samedi 26 mars 2022
The Hidden Girl and Other Stories (2020)
lundi 21 mars 2022
Le chien du forgeron (2021) 🐶
Cuchulainn est un héros de la mythologie celtique irlandaise. Dans le Chien du forgeron, Camille Leboulanger retrace son parcours grâce au récit d’un barde. On est probablement dans une taverne, le conteur demandant régulièrement qu’on lui remplisse son verre. Il n’y a plus qu’à se laisser porter par l’histoire…
Setanta est le fils du seigneur Sualtam et de Dechtire, la
sœur du roi Conchobar. Il grandit dans la demeure de son père et sa mère lui
transmet, en quelque sorte par anticipation, le récit de sa propre grandeur. Il
deviendra un guerrier mythique. Lorsqu’il part enfin pour la cour du roi
Conchobar, à l’adolescence, Setanta, pris d’une crise de rage meurtrière, tue
le chien du forgeron Chulainn. Pour le punir, le roi le condamne à remplacer
ledit chien pendant quelques jours. C’est ainsi que Setanta est surnommé
Cuchulainn, le chien du forgeron…
Le ton de ce roman est super bien trouvé. Il y a un peu d’oralité,
de manière à rappeler qu’il s’agit du récit d’un barde. Mais dans l’ensemble,
c’est très élégant et précis dans ses descriptions, avec un joli ton à
l’ancienne qui fait voyager dans le temps. On découvre une société celtique
très intéressante, celle du premier âge du fer, avec sa structure sociale et
ses mythes. On suit les aventures de Cuchulainn dans son pays natal, notamment
avec la razzia des vaches de Cooley, et en Écosse, où il rend visite à la
guerrière Scáthach. Comme dans les récits du roi Arthur, j’ai ressenti une
certaine nostalgie mêlée d’angoisse, car bon, on comprend assez rapidement que
tout ça ne peut pas bien se terminer…
Archétype du héros viril et du guerrier invincible,
Cuchulainn est en effet porté par un égo démesuré – qui lui est, certes,
insufflé par sa mère à l’origine, mais qui trouve un terreau très fertile dans
son esprit d’enfant. Camille Leboulanger montre comment les évènements
individuels et le système dans son ensemble poussent ce garçon dans une
certaine direction et on voit en quelque sorte un monstre se construire sous
nos yeux. Cela m’amène à la seule chose qui a un peu terni ma lecture, à savoir
que cette virilité conquérante passe par le viol, et que quand j’ai compris que
ça allait mal se passer pour les femmes, j’ai balisé un peu. Aucun viol n’est
décrit et le récit est très pudique sur l’acte même, mais vous avez le temps de
voir venir la catastrophe et d’en ressentir un certain malaise…
Sur ce point, et dans la figure d’Emer la blonde que j’ai
tout de suite visualisée comme le personnage de Jodie Comer dans ce film, ce
roman m’a beaucoup évoqué le Dernier duel de Ridley Scott. La volonté de
montrer comment on en arrive à un certain point et de nommer un chat un chat
est la même; le degré, en revanche, est différent, car le Dernier duel
est autrement plus violent. Ici, je le répète, on ne voit aucun viol en direct.
En bref, ce roman est une réussite sur tous les plans: style de l’écriture, aventure, contexte mythologique et historique qui envoie du rêve, propos antiviriliste. Je lirai d’autres romans de l’auteur sans aucune hésitation s’ils croisent mon chemin et je garderai un œil sur les éditions Argyll, qui ont fait un très bon choix!
Je vous laisse avec la version Manau de l'histoire... 😉
L'avis de Lorhkan
mercredi 16 mars 2022
The Geek Feminist Revolution (2016)
J’ai rencontré Kameron Hurley avec The Stars Are Legion, un
roman de space opera que j’ai adoré il y a quelques mois. Au même moment, on
m’a aussi offert ce recueil, qui réunit des articles que l’autrice a publiés
sur son blog et des textes écrits spécifiquement pour l’ouvrage. Contrairement
à ce que le titre semble indiquer, elle n’y parle pas que de féminisme. Tour
d’horizon.
Cette partie parle de l’écriture (de jeux, de romans et de
marketing) et est assez générale.
Deuxième partie: Geek
Là, on entre dans le vif du sujet: dix à quinze textes
abordant essentiellement la vision de la femme dans la SF et certains médias.
Ça commence fort mal avec la première saison de True Detective, qui se fait
étriller, et à juste titre – je n’en ai pas parlé dans ma chronique del’époque, et évidemment je le regrette, mais la vision de la femme est navrante
dans cette saison. Toutefois, je ne suis pas d’accord avec Kameron Hurley, qui affirme
que cette série est misogyne et ne remet pas en cause le comportement de ses
personnages; je crois, moi, que Martin est montré pour le connard qu’il
est.
Elle parle aussi de Die Hard (et j’espère retenir l’image de
la pin up même si je n’ai jamais vu ce film!) et de Mad Max Fury Road (en
bien!). J’ai oublié les détails des autres textes car ils ne sont pas
centrés sur une œuvre en particulier.
Cette partie me semble plus axée sur la manière de se positionner vis-à-vis de ses propres écrits et du public. Il y a par exemple un article sur le fait de répondre (ou pas) aux critiques en ligne. Elle parle aussi du fait qu’elle est grosse et du système de santé américain (un cauchemar dystopique!).
Quatrième partie: Revolution
Cette partie parle de racisme et de progrès face aux réactionnaires et se termine par "We Have Always Fought", un texte qui a gagné le Hugo du "Best Related Work" en 2014. C’est ce dernier texte qui justifie le lama en couverture. Je n’en pouvais plus de l’attendre, ce lama. 🙈
Tout ça est très intéressant et se lit tout seul, mais,
globalement, j’ai été déçue et je n’en ai pas retenu grand-chose de marquant.
Je vous explique pourquoi.
Sur le style: Kameron Hurley sait très bien construire
ses billets, avec phrases accrocheuses et anecdotes personnelles. Ça m’a
immédiatement gavée. J’ai eu l’impression qu’elle faisait du marketing sur moi,
vous voyez ? Et la manière dont elle parle de ses lectures et de ses
propres écrits me semble relever de la fausse modestie: une sorte de
name-dropping personnel pour montrer qu’on est vraiment génial mais sans le
dire parce qu’on est tellement génial qu’on ne se vante pas, hein.
Sur le contenu: je crois que ce recueil a déjà
vieilli. Dans la postface, l’autrice qualifie son recueil de "fairly
timely" (l’enfer à traduire: ça veut dire qu’il sort au bon moment,
qu'il est dans l'air du temps) et explique qu’il a fallu travailler vite. Six ans plus tard, on a
énormément parlé de féminisme et les choses me semblent déjà avoir évolué. En
tout cas, moi, je n’ai pas appris grand-chose de nouveau en le lisant, à part
le coup de la pin up et l’image de la fille dont on n’a pas peur en couverture
de beaucoup de bit-lit (chose que j’avais déjà identifiée, mais sans mettre de
mots précis dessus). J’ai tardé quatre ou cinq jours à écrire cette chronique
et je n’ai AUCUN souvenir de la moitié des textes en lisant le sommaire… 🙄
Un exemple de cette temporalité: Kameron Hurley parle
beaucoup du mouvement des Sad Puppies, ce qui est logique vu que c’était
l’époque, mais maintenant, en 2022, qui s’occupe encore des Sad Puppies? J’ai
l’impression que Internet et les réseaux sociaux ont accéléré la
polémique: ça flambe pendant un temps, tout le monde tweete furieusement
pour ou contre, et puis après on oublie parce qu’on tweete furieusement sur
autre chose. Paradoxalement, je me suis plus sentie impliquée dans Ainsi
soit-elle de Benoîte Groult, qui a été publié… il y a quarante-cinq ans.
J’ai aussi émis quelques réserves sur certaines questions, que je m’abstiens d’aborder ici car elles sont très explosives. Je
suis ouverte à la conversation en privé si ça vous intéresse.
Au final, à qui est destiné ce recueil? Je ne sais pas trop. Mon côté négatif me pousse à croire que l’autrice s’adresse soit à des gens acquis à sa cause, anti-domination masculine notamment, voire militants, qui la conforteront dans ses positions et la féliciteront de s'exprimer, ou bien à des débutants complets, qui pourront, effectivement, en apprendre beaucoup sur une certaine image de la femme. Si on est entre les deux, comme je crois l’être, l’ensemble est terne et sent l'autosatisfaction. Si vous l’avez lu, je serais vraiment ravie de lire votre avis: n’hésitez pas à laisser un commentaire! 😊
vendredi 11 mars 2022
Factfulness (2018)
Hans Rosling était médecin, chercheur et conférencier. Selon la quatrième de couverture de cet ouvrage publié chez Flammarion, "avec plus de 35 millions de vues, ses conférences TED l’ont fait entrer dans le classement du magazine Time des 100 personnes les plus influentes du monde".
Dans Facfulness, Hans Rosling, assisté par Ola Rosling (son
fils) et Anna Rosling Rönnlund (sa belle-fille), décrit dix instincts qui
contrôlent nos pensées à notre insu, ont tendance à nous faire adopter une
vision du monde déformée et nous empêchent de raisonner clairement ou de mettre
à jour nos connaissances. Des biais, en gros.
Pour chacun de ces instincts, il se base sur une
série de questions qu’il a posées à des tas de gens (14 000 au total, je
crois) pour montrer à quel point les gens se trompent, puis il se base sur des
faits, essentiellement des chiffres et des statistiques, pour expliquer comment
les choses se passent réellement.
Exemple avec la première question:
Dans les pays à faible revenu, combien de petites filles
finissent l’école primaire?
A. 20%
B. 40%
C. 60%
Je ne vous donne pas la bonne réponse, mais je peux vous dire que le pays qui a le mieux répondu est la Suède, avec………. 11% de bonnes réponses. La France et l’Espagne sont dernières, avec 4%.
Je ne sais plus ce que j’ai répondu à cette question en
particulier, mais je sais que j’ai donné quatre bonnes réponses sur treize
questions, dont trois bonnes sur les douze premières questions (la dernière est un peu à part, car tout le monde a juste à celle-là). Je fais donc
moins bien que des chimpanzés qui répondraient au hasard et auraient,
statistiquement, une chance sur trois de donner la bonne réponse. 🙈
Mais je fais mieux que de nombreux humains, ce qui a quelque chose de
réconfortant.
Les dix instincts passés en revue sont les suivants:
Le premier est mon préféré: c’est notre tendance à
catégoriser le monde en deux entités distinctes séparées par un gouffre
infranchissable. Les riches et les pauvres, par exemple. Ou "nous" et "eux". C’est une vision binaire du monde. C’est tout ce que je
reproche à Twitter. 😈 Pour s’en détacher, Hans Rosling recommande
de toujours s’interroger sur les extrêmes (n’y a-t-il pas des niveaux
intermédiaires? Quels sont-ils?) et applique ses propres dires en
répartissant les pays du monde en quatre catégories de revenu: moins de
deux dollars par jour, moins de huit dollars par jour, moins de trente-deux
dollars par jour et plus de trente-deux dollars par jour, le tout à parité
de pouvoir d’achat. Voilà qui nuance tout de suite la notion de "riches
et pauvres" que nous avons bien en tête. Et la nuance est encore plus
marquée quand il compare certains pays des catégories 1 à 3 au passé de pays de
la catégorie 4. Exemple fictif, car je n’ai malheureusement pas noté la
référence exacte: tel pays de niveau 2, disons un pays d’Afrique sub-saharienne,
en est au niveau où en était la Suède en 1960. Tout à coup, ça a l’air d’un
pays vachement moins arriéré aux yeux de votre dévouée blogueuse traînant une
vision calamiteuse de l’Afrique subsaharienne.
L’instinct négatif est bien connu: c’est notre
tendance à donner la priorité aux nouvelles négatives et à penser que tout va
mal (et, corollaire, à penser que c’était mieux avant, une tendance que j’adore
regarder chez les autres, car je n’en suis pas du tout atteinte). Il permet à
Hans Rosling de faire une distinction certes évidente quand on y pense, mais
néanmoins cruciale, entre "mal" et "mieux". Les choses
peuvent aller mieux tout en continuant d’aller très mal. C’est
d’ailleurs ce qu’il répète sans cesse à propos de ses statistiques: OUI,
il reste trop d’êtres humains qui vivent dans la misère (un milliard de personnes au niveau 1), et c’est une mauvaise
chose. Mais OUI, en même temps, les êtres humains qui vivent dans la misère
sont beaucoup moins nombreux qu’il y a cinquante ou cent ans, et ça c’est
vachement mieux. Les stats de l’ONU sont édifiantes
quant aux progrès de l’humanité, c’est stupéfiant combien le monde a changé
radicalement depuis le XIXe siècle. Et j’ai été stupéfiée alors que je suis
super optimiste sur ce point, étant convaincue depuis des lustres que
l’humanité est engagée sur un chemin certes très et trop long, mais néanmoins
tourné vers le progrès.
Je ne vais pas aborder les dix instincts un par un, mais
c’est vraiment passionnant à lire, et ça donne à réfléchir sur soi. L’instinct
de la ligne droite, par exemple, je n’avais aucune idée de ce que c’était et je
l’ai suivi comme une débile plus d’une fois dans ma vie. Dans d’autres cas, ça
m’a donné des outils pour mieux exprimer certaines choses que j’ai toujours eu
du mal à formuler.
Ce livre donne aussi à réfléchir sur combien certaines des
données que nous croyons détenir sont dépassées. Sous certains aspects, ma
vision du monde date des années soixante-dix, c’est consternant. Tous les pays
évoluent rapidement, mais ceux des niveaux de revenu 1 à 3 évoluent beaucoup
plus rapidement que ceux du niveau 4 et ça fait longtemps qu’ils n’abritent
plus une masse uniforme de miséreux. Cela m’a d’ailleurs donné la migraine
quand j’ai pensé à tous ces gens qui font progresser tout à fait légitimement
leur niveau de vie et se dirigent vers une société aussi consumériste que celle
des pays de niveau 4 – et comme personne ne change de mode de vie nulle part,
nous serons de plus en plus de milliards à adopter un mode de vie insoutenable,
c’est génial! Bon, je sais maintenant que cette vision est un mélange d’instinct négatif,
d’instinct de la ligne droite et d’instinct de la peur, mais quand même,
l’augmentation de la population mondiale devrait tous nous inciter à changer
radicalement de mode de vie et à foutre la pression aux gouvernements en ce
sens. Soutenez Greenpeace. 💪
Pour la petite blague, Hans Rosling recense cinq risques
qu’il faut vraiment prendre au sérieux, même sans instinct négatif, et il y a
dans la liste… une pandémie mondiale. Le livre est paru en 2018. Lol.
Toutes ces données sont distillées avec beaucoup de clarté,
des exemples issus de l’expérience de l’auteur et un peu d’humour. Je ne sais
pas du tout comment écrit Hans Rosling en anglais avec l’aide de son fils et sa
belle-fille, mais en tout cas la traduction française de Pierre Vesperini se
lit toute seule et allie précision et nuances, à l’image du propos de
l’ouvrage.
Bref. Soutenez Greenpeace, je le répète. Et lisez
Factfulness si vous voulez adopter une vision du monde basée sur les faits
plutôt que pour les instincts. 😉
dimanche 6 mars 2022
Kingdom of the Wicked (2020)
mardi 1 mars 2022
La gamelle de février 2022
jeudi 24 février 2022
Vert-de-Lierre (2019)
Un écrivain de polars en manque d’inspiration retourne dans la maison de sa grand-mère décédée afin d’y faire du tri. Dans le petit village où rien n’a changé, il retrouve des souvenirs d’enfance et se souvient notamment d’une légende locale, celle du Vert-de-Lierre, un être végétal qui volerait l’essence vitale de ses victimes. Il décide de visiter le château où serait née la légende et est témoin d’une apparition mystérieuse. Une Anglaise dissimulé par une voilette s’est installée au village et attise les commérages…
Vert-de-Lierre de Louise Le Bars a d’abord été publié en
auto-édition. La version que j’ai lue est celle publiée ensuite par la maison
Noir d’absinthe, avec une couverture (superbe) de Marcela Bolivar et un blurp en quatrième de couverture proposé par rien
moins qu’Amélie Nothomb!
Ce roman reprend pas mal de codes du roman fantastique et
gothique, comme le fait qu’une partie du récit est constituée des écrits de
certains personnages, essentiellement le roman écrit par Rose, la jeune femme
qui partage la maison de la mystérieuse Anglaise. On a aussi la grande maison
de campagne entourée de son jardin luxuriant, où l’on se balade la nuit au
clair de lune…
Étant friande ce genre d’histoire, je suis rentrée dedans
sans aucune difficulté, d’autant que Louise le Bars écrit bien, avec une plume
élégante, riche et facile à lire à la fois. Le style n’est pas parfait (si tant
est que la perfection existe, merci de ne pas m’étrangler dans les commentaires
😉) et sa richesse même laisse deviner le jeune
auteur un peu naïf face au brillant de certains termes, mais ça reste agréable
à lire et ça colle bien à l’ambiance un peu surannée de l’histoire, très
tournée vers le passé. La progression est un peu scolaire, mais tout ça marche
bien; on n’a pas un chef d’œuvre, mais pour un premier roman, c’est pas
mal du tout.
Ce qui m’a moins plu, c’est l’impression que tout ceci m’aurait plus parlé il y a quinze ans, voire vingt, quand je rêvais moi aussi de jeunes filles mystérieuses entrevues dans un jardin ou fuyant dans la forêt, et une certaine lassitude, de ma part, envers un élément que je commence à considérer comme un poncif ([divulgâcheur] la protagoniste du roman de Rose a été accusée de sorcellerie et internée en asile psychiatrique; loin de moi de contester les persécutions dont ont été victimes les femmes en raison de leur sexe, hein, mais bon, c’est comme quand le méchant est un nazi, ça ne me fait pas crier à l’originalité et à l’engagement politique [fin du divulgâcheur]).
S’est ajoutée à cela une tristesse diffuse en constatant que ce
qui me parlait, ou plutôt me définissait, à un certain âge s’est
totalement dissous dans le découragement et l’indifférence; j’ai
tellement VOULU être le genre de personne qui écrit ce genre de bouquin, ou son
équivalent dans un univers de fantasy, et maintenant il n’en reste rien dans ma
vie. Aux alentours de la trentaine, j’en ressentais au moins le manque,
j’éprouvais de la frustration et de la jalousie. Ce n’était pas agréable, hein,
mais c’était quelque chose. Maintenant, il n'y a même plus ça. Il n’y a rien.
Alors certes, je souffre moins, car passer ses journées avec la frustration et
la jalousie n’a rien d’agréable. Mais c’est l’encéphalogramme et le
cardiogramme plats. Je n’ai plus de rêves et je n’ai plus d’imagination. Je
n’ai rien du tout.
Mise à jour: j'ai rédigé le présent billet à chaud, le jour après avoir fini de lire ce roman, et j'ai sorti le dernier paragraphe en toute honnêteté. Normalement, j'efface ce genre de chose lors de la relecture. Là, exceptionnellement, je laisse, car je pense que ce serait bien que je me souvienne d'avoir pensé ça sur le coup. Si jamais vous vous êtes inquiétés, rassurez-vous: je ne pense pas du tout, à temps plein, que "je n'ai rien du tout" dans ma vie. Il n'y a pas d'écriture, certes, mais il y a d'autres choses. Je ne peux toutefois m'empêcher de regretter d'être devenue l'adulte que je suis, et je constate quotidiennement que je trahis la fille que j'étais à quinze ans...
samedi 19 février 2022
Le Serveur de Brick Lane (2021)
Chronique express!
Kamil, serveur dans le restaurant Tandoori Knights de Brick Lane à Londres, est un ancien policier indien venu décompresser en Angleterre après une affaire qui a mal tourné. Par malheur, lors d'une soirée huppée à laquelle il participe en sa qualité de serveur, un cadavre fait son apparition dans la piscine. Le mort n'est autre que l'hôte de la soirée, un millionnaire indien proche des propriétaires du Tandoori Knights, qui ont accueilli Kamil les bras ouverts. Kamil reprend donc son ancienne casquette d'enquêteur...
Ce roman policier d'Ajay Chowdhury, auteur indien vivant à Londres, se lit avec grand plaisir. L'action se sépare entre le présent de l'enquête londonienne et le passé de l'affaire qui a fait plonger Kamil en Inde, et, bien sûr, les deux intrigues vont se rejoindre. Une structure un peu scolaire, mais qui fonctionne bien et donne envie de tourner les pages. Le fait que l'histoire se passe dans la communauté indienne de Londres apporte un changement agréable et – très important – donne envie de manger indien, d'autant que la moitié des personnages travaille dans un restaurant! Ohlàlà! 🤤 Et on ajoute à cela une petite touche d'humour très bienvenue. Je ne peux pas juger la plume de l'auteur, mais la traductrice française, Lise Garond, offre un texte clair et agréable à lire, qui se lit tout simplement tout seul.
"Tout a changé à Brick Lane. [...] Il faut faire attention aux avis des gens sur Trip Advisor et Instagram. Du grand délire. Click-click devant leurs assiettes toute la soirée. Et vas-y que je te twitte, et vas-y que je te schnapse. Bien manger, être bien servi, ça ne suffit plus. Maintenant il faut aussi une jolie présentation, tu comprends, pour que les gens puissent prendre leurs petites photos. Mais tu m'expliques comment on fait pour rendre un chapati photogénique?"
😂😂😂😂😂😂
Pourquoi ce livre?
Parce qu'il a été traduit par Lise Garond, justement, consœur que je connais dans la vraie vie et qui a un gros cerveau.
lundi 14 février 2022
Dictionnaire insolite des pays baltes (2018)
Chronique express!
De "Ačiū" (prononcé "atchou" 😉) à "Zappa, Frank", le Petit dictionnaire insolite des pays baltes de
Marielle Vitureau, publié par Cosmopole, permet de découvrir trois petits pays
que les Occidentaux connaissent mal, voire confondent carrément:
l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ils font partie du continent européen et
de l’Union européenne et ils partagent un passé commun et de nombreux traits
culturels, mais ils sont aussi très différents les uns des autres. Leur
histoire s’est écrite de concert avec celle de la Pologne et celle de la Russie, la
puissante voisine qui occupe, encore aujourd’hui, une place centrale dans l’actualité
politique. (En ce début 2022, je pense d'ailleurs que leur actualité doit se composer à 100% de la Russie... 🙄)
Marielle Vitureau décrit tout cela avec clarté et précision à la
fois, et surtout avec beaucoup de nuances; rien n’est simplifié ou
stéréotypé, y compris dans l’héritage très lourd des souffrances de la Deuxième
Guerre mondiale et de l’annexion à l’URSS (ou plutôt les annexions à
l’URSS: 1941 et 1944). Rien d’étonnant quand on la connaît:
Marielle est quelqu’un de super positif et lucide à la fois et surtout de très
respectueux, et, moi qui la connais comme consœur, je me fais la réflexion que
je devrais aussi la découvrir comme journaliste. Et si les autres tomes sont de
la même qualité, cette collection de Cosmopole vaut clairement le détour pour
découvrir un pays autrement qu’avec un guide touristique.
mercredi 9 février 2022
Soroé, reine des Atlantes (1905)
Après les Centaures d'André Lichtenberger et les Dieux Verts de Nathalie Henneberg, place à une nouvelle publication des éditions Callidor: Soroé, reine des Atlantes de Pierre-Barthélémy Gheusi et Charles Lomon. Initialement paru en 1905, ce roman est proposé ici dans la version remaniée en 1941 par Pierre-Barthélémy Gheusi, avec, en bonus, la fin originale publiée en 1905, un chapitre supprimé en 1941 et une postface de Brian Stableford destinée à la sortie du roman en anglais chez Black Coat Press en 2015.
Dans un passé lointain, Argall et Maghée quittent leurs terres du nord pour se mettre en quête d'Atlantis, la patrie d'origine de Dahéla, mère de Maghée et mère adoptive d'Argall. Lorsqu'il abordent enfin sur l'île mythique, ils sont confrontés à une situation politique tendue. La reine immortelle, Yerra, est alliée à Nohor, le sinistre prêtre des dieux de l'Or et du Fer, assoiffés de sang. Face à eux, Ruslem, prêtre des anciens dieux de Lumière, sent son pouvoir décroître de jour en jour. Lorqu'Argall sauve Yerra et Soroé, la petite-fille de Ruslem, des griffes d'une créature effrayante, il entre sans en avoir pleinement conscience dans une prophétie ancestrale sur l'avenir même d'Atlantis. La rivalité entre Yerra et Soroé, toutes deux prétendantes au trône d'Atlantis et au cœur d'Argall, ne sera pas sans effusions de sang.
Outre le ton épique et le décor antique, je retiens une très belle bataille entre les forces d'Iztemph, un général expérimenté fidèle à Soroé, et Illaz, le meneur qui change plusieurs fois de camp et combat ce jour-là pour Yerra. Le souffle épique est bien présent, le terrain choisi se prête bien à la bataille, avec quelques reliefs ou points stratégiques à saisir ou défendre (un pont, par exemple), et la stratégie d'Iztemph est intéressante... Puis la situation se retourne totalement, sans que l'on sache pourquoi, et le fait d'être dans l'ignorance, comme les personnages, rend le tout encore plus prenant. J'ai lu ce roman peu de temps après la Débâcle de Zola et j'y ai retrouvé un certain souffle guerrier, bien que très différent.
Prochaine étape: mettre la main sur les Aventures de Setnê de Rosny aîné, qui a aussi l'air totalement fait pour moi! 🤩🤩
vendredi 4 février 2022
La gamelle de janvier 2022
Influencée par un certain podcast, j’ai décidé d’aller voir ce dessin animé que je n’avais pas du tout repéré. Je suis contente de l’avoir fait, car cela me change des grosses productions que je vois habituellement et que j’ai bien aimé le rendu de la Bête. En revanche, je n’ai pas du tout accroché les dessins de l’univers virtuel, ni l’univers virtuel de manière générale, et j’ai trouvé les réactions des personnages déroutantes ou exaspérantes… Du coup, je suis sortie de ma séance mitigée. En revanche, tout comme le réalisateur m’avait épatée en mettant en scène une mère célibataire vivant des allocations dans les Enfants-loups, Ame et Yuki, j’ai été épatée de le voir aborder une thématique délicate ([divulgâcheur] un père violent envers ses enfants [fin du divulgâcheur]) qui n’apparaîtra probablement jamais avec autant de netteté chez Disney!
Une déception pour ce film à la très bonne réputation. J’ai apprécié de nombreux éléments visuels et j’ai été suffisamment émue pour verser une larmouille à la fin, mais globalement le côté farfelu ne m’a pas séduite. Il faut aussi préciser que je l’ai vu un jour de grande fatigue et que je me suis endormie quinze-vingt minutes vers le début, quand Chihiro arrive dans le bâtiment des bains, et que j’ai donc eu du mal à suivre l’intrigue…
dimanche 30 janvier 2022
Vampires Never Get Old. Tales With Fresh Bite (2021)
Les vampires ne vieillissent jamais. Mais est-ce qu'ils peuvent survivre au young adult et au wokisme? 🙈
Bon, blagues et provoc' gratuite à part, ce recueil de nouvelles de la maison britannique Titan Books – liée de près à Forbiden Planet, chaîne de magasins pop culturelle 😉 – dirigé par Zoraida Córdova et Natalie C. Parker donne la parole à une dizaine d'autrices et d'auteurs young adult, dont les editrixes en personne, pour proposer un nouveau point de vue sur la figure centenaire du vampire. En effet, les vampires sont majoritairement "des hommes, blancs, cisgenres, hétéros et valides" (je traduis) et nos editrixes avaient envie de changement.
En dépit de quelques bons éléments, le résultat n'est pas bien marquant. Bien que les editrixes semblent croire que les textes réinventent le genre, j'y ai surtout vu du young adult simplet, à commencer par la rédaction: je crois que toutes les nouvelles sont à la première personne et au présent, ce qui a probablement vocation à rapprocher le narrateur du lecteur mais me semble surtout désespérément digne d'un roman pour CE1. Il y a aussi cette manie du young adult (peut-être issue des cours d'écriture créative?) de "montrer sans dire" (le célèbre "show, don't tell") en détaillant, à chaque putain de réplique, ce qu'un personnage fait: il hausse les épaules, il rejette une mèche de cheveux en arrière, il relève les yeux, il regarde son interlocuteur, etc. etc. Je ne supporte plus ce procédé car les romans que je traduis en sont blindés et que ça rend vite un traducteur zinzin de traduire du vent ou dix mille fois la même chose...
Point de vue histoires, on est dans un contexte résolument moderne, même si les thèmes du deuil et du choix restent intemporels. Je ne cite que les textes dont j'ai retenu un minimum quelque chose. Les autres sont déjà oubliés...
Le seul texte un peu inquiétant est The Boys from Blood River de Rebecca Roanhorse, avec son juke box qui diffuse une chanson que personne ne connaît. Sinon, j'ai apprécié Seven Nights for Dying de Tessa Gratton, dans lequel la narratrice a, justement, sept nuit pour décider si elle veut devenir une vampire ou non – un délai de réflexion que j'ai trouvé intéressant pour une décision qui vous engage pour... bein pour toujours, en fait, et qui est souvent bâclée ou subie. A Guidebook for the Newly Sired Desi Vampire de Samira Ahmed se passe en Inde ou est lié de très près à la culture indienne, ce qui change agréablement du monde anglo-saxon, même si je n'ai saisi aucune des références culturelles. Mirrors, Windows & Selfies de Mark Oshiro n'est pas marquant dans son récit, mais a quelque chose d'amusant pour moi car il se compose.... de billets de blog. 😉
Enfin, In Kind de Kayla Whaley m'a fait réfléchir à la valeur que j'accorde à la vie des personnes lourdement handicappées: dans ce texte, la narratrice est en fauteuil roulant et la vampire qui l'a transformée lui a en fait sauvé la vie, son propre père l'ayant étouffée avec un oreiller. Aux yeux de la société, cet homme n'est pas un meurtrier; les médias parlent de "mercy killing", c'est-à-dire de "mort miséricordieuse". Sous-entendu, la jeune femme avait une vie pourrie et il lui a pratiquement rendu un service en la tuant. J'ai passivement adopté ce point de vue jusqu'à ce que je comprenne que la narratrice – qui est la principale intéressée, vu que c'est de sa mort et de sa vie dont on parle – n'était pas du tout du même avis. Son handicap faisait partie d'elle et elle voulait vivre. Voilà qui fait réfléchir...
Et voilà. Un recueil très oubliable pour moi, malgré les points positifs que j'ai abordés ici. C'est un peu la plaie de certains bouquins de young adult: même quand ça part d'une démarche louable et que ça parle de thèmes pertinents, c'est plat...
mardi 25 janvier 2022
La Débâcle (1892)
Après quatre ans de lectures enthousiastes, ma relecture des Rougon-Macquart en compagnie de Tigger Lilly approche de sa fin. La Débâcle, paru en 1892, est en effet le dix-neuvième et avant-dernier tome de la saga. Il ne nous reste maintenant qu'à relire le Docteur Pascal et la grande épopée sera terminée...
Pour cette étape militaire, nous étions de nouveau accompagnées de notre Baroona (inter)national.
Ah ! ce misérable empereur, à cette heure sans trône et sans commandement, pareil à un enfant perdu dans son empire, qu’on emportait comme un inutile paquet, parmi les bagages des troupes, condamné à traîner avec lui l’ironie de sa maison de gala, ses cent-gardes, ses voitures, ses chevaux, ses cuisiniers, ses fourgons, toute la pompe de son manteau de cour, semé d’abeilles, balayant le sang et la boue des grandes routes de la défaite !
Comme son nom l'indique, la Débâcle parle de la grande défaitede l'armée française à Sedan – éreintée par des jours de marche et plusieurs défaites, elle met le cap sur Sedan et les Prussiens parviennent à encercler la ville –, mais aussi de la chute du Second Empire au sens large. La saga des Rougon-Macquart est étroitement liée au Second Empire et se termine avec lui. Le Docteur Pascal, dans mon souvenir, fait plus office d'épilogue et de bilan. Zola voit dans cette défaite militaire la chute d'un monde pourri de l'intérieur par l'excès d'argent, entre autres, et considère la guerre comme un gros coup de balai qui remet les compteurs à zéro; la chose est exprimée par Maurice à la fin du roman et est confirmée par un article publié par Zola dans le Figaro à propos de Sedan, repris dans mon édition du Livre de Poche. La guerre comme mal nécessaire et cyclique permettant aux sociétés d'avancer, ce n'est pas du tout mon point de vue sur la question, mais ça a quelque chose de dantesque sous la plume de Zola...
Bref, un roman dur et cruel, plein de sang et de clairons, mais aussi de sentiments forts entre humains noyés dans la guerre. Et comme d'habitude, ça se lit tout seul parce que Zola écrivait comme un dieu. Un indispensable de plus!
Allez donc voir ailleurs si cette débâcle y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Tigger Lilly
jeudi 20 janvier 2022
Bilan 2021 – Lectures
Après le bilan cinématographique, retour sur les lectures de 2021. Et par chance, c'est nettement plus reluisant!
Niveau chiffres, la tendance à la baisse se poursuit, comme les trois dernières années, avec 58 lectures. C'est moins que les 62 de 2020 et encore moins que les années précédentes. Mais vu que je n'ai pratiquement pas lu en novembre et en décembre, je craignais pire et j'ai l'impression d'avoir bien géré. 😃
Le comptage de fin d'année a également fait ressortir un fait qui m'étonne moi-même: sans le faire exprès et sans en avoir la moindre idée, j'ai, certainement pour la première fois de ma vie, lu plus de femmes que d'hommes. Et on peut même dire beaucoup plus: 34 livres écrits par des femmes, contre seulement 24 écrits par des hommes! Je suis stupéfaite!
Les géants
Deux romans dépassent largement les autres, à tel point que je suis incapable de les départager: Rebecca de Daphne du Maurier (chronique) et Watership Down de Richard Adams (chronique). J'ai tendance à penser que Rebecca est encore supérieur car plus élégamment écrit, mais Watership Down réussit l'exploit de faire parler des lapins, alors, vraiment, je ne me sens pas en mesure de décider.
Je tiens également à citer We Have Always Lived in the Castle de Shirley Jackson, une histoire d'enfermement sur soi doublée de pensée magique. Chronique.
Les séries
Cette année aura été marquée par quelques séries de qualité.
J'ai conclu la Passe-Miroir de Christelle Dabos avec la Mémoire de Babel (chronique) et la Tempête des échos (chronique). Hélas, la deuxième moitié de la saga m'a beaucoup moins plus que la première, mais ça reste une série intelligente et bourrée d'inventivité que je recommande.
J'ai lu la trilogie d'une nuit d'hiver de Katherine Arden. Un délice. Merci à l'amie qui m'a offert le premier tome. Avec le recul, je trouve aussi amusant d'avoir lu ces romans d'inspiration russe l'année où j'ai repris le russe, même si les deux choses n'ont aucun rapport. Chroniques ici, ici et ici.
J'ai découvert avec grand plaisir la détective Bruna Husky de Rosa Montero, ce qui m'a également permis de lire un peu en espagnol. J'ai hâte de continuer! Chroniques ici et ici.
Les tant attendues
En 2021, j'ai enfin lu Daphnee du Maurier, Shirley Jackson, Sylvie Lainé et Becky Chambers, que je voulais lire depuis des lustres. Yeah!
Les inattendues
J'ai aussi lu une autrice que j'ai découverte récemment, Benoîte Groult, et une autrice que je ne voulais pas lire mais qui a su me captiver, Kameron Hurley.
Le pavé
J'ai terminé l'intégrale des nouvelles d'Arthur C. Clarke, qui m'a demandé plusieurs mois de labeur. Un grand écrivain et un grand visionnaire. 😍 Chronique.
La relecture au long cours
Lentement mais sûrement, j'ai continue à relire les Rougon-Macquart d'Émile Zola avec Tigger Lilly et Baroona. Un plaisir constant, Zola étant l'immense écrivain qu'on connaît.
Du côté des revues
Depuis quelques années, j'ai pour ambition de lire une revue par mois en plus de Cheval Magazine. Objectif atteint en 2021 avec 16 revues. J'en ai tiré une nouvelle bonne résolution que j'espère transformer en habitude: lire Le Monde diplomatique deux fois par an. J'ai aussi lu de nombreux Livres Hebdo, mais plutôt en diagonale.
Du côté des BD
En volume, j'ai lu 21 bandes dessinées ou comics cette année. C'est beaucoup moins que les années précédentes, certainement parce que les intégrales de Hellblazer sont de gros pavés demandant beaucoup de temps. J'ai aussi lu une soixantaine d'épisodes de X-Men en fin d'année. Chaque épisode faisant seulement vingt-deux pages, j'ai du mal à compter ça comme "une vraie BD", mais, cumulés, ça fait tout de même un sacré volume.
Et la pile à lire dans tout ça?
Pioupioupioupiou! Après des années de baisse, la pile à lire s'est réveillée et a craché du feu, passant de dix à pas moins de 31 volumes. En pourcentage, ça fait +210%, si je ne trompe pas – le calcul me semble tellement simple que je crains d'être à côté de la plaque. Pioupioupioupiou! 🤣
samedi 15 janvier 2022
Bilan 2021 – Cinéma
Comme toujours, on commence la nouvelle année en se penchant sur l'année écoulée, et on commence par le cinéma!
Après le bilan très modeste de 2020, le bilan de 2021 est... euh... navrant? Déjà, les cinémas ont été fermés pendant cinq mois. Ensuite, j'ai mis un mois à y aller après la réouverture, probablement parce que c'était une période chargée professionnellement, mais je ne me souviens plus vraiment. Durant l'été, je suis partie un mois loin des salles. En fin d'année, je suis tombée dans un trou noir professionnel; je regrette d'ailleurs la période où j'étais seulement "chargée".
Résultat: seize séances cette année. C'est-à-dire rien qui justifie un abonnement illimité.
En plus, on ne peut pas dire que tout ça soit super marquant. Seuls cinq films sortis cette année me semblent réellement dignes d'intérêt: Nomadland, Shang-Chi et la légende des dix anneaux, Dune, le Dernier duel et les Éternels. Et encore, aucun de ces films n'est un coup de cœur majeur. Nomadland m'a quand même un peu ennuyée, Shang-Chi est très sympa sur le coup mais pas marquant, Dune est réalisé avec maestria mais ne m'a pas touchée, le Dernier duel est un film important mais épouvantable à endurer et pas convaincant sur tous les plans, et les Éternels est super mais pas franchement bouleversant non plus...
Voilà.
Au final, ce que j'ai préféré au cinéma cette année, comme l'année dernière, c'est de revoir les vieux films. Si Starship Troopers ne m'a pas séduite, j'ai en revanche adoré voir Basic Instinct et Moulin Rouge sur grand écran. ❤❤ Pour 2022, je guette donc les séances UGC Culte et UGC Memories avec beaucoup plus d'attention que les sorties... 😜
