Coup d'œil sur le mois d'avril, qui, comme toujours, est passé bien trop vite.
Sur petit écran
Rebecca d'Alfred Hitchcock (1940)
Après avoir lu et adoré Rebecca de Daphnee du Maurier, il fallait, bien sûr, que je regarde l'adaptation cinématographique de Hitchcock, qui a remporté l'Oscar du meilleur film et de la meilleure photographie. Le film est très fidèle, même s'il doit, inévitablement, éliminer certains éléments pour tenir dans une durée raisonnable et s'il adoucit certains points de l'intrigue ([divulgâcheur] dans le roman, Maxim tue Rebecca de manière tout à fait délibérée, la chose n'a rien d'un accident [fin du divulgâcheur]), probablement parce que le cinéma était (et est encore) plus contrôlé que la littérature. C'est une belle réussite, en tout cas: Manderley est superbe et peut-être encore plus envoûtante que dans le roman et Hitchcock montre bien l'ombre de Rebecca qui plane sur les évènements, ce qui relève du génie vu que le personnage est mort et n'est jamais montré, même pas en photo ([divulgâcheur] quand Maxim avoue le meurtre, la caméra suit le mouvement de Rebecca dans la pièce en filmant simplement les meubles et les murs, mais avec la voix de Maxim et l'ambiance, ça marche très bien [fin du divulgâcheur]). Le jeu d'acteur est daté, évidemment, mais Joan Fontaine incarne très bien la narratrice gauche et effrayée, Laurence Olivier fait un bon aristocrate décontracté et Judith Anderson est très forte en intendante glaciale et flippante. Un bon Hitchcock, dirais-je, même si je connais trop mal sa filmographie pour avoir un avis tranché.
Sur grand écran
Toujours rien, pour des raisons évidentes.
Du côté des séries
True Detective de Nic Pizzolatto – saison 1 (2014) réalisée par Cary Joji Fukunaga
Il m'aura fallu sept ans, mais j'ai enfin regardé cette saison dont j'attendais énormément, en partie parce que sa réputation la précède, en partie parce que je savais qu'elle tourne autour du Roi en jaune de Robert W. Chambers et en partie parce qu'elle est réalisée par Fukunaga, réa que je tiens en immense estime depuis que j'ai vu Sin Nombre (il doit d'ailleurs être bien le seul réalisateur que j'ai connu et apprécié avant qu'il ne devienne célèbre!). Eh bien, je n'ai pas été déçue. Le scénario est bon, l'intrigue est ultraprenante, la mise en scène est magistrale, l'ambiance malsaine et poisseuse est étouffante et les acteurs sont tout bonnement excellents: Matthew McConaughey crève l'écran, mais Woody Harelson prend de l'ampleur dans des plans rapprochés assez dingues quand son personnage est furieux et Michelle Monaggan est très bien aussi. Je pense que je n'aurais pas respiré, pensé, rêvé et vécu True Detective avec une telle intensité si je n'avais pas été totalement "aïpée" par le Roi en jaune, mais c'est vraiment une saison de très haute volée. Il y a énormément à dire sur les rapports entre les deux personnages principaux, la violence de Marty, l'ambiance ultraflippante de scènes où il ne se passe rien (le "monstre" de la fin de l'épisode 3, putain j'ai agrippé mon fauteuil!!), la déliquescence sociale d'une Louisiane misérable recroquevillée sur elle-même dans le bayou, la représentation des femmes (exclusivement des prostituées ou des "femmes de", même si le personnage de Maggie en dit long sur un certain égoïsme masculin) et la mise en scène ma-gis-tra-le d'une certaine fusillade. Je n'ai pas assez d'éloges pour cette saison qui m'a tellement enthousiasmée que je l'ai regardée à raison de deux épisodes par semaine, soit deux fois plus vite que mon rythme habituel. J'écoute le générique en boucle et, quand je marche dans la forêt, je regarde les branchages d'un œil soupçonneux. 👀 "You're in Carcosa, man!"
Et le reste
Outre mon Cheval Mag habituel, j'ai lu le Monde Diplomatique de mars, acheté pour soutenir le journal le Monde, ma principale source d'information depuis un an (et parce que Mona Chollet y travaille). Je m'attendais à du journalisme pointu et de gauche, mais j'avais totalement sous-estimé la longueur des articles (de dix à vingt minutes de lecture concentrée) et j'ai été surprise par le ton partisan, qui s'exprime à travers des choix de vocabulaire très forts. Je l'ai mis aux toilettes en pensant le lire tranquille en une ou deux semaines, mais j'ai vite compris qu'il me faudrait une constipation ou une quelconque maladie intestinale grave pour vraiment le lire sur un laps de temps aussi court. 🤣🤣 Du coup, je le rachèterai sûrement, mais de manière très ponctuelle, une ou deux fois par an.






















