mercredi 18 novembre 2020

Les Fiancés de l'hiver (2013)

La Passe-Miroir de Christelle Dabos, tout le monde en parle depuis des années. Le dernier tome étant sorti depuis un an et une sortie en poche étant donc envisageable pour 2021, j'ai enfin tiré le premier de ma PAL, où je le laissais reposer de peur de tellement aimer que je me retrouverais dans le même état de frustration que lorsque j'ai lu Eragon en 2004 et que le deuxième tome n'était pas encore sorti.


J'avais bien vu: j'ai lu le roman en trois jours et seules ma volonté de fer et la sagesse accumulée durant ma vie de lectrice me retiennent de lire tout de suite le tome 2. (Ça et le fait que le tome 4 n'existe pas encore en poche, donc. 😉)

Alors, franchement, ce bouquin ne va pas changer ma vie comme le Seigneur des Anneaux et ne m'a pas époustouflée comme d'autres romans, mais il m'a happée et m'a fait passer un excellent moment. J'ai savouré un vrai plaisir de lecture comme quand j'étais enfant ou ado, quand on est totalement plongé dans un univers et qu'on a super envie d'y rester et de connaître la suite.

L'intrigue: Ophélie est une liseuse et une passe-miroir. En d'autres termes, elle peut remonter dans le passé des objets en les touchant et elle peut se déplacer en empruntant les miroirs. Elle mène une vie tranquille dans sa ville natale / son pays natal, une arche appelée Anima. Malheureusement, sa famille la marie sans lui demander son avis à un certain Thorn, un grand gars squelettique et bourru venant d'une arche beaucoup plus froide, le Pôle. Le courant ne passe pas du tout quand il la ramène chez lui et Ophélie ne tarde pas à se rendre compte que ce mariage brasse des enjeux qui la dépassent. Il lui faut, en outre, appréhender la société du Pôle et la famille mystérieuse de son futur mari. Pas facile quand sa tante, qui lui sert de chaperonne, et elle sont enfermées et ne voient jamais personne à part la tante et la grand-mère de Thorn...

Avec une jeune fille qui quitte le monde de son enfance pour un autre pays et, symboliquement, l'âge adulte, le postulat de départ des Fiancés de l'hiver est plutôt classique, mais Christelle Dabos a réussi à le traiter avec une fraîcheur bienvenue. L'univers est original et plein de trouvailles très réussies (les couloirs de vent permettant aux traîneaux à chiens de s'envoler vers la Citacielle! 🤩 L'écharpe animée! 😍😍 Les pouvoirs des différents clans symbolisés par leurs tatouages, les sabliers permettant aux domestiques de prendre des congés...) et l'intrigue est à la fois facile à suivre mais retorse, avec des complots, des trahisons et des relations complexes et tendues entre les différents clans du Pôle.
 
L'héroïne pourrait tout avoir de l'ingénue naïve et maladroite, mais, là aussi, Christelle Dabos a réussi à rendre avant tout Ophélie amusante, attachante et plutôt réelle. Certes, elle casse trois assiettes par jour, ne voit pas où elle va à cause de sa myopie et passe son temps à remonter ses lunettes sur son nez (une description qui revient au moins 300 fois dans le livre et que j'attribue au fait qu'il s'agit d'un premier roman), mais elle est aussi réfléchie, déterminée et courageuse et j'ai trouvé ce mélange très réussi. Ophélie affronte calmement des évènements qui ont tout pour traumatiser quelqu'un (quitter sa famille du jour au lendemain pour épouser un inconnu, se retrouver enfermée dans un lieu inconnu, recevoir des mises en garde contre des menaces voilées...) sans verser une larme et sans perdre la tête. Et sans tomber amoureuse au premier regard. Derrière ses lunettes, les petites cellules grises s'activent, comme dirait un certain Hercule.
 
Pour résumer à l'extrême, ce premier tome m'a rappelé la découverte enchanteuse de l'univers d'Harry Potter, une manière de faire du neuf avec du vieux en mélangeant savamment des éléments scénaristiques intemporels et un imaginaire très poussé.

Quant au style, il est assez simple et agréable à lire, mais non dénué de richesse. Et il y a des imparfaits du subjonctif. Je répète: il y a des imparfaits du subjonctif. 😍😍😍

Christelle Dabos a su trouver un bel équilibre pour ce roman jeunesse et je regrette un peu de ne pas avoir pu le lire quand j'étais bien plus jeune et en manque de personnages féminins (personnages féminins qui étaient si rares dans mon imaginaire que je ne réalisais même pas qu'elles étaient rares). Son imagination nous offre une multitude de trouvailles et cette introduction laisse présager de très belles choses pour la suite. Je crois avoir lu des retours déçus sur le tome 4, mais pour l'instant je me suis régalée. Et mon petit cœur d'artichaut mise gros sur Thorn, envers et malgré tout!
"On dit souvent des vieilles demeures qu'elles ont une âme. Sur Anima, l'arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère."
Allez donc voir ailleurs si ces Fiancés y sont!

vendredi 13 novembre 2020

Le Rayon vert (1882)

Chronique express!


Lorsque Miss Campbell apprend l'existence d'un phénomène météorologique fort rare, le rayon vert, elle n'a plus qu'une idée en tête: le voir de ses propres yeux! Pour cela, elle emmène ses deux oncles et tuteurs en bord de mer, ou l'observation sera facilitée au moment du coucher du soleil sur l'horizon. À Oban, une station balénaire écossaise, ses plans sont toutefois perturbés par divers évènements, dont la maladresse d'Aristobulus Ursiclos, un scientifique pédant auquel ses chers oncles aimeraient bien la marier. Miss Campbell se désole, puis un autre jeune homme entre en scène...

Que dire? Jules Verne était un génie et ce roman, bien que clairement mineur dans sa production, se lit avec un immense plaisir. Il est drôle et entraînant avec ses personnages loufoques (Aristobulus qui joue au croquet en décrivant ses actions en termes scientifiques!) et son histoire d'amour si prévisible mais toute douce et charmante. On a l'impression de voyager dans un monde révolu où tout était bien plus tranquille que maintenant. Et l'Écosse nous change agréablement des contrées plus exotiques où Verne nous entraîne généralement. Difficile de ne pas avoir envie d'aller visiter l'île de Staffa, malgré la violence de ses tempêtes...

dimanche 8 novembre 2020

Dictature 2.0. Quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde) (2018)

Une fois n'est pas coutume, j'ai lu un bouquin de géopolitique.
 

Pour info, je vis plus ou moins dans une grotte coupée du monde depuis 2010. Avant, je lisais le journal. Je lisais même des journaux différents. Puis je me suis retrouvée au chômage et je n'ai plus acheté la presse, vu que j'avais besoin d'économiser et que lire les articles en ligne était gratuit. Et puis l'actualité s'est faite de plus en plus terrifiante, notamment avec la crise de l'euro, et j'ai délibérément fui les informations.

Tout ça pour dire que, à part qu'il s'agit d'une dictature communiste qui adore l'argent, je ne sais à peu près rien sur le régime chinois actuel.

Kai Strittmatter, journaliste, décrit dans cet ouvrage le fonctionnement de la dictature chinoise. Sous l'impulsion de l'actuel secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) et président de la République populaire de Chine, Xi Jinping (qui s'est débrouillé pour pouvoir être président à vie...), le Parti et le pays ont beaucoup évolué depuis 2012.

Tout d'abord, l'auteur étudie les mutations de la langue même, avec de nouveaux éléments de langage. Je n'ai pas retenu d'exemples, mais c'est ce chapitre qui m'a le plus fait frémir, en bonne linguiste. Strittmatter passe ensuite à la répression politique et au règne de la terreur, avec des emprisonnements arbitraires suivis de longues séances de repentement publiques dans lesquelles les malheureux dissidents demandent pardon d'avoir trahi le Parti ou la Chine, ou les deux, vu que de toute façon le Parti EST la Chine. Il parle aussi de la propagande très active – les nouvelles générations de Chinois ne savent rien du massacre de la place Tiananmen, tandis qu'on leur parle quotidiennement du méchant Occident qui ne veut pas d'une Chine forte – et de la récupération ingénieuse de l'intelligence artificielle et des méthodes de surveillance généralisée pour traquer la moindre désobéissance, d'un piéton qui traverse au feu rouge à un Ouïghour qui reçoit d'autres Ouïghours dans son logement... C'est cette surveillance généralisée qui est le véritable propos du livre. Avec un réseau très dense de caméras de surveillance et l'omniprésence de la reconnaissance faciale (pour débloquer votre nouveau téléphone, pour obtenir du papier toilette dans les toilettes publiques (!!), pour prendre à manger au restaurant universitaire, etc. etc.), le Parti sait à tout moment qui est où. Encore plus gênant: certaines firmes occidentales ne se gênent pas pour l'aider ou cèdent à ses demandes, comme Apple qui a retiré plus de 500 (!!) applications de l'App Store à la demande de la Chine.

Un chapitre étudie également le retour en force de Marx et Confucius dans le pays.

On a fait lecture plus plaisante, évidemment, et j'ai donc lu ce livre à petites doses. D'autant qu'il se termine sur un constat que je partage: avec la montée du populisme, de l'extrême-droite et des tensions sociales, les vieilles démocraties occidentales ont perdu de leur attrait et ne sont plus un modèle pour les pays non occidentaux. Avec Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis sont étaient mal placés pour faire la morale en matière de démocratie. Le modèle chinois peut séduire bien des gouvernements – d'ailleurs, la Russie s'intéresse à ces technologies. Et les pays de l'Union européenne ne pourront faire face à ce géant qu'en s'unissant, ce qui est précisément ce qu'ils ne sont pas en train de faire.

Je vous laisse avec une citation hilarante, mais qui rend l'idée du degré auquel le Parti verrouille tous les aspects de la vie en Chine. (Ce serait hilarant si ce n'était pas horrible, en fait...)

"Les formations idéologiques paraissent avoir singulièrement déteint sur l'administration de la banque de sperme de la troisième clinique universitaire de Pékin. Lorsqu'elle a cherché de nouveaux donneurs, elle n'a pas seulement exigé des candidats potentiels, entre vingt et quarante-cinq ans, qu'ils soient dénués de maladies héréditaires ou infectieuses, ou encore de «calvitie manifeste». L'appel à dons de la banque de sperme sur Weibo réclamait en outre «d'excellentes qualités idéologiques»: on n'acceptait que des donneurs «patriotes, soutenant le pouvoir du Parti communiste et ayant une attitude loyale à l'égard de la mission assignée au Parti»."

Pourquoi ce livre?
Parce qu'il a été traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, le brillant directeur de l'École de traduction littéraire du Centre national du livre.

Vous voulez en savoir plus?
Je vous invite à lire l'article "Parler pour la Chine. Le politiquement correct des travailleurs chinois en Zambie" de Di Wu, brillamment traduit de l'anglais par Lise Garond et publié dans la revue Terrain.

mardi 3 novembre 2020

La gamelle d'octobre 2020

Octobre s'en est allé, et avec lui la vie du milieu – pas la vie d'avant, mais pas la vie de maintenant non plus, et probablement pas la vie d'après non plus. Retour sur le dernier mois d'ouverture des cinémas avant qui sait quand.

Sur petit écran

Alice au pays des merveilles de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Juske (1951)
 

Vu mes souvenirs d'enfance et ma lecture difficile des romans de Lewis Carroll, je redoutais un peu de revoir ce dessin animé. Au final, ça n'a pas été si terrible et j'ai même ri de bon cœur à certains passages, comme celui du chat, bien entendu, et celui de la chenille. Le film reste toutefois une succession de saynètes décousues et parfois forcées, comme le récit de Twindledee et Dwindledum sur les huîtres. Ça va parce qu'il ne dure qu'une heure quinze. 😉

Sur grand écran

Josep de Aurel (2020)
 

Un dessin animé poignant sur un camp de républicains espagnols dans le sud de la France au lendemain de la guerre civile espagnole. C'est révoltant et glaçant de voir comment la France a traité ces gens. Le film se termine toutefois sur une note d'espoir grâce à l'amitié, à la transmission et à l'art. Je précise que je n'ai apprécié ni le trait, ni l'animation, ce qui ne m'a pas aidée à rentrer dans le film, mais j'ai pu néanmoins apprécier le message.

Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal (2020)
 
Le bonheur. 💖
 
Quelle surprise: contrairement à ce que m'avait laissé penser la bande-annonce, ce film est loin d'être con. Déjà, l'âne n'est pas ridiculisé ou humanisé, ce qui est bien; il fait essentiellement sa vie d'âne. Ensuite, le film présente plein de situations gênantes, dans lesquelles les personnages dépassent les bornes sans donner l'impression de s'en rendre compte (comme la femme qui critique ouvertement Antoinette parce qu'elle sort avec un homme marié ou le mec qui lui tourne autour avec insistance et lourdeur, allant jusqu'à donner des ordres à son âne à sa place); en général, je trouve ce genre de scène totalement beauf, mais là j'ai eu l'impression qu'on voulait justement montrer le malaise. Et puis Antoinette couche avec un parfait inconnu dans une relation d'un soir simple et respectueuse, quasiment entre bons copains, un rapport sexuel passager qui n'engage à rien et ne choque personne. Bref, une vraie surprise pour moi. Il va sans dire que je veux partir randonner avec un âne, moi aussi – mais ça je le savais déjà, c'était dans ma liste de projets pour 2015. 😁
 
Du côté des séries
 
Agatha Christie's Hercule Poirot – saisons 7 et 8 (2000 et 2001-2002)
Deux saisons de seulement deux épisodes chacune, réunies en un même coffret. Le plaisir est toujours aussi présent. Je dois carrément me retenir pour ne pas en regarder plus d'un par semaine. 🙂
 
Et le reste
 
Outre mon Cheval Magazine habituel, j'ai lu le Bifrost n°98 sur Van Vogt et le Translittérature n°57, qui aurait dû sortir en avril mais a été retardé par le confinement. Quelle revue merveilleuse et quels traducteurs extraordinaires.
 
 
Et voilà. Rendez-vous en décembre pour voir comment j'ai occupé ce mois de confinement!

jeudi 29 octobre 2020

Le Problème à trois corps (2006)

Le Problème à trois corps de Liu Cixin est un de ces romans dont on dit que sa réputation le précède. Je l'ai probablement repéré chez Lorhkan, puis un ami me l'a offert. Vert aidant, je me suis enfin plongée dedans...
 
 
Et c'est malheureusement une déception, mes amis.

Tout d'abord, un mot sur l'intrigue. Tout commence en Chine en 1967, charmante époque à laquelle la science se doit d'être révolutionnaire et les scientifiques sont facilement accusés de favoriser l'impérialisme étranger et la contre-révolution. Ye Winjie voit son père mourir sous les coups des gardes rouges à cause de ses travaux. Elle-même considérée comme contre-révolutionnaire, elle n'échappe à l'emprisonnement que grâce à ses compétences en astrophysique, qui intéressent la direction d'un gigantesque radiotélescope.

En gros, le livre suit le parcours de Winjie: de manière linéraire au début, avec un récit à la troisième personne, et par ses témoignages à la première personne à la fin. Et entre les deux? On évolue essentiellement en compagnie de Wang Miao, un ingénieur en nanomatériaux qui infiltre un groupe de scientifiques subversifs jouant à un jeu en ligne chelou. J'ai ressenti un désintérêt total pour ce personnage, même quand il est confronté à un compte à rebours qui a de quoi vous faire perdre la tête. Je l'ai trouvé froid, distant, incompréhensible, totalement à côté de la plaque... Puis il est entré dans le jeu, et là, c'était foutu, il y avait des tas de gens aux noms chinois que je ne retenais pas et leurs actions et motivations étaient plus que floues.

Quant à la fin, elle m'a paru partir franchement en vrille (au cas où des esprits suspicieux passeraient par là: non, ce n'est pas pas parce que c'était trop scientifique...). C'était à peu près aussi gros que le coup de l'écolo jusquauboutiste qui hérite de plusieurs milliards de dollars à la mort de son papa pétrolier au détriment de ses frères...

Tout au long du livre, les dialogues m'ont semblé bancals, comme si les personnages ne répondaient pas aux questions qui leur sont posées ou réagissaient à des choses qui n'avaient pas été dites. J'ai dû retourner en arrière plusieurs fois pour m'y retrouver. En outre, la rédaction française ne brille pas, avec des redondances agaçantes  ("son activité principale consistait principalement à éjecter des capsules" ou "maintenant" et "désormais" dans la même phrase) et des erreurs ("Stanton ne semble pas avoir étendu la voix dans son talkie-walkie"). Entendons-nous, je ne jette pas du tout la pierre à Gwennaël Gaffric, le traducteur; je sais d'expérience que vous pouvez remettre une traduction tout à fait correcte et découvrir, quand vous ouvrez le livre des mois plus tard, que quelqu'un a salopé votre travail. Mais Actes Sud, sérieux? Actes Sud qui fait des erreurs d'accord? Actes Sud qui n'utilise aucun moyen typographique pour marquer la poursuite du dialogue quand un personnage s'exprime sur plusieurs paragraphes, ce qui est essentiel pour éviter que le lecteur ne croie qu'on repasse au récit hors dialogue? Tout fout le camp dans l'édition, mes amis.

Pour toutes ces raisons, et malgré l'enthousiasme de bien d'autres lecteurs, je ne lirai pas les deux tomes suivants. Et sur certains plans, c'est dommage, car il y a aussi des sujets très intéressants dans ce roman: le poids des choix individuels, la confiance (ou l'absence de confiance) en l'avenir, la lutte pour la survie, la réaction face à des choses qui nous dépassent ([divulgâcheur] naissance de factions opposées parmi les Terriens ayant conscience de l'existence des Trisolariens, chaque faction ayant des attentes différentes envers ces derniers [fin du divulgâcheur]), affrontement entre deux civilisations qui consiste beaucoup à parier sur l'avenir ([divulgâcheur] les Trisolariens devant mettre 450 ans à rejoindre la Terre, il ont le temps de la faire évoluer à leur avantage, mais ils ne peuvent pas non plus tout prévoir [fin du divulgâcheur]). Qui sait, je lirai peut-être la traduction anglaise de Ken Liu un jour, si les copains font des retours enthousiastes des tomes 2 et 3...

Allez donc voir ailleurs si ce problème y est!

samedi 24 octobre 2020

Et on tuera tous les affreux (1948)

Chronique express!


Difficile pour Rock Bailey, qui s'est engagé à rester vierge jusqu'à ses vingt ans pour se consacrer pleinement au sport, de tenir ses résolutions tellement les filles lui tournent autour... Et puis, voilà qu'on le kidnappe et qu'on l'enferme tout nu dans une salle uniquement meublée d'un lit, où le rejoint une jeune femme très sexy et toute nue aussi. La température monte... Mais notre héros réussit à s'échapper. De retour dans le pub où il a commencé sa soirée, il tombe sur un cadavre et se retrouve ainsi mêlé à une sombre histoire de sélection génétique destinée à créer des humains parfaits.

Alors ça. Je n'ai jamais lu Boris Vian jusqu'à maintenant. Je croyais que c'était une littérature un peu provocatrice, mais surtout rêveuse et de toute façon très respectable. J'ai découvert dans ce roman, publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, une petite bombe, un policier au ton très enlevé, très populaire – au sens de "langage de tous les jours" –, avec un humour permanent. Pas de quoi éclater de rire, non, mais un mélange coloré que je n'ai jamais rencontré. Et quelques passages très, très... heuh... discrètement suggestifs? (Cela m'a évoqué les romans SAS, mais comme je n'en ai jamais lu, je ne sais pas si le mélange d'action et de sexe est similaire.) Rien de marquant, à vrai dire – c'est un roman vite lu et vite oublié dont l'intrigue ne surprendra personne –, mais il faudra que je jette un coup d'œil à J'irai cracher sur vos tombes un jour...

"Je suis fasciné par le jeu des muscles de l'homme. Il a au moins un mètre soixante de tour de poitrine et il a l'air dessiné au pinceau tellement il est couvert de creux et de reliefs que des pauvres types mettent dix ans à ne pas acquérir en faisant huit heures de culture physique par jour."

"Elle claque la porte, se retourne, dégrafe sa robe et ses seins jaillissent à l'air... [...] Je sens comme qui dirait des picotements au creux des lombes... Zut, alors, ça va faire la douzième fois depuis ce matin... Il y a un peu d'abus..."
(Le gars se plaint de trop baiser, oui, oui. 😂😂)

lundi 19 octobre 2020

Au bal des absents (2020)

Chronique express!

Lorsqu'elle a l'opportunité de s'installer quelque temps dans une grande maison perdue au fin fond de la campagne, Claude n'est que trop heureuse d'avoir un toit sur la tête. Sa situation économique déplorable, en effet, l'oblige justement à quitter son studio. Du coup, enquêter sur la mystérieuse disparition d'une famille américaine lui semble une véritable aubaine, même si elle n'est pas du tout qualifiée pour le poste! Mais la maison s'avère bien moins accueillante qu'elle ne le voudrait et Claude fuit dès sa première nuit sur place, talonnée par des bruits suspects, des miroirs qui montrent des images impossibles et une présence ultramalveillante. Passée la première terreur, elle décide toutefois d'insister. Après tout, elle n'a nulle part où aller et a besoin de cette maison. Commencent ainsi de longues journée d'étude sur le surnaturel à la médiathèque du coin et de longues nuits dans sa voiture...

J'ai passé un excellent moment avec ce roman. Catherine Dufour campe une protagoniste incroyablement têtue et acharnée aux prises avec plus grand qu'elle et traite la chose avec beaucoup d'humour. Ainsi, Claude donne à la créature qui hante la maison le nom d'une de ses formatrices de Pôle Emploi, Colombe. 🤪 Le ton est à la fois cynique et léger, dans un mélange difficile à décrire qui rend la lecture à la fois aisée, plainsante et grinçante. Car au-delà du quotidien tout à fait particulier de Claude, qui récite des exorcismes ponctués d'injures et sème du sel sur son chemin quand elle visite la maison, Catherine Dufour parle aussi de déclassement social. Claude en est arrivée là parce que le marché du travail, Pôle Emploi et la société l'y ont menée. On n'est pas pour autant dans un misérabilisme social qui m'aurait déplu, plutôt dans un portrait assez cynique d'une réalité difficile qui fait qu'on ne peut que soutenir Claude et son entêtement, et ce jusqu'à une fin très satisfaisante.

Allez donc voir ailleurs si ce bal y est!
L'avis de Tigger Lilly
Une interview de l'autrice dans le podcast C'est plus que de la SF

mercredi 14 octobre 2020

Journal du dehors (1994)

Chronique express!
 

Après la déception des Armoires vides, il me restait un livre d'Annie Ernaux dans ma pile à lire: Journal du dehors. Par bonheur, il m'a énormément plu et a confirmé tout le bien que je pense de cette grande écrivaine. Ce court ouvrage d'une centaine de pages, écrites dans une police plutôt grande, rassemble de menus évènements auxquels Annie Ernaux a assisté entre 1985 et 1992: rencontres dans le RER ou le métro, conversations entendues au supermarché... Il s'apparente à un journal intime, sauf qu'elle n'y note pas ce qu'elle fait et pense, mais ce que font et pensent d'autres personnes. D'où le titre, Journal du dehors.

Pour moi, une partie du plaisir de lecture a découlé du fait qu'Annie Ernaux parle de la banlieue parisienne, plus précisément de Cergy Pontoise. Je n'habite pas Cergy, mais une autre ville nouvelle d'Île-de-France, et je me suis retrouvée dans ces descriptions, à commencer par l'absence de traces du passé dans ces villes sorties de terre très récemment. Certaines choses ont déjà changé depuis les années quatre-vingt, mais l'essence des lieux reste la même. Au-delà de cela, j'admire la capacité d'Annie Ernaux à voir le monde; avant d'écrire, elle a senti ces choses, elle a saisi ces petits riens qui en disent long. Une cliente qui consteste son ticket à la caisse du supermarché, deux amies qui parlent fort dans le RER, un homme qui ramasse les caddies sur le parking avant l'introduction des caddies à pièces (who knew?)... C'est le quotidien, ça n'a aucun intérêt, mais ça en dit long sur la société et sur l'humanité. Et après avoir vu cela, Annie Ernaux l'exprime avec une netteté admirable. Parfois, c'est atroce – un paragraphe sur l'excision, à peine six lignes probablement, et j'ai dû m'arrêter de lire –, mais on n'en attend pas moins d'une autrice engagée comme elle l'est. Je recommande chaudement, surtout si vous êtes banlieusard; c'est bien la seule fois où le RER a sa place en littérature. 🤪
 
"Dans Libération, Jacques Le Goff, historien: "Le métro me dépayse." Les gens qui le prennent tous les jours seraient-ils dépaysés en se rendant au Collège de France? On n'a pas l'occasion de le savoir."

"Un caddie renversé dans l'herbe, très loin du centre commercial, comme un jouet oublié."

vendredi 9 octobre 2020

La Femme sacrée (1984)

Chronique express!

Après avoir lu la Nuit du sérail au printemps, j'avais très envie de lire l'autre livre de Michel de Grèce que j'avais repéré dans la maison de famille d'une amie, la Femme sacrée. Après le sérail du sultan de Constantinople, direction l'Inde des maharadjahs, à la rencontre de Lakshmi, la Rani de Jansi, un petit État au nord de l'Inde. Devenue régente à la mort de son mari en attendant la majorité de son fils, elle est dépossédée par les Anglais en 1854. Cultivée, déterminée, elle souhaite ardemment voir son pays retrouver son indépendance, mais est aussi prête à aller à la rencontre des Anglais; elle tombe d'ailleurs amoureuse de Roger, un Anglais nettement plus intéressé par l'Inde que ses compatriotes hautains. Lors de la révolte des cipayes de 1857, elle ne peut empêcher le massacre des Anglais de Jansi – au cours de laquelle Roger trouve la mort –, mais elle s'efforce de conserver la neutralité de son État pour protéger son peuple de la terrible répression britannique. Mais les Anglais sont fourbes. Ravis d'avoir une raison de conquérir Jansi, ils prétendent avoir la preuve que la Rani a aidé les rebelles et marchent sur Jansi. Bien malgré elle, Lakshmi prend la tête de son armée pour résister au siège qui s'annonce. Ainsi devient-elle la figure de proue de la rébellion et entre-t-elle dans l'histoire...

Que dire? J'ai adoré découvrir cette figure dont je ne soupçonnais pas l'existence. Pour tout vous dire, je ne savais même pas qu'il y avait eu une révolte contre les Anglais en 1857, ma connaissance de l'Inde se limitant à la figure de Gandhi et à la partition avec le Pakistan. (Gloups, gloups.) Lakshmi est plus grande que nature et indomptable. Michel de Grèce a certainement romancé son parcours, je vous l'accorde, mais c'est l'Aventure avec un grand A, avec un amour secret entre une Indienne et un Anglais, des complots et des intrigues, une révolte, des massacres, des sièges, des combats, des fuites éperdues à cheval dans la nuit noire. Et le tout dans l'Inde opulente des maharadjahs, dans des palais qui débordaient encore de pierreries après avoir été pillés par les Anglais (présentés ici sous leur pire jour, celui des colonisateurs violents, hypocrites, menteurs et irrespectueux). J'apprécie aussi la plume simple et efficace de Michel de Grèce, le genre de récit dont vous avez toujours envie de lire un chapitre de plus avant de vous coucher... Et malgré un côté un peu simplet et naïf, une vision probablement bien occidentale d'un certain Orient fantasmé et quelques remarques datées sur les femmes, cette Rani m'a vendu du rêve et je l'ai vraiment vue siéger sur son trône, vêtue de son sari blanc, et charger les Anglais avec son fidèle cheval. Une belle figure de guerrière qu'il ne m'aurait pas déplu d'écrire si j'étais devenue écrivain.

dimanche 4 octobre 2020

Les BD du troisième trimestre 2020

En ce début d'octobre, retour sur les bandes dessinées lus au cours des trois derniers mois. Alors, chat ou pas chat? 
 
Peau d'homme de Hubert et Zanzim (2020)

Dans un univers clairement inspiré de l'Italie de la Renaissance, et plus précisément de Florence, la jeune Bianca aimerait en savoir un peu plus sur l'homme qu'elle va épouser. Sa marraine lui révèle alors que les femmes de leur famille se transmettent de génération en génération une peau d'homme. Une fois la peau enfilée, le corps de Bianca devient celui d'un garçon. La solution idéale pour approcher son futur époux. Puis l'amour éclôt... Entre hommes... Et quand le mariage est célébré, Bianca partage le lit d'un homme qui n'a aucune envie d'elle et qui pense constamment à un autre. Un autre qui est Bianca, donc, mais en homme. Épineux problème! Jolie bande dessinée colorée et joyeuse, Peau d'homme est très agréable à lire et aborde de front la condition féminine sur fond d'obscurantisme, le frère de Bianca étant clairement inspiré de Savonarola, mais avec une légèreté très agréable. C'est un beau succès en librairie et c'est mérité.
Éditeur: Glénat

Brina et la bande du soleil félin de Giorgio Salati et Christian Cornia (2020)

La jolie histoire de Brina, une chatte domestique qui quitte sa famille humaine pour rejoindre une bande de chats vivant en liberté dans les montagnes. Au final, c'est plutôt l'histoire de son retour à la maison et de la réalisation que la liberté n'est pas forcément où on le croit. Si cette BD ne révolutionne rien, elle est jolie et touchante et plaira sûrement à une jeune public. L'amatrice de chats que je suis a été conquise.
Éditeur: Paquet
Traduit de l'italien par Roma Paris London (heuh??)

La Diagonale des fous de Fabrice Cifré, Guillaume Albin et Cyril Vincent (2019) 

Une belle bande dessinée sur le grand raid de la Réunion, une course de folie qui couvre entre 160 et 170 km et entre 9 000 et 10 000 mètres de dénivelé en deux ou trois jours. On suit quatre personnages embarqués dans ce défi quasiment surhumain, mais l'histoire est essentiellement centrée sur l'un d'eux, Émile. Entre épuisement, blessures, hallucinations de fatigue et terrain accidenté, la course porte vraiment bien son nom: il faut être fou pour s'y engager! Mais les paysages et le dépassement de soi font rêver, tandis que l'entraide entre participants fait chaud au cœur.
Éditeur: UltraBD (avec un financement sur Ulule) 

Le Cycle des épées de Howard Chaykin, Mike Mignola, Al Williamson et Sherilyn Van Valkenburgh (1991)

J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette bande dessinée en sept chapitres, qui est une adaptation du Cycle des épées de Fritz Leiber, les aventures de Fafhrd et du Souricier gris. Certaines cases m'ont semblé hideuses et j'ai eu du mal à comprendre les enchaînements de certaines répliques ou actions (sérieux, des gens déplacent un gros pavillon de jardin en pierre en le portant sur leur dos?!?). Par contre, j'ai adoré l'univers, comme je m'y attendais: ruelles sombres, puissances malfaisantes, ruines abandonnées dans le désert, combats à l'épée... Si je n'avais pas su que c'était une adaptation de Leiber, j'aurais pensé à un pastiche de Howard. Il faut tellement que je lise les bouquins! 🤩 Voir aussi l'avis de Xapur sur Bulles et onomatopées.
Éditeur: Delcourt
Traduit de l'anglais par Anne Capuron

Marvel Icons hors-série n°1: Ragnarok de Michael Avol Oeming, Daniel Berman et Andrea Divito (2004)

Un comic recommandé par mon homme, grand amateur du genre. Ce volume réunit les épisodes 81 à 85 de Thor Vol. 2 en anglais et constitue une histoire complète – à ceci près qu'il y a eu 80 épisodes avant, quoi, sans même parler de Thor Vol. 1, qui existe certainement si on est ici dans le Vol. 2. Disons que vous pouvez monter dans le train en marche à ce stade...
Comme l'indique le titre, on cause ici de Ragnarok. Ayant réussi à forger des marteaux aussi puissants que Mjolnir, Loki attaque Asgard, tue tout le monde et ravage les Neuf Royaumes. Thor fait appel à Iron Man et Captain America pour riposter, puis décide de combattre seul avec les quelques survivants de son peuple afin de ne pas impliquer la Terre. S'ensuivent quelques combats, un long passage mystique dans l'au-delà et une décision radicale: anéantir Asgard pour de bon afin de mettre fin à l'éternel cycle de recommencement voulu par de mystérieux dieux se nourrissant de la mort répétée d'Asgard à chaque Ragnarok. Très franchement, je n'ai pas bien compris tout ce passage, à commencer par l'identité de ces dieux malveillants, et je n'ai pas aimé le dessin, qui est très chargé et dont j'ai du mal à comprendre l'enchaînement de case en case. Sans compter que les corps bodybuildés des hommes et les nichons gigantesques des femmes donnent l'impression de lire un produit visant des adolescents en rut. Mais c'était intéressant de voir quelques personnages des films Marvel en vrai (Loki est méconnaissable, la version filmique n'a rien à voir), et puis la fin est tout de même assez culottée puisque Thor semble mourir à son tour. Je dis bien "semble", car le personnage a eu droit à d'autres comics depuis...

Éditeur: Marvel France avec/chez Panini
Traduit de l'anglais par G. Coulomb

Chat-Bouboule 4. Fat and Furious de Nathalie Jomard (2020)


Le quatrième tome de Chat-Bouboule m'a fait pisser de rire. C'est simple, rien qu'en lisant le titre "Fat and furious" et en voyant la couverture, je me tordais de rire. Bouboule a un gros ventre et il est tellement, tellement drôle. Du coup, j'ai relu les tomes 1 à 3, dont j'ai brièvement parlé ici et ici.
Éditeur: Michel Lafon

Carbone et silicium de Matthieu Bablet (2020)

L'auteur d'Adrastée et de Shrangri-La revient avec une bande-dessinée superbe sur deux intelligences artificielles "se réincarnant" dans un nouvel androïde à chaque fois que le précédent arrive à la fin de son cycle de vie. Les couleurs sont somptueuses, comme dans les précédents albums de Mathieu Bablet que j'ai lus, les dessins – même si je n'aime pas l'aspect tremblotant du trait – sont limpides dans leur mise en scène et la transmission des informations. En abordant une multitude de thématiques d'actualité, Matthieu Bablet nous donne un voir un monde en delinquescence, un environnement exangue, une humanité en pleine implosion. L'avenir n'est guère enviable et fait froid dans le dos tellement il est, sous nombre d'aspects, plausible. Difficile de dire que j'ai aimé cette BD tellement les thématiques sont dures – et la très courte apparition d'un chien m'a bouleversée, comme certaines planches de Shangri-La qui me hantent encore –, mais il s'en dégage néanmoins une forme d'espoir et de sérénité et c'est un ouvrage hors du commun à ne pas laisser passer. La postface d'Alain Damasio, en revanche, est pédante et opaque, ou plutôt franchement incompréhensible. 😂 Écoutez plutôt la rencontre avec Mathieu Bablet dans le podcast C'est plus que de la SF.
Éditeur: Ankama Éditions

mardi 29 septembre 2020

La gamelle de septembre 2020

Un tout petit mois culturel. La programmation de mon cinéma étant désatreuse, un seul film m'a semblé justifier le déplacement (et quel film!). J'envisage d'aller voir Antoinette dans les Cévènnes à cause de l'âne, mais ça a l'air tellement con que rien n'est moins sûr...

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Elephant Man de David Lynch (1980)


Une séance UGC Culte. J'ai été très contente de découvrir ce film au cinéma car je n'aurais jamais réussi à rester concentrée chez moi, avec mon téléphone et le chat à portée de main. En négatif: j'ai été surprise par un côté théâtral et vieillot; autant le noir et blanc est un parti pris esthétique qui reste pertinent, autant certaines superpositions d'images, comme celles de l'accident de la mère au début, m'ont semblé ridicules et dépassées, même pour l'époque de tournage (on parle ici d'un film tourné à la fin des années 1970, pas des années 1940 😉). En positif: eh bien c'est un beau film, tout simplement. Les acteurs sont impeccables (Anthony Hopkins, si bel homme!), notamment John Hurt dont on ne voit jamais le véritable visage et qui a dû galérer pour incarner l'homme-éléphant. L'histoire est triste et belle, avec divers passages sur les différentes façons de faire du mal à quelqu'un (on pourrait résumer en disant que le film présente les différentes acceptions du mot "monstre" 😉), des personnages positifs très différents les uns des autres et une fin très émouvante.

Du côté des séries

Agatha Christie's Hercule Poirot – saison 6 (1994-1996)
Quatre épisodes de 1h40 et toujours autant de plaisir.

Et le reste

J'ai lu le hors-série de Mad Movies consacré à Indiana Jones (passionnant, comme d'habitude) et le Cheval Magazine d'octobre. Il s'agit d'une toute nouvelle formule puisque la revue a fusionné avec Cheval Pratique (ou plutôt l'a avalée puisque l'identité visuelle, la majorité des rubriques et le nom restent ceux de Cheval Mag. Cheval Mag à la conquête de la presse équestre! 🤩).

jeudi 24 septembre 2020

Une histoire au crépuscule (1906 et 1908)

Chronique express!


Dans ce très court recueil, les éditions Payot & Rivages proposent deux nouvelles de Stefan Zweig: Une histoire au crépuscule (1908), traduite de l'allemand par Olivier Mannoni, et Petite nouvelle d'été (1906), traduite de l'allemand par Rose Labourie. La première conte la découverte de la passion sexuelle d'un jeune garçon, pris d'assaut par les baisers d'une femme mystérieuse dans le jardin du château où il passe l'été; la deuxième décrit l'émoi d'une jeune fille recevant des lettres passionnées d'un mystérieux admirateur. Dans les deux cas, l'identité de l'être aimant est un mystère: le visage de la femme du parc est insaisissable et le jeune garçon doit mener l'enquête; l'auteur des lettres est en réalité un homme bien plus âgé, qui soumet la jeune fille à une expérience cruelle. Les deux nouvelles fonctionnent parfaitement ensemble et décrivent avec brio les premiers émois amoureux, mais surtout cette recherche vaine de l'identité non pas de celui/celle que nous aimerons mais de celui/celle qui nous aime déjà.

La rédaction est belle et soignée, avec une simplicité et une élégance remarquables. Rien d'étonnant à cela, la réputation de Stefan Zweig le précédant et la réputation des traducteurs les précédant également. Je connais Olivier Mannoni dans le cadre d'une formation et c'est un gros cerveau. Quant à Rose Labourie, Olivier Mannoni en dit du bien, donc je l'ai cataloguée comme un gros cerveau aussi, même si je ne la connais pas. 😀
"Oui, à présent, j'en suis certain, c'est bien en haut, en Écosse, car c'est le seul endroit où les nuits d'été sont si lumineuses que le ciel brille, laiteux, comme une opale, et que les champs ne s'assombrissent jamais, si bien que tout paraît briller doucement de l'intérieur et que seules les ombres s'abattent sur des surfaces claires comme de gigantesques oiseaux noirs."
Une histoire au crépuscule
Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1927)
Marie-Antoinette (1932)

samedi 19 septembre 2020

Oh la vache! (2015)

Chronique express!



Le jour où Elsie regarde la télévision dans la maison de son fermier, sa vie bascule. En tant que vache, elle est condamnée à être tuée et mangée! Mais la télévision lui permet aussi de découvrir qu'il existe un endroit dans le monde où les vaches sont sacrées. En Inde, elle aurait la vie sauve. Du coup, Elsie décide de tout quitter. Se joignent à elle un cochon qui veut aller en Israël, parce que les juifs ne mangent pas de porc, et un dindon qui veut aller en Turquie – parce que la Turquie s'appelle Turkey en anglais, comme la dinde.

Vous l'aurez compris, Oh la vache! (Holy Cow de son titre d'origine) est un récit à la Chicken Run – si mes souvenirs de ce dessin animé sont exacts. C'est aussi un roman truffé de jeux de mots à la con, comme "mais il y a pis" et "ces rats des villes étaient surtout des rats débiles" (celle-là, j'en ris encore). Bref, David Duchovny en roue libre – car, oui, je ne l'ai pas encore dit mais c'est David Duchovny qui a écrit ce bouquin –, en mode "ma vache et mon cochon enfilent un imperméable pour prendre l'avion en compagnie de leur dindon thérapeutique". De l'absurde et du comique, donc, et un traducteur, Claro, qui a dû à la fois bien rigoler et bien galérer; il serait passionnant de l'entendre parler de son travail sur ce roman. Malheureusement, le n'importe quoi est tellement n'importequoitesque que je n'ai pas réussi à accrocher autant que je l'espérais; c'est drôle, ok, mais c'est très vite oublié. Et le message animaliste manque terriblement de finesse, alors même que je suis moi-même végétarienne, comme l'auteur, et donc particulièrement sensible au sujet. Bref, un roman absurde à découvrir si vous êtes curieux, mais pas du tout incontournable...

lundi 14 septembre 2020

Les Armoires vides (1974)

Chronique express!

Les Armoires vides est le tout premier livre d'Annie Ernaux. La narratrice, Denise Lesur, a réalisé un avortement clandestin et attend que l'embryon sorte. Les sens aux aguets, elle se remémore toutes les étapes de sa vie: l'enfance en Normandie, le café-épicerie de ses parents, la réussite scolaire, la rencontre d'un autre milieu social. La vie d'Annie Ernaux, en bref; quand on connaît l'autrice, on la retrouve à chaque page. Les thèmes abordés sont ceux de son œuvre tout entière: le décalage et le choc entre la classe sociale de ses parents et celle dans laquelle elle est entrée grâce à son instruction, l'influence du genre sur l'éducation, les rapports homme-femme.

Et pourtant, pour la première fois, cette autrice que j'adore ne m'a pas convaincue. La rédaction, quasiment de l'écriture automatique, est assez difficile à suivre. Les pages sont denses, sans retours à la ligne, et on passe un peu du coq à l'âne. En outre, la narratrice exprime des sentiments négatifs, notamment un profond mépris de sa famille, dans lequel je me retrouve en partie mais qui m'a néanmoins mise mal à l'aise. Attention, ce livre est puissant, je ne le nie pas; il n'a pas de tabous et quelques lignes des toutes premières pages sur l'avortement donnent des frissons d'horreur – raison pour laquelle j'ai écrit que la narratrice "attend que l'embryon sorte" ci-dessus: c'est sale et sordide, mais c'est ça. Mais j'ai eu du mal à m'accrocher et je vous conseille plutôt de lire La Femme gelée si vous vous intéressez à la condition féminine, ou bien La Place, Une Femme ou Les Années si vous êtes plutôt sociologie.

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
La Femme gelée (1981)
L'Écriture comme un couteau (2003)
Les Années (2008)

mercredi 9 septembre 2020

L'Œuvre (1886)

Tigger Lilly et moi poursuivons notre relecture des Rougon-Macquart d'Émile Zola. Après les profondeurs souterraines de Germinal, nous sommes revenues à Paris avec L'Œuvre. Et en bonne compagnie... Car notre cher Baroona (inter)national nous a rejointes!


L'intrigue
Le peintre Claude Lantier, le fils de Gervaise que nous avons déjà rencontré dans Le Ventre de Paris, prévoit de révolutionner les conventions picturales de son époque. Aux côtés de son ami Sandoz, écrivain, et de plusieurs autres artistes pleins de grandes idées sur l'art, il donne naissance à un nouveau courant. Malheureusement, les portes restent closes devant ses tableaux trop subversifs. Le temps passe, il se marie et a un enfant, et le tableau qui constituera son chef d'œuvre se fait attendre...

De l'art à revendre
L'
Œuvre est empli de considérations sur l'art, notamment la peinture. Je n'y connais rien et tout cela m'est passé un peu au-dessus de la tête, mais j'imagine que c'est passionnant si on s'intéresse au sujet. Le mouvement artistique de Claude est clairement inspiré des impressionnistes, avec son tableau Plein air qui rappelle le Déjeuner sur l'herbe de Manet et provoque des réactions scandalisées auprès des experts. Tout cela permet à Zola de nous entraîner dans le Salon réunissant les grands artistes du moment, ainsi qu'au Salon des refusés lancé à la demande de Napoléon III. Les deux chapitres consacrés aux salons, à des années d'intervalle, le salon des Refusés lorsque Claude est jeune et le salon officiel bien plus tard, marquent l'évolution essentielle du roman dont je vais parler ci-dessous.

L'impétuosité et l'amitié de la jeunesse... 🙂
Claude et Sandoz et tout leur groupe d'amis artistes forment une petite bande déterminée. Chacun dans leur domaine, ils veulent faire de grandes choses. J'ai apprécié ce souffle plus grand que nature, cette volonté et cette conviction qui m'ont rappelé ma propre jeunesse sous certains aspects.

... Ravagées par le passage du temps 😕
Mais ça, c'est au début. C'est avant. C'est quand ils étaient jeunes. L'
Œuvre est essentiellement la description de la déchéance de ces personnages. Exception faite de Sandoz, qui réussit à écrire ses romans et à rencontrer le succès (et encore... J'en reparlerai), chacun de ces artistes échoue et s'enlise d'une manière différente. L'un fait un mariage d'argent, se révèle un piètre architecte et vit tristement aux crochets de sa belle-famille qui le méprise. Un autre tombe dans la misère. Un autre réussit, certes, mais en recyclant les idées de Claude sous un vernis bourgeois et convenu...
Claude, surtout, poursuit avec frénésie une vision qui l'obsède, un gigantesque tableau de Paris qui lui demandera des années de travail et qu'il recommencera à zéro de multiples fois après des périodes d'exaltation créatrice. On pourrait y voir l'agonie et l'extase que décrit Irving Stone dans son roman sur Michel-Ange portant ce titre, sauf que Claude ne passe jamais franchement par la case "extase"... Bref, le temps et les échecs artistiques aidant, les liens s'effilochent, l'amitié meurt... Et là, je me suis carrément vue dans ce roman, moi qui considère généralement ma vie amicale comme un champ de décombres...

La torture de la création artistique
La création artistique n'apparaît pas sous son meilleur jour dans ce roman. Elle est un processus douloureux qui ne va jamais de soi, qu'il faut arracher. Le cas de Claude est exemplaire: le peintre sacrifie littéralement son existence tout entière à son art. [Divulgâcheur] Il gâche la vie de sa femme, laisse son enfant mourir après quelques tristes années sans amour, se ruine et finit par se pendre devant le tableau qu'il n'arrive pas à peindre. [Fin du divulgâcheur] Plus gai, tu meurs, c'est du grand Zola. Quant à Sandoz, l'écrivain qui a "réussi", il explique dans une longue tirade combien l'écriture lui est difficile et ne lui apporte jamais la moindre satisfaction, tout en le coupant du monde et en imposant un mode de vie difficile à son épouse. Plusieurs éléments, notamment le fait qu'il écrit une saga sur une famille, ne laissent aucun doute quant au fait que Sandoz est Zola, mais je me demande si notre cher écrivain a réellement vécu l'écriture des Rougon-Macquart si mal. Espérons que non. 🤪

L'opposition entre vie sexuelle et vie artistique
Zola est surtout connu pour ses histoires super déprimantes, mais un roman de Zola ne serait pas un roman de Zola sans du sexe. Et la sexualité est présente dès le premier chapitre, au cours duquel le brave Claude recueille une jeune fille perdue dans Paris suite à un retard de train et lui propose – enfin, lui ordonne – de dormir nue chez lui pour ne pas attraper la mort dans sa robe trempée, suite à quoi il peint ses seins le lendemain avant qu'elle ne se réveille. Lalalala, mine de rien, monsieur voit ses seins et sort son crayon, lalala. Imaginez que vous vous réveillez nue chez un inconnu, les seins à l'air, avec le gars à deux mètres de votre lit en train de vous dessiner. Lalalala. La chose n'est pas sexuelle aux yeux de Claude: la jeune fille, Christine, a tout simplement exactement les seins qu'il lui faut (lalalalalala). Mais le ton est donné. Christine finit par tomber amoureuse de Claude, la chose est réciproque, ils se mettent ensemble et ont un enfant. Mais la passion des débuts s'évanouit au fil des ans, Claude étant complètement obsédé par l'œuvre qu'il veut peindre, et Christine se désole dans l'abstinence. Notons d'ailleurs que Zola parle sans voiles du fait que Christine veut coucher et qu'il aborde également la sexualité des femmes avec le personnage d'Irma, que  l'on peut qualifier de mangeuse d'hommes. Pour en revenir à la vie sexuelle de Claude et Christine: tout cela finira mal, évidemment...

Un roman bien zolien mais quand même un peu particulier
Comme à son habitude, Zola n'épargne rien à personne et dénonce la bonne société bourgeoise, hypocrite et accrochée à ses convictions. Si le tableau de Claude choque, c'est parce qu'il comprend une femme nue. Mais un tableau plus explicite et voyeur ne gênera personne si la femme est un tantinet vêtue. Quant à la sélection des tableaux, elle donne des pages à la fois drôles et tristes, avec ces juges qui font avant tout des choix politiques et personnels, le Salon étant un évènement de premier plan pour la bonne société huppée. Toutefois, le destin des personnages tient essentiellement à leurs choix et erreurs personnels, il n'y a pas d'influence majeure du milieu qui joue contre eux (comme l'alcool dans L'Assommoir ou la misère dans Germinal). Claude avait tout pour réussir à la base, même un certain confort économique. Le malheur vient de lui et de son esprit détraqué – hérité de sa famille, bien sûr; chez les Macquart, personne n'est franchement sain d'esprit...

Conclusion
L'Œuvre n'est pas mon roman préféré des Rougon-Macquart, mais je l'ai lu avec plaisir néanmoins. Il comprend de très, très belles descriptions de Paris et aborde des thèmes dans lesquels on se retrouve forcément: les rêves de la jeunesse, les désillusions du temps, l'éloignement des amis, l'expression de soi via la créativité.

Allez donc voir ailleurs si cette œuvre y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Tigger Lilly

vendredi 4 septembre 2020

La gamelle d'août 2020

Ce mois d'août aura vu s'accomplir un petit miracle: je suis allée au cinéma cinq fois. Ce n'est pas arrivé depuis fort longtemps. Et c'est d'autant plus remarquable que j'ai passé trois semaines loin de chez moi (et donc de mon cinéma). Hasard des programmations, je suis restée dans l'univers Marvel après mon visionnage d'une partie des films avec Loki en juillet.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Captain Marvel d'Anna Boden et Ryan Fleck (2019)
 
 
J'ai revu ce film avec grand plaisir (je vous en avais déjà parlé ici). Il est bien fichu et moins formaté dans son fonctionnement que beaucoup de films présentant un nouveau super-héros du fait que Carol n'a pas besoin de découvrir et d'accepter ses pouvoirs. J'aime bien son côté audacieux et insouciant et le fait qu'elle se batte avec plaisir. ET IL Y A UN CHAT.
 
Black Panther de Ryan Coogler (2018)
 
 
Eh bien j'ai revu Black Panther avec autant de plaisir que Captain Marvel. J'avais déjà apprécié le film lors de sa sortie (ici), mais je l'ai trouvé encore plus réussi. S'il reste avant tout un film d'action, il a un fond militant qui résonne d'autant plus fort après Black Lives Matter, et j'aime ce genre de film qui réussit à faire du divertissement tout en disant quelque chose sur le monde (comme Titanic, quoi). J'aime aussi la grande égalité entre genres, les deux méchants très différents, les cinq tribus unies dans leurs différences, le bon équilibre entre de nombreux personnages et surtout la générale Okoyé que je suivrais au bout du monde. Et sinon, on signe où pour rejoindre l'armée du Wakanda? Non parce que je veux gueuler "WAKANDA FOREVER" sur le champ de bataille, moi aussi!!!!!!
PS: Je précise que Chadwick Boseman, qui interprète Black Panther, est mort plusieurs jours après ma séance. Dommage pour les UGC, ils auraient eu plus de monde s'il était mort avant la diffusion. Là, on était huit dans la salle, je crois. 🤪

Les nouveaux mutants de Josh Boone (2020)
 

Après qu'un désastre a anéanti sa réserve, Dani se réveille dans un bâtiment aussi ancien que le manoir du professeur Xavier, mais nettement moins accueillant, et rencontre de jeunes mutants suivant un programme (médical?) pour mieux contrôler leurs pouvoirs. En réalité, la chose est franchement louche. Le film détonne dans le paysage des films de super-héros car il ne se passe presque rien pendant la première moitié, que j'ai trouvée très réussie: chaque ado de l'institution traîne de sacrées horreurs et l'apparition de ses pouvoirs de mutant fait écho à la transition de l'adolescence. Le ton est résolument sombre et l'intrigue exploite les peurs les plus profondes des personnages (la scène avec le confessionnal, gloups). La fin, par contre, est très brouillone dès qu'on tombe dans les combats spectaculaires. Dans l'ensemble, j'ai bien apprécié la découverte, d'autant que, malgré des éléments simplistes qui en font un banal produit "pour ados", le film met en scène une protagoniste amérindienne, plus précisément cheyenne, et un couple lesbien. Et il assume avec fierté la référence à Buffy contre les vampires. Et il y a un dragon. Du coup, je lui pardonne allègrement de m'être réveillée en hurlant la nuit suivante, ce qui était de toute manière hautement prévisible au vu des évènements légèrement anxiogènes que vivent les personnages les uns après les autres. Le confessional, ah, ah.

Yakari. La grande aventure de Xavier Giacometti (2020)
Adaptation assez romancée du premier tome de la célèbre bande dessinée de Deris et Job (dont je vous parlais avec enthousiasme ici), ce dessin animé est fidèle à l'esprit de l'œuvre d'origine: optimiste, tolérant, plein de valeurs positives et d'animaux gentils et mignons. On est à mi-chemin entre Spirit, l'étalon sauvage et Frère des ours, deux dessins animés que j'adore. Le trait ne m'a pas entièrement séduite; j'espérais retrouver le dessin adorable de la BD et mon côté réactionnaire vivant au XIXe n'a pas accroché les visages des humains en animation numérique. Mais j'ai passé un bon moment et je recommande, bien sûr, si vous avez des enfants dans l'âge cible (huit ans maximum, je pense). Le public de ma séance était intégralement réparti entre des enfants de moins de six ans et des adultes accompagnant lesdits enfants, j'étais l'exception. 😁

Tenet de Christopher Nolan (2020)
J'ai encore plus souffert que je ne le craignais durant cette histoire de manipulation du temps. Non seulement je déteste tout ce qui a trait au temps, mais en plus j'ai trouvé toutes les scènes d'action illisibles, je ne savais jamais qui faisait quoi, et j'ai été gênée par la propension des personnages à monter des plans super complexes sur des pistes bien maigres. Le fait d'avoir fait ma séance très près de l'écran a sûrement joué contre moi, car je ne profitais pas d'une belle vue d'ensemble.

Du côté des séries

Agatha Christie's Poirot – saison 5 – 1993
Huit épisodes d'une cinquantaine de minutes. David Suchet est toujours au top et j'adore.

L'Étalon noir – saison 1 – 1990
J'ai replongé avec une grande nostalgie dans cette série qui a beaucoup marqué mon adolescence, plus précisément mon année scolaire 1997-1998. Malheureusement, j'avais oublié que c'était si dramatiquement familial, avec des intrigues relativement torturées au vu des évènements et surtout sans la moindre once de vraisemblance. 😂😂 En plus, cette édition DVD est catastrophique: il n'est écrit nulle part sur le coffret qu'il s'agit de la saison 1, il faut l'ouvrir et sortir les jaquettes individuelles pour le savoir; la fille en photo sur le coffret n'apparaît dans aucun des épisodes proposés; il n'y a pas de VO, ce qui m'a obligée à subir le doublage français douloureux; et enfin, il n'y a que neuf des 21 épisodes de cette première saison. LOL. Bon, malgré tout, j'ai apprécié de revoir ces épisodes-là et j'ai rêvé en entendant "La cloche a sonné / On va décoller / C'est comme si on se préparait à s'envoler". 😍😍
 
Et le reste
 
 J'ai lu le Mad Movies Classic sur Star Wars (très réussi, comme d'habitude) et le Bifrost n°95 consacré à la Lune (avec des dossiers répétitifs et donc décevants, quelque chose que je n'ai jamais reproché à Bifrost). Mais surtout, surtout, j'ai enfin replongé dans Cheval Magazine, ma lecture-drogue, mon magazine chéri, mon bonheur de boîte aux lettres. Je n'en avais pas lu depuis le mois de mai. Au fil des semaines, il a bien fallu se rendre à l'évidence que les numéros de juin et de juillet n'existaient pas, ou alors pour de rarissimes privilégiés, puis j'ai reçu le numéro de septembre début août, puis j'ai dû m'acheter le numéro d'août en kiosque car il était "épuisé" selon le service client avec lequel j'ai échangé six ou sept mails. Bref, j'espère qu'ils ont résolu leurs problèmes et reprendront un rythme normal à partir du numéro d'octobre.


Et vous mes petits, qu'avez-vous lu et regardé de beau ce mois-ci?