vraiment drôle et d'enchaîner les vannes.

Et donc, le vrai gros problème du Fakir, c'est que ce n'est pas drôle. Ou, en tout cas, ce n'est pas mon humour. J'ai bien été amusée par une ou deux réflexions sur Ikea et par une histoire de réincarnation en botte de paille, mais c'est tout. La célèbre actrice Sophie Morceaux qui joue dans le blockbuster Demain ne suffit jamais, je comprends mais je ne trouve pas ça drôle.

En revanche, ce livre n'a pas non plus été la daube sans nom qu'on m'avait présentée au bureau. C'est typiquement de la littérature de gare contemporaine. C'est vite lu et vite oublié, certes, mais ça se laisse lire et ne vous tombe pas des mains. D'ailleurs, c'est quand même mieux que La première chose qu'on regarde ou Dieu voyage toujours incognito, qui m'ont carrément fait lever les yeux au ciel. Mais bon ce n'est pas non plus brillant. Et on est content de ne pas l'avoir payé 19€.

Allez donc voir ailleurs si ce fakir y est!
Entretien avec l'auteur dans l'émission Livrés à domicile (à la huitième minute)

Romain Puértolas, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea
Éditions Le Dilettante, 252 pages, 19€

vendredi 6 juin 2014

The Da Vinci Code (2003)

S'attaquer à un livre qui s'est vendu à plus de 80 millions d'exemplaires et qui a fait couler autant d'encre que celui-ci, c'est toujours difficile. On oscille un peu entre la peur d'être déçu et la peur (parfaitement irrationnelle) de découvrir au contraire qu'on n'est qu'un mouton parmi d'autres et qu'on aime les mêmes choses que tout le monde.

Résultat? Je suis un mouton! :)


Ce Da Vinci Code a à mon avis deux défauts. Premièrement, il est clairement destiné à un public américain relativement peu cultivé: certaines choses sont expliquées de manière redondante pour être bien sûr que le lecteur a compris et je pense qu'un écrivain européen aurait moins tenu la main de son lecteur. Deuxièmement, certaines ficelles sont un peu grosses, notamment les phrases de conclusion de certains paragraphes.

Mais à part cela, ce livre est super. Et j'entends vraiment par là SUPER. C'est un livre d'aventure et de mystère qui sait parfaitement ce qu'il fait et qu'on ne peut tout simplement pas lâcher. On voit très clairement que chaque chapitre est pensé pour nous livrer juste ce qu'il faut d'information à ce stade de l'intrigue et que ce qu'il nous semble manquer nous sera fourni plus tard, au moment adéquat. Et les allers-retours permanents entre fond historique et imagination sont, à quelques exceptions près, bien amenés et suffisamment bien présentés pour rendre le livre crédible.

En fait, il s'agit un peu d'un Indiana Jones sans action: on sait très bien que c'est de la fiction, mais on y croit le temps de la fiction. Et c'est précisément ce qu'on demande à un livre-divertissement de ce type.

Du coup, le tapage qui a accompagné sa sortie m'a semblé franchement démesuré, tout comme les réactions des milieux catholiques. S'ils se sentent en danger pour ça, ils sont vraiment mal barrés. Militer contre le Da Vinci Code, c'est à peu près aussi débile que d'interdire à des enfants de lire Harry Potter parce qu'ils pourraient se convertir au satanisme en lisant des histoires de sorciers. Et cela donne limite envie de prendre au sérieux ce que Dan Brown y raconte!

L'histoire, pour ceux qui, comme moi, vivaient plus ou moins dans une grotte entre 2003 et 2007...

Robert Langdon, symbologiste américain de passage à Paris, est convié en pleine nuit au Louvre par la police. Le conservateur de ce prestigieux musée a en effet été retrouvé mort, nu, dans une position étrange et avec un mystérieux message inscrit dans son sang à côté de lui faisant le nom de Langdon. La police espère que Langdon pourra les aider à comprendre le message et à faire la lumière sur le meurtre. Mais Sophie Neuveu, cryptologue et petite-fille du défunt, incite et oblige plus ou moins Langdon à prendre la fuite, convaincue que la police l'a déjà choisi pour coupable et que son grand-père avait bien d'autres choses à lui dire. Étape par étape, les indices laissés par le défunt les amènent à remonter la piste de la société secrète dont il faisait partie et de sa mission séculaire: protéger un secret que l'Église catholique veut à tout prix faire disparaître.

Le Da Vinci Code a été adapté au cinéma par Ron Howard en 2006, avec Tom Hanks, Audrey Tautou et Ian Mckellen. J'ai hâte de voir ce film, le livre ayant le potentiel parfait pour bon film d'aventures bien rythmé, mais purement intellectuel et sans action. Un genre assez rare au final.

J'ajouterai qu'il est très rafraîchissant d'avoir affaire à un personnage féminin sûr d'elle, débrouillard et normalement constitué au point de vue mental. Trois fois sur quatre, c'est Sophie qui mène et Robert qui suit, et c'est bien!

Pour finir, un petit coup de gueule contre l'éditeur français, Lattès, à cause de Da Vinci Code, ce titre absurde qui ne veut rien dire en français -- puisque que le français équivalent de l'original serait "Le Code de Vinci" -- ni, IGNARES, en anglais, puisqu'il manque l'article défini THE. Je ne supporte pas ce type de choix commercial mettant en avant l'anglais sans aucune raison valable, et je le supporte encore moins quand, EN PLUS, c'est de l'anglais dénaturé. FUCK.

(Vous noterez que mes compatriotes, généralement prosternés devant les mots anglais, ont eu la bonne idée de le publier sous le titre Il codice Da Vinci en Italie. Hourra!)

mardi 3 juin 2014

UGC Culte: La Leçon de piano (1993)

Chronique express!


J'avais déjà vu La Leçon de piano en DVD, mais découvrir ce film superbe sur grand écran est vraiment tout à fait autre chose. Chef d'oeuvre de Jane Campion, il nous raconte l'histoire d'une jeune femme partie en Nouvelle-Zélande avec sa fille pour y épouser un colon. Capable de parler, elle n'a cependant pas ouvert la bouche depuis des années et ne s'exprime que par gestes ou en jouant du piano. Les acteurs sont exceptionnels, depuis Anna Paquin (alors âgée d'une dizaine d'années) jusqu'à Holly Hunter (incroyable de justesse!) et mon petit favori, Sam Neil. Harvey Keitel est lui aussi très bon. Il est rare de voir des acteurs devenir à tel point leurs personnages et ce film a vraiment sa place dans l'histoire du cinéma pour cet aspect-là uniquement. Mais si vous y ajoutez la mise en scène superbe de Jane Campion, qui arrive à rendre sublimes même les scènes où les gens pataugent dans la boue de cette Nouvelle-Zélande fort pluvieuse, ou la scène du viol, vous tenez quelque chose d'absolument unique. Et le piano, cet objet précieux, prend vraiment vie sous les doigts d'Holly Hunter et renforce encore l'atmosphère mélancolique du film, visuellement mais aussi, bien sûr, d'un point de vue sonore. Un film à voir absolument (même si je crois que la portée symbolique des toutes dernières répliques m'a échappé!).


samedi 31 mai 2014

La Planète des singes: l'affrontement (2014) – La bande-annonce

Ça faisait longtemps qu'une bande-annonce ne m'avait pas saisie avec autant de force. Je suis totalement hypnotisée par ces deux minutes trente que je trouve juste sublimes. Elle en montre beaucoup, mais pas trop, et elle prend son temps intelligemment, ce qui est devenu une rareté dans le monde des bande-annonces inceptionnesques dont nous assomme Hollywood. Il s'en dégage beaucoup d'émotion et, malgré deux plans aux incrustations douteuses, elle promet une image de synthèse à la hauteur de ce que Weta Digital a fait de mieux. En plus, les célèbres chevaux noirs des singes font leur arrivée, et vous avouerez que ce détail a une importance primordiale dans la saga! ;)

Du coup, je fonde d'immenses espoirs sur ce film.... Et j'espère ne pas être cruellement déçue le 11 juillet prochain.


APE NOT KILL APE



Mise à jour du 31 mai, presque quinze jours après avoir préparé ce billet [et oui, je rédige mes billets environ deux semaines avant leur publication]: Entre-temps, une version abrégée de cette bande-annonce est sortie au cinéma. L'absence totale d'émotion réelle et la présence de répliques inoubliables du genre "Wait! I have an idea!" ont refroidi mon enthousiasme au maximum et maintenant, j'ai plutôt les boules.

mercredi 28 mai 2014

L'Invention de nos vies (2013)

Quelle lecture compliquée que cette Invention de nos vies de Karine Tuil. J'ai failli ne pas dépasser la première page, tant le style est haché et fatiguant. Mais, une fois décidé de lui donner sa chance, je n'ai plus réussi à lâcher ce roman, que j'ai lu relativement vite au regard de ses 500 pages.


L'histoire: Alors que Samir Tahar, brillant avocat français ayant fait carrière à New York, passe sur CNN, deux anciens camarades de fac, Samuel et Nina, tombent sur son interview à la télé. C'est le choc. En effet, à l'époque de la fac, Nina, une femme superbe, a ouvertement trompé Samuel avec Samir pendant plusieurs mois, et n'a fini par faire sa vie avec Samuel que parce que celui-ci s'est ouvert les veines en amphi "pour elle" -- c'est-à-dire qu'il lui a fait du chantage au suicide. Leur vie n'est pas rose, ils vivent dans une banlieue pourrie et n'ont que peu de moyens. Samir a, au contraire, réussi et même épousé une riche héritière. Leur stupéfaction augmente quand, en faisant des recherches sur Internet, ils découvrent que Samir, né en France de parents tunisiens et désormais surnommé Sam, se fait passer pour juif et a repris à son compte certains éléments de la vie de Samuel, enfant polonais adopté par des Français juifs et élevé dans le strict respect du judaïsme. Samuel, fou de rage et de frustration, incite Nina à reprendre contact avec Samir.

Vous l'aurez compris, le pitch de départ de ce livre est très spécial: le Juif prêt à tout pour garder sa petite amie, une fille à la beauté exceptionnelle qui reste en couple avec ce petit ami taré pour éviter qu'il ne se suicide pour de bon, l'Arabe qui se fait passer pour Juif... Nous avons affaire à trois personnages peu sympathiques et franchement névrosés, pour lesquels je ne ressentais dans un premier temps aucune empathie. Ajoutez un cela une rédaction très spéciale et pratiquement indescriptible (avec des phrases super longues et une utilisation massive des barres obliques pour séparer plusiers verbes), ainsi que des notes de bas de page irritantes sur tous les figurants de l'histoire (du type "Le chauffeur, Machin Bidule, était né à Paris et rêvait de devenir médecin"), et c'était bien parti pour ne pas marcher.

Mais ça a marché. Je n'ai pas adoré et je ne recommande pas particulièrement cette lecture, mais, une fois rentrée dedans, j'y suis restée. C'est étrange, c'est dur, c'est parfois très violent, on a envie d'étrangler la moitié des personnages, et les thèmes abordés, comme le bourgeois insensible qui met enceinte sa femme de ménage, ont été tellement traités qu'ils en sont parfois devenus des clichés; mais cette plongée dans ce monde bien moisi a su me séduire. J'en ressors encore plus pessimiste sur l'espèce humaine et encore plus effrayée par certains quartiers et certaines populations (ce qui n'était probablement pas l'objectif de l'auteur, mais le résultat est là...), mais contente de l'avoir lu. Une sensation très étrange.

En revanche, ce livre traite avant tout, et très clairement, de ce que signifient les mots ambition et réussir: qu'est-ce que la société nous demande, qu'est-ce que nous, nous voulons, qu'est-ce que nous sommes prêts à faire pour obtenir le respect et la considération des autres. Or, il ne m'a pas du tout amenée à me poser ces questions, donc je crois que son but n'a pas été atteint...

En bref, une lecture étrange, qui m'a surprise et déstabilisée et qui restera probablement assez unique. À lire si vous avez envie de quelque chose de différent, à oublier si les histoires de tournantes dans les caves humides et sombres de banlieues à détruire au plus vite heuh pardon pourries vous donnent des cauchemars, à essayer si vous êtes un lecteur joueur. Tout un programme.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Marilena, ex-camarade du comité de lecture de ma médiathèque
Entretien avec Karine Tuil dans l'émission Livrés à domicile (à la neuvième minute)

Karine Tuil, L'invention de nos vies
Éditions Grasset, 495 pages, 20,90€

dimanche 25 mai 2014

Le Palais de minuit (1994)

Chronique express!


Le Palais de minuit est le deuxième roman jeunesse de Carlos Ruiz Zafon, le très célèbre auteur de L'Ombre du vent. Je n'ai pas retrouvé ici le même enthousiasme que pour Le Prince de la brume, lu l'année dernière. Certes, l'ambiance mystérieuse que met en place cet écrivain est aussi efficace à Calcuta qu'ailleurs, mais les ficelles sont trop grosses pour un lecteur expérimenté et la rédaction est décidément trop simplette. Du coup, les aventures de ce groupe d'adolescents confrontés à une fantomatique locomotive en flammes m'ont intéressée, mais pas passionnée. Il s'agit plutôt d'un livre à offrir à de jeunes lecteurs ou à lire en VO pour pratiquer son espagnol... Pas une lecture inoubliable.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
La présentation de l'éditeur français, Robert Laffont

jeudi 22 mai 2014

UGC Culte: The Big Lebowski (1998)

Chronique express!


UGC Culte continue malgré ma faible fréquentation des salles obscures et en avril, c'était The Big Lebowski. Je dois dire que ce film très drôle et décalé m'a sensiblement réconciliée avec les frères Cohen, dont je n'avais aucunement compris les quelques films que j'avais vus. Jeff Bridges plane totalement et Julianne Moore fait du grand n'importe quoi et c'est assez jouissif. Ajoutez à cela une belle brochette d'acteurs et vous avez une belle découverte. Comme quoi on peut construire un film de deux heures sur un tapis sur lequel un petit malfrat a fait pipi et sur une erreur sur la personne, notre paresseux et fauché héros Jeffrey Lebowski ayant le malheur (ou la chance) d'avoir un homonyme millionnaire.

lundi 19 mai 2014

Pourquoi lire les classiques (1991)

Chronique express!


Pourquoi lire les classique de Italo Calvino est un recueil au titre trompeur. En effet, point ici d'essai en faveur des classiques de la littérature: il s'agit en fait d'un recueil d'articles publiés par Calvino sur différentes œuvres ou écrivains. Et Calvino et moi, nous ne lisons pas du tout les mêmes livres. Du coup, j'ai traîné ce recueil comme un gros boulet pendant un mois et demi, sans tout capter à ses idées sur plein de gens que je n'ai jamais lus, comme Montale ou Borges, ou lus et pas compris/aimés, comme Stendhal ou Hemingway. J'ai trouvé en outre le style un peu pompeux: ça sent un peu le critique littéraire qui s'y croit. J'en retiendrai donc seulement la partie sur Candide, qui m'a donné bien envie re(re)lire ce roman, ainsi que la jolie intro sur ce qu'est que le classique, qui adopte un ton tout à fait différent, beaucoup plus personnel et simple, et qui touchera forcément tout lecteur digne de ce nom.

"Si l'étincelle ne jaillit pas, rien à faire : on ne lit pas les classiques par devoir ou par respect, mais seulement par amour."

vendredi 16 mai 2014

Le Lièvre de Vatanen (1975)

Chronique express!


Le Lièvre de Vatanen de Arto Paasilina, grand classique de la littérature finlandaise, me semble être un des rares bouquins du Nord à s'être imposé à l'étranger avant le succès de Millenium. On y suit les aventures quelque peu décalées et déroutantes de Vatanen, un Finlandais excédé par sa femme qui laisse tout derrière lui pour s'enfoncer dans la forêt avec un lièvre blessé et qui va passer de péripétie improbable en péripétie loufoque. J'ai bien aimé ce livre léger, qui critique ouvertement un certain type de société "propre sur elle", mais je n'ai pas tout capté et j'ai trouvé dommage que les péripéties s'enchaînent aussi rapidement et comme si de rien n'était: à la longue, c'est un peu lassant et pas aussi drôle que ça aurait pu l'être avec un traitement plus fin.

Je conseille néanmoins de le lire car c'est une lecture originale et amusante. Pour ma part, elle m'a aussi permis de mieux (rétro)éclairer ma lecture de Les Tribulations d'un lapin en Laponie, livre-hommage lu il y a (déjà!!!) deux ans dans le cadre du comité de lecture de la médiathèque. Et le coffret en (fausse, j'espère!) peau de lièvre de cette édition Folio prêtée par une collègue m'a bien éclatée au bureau. :)

mardi 13 mai 2014

La Méthode du crocodile (2012)

Chronique express!


La Méthode du crocodile de Maurizio de Giovanni est un policier de qualité relative, mais efficace. Le genre de bouquin dont les défauts vous crèvent les yeux mais que vous lisez quand même avec enthousiasme pour la simple et bonne raison que vous voulez vraiment savoir qui est le coupable. Voilà. Ici, un vieil anonyme fraîchement débarqué à Naples suit de près de jeunes adolescents et les étudie attentivement avant de les abattre d'une balle dans la nuque. Sur le lieu du crime, il ne laisse que les mouchoirs qu'il a utilisés pour essuyer ses larmes. Un flic sicilien, mis au placard à Naples car accusé (à tort) d'avoir fricoté avec la mafia sur son île natale, se retrouve par hasard mêlé à l'enquête. Le fait que le lecteur suive tour à tour les futures victimes, le tueur et le policier compense les faibles qualités stylistiques de l'ensemble et j'ai dévoré. J'en retiendrai également que ce livre italien m'a été prêté dans son édition italienne par une Allemande avec laquelle je prends des cours d'espagnol et qui étudie également le japonais... Chapeau. ^^

Disponible en France chez Fleuve Noir dans une traduction de Jean-Luc de Fromont.

samedi 10 mai 2014

Buvard (2014)

Chronique express!


Buvard de Julia Kerninon est un très beau roman. J'en retiendrai avant tout la plume vraiment brillante de l'auteure, qui a su ciseler chaque phrase avec une grande précision et beaucoup de poésie. Mais l'histoire est également prenante: un jeune homme, Lou, interview pendant neuf semaines une célèbre écrivain vivant à la campagne en Angleterre, qui lui raconte peu à peu son enfance et son parcours très particulier en littérature. Ce n'est pas gai et l'on aborde un milieu social très défavorisé et violent (dont certaines répliques rappellent celles de la famille d'Eddy dans En finir avec Eddy Bellegueule...), mais c'est beau. Je garderai désormais un oeil sur la carrière de Julia Kerninon...

"J'ai appris ça en vieillissant, Lou – que j'aimais les paysages et qu'il n'y a pas de douleurs insupportables, simplement des moyens de plus en plus terribles et épuisants d'y faire face."

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Corinne, ex-camarade du comité de lecture de ma médiathèque
Entretien avec Julia Kerninon dans l'émission Livrés à domicile (à la septième minute)

Julia Kerninon, Buvard
Éditions Rouergue, 192 pages, 18,80€

mercredi 7 mai 2014

The Wolves of Midwinter (2013)

Voilà une bonne surprise d'autant plus appréciée que j'ai reçu ce livre-ci en cadeau à Noël et que je n'avais pas envie d'en dire du mal: The Wolves of Midwinter est bien meilleur que Le Don du loup, le premier tome de l'incursion d'Anne Rice dans le monde des loups-garou.



On y retrouve Reuben, notre jeune journaliste néo-garou, et ses compagnons, mais cette histoire tient plus de l'histoire de fantômes et la sauce prend assez bien. Les questionnements sur le bien et le mal sont toujours là, mais ils reprennent une dimension plus cohérente et ne sont plus insupportables de naïveté. Reuben ne fond plus en larmes toutes les dix pages, ou alors il a une bonne raison de le faire. Et, d'une manière générale, le texte m'a captivée et je l'ai lu avec plaisir.

Attention, ce n'est quand même pas du grand Anne Rice "à l'ancienne": certains retournements de situation sentent un peu trop le "deux ex machina" et tombent comme un cheveu sur la soupe (cheveu nécessaire, certes, mais quand même cheveu), et la plume que j'ai tant aimée n'est pas de retour... D'ailleurs, peut-être que ce n'est qu'en comparaison du Don du Loup que j'ai trouvé ce livre plaisant.... Mais le résultat a été là. Je vous conseille en outre de le lire, contraîrement à moi, à la période concernée, c'est-à-dire aux alentours de Noël, puisque tout tourne autour de la préparation d'une fête de Noël inoubliable à Nideck Point...

"He didn't believe in hell. Atually, he had always found talk of hell highly offensive. He'd always sensed that those who did believe in hell had little or no empathy for those they assumed to be suffering there. Indeed, quite the opposite. Hellfire believers seem to delight in the idea that most of the human race would end up in just such a horrible place."

Cette lecture constitue également ma première participation au challenge SFFF au féminin de Tigger Lilly. Victoire! \o/


dimanche 4 mai 2014

Une histoire de femmes des cavernes

Le temps file, les journées et les semaines s'enchaînent et mon rythme de lecture n'est décidément plus ce qu'il était, sans même parler de ma présence plus que discrète sur la blogosphère. Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, je me suis inscrite récemment à deux challenges.

Il y a d'abord le challenge SFFF au féminin, organisé par Tigger Lilly et ouvert depuis le 8 mars dernier. Un an pour découvrir ou redécouvrir les écrivaines qui font dans la SF, la fantasy et le fantastique, des genres généralement considérés comme typiquement masculins. J'ai le plaisir d'annoncer que je lis enfin un livre rentrant dans ce challenge, The Wolves of Midwinter de Anne Rice, et qu'en plus ce roman se révèle pour l'instant bien plus satisfaisant que son triste prédécesseur, Le Don du loup. Plus d'infos la semaine prochaine.


Il y a ensuite un défi plus historique (enfin, préhistorique! ^^), le challenge Rupestre fiction de Vert. Sont valables toutes les histoires se passant avant l'invention de l'écriture et lues entre le 1er mai et le 31 août. J'ai hâte d'attaquer ce challenge, vu que La Guerre du feu m'a donné très envie de découvrir le roman préhistorique.


Évidemment, comme je manque de temps, je suis très ouverte aux suggestions de romans préhistoriques présentant des éléments de fantastique ou de science-fiction (voire de fantasy, mais cela me paraît plus improbable) et ayant été écrits par des femmes. Tout un programme. :)

jeudi 1 mai 2014

Le dernier Lapon (2012)

Chronique express!



Voilà un voyage plus que dépaysant dans le Grand Nord de l'Europe, plus précisément la partie norvégienne de la Laponie, où l'élevage de rennes fait encore vivre une partie de la population samie et où, au plus fort de l'hiver, la nuit règne en maître pendant quarante jours d'affilée. C'est justement la veille de la première réapparition du soleil (27 minutes d'ensoleillement!) que commence notre roman, dans le village de Kautokeino, en Norvège. Klemet et Nina, deux membres de la police des rennes généralement chargés de régler les différends entre éleveurs, vont enquêter sur le vol d'un précieux tambour sami, revenu de l'étranger et dérobé avant même d'être exposé dans son territoire d'origine. Puis un éleveur est retrouvé poignardé et les oreilles coupées... Comme un renne dont on voudrait empêcher l'identification.

Une super lecture, certes glaciale (lire des phrases du type "la température était clémente ce jour-là, il ne faisait que moins dix-sept degrés" a quelque chose de déroutant!) mais prenante et instructive, qui nous emmène à la découverte du dernier peuple autochtone d'Europe, les Lapons. C'est vraiment un autre monde qui s'ouvre à nous et c'est un plaisir de le découvrir. Je n'y ai vu qu'un défaut: les révélations s'enchaînent un peu rapidement à la fin et perdent, du coup, en réalisme. Mais c'est le seul bémol d'un polar que j'ai trouvé très bon, et qui, en outre, nous offre une vision assez dérangeante de la société scandinave, que nos médias continuent  imperturbablement à prendre pour modèle. À lire.

Allez donc voir ailleurs si ce Lapon y est!
L'avis de Deedoux, médiathécaire avisée qui m'a présenté ce roman
Une interview de l'auteur sur YouTube
L'avis (rapide!) de Michel Dufranne dans le Livrés à domicile du 23 septembre 2013 (à la 33ème minute)

lundi 28 avril 2014

L'Héritage (2011)

Je crois que Christopher Paolini et ses livres souffrent du même problème que Titanic et d'autres grands succès: face au succès démesuré qu'ils rencontrent, les personnes qui ne les aiment pas (ou pas trop) sont dégoûtées et s'acharnent à les critiquer, à tel point qu'après un certain temps, et auprès d'une certaine population, il devient à la mode de ne pas aimer tel ou tel truc. C'est en tout cas ce que j'ai pensé en lisant L'Héritage qui, s'il n'est certes pas un chef d'oeuvre, n'en est pas moins un livre valable qui ne mérite pas les critiques virulentes que j'avais lues sur Paolini à une certaine époque. Certes, on sent l'influence de la Guerre des étoiles et de Tolkien et ce n'est pas de la grande littérature... Mais ça marche!

La semaine dernière, entre mon travail en freelance qui m'a emmenée dans l'espace et mon travail salarié à base de meubles suédois, j'ai surtout pensé à Eragon et ses amis en me demandant comment ils allaient enfin affronter l'horrible Galbatorix. Comment Nasuada, un de mes personnages préférés, allait [spoiler] résister à la torture. Est-ce que j'avais bien deviné pour qui allait éclore le dernier œuf de dragon. Si Thorn et Murtagh allaient survivre. Si on allait savoir qui est vraiment Angela... Bref, vous voyez, cette espèce de primauté que prend le monde du livre sur le monde réel, et qui n'est jamais aussi forte que lorsqu'on lit de la littérature de l'imaginaire.


La principale force de Paolini, à mon avis, consiste à créer des personnages et des situations amusants. Je pense surtout à Angela, qui m'a fait éclater de rire, et aux chats-garou qui demandent un poulet, une dinde ou tout autre oiseau par jour et par chat-garou en échange de leur alliance avec l'armée des Varden. Mais aussi aux réflexions de Saphira ("Do you want me to eat him?"). Cela ne fait pas de L'Héritage un livre comique, loin de là, mais ça donne au tout un ton léger et sympathique, sans prétentions.

J'ai aussi beaucoup aimé le personnage de Roran Stronghammer, qui m'a un peu rappelé Druss la Légende (mais en moins bien parce que Druss c'est le meilleur guerrier EVER), et le roi des nains. Je suis moins fan de Arya et Eragon, mais Arya a au moins le mérite d'être un personnage féminin rationnel et une très bonne guerrière, tandis qu'Eragon évolue en bien. Il reste un peu idéaliste pour mes goûts, mais il est plus à la hauteur de sa tâche.

Enfin, j'ai apprécié la fin, [spoiler] la destruction finale de Galbatorix, qui est certes vaincu par Eragon mais surtout par les dragons, et la mort de Shruikan. Murtagh méritait quant à lui un traitement moins archétypal: ce jeune homme geignard aurait pu être un personnage ambigu et flippant super intéressant. Je l'aime quand même beaucoup parce qu'il semble relativement sombre par rapport à Eragon, et puis parce que j'aime toujours les gens torturés.

Je dirai aussi, malheureusement, que L'Héritage sent le remplissage par moments, avec des péripéties qui s'ajoutent aux péripéties quand on voudrait surtout avancer, et, inversement, qu'il pêche par sa rapidité sur la fin, qui semble du coup bâclée. Et le fait qu'Eragon soit transi d'amour pour Arya m'a arraché quelque soupirs excédés. Mais, si on garde à l'esprit qu'il s'agit de littérature jeunesse, ce livre et le cycle qu'il conclut ont vraiment du bon. J'aurais adoré les lire quand j'étais au collège, juste après avoir vu Coeur de dragon au cinéma... Vu comment j'ai aimé Eragon à 19 ans, je crois que ma vie en aurait été bouleversée si je l'avais lu à 13 ou 14...

Dix ans plus tard, maintenant que j'en ai 28, ce n'est, évidemment, pas pareil, mais on peut rajeunir dans sa tête le temps d'une lecture et apprécier un livre jeunesse si seulement on le veut bien. Je ne recommande pas la lecture du cycle de l'Héritage avec ferveur et ce n'est pas une lecture indispensable comme peut l'être Le Seigneur des Anneaux; mais si vous pensez qu'il fait pour vous, n'hésitez pas!

(Et si vous le lisez en anglais, vous verrez que Knopf fait du bon travail: beau papier épais, belle couverture rigide, belle illustration... On en a pour ses 20€ le tome!)


vendredi 25 avril 2014

Histoire des dinosaures (2012)

Chronique express!


Enfiiiin, un livre de vulgarisation scientifique sur les dinosaures POUR LES ADULTES! C'est juste merveilleux. Ca se lit tout seul, c'est clair, c'est complet, ça vous emmène aux quatre coins du monde et du Trias au Crétacé, ça vous fait redécouvrir les dinos les plus connus et vous en fait rencontrer pleins de nouveaux et il y a même un petit peu d'humour de temps en temps. Et en plus, Ronan Allain est un vrai pro du Muséum d'histoire naturelle de Paris... Une petite baignoire de bonheur dans laquelle j'ai barboté avec enthousiasme. Youpi.

mardi 22 avril 2014

Les larmes de la girafe (2000)

Chronique express!


C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Precious Ramotswe, fondatrice et directrice de the No. 1 Ladies' Detective Agency, dans ce deuxième tome de la série d'Alexander McCall Smith. Ce personnage est vraiment rafraîchissant, et ce malgré l'aridité et les températures du Botswana! :) Il ne faut probablement pas enchaîner les tomes de cette série trop rapidement afin de ne pas tourner en rond, les enquêtes n'étant pas, comme je l'ai déjà dit, particulièrement complexes, mais au rythme d'une ou deux fois par an, c'est parfait. L'auteur croque ses personnages avec une tendresse et un humour vraiment craquants. Je lui reprocherai d'user de stéréotypes de genre un peu datés, mais cela colle somme toute assez bien avec la vision du monde de Precious. Au menu de ce deuxième épisode: une cliente américaine qui voudrait enfin apprendre la vérité sur le sort de son fils disparu dix ans plus tôt, un client botswanien qui s'interroge sur les finances de sa femme et [spoiler] un futur mari qui n'en revient pas que Precious ait accepté de l'épouser. En bref, un bon moment en toute simplicité que je conseille chaleureusement.

samedi 19 avril 2014

Un printemps à Tchernobyl (2012)

Chronique express!


Belle BD conseillée par une médiathécaire fort avisée, Un printemps à Tchernobyl est le récit du séjour que l'auteur, Emmanuel Lepage, a effectué à Tchernobyl en 2008 avec d'autres artistes. Une plongée déroutante dans un monde gris et sinistre où la couleur retrouve peu à peu sa place... Et où l'on passe de la peur et de la répulsion de la catastrophe à une sorte de joie très humaine provoquée par la vie qui continue malgré tout. Le dessin arrive vraiment à vous faire passer d'une ambiance à une autre, de paysages post-apo dans la plus pure règle de l'art (Tigger Lilly, je crois d'ailleurs que tu apprécierais!) à des moments apaisants et touchants. Je me suis sentie un meilleur être humain en lisant cette BD, d'autant plus que Lepage, comme Guy Delisle dans Chroniques de Jérusalem, nous fournit de nombreuses informations en toute simplicité. Instructif, esthétique, humain et modeste: que demander de plus?

Allez donc voir ailleurs si cette BD y est!
L'avis de Deedoux, médiathécaire avisée

Emmanuel Lepage, Un printemps à Tchernobyl
Éditions Futuropolis, 24,50€

mercredi 16 avril 2014

Anima (2012)

Chronique express!


Voilà un livre tout à fait hors du commun. Anima de Wajdi Mouawad est en effet l'histoire d'un homme qui essaye de retrouver le meurtrier de sa femme, mais racontée... par les animaux que l'homme rencontre sur son chemin. Chaque chapitre a pour titre le nom latin de l'espèce concernée. Parfois, l'animal ne s'exprime que pendant quelques lignes. Parfois, il a des choses à dire pendant plusieurs pages. Étonnant, non? Le procédé marche bien et on est tout de suite happé par le récit. Complètement sous le choc, Wahhch Debch part de Montréal, voyage dans une réserve indienne canadienne puis aux États-Unis et rencontre d'autres histoires de souffrance. La violence du meurtre de sa femme a réveillé en lui des souvenirs très anciens et, bientôt, c'est sur les traces de son passé qu'il marche. Attention, ce livre, s'il est très bon, est aussi extrêmement dur et sordide: la manière dont la femme de Wahhch a été violée est particulièrement atroce et certains passages sont presque insoutenables. En bref, il s'agit une fois de plus d'un livre à réserver aux lecteurs aguerris, maix ceux-ci ne le regretteront pas!

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Deedoux, la médiathécaire qui m'a présenté ce livre

Wajdi Mouawad, Anima
Éditions Léméa/Actes Sud, 352 pages, 23€

dimanche 13 avril 2014

Beatriz et les corps célestes (1998)

Chronique express!


Lucía Etxebarria met en scène dans son deuxième roman une jeune Espagnole, Beatriz, partie en exil à Edimbourg. Issue d'une famille plutôt dysfonctionnelle, elle a fui une mère dépressive, un père absent et les déboires sentimentaux de son dernier été passé à Madrid. Elle s'est installée avec Cat, une Écossaise, et vit désormais officiellement son homosexualité. Mais les souvenirs de sa meilleure amie Monica la hantent toujours et elle décide de revenir à Madrid, où elle se souvient des dernières semaines passées ensemble.

Moins percutant que Amour, Prozac et autres curiosités, ce Beatriz pèche un peu par sa longueur et surtout par son personnage principal. Beatriz a certes traversé des périodes difficiles, mais sa volonté farouche de rester malheureuse est vite irritante. Du coup, le propos de l'auteur et sa critique d'une certaine société bourgeoise, qui n'offre pas d'avenir à ses filles en dehors du rôle de femme et mère modèle, perd de sa force. Il reste de beaux passages sur la solitude et tout le mal que peut faire l'amour, un sentiment qui crée bien souvent bien plus de problèmes que de bonheur, mais ils ne suffisent pas à en faire une lecture inoubliable. Pour découvrir cette écrivain, mieux vaut passer par Prozac.

lundi 7 avril 2014

Danse avec les loups (1988)

Chronique express!


Petite déception pour cette relecture... Danse avec les loups de Michael Blake est un livre aussi fascinant de par son propos (la Frontière, les grandes plaines de l'Ouest des États-Unis, les Comanches tellement plus sensés que les Blancs, les galopades à bride abattue...) que creux de par sa rédaction. Un peu comme L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, en fait. On frise la littérature de gare, avec des phrases tellement simples qu'un analphabète s'y retrouverait et des procédés de "dynamisation" transparents et répétitifs. L'histoire d'amour est terriblement plate et prévisible. La fin est carrément bâclée. Et pourtant... On ne peut qu'aimer cette société guerrière pleine de dignité et de bon sens, envier la simplicité de leur style de vie auquel il ne manque rien. On s'attache aux Comanches et à leurs noms fascinants, à Cisco et à Deux Chaussettes, autant de symboles d'un monde en passe de disparaître. Un livre qui serre le coeur et qui donne envie de revoir le film, qui en est une adaptation fidélissime.

Sur le même sujet
Mon avis sur Enterre mon coeur à Wounded Knee de Dee Brown
Mon avis sur Bison de Patrick Grainville, lu dans le cadre du comité de lecture de ma médiathèque

vendredi 4 avril 2014

Le Dragon Griaule (1984-2012)

Chronique express!


C'est la chronique de Tigger Lilly qui a attiré mon attention sur ce recueil de nouvelles de fantasy d'un écrivain dont je n'avais jamais entendu parler, Lucius Shepard. Le concept étant hautement original (siècle après siècle, un gigantesque dragon pétrifié continue d'exercer son influence malfaisante sur les habitants des alentours), j'étais très intéressée. Et je dois dire que je n'ai pas été déçue, même si je ne suis pas tout à fait aussi enthousiaste que Lilly. C'est un livre qui change vraiment de l'ordinaire et qui lance un défi à son lecteur en l'obligeant à s'accrocher et à réfléchir, ce qui est toujours appréciable! Mais il m'a manqué un petit quelque chose, probablement un fil conducteur, pour apprécier pleinement ces six nouvelles. Je les ai toutes appréciées individuellement, mais j'ai eu du mal à faire le lien entre elles (la fin de La Maison du menteur, notamment, m'a frustrée: [spoiler] merde, Griaule a visiblement réussi à procréer, un nouveau dragon se balade, et on s'arrête là et on n'en reparle pas dans les autres textes?!?). Peut-être est-ce dû au fait que ces textes ont été écrits sur un laps de temps très large et que le format du recueil laisse présager d'une unité que l'auteur n'a peut-être jamais recherchée... Sinon, la présence de personnages féminins pertinents et crédibles fait du bien, tout comme celle d'un dragon vraiment redoutable à la personnalité marquée, pas juste posé là pour faire joli.

(Je tiens à préciser que je ne surfe pas sur l'actualité et que je n'ai pas lu Le Dragon Griaule parce que Lucius Shepard est mort il y a deux semaines... J'avais acheté le livre en janvier et je l'ai entamé quelques jours avant sa mort! C'est donc pure coïncidence...)

mardi 1 avril 2014

En finir avec Eddy Bellegueule (2014)

Premier roman d'Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule est le récit autobiographique de l'enfance de l'auteur. Né dans une famille particulièrement pauvre dans un village picard défavorisé et coupé du monde, Eddy a très vite senti qu'il n'était pas un garçon "satisfaisant" dans ce milieu fortement machiste. Il avait la voix trop aiguë, ne jouait pas au football et n'était tout simplement pas assez "dur". Il s'est donc retrouvé exposé aux moqueries et aux violences psychologiques et physiques des membres de sa famille et de ses camarades de classe, avant même de prendre conscience que son intérêt sexuel était tourné vers les hommes plutôt que les femmes.


Constater la cruauté et la bêtise profonde de cette homophobie assumée est tout à fait révoltant, mais, plus encore que cela, c'est le milieu dans son ensemble qui m'a sidérée. Ce livre est une vraie plongée dans un monde que l'on voudrait croire disparu, anéanti par l'école obligatoire et le progrès, tellement il aurait sa place dans Germinal (livre qui a tout de même, rappelons-le, presque cent trente ans)... Le langage et l'attitude des habitants du village sont juste à des années-lumières de ce que la plupart des gens vivent au quotidien et je me suis soudain sentie terriblement privilégiée. Dans ce livre, "faire des études" signifie "passer le bac" et le seul avenir possible consiste à perdre la santé à l'usine du coin ou à faire enfant sur enfant dans un logement miteux...

Comme je le disais dans mon dernier billet à propos du Corps humain, ce livre est une lecture édifiante à réserver à certains lecteurs – ou plutôt, si cela était possible, à rendre obligatoire, car ceux qui ont justement le plus besoin de le lire sont précisément ceux qui ne le liront jamais, soit parce qu'ils en ont rien à cirer de ces histoires de pédé, soit peut-être parce qu'ils ne savent pas lire. Édouard Louis a réussi un coup de maître avec ce premier roman, qui est très bien écrit en ce qui concerne le récit lui-même et tout à fait déroutant lorsqu'il reproduit les déclarations des personnages, et qui m'a rappelé furieusement Un héros de Félicité Herzog tant il s'en dégage la même souffrance. À lire.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Sophie, la médiathécaire animant le comité de lecture dont je fais partie, sur le blog de la médiathèque
L'avis de Corinne, membre du comité, sur le blog de la médiathèque
L'avis de Séverine, autre membre du comité (qui m'a super gentiment prêté son exemplaire! merci!!!), sur son propre blog

Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule
Éditions Seuil, 219 pages, 17€