mardi 28 janvier 2025

Bilan 2024 - Perso

Et maintenant que les bilans culturels sont sortis, place au bilan perso, un truc très utile pour me donner du courage au fil de l'année!

L'objectif, bien entendu, n'est pas de me voiler la face en oubliant tout ce qui ne va pas, mais de valoriser mes efforts. Les résultats ne sont jamais à la hauteur, ce qui me déprime considérablement, mais je fais au moins mon possible, ma part, pour que les choses avancent.

Cette année, cet article est plus long que jamais; je le scinde donc en deux afin de ne pas occuper toute la page d'accueil du blog. Trigger warning: je le scinde juste avant de parler d'euthanasie; si le sujet vous trouble, affichez la suite avec prudence.

🖥️ Pro. Mon chiffre d'affaires a augmenté, à tel point que cette année est la meilleure de ma carrière. C'est en partie parce que je touche des droits sur les ventes de mes traductions et que je suis donc rémunérée maintenant pour des travaux effectués il y a plus ou moins longtemps. Mais c'est aussi, et surtout, parce que j'ai travaillé dur. Et sans doute parce que j'ai appris à taper avec les dix doigts il y a deux ans, ce qui me permet de traduire plus de mots par jour, dans l'ensemble. Mais c'est quand même, et surtout, parce que j'ai travaillé dur.

💤 Repos. J'ai eu cent quatorze jours de repos sur l'année, ce qui est stable par rapport à 2023. En début d'année, c'était parti pour être plus, car j'ai eu des tas de week-ends complets. Mais je suis moins partie en vacances que d'autres années, et l'été et la fin d'année ont été bien chargés. Bon. J'aimerais bien avoir plus, mais je crois quand même voir la différence avec les années où je n'ai eu que cent jours, c'est-à-dire l'équivalent de mes week-ends et c'est tout.

🤑🤑🤑 Argent et dépenses. Des tas de gens disent que l'argent ne fait pas le bonheur. Moi, je suis intimement persuadée du contraire. Cette année, après avoir renfloué mon épargne que j'avais considérablement asséchée en 2023 à cause d'une année asphyxiante, j'ai pu m'offrir le luxe de m'acheter pas mal de choses. Des chaussures, des chaussettes, des culottes, des pantalons, des produits pour la peau. Je suis bien consciente que c'est banal pour la plupart des gens, mais, pour moi, ça a été une renaissance. Enfiler des chaussettes neuves, avec du tissu uniforme sur tout le pied, est jubilatoire quand on traîne des chaussettes reprisées, avec une maille transparente par endroits, depuis des années; travailler chez soi vêtue d'un pantalon neuf a quelque chose de grisant quand on travaille depuis des années en jogging informe et troué. Par ailleurs, j'ai ouvert pas moins de deux PER, auprès de Caravel et de Goodvest, dans la quadruple idée de réduire mon impôt sur le revenu, de verdir mon épargne, de diversifier mes placements et de complémenter une éventuelle retraite à l'horizon 2055.

jeudi 23 janvier 2025

Bilan 2024 - Lectures

Après le bilan cinématographique, place au bilan des lectures!

Avant tout, une petite note de catégorisation: tous les ans ou presque, on me demande si les bandes dessinées et les revues comptent dans le total des livres lus. Pour moi, c'est une évidence que non. Quand je compte les livres, je parle de livres non graphiques. Ce que je considère comme le sens par défaut de "livre", quoi. Mais comme ce n'est pas une évidence pour tout le monde, j'ai fait des catégories plus précises cette année.

Bilan des romans et essais (non graphiques, donc 😅)

Avec horreur et désespoir, j'ai constaté en fin d'année que je n'avais lu que cinquante-trois livres en 2024. Quelle déprime. C'est donc avec un certain soulagement que j'ai redécouvert que, en, fait, je n'en avais déjà lu que cinquante-quatre en 2023, ce qui impliquait que la diminution était infime, voire franchement insignifiante.

2020: 62
2021: 58
2022: 60
2023: 54
2024: 53

Peut-être que le fait de tenir, en moyenne, le rythme hautement symbolique du "un livre par semaine" est un palier que je ne parviens plus à dépasser dans un quotidien bien rempli.

Établir un classement a été à peu près impossible. Un livre en particulier se détachait, mais le mettre en tête ne reflétait pas suffisamment mon année en raison d'une série de livres qui lui impose une concurrence plus que rude. J'ai donc résolu le problème en classant non pas les livres, mais les auteurs!!! 💡💡💡

En tête:
Simone de Beauvoir et Jules Romains

Bon, ça n'étonnera personne. Tant Mémoires d'une jeune fille rangée que La Force de l'âge sont des bouquins de dingue, qui m'ont fait découvrir une femme hors de l'ordinaire; mais Jules Romains, avec sa saga des Hommes de bonne volonté, me rend tout simplement hystérique. J'ai lu les six premiers romans cette année et je me réjouis d'en avoir vraisemblablement jusqu'en 2028 avec la suite. J'en ai d'ailleurs probablement pour aussi longtemps avec de Beauvoir, car je compte bien lire ses romans quand j'aurai fini ses mémoires. 💕💕💕

Deuxième place du classement

Laurent Gaudé, bien entendu! J'ai lu trois de ses livres: Eldorado, Chien 51 et La Mort du roi Tsongor. Tous trois ont été à tout le moins bons, et le dernier a même été une sacrée expérience.

Troisième place du classement

René Barjavel avec Ravage, bien sûr! Quelle littérature, ce roman. En soi, il mériterait d'être ex-aequo avec Gaudé, mais j'ai lu trois romans, tous bons, de Gaudé, alors que Barjavel m'a moins emballée avec La Nuit des temps...

Quatrième place du classement

John Steinbeck avec Of Mice and Men, un bouquin légèrement traumatisant, mais excellent.

Cinquième place du classement

Je suis très, très heureuse d'avoir enfin lu John Scalzi, avec le jubilatoire Redshirts. Et d'avoir continué à découvrir Antoine Bello avec Du rififi à Wall Street. Et d'avoir rencontré Hervé Le Tellier avec L'Anomalie.

Et les autres...

Comme tous les ans, j'ai envie de citer bien d'autres auteurs: Becky Chambers, Villiers de l'Isle Adam, Barbey d'Aurevilly, Charlotte Brontë, Philippe Jaenada... Sans même parler de mes relectures de Légende et du Seigneur des Anneaux!! Mais je me limiterai à lister en détail ce bon vieux Guy de Maupassant, présent avec deux recueils de nouvelles – Le Rosier de Madame Husson et Mademoiselle Fifi – et sa biographie écrite par Henri Troyat.

Et la pile à lire, dans tout ça?

Elle est passée de dix à vingt-deux livres, ce qui me va très bien. Ok, en pourcentage, ça représente une augmentation de 120%, mais le chiffre absolu me convient très bien.

Du côté des BD

J'ai lu seize ouvrages, ce qui est très bien. Mon objectif est de lire une bande dessinée par mois, donc on y est. Je n'ai pas fait de classement, mais la grande gagnante est sans conteste la magnifique Wonder Woman Historia.

Du côté des revues

Outre mon fidèle Cheval Magazine (douze mensuels + un hors-série), j'ai lu en diagonale cinq anciens numéros de Livres Hebdo et j'ai lu (en entier, pour de vrai) douze autres revues ou journaux, comme Translittérature et Le Monde Diplomatique. Étant donné que mon objectif est de lire une revue par mois en plus de Cheval Mag, c'est parfait.

Et pour 2025?

Bein, je veux lire plus, bien entendu. Espérons!!

samedi 18 janvier 2025

Bilan 2024 - Cinéma

Comme tous les ans, l'heure est venue de faire le bilan de l'année écoulée. Que retiendrai-je de 2024?

Au cinéma, c'est, toutes proportions gardées, plutôt la catastrophe: je cumule trente-cinq séances. C'est un recul par rapport à 2022 et 2023, et cela me chagrine quand même pas mal. D'un autre côté, c'est toujours moins pire que 2019... 😂😂 (Et que 2020 et 2021, me direz-vous; mais ces deux années-là étaient particulières pour des raisons indépendantes de ma volonté, donc je ne les utilise pas comme référentiel.)

2017: 44 séances
2018: 41 séances
2019: 27 séances
2020: 21 séances
2021: 16 séances
2022: 40 séances
2023: 41 séances
2024: 35 séances

À défaut de quantité, y a-t-il au moins eu de la qualité? Oui, indéniablement. J'ai revu ou découvert de sacrés chefs d'œuvre du cinéma, comme Le Nom de la Rose et Jurassic Park. Toutefois, j'estime que ce bilan doit porter sur les films sortis en 2024 même, ou à tout le moins fin 2023; je trouverais très étrange de dire que le meilleur film de 2024 est sorti en 1986 ou en 1993.

(Pour les personnes pointilleuses: oui, je suis consciente que cette règle que j'impose au classement cinéma ne me traverse même pas l'esprit pour le classement des lectures. Je n'ai aucun problème à dire que le meilleur livre de 2024 est paru en 1958. Mais cette différence de règles me semble une évidence. Et puis bon, l'humain n'est pas à une contradiction près, voilà voilà.)

Bref, mon classement des films sortis en France en 2024 ou fin 2023 commence par...

Flow de Gints Zilbalodis

 Ce dessin animé est tellement magique
que je le mets en tête sans aucune hésitation.
Mon avis.

Pour les quatre suivants, en revanche, il n'y a pas réellement de classement qualitatif: je les indique ici dans l'ordre dans lequel je les ai vus.

Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki
Une très belle interprétation de Godzilla. Quelle chance que ce film ait eu droit à une deuxième sortie et que mon cinéma l'ait passé. 🤩🤩 Mon avis.

Creation of the Gods I: Kingdom of Storms de Wu Ershan
Ohlàlàlàlà de la fantasy chinoise à grand spectacle!! Je n'en reviens toujours pas!! Et le deuxième film arrive en 2025!! Putain, heureusement que la Chine est là, en attendant Avatar 3!! 🤩🤩
Mon avis.

La Zone d'intérêt de Jonathan Glazer
Un film glaçant, mais unique dans son idée de départ, portée par un traitement particulier.
Mon avis.

Lee Miller d'Ellen Kuras
Un grand film pour la grande actrice qu'est Kate Winslet.
Mon avis.

Pour soutenir un minimum le cinéma français, j'ajouterai que j'ai passé un très bon moment avec Les Trois Mousquetaires: Milady, même si on n'est pas non plus dans du Grand Cinéma. Mon avis.

Et vous, avez-vous vu certains de ces films? Que retenez-vous de cette année dans les salles obscures?

lundi 13 janvier 2025

Les BD du quatrième trimestre 2024 🐢

Comme d'habitude, retour sur les lectures graphiques des trois derniers mois! Un grand merci à Nadège pour m'avoir fourni de la lecture! 😊😊😊

The Witcher. Tome 1: Un grain de vérité de Jacek Rembis et Travis Currit (scénario, d'après la nouvelle originale de Andrzej Sapkowski), Jonas Scharf (dessin), José Villarrubia (couleurs) et Kai Carpenter (dessin de couverture), traduit de l'anglais par Nadège Gayon-Debonnet (d'après la traduction du polonais de Laurence Dyèvre) (2022)

Le premier tome de l'adaptation en comics du Sorceleur m'a un peu fait retomber dans l'hystérie qui a accompagné pour moi la série – alors même que je n'ai pas vraiment compris la fin, lol. Il faut tellement que je lise ces bouquins un jour. J'aurais tellement aimé écrire ça, moi. Bouhouhouh.
Éditeur: Hi Comics

Teenage Mutant Ninja Turtles Reborn. Tome 1: Renaissance et tome 2: La Vie après la mort de Sophie Campbell (scénario et dessin), Nelson Daniel et Jodi Nishijima (dessin), et Kevin Eastman et Tom Waltz (récit), traduit de l'anglais par Nadège Gayon-Debonnet (2023)

Alors là, je me suis régalée avec cette nouvelle version des Tortues Ninja. J'ai eu un peu de mal à me situer au début du tome 1 car je n'ai jamais lu les comics, mais il y a un effort pour fournir au lecteur le minimum vital du contexte et je me suis vite habituée. Un quartier entier de New York, coupé du reste de la ville, abrite des centaines de mutants qui doivent réorganiser leur vie en parias. Splinter est mort et les quatre frères sont à la dérive. Ce contexte difficile, voire franchement crève-cœur pour les tortues, est allié à un dessin mignon qui m'a fait craquer. Il faut que je retienne le nom de Sophie Campbell pour ce scénario plein de sujets riches et ce dessin à tomber. Le deuxième tome m'a un peu moins plu, car Sophie Campbell n'est plus au dessin, mais Nelson Daniel et Jodi Nishijima lui sont restés assez fidèles, heureusement pour moi. Entraide et tolérance sont au cœur des ces histoires avec plein de nouveaux personnages féminins et des animaux très variés (il y a même un pigeon 🥰), ce que j'ai beaucoup apprécié. Un régal!
Éditeur: Hi Comics

Teenage Mutant Ninja Turtles - The Last Ronin - Lost Years de  Kevin Eastman et Tom Waltz (scénario et dessin), SL Gallant et Ben Bishop (dessin), traduit de l'anglais par Nadège Gayon-Debonnet (2024)

J'ai beaucoup moins apprécié ce comics. D'une part, il prend lui aussi les évènements en cours de route, étant donné qu'il suit directement The Last Ronin, que je n'ai pas lu; et malgré qu'il y ait des rappels pour situer le lecteur, j'ai eu moins de facilités à me placer dans l'univers que dans celui de Reborn. D'autre part, les histoires sont tout simplement moins intéressantes: la partie sur la fille d'April O'Neil et quatre jeunes tortues est sympathique, mais n'avance pas vraiment; la partie sur Michelangelo est assez frustrante car il cumule les revers et l'on a l'impression d'un scénario qui se traîne. Enfin, je n'ai pas aimé les dessins...
Éditeur: Hi Comics

mercredi 8 janvier 2025

La gamelle de décembre 2024

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, hors lecture.

Sur petit écran

Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier (2013)

Ce film me fait mourir de rire. 😂😂
(Je réalise que je le voyais pour la quatrième fois, vu que je l'ai vu au cinéma lors de sa sortie, puis en 2017, puis en 2021. C'es très rare pour moi.) (Et j'ai déjà envie de le revoir. 😂)

Sur grand écran

Sarah Bernhardt, la Divine de Guillaume Nicloux (2024)

Un biopic intéressant sur une actrice que je ne connaissais que de nom. Bien que l'intrigue soit essentiellement centrée sur une de ses relations amoureuses, cela m'a permis d'en apprendre plus sur elle et son parcours. Le personnage a l'air totalement hors de l'ordinaire et très libre, ce qui m'a pas mal envoyé du rêve! Moi aussi, je veux vivre avec un lynx et un maki-cata! En outre, on croise Émile Zola, même si j'ai trouvé le personnage un peu bizarre.

La Guerre des Rohirrim de Kenji Kamiyama (2024)

Retour en Terre-du-Milieu, mais version dessin animé d'inspiration japonaise cette fois-ci. J'ai trouvé le résultat très inégal: autant la mort de Helm envoie du lourd, autant beaucoup de choses m'ont semblé absurdes ou mal gérées (le nombre très limité de combattants autour d'Edoras, les réactions de plusieurs personnages, la locomotion franchement cheloue des chevaux). Et pour un film centré sur un personnage féminin fort, le tout m'a semblé quand même remarquablement patriarcal. Mais repartir en Terre-du-Milieu est toujours agréable, et mon cœur a palpité. 💞

Du côté des séries

Toujours rien.

Et le reste

En novembre, après avoir visité la superbe exposition L'Art de James Cameron de la Cinémathèque, j'ai ressorti un vieux hors-série de Mad Movies sur mon réalisateur fétiche. Il date de 2009, mais je l'ai lu bien plus tard, genre en 2016 ou 2017, quand j'ai découvert Mad Movies et passé une commande sur leur boutique en ligne. C'était passionnant, comme d'habitude; et Michael Bay en prend pour son grade, comme souvent. 😂 Seule réserve: j'ai trouvé le premier article trop axé sur une prétendue haine du monde entier contre James Cameron, et un autre article trop enclin à croire que le monde entier a, au contraire, été très influencé par James Cameron. Je n'étais pas non plus en désaccord radical, mais pas bien convaincue.

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine, comme d'habitude. Et comme d'habitude, la "menace animaliste" les préoccupe pas mal... Ils me fatiguent... 😅

vendredi 3 janvier 2025

La Mort du roi Tsongor (2002)

Ayant souhaité espacer un minimum mes lectures de Laurent Gaudé, j'ai héroïquement résisté durant six mois avant d'attaquer La Mort du roi Tsongor. Lorsque je suis enfin entrée en action, j'ai lu les deux premiers chapitres dans un trajet en train, en ayant la tête totalement ailleurs, et ça n'a rien donné. Mais heureusement, j'ai dégagé du temps pour ça les jours suivants.

Et...

Bein quelle claque, hein. Il est dingo, ce bouquin.

À Massaba, une ville fictive évoquant les grands empires antiques, le roi Tsongor est sur le point de marier sa fille Samilia, et tous et toutes se réjouissent. Mais la veille de l'arrivée du fiancé, se présente devant le roi un ami d'enfance de Samilia auquel elle a juré fidélité... Deux prétendants pour la même femme, chacun légitime, c'est la perspective de la guerre pour l'empire que Tsongor a construit à la force des armes. Commence alors la longue nuit du roi Tsongor, qui veille et réfléchit en compagnie de Katabolonga, le porteur du tabouret d'or, un homme d'un royaume vaincu des décennies plus tôt qui le sert depuis lors et qui aura le droit, un jour, de le tuer. Et la mort, cette nuit-là, semble à Tsongor la seule solution pour éviter le désastre.

Évacuons tout de suite ma petite réserve: dans ce roman, Laurent Gaudé fait beaucoup de phrases nominales très courtes ou des phrases verbales mais sans pronom au début. Je comprends bien que ça donne un rythme abrupt, haché, qui peut souligner la violence ou le tragique d'une situation, mais ça ne me plaît pas beaucoup, et il y en a ici suffisamment pour que ça fasse un peu tic d'écriture.

Mais sinon, ce roman est juste dingo. Le souffle épique est digne de la Bible. Massaba est une ville immense, cernée de remparts, face à une armée menée par un homme bien décidé à en découdre; tous les chefs de guerre sont plus grands que nature (les mâcheurs de khat, les chiennes de guerre, les amazones à dos de zébu (oui!)); le siège s'étire de manière incroyable dans le temps. En fait, le temps s'étire de manière incroyable pour tout le monde, à commencer par Tsongor et Katabolonga, qui passent une éternité ensemble, d'abord dans la vie, puis dans la mort. "Dans la mort", oui: il y a aussi un élément fantastique assez particulier, qui évoque peut-être de vieilles légendes des rois survivant après la mort et donne une teinte douloureuse à l'ensemble.

Ensemble qui est bien tragique en soi, même sans le regard de Tsongor! Car le siège de Massaba est un bain de sang insensé, dans lequel les frères et les amis s'entretuent et les cadavres s'accumulent dans la plaine désertique, sans cesse piétinés par de nouveaux combattants. Le masssacre des chiennes de guerre envoûtées est terrible, et certains passages sont même assez gores. C'était fou!

Et en parallèle du siège, Souba, le fils cadet de Tsongor, parcourt l'empire à la recherche de sept endroits où faire bâtir des tombeaux en l'honneur de son père. Cet élément aussi m'a paru très "antique" et symbolique, et j'ai adoré le portrait nuancé qu'il donne à voir de ce grand conquérant.

Le seul problème de ce bouquin, en fin de compte, c'est qu'à côté, toute la production de Laurent Gaudé qui a suivi me paraît rétrospectivement un peu plate – y compris Eldorado, qui m'a pourtant fait vibrer en juin dernier. Je suis ébahie qu'il ait eu le prix Goncourt des lycéens en 2002. J'étais au lycée à l'époque et j'étais à mille lieues de lire et d'apprécier ça. Chapeau aux lycéens et chapeau à Laurent Gaudé!

Autres livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Suivez l'étiquette!

dimanche 29 décembre 2024

Mademoiselle Fifi (1982)

Chronique express!

Ce qui est formidable avec certains auteurs très prolifiques, c'est qu'il semble impossible de venir à bout de leur production. Cela fait vingt-cinq ans que je lis Guy de Maupassant avec entrain, et il m'arrive encore de tomber sur un bouquin de lui que je n'ai pas lu! Ici, Mademoiselle Fifi, un recueil de dix-huit nouvelles de sa veine réaliste précédemment publiées individuellement dans des journaux (essentiellement Gil Blas, selon Wikipédia). On y parle beaucoup de femmes, évidemment: des femmes qui en savent long (la réplique finale de La Rouille 😂), des femmes adultères, des femmes déçues, des femmes victimes du sort (Madame Baptiste 💔). Certains personnages font preuve d'une mysoginie crasse et on peut même lire certains textes comme des exemples de masculinité toxique (Fou ? et son narrateur qui tue un cheval par jalousie...). On y parle aussi, indirectement, de la guerre franco-prusse de 1870 et de petites gens, et évidemment d'arnaques ou de rapacité. Du Maupassant tout ce qu'il y a de plus classique, en somme. Aucun texte ne fait partie de ses chefs d'œuvre et ne passe dans la catégorie "très bon", mais aucun n'est ne serait-ce que "moyen": c'est uniformément bon. Ce mec était un génie.

mardi 24 décembre 2024

Les Superbes + Les Humbles (1933)

Tranquillou bilou, je continue de lire la saga des Hommes de bonne volonté de Jules Romains.

En novembre, j'ai lu le cinquième tome, Les Superbes.

Trois intrigues principales sont abordées ici. D'une part, la relation adultère de Marie de Champcenais et Roger Sammécaud: rencontres, secret de Marie, rapports sexuels, cliffhanger final. D'autre part, Harverkamp. Pour l'instant, je l'avais plutôt identifié comme "le patron de Waremmes", mais là on le voit mener ses affaires immobilières durant plusieurs chapitres passionnants. Le gars est une force de la nature, un peu genre Saccard dans La Curée, mais sans les magouilles (enfin, avec des magouilles moins alambiquées). Ses stratégies nous mènent au journal La Sanction, où on retrouve le député Gurau, troisième personnage principal. J'adooooooore Gurau, le socialiste idéaliste, pragmatique et imbu de lui-même en même temps (un vrai bel exemple d'humain plein de facettes parfois légèrement contradictoires: comme quoi on peut à la fois vouloir sincèrement aider la classe ouvrière et rêver du jour où on sera, soi, au pouvoir à la place du gouvernement actuel – et auréolé de gloire, bein sûr).

Durant ma lecture, je n'ai pas compris pourquoi le roman s'appelle ainsi. Il y a bien deux personnages qui peuvent être qualifiés de superbes, dans le sens de "atteints de superbe" (Larousse: Assurance orgueilleuse hautaine), mais, dans l'ensemble, ça ne me semblait pas très clair. Jusqu'à ce que je réalise que le roman suivant s'appelle Les Humbles. J'ai donc pensé que les deux fonctionnent ensemble en étudiant deux classes sociales et économiques opposées.

Et j'avais bien vu. Le sixième tome met plutôt en scène des personnages pauvres. Dès le premier chapitre, on retrouve Louis Bastide, le petit garçon qui jouait avec son cerceau dans un chapitre entier du tome 1. Certes, après, on passe pas mal de temps avec Marie de Champcenais, mais je pense qu'elle est à la lisière des deux, cette pauvre petite. Ici, on la voit avorter en cachette, ce qui donne des pages assez poignantes, puis une scène légèrement dégueulasse (ah, jeter aux toilettes un morceau de coton qui résiste quand on le déchire en deux, parce qu'il contient un foetus de trois mois... Même pour le père, c'est quelque chose!).

Le vrai héros du roman, c'est donc Louis Bastide, un modèle d'enfant vertueux et plein de bonne volonté, que j'ai adoré. Il fait de son mieux quand ses parents sont en galère économique, et c'est poignant de voir ses efforts. J'espère qu'il ne va pas mal finir, mais, vu son âge, il me semble évident qu'il va se prendre la Première Guerre mondiale en plein dans la tronche... 😭😭 C'est lui qui nous mène au père Jeanne, le prêtre qui lui fait ses leçons de catéchisme. Et c'est le père Jeanne qui nous expose la différence entre les humbles et les superbes!

"Il y avait d'un côté les Humbles, de l'autre, les Superbes. Cette démarcation ne correspondait pas à des classes définies de la Société. Elle ne se ramenait pas, comme les catégories d'Ernest Torchecoul, à des "critères purement économiques". Comme il était naturel, les Humbles se recrutaient surtout chez les pauvres, dans le monde de ceux qui travaillent pour un faible salaire, et qui obéissent. Les Superbes, plutôt chez les riches, chez ceux qui gagnent beaucoup d'argent et qui commandent. [...] Mais il pouvait y avoir des Humbles parmi les riches, et des Superbes parmi les pauvres. Il pouvait y avoir des Humbles qui, peu à peu, comme envahis par l'affluence de la sève, se redressaient jusqu'au rang des Superbes; et des Superbes qui mystérieusement trouvaient le chemin de l'humilité, ou y étaient conduits par une main invisible." 

Ainsi, il me semble clair que les parents de Louis Bastide, bien qu'issus de la classe laborieuse, sont plutôt des Superbes. 👀

J'ai bien aimé le père Jeanne, qui est sincèrement bon malgré quelques nœuds au cerveau.

En parallèle, l'intrigue de Jerphanion et Jallez avance peu, mais Jerphanion fait un pas de géant: il décide de s'inscrire au Parti Socialiste et prend contact avec Clanricard, qui est l'instituteur de Louis Bastide (parce que tout est lié, dans cette série 😱😱😱) et que j'ai repéré dès le premier roman comme, probablement, un des hommes de bonne volonté qui donne son nom à la saga. Et tout ceci tourne autour du fait que Jerphanion, comme tant d'autres, recherche "une Église", au sens non religieux du terme, pour se sentir moins seul. Et justement, le septième tome s'appelle... Recherche d'une Église. Je suis joie, je suis bonheur, je crie au génie, je suis tout ébourrifée.

Purée, qu'est-ce que je me régale. Il ne me reste qu'un roman dans cette intégrale. J'espère ardemment recevoir le deuxième volume en cadeau en ce Noël!!!

jeudi 19 décembre 2024

L'Anomalie (2020)

Un des grands avantages des boîtes à livres (outre le fait que vous avez accès à de la lecture gratuite!), c'est que ça met sur votre chemin des bouquins que vous avez oublié vouloir lire, ou que vous voulez lire mais sans que ce soit vital (pas assez pour aller les acheter, quoi). C'est comme ça que j'ai sauté sur L'Anomalie d'Hervé le Tellier...

... et que j'ai adoré le voyage!!

Je vais délibérément rester floue, car ce roman a eu beaucoup de succès et a été largement chroniqué, y compris dans la blogosphère SFFF. L'histoire est assez prenante, notamment du fait qu'elle met en scène de nombreux personnages, qui n'ont en commun que d'avoir voyagé à bord du même avion Air France pour aller de Paris à New York. Chacun est bien dépeint, avec un caractère et des enjeux très différents, et je trouve que c'est déjà un petit exploit de poser une dizaine de personnages aussi crédibles les uns que les autres. Puis ils sont confrontés à quelque chose d'impossible, et l'on entre dans la partie la plus jubilatoire du roman: les réactions de chacun face à l'inconcevable et les différentes théories formulées pour l'expliquer. J'ai beaucoup rigolé et les références SF sont totalement assumées.

La dernière partie clôture le roman sur un ton beaucoup moins drôle et m'a un peu serré le cœur. Mais j'ai trouvé, là aussi, que rendre émouvant des parcours en dix pages, c'était une belle réussite. Je tiens seulement à préciser que l'une des histoires concerne un sujet très grave qui peut perturber ([divulgâcheur] l'inceste [fin du divulgâcheur]).

Dans l'ensemble, j'ai vu ici une très belle réussite de littérature à la fois facile à lire et pas bête du tout, accessible à tous et intelligente à la fois. C'est un livre qui se lit d'une traite et plaisamment, mais qui vous parlera autrement, paraît-il, si vous êtes familier de l'Oulipo. Pour ma part, j'ai carrément dû vérifier ce que signifiait "Oulipo", mais j'ai quand même profité à fond! Entre ça et l'étrange déformation de la réalité qui s'y produit, j'aurais bien pu lire être en train de lire un roman d'Antoine Bello... 💞💞 Je prêterai donc attention à Hervé le Tellier à l'avenir, et je me réjouis que le Goncourt soit allé à un roman si jubilatoire!

Allez donc voir ailleurs si cette anomalie y est!
L'avis de Baroona
L'avis du Chien critique
L'avis de Tigger Lilly
L'avis de TmbM
L'avis de Vert

samedi 14 décembre 2024

Au revoir les chats ! (2021) 🐈

Chronique express!

Après le roman Les Mémoires d'un chat, l'autrice japonaise Hiro Arikawa a sorti un deuxième livre félin, qui s'apparente cette fois plutôt à un recueil de nouvelles. Le premier texte, "L'heure de Hachi", raconte l'histoire de Hachi, le chat que Satoru, personnage principal de Mémoires d'un chat, avait eu dans sa jeunesse; le deuxième, "Un voyage oublié", raconte un voyage effectué par Satoru et Nana à l'époque du roman; les cinq suivants décrivent les vies d'autres chats, ou des anecdotes autour des chats ("L'Île aux chats", très sympathique dans son peuplement félin mystérieux et vorace).

Dans l'ensemble, c'est plutôt émouvant, et j'ai bien sûr pleuré à la fin. Mais je n'ai rien compris à "Vilain Tom!" et j'ai de nouveau trouvé pas mal de choses décousues ou difficiles à suivre, ou bizarrement répétitives. En revanche, la concordance des temps ne m'a pas choquée cette fois. C'est Sophie Refle qui est à la traduction; peut-être fait-elle plus attention à ce point ou y a-t-il eu plus de travail éditorial de manière générale. Quant à la couverture, on la doit de nouveau à Irina Garmashova-Cawton. On dirait ma petite Reloue!! 🥰🥰🥰

lundi 9 décembre 2024

La Petite Femelle (2015)

Il y a quelque temps, suite au billet de TmBM sur La Désinvolture est une bien belle chose, je me suis décidée à vérifier ce que ma médiathèque avait en rayon de Philippe Jaenada. Cet auteur, le premier reçu dans le merveilleux podcast Bookmakers d'Arte, était sur mon radar depuis lors, c'est-à-dire depuis 2020. Il m'aura fallu quatre ans pour le lire, ce qui n'est pas si mal pour moi.

La Petite Femelle, c'est une enquête extrêmement dense et précise sur la vie de Pauline Dubuisson, une femme jugée pour avoir tué, en 1951, son ex-petit ami.

Née près de Dunkerque en 1927, elle est élevée de manière très fermée et rigoureuse par son père, puis traverse la guerre à Dunkerque (ville qui n'a été libérée par les Anglais et les Tchécoslovaques que le 10 mai 1945, soit deux jours après l'Armistice. Après la débarquement en Normandie, elle a été jugée tellement difficile à prendre que les Alliés l'ont contournée, et elle est restée aux mains des Allemands alors que le reste de la France était progressivement libéré. Complètement dingue). Pauline est intelligente, vive et précoce. Après la guerre, elle part étudier la médecine à Lyon puis à Paris, où elle rencontre Félix Bailly. Il est fou d'elle, il la demande en mariage, elle refuse. Quand enfin il lui tourne le dos et se fiance avec une autre, elle change d'avis, se désole, finit par reprendre contact car on lui a assuré qu'il l'aime encore. Et puis, dans des circonstances à la fois précises et complètement opaques, vu qu'ils étaient seuls, il finit avec trois balles dans le corps, et elle avec un tuyau de gaz dans la gorge (pour se suicider, je précise).

Ça, c'est la version courte. Le bouquin, c'est le récit long, hyper documenté et aussi factuel que furax que Jaenada fait du malheureux sort d'une femme victime de son temps. Trop libre dans sa sexualité et dans son refus de devenir une bonne petite épouse, Pauline Dubuisson est victime d'un acharnement stupéfiant à partir du meurtre et dans la cour du tribunal: les médias la traînent dans la boue, les avocats qui l'attaquent déforment les documents et témoignages recueillis et interprètent la moindre chose contre elle. Elle a couché à quatorze ans avec l'occupant allemand, elle faisait tourner son petit ami en bourrique, elle n'en voulait qu'à son argent... Une sorcière, un monstre.

Tout cela est révolant, et, très franchement, un cas d'école de misogynie bas du front et de mouvement de meute, avec la France entière qui se passionne pour cette femme prétendument froide et manipulatrice. Là où le livre m'a "moins plu" (disons que c'est bizarre de dire qu'un livre vous plaît, dans l'ensemble, alors qu'il parle d'un truc horrible...), c'est que Jaenada, qui est très clairement du côté de Pauline (même s'il ne remet pas en cause qu'elle a bel et bien tué son ex, ce qu'elle-même n'a jamais nié), passe aussi beaucoup de temps à railler ses attaquants avec de multiples piques, ce que je n'ai pas toujours trouvé très fin (et qui contribue à faire de ce bouquin UNE PUTAIN DE BRIQUE, sept cent pages bien denses (les retours à la ligne, il n'aime pas trop ça...) dans l'édition grand format de Julliard).

Ma deuxième réserve porte sur ses immenses digressions. Je m'y attendais et, d'un côté, j'ai bien rigolé; mais, de l'autre, j'ai parfois eu l'impression qu'il y avait un peu de pose ("je me regarde faire des digressions") et de remplissage.

Ma troisième réserve porte enfin sur quelques commentaires limite sur les femmes. Jaenada passe son temps à fustiger ces mecs qui ont remis à sa place une femme trop libre, mais est-ce qu'on avait besoin de savoir que son épouse (à Jaenada) a un jour couché avec un autre et est rentrée chez lui (Jaenada) avec le sperme séché de cet autre homme sur les seins? Et est-ce qu'elle savait qu'il mettait ça dans son bouquin et que la France entière est aujourd'hui au courant? 🤔 Il en parle même deux fois, au cas où on n'aurait pas bien capté la première fois.

Enfin, la théorie de la tonte de Pauline Dubuisson à la Libération me semble possible, mais je suis tout de même moins convaincue que lui, donc j'ai trouvé dommage qu'il en reparle après 1945 comme si c'était une certitude. Par exemple, il parle du traumatisme d'avoir été tondue et de ses cheveux courts, mais en fait on n'en sait rien, si elle a été tondue. Les indices qu'il a relevé en ce sens sont pertinents, mais on n'en a aucune trace directe et elle n'en a jamais parlé. En revanche, il dégomme bel et bien la théorie du viol collectif et je l'ai trouvé très convaincant sur ce point.

Bon, je critique pas mal, mais vous remarquerez que quatre critiques pour sept cents pages, c'est quand même pas beaucoup. J'ai trouvé l'histoire passionnante, le point de vue acéré et le travail de recherche AHURISSANT, donc je vous conseille de tout cœur de découvrir cette histoire, même si ce n'est pas du tout gai. Jaenada cite même Hélène Berr, et deux fois! Enfin, notez que passer plusieurs jours de lecture intensive avec le monsieur m'a fait multiplier les parenthèses dans ce billet, ce que je trouve assez rigolo...😂

Allez donc voir ailleurs si cette petite femelle y est!
L'avis de TmBm

mercredi 4 décembre 2024

La gamelle de novembre 2024

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, hors lecture!

Le grand évènement de ce mois de novembre, c'est que je suis allée à l'expo L'Art de James Cameron à la Cinémathèque (merciiiii Lise!): une très belle expo sur un très grand homme! Je savais déjà que Cameron est dieu sur terre, mais, maintenant, j'ai encore plus de preuves!

Sur petit écran

Pearl Harbor de Michael Bay (2001)

Le bouquin de Robert Hospyan m'a donné très envie de me refaire certains films de Michael Bay, et, par un petit miracle, cette idée n'est pas restée lettre morte, puisque j'ai regardé Pearl Harbor. Bon. J'avais trouvé ça nul quand j'avais seize ou dix-sept ans. Adulte, j'ai de nouveau trouvé ça assez raté. L'histoire d'amour est à peu près insupportable et la fin est d'un patriotisme tellement bas du front que j'ai rigolé pendant une demi-heure. Mais, cette fois, j'y ai aussi trouvé du bon: l'attaque de Pearl Harbor est prenante, notamment l'arrivée des Japonais (je ne sais pas si c'est très précis, mais on hallucine de voir qu'ils arrivent jusqu'au port sans se faire repérer); les Japonais, justement, ne sont pas présentés comme des méchants idiots et sanguinaires et parlent japonais entre eux, ce qui est un petit miracle dans le cinéma hollywoodien; le personnage du cuistot noir, bien que largement secondaire, a même un arc narratif pertinent et attachant, avec un passage qui m'a beaucoup émue ("Everybody is where they need to be, captain. You trained us well. You trained us well" – un moment d'humanité et de compassion au cœur du chaos); enfin, le personnage de Kate Beckinsale n'est pas sexualisé particulièrement, même si elle est très belle (pas de plans nichons comme dans Transformers, quoi). Et puis bon, on peut critiquer Michael Bay, mais il sait mettre en scène des explosions et de la destruction titanesque en restant lisible, ce qui est bien. D'ailleurs, il y a plétore d'explosions ici, c'était assez jubilatoire.

Sur grand écran


Terminator de James Cameron (1984)

Le premier film de mon dieu entre tous mes dieux, l'étoile la plus resplendissante de mon panthéon personnel 💖✨✨ Eh bien j'ai beaucoup apprécié cette découverte, même si ce n'est pas le genre de film que j'aime le plus, du fait qu'il n'y a pas d'épées et qu'il y a, au contraire, un truc que je hais, le voyage dans le temps. Mais c'est totalement maîtrisé sur le plan technique, bien joué et même bien assumé en ce qui concerne cet aspect temporel, l'éternelle histoire des gens (enfin, des machines, en l'occurrence...) qui provoquent ce qu'ils voulaient empêcher précisément en essayant de l'empêcher. Linda Hamilton joue très bien une fille tout à fait banale qui évolue énormément en peu de temps sans pour autant devenir imbattable et incassable (un peu comme le personnage de Rose dans Titanic); Arnold Schwarzenegger a une classe iconique en Terminator; et Michael Biehn a trouvé un bon équilibre entre guerrier aguerri et mec qui ne maîtrise rien (mais j'ai passé mon temps à me dire que ce beau blond ténébreux en imperméable gris aurait décidément fait un excellent John Constantine). Et sur le plan technique, c'est très avant-gardiste, bien sûr, malgré l'inévitable vieillissement des effets spéciaux. À noter également, une violence réelle et quelques plans sanglants auxquels je ne m'attendais pas. Enfin, la séance était précédée d'une courte vidéo de James Cameron en personne, qui revient sur l'histoire du film et le passage en 4K. J'ai à peu près fondu d'amour sur mon siège.

Flow. Le Chat qui n'avait plus peur de l'eau de Gints Zilbalodis (2024)

Un capybara, un chat et un maki-cata sont sur un bateau... 👀
Plus sérieusement, ce film est une merveille et un classique instantané. C'est beau, c'est humain, c'est hors de l'ordinaire, on croirait presque retrouver le merveilleux Payakan d'Avatar 2, c'est émouvant. Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris à la symbolique, mais j'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau qui touche aussi juste tout le temps.

Du côté des séries

Rien.

Et le reste


J'ai acheté le Canard Enchaîné dans l'espoir de rire un peu de la réélection de Donald Trump... Hélas, le palmipède a échoué. 😂😂 Même eux, ils m'ont plutôt fait baliser. Mais leur petit humour mordant est toujours un régal.

(Lire le journal debout dans le métro bondé est une sacrée galère. Mais surtout, ça m'a donné l'impression d'être dans un drôle de tunnel temporel, parce qu'on ne voit plus du tout les gens lire le journal. Deux semaines plus tard, au café de la Cinémathèque, toutefois, mon voisin lisait justement le Canard. Ça m'a fait chaud au cœur pour eux, parce que qui sait comment ils ont fait pour survivre en 100% papier jusqu'à cette année, sérieux.) (Et sans pub! SANS PUB! Vous vous rendez compte!)

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine adoré. 💞

vendredi 29 novembre 2024

Le Café où vivent les souvenirs (2018)

Chronique express!


Après Tant que le café est encore chaud et Le Café du temps retrouvé de Toshikazu Kawaguchi, j'ai craqué: je n'ai pas pu résister à l'envie de lire le roman suivant parce qu'il est traduit du japonais par une troisième traductrice de haut vol après Miyako Slocombe et Mathilde Tamae-Bouhon: Géraldine Oudin. Et aussi parce que le titre est absolument irrésistible, bien sûr. Hélas, ça a été le voyage de trop. Malgré le changement de décor – le Funiculi Funicula de Tokyo laisse la place au Dona Dona d'Hakodate –, les répétitions incessantes des règles et l'application absolument identique de la même recette m'ont lassée, et j'ai donc lu l'ensemble sans grande implication – alors que l'idée d'avoir cette deuxième chance pour parler à quelqu'un dans le passé me vend vraiment du rêve. Il faut aussi dire que je m'embrouille affreusement dans les prénoms japonais, à tel point que j'ai pris des notes pour retenir qui est qui – mais ça, c'est une limite personnelle, qui n'est aucunement imputable à l'auteur. Bref, si le voyage vous tente, je recommanderais de se limiter au premier roman. 

Mise à jour suivant la rédaction de ce billet
J'ai interrogé une consœur traductrice concernant mes problèmes liés aux pronoms et à la concordance des temps dans des lectures récentes traduites du japonais. Apparemment, c'est l'un des enjeux de la traduction japonais > français: d'une part, le japonais n'utilise pas ou presque pas de pronoms et ne conjugue pas les verbes en fonction de la personne, ce qui fait qu'il faut souvent déduire le sujet de l'action du contexte (non mais 😱😱); d'autre part, il n'y a pas vraiment de temps passés et futurs, juste l'aspect des verbes (on n'a pas eu le temps de creuser, mais je pense que ça s'apparente au perfectif/imperfectif des verbes russes, pour ceux qui voient (moi, je ne vois pas vraiment, et ça fait trois ans que j'ai repris le russe 😂)). En bref, ça n'a rien à voir et il faut tout reconstruire en français. 🥹🥹

dimanche 24 novembre 2024

Les Joies d'en bas. Tout sur le sexe féminin (2017)

Après le triomphe du Charme discret de l'intestin de l'Allemande Giulia Enders, étudiante en médecine au moment de la rédaction et de la publication, Actes Sud a déniché un autre bouquin de santé écrit par une étudiante en médecine et illustré de manière rigolote, à la différence près que les autrices étudiantes en médecine, Nina Brochmann et Ellen Støkken Dahl, sont ici au nombre de deux et qu'elles sont norvégiennes, pas allemandes.

J'avais repéré Les Joies d'en bas depuis qui sait quand et je l'ai trouvé sur mon chemin par hasard, probablement dans l'étagère des livres à donner de ma médiathèque (mais je ramasse des livres sans cesse et partout, alors je confonds toujours un peu).

Contrairement à ce que le titre et la quatrième couverture peuvent laisser penser, ce livre ne parle pas que de sexualité féminine. C'est plutôt un ouvrage de santé gynécologique. La première partie présente l'appareil génital féminin, la deuxième parle des différentes sécrétions (oui, vraiment 🙃), la troisième s'occupe effectivement de sexe, la quatrième aborde la contraception, et la cinquième, la plus épaisse de toutes, passe en revue tous les problèmes de santé gynécologiques imaginables. Il ne faut donc pas le lire dans l'idée de "[mettre] le doigt sur le fameux point G", comme l'affirme la quatrième de couverture. D'autant que les autrices expliquent que ça n'existe pas, le point G. Lol...

J'ai trouvé cette lecture absolument passionnante et accessible. Tous les concepts sont expliqués simplement et clairement, avec une vraie volonté de dédramatiser certaines choses tout en incitant les femmes à demander de l'aide médicale quand elles ont le moindre doute. Pour ce qui est du fonctionnement de l'appareil génital et du sexe, je regrette même de n'avoir pas eu ce genre d'outil en main quand j'étais plus jeune; cela m'aurait peut-être évité certains tracas. Même maintenant que je me considère comme un minimum informée, cela m'a remis les idées en place sur certaines choses, à commencer par le fonctionnement de la pilule et la différence entre les types de pilule; je suis même allée relire la notice de mon acutelle pilule pour vérifier si ça coïncidait (réponse: oui. Youpi!). J'ai tout particulièrement apprécié le "plaidoyer pour une contraception hormonale", qui fait écho aux théories complotistes que j'avais vu passer sur Twitter ("il faut arrêter la pilule parce que les labos sont de méchants capitalistes qui veulent la mort des femmes"...). Quant à la partie sur les différentes maladies, elle m'a fait cotoyer avec effroi et soulagement toutes les horreurs que je n'ai pas subies dans ma vie: pas d'herpès, pas d'ovaires polykistiques, pas de mycoses, pas de chlamidiae!!!! 🥳🥳🥳

Le fait que le ton soit résolument antidramatique et que les titres soient rigolos joue pour beaucoup dans le plaisir que j'ai pris à lire cet ouvrage. "Le clitoris, un iceberg", "Petits conseils poilus", "Les myomes: l'utérus pochette-surprise": j'ai bien rigolé. J'en profite pour saluer le travail de la consœur Céline Romand-Monnier qui livre un texte très clair et agréable à lire, ce qui n'a pas toujours dû être facile – car il y a bel et bien un contenu scientifique et médical réel, comme en attestent les pas moins de cinquante pages de références bibliographiques en fin d'ouvrage. 🥹

Bref, un livre à mettre entre toutes les mains et à garder à portée de main par la suite, pour feuilleter certains passages de temps en temps.

mardi 19 novembre 2024

Les Mémoires d'un chat (2017) 🐈

Un livre avec un chat, c'est déjà très intéressant. Alors, un live avec un chat dont Baroona dit du bien... 🐱

Bon, en vrai, j'avais repéré ce livre depuis des lustres, mais je m'étais arrêtée au fait que le chat en couverture a une drôle de tête. Pour info, c'est une illustration d'Irina Garmashova-Cawton, une femme visiblement très bien qui dessine des tas et des tas de chats. 🥰

Dans ce roman traduit du japonais par Jean-Louis de La Couronne, Hiro Harikawa donne la parole à un chat de gouttière qui, suite à une blessure, s'installe chez un humain. Pas n'importe quel humain, hein. Un humain qu'il connaît déjà et qu'il aime bien. Et puis, le temps passant, le chat décide de rester là même s'il est guéri, et l'humain, Satoru, lui donne un nom: Nana. Mais des années plus tard, Satoru est contraint de se séparer de lui et cherche à le placer auprès d'une personne de confiance, ce qui l'amène à recontacter des proches plus ou moins perdus de vue.

Chaque partie du roman raconte ainsi la rencontre avec un potentiel adoptant.

Sur la forme, je dois dire que j'ai eu du mal avec ce roman à cause de la rédaction en français. (Bon, c'est une évidence: je ne lis pas le japonais, donc je ne risque pas d'avoir du mal avec la rédaction en japonais, HAHAHAHAHAHA.) Dans l'ensemble, le récit est raconté à la première personne par Nana. MAIS les adoptants potentiels s'expriment aussi à la première personne. Par conséquent, il faut déjà faire un petit ajustement au début de chaque chapitre pour savoir si "je" est un chat ou un humain. MAIS en plus, le point de vue des adoptants potentiels peut aussi être exprimé sous forme de récit extérieur à la troisième personne. Et là, vous ne savez plus du tout qui est "il" : l'adoptant, le chat vu par l'adoptant, Satoru vu par l'adoptant...? Ajoutez à cela que la concordance des temps est fluctuante, avec du passé composé, du présent, du passé simple et du plus-que-parfait mélangés au petit bonheur la chance, et vous avez une version de moi-même qui se désespère.

On pourrait attribuer la faute au traducteur, mais mon expérience personnelle me permet d'en douter (j'ai des travaux qui ont été salopés après mon passage, hélas) et, de toute façon, la responsabilité finale incombe à l'éditeur. Actes Sud, c'est un peu la maison que tout le monde encense, mais ce n'est pas la première fois que je m'étonne du manque de rigueur du travail éditorial, alors je suis assez perplexe. Notez toutefois que ces gens mettent le nom du traducteur en couverture, ce qui est bien et merveilleux.

Bon, donc, je critique la forme, mais, sur le fond, j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Pas tout à fait autant que Baroona, mais quand même beaucoup. J'ai lu ce roman rapidement et avec plaisir, et j'ai bien sûr sangloté durant pas mal de pages à la fin, voilà voilà. C'est une belle histoire touchante sur les liens d'amitié (entre humains, mais aussi entre humains et non-humains) et sur les innombrables façons dont les vies des gens s'influencent, ainsi que sur une forme de bonheur simple que je ne saurais décrire précisément. Pour broder sur le Japon, c'est un peu comme les films de Miyazaki: à la fin, ça me donne un peu l'impression d'être une meilleure personne que je ne l'étais au début... Et Nana, quand il a la parole, est très très sympathique!!

Il n'est donc pas du tout impossible que je lise autre chose de cette autrice japonaise, d'autant que ce roman a une suite: Au revoir, les chats! Je sens qu'il faudra préparer quelques mouchoirs...

Allez donc voir ailleurs si ce chat y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Grominou

jeudi 14 novembre 2024

Mémoires d'Outre-Mort (2014)

Chronique express!

New York, 1978. Un vampire aux traits éternellement jeunes charme les jeunes femmes pour boire leur sang avant de retourner dormir dans les tunnels du métro en compagnie de toute une petite communauté. À leur tête, Margaret, une Irlandaise qui ne s'en laisse pas conter et qui, armée de sa pelle, fait régner l'ordre en décapitant les trouble-fêtes s'il le faut. Et puis, un jour, trois enfants aux yeux brillants attirent l'attention de notre narrateur, John Peacock. Eux aussi chassent dans le métro. Mais ces vampires semblent différents des autres...

Ce roman de Christopher Buehlman est une sorte de thriller fantastique et punk: un récit axé sur l'action et le mystère des enfants, porté par une langue très moderne et enlevée ("Il faisait un froid à inciter les ours blancs à porter une petite laine" 😂), avec toutefois le retour en arrière pratiquement obligé dans une histoire de vampires (comment notre narrateur est-il devenu vampire) (un sale gosse bien attrapé, à mon humble avis). Même si ce n'est pas spécialement mémorable, j'ai bien accroché et j'ai réussi à lire ce roman en moins d'une semaine, ce qui relève du miracle. En outre, je n'ai pas du tout venir la fin, haha. Elle est pourtant pas mal annoncée au début, mais j'avais oublié! Seul bémol: la traduction de Jean Bonnefoy m'a semblé correcte, mais le découpage de certaines phrases m'a gênée à cause de la non répétition du pronom personnel dans la première proposition d'une nouvelle phrase. Bon, c'est vraiment une remarque de maniaque de la structure... 😉

Mise à jour du lendemain
Mince!! J'ai oublié l'info la plus essentielle!!! Pourquoi ce roman? Parce que l'ami Xapur vide ses bibliothèques, of course!
😊😊

samedi 9 novembre 2024

Mickael Bay. La fin de l'innocence (2022)

Au printemps dernier, Lloyd Cherry faisait ma journée – voire ma semaine, très franchement – en consacrant un épisode de C'est plus que de la SF au film Transformers de Michael Bay. Quel bonheur immense de l'entendre interviewer avec tout le sérieux du monde son invité, Robert Hospyan, et d'entendre celui-ci parler du cinéma de Bay avec tout autant de sérieux! Alors, bien sûr, il fallait que je lise l'essai que Robert Hospyan a consacré à mon réalisateur fétiche chez les éditions Aardvark.

🥰🥰🥰

Eh bien, malgré quelques envolées artistico-interprétatives qui m'ont un peu perdue et une propension qui me semble excessive à rapporter beaucoup de choses au fait que Bay a été adopté, cet essai est un vrai régal, avec une étude approfondie des thèmes et des techniques du cinéma bayien. Montage resséré et dynamique, pose emblématique du héros filmé en contre-plongée tandis qu'il se relève, notion du sacrifice de soi, parcours du mec lambda qui devient un héros, bonnes vieilles valeurs d'une americana fantasmée: les films de Michael Bay ont une patte bien à eux, qu'on reconnaît facilement et qui permet au réalisateur de nous dire quelque chose sur le monde – et un quelque chose qui va peut-être un peu plus loin que "vive les belles bagnoles et les nichons". Un cinéma qui vient du monde de la pub et en utilise certains codes pour nous vendre ses personnages et leurs enjeux, tout en étant conscient de sa démarche et en la tournant en dérision, voire en la critiquant ouvertement, comme dans The Island (que je n'ai pas vu mais qui a l'air pas mal du tout).

Dans l'ensemble, Robert Hospyan m'a donné très envie de revoir certains films de Michael Bay que je connais déjà (Armageddon, Pearl Harbor, No Pain No Gain) et d'en découvrir certains que je n'ai pas vus et qui ont l'air très bien (The Rock et The Island, déjà cité). En revanche, même sa bonne volonté et sa manière de pointer du positif partout n'ont pu me convaincre de m'intéresser aux deux Bad Boys, à Thirteen Hours et à Six Underground ou bien de me refarcir un jour l'épouvantable et insensé Ambulance. 😅

La grande question est à présent: que va devenir Michael Bay? Comment va-t-il se réinventer maintenant que la franchise Transformers est (heureusement) derrière lui? Pour ma part, je redoute le pire autant que j'espère le meilleur, mais je serai au rendez-vous.

Pour finir sur une note amusante: quelques pubs dans lesquelles Michael Bay apparaît dans son propre rôle

La pub Verizon 🤩🥰💥
La pub Commonwealth ("I used seven helicopters" 😂😂😂😂)
La pub Alfa Romeo

lundi 4 novembre 2024

La gamelle d'octobre 2024

Comme d'habitude, ce mois est passé à la vitesse de l'éclair et a été bien maigre sur le plan culturel, malgré une réelle volonté de ma part. Disons, pour voir le verre à moitié plein, que j'ai au moins remis les pieds au cinéma... 🥳

Sur petit écran

Je n'en parle pas plus en détail parce que cela permet de m'identifier un peu trop facilement, mais j'ai regardé deux dessins animés pour le boulot et c'était charmant.

Sur grand écran

Lee Miller d'Ellen Kuras (2024)

Une figure historique assez marquante, une Kate Winslet extraordinaire, une plongée dans la Seconde Guerre mondiale sous un angle assez rare, celui d'une photographe de guerre : une vraie réussite. J'espère que ce film aura un ou plusieurs Oscars. Note pour moi-même: le fauteuil vide de la fin m'a semblé particulièrement tragique, bien qu'il soit loin des évènements épouvantables qui précèdent. Toutes ces questions qu'on pose au silence et qui resteront sans réponse...

La Famille Addams de Barry Sonnenfeld (1991)


Ma famille spirituelle est vraiment la meilleure 🖤🖤🖤 Plus objectivement, ce film est une franche réussite sur tous les plans: Angelica Huston est génialissime en Morticia, Christina Ricci est génialissime en Mercredi, tous les autres acteurs sont pas mal du tout, les décors de la maison sont À TOMBER, la mise en scène est  bien fichue, les effets visuels ont bien vieilli, la moitié des répliques sont mémorables. Un régal!! Pour la petite histoire, la girl scout qui passe devant le stand de vente de Mercredi et Pugsley est jouée par Mercedes McNab, l'actrice qui a ensuite tenu le rôle de Harmony dans Buffy et Angel. C'était trop fou de la voir là!!

Du côté des séries

Toujours rien!

Et le reste

J'ai lu avec un immense enthousiasme un vieux hors-série "Une Vie, une œuvre" du Monde sur Simone de Beauvoir. Qui sait pourquoi, je me suis souvenue qu'il était en ma possession seulement quand j'ai lu La Force de l'âge en septembre, pas quand j'ai lu Mémoires d'une jeune fille rangée en février. Quelle femme extraordinaire!! Je me réjouis d'avoir encore des tas de ses écrits à lire. 🥰

Par je ne sais quel miracle, j'ai dégommé ma pile à lire de Cheval Magazine: en début de mois, j'ai lu le numéro de septembre (qui était arrivé extrêmement en retard) et celui d'octobre; et en fin de mois, j'ai lu le numéro de novembre. Cheval Magazine au cube, en résumé!