mercredi 3 août 2022

La gamelle de juillet 2022 🎶

Comme d’habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, qui se sont caractérisées par une certaine musicalité.

Sur petit écran

Rien.

Sur grand écran

Bodyguard de Mick Jackson (1992) 🎶

Quel bonheur, que les cinémas UGC repassent de vieux films! Redécouvrir Bodyguard, que je n’avais vu qu’une fois et il y a fort, fort longtemps, a été un plaisir, et le cinéma était le lieu idéal; chez moi, avec mon téléphone à portée de main, j’aurais probablement décroché à un moment donné, du fait que l’intrigue amoureuse, centrale, n’est pas le type d’élément scénaristique qui m’intéresse le plus. Dans le noir, au calme, j’ai pu en profiter pleinement. J’ai trouvé que le film transmettait bien une certaine tension dans les scènes en public, quand on comprend à quel point la foule et l’agencement des lieux clos deviennent un enfer pour un garde du corps. On sent qu’il est impossible de tout surveiller et que le danger peut surgir de partout. Niveau acteurs, Kevin Costner n’est pas forcément super séduisant, mais il dégage quelque chose d’assez hypnotique; quant à Whitney Houston, elle est superbe ET dégage quelque chose d’assez hypnotique.

J’ai parfois l’impression que la mise en scène des personnages féminins a régressé depuis les années quatre-vingt-dix. Ici, comme d’autres fois, j’ai trouvé le personnage féminin très libre et indépendant. Elle a un enfant dont on ne connaît pas le père (et on se fout éperdument de savoir qui est le père, ce n’est même pas mentionné), elle dit en face au perso de Kevin Costner "But I can’t fuck you?" quand il la quitte, elle flirte avec un autre mec et le fout dehors quand elle décide de ne finalement pas coucher avec lui… Et même quand elle présente les Oscars, on ne voit pas ses seins. Je trouve que bien des actrices pourraient en prendre de la graine, car les remises de prix c’est souvent un Grand Défilé de Nichons, quand même.

Enfin bon bref, un film certes pas inoubliable, mais qui a ses bons côtés et qui ne manque pas de modernité. Et à la fin, vous inspirez un bon coup et vous chantez "And IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII willlll aaaaaaaaaaalllllwaaaaaaayyyyyyyyyzzzzzzz looooooooooooooooooooovvve youuuuuuuuuuuuuuuuuuu". 🤩🎶 Que demander de plus?

Elvis de Baz Luhrmann (2022) 🎶
Biopic musical longuet, ce film m’a beaucoup plus captivée durant sa première partie, qui retrace l’ascension d’Elvis Presley, que durant sa deuxième partie, qui montre la dégradation de ses relations avec son imprésario et sa lente déchéance. La musique est plutôt prenante au début, y compris dans des genres que je n’écoute pas (le blues? Je n’en sais rien…), et j’aime beaucoup les rares chansons que de connais d’Elvis Presley (Heartbreak Hotel!!! 🤩), mais à la fin, j’avais hâte que ça se termine, car je m’ennuyais. Disons que j’ai trouvé Baz Luhrmann nettement plus inspiré dans Moulin Rouge!. 😄 Il est toutefois très intéressant de voir Tom Hanks dans un rôle de méchant, lui qui me semble toujours jouer le type bien et chiant à mourir, et j'ignorais totalement qu'il y avait eu une composante raciale dans le scandale entourant les débuts d'Elvis. Et ouvrez grand les yeux si vous voyez ce film, car vous pourriez bien apercevoir des photos des personnages de Star Trek. 😍

Thor: Love and Thunder de Taika Waititi (2022) 🎶⚡
Un quatrième opus poussif, qui force le trait jusqu’à la caricature – tout du long, je me suis cru dans un pastiche des côtés les plus ridicules des films Thor et non dans un film Thor à proprement parler. Après les bandes-son des années quatre-vingt destinées à faire "authentique" et "cool" dans les Gardiens de la Galaxie, on dégaine maintenant les années quatre-vingt-dix... Et ça n'a pas l'air plus authentique, même ces bons vieux Guns 'n' Roses ne m'ont pas motivée. 😄 J’ai rigolé à certains trucs, j’ai été contente de retrouver certains personnages, mais j’espère qu’ils réussiront à trouver un second souffle pour la suite… Quant à Russel Crowe, je ne comprends pas qu’il soit allé jouer un personnage si grossièrement ridicule, ça me dépasse. 😄

Du côté des séries

Toujours rien. 🤯

Et le reste

J’ai eu beaucoup de mal à lire des livres, mais j’ai réussi à avancer considérablement dans les revues. J’ai d’abord lu le Cheval Mag de juillet, que je n’avais pu lire fin juin, puis un vieux numéro de Courrier International (numéro 1613, du 30 septembre au 6 octobre 2021) dont la une était consacrée à la rivalité entre la Chine et les États-Unis. Quand je l’ai vu dans l’entrée de mon immeuble, sur le comptoir où l’on peut déposer les livres à donner, je me suis dit que l’actualité va bien vite et que la Russie a envoyé la Chine aux oubliettes pour bien des gens… (Dont moi, hein.) En vacances, j’ai lu un hors-série de Première consacré à Matrix, ce qui donne, bien entendu, fortement envie de replonger dans ce film mythique et de (re)découvrir ses suites. Sur l’ensemble du mois, j’ai aussi lu trois anciens numéros de Livres Hebdo. Je ne lis qu’une partie des nombreuses chroniques de sorties, ce qui me permet de gagner beaucoup de temps, mais je suis quand même heureuse d’en avoir sorti trois de la pile d’environ dix mille anciens numéros que j’ai laissée s’accumuler. Et enfin, en fin de mois, j’ai lu le Cheval Magazine d’août. 🤗

Et vous, mes petits lecteurs, comment ça se passe cet été?

vendredi 29 juillet 2022

Égarer la tristesse (2019)

À Paris, Élise, âgée de 31 ans, élève seule son bébé, dont le père est mort alors qu’elle était enceinte. Sa vie est bien réglée et centrée sur son enfant, avec peu de contacts sociaux. Mais soudain, la dame âgée qui habite à l’étage au-dessus du sien lui donne les clés de sa résidence secondaire à Pornic pour qu'elle s'y installe. Sans trop savoir pourquoi, Élise accepte sa proposition et décide de "délocaliser sa tristesse" au bord de la mer. Quelle n’est pas sa surprise lorsque le petit-fils de sa voisine débarque à son tour, aussi ébahi qu’elle…

Bon, je suis quelque peu combattue à propos de ce bouquin, c’est assez étrange. 😄

D’un côté, j’ai été très surprise par l’histoire. Je suis Marion McGuinness sur Twitter, où j’apprécie son ton mordant – caustique me semble l’adjectif approprié. Je m’attendais donc à quelque chose de bien cynique et je suis restée bouche bée en lisant la quatrième de couverture, qui m’a annoncé un feel good book avec une histoire d’amour visible à mille kilomètres. Le style, quant à lui, est léger et simple; c’est un roman qui se lit très facilement. J’imaginais quelque chose de grinçant et drôle; ce n’est pas du tout le cas.

D’un autre côté, j’ai été rebutée par la présence centrale du bébé; Élise est constamment en train de porter son fils "sur sa hanche", de le "poser" quelque part ou de le serrer contre elle. Elle allaite et adore cela. Elle calme ses angoisses, la nuit, en le regardant dormir. Hmmm. Pas du tout ma came… Bon, je conçois bien que quand vous vivez seule (ou seul) avec un bébé, vous devez le gérer constamment (et, oui, que vous devez le poser quelque part en rentrant chez vous ^^). Et celui-ci n’est même pas chiant, d’ailleurs. Mais bon. Pas ma came.

D’un autre côté encore, l’histoire a très bien marché sur moi. J’ai lu le roman en trois soirs, ce qui est très rare. Certes, il est facile à lire, comme je l’ai dit, mais j’étais vraiment contente d’y revenir. Je me suis attachée à Élise et Clément, son colocataire involontaire, et mon cœur d’artichaut a attendu avec espoir et enthousiasme qu’ils se rapprochent. 😍 J’ai aussi apprécié que l’histoire se passe à Pornic, ville que je connais dans la vraie vie. Mais surtout, j’ai pleuré pendant les cinquante dernières pages. Je n’ai pas compté avec précision, mais ça doit être ça. Toute la fin m’a fait pleurer. Ça parle de la mort et de la séparation, et de la manière dont on regarde en arrière – autant de thèmes que je gère très mal.

Quant au titre, je le trouve très réussi et évocateur…

Et puis, c'est une histoire d'amour toute simple dans laquelle un gars normal et sympa tombe amoureux d'une femme élevant seule un bébé de moins d'un an et trouve normal qu'elle ait son bébé avec elle. Moi, je n'ai pas spécialement envie de lire des histoires avec des bébés, mais ça fait partie de la vie et c'est super chouette de voir un gars qui trouve ça tout naturel. Un mec bien, quoi.

Bref, voilà. Ce livre n’est pas censé être pour moi, mais il m’a touchée. Je suis d’ailleurs étonnée qu’il n’ait pas fait un carton. Entre le contexte contemporain et quotidien, le côté "gens normaux" des protagonistes, la thématique amoureuse et familiale et le style facile à lire (mais précis en même temps), j’aurais tendance à penser qu’il a tout pour plaire au plus grand nombre.

Pourquoi ce livre?
Parce que j’ai rencontré l’autrice au festival du livre de Paris. D’ailleurs, elle m’a promis des chats dans la dédicace et j’ai été déçue; il y a effectivement des chats dans ce roman, mais ils n’y jouent guère de rôle. Scandale! 😸

dimanche 24 juillet 2022

Ursula K. Le Guin. De l'autre côté des mots (2021)

Peu d’écrivains suscitent en moi un intérêt tel que je lis des livres sur eux: seulement J.R.R. Tolkien, Émile Zola et Anne Rice, je crois. S’y ajoute maintenant Ursula K. Le Guin, car notre Vert nationale a participé à cette super monographie publiée par Actu SF et dirigée par David Meulemans. J’ai donc franchi le pas et je me suis attaquée à ces 430 pages grand format, divisées en 31 interventions sur les sujets les plus variés: ses romans, sa vie, le tao, son travail de traduction… Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Le Guin, en somme.

Tous les textes ne m’ont pas autant parlé les uns que les autres, bien entendu. Celui de Florence Klein sur Lavinia, par exemple, m’a surtout rappelé à quel point je connais mal les mythologies antiques. Celui de Jeanne A. Debats m’a confortée dans l’idée que cette autrice ne fait pas du tout pour moi. J’ai trouvé plusieurs fois qu’on qualifie facilement Le Guin de féministe, alors que, pour ce que j’ai pu en voir dans la Main gauche de la nuit, elle n’était pas dans une démarche féministe (au sens de: se voyant comme une démarche, militante, engagée, destinée à faire passer un message). M'enfin, ça ne fait qu'un bouquin, ce n'est pas grand-chose pour fonder mon opinion.

Dans l’ensemble, toutefois, cette monographie est passionnante et brosse le portrait d’une femme hors du commun, avec une intelligence très fine et une multitude d’intérêts. J’ai l’impression qu’elle a tout fait dans sa vie, c’est impressionnant. Elle devait donc également avoir une capacité de travail non négligeable, d’autant que je crois savoir qu’elle avait plusieurs enfants (mais combien? La monographie n’en parle pas et Wiki non plus!) et que c’est majoritairement elle qui s’est occupée d’eux. Pour tout vous dire, ma lecture m’a évoqué l’exposition de la BNF sur Tolkien en 2019, dont il ressortait clairement que Tolkien était totalement hors du commun, une intelligence de géant. Eh bien voilà, Le Guin aussi, elle est du même calibre. L’humanité sort des cerveaux comme ça une fois sur un million. 🤯

Ma seule critique sérieuse concernant cette monographie porte sur l'absence de présentation des auteurs et autrices. Quelques lignes auraient été utiles pour savoir de qui il s'agit. Certains sont célèbres, comme Jeanne A. Debats, mais dans l'ensemble je ne connaissais personne.

En attendant que la BNF nous sorte une exposition à tomber sur Le Guin, je suis ravie d’avoir acheté le Bifrost qui lui est consacré. J’espère donc retrouver Madame Gros Cerveau dans l’année. Et puis, un jour, ce serait bien que je lise un autre de ses bouquins, quand même.

Livres de l’autrice déjà chroniqués sur le blog
The Left Hand of Darkness (1969)
Le Langage de la nuit (1973-1977)

mardi 19 juillet 2022

La Mort de la Terre (1888, 1912 et 1925) + Til A' the Seas (1935)

J'ai adoré J.H. Rosny aîné dans le roman préhistorique et je l’ai apprécié dans le roman fantasy. Qu’en a-t-il été en SF? Je vous dis tout!

❗ Attention, ce billet contient nombre de divulgâcheurs! 

Une femme nue, c'est toujours pertinent, quel que soit le sujet... 😶

La Mort de la Terre est un recueil de trois nouvelles totalement indépendantes, mais néanmoins savamment réunies.

Les Navigateurs de l’infini (1925)

Trois astronautes français débarquent sur Mars. Ils sont les premiers hommes à atteindre la Planète rouge. Ils inspectent soigneusement les lieux et ont le plaisir d’y découvrir LA VIE! 🤩 Y compris une forme de vie consciente, les tripèdes. La rédaction et le ton sont merveilleusement désuets, c’est formidable, et j’ai énormément apprécié que l’auteur nous donne à voir des extraterrestres très différents de nous. Tellement différents, pour être honnête, que je suis incapable de les décrire. Les tripèdes ont trois jambes et de très beaux yeux, c’est tout ce que je peux vous dire. C’est une vraie histoire de découverte de la différence dans des relations pacifiques entre espèces conscientes (avec une autre espèce, par contre, la situation est plus belliqueuse). On est à l’extrême opposé d’une créature telle que l’alien de Ridley Scott, dénuée de toute personnalité individuelle et réduite à sa dangerosité.

Le Cataclysme (1888)

"Au plateau Tornadres, depuis quelques semaines, la nature palpitait, équivoque, angoissante, tout son délicat organisme végétal parcouru d’électricités intermittentes, de signes symboliques d’un grand évènement matériel. Les bêtes libres […] prirent un parti extraordinaire, propre à épouvanter : elles émigrèrent, elles s’enfoncèrent aux vals de l’Iaraze."

Ainsi commence cette description d’une calamité mystérieuse, qui s’abat inexorablement sur un plateau où vivent, entre autres, Sévère et Luce, spectateurs apeurés et impuissants. J’ai trouvé ce texte brillant. Malgré sa brièveté, il arrive à nous faire aimer le protagoniste et à nous faire éprouver toutes ses angoisses. Et le mystère demeure jusqu’au bout.

La Mort de la Terre (1910)

Le texte qui donne son titre au recueil est le plus long et le plus abouti dans la description du contexte et le suivi du protagoniste. Nous sommes dans un futur lointain et l’être humain, sur Terre, est cantonné à quelques oasis isolées. Le reste de la planète, bouleversé par les cataclysmes et asséché, est devenu inhabitable pour nous et est colonisé par les ferromagnéteux, une nouvelle espèce que je suis incapable de décrire (je les visualise comme des lichens 🤨🤔) et qui prospère sur les fers autrefois utilisés par l’humain. Nous suivons les éventures de Targ, un homme qui quitte son oasis pour prêter secours à une autre, où il aura la chance de découvrir une nappe phréatique insoupçonnée. Mais inexorablement, sans cesse, les éléments s’allient contre l’être humain et celui-ci recule, jusqu’à une fin sans concession qui fait forcément quelque chose.

Notons que l’euthanasie est parfaitement admise et même nécessaire dans cette société. En cas de difficulté, des personnes sont mises à mort (de manière douce) pour permettre la survie du groupe. Dingue.

Ce dernier texte m’a énormément rappelé la nouvelle Till A’ the Seas de Lovecraft, que j’ai relue dans la foulée. L’histoire est foncièrement la même, celle du dernier homme sur Terre. Mais le traitement est radicalement différent, car Lovecraft ne nous donne à voir ce dernier homme que lorsqu’il est déjà seul et quitte son lieu de vie après la mort de la seule autre habitante, une femme très âgée. Son périple est plus douloureux à cause du manque d’eau, et sa fin, tragique évidemment, est aussi horriblement ironique: ayant enfin trouvé un puits dans un petit village peuplé de squelettes, il se penche pour prendre de l’eau, tombe dedans, tape la tête et meurt dans l’eau stagnante et boueuse. 👀

Chez Rosny aîné, la volonté de survivre de Targ et la présence de ses proches confèrent au récit, jusqu’au dernier moment, quelque chose d’humain et d’émotionnel. Ici, c’est tout l’inverse. La disparition de l’humanité n’a pas plus de valeur que son existence…

"All the teeming billions; the slow aeons; the empires and civilizations of mankind were summed up in this poor twisted form—and how titanically meaningless it all had been!"
(Votre propre joie de vivre vous dégoûte? Lisez Lovecraft, vous déprimerez vite fait bien fait...😅)

J’ai lu une autre histoire sur la fin de l’humanité, The Last Man de Mary Shelley, mais j’en garde un souvenir épouvantable, j’avais trouvé ça horriblement chiant, donc je ne suis pas allée le relire. Il est intéressant, en tout cas, de voir comment le thème a été traité au fil des années de bien des manières.

Allez donc voir ailleurs si cette mort y est!
L'avis de Vert

jeudi 14 juillet 2022

Dinotopia (1992-2007) 🦖🦕

Mieux vaut tard que jamais: des années après avoir lu Dinotopia. A Land Apart From Time de James Gurney, j’ai profité d’avoir reçu le troisième tome en cadeau pour compléter cette série de quatre romans illustrés et m’y attaquer sérieusement. Suivez-moi, je vous emmène à la découverte d’une île pas comme les autres...

Dinotopia : A World Apart From Time (1992)

Ayant lu le premier tome il y a déjà huit ans (🤯), j’ai commencé par le relire pour me rafraîchir la mémoire. Il est absolument merveilleux et je n’ai pas grand-chose à ajouter à ma chronique de l’époque, que je vous invite chaleureusement à lire ou relire, si ce n’est que l'île de Dinotopia est bien, comme son nom l’indique, une utopie, c’est-à-dire un monde où les choses se passent bien. Une société en harmonie, où deux familles d’êtres vivants très différents profitent de leurs forces respectives pour s’entraider. Même les dinosaures carnivores, qu’on voit à peine dans ce tome, ne sont pas gérés par la violence, mais... par des dons de poissons destinés à satisfaire leur faim sans qu’ils ne tuent et ne mangent les habitants conscients de l’île.

Des dinosaures, des dessins superbes et un message positif: on tient le livre parfait, non? 😍

Dinotopia. The World Beneath (1995)

Le deuxième tome change de structure par rapport au premier, puisqu’on lit un texte rédigé à la troisième personne, comme dans la plupart des récits, et non le journal de l’un des personnages. J’ai trouvé ça dommage. Le fait qu’on lise les impressions d’Arthur Denison et qu’on voie ses dessins donnait quelque chose de touchant au récit et le rendait très cohérent. Là, texte et légendes de dessins font avancer l’intrigue de concert, mais ça paraît beaucoup moins logique que dans un journal…

Un autre élément m’a gênée: il semble souvent manquer des informations, comme si on sautait des pages entre deux paragraphes, ou bien le passage du temps n’est pas bien marqué. Ainsi, au début, ça fait cinq ans que les Denison sont à Dinotopia. Mais qu’ont-ils fait durant ces cinq années? Le premier tome ne suffit pas à remplir une période aussi longue, et on ne comprend pas pourquoi Arthur s’attaque soudain au mystère du monde souterrain qu’il a découvert à la fin du premier tome. Pourquoi ne pas avoir agi avant? De même, à la fin de l’ouvrage, la course-poursuite à dos de Giganotosaurus m’a laissée perplexe. Vu la carte, elle devrait durer des jours, car les ruines où elle commence et la mer où elle se termine sont très éloignés. Là, on dirait un simple sprint… 🤔🤨

Malgré ces bémols, The World Beneath reste un plaisir extraordinaire, car l’île de Dinotopia est toujours aussi riche de merveilles et que le dessin de James Gurney est toujours aussi superbe. C’est un vrai plaisir de s’attarder sur les dessins pleins de couleurs, de douceur et de détails, avec des influences multiples. Globalement, l’art visible ici est occidental, mais il y a aussi des éléments provenant d’autres parties du monde, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que Dinotopia accueille, depuis toujours, les naufragés sauvés par les dauphins – et qu’il n’y a évidemment pas de nationalité particulière à avoir pour faire naufrage. Un petit Triceraptops pourra ainsi jouer avec un enfant blanc, noir ou asiatique, et ça va de soi. 😍

Dans ce tome, il y a aussi un petit côté steampunk avec un sous-marin très vernesque et des véhicules autonomes en forme de dinosaure.

Dinotopia. First Flight (1999)

Le troisième tome raconte l’histoire de Gideon Altaire, un jeune garçon vivant à Poséidos durant l’Âge des Héros. Ayant découvert que le royaume de Poséidos, qui a remplacé tous les animaux par des robots, s’apprête à attaquer les autres royaumes de Dinotopia, il prend la fuite pour les prévenir et les aider. Il fera équipe avec plusieurs animaux (un ptérosaure, un reptile et des mammifères) et sera le premier humain à voler à dos de ptérosaure, d’où le titre. Cette édition spéciale vingtième anniversaire est complétée par un récit de la même époque, qui n’a que peu d’illustrations et que j’ai trouvé incomplet; c’est comme si on avait uniquement le plan et non le texte final. Cette lecture m’a donc semblé constituer, avec le tome précédent, une sorte de "ventre mou" de Dinotopia.

Dinotopia. Journey to Chandara (2007)

Le quatrième ouvrage renoue avec le format du journal et redonne la parole à Arthur Denison, narrateur du premier tome. Et c’est une pure merveille. J’y ai retrouvé toute la force du premier.

Arthur et Bix, le (la? 🤔) Protoceratops, se mettent en route pour Chandara, un royaume de Dinotopia refermé sur lui-même. C’est l’occasion, pour les deux personnages, de rencontrer des communautés différentes, et, pour l’auteur, de nous présenter de nouveaux dinosaures, dont des espèces dotées de plumes! Comme il l’explique dans la postface de cette édition Calla, les connaissances sur les dinosaures ont évolué après la publication du premier Dinotopia et ce royaume resté mystérieux jusque là était très commode pour montrer de nouvelles espèces. On retrouve aussi une inventivité extraordinaire avec des lieux de vie improbables (trois bateaux plantés à la verticale dans le sol!), des dinosaures pleinement intégrés à la vie en ville (le Brachiosaurus pompier!! Holàlà!!) et des modes de vie tranquilles qui font du bien au moral. Dinotopia, c’est un peu comme Becky Chambers: il ne se passe pas énormément de choses, on se doute bien que tout se terminera bien, on se promène tranquillement avec des gens sympas… mais il y a des dinosaures. 😍

Pour conclure, je ne saurai trop vous inciter à lire Dinotopia si vous lisez l’anglais ou réussissez à dénicher une édition française – le premier tome a été publié en français par Albin Michel, le quatrième par Fleurus. C’est de l’émerveillement à l’état brut, le genre d’univers qui met des étoiles dans les yeux et vous fait regretter de ne pouvoir vous y rendre sur le champ. Et la vision qui sous-tend ces ouvrages est formidable: James Gurney ne nous dit pas que la collaboration et le pacifisme sont possibles, il nous montre comment ça se passe quand une société fonde son fonctionnement sur ces valeurs. Je classe ces bouquins avec Arthur C. Clarke, Becky Chambers et Star Trek, ces gens et ces persos que j’ai envie de prendre comme modèle moral dans ma propre vie.

Si vous avez des enfants, je vous le recommande encore plus; si j’avais lu Dinotopia quand j’étais enfant, cette île aurait eu autant d’importance pour moi que Fantasia. 💖

Il va sans dire que mon nouvel objectif de vie perso et pro est donc maintenant de motiver un éditeur français à (re)publier Dinotopia en français en me confiant la traduction, comme pour Saurian. Si vous avez des idées de maison, je prends. 😊

Le petit truc en plus que je tiens à vous dire: vous vous souvenez peut-être de mes galères pour me procurer Saurian sans passer par Amazon (ou plus précisément par The Book Depository, que j'ai longtemps utilisé mais qui appartient à Amazon).Cette fois, j'ai comandé auprès de Kennys', une librairie de Galway, dans l'ouest de l'Irlande. Outre leur service de vente sur place, ils livrent dans toute l'Union européenne pour un euro l'ouvrage. La livraison n'est pas aussi rapide que chez certains concurrents, mais moi je m'en fiche, je préfère attendre et donner des sous à une entreprise de plus petite taille. En plus, ils réunissent les ouvrages d'une même commande dans un seul carton, dans la mesure du possible. Le site est facile à utiliser et mes deux Dinotopia sont arrivés dans un état impeccable. Je pense donc avoir trouvé mon nouveau fournisseur. 🤩 Je leur délègue avec bonheur la gestion des formalités douanières avec le Royaume-Uni quand celles-ci sont nécessaires. 😂

Allez donc voir ailleurs si Dinotopia y est!

samedi 9 juillet 2022

Challenge Pavé de l'été 2022

Fidèle au poste, Brize organise une fois de plus le challenge Pavé de l'été! 🥳🥳 Cette année, le pavé décolle en montgolfière!

Le principe est simple: lire au moins un livre de 550 pages minimum dans sa version papier et en publier une chronique entre le 21 juin et le 23 septembre. Toutes les infos sont sur la page de présentation du challenge.

Faute de pavé, je n'ai pas pu participer les deux dernières années. Mais cette année, j'ai eu le plaisir de constater que deux pavés attendaient dans ma pile à lire! Je suis joie, je suis bonheur, je suis extase! 🤩

Vous devriez donc bientôt (hmm...) entendre parler de Chroniques du pays des mères d'Elisabeth Vonarburg et de Zahhâk, le roi serpent de Vladimir Medvedev, traduit du russe en français par Emma Lavigne. J'ai hâte!

lundi 4 juillet 2022

Les BD du deuxième trimestre 2022

Un trimestre entièrement occupé par Hellblazer. 🖤 Même pas la place pour un petit chaton. Le bilan semble bien modeste par rapport à d'autres trimestres, mais ça m'a pris du temps de lire tout ça. Heureusement, John Constantine ne déçoit jamais...

Hellblazer, épisodes 175 à 215, épisode 229 et mini-série Toutes ses machines, par Mike Carey (scénario) et de multiples dessinateurs, traduit de l’anglais par Jérémy Manesse (2002-2007)

J’ai adoré cette longue succession d’épisodes menés par un seul et même scénariste, qui racontent peu ou prou une histoire complète. Et une histoire comme je les aime: démons, invocations, possessions, tromperies et rivalités, voyage aux enfers… De l’occultisme, ce qui fait le cœur de Hellblazer depuis le début. Certains épisodes sont meilleurs que d’autres, bien sûr, et pour ma part j’ai toujours un peu de mal à reconnaître un personnage d’un numéro à l’autre (et d’un dessinateur à l’autre, n’en parlons même pas…), ce qui m’oblige souvent à revenir en arrière pour comprendre. Par exemple, Gemma et Angie sont totalement interchangeables, c’est horrible! Néanmoins, c’était vraiment chouette. Niveau dessin, j’ai retrouvé avec plaisir Steve Dillon dans les deux premiers épisodes et Marcelo Frusin dans de nombreux autres, et j’adore les couvertures de Tim Bradstreet même si je ne vois que rarement le lien avec l’histoire. 😂 J’ai lu les numéros 175 à 215 et l’épisode 229 dans les sept volumes publiés par Panini, en commençant par le Sépulcre rouge dont vous avez le visuel, puis j’ai lu les cinq numéros de la mini-série Toutes ses machines dans l’intégrale publiée par Urban.

Les dossiers de Hellblazer – Mauvais sang de Si Spencer (scénario), Sean Murphy (dessin) et Dave Stewart (couleur), traduit de l’anglais par Philippe Touboul (2010-2011)

Cette mini-série de cinq épisodes confronte John Constantine aux effets de son propre sang, qui, sous l’influence du sang du démon Nergal, pousse les humains au meurtre. Les responsables: deux médecins mal intentionnés, qui injectent ledit sang à leurs patients à l’insu de ces derniers. Une histoire sympathique, cohérente avec le personnage et les épisodes précédents (y compris dans son côté sanglant ^^), mais pas très marquante non plus.

Avec ce volume publié par Urban, j’ai lu tous les Hellblazer présents dans la bibliothèque de mon homme. J’attends de recevoir les Dossiers de Hellblazer 2, que j’ai commandé, et, heureusement, Urban publiera bientôt les épisodes scénarises par Paul Jenkins (voir ici), alors vous devriez bientôt retrouver ce bon vieux John sur le blog… Toujours la clope au bec, bien entendu.💖

mercredi 29 juin 2022

La gamelle de juin 2022

Ce mois de juin a extrêmement bien commencé, puisque j’ai eu la chance de faire le marathon Jurassic World au cinéma: les deux premiers films dans l’après-midi, puis le troisième opus en avant-première le soir. Une journée épuisante pour les yeux, mais mémorable.

Sur petit écran

Jurassic World: Fallen Kingdom de J. A. Bayona (2018)
Mon copain a regardé le deuxième Jurassic World lorsqu’il est passé sur je ne sais quelle chaîne. Alors, fatalement, je suis restée là, devant la télé, à regarder aussi. Mais comme j’avais vu le film au cinéma la veille, je vous en parle dans la rubrique suivante. 😊

Peter Pan de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske (1953)

Bien que Peter Pan ne soit pas mon Disney préféré, et de loin, je lui reconnais une sympathie indéniable et de belles réussites musicales. Sur ce point, je trouve que les Disney classiques réussissaient très bien à marier image et son pour donner plus d'émotion et une dimension supplémentaire aux personnages et à l'histoire. Et le crocodile, mesdames et messieurs. Le crocodile. 👌👌 Voir aussi mon avis d'il y a trois ans.

Sur grand écran

Jurassic World de Colin Trevorow (2015)

Quelle joie de revoir ce film au cinéma 😍 Il ne joue pas dans la même cour que Jurassic Park, évidemment, mais plus je le vois et plus je l’apprécie. Il assume totalement le côté hommage-filiation-grossissement et joue dessus, avec des personnages qui évoquent directement le fait qu’il faut aller toujours plus loin pour entretenir l’intérêt du public. C’est un peu comme quand Spielberg filmait le merchandising de Jurassic Park dans Jurassic Park, vous voyez. Et j’ai été étonnée de voir qu’il s’agit un peu plus du film de Claire que de celui d’Owen; elle est présentée la première et est souvent plus présente que lui à l’écran. Et c’est elle qui a la plus belle scène du film, quand elle va chercher "plus de dents" pour lutter contre l’Indominus rex. Et cette scène quand Blue charge. 🤩 Holàlàlàlà!!!!!
Vous pouvez retrouver mes avis précédents en utilisant le tag Histoires de dinosaures.

Jurassic World: Fallen Kingdom de J. A. Bayona (2018)

Je n’avais vu le deuxième film qu’une fois, lors de sa sortie, et j’en gardais un bon souvenir. J’y ai retrouvé les éléments que j’avais trouvés étonnamment sombres pour une franchise destinée en grande partie à des enfants: le premier meurtre de toute la saga (des morts, il y en a eu, évidemment; mais, jusqu’à maintenant, jamais un humain n’en avait tué un autre); une révélation bouleversante et macabre destinée à une enfant (le merdeux de service qui balance à Maisy qu’elle est en réalité le clone de sa mère); et une scène dans laquelle le dinosaure est clairement le monstre caché dans le placard, que je trouve inquiétante même à trente ans passés (la main de l’Indoraptor qui se tend sur le lit de Maisy). J’apprécie aussi le fait qu’on voie pour la première fois les dérives clandestines de l’existence des dinosaures, avec cette vente aux enchères où les rois du pétrole et du trafic d’armes sortent des millions pour acheter le dinosaure qui leur fait envie. J’aime beaucoup les deux personnages secondaires qui travaillent avec Claire, la vétérinaire et l’informaticien; c’est comme si les millenials étaient enfin arrivés dans Jurassic World! Ils ne sont pas très présents, mais c’est chouette qu’ils existent. La scène de la prise de sang est très drôle et la fin est géniale, avec nos chers dinosaures qui partent à la conquête du monde. 😍 Et ici aussi, c’est plus le film de Claire que celui d’Owen; elle lance le film et l’intrigue et est chargée de la Décision Importante à la fin.

La seule chose qui m’a vraiment fait hurler, au-delà des énormités habituelles des films d’action (qui ne me font plus hurler depuis longtemps 😂), c’est la taille variable des cages. Un animal à l’étroit dans sa cage semble soudain capable de courir en tout sens, c’est absurde.

Jurassic World: Dominion de Colin Trevorow (2022)

Et enfin, le clou du spectacle, le film tant attendu, le film du monde d’après…

**Roulement de tambours**

Je dois vous dire franchement que le problème d’enchaîner les trois films, c’est qu’on voit les répétitions, à tel point que le tyrannosaure qui se bat dans l'obscurité en devient lassant. 🙄 Le film a également un problème de rythme. Il y a pas mal de personnages, ils sont séparés en petits groupes et CHAQUE groupe doit avoir son combat contre une espèce carnivore différente avant de retrouver les autres. Et Claire et Owen ont aussi une course poursuite un peu nulle à Malte… Et le méchant est parfaitement insipide.

Du côté du bon, il y a toutefois pas mal d’éléments aussi. D’abord, deux scènes sympathiques avec des herbivores au début, où on a réellement le temps de les voir, et qui servent d’introduction, avec un reportage télévisé et une scène avec Claire en mode L214, pour montrer ce que le monde est devenu depuis qu’il est peuplé d’espèces disparues. La partie à Malte, bien qu’elle ne m’ait pas emballée, montre comment la clandestinité et les trafics se sont emparés de cette nouvelle société.

Du côté des personnages, c’est assez jouissif, puisqu’on en retrouve énormément. Maisy, la petite fille du deuxième film, est devenue une ado et est importante pour l’intrigue. La véto et l’informaticien du deuxième opus apparaissent au début, ce qui est très chouette. Et surtout, on retrouve Ellie Sattler, Alan Grant et Ian Malcolm. Les deux premiers ont une très belle alchimie, ça faut chaud au cœur, et le troisième est fidèle à lui-même. Côté dinosaures, on a une belle palette, et quelques-uns ont des plumes!!! Je répète: quelques-uns ont des plumes!! Il était temps!!

Comme pour les deux premiers, c’est Claire qui lance le film, et non Owen… 😉

Ajout après le deuxième visionnage: j’ai beaucoup plus apprécié le film la deuxième fois. Je n’y ai vu aucun problème de rythme et j’ai même apprécié la partie à Malte. Je pense que j’étais au bout de ma vie après avoir déjà passé cinq heures et demi dans le noir. 😅 Je signale aussi qu'il y a une vraie féminisation, avec pas moins de quatre femmes dans le groupe de personnages principaux, plus une méchante (assez insipide, elle aussi, mais quand même moins que le grand méchant).

Top Gun: Maverick de Joseph Kozinski (2022)

Un film sympathique, qui m’a beaucoup plus plu que le premier (que j’ai, disons-le en sa défense, probablement découvert vingt ans trop tard pour l’apprécier). Je pense qu’il y a beaucoup de fan service qui m’a échappé et j’ai toujours du mal à suivre les manœuvres aériennes lors des plans rapprochés; comme les personnages ont un casque, je ne reconnais pas leurs visages et leurs voix et je ne comprends pas bien qui fait quoi. Côté féminisation, ça laisse à désirer. Mais c’est un film d’action sympathique, qui a le mérite de montrer combien le métier de pilote est physique et qui sait trouver une certaine tension lors du début de la Mission Impossible. (D’ailleurs, j’ai trouvé qu’il y avait une certaine confusion avec la franchise Mission Impossible, pas vous? 🤣) Et il y a une histoire d’amour entre deux quinquagénaires; c’est assez rare pour être souligné. Et puis Tom Cruise fait de la moto, Tom Cruise fait de l’avion, Tom Cruise fait du bateau, alors tout va bien.
(M’enfin, le seul qui me fait kiffer les avions de chasse, c’est Michael Bay, vous y croyez? 🙈)

Du côté des séries

Rien.

Et le reste

J’ai lu Il Venerdì, la revue que le journal italien Repubblica publie le vendredi, qu’un copain italien m’a ramené en même temps que le quotidien du 15 avril dernier (lu le mois dernier). Les pages culturelles m’ont semblé d’un nombrilisme stupéfiant, mais j’ai apprécié ma lecture dans l’ensemble et j’ai trouvé la revue mieux rédigée que le quotidien. Dommage qu’il y ait énormément de rubriques très courtes; je trouve qu’une revue a plus vocation à approfondir un sujet sur plusieurs pages qu’à cumuler les articles d’une demi-page chacun.

Je continue de me demander comment je pouvais lire la presse régulièrement quand j’étais jeune. C’est devenu un tel parcours du combattant, maintenant. 😅

Ce billet sortant fin juin car je n’ai aucune chronique de prête, je n’ai pas encore terminé le Cheval Magazine de juin au moment de sa publication. Réussirai-je à le lire d’ici le 30, c’est-à-dire demain? J’en doute. Rendez-vous dans un mois pour savoir s’il aurait dû figurer ici ou sera à sa place dans la gamelle de juillet. 😄

vendredi 24 juin 2022

Le Guide vegan L214 (2020)

"Vivre mieux sans produits animaux, c’est facile": voici la promesse de ce guide culinaire écrit par Catherine Derieux, autrice et traductrice, et la L214, association de défense des animaux bien connue pour ses vidéos-choc, tournées en cachette dans les abattoirs et élevages.

La première partie de l’ouvrage décrit les alternatives végétaliennes aux aliments d’origine animale (viande, œufs, produits laitiers et de la mer); la deuxième partie propose un petit précis de nutrition pour savoir comment se procurer certains éléments en mangeant végane et élargit la réflexion au mode de vie végane en général, au-delà de l’alimentation. Le tout est saupoudré de recettes de cuisine diverses et variées.

Il n’y a aucune photo, mais des illustrations sympathiques, à l’image de la couverture. Ça se lit absolument tout seul et je pense que c’est une excellente introduction au véganisme pour quelqu’un qui ne s’y connaîtrait pas. Et le ton est très positif, avec moult encouragements pour les gens qui font quelque chose pour réduire leur consommation de produits animaux, même s’ils ne deviennent pas véganes.

Je ne me fais aucune illusion sur la capacité de cet ouvrage à influencer mes pratiques culinaires pendant longtemps (vous connaissez l’enthousiasme qui surgit quand vous feuilletez un bouquin de cuisine trop chouette? Hein? Vous allez acheter plein de trucs? Vous allez mieux manger? Ça va être génial? Voilà. Je le connais aussi. Mais dans les faits, je ne fais rien 😅), mais j’en ai tout de même tiré une application, un enseignement et un projet.

L’application: j’ai acheté deux tofus de la marque Taifun que je ne consomme pas habituellement: amandes-sésame, que j’avais déjà essayé mais pas racheté et que j’achèterai désormais régulièrement, et rosso, que je découvrais et qui est à tomber;

L’enseignement: le seul vrai problème d’une alimentation végétarienne ou végétalienne, c’est la carence en vitamine B12. Tout le reste, et notamment les éternelles protéines que les gens ils vous demandent d’un air effaré "mais t’as pas peur de manquer de pro-té-ï-neeeeuuuh?" quand vous évoquez le végétarisme (alors le véganisme, je n’ose pas imaginer 🙃), on en ingère suffisamment si on mange diversifié. Je me suis donc envoyé un texto à moi-même pour me souvenir de m’acheter de la vitamine B12 en comprimés. 💡

Le projet: j’ai repéré une recette de mug cake au chocolat et j’ai acheté les ingrédients nécessaires pour le confectionner. Affaire à suivre. 👀

Petit rappel ou petite information si jamais vous avez un doute:

Être végétarien, c’est ne pas consommer de chair animale: pas de viande, pas de poisson, pas de fruits de mer. En revanche, les produits d’origine animale qui ne sont pas l’animal en lui-même, comme les œufs, sont présents. Moi, j’en suis là depuis trois ans, après neuf ans de réduction de ma consommation (j’étais flexitarienne), et j’estime que devenir végétarienne fait partie des cinq meilleures décisions de ma vie. 💪

Être végétalien, c’est ne consommer aucun aliment d’origine animale. Toujours pas de chair animale, donc, mais pas non plus d’œufs, de fromage ou de miel. Je caresse l’espoir de franchir cette étape un jour.

Être végane, c’est bannir n’importe quel produit ou expérience issu de l’exploitation des animaux, que ce soit dans son alimentation ou tout autre aspect de sa vie. Donc, pas de laine, pas de cuir, pas de promenade à dos de chameau en vacances. Et, évidemment, pas d’équitation. Ce dernier point me laisse penser que je ne serai jamais végane. 😅

Pourquoi ce livre?

Parce qu’il fut un temps, en la lointaine année 2020 et au début de la non moins lointaine année 2021, où le monde s’arrêta et où j’eus un petit peu de temps à consacrer à la cuisine. Je fis des lasagnes, du gâteau à la banane (avec plusieurs recettes, en plus), des cheese nan, une soupe thaïlandaise, des shortbreads et d’autres essais que j’oublie. Certainement pas grand-chose pour les autres, mais une variété colossale pour moi. Fin 2020, je vis ce livre, je l’offris à une amie végétarienne plus motivée que moi en cuisine, et je décidai dans la foulée de me l’acheter pour moi-même. J’en lus environ un quart. Puis la vie recommença. Le peu de temps que j’avais pu consacrer à des recettes fut englouti par le retour des activités sociales et sportives. Le livre prit la poussière dans une pile à lire spéciale cuisine pendant… un an et demi. 😵

Et puis, soudain, j’ai décidé d’arrêter d’espérer que j’allais étudier lesdits livres de cuisine pour appliquer les recettes et j’ai dégommé ladite pile. Les autres livres sont rangés avec des post-it pour le jour improbable où je me mettrai aux fourneaux. Mais celui-ci, je voulais le lire de la première à la dernière page, vu qu’il ne contient qu’une vingtaine de recettes et a surtout une visée informative. 😍

dimanche 19 juin 2022

Los tiempos del odio (2018)

Après avoir adoré Lagrimas en la lluvia de Rosa Montero, le premier tome des enquêtes de la réplicante Bruna Husky, j’ai enchaîné assez rapidement avec El peso del corazón, le deuxième tome. Puis ma situation professionnelle s’est tellement accélérée qu’il n’était plus possible de lire en espagnol dans de bonnes conditions (ou tout du moins dans des conditions un minimum favorables 😅) et ce n’est qu’en ce mois de juin que j’ai enfin pu envisager de m’attaquer au troisième tome, Los tiempos del odio.

L’intrigue: Paul Lizard, le policier amant (petit ami?) de Bruna Husky, disparaît alors qu’il enquête sur les Terroristes Instantanés, un groupuscule qui, après plusieurs années d’actions dérisoires, vient de mener plusieurs attaques d’envergure dans différents pays du monde. Bruna Husky, inquiète, commence à mener sa petite enquête. Puis les terroristes annoncent avoir capturé plusieurs otages, dont Paul Lizard, et commencent à en égorger un par jour en direct sur les écrans tant que les autorités mondiales n’auront pas cédé à leurs exigences. Rejointe par la sœur de Lizard, Bruna doit à tout prix les retrouver avant que ce dernier ne soit égorgé à son tour. Pendant ce temps-là, les tensions grondent entre les États Unis de la Terre et Cosmos, une plateforme orbitale qui a envahi la planète naine Cérès, et un mystérieux millionnaire propose son armée à la Terre pour libérer Cérès…

Sans surprise, j’ai adoré retrouver Bruna Husky, la réplicante de combat bien cynique, et les personnages secondaires des romans précédents: Yannis, l’archiviste idéaliste qui plane à cause de l’implant cérébral qui le bombarde d’endorphines en cas d’excès de stress, Gabi, la jeune Russe mordeuse que Bruna a adoptée dans le deuxième roman, et bien sûr Bartolo, le merveilleux Bartolo, le "glouton" extraterrestre trop mignon ("Bartolo bueno, Bartolo bonito!"), la bestiole que je n’ai pas vraiment compris à quoi elle ressemble mais que je visualise un peu comme un maki cata de la taille d’un chat et avec une queue plus courte. 🤣 Et j’adore l’univers qu’imagine Rosa Montero, une société en déliquescence où on mange essentiellement de la méduse et où le climat a foutu le camp pour de bon, mais où l’on continue de sortir en boîte et de se saouler au vin. Toute l’évolution de la société me semble super plausible, en fait. Pas souhaitable du tout, mais plausible. Y compris pour ce qui est des mouvements suprématistes humains, qu’on a déjà rencontrés dans les deux tomes précédents, et pour le thème du rapport au corps et à la technologie, qui prend une certaine importance ici en raison, d’une part, de la sœur de Lizard, qui fait partie d’une communauté refusant certains progrès et privilégiant un mode de vie archaïque, et, d’autre part, [divulgâcheur] des multiples implants d’une petite minorité de fans hardcore des modifications corporelles. À partir de combien de modifications un être humain n’est-il plus un être humain? La question est fascinante [fin du divulgâcheur].

En parallèle, le compte à rebours continue pour Bruna, qui, comme tous les réplicants, est condamnée à ne pas dépasser les dix ans de vie en raison d’une maladie incurable, la tumeur totale techno.

Je dois toutefois pointer du doigt quelques faiblesses, comme le fait que les enquêtes de Bruna laissent un peu à désirer: sa méthode consiste généralement à interroger une personne ou deux puis à se saouler, et on a du mal à trouver un fil rouge dans sa progression. Je ne l’avais pas noté dans ma chronique, mais je l’ai déjà pensé au sujet du deuxième tome. Ici, j’ai aussi trouvé les révélations de fin un peu trop grosses. Et surtout, j’aurais aimé qu’on nous explique comment Lizard s’était procuré certaines informations capitales durant son enquête à lui, car, en l’absence d’explication à la fin du roman, elles semblent soudain un simple deux ex machina ayant permis à l’enquête de se mettre en route. Mais enfin, ces critiques ne ternissent pas l’ensemble, et je lirai avec enthousiasme un quatrième tome si Rosa Montero décide de poursuivre les aventures de Bruna Husky.

Dans les remerciements, l’autrice remercie sa traductrice française, Myriam Charousse, non pas pour son travail de traduction mais pour sa relecture du manuscrit. Je crois que c’était déjà le cas dans le tome précédent et je trouve ça trop beau. 😍


Allez donc voir ailleurs si les temps de la haine y sont!
L'avis de Baroona

mardi 14 juin 2022

Métro 2033 (2005)

Depuis que sa mère a été dévorée par des rats géants dans une autre station du métro moscovite, Artyom vit à la station VDNKh avec son père adoptif. Une existence rude, à la lueur rouge des éclairages de sécurité et face à une menace mystérieuse venue de la station suivante: les Noirs, des créatures humanoïdes qui rendent les humains fous de terreur. Après avoir avoué qu’il craint d’être responsable de ce fléau à cause d’une escapade à la surface réalisée quand il était enfant, Artyom accepte la mission qui lui est confiée par un ami de son père: rejoindre Polis, un ensemble de stations où perdure le savoir humain, afin de sonner l’alarme quant à ce danger qui menace non seulement VDNKh mais le métro tout entier. Il part ainsi vers le sud et le centre de Moscou, le long de tunnels abandonnés et pleins de dangers.

J’ai tellement aimé Métro 2033 de Dmitri Glukhovsky que je ne sais pas trop comment vous en parler.

Je ne suis pas fan de post-apo. Le genre de m’attire pas, donc je ne le lis pas, donc je le connais mal. Je ne sais donc pas comment ce roman s’insère dans cette production. Mais je l’ai trouvé brillant.

Pendant 850 pages, on suit Artyom dans les couloirs du métro. Dans le noir. Les éclairages n’existent plus que dans les stations même. Et encore: dans les stations les plus pauvres, on ne dispose que de quelques maigres feux. Entre deux stations, on se contente de sa lampe torche ou de son projecteur si on est bien équipé. Le danger est partout et multiple. Des canalisations brisées dont s’écoule un gaz qui rend fou, des disparitions inexpliquées, des mutants, des hallucinations, des bandits, des expéditions armées venant des autres stations… Chaque pas peut vous faire frôler la mort. Ce n’est pas effrayant, ça n’empêche pas le lecteur de dormir la nuit, mais c’est super prenant. Et ça tient sur la durée. Artyom passe la moitié de ces 850 pages dans l’obscurité et les descriptions de ladite obscurité ne sont jamais redondantes ou ennuyeuses. Chapeau.

Aux stations, entre hommes, les dangers pullulent aussi. La ligne Krasnaya, en main aux communistes, et la Hanse, dévouée au commerce, se sont longtemps affrontées. Les mafieux se disputent certaines stations. D’autres sont en main aux néonazis, qui n’hésitent pas à expulser ou tuer les non Russes. Artyom cumule aussi bien les revers que les coups de chance: parfois présent au mauvais endroit au mauvais moment, il frôle la pendaison aux mains des néonazis avant d’être sauvé par une petite bande de trotskistes arrivée in extrémis. Est-il guidé par un mystérieux destin? La question se pose, et Artyom se la pose, lui, à maintes reprises.

Ce qui est formidable, c’est qu’Artyom est foncièrement un gars sympa. Un gars qui ne souhaite de mal à personne. Un gars qui essaye de faire ce qui lui semble important dans un monde qu’il ne maîtrise pas. Non seulement il ne connaît que deux ou trois stations du nord de la ville et traverse donc en débutant toutes les autres, mais le savoir humain en général est en lambeaux: après un temps indéterminé sous terre (quinze ans? vingt ans?), l’humanité du métro moscovite a perdu beaucoup de ses connaissances d’antan; et, de toute façon, la situation évolue tellement vite dans le métro que les informations du matin sont de l’histoire ancienne le soir même, ce qui fait que même les éléments les plus factuels ne sont pas fiables. J’ai adoré ce contexte ultra flou, dans lequel les contours de l’humanité sont aussi mouvants que l’obscurité. Néanmoins, la société du métro est pensée en profondeur, dans son organisation, ses règles et ses dérives. Des clans idéologiques qui se partagent les lignes, les délires religieux, c’est tellement plausible que ça en fait froid dans le dos…

Les personnages sont également bien pensés. Parfois excessifs, certes, comme dans le cas de Khan, qui est presque trop spécial pour être vrai, mais toujours réussis. Et il y a même de l'émotion. 💖

Si le roman relève essentiellement de la science-fiction, il comporte aussi de nombreux éléments qui me semblent plutôt tenir du fantastique, notamment une dose importante de télépathie — quoique, on pourrait penser que ladite télépathie a une explication biologique et relève donc de la SF, elle aussi. 😉

Je ne sais pas comment rédige Dmitry Glukhovsky, mais la version française, produite par Denis E. Savine pour l’Atalante, se lit toute seule et est pleine de nuances. Une merveille. C’est d’ailleurs après avoir vu le traducteur au Festival VO VF que j’ai décidé de lire ce roman. Merci.

Au niveau des critiques, je crois bien n'en avoir que deux: la fin n'est pas celle que j'aurais choisie (lol, c'est une critique, ça? 🤣) et les femmes sont spectaculairement absentes. Un vrai monde de mecs.

Au-delà de ses qualités intrinsèques, qui sont nombreuses, Métro 2033 m’a exaltée parce qu’il se passe à Moscou et est donc rempli de noms de station russes. J’adore le russe. Je trouve cette langue merveilleuse à écouter et à lire. Et même des choses aussi banales que des noms de station vous font exulter quand vous avez un niveau infime en une langue. Je suis plus exaltée par le fait de savoir compter jusqu’à cent en russe que par le fait de lire couramment l’anglais, par exemple. Ici, je me disais: J’ai reconnu un féminin! J’ai reconnu un adjectif! YEAH! C’est totalement enthousiasmant. Prenons la station Park Pobedy, par exemple. "Pobedy" se termine probablement par un "i" parce que c’est un génitif féminin, qui sert à montrer à qui est ce parc. C’est "le parc de Pobed". Comme "Biliet Natachi" = le billet de Natacha dans mon manuel de russe. Je ne sais pas qui est Pobed, mais mes neurones sont super contents et fiers de savoir que "Pobedy" est un génitif.

(Après vérification: le "Парк Победы" est le parc de la victoire. Il n’y a personne qui s’appelle Pobed. Lol. Mais c’est quand même un substantif suivi d’un génitif féminin!!)

J’ai eu la chance d’aller brièvement à Moscou quand j’étais ado. C’est d’ailleurs durant ce court séjour qu’est né mon intérêt pour le russe. (Une passion "cucul la prâline", comme disait François Cavanna. 💖) J’espère de tout cœur avoir l’opportunité d’y retourner un jour, non seulement pour mon plaisir personnel mais aussi parce que ça signifiera qu’on sera passés à une situation géopolitique bien différente de l’actuelle. Et si c’est le cas, j’irai à VDNKh et j’aurai une pensée pour Artyom. 🙏 

Allez donc voir ailleurs si ce métro y est!

jeudi 9 juin 2022

Les aventures de Setnê (1902)

Chronique express!

Alors que l’armée d’Égypte menée par Thoutmès III combat Ninive, elle arrive devant la forêt de Zahal, difficilement praticable pour une si grande force. Le pharaon décide donc de contourner l’obstacle, mais en envoyant tout de même un petit détachement à travers la forêt, de manière à prendre son adversaire par surprise. Ce millier d’hommes est mené par Setnê, un jeune chef de guerre intrépide. Il y sera confronté au manque d’eau, à des dragons et aux étranges hommes de l’eau…

Ayant adoré la Guerre du feu de J.-H. Rosny Aîné et lu beaucoup de bien de cette nouvelle chez le Dragon galactique et Nevertwhere, j’avais hâte de la lire. (Est-ce que j’ai acheté deux romans des éditions Callidor juste pour la recevoir en cadeau? Non, car ces romans, les deux tomes du Serpent Ouroboros, forment un super cadeau pour un ami. Mais est-ce que j’aurais choisi ce super cadeau pour cet ami s’il n’y avait pas eu ce cadeau-là pour moi? Je ne sais pas. 😇) Elle est effectivement très sympathique, avec son monde caché peuplé de créatures fantastiques et son style élégant et un brin ampoulé et suranné. En revanche, elle est très courte et ne marque pas – en tout cas, elle a échoué à me happer et me transporter, alors que je crois être le public idéal pour ce genre de récit. Il me semble qu’il est plus pertinent de la lire pour son indéniable valeur patrimoniale (elle a été publiée en 1902!) que pour sa valeur littéraire. Et comme d’habitude avec Callidor, le livre est un très bel objet!

Autres livres des éditions Callidor déjà chroniqués sur ce blog
Les Centaures d'André Lichtenberger (1904)
Soroé, reine des Atlantes de Pierre-Barthélémy Gheusi et Charles Lomon (1905)
Les Dieux verts de Nathalie Henneberg (1961)

samedi 4 juin 2022

La gamelle de mai 2022

Après un mois d'avril catastrophique, mai 2022 m'a permis de remettre le pied au cinéma, et même à un rythme tout à fait satisfaisant. Hourra!

Sur petit écran

Rien.

Sur grand écran

Your Name de Makoto Shinkai (2016)

Une merveille à voir et à revoir. Images superbes, histoire adorable pour les cœurs d’artichaut tels que moi et musique qui met de bonne humeur. J’ai adoré.

Les animaux fantastiques. Les Secrets de Dumbledore de David Yates (2022)
Ayant oublié l’intégralité des deux premiers films (ici et ici), je suis allée voir ce troisième opus sans aucune attente, et j’ai passé un bon moment. J’ai trouvé qu’il y avait un bon équilibre entre les personnages du côté des gentils, qui sont assez nombreux mais qui ont chacun leur temps d’écran qui les pose ([divulgâcheur] sauf l’assistante de Newt, qu’on oublie totalement… et c'était voulu! [fin du divulgâcheur]). On regrettera juste que Newt et ses animaux ne soient pas les personnages principaux de leur propre franchise... Côté méchants, les figures secondaires sont fades, par contre. Et, dans l’ensemble, il y a tout de même quelques incohérences sur la fin ([divulgâcheur] genre quand tous les hommes de main de Grindelwald semblent avoir disparu de la foule au sommet du temple… [fin du divulgâcheur]) et un petit manque de quelque chose pour que ce soit un film marquant. Mais sur le coup, c’est plaisant.

The Duke de Roger Michell (2020)
Une comédie sympathique sur un homme d’âge mûr, issu des classes populaires, qui a volé un tableau de Goya à la National Gallery de Londres pendant les années 1960. Rien de bien mémorable, mais un moment plaisant avec une Helen Mirrell tranchante. Je suis toutefois sceptique quant au côté "héros du peuple" du perso principal lors de son procès. Moi, je trouve que voler un tableau, c’est mal. 😅

The Northman de Robert Eggers (2022)
Un film de vikings franchement chelou, avec des visions, des hommes qui beuglent en regardant devant eux d’un œil terrible et des personnages, hommes et femmes mélangés, qui déclament d’un air furieux ou halluciné. L’amie avec laquelle je l’ai vu me faisait remarquer que l’histoire est celle d’Hamlet, ce qui explique peut-être que tout le monde déclame son texte. 😅 Je retiens les beaux paysages islandais, les épées (c’est toujours bien, un film avec des épées) et Anya Taylor-Joy, que j’avais beaucoup aimée en Magie dans les Nouveaux mutants. Mais c’est vraiment super chelou.

Downton Abbey. Une nouvelle ère de Simon Curtis (2022)

Un deuxième film aussi merveilleux que le premier. 💖 J’ai adoré retrouver notre demeure préférée, avec sa famille et ses domestiques aussi adorables que drôles. Downton, c’est en quelque sorte la famille que je n’ai pas eue, comme Buffy et le scoopy-gang, et j’ai l’impression d’enfiler mes pantoufles et de prendre mon doudou contre moi dès que j’y retourne (voir aussi mon avis sur la saison 1  et celui sur la saison 6 et la série dans son ensemble). Les films sont, en outre, encore plus feel good que la série, qui n’était pas dénuée de drames et de terribles coups du sort. Ici, on est plus résolument tournés vers la joie de vivre. Mais j’ai pleuré à la fin, ne vous inquiétez pas, et mon copain a reniflé et m’a demandé un mouchoir. Ma seule critique, c’est que tout le monde a trop de fond de teint et qu’il est grand temps que les enfants commencent à avoir la parole et leurs propres intrigues, même modestes!

Docteur Strange : Into the Multiverse of Madness de Sam Raimi (2022)
Un Marvel sympathique, qui ronronnait un peu au départ mais m’a enthousiasmée à partir de l’incursion de Strange dans l’univers 838. Pas que j’ai un intérêt pour cet univers en lui-même, mais la brochette de super-héros que notre protagoniste y rencontre est savoureuse, renverse un peu le cerveau ([divulgâcheur] HOLÀLÀ LE FAUTEUIL ROULANT JE SUIS DEVENUE DINGUE [fin du divulgâcheur] et rappelle combien l’univers Marvel est étendu. Au final, le film n’est pas marquant, mais il faut reconnaître que les studios Marvel savent bien faire leur boulot.

Du côté des séries

Rien. Le COVID, c’est vraiment fini, niveau organisation générale. Tout a repris comme avant et je ne vois pas quand insérer des séries dans mon emploi du temps.

Et le reste

J’ai lu le Cheval Magazine de mai, que je n’avais pas pu lire fin avril, et celui de juin. J’ai aussi lu La Repubblica du 15 avril, que m’a gentiment apporté un ami italien de passage à Paris. Je n’ai de cesse de me demander comment je faisais pour lire les quotidiens régulièrement quand j’habitais en Italie, parfois plusieurs fois par semaine (et en variant pour avoir des avis différents). Là, Repubblica a vivoté trois semaines aux toilettes... 🙄 Quant à la revue Il Venerdì, le supplément de l’édition du vendredi, elle a atterri dans ma pile à lire. 🤯🤯 Bref, c’est bien de lire la presse, mais c’est comme les séries, je ne vois pas sur quoi rogner pour dégager du temps pour ça…

Et vous, chers lecteurs? Quid de ce mois ensoleillé?