mercredi 14 mars 2012

Danse macabre

Comme toujours lorsque je lis un recueil de nouvelles (exception faite, je pense, des recueils de Clark Ashton Smith ♥), j'ai trouvé Danse macabre (Night Shift) assez inégal. En outre, je ne l'ai franchement pas trouvé tellement enthousiasmant dans son ensemble.


J'ai trouvé certaines idées originales et sympathiques, notamment dans le cas des camions qui prennent d'assaut une station-essence et de l'irascible famille de pigeons territoriaux qui n'apprécient guère qu'un homme s'approche de leur nid situé au vingtième étage d'un immeuble. Mais le schéma des histoires est assez répétitif, on peut savoir d'emblée, une fois sur deux, quelle sera la fin en fonction du pronom personnel utilisé (le je survit, le il meurt), les femmes sont cantonnées à des rôles caricaturaux ou inutiles dans le fond et je n'ai pas trouvé la plume de Stephen King tellement remarquable.

(Je précise que, en écrivant ces lignes, je me demande quand même un peu: mais pour qui je me prends pour critiquer Stephen King?!? ^^)

Cependant, gros coup de cœur pour Le croque-mitaine (The Boogeyman), qui m'a fait délicieusement peur. C'est une histoire dans laquelle les portes de placard, que l'on avait refermées en sortant, sont ouvertes lorsqu'on revient dans une pièce. Entrouvertes. Mais à peine...

"The closet-door was open. Not much. Just a crack. But I knew I left it shut, you see."

Faites de beaux rêves...

mercredi 7 mars 2012

L'écuyer mirobolant (2010)


Dans L'écuyer mirobolant, Jérôme Garcin retrace la vie d'Étienne Beudant, militaire français devenu une sorte de maître à penser en équitation. Cavalier émérite né en 1863, il passe par Saumur avant d'être envoyé en Algérie, où il "reprend en main" tous les chevaux qui passent.


"Le plus souvent, à force de persévérance, d'équanimité, d'intelligence et de finesse, Étienne faisait des miracles. Il métamorphosait des carnes éteintes en athlètes brillants, les chevaux de bois en modèles de souplesse, les peureux en crâneurs, allongeait les brévilignes, élargissait les trapus, étendait les encolures trop courtes, rectifiait et musclait les dos creux, les poitrails mous, les épaules fatiguées, les jarrets compromis, retapait les plus faibles en les engraissant avec du fenugrec, finissait par obtenir, de juments destinées à mourir d'épuisement dans les brancards et à mourir au couteau, des changements de pied au temps, des pirouettes, des appuyers, parfois même un joli passage ou un piaffer royal."

Cet extrait est un bon exemple du style de Jérôme Garcin, qui arrive à faire de longues phrases remplies d'expressions équestres sans jamais s'y perdre. J'ai trouvé très agréable de le lire. Cependant, un non-initié pourra peut-être se noyer dans les figures et les défauts d'aplombs...

J'ai trouvé cette lecture assez triste, car l'histoire se passe en grande partie pendant les années vingt, trente et quarante, lorsque Étienne Beudant, infirme et abandonné par sa famille, vit seul dans les Landes avec quelques chevaux de propriétaire. La dernière jument qu'il a entièrement dressée, Vallerine, est partie à Paris sous la selle d'un autre cavalier, et Étienne ne montera plus après son départ. J'ai trouvé cette renonciation forcée à l'équitation très triste, décourageante, injuste. Mais le ton reste plutôt optimiste. À partir de là, Étienne Beudant s'est consacré plus que jamais à l'écriture, aussi bien pour répondre aux nombreuses lettres qu'il recevait que pour écrire ses propres livres (notamment Extérieur et haute école en 1923 et Mains sans jambes en 1945). (Ce dernier titre est une expression que tout cavalier a entendue plus d'une fois dans la bouche de son enseignant! ^^)

Le côté mélancolique de l'histoire ne m'a pas empêchée de beaucoup apprécier ce livre. Il est plein de considérations sur le dressage léger et aérien des chevaux et sur leur beauté, sans être sectaire (Étienne Beudant, par exemple, montait aussi les petits chevaux maghrébins que les Français considéraient comme "bons à riens"). Il déborde, en quelque sorte, d'amour du cheval.

Extrait de la quatrième de couverture de l'édition de poche de Folio, que ma librairie a exposé en pleine vue exprès pour me faire craquer: "Monter n'était plus alors une activité physique, c'était une pensée pure, un acte de foi."

mardi 6 mars 2012

Cheval de guerre (2011)

Un sentiment quelque peu mitigé pour le dernier Steven Spielberg, War Horse. Le moins que l’on puisse dire est que Steven n’a pas révolutionné ma vie en 2012 comme il l’a fait en 1993 avec Jurassic Park.

Pourtant, je versais déjà de grosses larmes rien qu'en regardant la bande-annonce, et je suis allée le voir toute seule comme une grande, de peur de sangloter du début à la fin et de devoir quitter la salle (j’ai une fâcheuse tendance à sangloter dès que je vois un cheval. Je soupçonne que je serais moins émotive et qu’il y aurait moins de posters de chevaux sur mes murs s’il y avait des chevaux dans ma vie et si ma vie équestre n’avait pas été un désastre, mais là n’est pas le sujet).

Cheval de guerre est un film familial. J’entends par là que les personnages manquent considérablement de subtilité. Ils ne correspondent pas tout à fait à des clichés préétablis, mais on n’en est pas loin. Le père d’Albert, le personnage humain principal, notamment, est tellement mou, minable et avachi sur lui-même que je n’ai même pas réussi à le mépriser, alors même que je me fais toujours un plaisir de détester les figures paternelles (là aussi, je soupçonne que je ne réagirais pas de la même manière si j’avais eu une famille saine et digne de ce nom, mais là n’est encore pas le sujet). Toute la première partie du film, qui retrace la jeunesse du cheval Joey (le personnage équin principal) dans la campagne anglaise, m’a franchement évoqué la série La petite maison dans la prairie. Heureusement que David Thewlis est là. Sa barbe fait ressortir son gros nez, mais bon, c’est le Roi Einon de Cœur de dragon, alors on s’incline. (Le reste du monde le connaît surtout sous les traits du professeur Lupin.)

À gauche: père avachi. À droite: le merveilleux David Thewlis.

La situation s’améliore lorsque le père (toujours avachi) d’Albert vend Joey à l’armée, plus précisément à un jeune officier, le capitaine Nicholls, joué par Tom Hiddleston. J’adore cet acteur. La petite vingtaine de minutes passée avec lui a été la meilleure du film. Il relève nettement le niveau, fait entrer de la subtilité en jeu, est émouvant et touchant juste en étant là. Du coup, j’ai hâte de le retrouver sous les traits de Loki dans Avengers, même si son costume est aussi ridicule que dans Thor. (Bizarrement, je n’ai pas flashé sur lui dans Thor… Par contre, je l’ai beaucoup aimé en Fitzgerald dans Minuit à Paris.)

Tom Hiddleston

Le capitaine Nicholls et son ami le lieutenant Charlier Waverly, joué par Patrick Kennedy, sont sous les ordres du major Jamie Stewart, joué par Benedict Cumberbatch (que j'ai remarqué récemment dans La Taupe, dans lequel il joue l'assistant de Gary Oldman, et qui est connu pour jouer Sherlock Holmes dans la série Sherlock de la BBC -- avis aux amateurs!).

En haut: Benedict Cumberbatch, Patrick Kennedy et Tom Hiddleston
En bas: Topthorn, personnage équin au nom inconnu, Joey

Par la suite, Joey rencontre pas mal de personnes au cours de la guerre et passe de l’armée britannique à celle allemande avant de finir du côté français. Accompagné de son compagnon Topthorn, un grand cheval noir (personnage équin secondaire), il tire des canons dans les tranchées. Bien entendu, c’est moche pour les chevaux et plusieurs plans font vraiment mal.

C’est cependant le grand intérêt de ce film: tout tourne autour de Joey. C’est lui le personnage principal. Bon, on nous sert une bonne partie des clichés équestres habituels (un jeune cheval –mâle, évidemment-- "indomptable", une amitié indestructible avec un jeune garçon, la mise en place d’un signal précis auquel le cheval répond après des années de séparation, des hennissements à tout va alors que les chevaux, dans la vraie vie, ne hennissent que très ponctuellement, la multiplication des cabrers en situation de danger alors que la défense spontanée d’un cheval consiste à te montrer ses fesses et à t’envoyer les sabots dans la figure – mais bon, le coup de cul est moins spectaculaire que le cabrer, je comprends). C’est néanmoins un des meilleurs films de chevaux que j’ai jamais vus, car il y a une certaine spontanéité et un certain réalisme dans le comportement des chevaux. Peut-être est-ce simplement dû au fait que ces plans sont assez longs et les chevaux avaient donc une plus grande liberté. Un cheval qui galope pendant trente secondes d’affilée, c’est plus "vrai" que 10 plans de trois secondes entrecoupés d’autres plans, vous voyez? Et je n’ai pas identifié de "trucs" de dressage flagrants comme je le fais d’habitude (notamment pour faire tomber les chevaux sur le côté en mettant leur nez du côté où ils doivent s’effondrer). Chapeau à la personne qui les a dressés.

Je pourrais même dire que Spielberg a sublimé les chevaux (mais, franchement, est-il besoin de sublimer un cheval, animal déjà sublime de base, comme le chat?): ils sont très bien mis en valeur, filmés de manière intéressante, rendus très expressifs mais sans tomber dans la caricature du cheval qui rit, par exemple. Je pense notamment au plan sur le visage de Joey une fois qu’il a remplacé Topthorn pour tirer un canon. Anthropomorphisme à part, ce que ce plan dit, c’est: Joey sait ce qu’il a fait.

Hello! I'm Mister Joey.*

Parallèle inévitable avec les plans incroyables de Pilgrim blessé et traumatisé au fond de son boxe dans L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, lorsqu’il regarde le personnage de Kristin Scott-Thomas droit dans les yeux et exprime une haine puissante.

Les scènes de cavalerie sont également super. Je suis une grande partisane de la cavalerie en crins et en sabots, par opposition avec la cavalerie numérique des Rohirrim par exemple, et c’est la première fois que je vois au cinéma une scène digne de la charge de l’armée d’Arthur dans Les chevaliers de la Table Ronde, film totalement anachronique, mais tellement culte, des années cinquante.


Pour conclure, Cheval de guerre est très spectaculaire, les scènes de guerre sont très réalistes tout en restant discrètement dénuées de sang pour ne pas effrayer les jeunes spectateurs, et Spielberg connaît parfaitement son métier, comme le montre la galopade finale dans le no man's land (si elle est bien plus courte que je ne le pensais, ça reste un grand moment de cinéma). La musique de John Williams est superbe et je suis un peu triste qu'il n'ait pas eu l'Oscar, même si je pense que The Artist le méritait également... Mais c'est très sentimental --la scène finale en contre-jour devant le ciel de l'aube est tout simplement dégoulinante de bons sentiments-- et il manque un petit quelque chose pour qu'un spectateur adulte prenne le tout (et surtout les personnages) un peu plus au sérieux.

Je vous laisse avec une jolie photo de Joey et Topthorn avant le début de leurs gros, gros ennuis.


*Ceci est un clin d’œil à la série Mister Ed, devant laquelle je m'esclaffe bêtement tous les matins au petit-déjeuner. :)

dimanche 4 mars 2012

Celui qui garde le ver

Six mois après avoir décidé de m'embarquer dans un mini-challenge personnel tournant autour de la figure du Ver blanc, j'ai enfin lu la nouvelle Jerusalem's Lot de Stephen King. Cette lecture suivait le roman Le Repaire du Ver blanc (The Lair of the White Worm) de Stoker, un livre au sujet duquel j'ai exprimé toute ma perplexité ici.

Je dois dire que j'ai été un peu déçue. Je n'ai pas lu cette histoire de Stephen King, auteur que j'ai par ailleurs apprécié lors de mes rares rencontres avec lui, dans les conditions idéales, puisque j'ai dû interrompre ma lecture plusieurs fois pour interagir avec d'autres êtres humains (un évènement assez rare pour être souligné) ou changer de mode de transport, mais je n'ai tout simplement pas été convaincue.

En fait, c'est sympa, on accroche bien, il y a des références littéraires sympathiques (bien que cette œuvre m'ait plutôt rappelé Dracula et la nouvelle Les rats dans les murs de Lovecraft plutôt que Le Repaire du Ver blanc), mais je l'ai tout simplement trouvée trop courte pour mettre en place une histoire détaillée et crédible. Heureusement, la dernière intervention de cette nouvelle épistolaire laisse imaginer le pire et la toute dernière phrase m'a redonné le sourire (sourire diabolique, s'entend).

Anne Quent fait une critique plus positive que moi ici.

Prochaine étape: mettre les mains sur le DVD du film de Ken Russell à moindre coût... :D


Dernière remarque: la nouvelle Jerusalem's Lot fait partie du recueil Danse macabre (Night Shift), qui est précédé par une courte préface de Stephen King. J'ai trouvé ce texte sur la peur, sur l'écriture et sur la littérature d'horreur très intéressant, alors même que l'auteur cite de nombreux auteurs dont je n'ai jamais entendu parler (peut-être des écrivains américains qui n'ont pas été exportés en Europe?). À lire!

mardi 21 février 2012

Top Ten Tuesday (5)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:

Les dix livres que vous avez l'impression
d'être le/la seul(e) à connaître ou à avoir lu

L'exercice a été beaucoup plus difficile que prévu: je ne semble pas faire preuve d'une très grande originalité dans mes lectures et j'ai vainement fouillé ma bibliothèque à la recherche de quelque chose de véritablement peu connu.

1/ L'Histoire sans fin de Michael Ende. Bien entendu, tout le monde a vu le film de Wolfang Petersen, mais je n'ai pas rencontré d'autres lecteurs du livre (sauf les deux membres de ma famille qui l'ont lu avant moi, s'entend).

Version italienne d'un livre allemand.

2/ The Ancient Solitary Reign de Martin Hocke. Lu en italien sous le titre Le Royaume des Hiboux (Il Regno dei gufi). En fait, je suis très contente que ce livre n'ait pas eu le moindre succès, car il est excessivement mauvais (imaginez, une histoire de hiboux parlants dans laquelle les hiboux mâles violent les hiboux femelles........).

3/ D'une manière générale, les livres de l'auteur italien Emilio Salgari, le Dumas italien. J'ai lu Les tigres de Mompracem, Les Mystères de la Jungle Noire et Carthage en flammes (ces titres sont des traductions littérales des titres originaux; d'après ce que je sais, ils n'ont pas été traduits en français). Salgari est très connu en Italie: le fait que j'aie l'impression d'être la seule à le connaître est donc directement  et exclusivement lié au fait que j'ai grandi en France. Récemment, j'ai eu le plaisir de découvrir que Carlos Ruiz Zafon connaît lui aussi cet auteur, qu'il cite dans L'Ombre du Vent et Le Jeu de l'Ange. :)

4/ De nouveau d'une manière générale, tous les livres de Clark Ashton Smith, auteur américain d'horreur. Il publiait notamment ses nouvelles dans la revue Weird Tales, qui a aussi publié Lovecraft et Howard. (Si je pouvais remonter dans le temps, je m'abonnerais bien entendu à cette revue...) Désormais, plusieurs personnes autour de moi connaissent cet auteur, mais c'est parce que je leur en parle depuis des années, alors je considère qu'il a sa place dans ce Top Ten.

5/ Quelques livres de Zola qui sont moins connus du grand public. Si tout le monde connaît au moins les grandes lignes de Germinal, La Bête humaine ou Au Bonheur des Dames, certains tomes des Rougon-Macquart se font plus discrets dans les librairies. Je pense à Une Page d'Amour, La Joie de vivre et Le Rêve par exemple. Ils méritent d'être connus et constituent tous des grands Zolas, mais disons qu'ils ont un peu de mal à se faire remarquer à côté d'un géant du calibre de Germinal...

6/ Les aventures du Capitaine Alatriste d'Arturo-Perez Reverte. Bon, ce n'est pas vrai, j'ai découvert cette série grâce à une amie qui m'en a parlé au moment de la sortie du film avec Viggo Mortensen et j'ai converti une amie qui est devenue fan. Mais je trouve désolant que cette série de cape et d'épée ne connaisse pas le succès qu'elle mérite en dehors de l'Espagne, alors un peu de pub ne fait pas de mal. J'en ai déjà parlé ici.

Un Top Ten qui s'arrête au Top Six cette semaine. Les thèmes des prochaines semaines sont en ligne chez Iani.

mardi 14 février 2012

Top Ten Tuesday (4)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:

Les 10 livres qui vous ont fait pleurer
(ou qui vous ont au moins ému(e))

1) La Toile de Charlotte de E. B. White (Charlotte's Web en VO, La Tela di Carlotta pour moi qui le possédais en italien). Crise de larmes incontrôlable pendant les adieux de cette brave Charlotte, araignée lettrée hors pair.

2) Mon bel oranger et Allons réveiller le soleil de José Mauro de Vasconcelos. Autres crises de larmes incontrôlables face à la disparition des deux figures paternelles positives. Je n'ai pas du tout retrouvé la même émotion lorsque je les ai relus récemment et j'ai été un peu déçue, c'était comme une énième preuve que la magie de l'enfance m'avait bien quittée...

3) Antigone de Anouilh, un texte incroyablement émouvant dans sa sobriété même.

4) Le Miroir d'ambre de Philip Pullman, aux alentours de mes 17 ans. Et ouais. La séparation entre les deux gamins m'avait fait sangloter. Je ne comprends pas comment cela a été possible: j'ai relu la trilogie À la croisée des mondes récemment et je l'ai trouvée tout à fait fadasse et mal écrite. :(

5) La Ligne verte de Stephen King. Probablement le livre le plus déchirant que j'aie jamais lu. Il faut que j'arrête de lire quelques minutes, le temps de sangloter tranquille, avant de reprendre. La nostalgie et la solitude du narrateur âgé sont intolérables, et Mr Jingles, la souris..... J'ai les larmes aux yeux rien que d'y penser.

6) Le prince heureux d'Oscar Wilde. Ou comment passer de la lecture neutre à la lecture sanglotante en une demi-page.

7) Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Bizarrement, je n'ai pas versé une larme la première fois que je l'ai lu, à 14 ans environ. C'est à la deuxième lecture (et première en VO) que j'ai commencé à pleurer, notamment lors du départ de Lórien. La troisième lecture me semble avoir été exaltée, mais sèche, tandis que j'ai pleuré tout au long du bouquin la quatrième et la cinquième fois que je l'ai lu (mais pas forcément à cause des mêmes passages).

8) Légende de Gemmell. Là aussi, je n'ai commencé à pleurer que la deuxième fois. Et puis la troisième fois, gros sanglots incontrôlables. Je suis amoureuse de Druss, et puis Gemmell titille mon envie d'absolu avec ses Héros...

9) Germinal de Zola. Encore un bouquin sur lequel je n'ai pleuré qu'à la deuxième lecture. C'est l'histoire de Bataille et de Trompette, les deux chevaux qui travaillent au fond de la mine, qui m'a donné un gros chagrin... Ai pleuré dans l'avion me ramenant de Pise à Paris.

Je m'arrête à neuf car aucun autre livre ne me vient à l'esprit pour l'instant...

Conclusion: je suis une grande pleureuse, mais ce n'est pas nouveau -- ça fait longtemps que je m'organise pour lire certains livres et regarder certains films en privé! ^^

Le thème de la semaine prochaine sera: Les dix livres que vous avez l'impression d'être le/la seul(e) à connaître ou à avoir lu

Généralement, mes grands moments de solitude sont plutôt cinématographiques, mais ça ne devrait pas être trop difficile de trouver quelques bouquins du même type.

lundi 13 février 2012

Les Ritals

"Je suis peut-être un peu méprisant mais, merde, ils ont qu'à ne pas être si cons, c'est chiant, à la fin, tout est fait pour les cons, y en a que pour eux, si t'es pas tout à fait assez con t'as du mal à pas te faire chier, sur cette putain de planète !"

François Cavanna
Les Ritals

dimanche 12 février 2012

Les Russkoffs (3)

"Je sortais de ma banlieue, de mon trou à Ritals et à titis. J'avais pas la moindre idée de ce qu'était un Russe. J'avais côtoyé des petits Russes blancs à la communale, j'avais rien vu. C'était pas le bon moment, faut croire. Ou pas les bons Russes. J'ai désormais et j'aurai toujours, pour tout ce qui est russe, une passion flamboyante, éperdue, résolument partiale. Et cucul la prâline. Et assumant joyeusement tout ça. C'est le propre de la passion."

François Cavanna
Les Russkoffs

samedi 11 février 2012

Les Russkoffs (2)

"Enfin, bon, le russe, je m'en suis vite aperçu, est aux autres langues ce que les échecs sont à la pétanque."

François Cavanna
Les Russkoffs

vendredi 10 février 2012

Les Russkoffs

J'ai découvert Cavanna il y a quelques années grâce à son œuvre la plus connue, Les Ritals, dans laquelle il décrit son enfance dans la banlieue est de Paris, plus précisément dans un "trou à Ritals", pendant les années trente. C'est un livre qui, s'il était traduisible (j'ignore s'il en existe une version italienne), devrait être lu par absolument tous les Italiens, facilement enclins à montrer du doigt les immigrés africains et asiatiques qui viennent violer et tuer chercher du travail en Italie; il serait bon qu'ils sachent que, il n'y a pas si longtemps que ça, les maçons et les ouvriers ritals allaient envahir la France, détruire la culture française et tout ravager sur leur passage...

C'est cette sympathique édition que j'ai récupérée dans une brocante. :D

Dans Les Russkoffs, Cavanna reprend son récit en 1943, lorsqu'il part réaliser son STO en Allemagne, en banlieue de Berlin. Il est tout d'abord affecté dans une usine dans laquelle travaillent également des prisonnières russes, d'où le titre du livre. Cependant, comme il est très lent dans son travail aux machines, il est transféré avec d'autres ouvriers particulièrement inefficaces dans une équipe chargée de réaliser un travail peu ragoûtant: fouiller dans les ruines des immeubles de Berlin, bombardée par les Alliés, pour retrouver les possessions des habitants et dégager d'éventuels rescapés ou des cadavres.

C'est là que se trouve, à mes yeux, un des points forts de ce livre: on voit à la fois la fin de la guerre à travers les yeux des vainqueurs (Cavanna et ses camarades sont de facto des prisonniers du Reich et sont donc plutôt du côté des Alliés, même si Cavanna est un peu à part, comme je le dirai plus loin) et des vaincus (nous sommes à Berlin et nous assistons aux souffrances de la population civile allemande et des dernières loques de la Wermacht). Les rares fois où j'en ai eu l'occasion, j'ai trouvé extrêmement instructif (bien que franchement révoltant et déprimant) de voir le point de vue "d'en face" dans un récit de guerre (je pense à À l'Ouest rien de nouveau d'Erich Maria Remarque et à un livre allemand de Heinrich Gerlach, que j'ai lu en anglais sous le titre The Forsaken Army et dont je reparlerai prochainement).

Le deuxième point fort de ce livre, c'est la manière très particulière dont écrit Cavanna. C'est un style très direct, incisif, plein d'énergie, de rage et d'envie de vivre à la fois. Cavanna est hors de lui, tout le révolte, il en veut aux cons du monde entier (le mot con est le véritable leitmotiv du livre), il en veut autant aux Alliés qui bombardent une ville exsangue qu'aux S.S. qui obligent les dernières recrues de la Wermarcht à affronter les Russes pendant qu'ils se réfugient discrètement du côté des Américains. Il crie après tout le monde et dit ce qu'il a à dire sans mâcher ses mots. En même temps, c'est un jeune homme très pacifique et pacifiste, un peu naïf parfois (c'est lui qui le dit)...

Comme j'ai du mal à cerner précisément ce que j'ai ressenti en le lisant, je vous propose un des extraits m'ayant le plus marquée et illustrant bien cette manière d'allier la rage à la compassion et à l'humanité.

Contexte: Au fur et à mesure que l'armée allemande recule face aux Alliés, l'approvisionnement de Berlin se fait plus difficile et la population commence à souffrir des privations que le reste de l'Europe éprouve depuis des années. (Précision: les Chleuhs, ce sont les Allemands.)

"Les queues ont fait leur apparition. "Bien fait pour leurs gueules ! C'est bien leur tour !" ricanent les copains. Ils en ont, de la chance, d'avoir ce sens du talion ! Ça doit aider, je suppose. Moi, que les estomacs chleuhs pâtissent, ça ne remplit pas le mien. Voir crouler les villes allemandes, pleurer les mères allemandes et se traîner entre deux béquilles les mutilés de guerre allemands ne me console pas des villes françaises en ruine, des mères françaises en larmes et des Français hachés par la mitraille, bien au contraire. Toute ville qu'on tue est ma ville, toute chair qu'on torture est ma chair, toute mère qui hurle sur un cadavre est ma mère. Un mort ne console pas d'un mort, un crime ne paie pas un crime. Sales cons qui avez besoin qu'il existe des salauds pour pouvoir être salauds en toute bonne conscience... Mais je me répète, je crois."

(Notez que j'ai choisi un extrait comportant le mot con.)

C'est cette manière très dynamique de raconter son histoire, je crois, qui rend tolérable un récit qui est par ailleurs assez horrible et révoltant, comme tous les récits de guerre. On a droit à notre lots de cadavres en bouillie, de traitements inhumains, d'exécutions et d'horreurs en tout genre. Mais je dois dire, au final, que la scène qui m'a le plus marquée ne comporte pas une seule goutte de sang: c'est la longue file de voitures S.S. garées du côté des Américains, les S.S. et les officiers s'étant tranquillement rendus du côté ouest pendant qu'ils obligeaient les derniers soldats allemands à ralentir l'avancée de l'Armée Rouge du côté est.

"François, toute ta vie rappelle-toi les champs de bagnoles S.S. de la zone américaine ! [...] Si, par hasard, un va-t-en guerre, de quelque couleur qu'il soit, parle devant toi de "sacrifice suprême", de "verser son sang jusqu'à la dernière goutte plutôt que de se rendre", de "la gloire du soldat qui est de mourir en combattant", aussitôt projette-toi ça dans son petit cinoche : l'océan feldgrau des belles voitures S.S. bien astiquées, bien alignées, à perte de vue, à perte de vue."

Pendant les années soixante, Cavanna a fait partie des fondateurs du magazine Hara-Kiri, désormais disponible en kiosque sous la forme de son descendant Charlie Hebdo. Il a donc continué à gueuler après son retour en France, et pas juste à travers ses livres.

Ce livre a représenté pour moi le tremblement de terre de ce début d'année 2012, comme mes contacts Facebook ont dû remarquer début janvier, lorsque je les ai abreuvés d'extraits. On retrouve le ton bien particulier du Cavanna des Ritals, mais on entre dans une toute autre dimension à cause des sujets abordés. C'est un livre à lire absolument. Je mettrai en ligne quelques extraits supplémentaires dans les jours qui viennent pour tenter de convertir mes bien-aimés lecteurs.

lundi 6 février 2012

Une mort esthétique

But Kim had looked, and for those disorientating seconds before the torchlight went out, she had seen the bizarre image of death: dark hair sprawled on the pillow, the clenched fists raised like those of a boxer, the one open eye and the livid mottled neck. It wasn’t Miss Gradwyn’s head – it was nobody’s head, a bright red severed head, a dummy which had nothing to do with anything living.

P. D. James
The Private Patient

Un extrait qui réunit ce que j'apprécie dans la plume de P. D. James, cette manière élégante et presque discrète de décrire l'horreur (le cadavre) et l'horreur ressentie face à l'horreur (les sensations de la jeune femme qui a trouvé le cadavre). Ce policier est disponible en français aux éditions Fayard sous le titre Une mort esthétique.

lundi 30 janvier 2012

Orgueil et préjugés / Death Comes to Pemberley

Il m'aura fallu quatre mois pour mener à bien mon mini-challenge austenien, imaginé lors de l'annonce de la publication du dernier P. D. James, Death Comes to Pemberley.


Jane Austen: Orgueil et préjugés (1813)

Comme toujours, je me suis un peu ennuyée pendant cette lecture. Certes, le monde austenien est fascinant: personne n'a rien d'autre à faire que d'aller prendre le thé chez les voisins, écrire et recevoir des lettres, lire des livres et arranger des mariages plus ou moins hypothétiques. Les hommes ont officiellement un travail, mais ils passent tout de même leur temps à discuter dans le salon et ne s'absentent "for business matters" qu'une fois par mois.

J'adore cette ambiance britannique policée et routinière, où les conversations sont très subtiles et où les conventions font la loi. Cependant, il faut dire qu'il ne se passe un peu rien...

Stylistiquement, je ne trouve pas non plus la plume de Jane Austen exceptionnelle; je lis d'autres auteurs anglophones qui, à mon avis, rendent plus justice à la langue anglaise (pour le XIXe, je pense notamment à Stoker avec Dracula). Le grand intérêt de son écriture réside dans la subtilité des échanges entre les personnages et la légère ironie avec laquelle elle dépeint cette société oisive et ces personnages caricaturaux et hypocrites, notamment à travers leurs lettres (les lettres et les discours de Mr Collins, par exemple, sont vraiment très typés et amusants, tout comme les remarques de Lady Catherine de Bourgh). Je n'irai pas, cependant, jusqu'à parler d'une réelle critique de ce système (mais peut-être que, vivant 200 ans plus tard dans un monde bien différent, je suis trop exigeante), d'autant plus que les "méchants" s'en sortent très bien dans cette histoire: le fait que Mrs Bennet, Lydia et Wickam ne changent pas le moins du monde de comportement et ne prennent même pas conscience de leur ridicule, de leur vulgarité et de leur méchanceté m'a donné la nausée. (Peut-être que je commence à faire partie des gens qui n'ont pas envie de retrouver dans les livres les choses qu'ils rencontrent dans la vraie vie? Car il faut dire que j'en ai croisés, des gens qui continuaient sans sourciller à se comporter de manière odieuse ou ridicule...)

Simon Langton: Orgueil et préjugés (adaptation télévisée de la BBC, 1995)

On ne m'avait dit que du bien de cette mini-série avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Et, en effet, j'ai tellement accroché que j'ai regardé les six épisodes de 50 minutes en une fois, de 22h30 à 3h du matin environ. C'est une adaptation extrêmement fidèle et superbement réalisée pendant laquelle on ne s'ennuie pas une seconde. Si je ne pense pas que j'aurai un jour la patience de lire le livre de Jane Austen une troisième fois, je compte bien me procurer les DVDs de cette série!

J'ai été tout particulièrement heureuse de retrouver l'excellent David Bamber, l'ambigu Cicéron de la série Rome (qui, faut-il le rappeler, est la meilleure série jamais réalisée).

 
P. D. James: Death Comes to Pemberley (2011)

Enfin, il y a quelques jours, j'ai eu le plaisir orgasmique de sauter sur le dernier livre de P. D. James, l'auteur britannique qui a fait irruption dans ma vie de lectrice avec Les Fils de l'homme.

Death Comes to Pemberley est un roman policier se déroulant, comme son titre l'indique, à Pemberley, quelques années après le mariage d'Elizabeth et de Darcy. La veille du bal annuel organisé en mémoire de la mère de Darcy, Lydia, l'insupportable sœur de Jane et Elizabeth, arrive à Pemberley en hurlant que le capitaine Denny, un ami de son mari Wickam, a tiré sur ce dernier dans les bois.

Après être partis à la recherche des deux hommes, Darcy, le colonel Fitzwilliam et Henry Alveston --un jeune avocat londonien épris de Georgiana, la jeune sœur de Darcy-- découvrent le corps sans vie du capitaine Denny, auprès duquel Wickam, le visage et les mains couverts de sang, pleure et se désespère en semblant s'accuser de la mort de son seul ami.

Je m'étais demandée comment P. D. James allait mettre en place son enquête. D'habitude, ses romans mettent en scène Adam Dalgliesh, un inspecteur-poète méticuleux et assez taciturne, hanté par la mort de sa femme et de leur enfant. L'enquête progresse au rythme des interviews des suspects, qui ont généralement tous un passé sombre, rempli de secrets qu'ils ne souhaitent absolument pas dévoiler. L'égoïsme, la jalousie et les mauvais sentiments en général font la loi dans un monde clos où personne ne se fait d'illusions et où la mort est présente dans toute son horreur.  (Vous voyez déjà le contraste avec le monde austenien.) Je m'attendais donc à ce qu'un gentleman detective fasse son apparition, ou bien à ce qu'Elizabeth, connue pour son intelligence, mène plus ou moins sa propre enquête avec Darcy.

Mais P. D. James a opté pour une autre solution. Le lecteur a tous les éléments en main et j'avais soupçonné, au cours de mes nombreuses et paranoïaques élucubrations, une partie de la vérité, mais aucun des personnages ne passe son temps à se creuser les méninges pour déterminer si Wickam est, oui ou non, un meurtrier. L'intrigue se résout d'ailleurs d'une manière un petit peu simpliste à la fin, dans un retournement de situation que je n'avais encore jamais rencontré dans les policiers de cette auteure.

Malgré cela, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, dans laquelle on retrouve quasiment tous les personnages de l’œuvre de Jane Austen ainsi que de nombreux clins d’œil (je pense notamment à la déclaration de Lady Catherine de Bourgh, qui indique dans une lettre que, si elle avait fait du droit, elle aurait été une excellente avocate, de la même manière qu'elle avait encensé ses prétendues capacités musicales dans Orgueil et préjugés). Les lettres sont ainsi bien présentes et il faut dire que celle de Mr Collins pourrait avoir été écrite par Jane Austen elle-même tellement elle reprend bien le style de ce monsieur. À la fin, j'ai en outre été très heureuse de reconnaître les noms de certains personnages d'Emma --une lecture austenienne que j'ai beaucoup plus appréciée-- cités par Mrs Reynold, l'intendante de Pemberley. P. D. James a déclaré à la presse que Orgueil et préjugés est son livre favori et on sent, en effet, qu'elle le connait sur le bout des doigts.

Un petit avertissement pour les âmes sensibles qui préfèrent les histoires "lisses": comme je m'y attendais, P. D. James a bien ajouté une dose de mauvais sentiments, de doutes, de secrets malsains et de détails sordides dans la vie bien réglée et assez bucolique de ces personnages. Par exemple, l'arrière grand-père de Darcy s'est tiré une balle dans la tête après avoir abrégé les souffrances de son vieux chien, avec lequel il vivait en reclus depuis des années dans une cabane au fond des bois. Le colonel Fitzwilliam, qui est tellement sympathique et séduisant dans l’œuvre de départ, nous est présenté ici comme un suspect potentiel, un homme arrogant qui aime prendre le contrôle des évènements et a clairement quelque chose à cacher. Si vous ne souhaitez pas voir vos personnages préférés entachés de médiocrité et d'égoïsme, mieux vaut passer votre chemin...

Par ailleurs, je continue de recommander chaudement P. D. James. S'il ne s'agit pas ici de sa meilleure enquête policière (d'ailleurs le terme même d'enquête ne me semble pas tout à fait approprié), on retrouve avec plaisir les personnages de Jane Austen et on passe un excellent moment de lecture.

Le roman a été publié en Angleterre en novembre dernier par la maison d'édition Faber and Faber et n'est pas encore disponible en français (laissons un peu de temps à mon confrère ou ma consœur chargé(e) de le traduire). À lire, donc, en VO pour l'instant.

dimanche 29 janvier 2012

Mister Ed

Générique d'une série américaine des années soixante découverte grâce à Cheval Magazine (merci Cheval Mag!). Il me fauuuuuuuut les DVDs. XD


Les paroles du générique d'origine:
A horse is a horse, of course, of course,
And no one can talk to a horse of course
That is, of course, unless the horse is the famous Mister Ed.
Go right to the source and ask the horse
He'll give you the answer that you'll endorse.
He's always on a steady course.
Talk to Mister Ed.

mardi 17 janvier 2012

Top Ten Tuesday (3)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.


Le thème de cette semaine:

Les 10 endroits/univers
que les livres vous ont donné envie de découvrir

Classement par ordre chronologique et non pas par ordre de préférence.

1/ Quand j’étais enfant: Fantasia, le monde merveilleux que découvre Bastien en lisant L’Histoire sans fin. Une idée qui a germé dans ma tête à cause du film de Wolfang Petersen, mais qui a également été alimentée par le livre de Michael Ende, et ce d’autant plus que c’est précisément ce qu’il arrive à Bastien dans l’histoire, de se retrouver à Fantasia!

2/ L’année de mes 14 ans: La Terre du Milieu, évidemment, lors de ma rencontre avec Le Seigneur des Anneaux. (Mais, franchement, qui va faire ce Top Ten sans citer la Terre du Milieu?!)

3/ L’année de mes 15 ans: La Nouvelle-Orléans, grâce aux romans de vampires d’Anne Rice. Une ville romantique et exotique, débordant de fleurs et de parfums, avec les vieilles maisons du Quartier français. C’était la première (et d’ailleurs, je crois, la dernière) fois que j’étais séduite par une ville des États-Unis.
 
4/ Cette même année: La Transylvanie et, par extension, la Roumanie en général. Une envie de voyage engendrée bien sûr par la lecture de Dracula de Bram Stoker.

5/ L'année de mes 16 ans: Poudlard, évidemment, quand j'ai vu le premier Harry Potter au cinéma et que j'ai lu les quatre tomes disponibles à ce moment-là. (Mais, franchement, qui va faire ce Top Ten sans citer Poudlard?!)

6/ Les Halles de 1860. Il ne suffit pas d’aller aux Halles du XXIe siècle, un coin de Paris que je n’aime guère à cause du chaos qui y règne et de la population quelque peu bruyante et idiote qui semble y passer ses journées. Non, il faut remonter au Second Empire, quand les Halles croulaient sous les tas de navets, de carottes, de poireaux, de choux et de pommes de terre et que le pauvre Florent, le maigre, tentait tant bien que mal de survivre parmi les gros, dans un grand livre de Zola, Le Ventre de Paris.

7/ Le Parc Monceau de la même époque, toujours à cause de Zola – car l’hôtel particulier de Saccard, où habite Renée, sa jolie femme, est adossé à ce parc parisien dans La Curée.

8/ Le Madrid des années 1620, avec ses ruelles sombres, ses complots et ses soldats fiers et austères, parce que je suis tombée amoureuse du Capitaine Alatriste d’Arturo Perez-Reverte!

9/ Trantor, la ville-planète servant de capitale à l’Empire Galactique d’Isaac Asimov.


Et je m'arrête là, car je n'arrive pas à trouver un dixième endroit sans me presser les méninges, ce qui signifie clairement que ça ne m'a pas laissé de souvenir impérissable.

vendredi 13 janvier 2012

La trilogie de Fondation

Énorme coup de cœur pour ce grand classique de la science-fiction, probablement l’œuvre la plus connue d'Isaac Asimov: Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation.

L'histoire étant extrêmement subtile, je ne citerai ici que le tout début de l'intrigue: le scientifique Hari Seldon, ayant "prévu" que le grand Empire galactique est sur le point de s'effondrer et que sa chute sera suivie d'une période de chaos d'une durée de 30000 ans, décide de fonder une Fondation de savants pour sauver les connaissances scientifiques de l'époque et assurer le retour à la civilisation en "seulement" mille ans.


Il faut savoir que, à la base, Fondation n'est pas du tout une trilogie mais une série de nouvelles publiées dans la presse entre 1942 et 1950. Ce n'est qu'au début des années cinquante qu'Asimov les a réunies en volume, en écrivant une histoire supplémentaire, qui forme la toute première partie du premier livre (Fondation). C'est là que réside peut-être le seul bémol: les histoires étant séparées de plusieurs dizaines d'années, on rencontre toutes les 70 ou 80 pages une nouvelle série de personnages, les personnages de la nouvelle précédente étant morts, et on peut avoir du mal à tous les cerner. Mais c'est grâce à ce procédé par ellipses qu'Asimov peut couvrir les 400 premières années d'existence de la mystérieuse Fondation, et il arrive extrêmement bien à construire des personnages bien travaillés, crédibles et attachants en quelques pages.

L'histoire de la Fondation étant influencée par toutes sortes de considérations et d'évènements géopolitiques, les dialogues et les rapports de force sont extrêmement subtils. Une vraie jouissance. En outre, Asimov nous mène régulièrement par le bout du nez (il faut savoir que rien, ou presque, n'est jamais ici ce qu'il semble être), notamment dans Seconde Fondation, le dernier tome.

Un détail qui m'a beaucoup plu: cela fait tellement longtemps que l'homme occupe l'ensemble de notre galaxie --l'Empire galactique porte bien son nom-- que l'humanité ne sait plus d'où elle vient, c'est-à-dire sur quelle planète elle est apparue. D'ailleurs, elle ne sait pas non plus pourquoi le calendrier compte 365 jours. Et d'ailleurs, plus personne ne se pose la question, le sujet n'ayant pas le moindre intérêt! (Mais nous, lecteurs du XXe siècle, nous savons! ^^)

Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de mes chers lecteurs, si ce n'est qu'il faut lire Fondation. J'ai hâte de passer une belle commande sur The Book Depository pour me procurer les quatre autres tomes de la série, qu'Asimov a écrit plus de trente ans plus tard mais qui ont néanmoins très bonne réputation.

mercredi 11 janvier 2012

À la poursuite d'Olympe

J'ai récemment eu la chance de trouver en brocante un exemplaire en très bon état du livre À la poursuite d'Olympe d'Annie Jay, que j'avais lu en quatrième à la demande de ma prof de français de l'époque. Je ne crois pas qu'il m'ait laissé un réel souvenir impérissable sur le coup, mais il a pris une sorte de valeur sentimentale au fil des années et je regrettais beaucoup de m'en être séparée à un moment donné, probablement en faisant du tri dans mes livres de jeunesse à l'occasion d'un déménagement.


L'histoire: en 1682, après avoir appris que son père est décidé à lui faire prendre le voile, Olympe de Clos-Renault s'échappe tout bonnement du couvent pour plaider sa cause auprès du paternel. Dans la rue, elle bouscule sans le faire exprès un jeune homme aux yeux verts. Arrivée chez elle, elle comprend qu'elle ne pourra jamais fléchir son père, remarié à une femme plus jeune et très dépensière, qui a la ferme intention de mettre la main sur l'argent de la dot d'Olympe. Du coup, Olympe s'engouffre dans le passage secret qui débouche dans sa chambre, se réfugie dans la famille d'une domestique fidèle et vend des chapeaux pendant quelques temps, tout en essayant de découvrir ce que sa belle-mère manigance précisément avec les individus mystérieux qu'elle rencontre en cachette.

Peu importe que l'histoire soit totalement improbable (c'est une fan de Dumas qui vous parle!): le personnage d'Olympe, jeune fille courageuse et décidée à vivre sa vie comme elle l'entend, est attachant, et ses aventures parmi le petit peuple de Paris nous tiennent suffisamment en haleine pour lire le livre d'une traite (tache facilitée, bien sûr, par le fait qu'il se lit en deux ou trois heures), d'autant plus que l'auteur y instille une bonne dose d'humour. L'aspect historique est bien présent, puisque Olympe passera par la cour de Louis XIV à Versailles et y rencontrera des personnages très hauts placés (il y a du complot dans l'air!), et les amateurs de romance trouveront touchante et amusante son histoire avec Lambert Frémont, le jeune homme croisé à la porte du couvent.

Un livre pour la jeunesse à découvrir ou à relire si, vous aussi, vous avez planché dessus en 4e, ou, pourquoi pas, à offrir à une jeune lectrice amatrice de l'époque du Roi-Soleil (je dois dire que je ne suis pas tout à fait convaincue qu'un lecteur mâle prendra autant de plaisir à le lire...).

mardi 10 janvier 2012

Anonymous

Un billet rapide pour recommander chaudement le film Anonymous de Roland Emmerich avant qu'il ne disparaisse de la programmation de tous les cinémas de France et de Navarre, trop occupés à diffuser Intouchables et autres médiocrités légèretés dans la moitié de leurs salles.


Oui, Emmerich est synonyme de films absurdes à grand spectacle, comme Independance Day, Le jour d'après et 2012 -- et je dois reconnaître que je suis allée voir Anonymous avec une certaine perplexité, en me demandant si ce réalisateur saurait nous offrir un deuxième bon film, vingt ans après Stargate. Mais, ici, point de catastrophes naturelles ou d'explosions à tout va: nous accompagnons le comte d'Oxford, noble ruiné et poète clandestin, à partir du moment où il remet ses manuscrits à un auteur inconnu afin que celui-ci les fasse jouer au théâtre sous son propre nom. Ce jeune homme va cependant, à son tour, les confier à un de ses amis, un acteur nommé William Shakespeare...


Petit à petit, de flash-backs en flash-way-backs*, l'histoire du comte d'Oxford se met en place, depuis sa jeunesse à la cour d'Elizabeth jusqu'à ses "succès" anonymes, le tout sur fond d'intrigue politique.


La première demi-heure m'a donné des frissons de plaisir; et, même si le reste du film n'est plus tout à fait aussi exceptionnel et que certains éléments de l'intrigue sont quelque peu tirés par les cheveux, je suis conquise -- en plus, on passe quelques minutes avec Derek Jacobi tout au début et tout à la fin et c'est David Thewlis**, un des mes acteurs fétiches, qui joue William Cecil.


* Néologisme anglais créé par votre dévouée blogueuse à l'instant pour désigner un flash-back dans le flash-back.
** Acteur britannique qui a notamment joué le Roi Einon dans Coeur de Dragon, un chevalier dans Kingdom of Heaven, le professeur Lupin dans les Harry Potter et le mari d'Aung San Suu Kyi dans The Lady...

jeudi 5 janvier 2012

Bilan 2011 - Objectifs

Cinéma et lectures à part, qu'a-t-il été des objectifs que je m'étais donnés en début d'année?

-Alterner les langues de lecture selon le rythme français-italien-anglais, avec de l'espagnol une fois par mois. Bof bof. Ce type de résolution m'a fait perdre un temps fou à lire des livres assez médiocres en italien et en espagnol (les deux langues les moins bien fournies dans ma bibliothèque), du coup j'ai laissé tomber. Mais j'ai quand même lu 12 livres en espagnol sur l'année.

-Regarder les sept saisons de Buffy et les cinq saisons d'Angel. C'est fait. D'ailleurs le buffyverse me manque énormément et je redeviens dépressive si je pense aux derniers épisodes de ces deux séries.

-Regarder les saisons huit, neuf et dix d'Arabesque. C'est fait sans être fait: j'ai bien regardé trois saisons, mais j'ai dû sauter la dix car elle n'est plus dispo en Italie dans l'édition que je veux (et je veux avoir les DVDs italiens car je regarde ponctuellement un épisode doublé en italien, ça me rappelle un élément positif de mon enfance). Du coup, j'ai regardé les saison huit, neuf et onze.

-Regarder la troisième et la quatrième saison de Dinosaures. C'est fait. Bébé Sinclair forever.


-Relire tous les livres des Chroniques des Vampires d'Anne Rice que j'ai déjà lus et enchaîner sur les nombreux tomes que je n'ai pas lus, en commençant, si j'y arrive, ses histoires de sorcières. QUELLE BLAGUE. Je n'ai même pas relus tous ceux que j'avais déjà lus, je suis seulement arrivée à Armand le vampire (sixième chapitre vampiresque sur douze).

-Relire tout Tolkien, sauf Le Seigneur des Anneaux. QUELLE BLAGUE. Rien lu du tout de mon auteur préféré après avoir relu Le Seigneur des Anneaux en janvier...

-Lire la série de L'Agent des Ombres de Michel Robert. Oui.

-Profiter de la médiathèque pour découvrir de nouvelles choses et ne pas dépenser de l'argent pour des livres que je ne suis pas sure d'aimer. Oui.

-Continuer de piller la DVDthèque de l'Homme. Non. Il en a trop, je n'en viendrai jamais à bout... ^^

-Me mettre à la SF. C'est fait et la rencontre a été plutôt réussie, sauf Fahrenheit 451 qui m'a beaucoup déçue.

-Et regarder tous les films d'Harry Potter, de manière à pouvoir aller voir le dernier film au cinéma en juillet. C'est bon, j'ai tout revu et j'ai enchaîné sur le dernier film au cinéma. Je dois d'ailleurs dire que ces films sont de bonnes adaptations compte tenu de la richesse des livres de départ et du manque absolu de charisme des trois acteurs principaux!

Je ne me suis pas trop mal débrouillée au final. Reste à compléter en 2012 ce que je n'ai pas fait en 2011!

mercredi 4 janvier 2012

Bilan 2011 - Lectures

Aujourd'hui, bilan littéraire de l'année. Comme pour le bilan cinématographique, la liste est "dans le désordre" car il m'est tout à fait impossible d'établir un véritable Top Ten...

Le meilleur livre de l'année: Difficile à dire. Si on laisse de côté les relectures (notamment Le Seigneur des Anneaux, Entretien avec un Vampire, Le Mépris de Moravia et Légende de Gemmell), je dirais le septième Alatriste...

Le moins bon: Entre Trois jours chez ma mère de François Weyergans, Les demeurées et Les mains libres de Jeanne Benameur, La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy, Le royaume des hiboux de Martin Hocke et Mémoire de mes putains tristes de Gabriel García Márquez mon cœur (ne) balance (pas)...

Le coup de cœur: L'Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon, que j'ai déjà offert à quatre personnes, et Fondation d'Isaac Asimov.

Le plus gros: Sans surprises, Le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Mon édition anglaise fait un peu plus de mille pages. D'ailleurs les 150 premières pages prennent la fuite une par une, c'est assez rageant...

Le plus court: Vie et opinions philosophiques d'un chat d'Hippolyte Taine, chroniqué ici.

La meilleure surprise: Un été sans les hommes de Siri Hustvedt. Livre prêté par ma belle-mère (et que je regardais donc d'un œil soupçonneux malgré la critique positive que j'en avais lue sur le blog de Cachou). Lecture prenante et très sympa. Une pensée émue pour les retraitées qui parlent des personnages de Persuasion de Jane Austen comme s'il s'agissait d'amis de longue date; je ne suis toujours pas une amatrice de Jane Austen, mais je me suis retrouvée dans cette manière de considérer des personnages fictifs comme une réalité.

La plus grosse déception: Fahrenheit 451 de Ray Bradburry. Je n'ai pas du tout accroché ce livre culte, ni du point de vue de l'écriture ni de celui de l'intrigue. Et Le repaire du Ver blanc de Bram Stoker, dont j'ai déjà parlé ici et qui m'a laissée de marbre.

Le plus triste/émouvant: La dernière licorne de Peter S. Beagle. Ce livre pour enfants engendre la même mélancolie que le dessin animé des années quatre-vingt.

Le plus exaltant: Certainement Le Docteur Pascal de Zola, qui m'a rendu hystérique pendant quelques dizaines de pages, lorsque Pascal parle de tous les membres de la grande famille des Rougon-Macquart.

Le plus horrible: Certainement La débâcle de Zola, à cause des descriptions de combat et de la souffrance des chevaux...

Le plus musical: The Long Hard Road Out of Hell de Marilyn Manson et Iron Maiden - L'épopée des Killers de Mick Wall. :)

Le plus aventureux: Impossible de départager entre les trois tomes des aventures du Capitaine Alatriste que j'ai lus cette année et The Right Hand of Doom & Other Tales of Solomon Kane de Howard, qui m'a rendue zinzin de Solomon Kane.

Et pour conclure... L'auteur le plus lu: Sans surprises, c'est Zola, avec huit livres (les trois derniers chapitres des Rougon-Macquart, Thérèse Raquin, Madeleine Férat, La Confession de Claude et deux recueils de contes et de nouvelles). Viennent ensuite Anne Rice (six livres) et Michel Robert (cinq livres), puis P. D. James et Arthur Conan Doyle (quatre livres chacun).

mardi 3 janvier 2012

Mystère!

Il se passe des choses très bizarres sur ce blog. J'ignore totalement pourquoi il n'y a plus qu'un seul billet en page d'accueil...