Après les Fiancés de l'hiver et les Disparus du Clairdelune, est arrivée l'heure de lire le tome 3 de la Passe-Miroir de Christelle Dabos, la Mémoire de Babel! 🤩
Mon avis est le même que pour deux premiers tomes: c'était trop bien. Dans la droite ligne des précédents et plein de nouveautés en même temps, le roman revient avec cette rédaction simple, soignée et précise, qui fait que ça se lit tout seul. Franchement, il est rare d'allier une vraie richesse de vocabulaire et précision descriptive à une telle clarté, je suis scotchée.
Dans ce tome, Ophélie quitte Anima, son arche natale où elle vient de passer deux ans, pour reprendre ses recherches à Babel. Babel est une arche géniale, avec des gens qui utilisent des mots d'italien ou d'anglais (et sans fautes!) et une société très codifiée et soucieuse des règles. Je préfère le Pôle, mais Babel est quand même stupéfiante avec ses tramoiseaux par exemple (des tramoiseaux, bordel!! Vous vous rendez compte! Putain, je veux vivre là ou bien devenir le genre d'écrivain qui invente ce genre de mot!) ou ses automates qui vous répondent des proverbes n'ayant rien à voir avec le schlimblik – du genre, vous demandez à quelle heure est le prochain bus et l'automate répond "ON NE PEUT PAS MÉNAGER LA CHÈVRE ET LE CHOU".
L'intrigue est prenante et pleine de mystères (remarque: peut-être ma perception de certains mystères est-elle dûe au fait que j'ai lu les cent premières pages du bouquin par une journée difficile, où j'avais du mal à enregistrer l'information, ahah). Bon, à vrai dire, moi je n'aime pas la dimension qu'ont prise les aventures d'Ophélie dans le tome 2, à savoir le passage de "je dois gérer des tensions politiques au sein du clan" à "je dois tout faire pour sauver le monde", je trouvais que ça fonctionnait très bien sans cette envergure-là. Mais soit, j'accompagnerai Ophélie sauver le monde s'il le faut. Au fil de rencontres fortuites, elle se fait quelques amis et plusieurs ennemis et va devoir surmonter des tas d'obstacles pour approcher de la vérité.
Concernant le personnage: j'adore sa détermination de personne discrète qui n'a jamais un mot plus haut que l'autre. J'adore comment elle résiste au harcèlement et surmonte les obstacles. Ophélie, c'est tellement le genre de personne que j'aimerais être!
Et puis, il y a toujours ces pouvoirs ébourrifants: Archibald se découvre des capacités de déformation de l'espace extraordinaires, Ophélie est toujours animiste et liseuse, une de ses collègues peut rapetisser les objets... Cet univers est tellement, tellement riche, je suis époustouflée. Chapeau, Christelle Dabos.
"Ophélie ferma les paupières, refoulant l'émotion qui lui montait à la gorge. La vision de l'écharpe, errant dans les rues de Babel comme un chien abandonné, l'obsédait jour après jour."
Et toujours beaucoup d'humour. Pas de quoi éclater de rire, non, mais une sorte de bonne humeur permanente qui met du baume au cœur, qui rend la vie plus belle.
Un mot aussi sur quelques chapitres adoptant un autre point de vue, celui de Victoire. Victoire ayant entre deux et trois ans dans ce roman, c'était un défi de lui donner la parole et je ne m'attendais pas à l'apprécier, vu mon amour très limité des jeunes enfants. Mais j'ai trouvé ces chapitres extrêmement bien pensés, avec une belle vision d'enfant qui en dit beaucoup plus long au lecteur qu'à Victoire elle-même.
"Ophélie avait vécu des situations peu banales au cours de sa vie. Écouter la radio dans la même pièce qu'un tigre à dents de sabre y figurerait désormais en bonne place."

























